Chapitre Cinq : Amertumes

Edward remercia le serveur qui lui tendait un grand verre de jus. Son frère sirotait déjà le sien, tandis que Winry jouait avec sa paille en écoutant le plus jeune des frères Elric lui expliquer la situation politique de Xing.

- En fait, l'empereur était empoisonné par son entourage. C'est pour ça qu'il était malade. Donc Ling a été nommé son héritier et il a dirigé le pays en tant que régent ces dernières années, jusqu'à la mort de l'empereur. C'était il y a seulement quelques semaines donc c'est pour ça qu'on est revenu un peu plus tard que prévu...

- On allait pas louper le couronnement du Maitre du Dragon. Maitre du Dragon qui me doit toujours une tonne de pognon, avec toute la bouffe que je lui ai payé... Affirma Ed

- Xing aussi est en guerre contre l'Autre Côté ? Demanda Winry

- Oui mais ça n'a pas autant d'impact qu'ici... Il y a moins de gens qui viennent de l'Autre Côté...

- Comment on doit les appeler du coup déjà ? Demanda Ed

- Les expatriés. C'est fou que vous n'ayez pris aucune nouvelle d'Amestris pendant tout ce temps... Morigéna Winry en fronçant les sourcils

- Et ils sont bien intégrés au moins ? Avec tout ce qu'ils ont du subir la-bas... Eluda Edward

- Plutôt oui. On en a un qui s'est installé à Rush Valley. Il était ingénieur à la base. Il est en train d'apprendre les automails. Un type très gentil... Précisa Winry

- Fanatique de la mécanique... Grommela Ed en souriant

- Certaines choses ne changent pas ! Ça fait pas trois semaines que vous êtes revenu que vous réclamez déjà à rencontrer un alchimiste du coin... Sourit Winry

- Pardon… Entendirent-ils alors dans leurs dos.

Un grand militaire, la vingtaine bien entamée, les bouscula légèrement. Les natifs de Resembool le regardèrent. Il était très grand, mate de peau, les yeux marrons et des dreadlocks coiffées en arrière. Il était particulièrement baraqué, son t-shirt noir moulait ses muscles. Il portait le manteau bleu des militaires ouvert et déchiré aux épaules ainsi qu'un automail marqué de plusieurs cercles alchimiques et d'un caducée au bras gauche. Une montre d'argent brillait à sa hanche. Edward la remarqua et dit :

- Alchimiste d'état ?

- Oui. Depuis pas très longtemps... Répondit le jeune homme avec un grand sourire

- Vous avez toujours la Montre en Argent ? Demanda Ed avec une légère nostalgie

- C'est l'insigne de l'ordre des chercheurs. Les praticiens ont la plaque. Les Premiums ont la Montre en Or, Énuméra le grand baraqué avec un sourire

- Premium c'est ceux qui font les deux ? Des recherches et des missions sur le terrain ? Demanda Winry devant l'air interrogateur des frères Elric, qui n'avaient véritablement rien suivi des changements récents

- C'est ça. Je suis avec l'une d'entre elle.

- En mission ? Vous faites quoi ?

- Une inspection. Ça devrait être simple. C'est notre première mission en solo à tous les deux. J'ai un peu le trac

Il eut un sourire doux. Alphonse lui demanda :

- Vous êtes avec quel alchimiste ?

- L'Alchimiste de Lumière

- Oh ! S'exclama Winry.

- Oui… elle commence à peine qu'elle a déjà une petite réputation, Sourit l'homme

- De quoi vous parlez ? On revient d'un long voyage. On a pas tout suivi, Demanda Edward

- L'Alchimiste de Lumière est la première expatriée à devenir Alchimiste d'État Premium, Dit Winry, en se tournant vers les frères Elric

- C'est un petit génie. On a fait la traversée de la Porte ensemble, Confirma le militaire

- Vous venez de l'Autre Côté vous aussi ? Demanda Edward, en s'accoudant au bar

- Oui. Je fais de l'alchimie médicale. J'étais interne en médecine de l'Autre Côté. J'avais pas la bonne couleur de peau alors j'ai du fuir avec les autres.

- Vous êtes heureux ici ? Demanda Alphonse

- Plutôt oui.

- Vous avez perdu un bras pendant la Fuite ? Demanda Winry

- Non. J'étais déjà manchot de l'Autre Côté. J'ai pu me faire poser cette petite merveille à mon arrivée, Dit Malo en bougeant les doigts de son automail

- C'est de la belle ouvrage ! Dit Winry

- Merci. Vous voulez…

Le militaire s'interrompît quand il entendit un grand bruit derrière eux.

- Ah. Il se passe un truc. Je devrais aller voir.

Il partit sans demander son reste ni payer sa consommation. Le trio s'inquiétait et Edward dit :

- C'est quoi déjà ce bâtiment ? C'est pas là qu'on devait aller avant de s'arrêter boire un coup ?

- Si... Un atelier d'alchimiste sous contrat avec l'état. Pas des alchimistes d'état mais depuis la réforme, ils doivent quand même répondre de leurs travaux au gouvernement.

- On dirait qu il se passe un truc effectivement, Dit Edward juste avant l'explosion

*o*

Ils virent alors une silhouette bondir par la fenêtre et rouler par terre. Un homme la suivit rapidement par la porte qui pendait sur ses gonds. Il hurlait :

- Je vais pas laisser une bande d'expatriés me dire ce que je dois faire ou pas

La silhouette se redressa. Elle portait un manteau long bleu nuit avec une capuche qui s'était rabattue sur son visage et une sorte de combinaison noire qui ressemblait à deux long rubans enroulés autour de son corps musclé. La montre en or brillait à sa hanche. Elle se releva d'un bond et claqua sèchement des doigts. Une orbe lumineuse grésillante apparu dans sa main droite et elle l'envoya en direction de l'homme qui continuait de hurler. Il tenta de l'esquiver mais fut touché à l'épaule. Il hurla de plus belle et fonça sur la silhouette. Elle fit un geste de la main gauche et un bouclier de lumière apparu devant elle au moment où l'homme la heurtait. Il recula de plusieurs mètres sous le choc et quelques instants plus tard, il reçut le bouclier lumineux sur le crâne. Il tomba sur dos et la jeune alchimiste claqua des mains avant de les plaquer sur le sol, le ficelant à ce dernier par alchimie

- Une transmutation sans cercle ! S'exclama Edward

- Tu m'étonnes qu'elle soit passé Premium deux ans après être arrivée… Dit Alphonse

- C'est plutôt de l'alchimie énergétique qu'elle fait. Elle travaille sur les ondes, Remarqua Edward en la regardant plus attentivement d'un air expert

- Oui c'est ce qu'on dirait. Plus particulièrement sur la lumière… Compléta Alphonse

- Sacré gonzesse ! Oh regardez, y'a notre nouvel ami qui arrive ! Dit Winry

Effectivement, le grand militaire trainait derrière lui un autre homme, plus âgé, qui se débattait. Winry dit :

- Mais c'est Monsieur Rizier ! Il vient du village à côté de Resembool. C'est lui le patron de l'atelier.

- C'est lui qu'on était censé venir voir ? Qu'est ce qu'il a fait ? Demanda Edward

Le militaire jeta l'homme à genou devant la jeune femme, qui retira sa capuche. Les frères Elric hoquetèrent de concert. Une longue chevelure brune nouée en tresse, des pommettes hautes et des lèvres pleine. Et surtout de grands yeux bleus nuits, brillants. Une expression de franche colère animait le visage de Serena Wolfe. Elle leva sa main gauche à son épaule droite et la fit glisser jusqu'à sa main droite. Sur le chemin apparu une lame étincelante qui épousait son bras pour finir, tranchante, jusqu'au bout de ses doigts. « Un sabre laser » pensa bêtement Edward, qui sentait son coeur battre vite, bien trop vite. Elle saisit alors l'homme suppliant par le col de sa main gauche et le menaça de la lame étincelante de sa droite. Elle menaça alors :

- Dites moi que vous ne saviez pas ce que cet homme fabriquait dans le labo que vous financez. Dites le moi et si je vous crois, je vous ferai pas de mal

- Je vous en supplie, je vous en supplie

- Je vous ai pas demandé de supplier je vous ai demandé de parler !

- J'en savais rien ! Je vous jure !

- C'est dommage parce que je viens de décider que je vous croyais pas, Dit Serena après quelques secondes de silence

- Je vous pris ! Ne me faites pas de mal !

- Alors dites moi la vérité ! Exigea t'elle

- C'était juste de l'expérimentation. Juste ça. Ça n'est pas… pas pareil que ce que les homonculus faisaient. La Science doit continuer à avancer malgré nos traumatismes !

- Quitte à créer des horreurs pareilles ? Arrêtez vos blagues. C'est votre égo, votre soif de pouvoir que vous vouliez faire avancer ! Explosa Serena

L'homme sanglotait de peur, hurla quand la lame lui frôla la joue. La jeune femme finit par lui mettre un gigantesque coup de genou dans la face. Elle dit :

- C'est pas ça, l'alchimie.

Elle jeta un regard dégoûté aux deux hommes. Puis regarda Malo en lui demandant, froidement :

- Tu sais où je peux passer un coup de fil ?

- La bas, devant le café ! Dit alors le jeune chercheur en pointant en direction de l'établissement où était les frères Elric et Winry.

Elle tourna les talons et Alphonse et Ed se dissimulèrent derrières des badauds, qui s'étaient attroupés pour observer la scène. Winry les regarda surprise et murmura :

- Mais qu'est ce qui il vous arrive…

- Chut. Plus tard, Grommela Edward

Dissimulé, il regardait Serena s'approcher alors d'un téléphone public. Elle avait changé, semblait avoir pris quelques centimètres et s'était considérablement musclée. Elle irradiait de charme mais il y avait une telle colère chez elle à cet instant, qu'il en fut effrayé. « Qu'ai je fait… » ne put il s'empêcher de penser. Il se rappelait d'elle comme d'une fille espiègle, heureuse, spirituelle, légère. Cette femme dure, puissante, rageuse… il ne l'avait peut être vu qu'une fois comme ça, quand elle lui avait raconté son passé et montré ses pouvoirs noétiques. Était elle tout le temps comme ça à présent ? En était il une parti responsable ? Est ce qu'il avait brisé davantage cette fille déjà abîmée ?

Pendant qu'il se posait toutes ces questions, elle avait composé un numéro de téléphone et son interlocuteur avait manifestement répondu :

- Salut mon général. La mission que tu m'as donné… c'était pas si tranquille que ça…

Une voix d'homme sembla répondre à l'autre bout du fil.

- Non j'ai tué personne. Pas encore… les rapports qu'ils envoyaient étaient faux. C'est pas sur les reconstructions qu'ils bossaient… Non… c'était de la transmutation humaine

Un silence glacé parcouru la place. Ed et Al se figèrent tout autant. Serena dit alors :

- Y'a des horreurs dans ce labo, Roy. Je vais avoir besoin de renfort. Des praticiens. Des flics. Rapidement. Si vous attendez trop, je vais peut être craquer et buter ces ordures. Ou alors bien leur faire du mal. Ce qui serait pire. Pour eux surtout.

Elle raccrocha quelques secondes après. Elle se tourna vers la petite foule rassemblée, qui la regardait avec stupeur. Elle clama :

- Quelqu'un est blessé ?

Le silence lui répondit. Elle continua :

- Je suis accompagnée par un médecin. Toujours pas ? Merveilleux. Ça m'en fera moins à raconter dans le rapport qu'on va m'obliger à pondre.

Elle soupira et s'assit sur le rebord du trottoir, fixant avec haine le bâtiment abîmé en face d'elle. Elle dit à voix haute :

- C'est pas ça, l'alchimie. C'est pas ça être alchimiste. Putain pourquoi personne retient de leçon du passé !

Elle secoua la tête et mis sa tête dans ses mains. Une petite dame s'avança et lui posa une main rassurante sur l'épaule. Elle lui dit :

Jeune fille… ne vous mettez pas dans cet état.

Pourquoi pas ? Vous savez ce qu'il y a là dedans ? C'est une horreur absolue. Des corps humains, tordus, mal formés, hideux. Artificiels. Une maison des horreurs. A vous dégoûter de l'espèce humaine

- On n'est pas dégoûté de l'espèce humaine à votre âge. Avec le temps...

- A mon âge ? Quel rapport ?

- A 20 ans, on est encore fort, jeune, beau, vous avez toute la vie devant vous, tout le temps devant vous pour réaliser vos rêves et vos espoirs

- Toute la vie… c'est bidon, c'est n'importe quoi. Cracha Serena. Vous croyez que c'est en me sortant des inepties de ce genre que je vais me sentir mieux ? Ne me dites pas que quand je grandirai ça ira mieux. Plus le temps passe, plus je réalise que tout peut être pourri. Même l'alchimie. Putain. Quelle merde.

Elle se leva et regarda Malo. Elle lui ordonna :

- Viens avec moi. On doit vérifier si une de ses choses est pas encore vivante. Si on peut appeler ça de la vie.

- Bien Madame

- Depuis quand tu m'appelles Madame toi ?

- Depuis que t'as pris du grade et que t'es devenue flippante !

Quelques instants plus tard, les militaires arrivèrent et occupèrent le bâtiment. Ils arrêtèrent les deux hommes, toujours inconscients. Edward et Alphonse décidèrent de quitter les lieux avant de revoir l'Alchimiste de Lumière et le chercheur qui l'accompagnait. Winry se posait mille questions mais attendait que les frères Elric abordent les choses d'eux mêmes. Edward l'inquiétait particulièrement. Il semblait plongé dans la même mélancolie douloureuse qu'avant son voyage pour l'Ouest. « Mais qui c'était, cette femme ? »

Presqu'un an après cette scène, les frères Elric s'installèrent à leur place dans le train. Winry farfouillait dans un de ses bagages, l'air inquiète. Ed lui dit :

- Ça va ?

- Je crois que j'ai oublié ma petite trousse à outil… ça m'embête…

- On en rachètera à Central… Lui dit alors Edward avec un sourire, en lui prenant la main

Winry eut un sourire crispé. Le voyage ne lui faisait pas plaisir, ainsi qu'aux deux garçons. Il y'a quelques jours, ils avaient reçu un mot du général Mustang : « Convocation à Central. Le président va tenir un conseil sur les anciens Alchimistes d'état. Présence fortement recommandée »

Il aurait pu mettre une note un peu plus personnelle. C'est pas comme si vous étiez encore des subordonnés. Ou que vous n'aviez rien traversé ensemble, Bougonna encore Winry en y repensant alors que le train démarrait

- Ça a toujours été un con… Répondit encore Edward

- Ils vont quand même pas… vous forcer à retourner dans l'armée ? S'inquiéta Winry

- Avec la guerre… tout est possible… Dit alors Alphonse

- Si ils sont sérieux avec leur idée de démocratie, ils pourront pas nous y forcer… et puis je me laisserai pas faire, Gronda Edward

Winry lui sourit avec tendresse et lui serra la main avec force. Elle était soulagée qu'il lui ai demandé de l'accompagner, malgré tout.

*O*

Roy Mustang se donna un air sévère et froid. L'environnement l'y aidait. Il avait choisi de recevoir les frères Elric dans son bureau formel et impressionnant au QG Militaire de Central, au lieu de celui de la Maison des Alchimistes qu'il utilisait pourtant bien plus souvent. Il n'avait pu s'empêcher de ressentir une bouffée d'affection pour les deux frères quand ils étaient entrés, rapidement suivie d'une bouffée de colère. Un conflit de loyauté faisait rage en lui, entre une partie qui lui reprochait de tourner le dos à des vrais frères d'armes et une autre qui l'accusait de pactiser avec les bourreaux des soeurs Wolfe. Le visage des jeunes femmes à leur arrivée à Amestris affrontait ceux des frères Elric quand il les avait accueilli à leur retour de l'Autre Côté il y a plus de 3 ans. Roy toisa leur visage à présent. Les rondeurs de l'enfance étaient définitivement parties, ils étaient grands tous les deux, ce qui était déjà perturbant en soi. Ed avait toujours les cheveux longs, noués en queue de cheval, ressemblant de plus en plus à son père. Alphonse avait les cheveux qui semblaient s'être éclairci. Ils semblaient tout les deux en bonne forme. Roy ne disait rien, perdu dans son dilemme interne mais sans se départir de son apparence froide. Edward s'agaça alors :

- Si c'était pour nous fixer d'un air con que vous nous avez fait venir, on aurait pu vous envoyer une photo !

La répartie lui fit immédiatement penser à Serena, tellement que c'était quelque chose qu'elle aurait pu lui dire. Il fronça les sourcils. La colère l'emporta.

- Le Conseil des Ministres a récemment posé la question des anciens alchimistes d'État. Bien sûr, il y a ceux qui ont abandonné leur titre après le massacre d'Ishval. Mais il y a d'autres cas qui nous semble plus préoccupant…

- Oh, et c'est lesquels ? Grinça Edward, sur la défensive

- Le cas des Alchimistes qui ont renoncé à leur titre après le Jour Promis. Pour l'immense majorité, nous ne souhaitons pas les revoir au sein de l'Armée. Ils étaient partisans de l'ancien régime et nous ne leur faisons pas confiance pour combattre avec nous contre l'Autre Côté…

- C'est pour ça que vous nous avez fait venir ? Pour nous forcer à retourner dans l'armée ? Coupa Alphonse

- Vous avez pensé au fait qu'on avait peut être pas très envie de combattre l'Autre Côté ? Renchérit Edward

- Je ne vous savais pas partisan de leurs idéaux… Dit Mustang, l'air mauvais

- Retirez ça immédiatement ! S'énerva Edward alors qu'Alphonse fronçait les sourcils.

- C'est curieux, pourquoi ne pas les combattre alors ? Parce que vous y avez passé deux ans ?

- Certains parmi nous y ont passé toute leur vie et les combattent avec acharnement. J'imagine que vous voyez de qui je veux parler

Edward et Alphonse ne trouvèrent pas de réplique. Ils savaient très bien de qui Roy parlait. Ce dernier continua :

- Pour répondre à votre question, il ne semble pas qu'il soit question de vous obliger à quoi que soit.

- Pour le moment. Mais le gouvernement va aborder cette question aujourd'hui, en fin d'après midi. - Il a jugé bon de vous inviter à donner votre opinion, puisque vous êtes concerné. La beauté de la démocratie… Si ça tenait qu'à moi…

- Vous vouliez pas revoir notre gueule manifestement… Dit Edward

- Je n'ai que peu faire de soldats qui rejoignent la bataille à la dernière minute. Vous auriez pu être utile il y a longtemps, vous avez choisi de tourner le dos. Tant pis pour vous. Toujours est-il que vous êtes conviés à l'Hôtel Présidentiel à 17 h tapante. Soyez pas en retard.

- Y aura qui ? Demanda Alphonse, un peu inquiet de se retrouver face à une bande de politiciens fourbes

- Le Président, le Premier Ministre et les autres ministres. Il y aura la Générale des Armées Armstrong, en tant que cheffe des armées. Et la plupart des alchimistes Premiums qui ne sont pas sur le terrain. Ils doivent donner leur avis concernant votre ré-intégration

- Vous en parlez comme si c'était acquis. J'ai peut être pas envie de redevenir un chien de l'armée

- Tu feras comme tu veux, nabot…

- Ce genre d'insulte ne me touche plus trop, Grommela Edward, qui sentait malgré tout la colère grimper en lui.

*O*

La colère ne le quitta pas quand son frère et lui sortirent du QG pour aller retrouver Winry. Cette dernière leur demanda comment leur retrouvaille avec leur ancien colonel s'était passée :

- Pas terrible

- Ils vont vous forcer à redevenir des soldats ? S'inquiéta Winry

- Il sait pas. Ça va dépendre de la décision du Conseil de chai pas quoi, Répondit Ed

- Du Conseil des Ministres. Ils se réunissent tout à l'heure. On doit y aller pour défendre notre cas. - C'est tout… Précisa Alphonse

- Oh, alors tout n'est pas perdu, on va peut être pouvoir rentrer chez nous… S'éclaira Winry, en attrapant le bras d'Edward, qu'il passa sur son épaule en souriant face à la bonne humeur de la jeune femme

Il se souvint alors de sa promesse de faire les boutiques de mécaniciens et le trio se dirigea vers le centre ville commerçant de la Capitale. Ils remarquèrent alors que les reconstructions étaient grandioses. On sentait l'influence de l'Autre Côté dans certains architectures.

- Ça devrait être juste ça, les échanges entre les Deux Côtés. Des échanges culturels. Des influences positives.

- Prendre le meilleur des mondes. C'est ici que ça se passe. On est vraiment du bon côté de la Porte… Dit alors Edward en souriant à Winry

- Ed ! Regarde ! C'est notre maître !

Alphonse pointa alors du doigt vers une échoppe plus loin. Izumi Curtis semblait en pleine forme. Elle était vêtue comme elle l'avait toujours été, à la différence qu'on voyait l'éclat de sa montre en or à sa veste en cuir. Elle entendit son titre et se tourna vers le trio. En les voyant, elle eut un air de surprise, puis fronça les sourcils en disant :

- On ne pointe pas du doigt…

Edward et Alphonse frissonnèrent et le cadet rangea rapidement l'objet du délit dans sa poche. Ils s'approchèrent d'elle.

- Alors, vous êtes à la tête de la Maison des Alchimistes ? Demanda Alphonse, pour entamer une conversation qu'elle ne semblait pas motivée à commencer

- Non. Je suis à la tête de l'École des Alchimistes. Les Maisons des Alchimistes, c'est différent.

- Ah oui, c'est les structures où se réunissent les Alchimistes d'État pour travailler, c'est ça ? Il y en a 5 c'est ça ?

- Oui.

- Qui dirige les Maisons d'Alchimie alors ? Demanda Edward, qui sentait le malaise s'installer

Marcoh. Tim Marcoh

- Oh c'est… génial ! Il doit être très bien ! Dit Alphonse, d'une bonne humeur forcée

- L'homme de la situation ! Renchérit Edward

- Tout à fait. Je dois y aller. On se revoit tout à l'heure de toute façon.

Elle tourna les talons et se noya dans la foule, au grand désarroi des frères Elric. Le plus jeune dit alors :

- C'est quand même curieux. Je sais bien que ça fait longtemps qu'on s'est pas vu. Mais entre elle et Mustang, je m'attendais quand même à ce qu'on soit mieux accueilli…

- Moi aussi. Je comprends pas… Dit Edward, les sourcils froncés

- Vous croyez qu'ils vous en veulent d'avoir été à l'étranger après votre retour de l'Autre Côté ? Demanda Winry

- Va savoir…

- C'est quand même gros ! Vous avez littéralement sauver le monde à leur côté ! Ça serait bien qu'ils ne l'oublient pas.