Petit mot de l'autrice : écrit pour l'atelier "fluff mais pas trop" de Bibliothèque de fictions : écrire sur deux personnages heureux ensembles


Texte 14 : Arya & Gendry

contexte : UA post saison 8


Quand Arya avait refusé sa demande en mariage, Gendry avait envahit par une profonde tristesse. Pourtant, il ne pouvait pas dire être surprit par une telle réponse.

Arya n'était pas une femme comme les autres ; elle était peut-être née lady, mais avait l'âme d'une aventurière. La vie de château n'était pas faite pour elle, pas plus que la gestion d'une maisonnée ou d'enfants. C'était bien pour cela qu'il en était tombé amoureux, d'ailleurs. L'aurait-il toujours aimé si elle avait répondu favorablement à sa demande ? Sûrement pas. Elle aurait changé, ne serait plus vraiment Arya, sa Arya. En refusant, elle avait eu beaucoup plus de clairvoyance que lui.

Gendry s'était donc résigné. Il avait embrassé ses fonctions de souverain d'Accalmie, avait prit pour épouse Amerei Frey et le temps avait œuvré. Même s'il n'était jamais tombé amoureux d'Amerei, il appréciait sincèrement sa compagnie et se considérait donc heureux.

Puis Arya était revenue.

Son expédition vers l'Ouest l'avait ramenée changée. Elle semblait plus mûre, plus sûre d'elle – si tant est que ce soit possible – plus posée, également. Du moins, c'est ce qu'il croyait. Une seule discussion avec elle lui avait en effet suffit pour comprendre que sur les aspects les plus importants, Arya n'était pas différente d'avant : elle ambitionnait toujours de vivre une vie faite de tumultes et de tempêtes. Elle n'était rentrée à Westeros que pour partager au roi Bran ses découvertes et se réapprovisionner. Elle avait fait un petit détour à Accalmie pour dire bonjour, rien de plus. Encore une fois, il devait lui dire adieu.

Amerei avait bien vu son trouble. À force d'insistance, il avait finit par se livrer. Sa femme, comme toujours, ne tarda pas à le surprendre :

- Pourquoi cela serait-il un adieu ? Pourquoi cela ne peut-il pas être un au revoir avant la prochaine fois ?

- Je pense que me suis encore une fois imaginé construire quelque chose avec elle. En vain.

- Et bien moi je pense qu'il n'est pas impossible de construire quelque chose avec elle. Après tout, quand elle a refusé ta demande à la fin de la guerre, elle a dit non au mariage, pas à toi.

- Tu crois ?

- Je ne crois pas, j'en suis sûre. Je sais comprendre le cœur des gens. Et Arya t'aime. Simplement, elle n'aime pas la vie associée à ton nouveau statut. Une fois que tu sais ça, qu'est-ce qui t'empêches de construire quelque chose avec elle ? Quelque chose pour les quelques jours où elle est là ? L'amour n'a pas vocation à durer toute une vie... il peut très bien s'exprimer lors d'une poignée de nuits volées au fil des ans.

Les propos d'Amerei le chamboulèrent. Comme d'habitude, sa femme faisait preuve d'une grande intelligence. Il allait lui dire tout le bien qu'il pensait d'elle avant de se rappeler quelque chose.

- Mais... et toi ?

- Quoi, moi ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

- Et bien... Si je construis quelque chose avec Arya, tu sais bien qu'on... enfin...

Ses balbutiements gênés furent accueillit par un petit sourire.

- Gendry... Je sais que tu n'as jamais cessé de l'aimer. Alors couche avec elle le temps qu'elle est là, si c'est ce que vous voulez. Tu me laisses bien avoir mes aventures. Pourquoi je te reprocherais d'en avoir avec l'amour de ta vie ?

C'est ainsi qu Gendry se retrouva à rejoindre Arya. Il la rejoignit chaque jour de la semaine que dura son séjour.

Dans les années qui suivirent, la louve revint souvent à Accalmie. À chaque fois, Gendry la retrouvait. Et à chaque fois, ils s'aimaient. Une fois, dénudée tout contre lui, Arya avait murmuré, songeuse :

- Ta femme est tout de même extraordinaire...

Gendry ne pouvait qu'être d'accord. Sans Amerei, il n'aurait jamais pu comprendre ses sentiments, ni oser retourner vers Arya pour profiter de ses quelques nuits de présence. Grâce à elle, ils avaient pu tisser une relation peu conventionnelle, mais qui fonctionnait et qui les rendaient heureux.

Il n'aurait pas pu rêver de mieux.