Bonsoir... Oui je sais ! Ca fait longtemps que je n'avais pas pointé le bout de mon nez. J'espère que vous allez être content de me revoir, parce que là j'ai fait un one shot, qui clairement aurait pu être divisé en plusieurs parties, mais bon ! Quand on aime on ne compte pas et du coup je vous mets 68 pages comme ça là, pour le plaisir. Je pense que vous n'allez pas forcément vous en plaindre puisque ainsi, vous avez toute l'histoire en une fois et pas besoin d'attendre une semaine pour avoir la suite.

J'ai prit beaucoup de plaisir à écrire cette fic, même si ça m'a prit du temps. Pas mal de chose on bougeait dans ma vie perso, ce qui n'aide pas toujours pour trouver du temps. Néanmoins j'espère qu'elle vous plaira. On ne change pas une équipe qui gagne. C'est une Bella / Jasper, parce que... voilà c'est tout. Comme toujours, désolé pour les fautes qu'il peut y avoir, je tente encore de m'améliorer sur ce point. Bonne lecture tout le monde !


Bella regardait sa montre en soupirant. Pourquoi avait-elle accepté de venir ici ce soir. Ah oui, c'est vrai: Alice Brandon. La chieuse qui lui servait d'amie et qui l'avait supplié de l'aider pour son gala de charité. Bordel ! La jeune femme en avait déjà marre alors que ça faisait à peine une heure qu'elle était là. Pourquoi avait-elle dit oui ? Elle savait très bien pourquoi, parce qu'elle était la plus armée pour faire face au défi que son amie avait eu entre les mains. Alice était un être adorable en règle général, alors elle pouvait bien l'aider un peu. Bella baissa le regard sur sa robe rouge, cherchant à savoir si elle n'avait pas bougé. Le thème rouge et noir était une idée d'Alice. Elle cherchait à récolter des fonds pour construire des écoles dans des pays défavoriser. C'était une belle cause, voilà pourquoi la jeune femme était ici, apprêtée comme rarement. Du haut de ses 34 ans, Isabella Swan était une femme ayant plusieurs flèches à son arc. Diplômée de sociologie, elle avait épousé l'homme de sa vie lors de ses études. Enfin tout ne c'était pas passé comme prévu. Par amour, elle avait abandonné ses projets pour rester avec lui et le suivre dans sa carrière. Voilà comment elle s'était retrouvée à gérer les réceptions dans des hôtels de luxe appartenant à son mari. C'était avec une petite fierté qu'elle pouvait dire qu'elle avait excellé dans le domaine. Puis tout avait basculé, les années passant, elle avait commencé à étouffer dans cette vie. A la base, elle devait partir à l'étranger gérer des actions humanitaires. Rien à voir avec le grand luxe d'hôtel haut de gamme. Et sa vie avait basculé, divorce, déménagement, elle avait fuit la situation le cœur en miette.

- Bordel, Alice, où es-tu ? grogna-t-elle en scannant la salle pour trouver son amie.

Attrapant un verre de champagne au passage, Bella regarda autour d'elle. Elle en avait côtoyé pendant des années des personnes comme celle ci. Sous leur costume hors de prix pouvait se cacher deux sortes d'individu. Les personnes au grand cœur et les pourritures qui cherchaient juste à bien se faire voir. Elle entendait encore son ancienne belle-mère "tant qu'ils nous donnent leur argent, ils peuvent bien être con". Un sourire amer apparut sur les lèvres de la brune. S'éloignant pour se mettre dans un coin, elle sortit son téléphone de sa pochette.

- Bella, se marra l'homme au téléphone, ça fait à peine une heure que tu y es...

- Au secours, lâcha-t-elle en espérant un peu de soutien.

- Tu en as vu d'autre, se marra-t-il en reniflant. Tu te doutes bien que je t'aurais accompagné si j'avais été en meilleure forme, t'imaginer en robe de soirée, entourée de beaux gosses prêt à te faire des avances ne m'enchante pas.

- Edward, je t'en supplie, envoie moi tes parents, pitié ! supplia-t-elle découragée.

- Ils sont en vacances et tu le sais très bien. Allez, un peu de courage ! Alice avait besoin d'un coup de main et selon elle tu as été exemplaire. Tu n'as pas perdu la main.

- Je gérais ces choses là tous les jours avant, répondit-elle en soupirant. Bien choisir le cuisinier, le lieu, le décor et l'équipe. Ce sont les choses principales. Les détails ça se travaille. Je cherche Al' depuis tout à l'heure, mais je ne la vois nul part. Je me sens seule.

- C'est le cas, mais après ce n'est pas la première fois non plus et généralement la solitude tu aime plutôt ça.

- Pas quand je suis entourée de costards cravates qui feraient faire une syncope à mon compte en banque.

- Tu es une personne intelligente et belle, tu trouveras bien quelqu'un pour discuter ce soir. Ils n'ont pas tous un balai dans le cul, c'est d'ailleurs comme ça qu'on a fait connaissance.

- Je croyais que tu avais un balai dans le cul à l'époque, avoua Bella sincère. Je le pense toujours un peu.

- Tu es une amie abominable, on te l'a déjà dit, grogna-t-il en toussant.

- C'est pas glorieux tout ça, grimaça-t-elle en l'entendant. Tu as bien prit tes médicaments ?

- Oui maman ! se moqua-t-il gentiment.

- Si tu ne les as pas prit je te botterai le cul en rentrant, menaça-t-elle en doutant de lui.

- Fais attention au balai en passant, rétorqua-t-il avec humour.

La brune explosa de rire faisant se retourner plusieurs personnes. Elle avait connu Edward dans ce genre de réception des années auparavant. Elle se souvenait encore de l'avoir charrié toute la soirée parce que monsieur n'était pas un grand comique à l'époque.

- Allez ma belle, je vais raccrocher, parce que sinon je te connais, on va y rester des heures pour que tu puisses échapper à cette soirée. Tu es bien plus sociable que tu veux bien le faire croire. Profite de ta soirée. Ne fais pas de folie non plus.

- Tu rigoles, je vais trouver le plus beau parti et en faire mon casse-croûte, blagua-t-elle de bon cœur.

- N'importe quel homme serait fou de résister, répondit-il avec un peu moins d'humour.

Bella s'en voulu aussitôt d'avoir dit ça. Elle ferma les yeux en se disant que des fois elle était vraiment stupide et elle manquait grandement de tact.

- T'inquiète pas en rentrant, je te ramènerai le numéro de charmante jeune fille que tu restes pas sur ta faim, tenta-t-elle de reprendre la discussion.

- Brune de préférence, sourit-il à nouveau. Je vais aller me coucher, bonne soirée Bella.

- Bonne nuit et soigne toi bien, je vérifierais en rentrant.

Elle raccrocha en se mordant doucement la lèvre. Après tout, elle ne pouvait pas éternellement surveiller ce qu'elle disait avec lui. Elle reprit le verre de champagne et se rendit compte qu'il était vide. Puis son estomac demandait un peu plus que de la boisson. S'approchant du buffet, elle commença à goûter à tout. Le cuisinier était un bon, Alice avait fait un bon choix. Alors qu'elle avait peur de passer pour une gloutonne alors qu'elle était juste en plein test gastronomique, elle tomba sur une armoire à glace avec une assiette dans les mains, qui dévorait les hors d'œuvre avec passion. Vu la quantité qu'il avalait, Bella fut surprise qu'il soit aussi baraqué. Pourvu que le cuisinier ait prévu assez, parce que cet homme était littéralement en train de dévorer la mise en bouche. Sentant un regard sur lui, l'homme se retourna. Brun, des yeux noisettes adorables, la bouche pleine, il était à mourir de rire. La jeune femme avait l'impression d'être devant un enfant prit en faute. Il avala sa bouchée avec peu de discrétion et lui fit un sourire contrit.

- Désolé, j'avais faim, s'excusa-t-il en posant l'assiette.

- J'avais cru remarquer, s'amusa Bella en n'arrivant pas à cacher son sourire.

Cet homme avait beau être habillé avec un costume hors de prix, avoir le style, il n'était pas de la grande société et ça, la brune pouvait le dire au premier coup d'œil. Il était comme elle, un agneau jeté en pâture aux loups.

- Oui mais bon, pour ma défense, ça fait une heure que j'attends que nous passions à table, j'ai la dalle moi, grogna-t-il en grimaçant.

- Dans ce cas, il faut connaître les bonnes personnes, se marra Bella en lui faisant signe de la suivre.

Curieux, il ne se fit pas prier et lui emboîta le pas. Si elle pouvait lui fournir à manger, il la suivrait au bout du monde. Avec une aisance particulière, la jeune femme se faufila dans les cuisines. Tout le monde semblait sur le pied de guerre et pas une seule robe de soirée ne traînait ici. Voilà pourquoi, le chef, alerté, ne tarda pas à débarquer.

- Madame, puis-je vous aider ? demanda-t-il en s'essuyant les mains sur son torchon.

- Bonsoir, lui sourit-elle aimablement. Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, j'étais avec Mme Brandon lors de l'entretien.

- Mme Swan, oui je me souviens, répondit-il en hochant la tête. D'ailleurs j'ai l'impression de vous avoir déjà vu quelque part. En quoi puis-je vous aider ?

- Fut un temps, je m'occupais de ce genre de réception et j'avais pour coutume de venir en cuisine avant que les plats soient lancé pour les goûter. Nous réajustions quelques petites chose avec le chef si besoin était. Croyez vous qu'il soit possible de goûter vos préparations ?

Le chef la scruta en fronçant les sourcils. Bella ne sut pas si elle l'avait vexé ou non par sa demande. Pour sa défense, elle faisait vraiment ça à l'époque. Le cuisinier sembla chercher sa réponse un bon bout de temps, avant que l'illumination se fasse.

- Isabella ! s'exclama-t-il fier de lui en claquant ses mains avec enthousiasme.

La brune en sursauta de surprise. Elle jeta un œil au reste de la cuisine qui ne la lâchait plus du regard. Fronçant les sourcils à son tour, la jeune femme chercha où ils avaient bien pu se rencontrer.

- Je me souviens de vous, très professionnelle, adorable, toujours un mot gentil pour les équipes, par contre il fallait que ce soit carré. Mon chef adorait travailler avec vous. Jacob Black, se présenta-t-il en lui tendant la main.

Bella ferma les yeux en souriant. Elle lui serra la main aussitôt.

- Le second de Sam Uley, se souvint-elle enfin. Désolé je ne vous ai pas reconnu, il faut dire que ça remonte à quelques années.

- Y'a pas de mal, c'est déjà beau que vous vous souveniez de moi, s'amusa Jacob en tournant un regard sévère vers ses équipes qui se remirent au travail aussitôt. Vous portiez un autre nom à l'époque. Qu'est-ce que vous devenez ? Vous avez disparu du jour au lendemain. Le chef Uley a beaucoup râlé quand votre successeur a prit votre place, parce qu'il n'a pas fait le mois et les suivants n'ont pas été mieux, aujourd'hui encore je crois qu'ils sont toujours à la recherche d'une perle rare.

- Vous m'en voyez désolé, répondit la jeune femme aimablement. Disons que j'ai changé radicalement de vie. Et vous, vous êtes monté en grade.

- Il fallait bien que je me détache de mon chef un jour, se marra-t-il de bon cœur. Il est toujours là bas, moi j'ai prit mon envol. Installez vous dans le coin, je vous rapporte des assiettes test.

- Vous êtes adorable Jacob, merci beaucoup, lança la brune avec sympathie.

Elle s'était toujours senti mieux dans les cuisines que dans la salle de réception. Faisant signe à son compagnon de s'asseoir, elle attendit que les cuisines leur servent le premier plat.

- Isabella alors ? demanda l'homme en lui tendant une main. Moi c'est Emmett.

- Enchanté Emmett, prépare toi, tu vas avoir le repas, avant le repas, s'amusa-t-elle en perdant sa main dans la sienne.

- Tu es clairement un ange descendu du ciel, parce que je n'ose imaginer à quel point je me serrai encore fait remarquer si je m'étais évanoui au milieu de la salle.

La rire de la brune monta progressivement. Edward n'avait pas forcément tort au fond. Elle était plus sociable qu'elle ne le pensait, il suffisait juste qu'elle ne croise pas trop d'aristo. Emmett n'en était pas un, ça, elle pouvait le parier. Le premier test arriva bien vite et les yeux du grand gaillard se mirent à briller de joie.

- Merci Jacob, nous allons goûter ça et vous dire nos ressentis, je pense que Monsieur est un fin gourmet.

- Ça pour sûr, je vais vous la latter votre assiette Monsieur Jacob, s'exclama Emmett en choppant une fourchette et en tapant directement dedans.

Le chef ne chercha pas plus longtemps, il fit un clin d'œil à Bella et retourna en cuisine avec son équipe. Emmett enfourna le plat à une vitesse phénoménale. Bella prit son temps pour goûter la sienne.

- Je crois que tu lui plais bien au cuistot, lança Emmett en lorgnant sur l'entrée de la brune.

Amusée, elle lui tendit avec un léger regret, parce que ce plat était vraiment exceptionnel. Il lui fit un sourire adorable et prit plus de temps à finir.

- Je pense que c'est juste dans sa nature d'être chaleureux, répondit Bella en haussant les épaules. Alors Emmett, dis moi tout, tu n'es pas d'ici.

- Toi non plus, rétorqua-t-il avec un sourire complice. Même si tu fais très bien illusion. J'accompagne ma fiancée, qui elle fait partie de ce monde depuis toujours. J'ai promis de bien me tenir pour ne pas lui faire honte, mais franchement, c'est chiant à mourir comme soirée.

- C'est un gala de charité, si tu voulais de l'ambiance, il fallait venir au bal de fin d'année chez les Volturi. Ce sont de sacré fêtard.

- Fait l'année dernière ! s'exclama-t-il avec joie. J'ai adoré ! D'ailleurs le prochain est la semaine prochaine. Ça fait un moment que je suis dans le coin et je ne t'ai jamais vu dans ce genre de soirée, pourtant tu semble connaître le sujet.

- Bien plus que je ne voudrais, admit-elle en haussant les épaules.

- Mariée ? Célibataire ? demanda Emmett sans la moindre gêne.

- Divorcée, répondit-elle calmement.

- Donc célibataire, trancha le colosse en s'essuyant la bouche. Franchement, si tu veux mon avis, le petit cuistot il aimerait bien faire ta connaissance après le service je pense.

Bella n'arriva tout simplement pas à retenir son rire. Emmett était hilarant à ses yeux. Elle le connaissait à peine, mais elle l'adorait déjà.

- J'ai l'impression d'entendre ma meilleure amie qui s'acharne à essayer de me caser.

- Un joli brin de femme comme toi, se serait dommage de rester seule. Prend pas ça pour des compliments visant à te mettre dans mon lit, entendons nous bien, tu m'as donné à manger, pour moi tu es de loin la meilleure personne que j'ai rencontré ce soir. Je suis un peu lourdeau, mais pas méchant.

- Et toi, tu viens d'égayer ma soirée, parce que j'étais sérieusement en train de penser à fuir.

- Je ne vais pas te lâcher je pense, tu connais les bons plans, lui sourit Emmett en la détaillant de plus près. Laissez moi deviner. Oregon !

- Presque, ricana Bella amusée qu'il soit si proche du but. État de Washington. Je suis venu ici pour mes études.

- Psychologie ? tenta-t-il en plissant les yeux.

- Socio, répondit la brune en explosant de rire. Et toi Emmett ?

- Moi je suis un gars de la cambrousse texane. J'ai ouvert une salle de sport y'a quelques années, elle fonctionnait plutôt bien, donc j'en ai ouvert une deuxième dans le coin et va savoir pourquoi, la clientèle de riche bonne femme est devenue la plus courante. C'est là que j'ai rencontré ma fiancée. Donc forcément, le coach sportif fait un peu tâche parmi les riches hommes d'affaire et les héritiers en tous genres.

- On peut croiser des gens sympa si on sait où chercher.

Ils furent interrompu par Jacob qui apportait la suite en leur demandant leur ressenti. Le "c'était une tuerie" d'Emmett fit beaucoup rire Bella. Elle fut un plus précise dans les commentaires, mais demanda gentiment à Jacob de ne surtout rien retoucher à cette assiette. Ils continuèrent à faire connaissance en se marrant bien. Bella préférait largement rester ici en sa compagnie, plutôt que se farcir des hommes adultérin en manque de sexe dans la salle de réception. La jeune femme ne s'était pas attendu à passer une bonne soirée en vrai. Mais parfois la vie était pleine de bonne surprise. Emmett faisait parti de celle-ci.

- Viens je te dis, s'exclama-t-il en se frottant les mains. Je me chargerai personnellement de te coacher.

- Je n'ai probablement pas les moyens de me payer tes cours.

- Qui t'a parler de payer ! Fais quelques séances et tu décideras plus tard ce que tu en penses. J'y serai toute la semaine prochaine, demande Emmett McCarthy à Lisa à l'accueil.

- Je vais y réfléchir. Alors ce dessert ?

- Une merveille, je songe à demander à ma fiancée de l'engager ce cuistot. Mais si j'ai bien compris, je vais avoir le droit à double ration en retournant dans la salle de réception ?

- En effet, le coup de feu ne va pas tarder à partir. Rassasié ?

- Jamais ! s'écria Emmett en explosant de rire.

Il était heureux d'avoir fait la connaissance de quelqu'un d'aussi frais et gentil qu'Isabella. Elle l'amusait beaucoup. Il trouvait ça étonnant qu'une jeune femme aussi belle, charmante et avec de l'esprit, soit seule pour venir à ce genre d'événement.

- Tu es vraiment toute seule ce soir ? s'inquiéta-t-il en se levant.

- Oui, pourquoi ? C'est interdit ? ricana-t-elle en remerciant la cuisine et en leur disant de continuer comme ça. Les femmes n'ont pas le droit de sortir sans un homme fort et valeureux.

- J'ai pas dit ça, je pense juste que c'est dommage de se priver de ta compagnie. Tu es ce genre de personne lumineuse qui redonnerait le sourire à des dépressifs. Genre, comme mon beau-frère... D'ailleurs, tu veux pas le rencontrer, ça lui ferait du bien je pense de parler avec une personne honnête et sans arrière pensée.

- Qu'en sais-tu ? Je suis peut-être ce genre de personne, mais je le cache tellement bien que tu es tombé dans le piège.

- Non ! J'ai le nez pour ça, trancha-t-il avec un sourire. En plus tu t'es rappelée d'un cuistot que t'a pas vu depuis des années, alors qu'il était même pas chef. Non, vraiment, t'es le genre de personne qui a le cœur tendre et la langue acérée. J'aime bien ça. Les gens cash et sincère, ça fait du bien.

- Tu as l'air toi aussi de dire ce que tu penses en toute circonstance.

- On me prend comme je suis ou on va se faire mettre, c'est mon credo, lança Emmett avec fierté.

Ils se retrouvèrent vite dans la salle de réception à regarder les invités déambuler. Bella était accrochée à son bras et Emmett l'emmenait tel un vrai gentleman à travers la foule.

- Ta fiancée ne risque pas de m'arracher les yeux si jamais elle nous voit ensemble, demanda la brune inquiète de créer des problèmes.

- T'en fait pas, elle n'a rien à craindre et elle le sait très bien. Bon alors, maintenant que nous avons une meilleure vue, peux-tu m'éclairer sur ton genre d'homme. Nous allons bien réussir à te trouver quelqu'un de charmant.

- Je suis déjà au bras de quelqu'un de charmant, rétorqua-t-elle avec sarcasme.

- Vile flatteuse. Mais je ne me laisserai pas détourner de mon but. Grand ou de taille moyenne? Riche ou modérément riche ? Accro au boulot ou qui dévore la vie à pleine dent ?

- Je ne cherche personne, le calma gentiment Bella en lui frottant le bras.

- L'amour c'est quelque chose de magnifique qui te rendrait encore plus lumineuse que tu ne l'es déjà.

- L'amour, c'est pour ceux qui y croit encore, répondit la jeune femme avec amertume.

Emmett cessa aussitôt de parler et se tourna vers elle. Même si l'expression de son visage n'avait pas changé, il avait capté quelque chose dans sa façon de parler qui lui mit la puce à l'oreille.

- Il faut vraiment que tu rencontres mon beau-frère. Vous êtes fait pour vous entendre. Bon il passe sa vie au travail, comme s'il n'avait que ça. Mais au fond c'est un bon gars, il est juste... comment dire ça...c'est pas le mec le plus fun du coin.

Bella tourna un regard amusé vers lui en secouant la tête.

- Toi tu sais faire des compliments, lança-t-elle en retenant son rire.

- Bah on m'a dit qu'avant il n'était pas comme ça, j'aimerai bien voir ça un jour. T'as l'air du genre à aider les âmes perdues, alors peut-être que sur un malentendu, vous pourriez vous entendre.

- Tu t'ennuies tant que ça pour pourrir la vie de ton beau-frère ?

- Non mais franchement s'il pouvait arrêter de tirer la gueule de temps à autre, ça pourrait être pas mal.

Une fois encore, Bella dut mettre sa main devant sa bouche pour éviter de se faire remarquer par son rire. Emmett était vraiment tordant.

- Je dois admettre que les beaux gosses sont pas nombreux ce soir, tacla Emmett en grimaçant.

- Hormis toi, bien évidemment, le taquina Bella en essuyant ses larmes naissantes.

- Évidemment ! exagéra-t-il en prenant un air snobinard. Sais-tu à quelle table tu es ?

- La quatre. Je n'ai aucune idée des personnes qui seront autour de moi, je ne connais personne.

- Mais si ma grande ! s'écria-t-il en lui faisant un sourire en coin. Nous serons à la même table figure toi. La chance est de notre côté.

- Ou Alice s'est dit que je partirai dès l'entrée s'il n'y avait personne pouvant retenir mon attention. Elle est maligne.

- Alice ? Alice ? Le petit lutin plein d'énergie qui a organisé le gala.

- Absolument, répondit la brune en regardant si elle ne la trouvait pas. Je lui ai filé un coup de main, du coup, elle a exigé que je sois là. Je crois que secrètement, elle espère que j'ai un coup de foudre sur un de ces types.

- Elle est rigolote, j'ai déjà eu l'occasion de parler avec elle. Puis elle a peut-être raison, tu pourrais avoir le coup de foudre ce soir, la flèche qui vise en plein cœur...

- Je n'ai pas de cœur, répondit-elle aussitôt hilare.

- Je n'en crois pas un mot ! C'est décidé, je vais chercher mon beau-frère !

- Arrête tes conneries et reste ici, ordonna Bella en le retenant pas le bras. Le pauvre homme épargne lui ça. Il ne ferait que s'y casser les dents.

- De toute façon tu le rencontreras à notre table...

- Ah tu es là ! s'écria Alice en débarquant de nul part. Ça fait une heure que je te cherche partout !

- Qu'est-ce que je devrais dire, lança la brune avec ironie. Al' sérieusement, qu'est-ce que je fous ici ? Laisse moi rentrer chez moi...

- Pour que tu retrouves l'autre cocker, certainement pas ! trancha Alice acide. Il te faut un homme, un vrai !

- Donc, il y a un homme qui t'attend chez toi et tu ne me l'as pas dit, chuchota Emmett la curiosité ressortant par tous les pores.

- Non, il y a un coloc chez moi, répondit Bella en haussant les épaules. Edward. Mais mon amie ne l'aime pas beaucoup.

- Pardon, excusez moi Mr McCarthy, je manque à tous mes devoirs, la salua Alice en se rendant enfin compte que son amie n'était pas seule. Je suis heureuse de vous revoir...

- Hola ! Détend toi le lutin, pas besoin de faire de courbette devant moi. Cette jeune personne adorable est ton amie ?

- Depuis plusieurs années oui, répondit Alice avec un grand sourire.

- Dis m'en plus, je veux tout savoir. Parce qu'elle me semble adorable et j'ai bien envie de lui faire rencontrer mon beau-frère.

- Tu vas pas me lâcher avec ton beau-frère ? demanda Bella en baissant la tête.

- Votre beau-frère, vous voulez dire...oh oui ! Ils iraient très bien ensemble.

- Heureuse de l'apprendre, soupira la brune en regardant ses ongles.

- Il est beau gosse, continua le colosse en faisant une liste. Il est riche, intelligent un peu froid, mais rien que cette jolie jeune fille ne puisse briser, il est bosseur et droit dans ses bottes.

- Adjugé vendu ! s'écria Alice en prenant l'autre bras de son amie en otage. Il faut absolument qu'ils se rencontrent.

- On ne peut pas m'épargner cette honte pour une fois ? demanda Bella blasée.

Ce n'était pas la première fois qu'Alice cherchait à jouer les entremetteuses. Généralement, Bella ne pouvait pas mentir, elle lui trouvait des hommes séduisants, plein d'esprit et adorable. Seulement le cœur de la brune ne réagissait plus face à grand chose. Il s'était éteint au fur et à mesure. S'asséchant avec les années. Emmett relâcha le bras de la brune et parti en trombe. Non, de toute évidence, ils ne lui épargneraient pas cette honte.

- Allez ne fais pas la tête, je te jure que c'est un beau parti et qu'en plus, il est vraiment beau gosse. Bon, c'est aussi probablement mon futur patron, donc si tu pouvais évité de te le mettre à dos, ce serait sympa de ta part.

- Tu vis ta vie dangereusement Al', grogna Bella dépitée. Tu sais comment je suis dans ces cas là, je n'ai pas envie...

- Il est divorcé comme toi, c'est un bourreau de travail comme toi et je suis sûre et certaine que sous cette tonne de froideur, se cache un mec qui a beaucoup souffert, comme toi. Laisse lui une chance !

Bella enleva son bras de celui de son amie. Elle ne comprenait pas et elle ne comprendrait jamais. Se mettant en face d'Alice, elle posa ses mains sur ses épaules et plongea son regard dans le sien.

- Je n'ai pas envie de rencontrer quelqu'un, dit-elle en détachant délibérément chaque mot.

- Tu préfères peut-être rester toute ta vie à déambuler avec Eddie ? demanda Alice dégoûtée.

- C'est mon ami et c'est mon collègue aussi...

- Oui et bien rappelle lui ce fait, il à l'air d'avoir du mal à l'intégrer. Il a tout pour lui, je l'admets, mais... vous n'êtes pas compatible, c'est juste un fait...

- Et je lui ai déjà dit, soupira Bella en levant les yeux au ciel.

- Ça l'empêche pas de s'accrocher comme une putain de moule à son rocher.

- Al'..., se désespéra la brune.

Elle savait tout ça, elle en avait conscience. Mais Edward l'avait aidé dans un moment de sa vie où elle n'avait plus personne. Il avait été sa bouée de sauvetage. Il lui avait fallut un certain temps pour comprendre qu'ils ne partageaient pas les mêmes sentiments l'un pour l'autre.

- Tant que tu ne sortiras pas avec un autre homme, il n'ouvrira pas les yeux et tu le sais très bien.

Alors que Bella allait se défendre, elle sentit un petit coup sur son épaule. Se retournant avec lassitude, elle se paralysa sur place.

- Isabella Swan, laisse moi te présenter Jasper Whitlock, mon fameux beau-frère ! lança Emmett fier de lui.

Le coup de foudre, pas de soucis, Bella l'eut bel et bien. Mais pas dans le sens que tout le monde le définissait. Ce n'était pas une illumination qui vous faisait ressentir des frissons dans tout le corps avec un sentiment d'euphorie. Les frissons, elle les avait, les palpitations aussi, mais l'euphorie... Non, pour Bella, c'était plus une dague dans le cœur, qui lui envoyait des décharges de douleur jusque dans le bout de ses doigts.

- Bella...

- Jaz..., s'exclamèrent-ils en même temps la voix chevrotante.

Le choc était présent chez chacun d'eux. Ils ne se lâchaient pas du regard. Emmett et Alice faisaient navette entre les deux, cherchant à comprendre.

- Vous vous connaissez ? s'étonna Emmett en faisant la moue.

Bella se décrocha enfin de "son" regard pour se tourner vers les deux emmerdeurs qui avait eu une idée bien foireuse !

- Jasper est... mon ex-mari, répondit-elle la gorge nouée.

Les deux autres se paralysèrent sur place. Alice se retrouva sans voix et Emmett grimaça franchement en se disant qu'il allait le payer cher ça. Jasper allait lui tordre le cou en sortant. Mais pour sa défense, il ne pouvait pas savoir ! Comment allait-il échapper à la mort ? Se tournant vers Alice, il remarqua bien qu'elle était dans le même état que lui. Les deux fautifs cherchèrent une issue de secours.

- Bon et bien... je vais aller voir en cuisine si tout se passe bien..., s'exclama Alice en s'éclipsant.

- Oui et bien moi, il serait temps que je retrouve Rose ! s'écria Emmett en tournant les talons en vitesse.

Bella et Jasper se retrouvèrent l'un en face de l'autre, silencieux. Ils se détaillèrent pendant un bon bout de temps avant d'enfin ouvrir la bouche.

- Je ne savais pas que tu étais de retour, attaqua Jasper encore sous le choc.

- Oui, ça fait quelques mois que je me suis posée dans le coin. Et moi je ne savais pas que tu serais là.

- Tu ne serais pas venu sinon, siffla-t-il le cœur lourd.

- Probable, répondit-elle honnêtement.

Aussi étrange que ça puisse paraître, cette réponse amena un léger sourire sur les lèvres de l'homme. Bella le scruta. Il était toujours aussi beau, si ce n'était plus. Toujours cette classe innée, ces cheveux blond qui avait tendance à boucler sur les longueurs. Ces yeux bleus orage qui vous transperçaient en un regard.

- Ça fait longtemps que l'on ne s'était pas vu, continua-t-il en mettant ses mains tremblantes dans son dos.

- 5 ans, répondit-elle en sentant son estomac se retourner. Depuis le divorce.

Oui, depuis ce fameux jour où ils avaient signé ce foutu bout de papier. Jasper s'en souvenait comme si c'était hier. L'un des pires jours de sa vie. La revoir devant lui, il ne s'y était pas préparé. Voilà longtemps que son cœur n'avait pas battu de cette façon. Bon ou mauvais signe, il n'en savait rien.

- Tu n'as pas changé, tu es toujours aussi belle, la complimenta-t-il en n'arrivant tout simplement pas à s'en empêcher.

- Toi tu as changé un peu, sourit enfin Bella ne pouvant pas se retenir. Tu es devenu plus beau.

Sa taquinerie le dérida un peu. Il n'arrivait pas à décrocher son regard d'elle. Elle était magnifique. Toujours cette chevelure brune qui tombait en cascade dans son dos.

- Le rouge reste ta couleur fétiche, lança-t-il en désignant sa robe de soirée. Tu es superbe.

- Merci, le noir reste la tienne aussi. Mais je t'ai déjà fait un compliment sur ta beauté, on ne va pas abuser des bonnes choses.

Les yeux de Jasper se mirent à pétiller. Cet humour, voilà bien longtemps qu'il n'y avait pas fait face. Ce côté sarcastique sans jamais être méchant, c'était tout elle.

- Ça m'avait manqué, s'amusa-t-il en se détendant légèrement.

- Quoi donc ? Mon impertinence ? répondit-elle avec effronterie.

- Ta répartie, admit-il en souriant enfin.

Bella s'en trouva toute retournée aussitôt. Oh ! Ce sourire ! Celui qui l'avait attaqué en plein cœur à la base, qui l'avait fait chavirer dans un autre monde en un clin d'œil. C'était terrible comme le temps n'avait absolument pas altérer ce fait. Jasper se rendit compte aussitôt de son effet et ça le réjouit malgré lui. Il la connaissait par cœur et ses joues s'étaient teintées d'un léger rosissement adorable. Alors, il sourit à nouveau avec sincérité.

- Tu comptes utiliser ton sourire Colgate contre moi encore longtemps ? demanda-t-elle en faisant la moue.

- Tant qu'il fera effet, répondit-il amusé.

- Ah la voilà, ricana Bella en le pointant du doigt. L'arrogance des Whitlock, je me demandais à quel moment je la reverrais.

Jasper ne se vexa pas, pour la simple et bonne raison que c'était une vieille blague entre eux. Une qui avait démarré dès qu'ils s'étaient rencontrés.

- L'arrogance face à l'insolence, nous nous retrouvons toujours au même point Bella.

- Malheureusement.

- Que fais-tu ici ? demanda-t-il enfin en s'approchant un peu plus d'elle.

- J'aide un peu Alice avec l'organisation.

- Alice Brandon ? Je me disais aussi que ça faisait bien longtemps que je n'avais pas vu un gala aussi bien organisé, si tu es derrière tout ça, ce n'est pas si étonnant. Mais je suis censé la tester ce soir pour savoir si je l'engage pour le poste que tu occupais, malheureusement si c'est toi qui...

- Alice a suivi les règles, trancha Bella intraitable. Elle a suivi les préceptes que je lui ai enseigné et le premier, en l'occurrence, est de toujours bien s'entourer. Ce qu'elle a fait.

Jasper ouvrit la bouche pour répliquer, mais la brune ne lui en laissa pas le temps.

- De plus, elle est douée pour ça, avec le temps, elle deviendra meilleure que je ne l'étais. Tu aurais tord de ne pas la prendre juste parce que je lui ai donné quelques conseils. De plus, si je ne m'abuse, j'ai entendu dire qu'il était difficile de me remplacer depuis que j'étais parti, ce n'est pas simple de trouver quelqu'un de compétent de nos jours, donc évite de te faire une idée sur elle à cause de moi.

- Ah la voilà ! s'exclama Jasper en la pointant à son tour du doigt. L'insolence des Swan.

Ils se sourirent avec complicité, comme avant. Ce n'était pas bon. Bella s'était promise de ne plus jamais tomber dans le piège, seulement c'était plus facile à dire qu'à faire. Elle sentait l'attraction qu'il propulsait vers elle. C'était magnétique, ça l'avait toujours été. Leur regard connecté, cette joie de revoir l'autre, ce besoin de le toucher...

- Bonsoir Isabella, lança une petite voix émue.

Puis la réalité se rappela bien vite à la brune. Elle se tourna et tomba sur Emmett et sa fameuse "fiancée". Alors le passé lui revint en pleine face. La douleur des souvenirs fut comme une gifle. Bella recula d'un pas de Jasper, puis regarda la magnifique femme qui lui faisait face.

- Rosalie, la salua-t-elle froidement.

Bella n'avait pas pu empêcher son ton d'être aussi réfrigérant. Certaines cicatrices ne se fermeraient jamais. Étrangement, c'était Rosalie qui lui rappelait les pires moments de sa vie, alors qu'au final ça n'avait pas forcément était la plus terrible.

- Ça fait plaisir de te voir, sourit la blonde vraiment heureuse en venant la prendre dans ses bras.

La brune se statufia sur place, retenant difficilement sa grimace. Voyant son inactivité, Rosalie se recula en se raclant la gorge, gênée.

- Comment vas-tu ? demanda la blonde en essayant de reprendre contenance.

- Bien, répondit Bella aussitôt en espérant mettre fin très vite à ce début de conversation.

- C'est fou de te revoir ici ! Tu m'as manqué.

La tête de Bella devait être impayable. Son regard ne devait pas être plus engageant. Emmett commença à regarder ses pieds en se disant qu'apparemment ce soir, il enchaînait les conneries.

- Vraiment ? lança la brune sceptique.

Puis elle tourna un regard vers Emmett et finit par faire quelques liens, ce qui commença à l'amuser au plus haut point. Elle pointa son doigt vers le colosse avec un sourire en coin.

- Toi tu vas épouser un prof de sport qui n'a pas un compte en banque à six chiffres tous les mois ? questionna Bella n'en croyant pas ses yeux.

Emmett se mit à froncer les sourcils à l'attaque, mais finit par comprendre que l'attaque en question n'était pas pour lui. Rosalie se mordit les lèvres, mais ne se démonta pas pour autant.

- J'ai changé tu sais, j'ai compris beaucoup de chose et j'aime Emmett. Alors je m'en moque qu'il ne gagne pas sa vie comme l'un de ces hommes autour de nous. Tout ce qui compte, c'est nous.

Bella se retint une seconde, deux peut-être avant de pouffer de rire. Elle essaya bien de mettre sa main devant sa bouche pour se cacher, mais ça ne servait à rien. Les larmes aux yeux, elle finit par s'excuser en levant les mains.

- Désolé, vraiment. Mais franchement, j'imagine la tête du clan Whitlock là et c'est quelque chose. Ça a peut-être bien changé chez vous, mais j'aurai aimé voir la tête de Charlotte, Netty, Lucy et Mme Maria Whitlock quand tu leur as présenté celui là.

Jasper détourna le regard aussitôt. Il ne pouvait rien dire, une fois encore elle avait raison. Emmett se mit à faire une grimace adorable en haussant les épaules.

- Elles me détestent, toutes autant qu'elles sont, avoua-t-il pas plus traumatisé que ça.

- Bienvenu au club, s'amusa la brune en continuant de rire.

- Ma famille ne te déteste pas Bella, s'exclama Jasper avec force.

Alors son rire s'éteignit aussitôt. Blasée, elle finit par dire ce qu'elle avait sur le cœur.

- Je vois que certaines choses ne changeront jamais. Peu importe les années, nous seront éternellement en désaccord sur ce sujet.

L'amertume qui était ressorti de cette phrase fit comprendre à Jasper que son ex-femme en souffrait toujours. Mais la brune se reprit très vite, montrer ses faiblesses n'étaient pas une chose qu'elle aimait faire. Alors elle fit un signe de la main, comme si ce n'était rien.

- Après tout, je ne fais plus partie de cette famille, je n'ai pas tellement à me préoccuper de ça. Ce fut un plaisir de vous revoir et Emmett de te rencontrer. Bonne soirée !

Elle tourna les talons, le cœur battant la chamade, s'apprêtant à partir. C'était déjà bien assez chargé en émotion comme ça, sans qu'elle rajoute les mauvais souvenirs.

- Quoi ! Après tout ce que tu as fait pour moi, tu vas juste partir comme ça ! se scandalisa Emmett. Tu vas me laisser seul avec eux !

- Chéri, nous sommes là, se vexa à moitié Rosalie.

- Oui mais vous passez votre temps à parler boulot, faut faire des break dans la vie, trancha-t-il avec honnêteté.

Bella était bien de son avis. Les Whitlock étaient des acharnés du travail et c'était peine perdue que d'essayer des les en décrocher. Essayant de profiter de la diversion, la jeune femme fit un pas de plus, mais une main se posa sur son poignet et l'arrêta aussitôt. Elle sentit les frissons remonter sur son bras jusque sur sa nuque, pire, elle les vit même.

- Ne pars pas, la supplia presque Jasper en l'implorant du regard.

Ses yeux... Bella était perdue d'avance. A l'époque, il était capable de lui faire faire tout et n'importe quoi avec ce regard, à présent elle y détectait quelque chose de nouveau, quelque chose de similaire au sien. De la douleur. Elle n'avait jamais pu se résoudre à le voir souffrir, même si par moment il l'aurait franchement mérité. Fermant les yeux pour essayer de se soustraire à ses iris qui la fixait, elle chercha à se convaincre de partir. C'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Seulement, le pouce de Jasper se mit à lui caresser le poignet.

- S'il te plaît, susurra-t-il plein d'espoir.

C'était foutu et Bella le sut aussitôt. Serrant le poing face à sa propre faiblesse, la brune revint sur ses pas. Le sourire de Jasper réapparut aussitôt avec force.

- Range ça ou je t'enfonce mon talon aiguille dans le pied, menaça-t-elle en grommelant.

- Wow ! T'as vu ça ? demanda Emmett choqué à sa fiancée. Ton frère est capable de sourire, je suis sur le cul.

Il ne tarda pas à se faire fusiller du regard par les Whitlock. Bella retira son poignet de la prise de son ex mari et vint s'accrocher au bras du futur membre de la famille.

- Emmett, Emmett, il va falloir que je t'apprenne certaines choses si tu veux survivre dans ce monde, prévint-elle.

Jasper n'était pas enchanté de la voir lui préférer un autre homme comme compagnie, mais c'était de bonne guerre.

- On ne dit jamais directement ce que l'on pense, c'est mal vu, on reste aimable même avec les gens qu'on déteste, l'hypocrisie ce doit d'être naturelle et surtout, tu auras beau essayer de te fondre dans le décor, il y aura toujours quelqu'un pour te rappeler que tu n'es pas du même monde qu'eux. Il va falloir t'adapter.

- Que dalle ! râla-t-il en grimaçant. Je reste comme je suis, si ça leur plaît pas, je m'en bat les couilles.

Une fois encore, Bella explosa de rire devant la franchise du grand gaillard. Jasper en resta le cœur battant. Son rire lui avait tellement manqué. Il avait tant de bon souvenirs qui remontaient à la surface quand il l'entendait ainsi. Elle était superbe et elle l'avait toujours été. Rosalie les laissa se chamailler et vint rejoindre son frère en l'éloignant légèrement. Elle se pendit à son bras.

- Est-ce que ça va aller ? chuchota-t-elle discrètement.

- Ne te mêle pas ça, se fâcha-t-il aussitôt.

- Ne t'emballe pas, tu sais bien toi aussi que j'ai changé. Je ne vois plus Bella de la même façon depuis votre divorce. Mais je te pose la question à toi, mon frère, est-ce que ça va aller ?

Les mâchoires du blond se serrèrent, ses yeux toujours fixés sur Emmett et Bella qui complotaient. Il ne s'était pas attendu à tomber sur elle, surtout dans ce genre de soirée. Elle avait disparu du jour au lendemain, en ne donnant plus une seule nouvelle à qui que ce soit. Qu'est-ce qui était le plus important, la souffrance ou le plaisir de la revoir ?

- Je l'ai cherché pendant des années, avoua-t-il la gorge serrée.

- Je sais, murmura Rosalie en lui caressant le bras en soutien. C'est peut-être l'occasion d'en savoir plus avant qu'elle ne disparaisse à nouveau.

- Tu ne vas pas me dire "éloigne toi d'elle, cette fille t'a déjà fait assez souffrir" ? cracha-t-il malgré lui.

- Ce serait le discourt de Netty ou Lucy ça, pas le mien. Moi je veux juste te voir heureux et je suis loin d'être aveugle. Voila cinq ans que tu ne l'es plus. Je ne t'avais pas vu ce sourire depuis Bella. Tu es un grand garçon, tu n'as besoin de personne pour faire tes choix. C'est la première fois que tu la revois depuis votre divorce, connaissant l'oiseau, si tu ne veux pas qu'elle s'envole à nouveau, tu ferais bien de lui faire passer une bonne soirée.

Jasper était bien d'accord avec ça. Bella était imprévisible et ça il l'avait découvert avec force. Rosalie serra un peu plus le bras de son frère.

- Elle aussi a souffert, chuchota-t-elle dans la confidence. Même si tu penses qu'elle a prit une décision trop hâtive, elle avait probablement ses raisons de la prendre.

Le blond ferma les yeux en ricanant légèrement. Ça faisait cinq ans qu'il se disait que sa sœur en savait plus sur le sujet qu'elle ne voulait bien lui en dire. Rosalie était devenue une grande partisane de Bella, une fois que celle ci ne fut plus là. La défendant parfois même plus que Jasper face au reste de la famille. La plus jeune de la tribu Whitlock avait eu comme une illumination, ce qui ne lui ressemblait pas du tout. Seulement, Jasper l'avait interrogé plus d'une fois sans jamais obtenir la moindre information. Mais le temps était peut-être venu de trouver les zones d'ombre qui restait sur cette histoire. Parce qu'il le savait très bien, sa relation avec son ex-femme avait un goût d'inachevé.

- Allons les rejoindre avant qu'ils nous collent la honte pour le reste de la soirée, je le sens mal l'association des deux, lança Rosalie avec une grimace adorable.

- Deux grandes gueules ensemble, c'est sûr qu'il vaudrait mieux les bâillonner tout de suite, s'amusa Jasper en lui faisant signe d'avancer.

Emmett et Bella étaient fait pour s'entendre, ce n'était même pas étonnant qu'ils se soient attiré l'un l'autre dans une grande salle comme celle ci. Aucun des deux n'aimaient vraiment être là. Mais ils semblaient y trouver une certaine distraction quand ils étaient à deux en train de critiquer les gens. Ils finirent par s'installer à leur table, voyant que deux autres sièges étaient encore libre.

- Nous risquons d'incommoder des personnes de grande lignée, se moqua Bella en donnant un coup d'épaule à son voisin.

- C'est peut-être eux qui vont nous déranger, la nourriture sera peut-être moins bonne en leur compagnie, enchaîna Emmett en regardant si les gens rejoignaient leur table. Est-ce qu'ils vont s'asseoir un de ces jours, parce qu'on aimerait bien passer aux choses sérieuses maintenant !

- Oh le morfale ! se désola Jasper en secouant la tête.

- J'avais cru comprendre ça, se marra la brune à côté de lui. Il a fait honneur au premier service.

- C'est à dire ? demanda son ex-mari en fronçant les sourcils.

Il n'eut jamais la réponse, car la brune sursauta avec force juste avant.

- Isabella ! s'écria un homme derrière elle en la reconnaissant.

Après avoir mit une main sur son cœur pour le calmer, elle se retourna et tomba sur nul autre qu'Aro Volturi. Elle pouvait l'admettre, il n'y avait pas beaucoup de monde qu'elle avait regretté dans ce monde de luxe, mais cet homme en faisait partie. C'était un bon vivant, toujours souriant et malin comme un singe en plus de ça. Elle l'avait recroisé une fois chez les Cullen juste avant de partir à l'étranger avec Edward. L'homme s'était désolé de son départ et lui avait dit et répété qu'elle pouvait venir quand elle voulait chez lui, qu'elle y serait toujours bien reçu. Il demandait souvent de ses nouvelles à Carlisle. Alors, c'est avec un sourire tendre et heureux qu'elle se leva pour lui serrer la main. L'homme ne l'entendit pas de cette oreille et la noya dans une étreinte sincère.

- Te voila enfin de retour ! s'enthousiasma Aro la joie débordant par chaque port de son visage. J'ai cru qu'il y aurait toujours un océan entre nous.

- Bonsoir Aro, ça fait plaisir de vous revoir, le salua-t-elle enchantée.

- Oh bon dieu ! Tout le plaisir est pour moi. Je parlais de toi à ma femme l'autre jour, Carlisle m'a envoyé une photo de ta dernière mission, tu as donné du tien. Certaines personnes donnent de l'argent ici et ne se bougent jamais en dehors, toi tu as été sur le terrain pour mettre tout ça en œuvre. C'est remarquable !

Bella se mit à rougir au compliment. Jasper lui n'en loupait pas une miette. Donc, s'il avait bien tout comprit, elle était à l'étranger et était restée en contact avec les Cullen. Sulpicia, la femme d'Aro ne tarda pas à le rejoindre et fut aussi heureuse que son mari de retrouver la jeune femme. Emmett les regardait avec interrogation, car même si Bella disait le contraire, elle semblait n'avoir aucun mal à s'intégrer dans ce monde. Ils finirent par s'asseoir. Les Volturi s'étonnèrent de voir Jasper et Bella l'un à côté de l'autre, mais ne firent aucune remarque. Pour l'instant.

- Dis moi tout ! enchaîna Aro avide d'information. Depuis quand êtes vous rentré ?

- Ça va faire quatre mois, répondit Bella avec le sourire. C'était intense mais bénéfique. Nous avons eu pas mal de difficultés cette fois-ci, mais nous nous en sommes sorti. Autant te dire que nous nous sommes écroulés en rentrant.

Elle racontait ça avec passion, mais quelque chose chagrinait Jasper depuis le début de cette conversation. Qui était ce "nous" ?

- Tu as fait quoi il y a quatre mois ? demanda Rosalie curieuse de le savoir.

Son frère eut bien envie de se lever pour l'embrasser. C'était une excellente question.

- Une mission humanitaire, j'ai aidé à construire une école, un puits et d'autre chose du style. Je change de pays à chaque fin de mission. C'est très enrichissant.

Jasper sentit son cœur se serrer aussitôt. Ça avait été leur rêve de base. Finir leurs études et partirent aider à l'étranger à deux. Un rêve qu'ils avaient eu en commun à l'université et qu'ils n'avaient jamais mit en pratique, parce que le père de Jasper était mort et qu'il avait dû reprendre les affaires. Bella l'avait suivi, elle n'y connaissait rien, mais par amour pour lui, elle avait apprit. Donc, après le divorce, c'était là qu'elle était parti.

- Mais bon, il fallait bien rentrer à un moment donné et puis mon acolyte commençait à manquer à ses parents, ricana-t-elle en se souvenant encore des larmes d'Esmée en revoyant son fils.

- Ton acolyte ? demanda Jasper n'y tenant plus.

- Edward, répondit-elle doucement.

- Cullen ? s'étonna Jasper croyant avoir mal entendu.

- Tu crois que j'en connais beaucoup d'autre ? s'amusa-t-elle en voyant son expression.

Seulement, elle ne l'avait pas bien interprétée. Jasper n'était pas juste surpris. Il était aussi blessé. Bella avait réalisé leur rêve commun avec quelqu'un d'autre et par n'importe qui. Edward Cullen. Dire que c'était lui qui lui avait présenté. La première rencontre avait été électrique, mais par la suite une amitié était née, puis Jasper avait bien vu quelque chose changer chez Edward. Il regardait sa femme avec un peu trop d'insistance, ils étaient toujours fourré ensemble pendant les réceptions. Bella s'entendait clairement mieux avec la famille Cullen qu'avec celle des Whitlock. Alors très souvent, elle s'était réfugiée auprès d'eux, au plus grand bonheur d'Edward, ce qui n'avait fait qu'attiser la jalousie de Jasper.

- Le cocker ! s'enthousiasma Emmett en pouvant enfin intervenir dans cette discussion.

- Le coloc, corrigea Bella amusée. Ne fais pas ta Alice, pitié, j'ai déjà assez d'une à gérer.

- Tu... tu habites avec Edward ? demanda Jasper en essayant de rester le plus stoïque possible ce qui n'était pas chose aisée.

- Depuis le divorce, oui, admit Bella calmement et sans honte. Les Cullen m'ont adopté j'ai l'impression. Ils ne m'ont pas vraiment laissé le choix et c'est aussi pour ça que je les adore. Au départ c'était chez Carlisle et Esmée, puis nous sommes parti avec Edward et entre chaque mission on loue un petit truc, jusqu'à ce qu'on reparte.

- Je m'étonne de ne pas le voir en ta compagnie, lança Sulpicia sans se rendre compte de l'effet que cela pouvait avoir sur Jasper.

- Monsieur est malade, répondit Bella avec un sourire sadique. C'est une petite nature. Sinon tu te doutes bien que je ne serai pas venu seule.

La mâchoire de Jasper se serra un peu plus à chaque phrase. Étaient-ils ensemble depuis tout ce temps? C'était probable après tout. Si Bella lui avait présenté un homme, n'importe lequel, il ne l'aurait pas bien prit, mais il en aurait moins souffert que si c'était Edward Cullen. Ce petit con avait attendu dans l'ombre qu'il fasse une faute et avait sauté sur l'occasion.

- Et toi Jasper ? Tu as eu des nouvelles de Tania ? enchaîna Sulpicia avant de se prendre un gentil coup de coude de son mari.

Aro ne la trouvait pas très délicate ce soir. C'était probablement la première fois que Bella et Jasper se revoyaient depuis longtemps et sa femme semblait vouloir arracher tous les pansements en un coup.

- Elle me harcèle, c'est ce qu'elle fait de mieux, répondit-il froidement surprenant Bella.

- Oh ! Qu'a bien pu te faire cette pauvre femme ? se marra la brune étonnée par son ton.

- Elle a essayé de me passer la bague au doigt, cracha Jasper en tournant son regard vers elle. Malgré le fait que je lui ai dit et répété qu'il n'y aurait qu'une seule et unique Madame Jasper Whitlock et qu'il n'y en aurait jamais d'autre.

Bella ne savait pas comment elle devait prendre ça. L'avait-elle dégoutté du mariage ou bien devait-elle être flattée qu'il ne veuille épouser personne d'autre qu'elle ? Il avait eu une relation sérieuse avec quelqu'un de toute évidence, ce qu'elle ne pouvait pas lui reprocher. Il avait le droit de refaire sa vie, même si elle en était incapable.

- Vous êtes resté longtemps ensemble ? demanda Bella calmement alors qu'à l'intérieur c'était une toute autre histoire.

- Presque deux ans, répondit Rosalie avec haine, et c'était déjà bien assez.

- Oh ça alors, encore une personne avec qui votre famille a du mal ? se moqua Bella en secouant la tête.

- Bien au contraire, pour notre mère et nos deux sœurs aînés, c'est la femme parfaite, avoua la blonde sans complexe. Je dois lui reconnaître sa beauté, son intelligence et sa richesse. Mais Charlotte et moi sommes du même avis. Son côté manipulateur, menteur et hypocrite n'est pas fait pour Jasper.

- C'est vrai que c'est dur de se retrouver face à son image, tacla Bella sans pouvoir se retenir.

Rosalie se prit la pique sans broncher. Après tout, elle l'avait bien mérité. Elle avait fait vivre un enfer à Bella et le reste de sa famille encore plus. Il était normal qu'elle leur en veuille. Aro, Sulpicia et Emmett regardaient tout ça comme s'ils étaient au cinéma. Même si personne n'élevait la voix, on sentait tout de même une tension. Bella n'était plus la jeune femme qui cherchait à s'intégrer dans la famille de son mari, non elle était une femme indépendante avec la langue bien pendue. Trop longtemps elle avait prit sur elle, ce ne serait plus le cas à présent.

- Enfin bref, trancha Jasper en haussant les épaules. J'ai rompu il y a quelque mois et maintenant je n'arrive plus à m'en débarrasser. Au contraire de mon ex femme, qui elle a disparu sans jamais donner de nouvelle.

Bella sentit l'amertume qu'il avait mit dans cette phrase. Il lui en voulait d'être parti, de ne pas lui avoir laissé le temps nécessaire pour comprendre. Seulement Bella ne pouvait pas rester. Alors qu'elle cherchait une réponse adéquate, les entrées arrivèrent, ce qui la sauva d'une justification. Elle attrapa un des serveurs par la manche, sorti un papier et un stylo.

- Ayez l'amabilité de donner ça au chef Black, s'il vous plaît.

- Bien madame, répondit le serveur en s'en allant vers les cuisines.

- Oh non ! Petite coquine, me dit pas que tu lui as filé ton numéro de téléphone ? s'écria Emmett avec un grand sourire salace. Parce que vu comment il est chaud bouillant le chef, ton coloc va pas dormir ce soir.

Si des yeux pouvaient tuer, Emmett serait mort. Parce que les deux Whitlock étaient en train de chercher le meilleur moyen de se débarrasser de lui. Bella en revanche se mit à rire à nouveau en lui envoyant sa serviette au visage.

- Non crétin, je faisais part au chef d'enlever la sauce de l'assiette de Jasper pour le plat, il est allergique et je n'ai pas envie de le retrouver à l'hôpital.

La colère du blond s'apaisa aussitôt pour laisser place à de la tendresse. Elle s'était souvenu de ça ?

- Genre ? Comment tu sais ça ? l'interrogea Emmett scotché.

- Nous avons été marié un bon bout de temps, ce n'est pas le genre de chose que l'on oublie.

- Je croyais que tu n'avais pratiquement pas aidé Alice, alors comment se fait-il que tu connaisses le menu et le chef ? demanda Jasper suspicieux.

- J'ai nourri l'ogre en avance avant qu'il ravage le reste des hors d'œuvre, répondit Bella en désignant Emmett du menton.

- Moi on me propose de la nourriture je ne dis jamais non, se justifia le fautif devant les regards blasés de sa fiancée et de son frère. Et j'ai bien fait, j'ai découvert quelqu'un de formidable sans savoir que c'était une ancienne Whitlock.

- J'aurais pu l'assassiner sans que personne n'en sache rien, blagua Bella en levant les yeux au ciel.

- Mon corps est assez difficile à cacher, se moqua Emmett en levant son verre et en lui tendant pour trinquer.

Bien sûr, la brune s'amusa beaucoup de sa réplique et trinqua avec lui. Jasper la regardait à chacun de ses mouvements. Voilà bien longtemps qu'il rêvait de son image, mais ça n'avait rien à voir avec la réalité. La voir avec le sourire, les yeux brillant, c'était une source de joie pour lui qu'il ne pensait plus avoir. Les souvenirs remontèrent à la surface et son cœur faillit exploser sous la pression. Jasper se souvenait parfaitement de la première fois où il l'avait vu. Dans un pub étudiant, sur le campus, il était avec ses amis qui eux même avait ramené des amis. Bella en faisait parti. Elle lui avait tout de suite plu. Aux premiers instants, quand elle l'avait débarrassé d'une fille un peu trop insistante. Il se souvenait encore parfaitement de son " tu comptes le violer sur le bar ou le laisser boire son verre ?". Cela avait calmé la fille en question, qui était parti, vexée et ils avaient pu passer une bonne soirée. L'humour et la répartie de la jeune femme lui avait beaucoup plu. Sans vraiment calculer ce qu'il faisait, il s'était rapproché d'elle et avait refusé que qui que ce soit prenne sa place. Après, à chaque soirée ensemble, le groupe savait très bien qu'il était inutile d'essayer de les séparer, ils étaient fait pour être ensemble. Bella avait toujours fait ressortir un côté que personne ne connaissait chez Jasper. Un côté plus confiant et sympathique. Quant à lui, il lui avait permit d'être une jeune femme épanouie sortant de sa bulle. Plus rien n'avait été pareil après cette première soirée. Les années à l'université, où ils n'avaient été qu'eux deux, avaient été les plus belles de leur relation. Les plus heureuses. La première année de mariage, rien qu'eux, sans personne d'autre, ça avait été le pied.

Puis le père de Jasper était mort et tout été parti en vrille. Tous leurs plans pour l'avenir étaient tombé à l'eau. Jasper s'était retrouvé tiraillé entre ses envies et son devoir envers sa famille. Un soir, il avait demandé à Bella " ma famille a besoin de moi, je ne peux pas les abandonner, je suis le seul à pouvoir gérer l'empire de mon père, mais me suivras-tu si je fais ça, je ne peux pas vivre sans toi". A ce moment précis, il avait vu à quel point sa femme l'aimait, parce qu'elle n'avait pas attendu plus d'une minute pour lui répondre " je te suivrais au bout du monde et tu le sais très bien. J'abandonnerai tout ce que j'ai pour toi ". Et pourtant, déjà à l'époque, il savait que Bella détestait le luxe et le monde dans lequel vivaient les Whitlock. Leur mariage avait fait grincer des dents, surtout celles de sa famille, hormis le père de Jasper, qui avait mit fin à l'agressivité des femmes de sa tribu bien assez vite. Bella avait tenu sa promesse, elle l'avait suivi, laissant tout derrière elle, ses rêves, ses ambitions, sa future carrière. Par amour pour lui. Et quand le moment était venu de lui rendre la pareille, Jasper en avait été incapable. Non pas parce qu'il ne l'aimait pas, bien au contraire, mais parce que le choix qu'elle lui avait imposé était beaucoup trop difficile. " Ta famille ou moi, mais le temps est venu où tu ne peux plus avoir les deux ". Jasper se souvenait encore parfaitement de ce moment, où les larmes aux yeux, elle lui avait posé cet ultimatum. Il n'avait pas pu répondre, de plus au fond de lui, il ne pensait pas qu'elle mettrait ses menaces à exécution. Ils s'aimaient ! Seulement Bella l'avait fait, n'obtenant pas de réponse nette et précise, elle avait prit ses affaires et avait déposé la demande de divorce. Jusqu'au dernier moment, Jasper n'y avait pas cru, elle faisait ça par fierté, parce qu'elle aimait avoir le dernier mot. II avait essayé d'en parler avec elle, de lui faire changer d'avis, mais sa femme le fuyait comme la peste, exigeant juste une réponse à son ultimatum. Ce à quoi, il n'avait jamais pu répondre et aujourd'hui encore, il le regrettait. Le jour fatidique était arrivé, le regard de sa femme l'avait traversé de part en part, semblant attendre jusqu'à la dernière seconde qu'il lui réponde. Mais Jasper était sonné, n'y croyant toujours pas. Alors avec rage, Bella avait signé le divorce et lui avait craché un " Signe ! " qui le hantait encore aujourd'hui. Elle était déterminée et furieuse. " C'est vraiment ce que tu veux ? " lui avait-il demandait le cœur en miette. Et sa femme avait juste répété " Signe ! Putain ! ". C'était ainsi que leur divorce avait était promulgué. Rosalie avait attendu son frère dehors, tout comme ses autres sœurs et sa mère. Si Maria, Nettie et Lucy avaient semblé ravi de cette nouvelle, Charlotte semblait contrariée et Rosalie en larmes. Elle l'avait frappé sur l'épaule avec force.

- Tu n'aurais jamais dû faire ça imbécile ! lui avait-elle crié avec rage.

- Rosalie, tais toi ! avait ordonné leur mère en venant soutenir son fils. Il a prit la meilleure décision de sa vie.

- Ça nous en reparlerons, avait craché la blonde dégoûtée. Tu regretteras amèrement de l'avoir laissé partir et ça j'en suis persuadée. On ne laisse pas partir les gens qu'on aime, surtout quand on les aime autant.

Jasper ne s'était pas rendu compte à quel point elle avait eu raison sur le moment. Il était juste sous le choc. Ne se rendant pas vraiment compte que quand il rentrerait à la maison, la chevelure brune de sa femme ne l'attendrait plus sur l'oreiller voisin au sien. Quelque part il s'était dit qu'il pourrait réussir à la convaincre d'abandonner cette idée. Mais Bella ne lui avait laissé aucune chance d'explication et quand il était rentré ce jour là, il ne restait pratiquement plus rien d'elle dans la maison familiale. Il l'avait appelé, dans l'espoir de mettre toute cette situation au clair. Jamais il ne put, parce qu'alors, Bella avait disparu des radars. S'éloignant de tout et tout le monde. Elle avait coupé le lien d'une façon définitive à laquelle Jasper ne s'était pas attendu. Et alors sa famille l'avait vu dépérir au fur et à mesure. Changer chaque jour, se renfermant sur lui même, ne souriant plus, aboyant des ordres, ne dégageant plus une seule once de joie de vivre. Ce à quoi, Rosalie avait balancé à sa mère "il a l'air heureux n'est-ce pas ? J'espère que tu es fière de toi !". Depuis ce jour là, Jasper avait exigé des explications à sa sœur, comprenant bien qu'elle en savait plus qu'elle ne voulait bien lui en dire. Mais Rosalie était restée muette sur le sujet.

Le plat arriva et Jasper laissa échapper un sourire en voyant qu'il avait une sauce différente des autres. Il jeta un regard à sa voisine qui haussa une épaule en voyant qu'il était reconnaissant de son geste. A l'époque, ils n'avaient pas forcément eu besoin de mots pour communiquer, jusqu'au jour où ça n'avait plus suffit et que les mots avaient manqué justement.

- Comment va ton père ? demanda Jasper en se disant qu'il était temps d'engager sérieusement la conversation.

- Bien, il s'est remarié il y a trois ans, répondit Bella en ne lui renvoyant surtout pas la pareille pour sa mère ne souhaitant rien savoir à son sujet. Edward a faillit faire une crise d'apoplexie entouré de Quileute pendant le mariage. C'était à mourir de rire !

Ne se rendait-elle pas compte à quel point son ex mari n'aimait pas entendre parler d'Edward ? Surtout si c'était pour savoir qu'il était présent à des événements que Jasper aurait lui même pu partager.

- Monsieur a du mal avec les grandes gueules et les effusions d'amour, son humour s'est un peu amélioré mais reste vraiment très subtile, se moqua gentiment la brune en continuant à manger. Autant dire qu'il faisait tache parmi nous tous. Mais plus les années passent et plus j'arrive à le décoincer.

- Esmée dit qu'elle ne le reconnaît plus depuis qu'il est en ta compagnie, elle le trouve beaucoup plus épanouie, enchaîna Sulpicia en remettant une couche.

Rosalie vit bien les jointures des mains de son frère blanchirent. Jasper n'était pas forcément d'une patience d'ange sur ce sujet. Il souffrait de comprendre qu'Edward Cullen avait prit sa place, tout simplement.

- Il parait que toi, en revanche, tu as perdu de ton éclat et de ta joie de vivre selon Carlisle, il s'est beaucoup inquiété pour toi, lança Aro remettant les choses en place.

Le sourire de Bella s'effaça aussitôt et son regard se baissa. Elle ne voulait pas qu'ils sachent tous à quel point ce divorce l'avait démoli, même si c'était elle qui l'avait demandé. Elle n'avait pas eu d'autre choix que de le faire. La brune allait mourir asphyxié sinon, rongeait pas la rancœur et les désillusions. Jasper avait fait un choix ce jour là et ce choix n'avait pas été elle. Comprendre qu'elle passerait toujours après sa famille l'avait anéanti, voilà bien longtemps qu'elle le soupçonnait mais elle l'avait enfin compris. Bella ne demandait pas la lune à la base, elle voulait juste qu'on lui rende son mari et pas le chef de famille Whitlock. Seulement ils semblaient indissociable l'un de l'autre depuis la mort du père de Jasper. Ça plus l'animosité des femmes de la famille, Bella avait enduré pendant plusieurs années, mais trop, c'était trop. Il y avait eu ce fameux soir où elle avait enfin réalisé qu'elle ne serait jamais sa priorité. Qu'importait l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre, de toute évidence, ce n'était pas suffisant.

- Est-ce que ça va mieux ? demanda innocemment Aro.

- Oh vous savez, je m'occupe, je bouge tout le temps, je vis ma vie, répondit Bella avec un sourire rassurant.

Néanmoins personne ne fut dupe autour de la table, elle n'avait pas répondu à la question. Elle avait essayé de l'esquiver habilement, mais la vérité était là, caché sous cette réponse laconique. Bella n'allait probablement pas mieux. Le cœur de Jasper se serra en comprenant que son ex femme, elle aussi, avait souffert de leur séparation. Jusqu'à quel point et pour quelles raisons, ça, il l'ignorait encore.

- Il te faut une bonne fête pour te remettre dans le bain, s'amusa Aro en frappant dans ses mains. La semaine prochaine, c'est notre bal annuel, tu vas venir bien sûr ?

Bella releva la tête aussitôt, paniquée. Certainement pas ! Non pas qu'elle n'aimait pas ce bal, bien au contraire, c'était son préféré, mais elle savait très bien qui elle risquait de croiser et c'était bien pour ça qu'elle avait dit non de base.

- Edward m'a déjà proposé d'être sa cavalière et j'ai dit non, répondit la brune avec un sourire aimable.

- Pourquoi ? se désola Sulpicia déçue.

Bella eut bien envie de lui répondre : à cause de mon ex-mari qui risque d'être là ainsi que toute sa famille et le fait qu'Edward ne comprend pas que nous ne serons jamais ensemble. Mais elle se retrouva muette, elle n'avait pas envie de mentir. Jasper attendait impatiemment qu'elle change d'avis, car, il avait envie de la revoir après cette soirée et une semaine serait déjà bien assez longue comme ça. Alors qu'il avait son regard tourné vers sa voisine, Jasper se prit un coup de pied dans le tibia. Il fusilla sa sœur des yeux juste après avoir comprit que l'attaque venait d'elle. Rosalie lui fit des grands yeux, des grimaces, pour lui faire comprendre qu'il était temps d'insister.

- Tu peux venir avec nous si tu veux, proposa-t-il maladroitement.

Un grand silence tomba aussitôt sur la table. Emmett commença à afficher un sourire mutin, près à dire une connerie, mais Rosalie lui broya la jambe de sa main pour qu'il la ferme. Bella se tourna vers Jasper et s'amusa de le voir soudain aussi gêné. Une main sur sa nuque, le regard presque fuyant, il enchaîna.

- Je serai ravi que tu sois à nouveau ma cavalière, après tout, tu l'étais chaque année.

- C'est... très gentil, répondit Bella surprise. Mais je me vois mal venir avec quelqu'un d'autre, alors que j'ai refusé la demande d'Edward, ce ne serait pas très poli.

Edward, encore et toujours Edward, pensa Jasper en serrant les dents. Pour sur, ce petit con n'avait pas dû changer d'un pouce. Beau gosse, propre sur lui, intelligent et riche. Il ne lui manquait que de l'humour et un peu de modestie, si Bella avait réussi à lui inculquer les deux, Jasper ne doutait pas un seul instant que sa femme... ex-femme ait pu tomber sous le charme. Pourtant, le blond avait envie de la revoir et il savait très bien que si elle ne venait pas au bal la semaine d'après, alors il ne remettrait pas la main sur elle. Se recevant à nouveau un coup de pied, Jasper siffla mais compris le message seul. Il fallait qu'il la joue tactique et qu'il mette sa jalousie de côté.

- Et bien viens avec Edward, dit-il en s'arrachant les mots de la bouche. Sinon je me verrais contraint de t'envoyer une voiture et une robe pour avoir le plaisir de ta compagnie.

Le choc se vit aussitôt sur le visage de la brune. Pourquoi insistait-il autant ? Son regard était tellement déterminé que Bella s'en retrouva toute retournée. Il allait vraiment le faire ce con !

- Et si je te dis non ! répondit-elle effrontément.

- Nous savons très bien qui de nous deux gagnera à ce jeu, s'amusa Jasper avec un sourire taquin mais sûr de lui.

Il n'avait pas tort et ça la brune le savait très bien. Jasper Whitlock était un homme déterminé et challenger. Il n'aimait pas perdre. Voilà aussi pourquoi Bella lui en avait tellement voulu. Comment avec un caractère aussi affirmé, il pouvait se laisser dicter sa vie par sa famille ?

- Allez ma belle, je serai là aussi, une occasion de se revoir ça ne se refuse pas, insista Emmett avec sa bonne humeur communicative.

Comment lui expliquer ? Ce n'était pas lui le problème. Bella savait très bien ce qui risquait d'arriver si elle restait près de Jasper. Elle replongerait tête baissée, parce qu'elle n'avait jamais réussi à l'oublier. Elle ne voulait plus souffrir, même si elle se rendait compte au fur et à mesure de ce repas, que la souffrance de la séparation était bien pire. Le revoir la remplissait de joie et à la fois de tourment. Comment faire pour faire taire l'un ou l'autre ? De plus, la famille Whitlock au grand complet assistait toujours à ce bal. Même si Bella avait retrouvé des forces, elle ne voulait pas toutes les perdre face aux harpies de la famille.

- Viens Bella, s'il te plaît, la supplia Rosalie.

Elles se regardèrent l'une l'autre un instant sans plus rien dire. Communiquant juste par le regard. Une seule fois dans sa vie, Bella s'était senti proche d'une des sœurs de Jasper et c'était Rosalie. De toute évidence, elle avait tenu sa langue, comme la brune le lui avait demandé. C'était dur de s'avouer qu'elle avait pu lui faire confiance. Mais ce regard qu'elle lui lançait à présent, il était suppliant. Bella comprit enfin quelque chose, si elle venait à ce bal, elle aurait au moins une alliée contre le reste de la meute, ce qui la changerait énormément du passé. Emmett ne semblait pas du genre à s'entendre avec les femmes Whitlock. Jasper... Jasper restait un mystère. Bella pouvait-elle vraiment se permettre de venir à ce bal ?

- D'accord, d'accord, je viendrai, céda-t-elle en regrettant déjà sa décision. Ça donnera une occasion à Alice de me harceler pour faire les boutiques. Mais je ne resterai pas longtemps.

- Ça c'est ce que nous verrons, s'amusa Emmett heureux comme un gamin.

La joie de Jasper dut se voir sur son visage parce que Bella lui colla un coude dans l'estomac qui le fit rire aussitôt. Tant pis pour Edward, il ferait avec, du moment qu'il pouvait la revoir, alors c'était le principal. Ils continuèrent le repas dans la bonne humeur, ce qui étonna grandement la brune. Elle ne s'était pas attendu à être aussi à l'aise en revoyant son ex-mari.

- Et toi alors ? Toujours à la tête de tes hôtels ? demanda Bella en finissant son dessert.

- Pas tous, j'ai délégué une partie à mes sœurs pour voir laquelle s'en sortait le mieux, admit-il en haussant une épaule.

- Vraiment, s'étonna Bella surprise. Et alors ? Qui est l'heureuse gagnante ? L'une des aînées qui sait tout sur tout.

- Absolument pas, s'amusa Jasper. C'est Charlotte, son mari n'y est pas pour rien. Peter est d'une efficacité remarquable et il a le nez pour les affaires.

- Tiens donc, Charlotte s'est mariée ! ajouta la brune. Cette pièce rapportée convient-elle à la famille ?

C'était impossible pour elle de ne pas attaquer sur ce sujet. Après tout, les femmes Whitlock lui avait bien assez reproché son extraction modeste.

- Peter était l'un des plus beaux parti de ses dernières années, donc oui, il a beaucoup plu à ma mère et mes sœurs au départ, avoua Rosalie avec un sourire sadique. Elles étaient toutes mielleuse avec lui, jusqu'à ce qu'il les remette toutes à leur place avec un franc parler qui tabasse fortement. Je pense qu'au final il fallait bien ça pour dompter Charlotte. Peter est un mec adorable qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Sur bien des points, il me fait penser à toi, voilà probablement pourquoi s'est devenu le meilleur ami de Jasper.

Son frère ferma les yeux en soupirant. C'était vrai, Peter était devenu son confident, son ami bien avant de se marier avec sa sœur. Il avait eu vent des problèmes conjugaux de son beau frère et pour lui, Jasper avait fait une grosse connerie. Il lui avait fortement déconseillé de se mettre avec Tania, mais l'en avait pas empêché pour autant. Jasper avait appris seul que c'était une très mauvaise idée. S'il avait eu un frère, le seul homme des Whitlock aurait adoré que ce soit Peter. Ils avaient beaucoup en commun et son ami n'était jamais moralisateur avec lui. Il lui donné son avis, mais lui laissait le choix. Pas comme ses sœurs. Rien qu'à l'idée que Bella puisse rencontrer Peter la semaine d'après, le blond avait hâte. Cette rencontre pouvait être tout aussi explosive que celle qu'elle avait eu avec Emmett. Jasper se posa soudainement une question. Il était le grand frère, il aurait dû en faire voir de toutes les couleurs à Peter et Emmett pour oser s'approcher d'une de ses sœurs. Seulement ils étaient devenu des amis, même si Emmett était bien moins subtil que Peter dans ses conseils. La question que Jasper se posait était: " Est-ce que je me sens si proche d'eux parce qu'ils me rappellent Bella ?". Il aimait la répartie et l'intelligence de Peter, tout comme la fraîcheur et le franc parler d'Emmett lui avait plu immédiatement. Le blond s'était lié d'amitié avec des hommes vrai et libre de penser comme ils le souhaitaient, se moquant bien des avis qui pouvait pleuvoir sur eux. Bella avait été comme ça très longtemps. Préférant faire front à l'adversité, s'adaptant par moment sans jamais s'écraser. Et c'était peut-être ce qui l'avait brisé au final, devoir sans cesse faire face aux reproches de la famille Whitlock.

- Je l'aime bien Peter, lança Emmett avec sincérité. Jouer au poker avec lui est une très mauvaise idée, mais néanmoins, il est cool ce mec. C'est lui qui a fait entendre raison à Charlotte, depuis elle est un peu plus agréable avec moi.

Bella afficha un sourire en coin qui sous entendait beaucoup. Elle se souvenait très bien de Charlotte et surtout de ses silences suivi par des regards méprisants. Elle n'ouvrait pas souvent la bouche, mais à chaque fois elle faisait mouche. Intérieurement, Bella la surnommée "la peste". De toute façon elle avait donné un surnom du même style à toutes les femmes Whitlock. "Blondie" pour Rosalie, "Pétasse de luxe" pour Lucie, "Gerbeuse de merde" pour Netty qui lui allait à merveille vu le nombre conneries qu'elle pouvait sortir à la minute et surtout la "Salope suprême" pour Maria Whitlock. Oui Bella était bien consciente que ce n'était pas une façon d'appeler sa belle-mère, mais franchement c'était méritée selon elle.

- Et toi Bella où as-tu rencontré le lutin et le cocker ? demanda Emmett en jetant un regard goguenard vers son beau-frère.

Même s'il faisait semblant de l'être, Emmett était loin d'être con. Il avait bien compris que Jasper ne supportait pas d'entendre parler de ce fameux Edward, rien de mieux pour faire ressortir le meilleur de lui, ou le pire au choix. Comprenant son petit stratagème, Jasper lui lança un regard qui lui promettait de longues heures de souffrance. Emmett lui fit un clin d'œil en levant son verre.

- On s'est rentré dedans avec Alice, se marra Bella à se souvenir. Littéralement. J'étais au centre commercial pour refaire un peu ma garde robe, sans grand enthousiasme et elle était au téléphone, un café dans l'autre main. On n'a pas fait gaffe, on s'est percutée, je me suis brûlée avec sa boisson, elle s'en voulait tellement qu'elle n'a pas voulu me lâcher de l'après midi. Pour qu'au final on ne se quitte plus du tout. Quant à Edward, c'est Jasper qui me l'a fait rencontré il y a de nombreuses années. Lors d'une cérémonie de ce style. Nous sommes devenu amis, collègue et colocataire.

- Et ça s'arrête là ? demanda Emmett avec une indiscrétion non dissimulée.

Le brun savait bien qu'il jouait avec le feu, parce qu'il lisait bien dans le regard de Jasper les tortures qu'il lui préparait. Mais Emmett se faisait un devoir de désamorcer le problème avant que cette soirée se finisse. Ainsi, si Edward et Bella n'était pas ensemble, Jasper se sentirait peut-être plus à l'aise pour continuer cette soirée ailleurs.

- Sérieusement ? explosa de rire Bella emportant avec elle Aro et Sulpicia. Non je ne suis pas avec Edward espèce de petit curieux. Souviens toi un peu de ce que j'ai pu te dire quand tu essayais de me caser avec la moitié de la salle.

- Que j'étais charmant, lança-t-il avec un air lubrique qui fit redoubler les rires de la brune.

- Non imbécile, que je ne cherchais personne.

- Parce que l'amour c'est pour ceux qui y croit encore, c'est vrai que tu m'as dit ça, enchaîna-t-il avec sérieux fier de lui.

Oh oui, Emmett était loin d'être un imbécile. Il avait vu quelque chose chez l'un et chez l'autre et il n'allait certainement pas lâcher le morceau maintenant. Le rire de Bella mourut aussitôt et Jasper tourna un regard concerné vers elle. Pour le brun, à les voir ensemble, il était évident qu'il y avait encore quelque chose entre eux. Bella semblait être une femme dont le cœur était resté en miette dans le passé, quant à Jasper, le sien s'était éteint depuis longtemps. Emmett n'avait aucun mal à les imaginer ensemble, heureux et respirant le bonheur. Maintenant il comprenait mieux quand on lui disait que son beau-frère n'avait pas toujours été aussi morose. Vivre avec une telle lumière dans ce monde de faux semblant, c'était revenir aux ténèbres après son départ. Bella semblait ne pas s'en être sorti indemne non plus, même si elle donnait bien le change.

- Il commence à se faire tard, je devrai penser à rentrer, tenta d'esquiver Bella en essuyant sa bouche avec une serviette. Je vais appeler un taxi...

- Certainement pas, trancha Jasper soudainement avec autorité. Laisse moi le temps de faire les salutations de rigueur et un don en faveur de l'association et je te raccompagne.

- Ce n'est pas nécessaire...

- Ne m'oblige pas à insister, intervint-il en se levant de sa chaise.

- C'est déjà ce que tu es entrain de faire, soupira-t-elle avec son mordant habituel.

Jasper la fit taire en lui présentant galamment sa main avec son sourire en coin. Comprenant qu'il ne lui laisserait pas le choix, Bella se tourna vers le reste de la table.

- Bonne soirée messieurs dames, je m'en vais satisfaire cette tête de mule avant qu'il n'agresse un pauvre chauffeur de taxi.

Tous ceux présent autour de la table explosèrent de rire et même Jasper laissa échapper un sourire en coin. Il n'allait certainement pas la laisser partir aussi facilement. C'était juste... inenvisageable. Jasper se dit à lui même qu'il était temps qu'il se bouge, il savait être dur en affaire, intraitable avec ses employés, il aurait dû montrer la même force face à sa femme. Il aurait dû se battre pour elle comme Rosalie n'avait cessé de lui répéter. C'était ça que Bella avait attendu, mais assommé par sa demande, il n'avait rien fait. Jasper passa donc la main de son ex-femme autour de son bras et la guida jusqu'au stand de don. Au moment de partir, Bella croisa le regard d'Alice, sourcils froncés, elle cherchait à savoir si elle devait venir l'aider. Après s'être bien posée la question, la brune lui fit signe que tout allait pour le mieux. Elle savait très bien ce que Jasper voulait. Des explications et Bella n'était pas certaine d'être prête pour ça. Malgré tout... sa présence lui faisait du bien, sans qu'elle s'explique pourquoi. Cela faisait juste du bien de l'avoir à côté d'elle et de ne plus sentir se serrement au niveau du cœur. Il allait la ramener chez elle et tout reviendrait à la normale. Alors elle pouvait bien en profiter encore quelques instant.

- Allez viens, chuchota-t-il à son oreille en posant une main en bas de son dos.

Les frissons que Bella ressenti à nouveau lui fit se poser la question de savoir si c'était vraiment une bonne chose. Remettre le nez dedans n'était peut être pas sa meilleure idée. Descendant dans le hall, Jasper demanda après sa voiture qu'un employé s'empressa d'aller lui chercher pendant qu'il récupérer ses effets.

- Toujours pas de chauffeur ? demanda Bella avec un sourire en coin.

- Je n'aime toujours pas me faire conduire et si je pouvais venir à ce genre de réception avec ma moto je ne m'en priverai pas. Mais il parait qu'il faut avoir des manières, les apparences sont précieuses pour les affaires... bla, bla, bla, lança-t-il en levant les yeux au ciel.

Bella sentit quelque chose dans la voix de son ex-mari qu'elle n'avait encore jamais entendu. De la lassitude. Ils virent une voiture se garer devant et la brune soupçonna que c'était son carrosse. Ce qui ne manqua pas.

- Joli joujou, commenta-t-elle en voyant la voiture de luxe.

- Et encore ce n'est pas ma préférée, lança-t-il en l'emmenant avec lui. Mais il faut bien que toutes les heures que je passe au bureau servent à quelque chose. Ils s'installèrent donc dans la voiture et Bella ferma les yeux en sachant très bien qu'elle serait la prochaine phrase qu'il allait dire.

- Où allons nous ? demanda-t-il en mettant le contact.

- Je suppose que tu veux parler, avoir des explications, grommela-t-elle en perdant toute sa bonne humeur.

- Et je suppose que tu ne veux pas en parler et juste continuer à passer une bonne soirée, ajouta-t-il malin. Dans ce cas, que penses-tu d'aller boire un verre dans un de mes hôtels non loin, il y a une ambiance tranquille et le bar est ouvert toute la nuit. On pourra se poser dans un coin, loin des oreilles indiscrètes et juste... parler. Comme avant.

- Rien ne sera plus comme avant, répondit-elle fataliste. Néanmoins, pourquoi pas.

Qu'était-elle en train de faire ? Une bêtise probablement. Elle aurait juste dû prendre un taxi, rentrer et voir si Edward était encore vivant. Mais non, à la place elle passait le reste de la soirée avec l'homme qui lui avait brisé le cœur, qu'elle avait quitté et qui... lui avait manqué à un tel point qu'elle était incapable de s'en séparer aussi vite. Jasper démarra dans un silence tranquille. Ils finiraient par parler quand le moment serait venu, en attendant aucun des deux n'osaient lancer la conversation. Ils arrivèrent enfin à l'hôtel qui en effet n'était pas bien loin. Quand Jasper arriva, le voiturier le reconnu aussitôt et s'empressa de lui faire des courbettes sous le regard amusé de Bella. Le blond quant à lui semblait ne même plus s'en rendre compte, il semblait fatigué par tout ça. Jasper fini par faire le tour de la voiture et vint prendre la main de Bella dans la sienne pour la guider. La brune se figea à ce geste. Il avait fait ça instinctivement, sans se rendre compte à quel point ce simple réflexe pouvait l'affecter. Comme promis, Jasper réquisitionna un coin du bar derrière des paravents où personne ne pouvait les voir et les déranger. Seul les serveurs viendraient mettre leur nez ici. Ils se mirent en face l'un de l'autre et se détaillèrent à nouveau. Jasper remarqua enfin une légère cicatrice sur le front de la brune.

- Qu'est-ce qui t'es arrivé ? demanda-t-il en pointant la marque du doigt.

Après un froncement de sourcils, ne comprenant pas où il voulait en venir, Bella percuta. Elle mit ses doigts sur la fameuse cicatrice en haussant les épaules.

- Edward a deux mains gauche, répondit-elle en minimisant la chose. Nous étions en train d'aider à la construction d'une école, alerte spoiler, Ed' n'aurait jamais pu devenir maçon. Il m'a lâché une pierre sur le coin de la figure, ça pissait le sang, un truc de malade.

La brune se mit à rire à ce souvenir en croisant les bras.

- Il était blanc comme un mort, il s'en voulait tellement, alors que moi j'étais juste en train de l'engueuler pour sa maladresse. Puis quand on s'est rendu compte que ce n'était pas bien grave, on a beaucoup rit. Depuis je l'accuse d'avoir tenté de me tuer et lui n'a plus jamais essayé d'aider pour la construction.

- Vous avez l'air vraiment proche l'un de l'autre, cracha Jasper ne pouvant pas se retenir.

- C'est le cas, avoua Bella préférant être honnête sur ce sujet. Sans lui, je ne sais pas très bien où j'en serai aujourd'hui. Il a été là quand je sombrais et au lieu de me prendre par la main en me disant que tout irait bien, il m'a foutu un bon coup de pied au cul et il m'a poussé à avancer. Tu peux ne pas l'apprécier, cela fait bien longtemps que ce n'est plus un secret pour moi, mais en revanche tu ne peux lui reprocher d'avoir été là pour me soutenir.

- Contrairement à moi, lança-t-il avec amertume.

Bella se tut, que pouvait-elle répondre à ça ? C'était vrai. Jasper l'avait abandonné au profit de sa famille et même si c'était elle qui était parti, demandant le divorce, elle n'avait pas bien vécu la chose pour autant.

- Tu étais là, avant, répondit-elle enfin en baissant le regard.

- Avant ? Avant quoi ? demanda-t-il cherchant les réponses qui le tuaient depuis des années.

- Avant que ta famille décide ce que serait le reste de ta vie. Avant que tes sœurs me prennent en grippe et tentent de me monter contre toi. Avant que ta mère me..., s'arrêta-t-elle les mâchoires serrées et la gorge nouée.

- Je sais que tu as toujours pensé que ma famille te détestait mais...

- Il n'y a pas de "mais" Jaz', l'interrompit Bella froidement. Tu n'étais pas là quand elles m'insultaient, quand elles me rendaient folle. Je fuyais le manoir pour aller chez les Cullen de peur de tomber sur l'une d'entre elle et d'avoir encore à défendre mon honneur et justifier mes actes. Tu n'étais pas là quand elles ont prétendu que je volais ton compte en banque ou que je t'avais ensorcelé en ouvrant les cuisses, parce que vois tu, c'est le genre de saloperie que je me mangeais tous les jours quand toi tu étais au boulot. Elles me détestaient, c'est un fait. Rosalie et Charlotte, peut-être un peu moins, mais aux yeux des femmes de ta famille, je n'ai jamais été la bienvenue. J'ai essayé de t'en parler et plus d'une fois, seulement tu n'étais pas attentif, tu croyais toujours que ce n'était que des petites querelles d'orgueil mal placé. Mais non. Moi j'étouffais, j'avais besoin de mon mari, j'avais besoin de me sentir aimée et protégée. Quand tu étais là, pas une seule ne se permettait une réflexion de ce genre. J'ai subi longtemps en silence, puis je t'ai demandé que l'on déménage. Qu'au moins une fois dans une journée tu puisses être avec moi et seulement avec moi. Mais non. Une fois encore tu m'as répondu que pour les affaires, pour le deuil, c'était plus simple d'être au manoir. J'ai essayé Jasper. Bien des fois j'ai essayé de te prévenir, de te faire comprendre que je n'en pouvais plus. Mais toi, tu étais éreinté par le travail et quand tu rentrais à la maison, tu avais besoin de calme et de repos. Je n'avais pas envie de te harceler tous les jours avec ça, parce que ton bonheur passait avant le mien.

Jasper resta muet un bon moment, se prenant ce monologue de plein fouet. Il avait demandé des explications, il commençait à les avoir même si Bella avait prévu d'esquiver à la base. Et autant dire que ces révélations faisaient mal. " tu n'étais pas attentif ", qu'elle était douloureuse cette phrase. Jasper avait toujours pensé avoir réussi à concilier toutes les parties de sa vie. Sa famille, sa femme, son job. Mais de toute évidence l'une d'entre elles avait été lésée par rapport aux autres. Il se souvenait bien que Bella lui avait demandé de prendre un appartement, pour avoir un peu plus d'intimité et il se souvenait de lui avoir répondu non. Maintenant qu'elle le mettait face au problème, il ouvrait enfin les yeux. Sa femme avait souffert lors de leur mariage et lui ne s'en était même pas rendu compte.

- Demande confirmation à Rosalie si tu doutes de ma parole, lança Bella blessée qu'il n'ajoute rien. Je la pense assez honnête à présent pour te dire la vérité.

- Ce ne sera pas nécessaire, je t'ai toujours cru sur parole, intervint-il enfin la gorge nouée. La seule fois où je ne l'ai pas fait, je l'ai regretté amèrement par la suite et je le regrette encore aujourd'hui.

Bella n'eut pas besoin qu'il mette un mot sur cette seule fois où il ne l'avait pas cru: la demande de divorce.

- Tu as vraiment cru que je bluffais ? demanda-t-elle en fermant les yeux.

- Je ne sais plus exactement ce que j'ai pensé à ce moment là, avoua Jasper amer. Je ne comprenais pas, voilà ce dont je me souviens.

- Je suis probablement la personne la plus droite que tu aies rencontré de ta vie Jaz', je n'ai jamais joué avec tes sentiments. Je t'ai quitté parce que j'ai compris que ta famille serait toujours entre nous... contre nous serait peut-être même plus exact. J'ai du caractère, mais me battre chaque jour contre les harpies Whitlock, même moi ça m'a épuisé.

- Tu m'as demandé de quitter ma famille, après ça aurait été le travail, voir l'état tout ça sans explication ! Tu me demandais de tout quitter en un claquement de doigt ! Ma famille ou toi ! Comment pouvais-je choisir ?

- Comme moi ! s'énerva-t-elle. Sans hésiter ! J'ai tout quitté pour te suivre ! Sans la moindre once de remord ou de ressentiment. J'ai quitté mon père, mes amis, ma vie par amour pour toi ! J'attendais juste que tu en fasses de même.

Et de deux gifles. Jasper ne s'était pas fait remonter les bretelles de cette façon depuis longtemps. Son cœur se serra aux accusations de sa femme. Il l'avait abandonné et elle lui en avait voulu pour ça, à juste titre. Seulement, quelque chose clochait et il connaissait assez bien Bella pour le savoir.

- Je suis en tort et je suis d'accord avec toi, avoua-t-il avec sincérité. J'aurais dû te retenir, j'aurais dû... mais il y a quelque chose en moi qui me travaille, j'étais et je suis encore peut être, la personne qui te connaît le mieux. Tu l'as dit toi même, tu es la personne la plus droite que je connaisse et tu ne me dis pas tout.

Bella se glaça sur place. En effet, il la connaissait bien, parce qu'en effet, il y avait ce fameux soir où tout avait basculé. Le déclic. Le moment précis où elle avait compris que si elle ne partait pas, elle finirait par crever la bouche ouverte sans que personne ne s'en rende compte.

- C'était une erreur de venir ici, je ne voulais pas discuter à la base, je vais appeler un taxi..., tenta de fuir Bella en attrapant sa pochette.

Jasper la stoppa aussitôt en posant sa main sur son bras. Il plongea son regard impérieux dans le sien.

- Ne te défile pas Bella s'il te plaît. Tu n'es pas ce genre de personne. Pourquoi es-tu réellement parti ?

Les mâchoires de la brune se serrèrent, qu'est-ce qui n'était pas clair dans le " je ne veux pas en parler ?" Qu'est-ce qu'il pouvait être têtu quand il s'y mettait. Jasper n'allait pas la lâcher. Si à l'époque il l'avait laissé partir sans montrer la moindre résistance, aujourd'hui, il n'était plus le même homme. Il avait comprit qu'elle était très sérieuse dans ses menaces et qu'il n'aurait pas à nouveau l'occasion de l'interroger. Il voulait une vérité, très bien, il allait l'avoir, en partie.

- Je ne voulais pas te détester, répondit-elle froidement.

Jasper en lâcha son bras. La sincérité dans son regard et son ton le bousculèrent bien plus qu'il ne l'aurait cru.

- Je suis parti avant de te haïr, avoua-t-elle en serrant les poings. Toi l'homme que j'ai choisi, que j'aime au-delà de ce que je pensais pouvoir aimer. Il fallait que je parte avant que cette amour que je chérissais tant, ne se transforme en haine. Parce que c'est ce qui était en train d'arriver. Je t'appelais au secours, je te faisais des signes et toi, tu ne voyais rien, tu n'entendais rien. Bien trop pris par ta famille et ton travail. J'en finissais par jalouser ton putain de téléphone ! Je ne voulais pas que les années de bonheur que j'avais eu avec toi se transforment en cauchemar. Alors je suis partie et définitivement, parce que je me connais assez pour savoir qu'au moindre de tes regards implorants, je serai revenue.

Le cœur de Jasper était sur le point d'imploser. A la fois de tristesse, parce que sa déclaration était déchirante, mais aussi parce que ses oreilles n'avaient retenu qu'une chose " toi l'homme que j'ai choisi, que j'aime...". Elle n'avait pas mit de passé dans sa phrase. Jasper n'avait jamais oublié Bella, il avait bien essayé, mais personne ne lui arrivait à la cheville. Personne ne le comprenait comme elle. La confiance qu'il avait en sa femme et l'amour qu'il lui portait n'avait jamais était égalé par qui que ce soit. Il pouvait le dire honnêtement. Oui, il était toujours amoureux d'elle. Jamais il n'avait cessé de l'être. Jasper se leva, fit le tour de la table, s'agenouilla devant sa chaise et posa sa main sur la joue de la brune. Elle essaya bien de s'échapper, mais il se montra bien plus têtu qu'elle. Il l'avait laissé s'échapper une fois, pas deux. Non, il n'était plus le même homme. Il avait comprit la leçon et s'il y avait une chance qu'il la récupère, même après 5 ans, alors il n'allait certainement pas faire demi-tour. Plongeant son regard dans le sien, il se prépara à se battre, cette fois-ci, il la ferait passer en premier, quoiqu'il arrive.

- Je suis désolé Isabella, pour tout, clama-t-il sincèrement. Pour ne pas avoir été là quand il aurait fallu, pour avoir été aveugle et surtout pour t'avoir laissé partir.

Les sentiments de la jeune femme étaient sans dessus dessous. Son côté rationnel lui disait de ne pas tomber dans le panneau, qu'elle avait déjà bien assez souffert de toute cette situation. Mais son côté émotionnel vibrait de joie en sentant cette main sur sa joue, en entendant enfin ses excuses qu'elle avait attendu pendant cinq ans. Les larmes aux yeux, elle chercha une échappatoire. Elle ne pouvait pas retomber dans le piège.

- Pouvons-nous parler d'autre chose à présent ? supplia-t-elle chamboulée.

Malin, Jasper comprit bien sa tentative de diversion. Après tout, s'il ne voulait pas qu'elle fuit en courant, il était peut-être temps de revenir sur des sujets plus légers. Alors il se releva et se réinstalla devant elle. Pendant ce temps, Bella essaya tant bien que mal de récupérer le contrôle de ses émotions. Qu'est-ce qui lui avait prit aussi de se laisser tenter et de le suivre? Elle savait bien à quoi s'attendre ! Tout était tellement contradictoire dans sa tête. Son cœur et sa raison n'était pas en accord.

- Tu es parti où en premier pour ta mission humanitaire ? demanda-t-il soudain pour la sortir de son mutisme.

Voilà un sujet qu'elle pouvait aborder sans trop de difficultés. Alors Bella reprit son courage à deux mains et se mit à lui résumer pays par pays son périple. Il était difficile pour elle de ne pas aborder le sujet Edward tellement ils avaient été ensemble tout le temps. A chaque fois elle voyait ce petit tressaut mécontent sur le coin de la bouche de Jasper et fit de son mieux pour ne pas envenimer sa haine. A l'époque déjà ce n'était pas le grand amour entre eux, si Bella n'avait pas compris à la base, maintenant elle réalisait. La brune n'aurait pas apprécié qu'une femme s'approche de son mari avec les mêmes intentions qu'Edward avait eu pour elle, aussi adorable soit-il. Puis ils abordèrent le sujet du boulot de Jasper, qui avait été, cinq ans plus tôt, le centre de sa vie. Il semblait fatigué par la gestion des hôtels. Pire encore ! Ça l'ennuyait et Bella était bien placée pour savoir que Jasper détestait s'ennuyer. C'était un aventurier dans l'âme, pas un homme de bureau, même s'il s'était montré doué pour ça.

- C'est pour ça que tu mets tes sœurs sur tes dossiers, pour déléguer ? demanda Bella en buvant tranquillement son verre.

- Pas pour déléguer, pour me retirer, avoua-t-il enfin à quelqu'un pour la première fois depuis qu'il s'était mit cette idée en tête.

Bella s'en étouffa avec sa boisson. Reposant son verre, elle jeta un regard choqué à son ex-mari.

- Pardon ?! s'écria-t-elle en se reprenant du mieux qu'elle pouvait.

Jasper avait cet air mutin et fier de lui sur le visage. Il avait réussit son effet de surprise de toute évidence.

- Je vais étrangler quelqu'un si je reste. J'ai des envies de meurtre. Je n'ai jamais eu pour vocation de diriger cet empire, je l'ai fait parce qu'il n'y avait que moi pour reprendre les rênes et ne pas faire chuter tout ce que mon père avait construit pendant sa vie. Quand tu as récupéré les événementiels, tu as donné une nouvelle image de marque que nous n'avions pas forcément dans le milieu sur ce point. Je m'attendais à ce que les contrats habituels continuent, mais je ne m'attendais pas à ce qu'ils se multiplient.

- Tu étais jeune, hargneux, têtu et bougrement efficace. Tu as une ténacité que beaucoup t'envie, le complimenta Bella en le fixant. Je t'ai peut-être aidé sur certain point, mais ce qu'est devenu ton empire, tu ne le dois qu'à toi. Beaucoup ont vu en toi le successeur parfait et tu l'as été. Tu as fait fleurir le business de ton père, il serait fier de toi.

Jasper fut touché par ses mots. Il avait toujours pu compter sur elle pour être honnête. Bella n'était pas flatteuse juste pour l'être, elle le pensait réellement.

- Mais j'ai un peu de mal à comprendre pourquoi tu abandonnes maintenant que tu as fait le plus dur, admit la brune en fronçant les sourcils.

- Le travail ne me rendra jamais ce que j'ai perdu, avoua-t-il en se refermant aussitôt.

Bella sentit son cœur se serrait en voyant ce voile de tristesse qu'elle avait déjà vu passer sur son visage un peu plus tôt. Il parlait d'elle, ça ne faisait aucun doute à ses yeux.

- Et tu penses que tu seras plus heureux si tu pars de l'entreprise ? demanda-t-elle incertaine sur ce point.

- Oui et je serai libre, cracha-t-il en regardant dans le vide.

- Ce n'est pas l'entreprise qui t'enchaîne Jaz' et ça, il faudrait que tu le réalises.

Même après cinq ans, Bella désespérait de lui faire comprendre et pourtant il n'y avait pas plus bornée qu'elle. Comment lui faire percuter ? Alors que Bella cherchait ses mots, parce que c'était plus fort qu'elle, il fallait qu'elle essaye encore une fois, son ex-mari sorti la seule chose pouvant la faire taire aussitôt.

- Je sais, avoua Jasper en finissant son verre d'une traite. C'est pas toujours simple d'être l'homme de la famille.

Serait-il en train de réaliser ? Bella l'espérait vraiment, ne serait-ce que pour lui. Un silence tomba entre eux. La brune ne savait pas si elle devait approfondir le sujet ou non. Le téléphone de Jasper posé sur la table, leur permit d'aborder un autre sujet qu'ils avaient totalement éclipsé l'un l'autre. "Tania". Jasper se contenta de la mettre sur répondeur en fermant les yeux, éreinté de devoir l'esquiver.

- Ah oui à ce point ? se marra Bella en voyant sa tête. J'espère qu'après notre divorce, si je t'avais appelé, cette expression n'aurait jamais fait une apparition sur ton visage.

- Encore aurait-il fallu que tu m'appelles, enchaîna-t-il aussitôt. Mais Tania c'est un cas... à part. Tu te souviens tout à l'heure quand j'ai dit que j'allais finir par étrangler quelqu'un, figures toi qu'elle est en tête de liste.

La brune passa au dessus de sa première remarque pour se concentrer sur la deuxième. Même si elle refusait de l'avouer, elle voulait tout savoir sur cette femme qui avait prit la place qu'elle avait laissé vacante.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Je me sentais seul, triste, pas vraiment la meilleure compagnie qui soit. Elle est arrivée rayonnante, pleine de vie, elle m'a travaillé au corps. Je me suis dit "allez pourquoi pas", vraiment pas ma plus brillante idée.

Bella grimaça à cette explication. Comme s'il s'était mit avec cette fille par dépit. Ça ne lui ressemblait pas du tout.

- Ça faisait plaisir à ma famille, au moins ils me fichaient la paix. Au départ s'était plutôt agréable, ça m'a fait sortir un peu de ma morosité. Quelques mois plus tard, une routine s'est mis en place et ça a commencé à l'agacer. Elle m'accusait de ne pas l'aimer autant que je devrais.

- Était-ce vrai ? demanda Bella sérieusement.

Jasper laissa échapper un soupir et se frotta la nuque. La brune ferma les yeux en comprenant seule.

- Tu ne l'aimais pas, lâcha-t-elle en croisant les bras et en secouant la tête.

- Comment aurais-je pu l'aimer ? lança Jasper les yeux brillant d'émotion. Mon cœur n'a toujours été prit que par l'amour d'une seule femme et tu es parti avec.

Bella se prit la gifle de plein fouet. Se mordant les lèvres, elle s'en voulu aussitôt. En fuyant comme elle l'avait fait, sans lui apporter les explications dont il avait besoin, elle l'avait laissé le cœur en miette, comme le sien pouvait l'être. Voyant que sa réflexion avait touché sa cible, Jasper continua son récit.

- Quand elle a comprit que jamais elle ne t'arriverait à la cheville à mes yeux, Tania s'est mise en tête de faire tout ce qui était en son pouvoir pour prendre ta place. Allant jusqu'à annoncer de fausses fiançailles entre nous. Ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. J'ai rompu. Seulement, elle ne semble pas vraiment d'accord avec moi, comme tu peux le constater...

Sa dernière phrase avait été craché avec dégoût en voyant une fois encore le nom de Tania s'afficher sur son téléphone. Il leva les mains vers le ciel en grognant. Voyant sa détresse et son agacement, Bella se mit à sourire et prit le téléphone dans ses mains sous les yeux choqués de Jasper.

- Ne fais pas ça ! s'écria-t-il apeuré de ce que ça pourrait donner.

- Je vais me gêner tiens, sourit-elle en décrochant. Allô !

- Euh ! Bonsoir, cracha une voix étonnée. Vous n'êtes pas Jasper, qui êtes vous ?

- Bonne déduction je ne suis pas Jasper, admit Bella commençant à s'amuser comme une petite folle. Je suis la femme qui l'accompagne ce soir pour boire un verre, se souvenir du bon vieux temps et passer un bon moment en sa compagnie.

- Passez moi mon fiancé ! ordonna Tania furieuse à présent.

Elle avait tellement sifflé sa phrase avec haine que Jasper l'avait entendu de l'autre côté de la table. Quand il vit l'expression sur le visage de la brune, il sut que s'était foutu, Bella allait répondre une dinguerie.

- Désolé mon mari et moi avons encore beaucoup de sujet à aborder, voilà cinq ans que nous ne nous sommes pas vu, vous devriez comprendre que nous avons du temps à rattraper.

- Isa... Isabella ? bégaya-t-elle n'en croyant pas ses oreilles.

- Bonne déduction une fois encore. Intelligente ton ex, s'exclama Bella en levant le pouce devant un Jasper souriant. Bonne soirée Tania, ravi d'avoir fait votre connaissance.

Puis la brune raccrocha en rendant son téléphone à son voisin. Jasper n'arrivait pas à cacher son sourire. Parce que ce qu'elle venait de faire lui rappelait tellement leur rencontre. Cette fois où elle avait recadré cette fille dans le bar. Puis cette façon de dire "mon mari et moi" alors qu'ils étaient divorcés. Il constata que Bella, tout comme lui, n'appellerait probablement jamais personne d'autre par ce nom. Pas de ci tôt tout du moins. Tania allait péter un câble, géolocaliser son téléphone, puis en voyant qu'il était protégé, elle téléphonerait partout pour savoir où il se cachait. Rosalie allait avoir fort à faire si jamais elle décrochait. Mais quelque part en lui, il était heureux que Bella ait fait ça. Peu importait la suite entre eux, Tania allait probablement lâcher l'affaire si elle pensait que son ex-femme revenait dans la course. La brune semblait plutôt fière d'elle et le regarda en attendant la suite.

- Quel sujet épineux du style devons-nous encore aborder pour être tranquille ce soir ? demanda-t-elle avec un grand sourire.

Bien puisque c'était elle qui abordée le problème autant foncer dans la brèche.

- Edward, trancha Jasper préférant être en paix avec ce sujet.

Les lèvres de la brune se pincèrent aussitôt et elle baissa la tête. Bien sûr qu'il voulait en savoir plus, Jasper n'était pas un imbécile.

- Que veux-tu savoir ? lança-t-elle préférant retirer une bonne fois pour toute le couteau de la plaie.

- Tu as dit à Emmett que vous n'étiez pas ensemble, mais... vous travaillez ensemble, vous vivez ensemble, vous... il a bien dû se passer quelque chose, ou bien quelque chose va se passer à un moment non ? Il t'aimait déjà à l'époque et je n'ai pas besoin de le revoir pour savoir qu'il t'aime probablement encore plus à présent. Je te retourne donc la question que tu m'as posé tout à l'heure. Tu l'aimes ?

Bella le regarda droit dans les yeux. Il avait été sincère avec Tania, elle lui devait bien de lui rendre la pareille. Et c'était probablement la première fois de sa vie qu'elle allait avouer quelque chose qu'elle avait caché depuis longtemps.

- Nous avons couché une fois ensemble, admit-elle la gorge serrée en haussant une épaule.

Jasper en serra le poing, il n'aimait pas son aveu, mais il avait voulu savoir, alors il se devait de le supporter.

- Je m'en suis tellement voulu ensuite que nous avons faillit briser notre amitié, admit-elle en grimaçant.

- Pourquoi ? demanda Jasper en serrant les dents.

- Parce que j'étais tellement concentrée sur moi, emportée dans ma tristesse et mon désespoir que je n'ai pas compris les sentiments qu'il avait pour moi. J'ai saisi après cette unique fois. Il était blessé parce que je le rejetais. Il aurait dû partir, je le méritais. Je me suis laissée aller parce que je me sentais seule, abandonnée et que lui était là, toujours à me soutenir. Seulement je ne pouvais pas être cette personne qu'il attendait. Je lui ai dit que ça ne se reproduirait plus jamais, il a dit qu'il ne désespérait pas de me faire changer d'avis. Voilà quatre ans qu'il essaye et qu'il échoue. C'est mon ami et ce ne sera jamais rien de plus. J'ai l'impression que depuis que nous sommes rentré, il commence à le comprendre. Quelque part, je crois qu'il tient lui aussi à notre amitié et que c'est pour ça qu'il ne part pas.

- Ça m'arrache la langue de dire ça, mais Edward est plutôt un bon gars.

- Oui, il l'est. C'est un homme plein de qualité. Mais tout comme tu ne peux pas aimer Tania, je ne peux pas aimer Edward de cette façon. Cette unique nuit a été une affreuse erreur de ma part. J'ai l'impression d'avoir jouer avec lui, alors que ce n'est pas moi ça. Je me suis senti comme une personne abominable. Selon Alice, nous ne sommes pas compatible. Selon moi, c'est mon meilleur ami et il ne mérite pas ce que je lui ai fait.

- Et selon moi, il l'a cherché, trancha Jasper froidement.

Bella grimaça à sa réponse. Elle ne s'était jamais pardonnée d'avoir donné de faux espoirs à Edward. La brune s'en voulu à présent d'avoir avoué un secret qu'elle gardait en elle depuis longtemps. Jasper n'était peut-être pas la meilleure personne pour comprendre.

- Tu n'as rien à te reprocher sur ce point, analysa son ex-mari en voyant sa tête coupable. Edward te courrait déjà après alors que nous étions marié. Si toi, tu ne t'en ais jamais rendu compte, moi je suis un homme qui remarque quand on fait les yeux doux à ma femme. Je n'avais pas grand chose contre lui à l'époque, mais il est devenu mon mouton noir quand j'ai vu son regard changer vis à vis de toi. Je ne doute pas un instant qu'il a profité de la situation pour te faire céder, il te voulait et il t'a eu en partie. C'est un homme, pas un saint.

- Alice prétend qu'il n'ouvrira pas les yeux tant que je n'aurai pas un autre mec, lança Bella en haussant les épaules.

- Ce n'est pas faux, admit Jasper en accord avec sa probable futur employée. D'ailleurs, une femme aussi exceptionnelle que toi ne devrait pas être seule Bell's.

Le petit ricanement plein d'ironie qu'elle laissa échapper ne plut pas à Jasper. La Bella qu'il avait connu n'était pas négative, jamais. C'était une source éternelle de bonne onde dans laquelle il avait puisé avec bonheur. Il était probablement responsable de cette nouvelle facette de sa personnalité.

- Je préfère être seule, au moins à présent je ne suis déçue que par moi même. Je ne me vois pas à nouveau dans une relation. Je suis bien comme ça.

Elle mentait et ça Jasper le voyait très bien. Bella n'était pas heureuse, elle ne l'était plus. Il l'avait détruit et son cœur saigna en s'en rendant compte. Son ex-femme était parti avec son cœur, mais lui semblait avoir piétiné le sien avant son départ.

- Bon dis moi tout, lança-t-elle soudainement pour changer de sujet avec un grand sourire. Quelle a été ta réaction quand tu as rencontré Emmett ? Parce que ça, ça m'intéresse beaucoup !

Jasper explosa de rire à ce souvenir. Jamais il n'aurait imaginé que Rosalie finirait avec un homme comme celui-ci. Ils semblaient tellement à l'opposé l'un de l'autre. Le départ avait été difficile, Jasper n'était plus que l'ombre de lui même. Mais au fur et à mesure Emmett avait su se faire une place, pour qu'au final, le seul homme de la famille Whitlock soit l'unique membre de la famille à l'accepter. Son naturel jovial et blagueur l'avait déridé bien souvent. Même s'il ne lui avouerait jamais. Plus la nuit s'allongeait et plus la discussion entre Bella et Jasper redevint naturelle, comme autrefois. Ils rigolaient beaucoup, se taquinaient souvent et leur ancienne osmose s'en ressentait. Il était difficile de les imaginer divorcé quand on voyait l'alchimie entre les deux. Bella n'avait pas été aussi bien depuis longtemps. Ce qui n'avait aucune logique à ses yeux. Elle savait pourtant que tout ceci ne pouvait pas durer, elle en avait déjà fait l'expérience. N'était-elle pas vacciné à force ?

- Il se fait tard, je vais nous réserver des chambres, lança Jasper en se levant après un énième bâillement de son ex-femme.

- Un taxi fera très bien l'affaire Monsieur "cet hôtel m'appartient", contra Bella morte de rire.

- Oui mais tu as dit toi même qu'Edward était malade et contagieux, donc une nuit loin d'un mec qui crache ses poumons dans la chambre d'à côté tout en râlant ne serait peut-être pas une mauvaise idée.

- Vraiment, alors quelle est ton excuse pour ne pas rentrer toi ? se moqua-t-elle gentiment.

- L'interrogatoire familial qui m'attend, le fait de rester encore quelques minutes de plus en ta compagnie et près de toi, répondit-il avec son sourire charmeur.

Il avait toujours su comment la faire céder. Il avait très souvent des arguments convaincant. Lui tendant la main, il l'emmena en sa compagnie au comptoir de l'hôtel où le pauvre réceptionniste était devenu blanc comme un mort. Ce n'était pas tous les jours qu'il avait le grand patron en vue. Surtout que lui était de l'équipe de nuit. Jasper exigea d'avoir deux chambres libres et l'homme s'empressa de lui fournir les clefs en leur disant bien que s'ils avaient besoin de quoique ce soit, il était à leur entière disposition, notamment pour les emmener à leurs chambres. Jasper s'empara des clefs et lui certifia qu'ils s'en sortiraient très bien. Ils montèrent donc au dernier étage, là où leurs chambres leur avaient été attribué. Dans l'ascenseur, ils se frôlèrent plus d'une fois, intentionnellement ou non, eux même ne le savaient pas. C'était juste comme si leurs corps s'appelaient mutuellement. Le dos de la main de Jasper caressa l'avant bras de la brune qui senti les frissons remonter jusqu'à sa nuque. Comment cet homme pouvait-il encore lui faire autant d'effet ? Même si Jasper, lui, ne laissait rien transparaître, il n'était pas mieux qu'elle. Il avait l'impression d'être en feu. Vivant à nouveau. Réceptif à tout ce qui l'entourait et en l'occurrence à Bella. Elle était sublime, désirable, une tentation à portée de doigts. Que ne donnerait-il pas pour poser à nouveau ses lèvres sur sa bouche, dans sa nuque et ...

L'ascenseur les sorti bien vite de la tension qui s'était installée dans l'habitacle. Les joues de Bella étaient même légèrement rosées et elle s'empressa de déguerpir pour se redonner contenance. Cela fit sourire Jasper. Sa femme... ex-femme, n'était de toute évidence pas insensible à son charme et honnêtement, il ne pensait pas que celui-ci aurait encore de l'effet sur elle. Bella était une femme de conviction, elle n'était pas du genre à revenir sur une décision. Seulement, Jasper se rendait bien compte qu'elle aussi ressentait encore l'alchimie entre eux. Ce lien n'était pas totalement mort, il en était certain. Il la vit partir à gauche comme une bombe et sourit un peu plus.

- C'est à droite, se moqua-t-il gentiment.

Bella releva la tête et regarda autour d'elle puis fit la moue en remarquant qu'il avait raison. Elle fit donc demi-tour en claquant des pieds et posa sa main sur la bouche du blond en le repoussant.

- Ne dis rien, merci bien ! grogna-t-elle les joues rouges.

Jasper se contenta de rire en la suivant. Avait-il dit à quel point cette robe lui allait bien, sublimant son corps de rêve avec volupté ? Cela lui rappela de bon souvenir mais lui donnait aussi un désir ardent de redécouvrir chaque parcelle de ce corps qui l'avait déjà rendu fou plus d'une fois. Puis une fois encore, il fut sorti de ses pensées lubriques par l'arrêt soudain de Bella devant une porte.

- La mienne est ici, lança-t-elle brisant le silence du couloir et mettant fin au doux rêve de Jasper.

Il ne trouva rien à lui dire. C'était trop tôt. Il n'avait pas envie qu'elle parte, pas maintenant. Le blond la vit ouvrir la porte et entrer. Elle se retourna le regard brillant. Avec un grand sourire elle s'appuya sur la porte.

- Merci, lui murmura-t-elle tendrement.

- Pour la chambre ? s'amusa-t-il en sachant très bien que ce n'était pas de ça qu'elle parlait.

- Aussi, mais surtout pour la discussion. Ça m'a fait du bien, même si je la redoutais.

- Je pense que nous avons encore beaucoup de chose à nous dire, répondit-il en lui caressant la joue. Mais pas ce soir. Promets moi que je te reverrais la semaine prochaine.

- Je te l'ai déjà promis, sourit-elle en levant les yeux au ciel. Je viendrais, je te le jure. Bonne nuit Jasper, dors bien.

Et il vit la porte se refermer au fur et à mesure. Le sang du blond ne fit qu'un tour. Il avait l'impression qu'il allait la perdre à nouveau. Non ! Il ne pouvait pas en rester là. Impossible ! Alors il mit son pied en travers de la porte avant que celle-ci ne claque.

- Qu'est-ce que..., s'étonna Bella en rouvrant légèrement.

- Dors bien, susurra-t-il avec sensualité. Oh non Bell's, je n'ai aucune envie de dormir.

Ne lui laissant pas le temps de réagir, il ouvrit la porte avec force et se jeta sur ses lèvres comme un assoiffé. Il la colla contre le mur et l'embrassa comme jamais il ne l'avait fait auparavant. Bella ne sut même pas pourquoi elle le laissa faire. C'était une très mauvaise idée, mais toute sa raison l'avait abandonné à peine avait-elle senti ses lèvres sur les siennes, leurs langues se batailler. Alors d'un coup de pied bien placé, elle repoussa la porte de la chambre se retrouvant seule avec son ex-mari. Le sourire de Jasper n'en fut que plus grand. Il fit descendre ses mains sur ses hanches, faisant remonter petit à petit sa robe pour qu'il puisse enfin toucher sa peau. Leur baiser déjà embrasé ne fit que s'intensifier. Bella plongea ses mains dans la chevelure de son ex-mari et si accrocha avec passion. C'était fini pour elle, le peu de résistance qu'elle pouvait avoir avait volé en éclat lorsque leurs lèvres s'étaient retrouvées. Sentant sa fougue, Jasper colla son bassin contre le sien, remontant l'une de ses mains le long du corps de Bella, savourant chaque instant. Tout lui avait manqué, sa peau, son odeur, cette façon qu'elle avait de gémir lorsque son désir montait d'un cran. La brune finit par le repousser légèrement avant d'agripper la ceinture de son pantalon et de le traîner jusqu'au lit. Elle le jeta dessus le regard flamboyant de désir. Puis avec une sensualité qu'elle n'avait toujours eu qu'avec lui, elle retira sa robe qui tomba au sol dévoilant sa poitrine nue. Jasper la dévora du regard. Elle était toujours aussi belle ! Se redressant, il posa ses mains de chaque côté de ses hanches et embrassa son ventre sensuellement. Bella ferma les yeux à cette sensation. Il remonta doucement, jusqu'à sa poitrine, puis il la bascula sur le lit, prenant sa place debout. La brune sentit son cœur s'emballer encore plus en le voyant devant elle. Il puait le sexe, ça avait toujours été le cas. Retirant ses habits sous ses yeux scrutateur, Jasper vint la rejoindre en s'allongeant sur elle. Se collant à nouveau à son corps, partageant sa chaleur, mêlant leurs langues une fois encore. Toute la raison de Bella avait foutu le camp. Il n'y avait plus que lui, il n'y avait toujours eu que lui et c'était bien ça le problème. Retirant leurs derniers vêtements, ils redécouvrir le corps de l'un et de l'autre. Ils se connaissaient assez pour savoir les points sensibles de chacun. Voilà comment ils mirent vite fin aux préliminaires pour passer aux choses sérieuses.

- Je te veux, susurra-t-il à son oreille en lui mordillant le lobe.

- Je t'ai toujours voulu, répondit-elle sensuellement en le guidant entre ses jambes.

Jasper posa donc sa main sur le haut de sa jambe, la faisant remonter avant de s'insérer en elle dans un râle de pur bonheur. Les yeux de la brune s'en retournèrent de plaisir. Cinq années sans lui, sans ce moment merveilleux où ils s'unissaient. Dans sa fougue, elle lui griffa même le dos, ce qui ne fit que redoubler l'ardeur de Jasper. Plongeant à nouveau en elle, il agrippa ses hanches avec force pour se rapprocher au maximum d'elle. Leurs gémissements emplirent bientôt la chambre, l'odeur de leurs ébats également. Lorsque Jasper réussi à lui donner son premier orgasme, il retourna Bella pour une nouvelle position. Il comptait bien en profiter, personne n'avait jamais éveillé un désir pareil en lui. Faire l'amour à sa femme avait toujours été une des choses que Jasper préférait au monde. Plus d'une fois il faillit jouir, mais se retira pour prendre son temps. Il était hors de question que cette nuit s'écourte. Il comptait bien la combler autant de fois qu'il était capable de le faire. Quant à Bella, elle ne savait plus où donner de la tête. Tout ce qu'elle savait, c'était que Jasper était toujours un amant fabuleux. A bout de souffle et dégoulinante de sueur, elle le surplomba enfin pour à son tour prendre le contrôle. Elle voulait le voir lorsqu'il laisserait tomber sa dernière résistance. Alors elle accéléra le mouvement, le faisant gémir encore plus. Quand Jasper sentit qu'il était à bout, il se remit sur le dessus et mit ses dernières forces dans ses coups de reins, qui arrachèrent des cris de jouissance à la brune. Il finit enfin par venir savourant cette extase avec bonheur. Jasper s'écroula sur elle, la tête sur sa poitrine, le cœur battant à tout rompre, sentant son cœur à elle contre son oreille. Ils restèrent longtemps ainsi, Bella caressant les cheveux blond moite du bout des doigts.

- Tu es la seule, mon unique, avoua-t-il doucement en la serrant un peu plus contre lui.

Bella arrêta de bouger aussitôt. Elle comprenait ce qu'il disait, car elle le ressentait aussi. Personne ne l'avait jamais mis dans un état pareil, il était le seul à avoir ce pouvoir sur elle. L'amour qu'elle avait pour lui l'étouffa aussitôt. Redressant la tête de l'homme qu'elle aimait, elle l'embrassa avec une tendresse qui fit fondre Jasper. Ouvrant les draps, il l'installa dans ses bras, refusant de la laisser s'éloigner à nouveau. Il lui caressa le dos, le sourire aux lèvres, heureux comme il ne l'avait pas été depuis... trop longtemps.

- Je t'aime, souffla-t-il à son oreille.

Il s'étonna de ne pas avoir de réponse, même si Bella devait le repousser, elle aurait répondu. Alors Jasper pencha la tête et remarqua qu'elle s'était endormie dans ses bras. Le sourire toujours présent, il la serra un peu plus contre lui et se laissa emporter à son tour par le sommeil. Il espérait bien pouvoir discuter avec elle le lendemain matin.

Ses espoirs volèrent vite en éclat à son réveil quand il remarqua qu'il était seul dans le lit. Se redressant d'un coup, il regarda autour de lui et commença à paniquer. La robe avait disparut, tout comme Bella. Attrapant son boxer, il se leva en vitesse.

- Bella ! appela-t-il le cœur battant.

Le soulagement qu'il ressenti quand il la vit sortir de la salle de bain ne fut que de courte durée. Parce qu'elle avait ce regard. Celui là même qui lui avait fait perdre sa femme déjà une fois. Il la vit récupérer ses chaussures sous le lit et les mettre en vitesse sans lui adresser le moindre mot.

- Bell's..., s'écria-t-il à nouveau en essayant de l'attraper.

Mais elle se recula aussitôt en levant les mains. Les larmes aux bords des yeux, les lèvres tremblantes, elle essayait de le fuir.

- Non ! Non ! grogna-t-elle en tournant la tête dans tous les sens dans l'espoir de trouver son sac.

Jasper se leva et lui barra le chemin de la sortie. Elle n'allait certainement pas fuir sans explication. Pas cette fois !

- Laisse moi partir, ordonna-t-elle la gorge serrée.

- Non, ça plus jamais ! lança-t-il avec force.

- Jasper, je t'en supplie, jamais je n'aurais dû faire ça, jamais... mais qu'est-ce qui m'a prit !

Il vit les larmes coulaient sur ses joues. Ce n'était pas le réveil qu'il s'était imaginé. Posant doucement ses mains sur ses épaules, il chercha à capter son regard.

- Ce qui s'est passé cette nuit était génial. Je ne sais pas ce que tu as en tête actuellement, mais je refuse que tu crois un seul instant que c'était une erreur.

Le blond la vit secouer la tête, se mordant les lèvres en serrant les poings.

- Je ne peux pas replonger Jaz', j'ai mis trop de temps ne serait-ce qu'à me lever le matin sans pleurer à l'idée de ne pas te voir, je ne peux pas refaire ça à nouveau.

- Mais je suis là ! s'énerva-t-il en le secouant légèrement. Je suis en face de toi. Ce qu'on a fait cette nuit c'était juste... nous. On a toujours eu ce lien, tu pourras mettre la distance que tu veux, il sera toujours là pour nous ramener l'un vers l'autre. On peut recommencer...

- Non ! cracha-t-elle en le foudroyant du regard. On ne peut pas !

- Pourquoi ?! cria-t-il à bout de patience. Parce que tu ne m'aimes plus ? Ça j'en doute, je te connais tu sais et ton corps à parler à la place de ta langue. Pourquoi ?! Qu'est-ce qui te donne le droit de me faire souffrir de cette façon ? Qu'est-ce qui te donne le droit de me faire l'amour comme aucune autre femme n'est capable de le faire pour le lendemain me rejeter. J'étais peut-être absent, mais la Bella que je connais m'aurait botté le cul, elle n'aurait pas pris la fuite rongeait par la colère ! Dis moi la vérité ! Qu'ai-je fait de si impardonnable à tes yeux pour que tu agisses ainsi ?

Les larmes de la brune redoublèrent. Son cœur hurlait une fois encore. Parce qu'elle l'aimait, oh ça oui, peut-être plus qu'elle ne devrait. C'est bien ce qui l'avait fait replonger comme une junkie sur sa drogue. Jasper était son homme, son âme-sœur, son tout. Seulement les blessures, elles, ne s'étaient toujours pas refermées. Alors la vérité franchit enfin ses lèvres, parce qu'il avait le droit de la connaître.

- Il y a un peu plus de cinq ans, commença-t-elle la gorge serrée. Le 13 novembre pour être tout à fait exact, te souviens-tu de ce que tu faisais ?

- Quoi ?! lança-t-il les sourcils froncés complètement perdu. Non, bien sûr que non...

- Et bien moi je m'en souviens très bien, le coupa-t-elle les yeux dans le vide. Tu étais en séminaire pour la signature de la rénovation des hôtels. A tes yeux et ceux de ta mère, c'était d'une importance capitale.

- Je ne vois pas le rapport...

- Je t'ai appelé pendant ce séminaire, trancha-t-elle froidement en le fusillant du regard. Je t'ai supplié en pleurs de revenir que j'avais besoin de toi. Ta réponse, ça a été que tu ne pouvais pas te libérer comme ça, surtout que ta mère allait te tuer si tu loupais ce séminaire.

Jasper se rappelait vaguement de cette histoire. Il s'en était voulu et avait cherché à se faire pardonner en rentrant. Mais il n'avait vraiment pas le choix, il devait rester sur place. Seulement en rentrant, sa femme n'était pas là et il avait dû attendre que sa colère redescende pour la voir revenir. Elle avait passé quelques jours chez son père pour l'emmerder.

- Où veux-tu en venir ? demanda-t-il impatient.

- Pendant que toi tu me sortais toutes tes excuses de travail, d'esprit de famille et que sais-je encore, moi j'étais à l'hôpital avec Rosalie entrain de subir une intervention. Parce que ta chère mère, après une énième dispute en ma compagnie, n'a rien trouvé de mieux que de me bousculer à la moitié des escaliers, que j'ai dévalé jusqu'en bas. Toutes tes sœurs étaient là, Charlotte a râlé en disant que ça devenait trop, puis elle a embarqué ta mère, les autres sont parti, seule Rosalie est restée avec moi. Jusqu'à la fin. J'ai fait une fausse couche ce soir là Jasper.

Le blond en perdit toutes ses couleurs, laissant même ses mains retomber le long des bras de Bella. Elle avait son regard brisé plongeait dans le sien.

- Je suis allée à l'hôpital parce que je pissais le sang. Tu n'étais pas là quand j'ai perdu notre bébé, tu n'étais pas là non plus quand j'ai subi le curetage, tu n'étais pas là quand il a fallu arrêter l'hémorragie qui a faillit me tuer et tu n'étais là quand ils m'ont dit qu'il serait peut-être plus compliqué pour moi d'avoir des enfants à présent. Non, toi tu étais à un séminaire de la plus haute importance pour la rénovation des hôtels, sur ordre de ta mère qui était en partie la cause de ma fausse couche.

Les mains de Jasper tremblait, sa tête était devenue cotonneuse. L'information essayait bien de se faire un chemin jusqu'à son cerveau mais la culpabilité l'étouffait avant toute chose. Avec un mouvement d'épaule, Bella se recula de lui.

- J'ai refusé que Rosalie te dise quoique ce soit, elle m'en a fait la promesse. Je souffrais et je me mourrais à l'intérieur. Seulement je t'aimais au delà de tout. Alors je ne voulais pas que tu souffres également. Cette nouvelle n'aurait rien changé, elle t'aurait juste fait mal. Mais moi j'allais me laisser crever dans cette famille si je restais. Alors je t'ai mit un ultimatum et la suite tu la connais. J'ai compris que je passerai toujours après ta famille et ton travail ce soir là et je refusais de vivre ainsi. J'étais en colère, folle de rage serait tout à fait exact et je ne voulais pas te détester. Alors je suis partie et le plus loin possible pour ne plus jamais avoir à faire demi-tour. Je n'avais pas prévu de te revoir hier. On ne peut pas recommencer, parce que rien n'a changé. Tu travailles toujours autant et ta famille reste ton centre du monde. Moi je ne suis plus la Bella joyeuse et pleine de force que tu as connu. Alors maintenant que tu sais la vérité, lâche moi et laisse moi partir.

Comme cette fois où elle lui avait hurlé de signer, Jasper ne trouva rien d'autre à faire que d'obéir à son ordre. Il était sonné, anéanti. Il savait enfin pourquoi il avait perdu sa femme. Pourquoi elle lui en avait tellement voulu et en quoi il était impardonnable. Ce n'était pas Bella qui l'avait abandonné, il l'avait fait bien avant. Jasper était un homme dit froid, insensible et distant par beaucoup, mais là toutes ses barrières cédèrent pour laisser tomber ses larmes.

- Ne pars pas, supplia-t-il en pleurs ne se retournant même pas.

Mais sa supplique resta sans réponse. Jetant un œil derrière lui, il vit que la femme qu'il aimait avait déjà fuit. Parce que dans sa douleur, Bella n'avait trouvé que cette solution. C'était une catastrophe. Ces retrouvailles l'avaient ressuscité pour mieux l'assassiner une fois de plus. Ravalant ses larmes, il se sentit en colère tout à coup. Contre lui, contre Rosalie qui ne lui avait rien dit, contre sa mère et ses autres sœurs, mais aussi contre Bella qui avait caché cette vérité depuis tant de temps. Toutes ses émotions étaient sans dessus dessous. Il essaya de se mettre à la place de sa femme. Seule à l'hôpital, suppliant son imbécile de mari de venir la soutenir et lui qui à l'autre bout du fil lui répondait qu'il avait trop de taf.

- Mais quel connard ! hurla-t-il en ramassant ses affaires. Mais pourquoi ne m'a-t-elle rien dit ?!

S'il avait su que c'était pour ça, bien sûr qu'il aurait tout lâché pour la rejoindre. Bien sûr qu'ils auraient surmonté ça ensemble... Mais c'était trop tard et lui n'avait rien fait. Parce qu'il avait cédé à sa mère et à la pression du boulot. A présent il comprenait mieux la colère de Bella, son besoin de partir et d'oublier. Lui, la personne qui l'aimait le plus au monde, l'avait blessé d'une telle façon qu'elle avait voulu lui rendre la pareille. Sans même une envie de vengeance, ça avait été son moyen de protection. Une fois habillé, Jasper envoya un message à Rosalie pour savoir où elle était. Sa réponse ne l'enchanta pas des masses "à la maison, pourquoi ?". Elle allait très vite savoir pourquoi.

C'est furax que le seul homme des Whitlock débarqua au manoir familial. Il claqua la porte avec tellement de force que Charlotte et Lucy qui étaient dans le salon en sortirent en trombe, paniquées.

- Bah qu'est-ce qui t'arrive tout à coup ? demanda Charlotte en fronçant les sourcils.

- Rose ! hurla-t-il en ne se préoccupant même pas de ses autres sœurs.

Il la vit descendre les marches de l'escalier en se mordant les lèvres. En voyant le regard de son frère, la blonde comprit aussitôt qu'elle allait passer un mauvais quart d'heure.

- Dehors ! Maintenant ! ordonna-t-il rageusement.

- Qu'est-ce qui te prend à la fin ? C'est quoi le problème ? demanda Lucy en posant ses mains sur ses hanches.

- Je vous ai pas sonné vous ! s'énerva-t-il en les fusillant du regard. Occupez-vous de votre cul pour une fois, ça changera !

Il attrapa Rosalie par le poignet pour lui faire accélérer le mouvement pendant que les deux autres restèrent sur le cul au milieu de la pièce. Jamais Jasper ne leur avait parlé ainsi. Quelle mouche l'avait piqué ? Ils s'éloignèrent pour que les oreilles indiscrètes ne viennent pas glaner des informations. Rosalie se fit toute petite, son frère était rarement en colère, surtout envers l'une de ses sœurs. Mais là, elle ne pouvait ignorer ses yeux haineux, sa mâchoire crispée et ses mains tremblantes.

- Comment as-tu pu me cacher ça ? demanda-t-il froidement en plongeant son regard dans le sien.

- De quoi parles-tu exactement..., tenta doucement la blonde avant de se ratatiner comme une crêpe.

- Du fait que j'aurais pu apprendre que j'allais être père et veuf le même jour ! hurla-t-il fou de rage.

Rosalie ferma les yeux en grimaçant. En soit, elle était soulagée qu'il sache enfin la vérité, même si elle savait très bien qu'il allait se venger sur quelqu'un. Elle espérait juste qu'après une bonne discussion, ce quelqu'un ne serait pas elle. Néanmoins, elle n'allait certainement pas s'écraser, la blonde avait beau aimer son frère à un point inimaginable, cette fois là, il avait merdé.

- Tu étais avec elle, tu... pourquoi ne m'as-tu pas appelé pour me le dire ?!

- Parce que j'étais à côté de Bella quand elle t'a supplié de venir ! s'énerva à son tour Rosalie. Et tu lui as dit non !

Le regard accusateur de sa sœur foudroya Jasper en plein cœur.

- Emmett m'aurait fait ça, crois moi bien qu'il se serait retrouvé dans le lit d'hôpital à ma place ! Comment as-tu pu lui faire comprendre que ton travail passé avant elle ?

- Mais je ne pouvais pas savoir ce qui se passait si personne ne me le dit ! cria-t-il en s'arrachant les cheveux.

- Et quand bien même ! Tu avais besoin de plus que ses larmes pour bouger ton cul ? Tu sais le peu d'amour que j'avais pour Bella à l'époque et pourtant ce jour là, mon respect lui a été entièrement acquis. J'ai voulu t'appeler pour t'engueuler et elle m'en a empêché. Tu sais ce qu'elle m'a dit ? "Laisse le tranquille, il a déjà assez souffert comme ça, pas besoin qu'il apprenne qu'il ne sera jamais père". Elle a préféré souffrir seule, en silence, plutôt que de te faire du mal. Pourtant toi, tu venais clairement de la briser. J'ai compris à ce moment, qu'elle t'aimait plus que personne d'autre au monde. Bella m'a fait jurer de ne rien te dire, je ne pouvais pas lui refuser ça. Pas après ce qu'elle venait de vivre. Les décisions qu'elle a prit ensuite, j'ai bien essayé de l'en dissuader, mais je comprenais aussi son choix. Aucune de nous n'a été tendre avec elle et je suis au regret de te dire qu'elle a vécu un enfer dans cette maison. Par amour pour toi. Elle a toujours été là quand tu avais besoin d'elle et tu l'as abandonné quand elle a eu besoin de toi. Quand je te disais qu'elle avait souffert elle aussi, ce n'était pas dans le vent. Tu aurais dû te battre pour elle, pas seulement la regarder partir. Je sais, tu n'avais pas toute la vérité et tu ne te battais peut-être pas à armes égales, mais le fond du problème c'est qu'elle te faisait passer avant tout autre chose, tu n'en faisais pas de même.

Jasper ressenti la culpabilité comme une dague en plein cœur et Rosalie était en train de le torturer avec en approfondissant un peu plus la plaie.

- Toutes ses années, tu savais la vérité, lança-t-il furieux. Et tu m'as laissé me morfondre. Pourquoi m'as-tu autant soutenu si au fond tu savais que j'avais tord ?

- Parce que je pensais que tu allais te battre pour elle ! cria à son tour Rosalie. Tu l'aimes, tu l'as toujours aimé, alors pourquoi l'as-tu laissé partir sans réagir ?

- Parce que je croyais que c'était ce qu'elle voulait ! renchérit-il en haussant le ton. Parce que je pensais qu'elle bluffait, Bella me disait tout, alors pourquoi cette fois là, elle ne m'a rien dit.

- Parce que le vase était plein, avoua Rosalie en secouant la tête de dépit. Elle était fatiguée, émotionnellement éreintée et elle avait besoin de soutien. Bella est rentrée à la maison, pensant peut-être qu'avec un peu de courage, elle arriverait à faire face, mais ça n'a probablement pas été le cas. Alors elle t'a posé l'ultimatum dans l'espoir que tu réagisses enfin. Et toi, qu'as-tu fait ?

Le silence qui suivit laissa Jasper choqué. La réponse il l'avait: rien. Il n'avait rien fait.

- Tu es en colère, je le comprend bien, tu l'as perdu parce que tu n'avais pas toutes les cartes en main, mais tu l'as surtout perdu parce que tu ne t'es pas battu pour elle. La force que tu as mis à soutenir la famille à la mort de papa, celle que tu as mis à redresser et faire prospérer l'entreprise, aux yeux de Bella, tu n'en as pas mis 1% pour sauver ton mariage. Je t'avais bien dit que tu regretterais amèrement de l'avoir laissé partir.

- "On ne laisse pas partir les gens qu'on aime, surtout quand on les aime autant", récita amèrement Jasper en se souvenant parfaitement de ce qu'elle lui avait dit.

- Exactement. Je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous cette nuit, tout ce que je vois c'est que tu reviens avec les mêmes habits. Alors que vas-tu faire maintenant ?

Jasper redressa le menton en prenant une décision. Rosalie n'y avait pas été de main morte sur la leçon de morale et il estimait qu'il la méritait. La culpabilité était là, bien présente et il ne pouvait plus rien faire contre toute cette histoire datant de cinq ans. En revanche, il pouvait faire en sorte qu'il n'y ait pas à nouveau cinq ans qui s'écoulent avant de revoir Bella.

- Je ne compte pas la laisser repartir, avoua-t-il déterminé. Je ne vivrais pas un jour de plus sans elle.

- Comment comptes-tu lui faire comprendre ça ? demanda sa sœur en croisant les bras.

- Je ne sais pas encore, mais tu as raison, il est temps que je mette 100% de mon énergie pour elle. Il faut que je la retrouve. Est-ce que tu as son numéro où son adresse ?

- Non, je n'étais pas en contact avec elle, avoua Rosalie en haussant les épaules. Bella a vraiment coupé les ponts avec la famille Whitlock. Je ne sais pas où elle est et qui pourrait nous aider.

- Moi je sais, répondit Jasper en sortant son téléphone portable. Il est temps de savoir si Alice tient vraiment à ce poste.

- Tu vas lui faire du chantage ? s'indigna Rosalie.

- J'userai de tout à présent. Je ne resterais pas passif une fois de plus. Je dois la retrouver, je dois me faire pardonner, je dois...

- Tu dois ? l'encouragea sa sœur avec un sourire satisfait.

- Je dois récupérer ma femme !

Enfin ! Le cœur de Rosalie s'emballa de bonheur en l'entendant. La flamme était revenue dans les yeux de son frère et elle espérait que jamais plus il ne la laisserait s'éteindre. Parce qu'elle savait très bien qu'il n'était pas heureux sans la femme de sa vie.

De son côté, Bella rentra chez elle en mode automatique. Elle ne se souvenait même plus de la tronche du chauffeur de taxi. Sa tête était cotonneuse, ses bras lourd et son cœur éteins. Qu'avait-elle fait ? Que devait-elle faire à présent ? Elle n'en savais rien. La brune avait juste envie de se mettre dans un coin et de pleurer, parce qu'elle venait à peine de le quitter et Jasper lui manquait déjà. Encore plus que pendant ces cinq dernières années. Voilà pourquoi elle avait cherché à s'éloigner de lui, Bella savait très bien qu'elle replongerait tête la première s'il venait à... l'aimer encore. Pourquoi avait-elle accepté de le suivre ? Alors qu'elle se posait cette question en posant ses mains sur son visage, son colocataire sorti de sa chambre.

- Et bien c'est à cette heure-ci que l'on rentre ! se moqua-t-il gentiment. Je me suis inquiété figure toi.

Bella soupira et se tourna vers Edward sans réussir à lui sourire. Habituellement, elle aurait fait semblant d'aller bien, mais là, elle n'en avait pas la force. La brune remarqua aussitôt le changement chez son ami. Son œil droit se mit à tiquer et il redevint sérieux en une seconde en voyant sa tête.

- Qu'est-ce qu'il se passe Bella ? s'inquiéta-t-il vraiment cette fois.

- Rien, mentit-elle doucement en lui faisant un signe de la main. Je suis juste crevée. Je vais aller prendre une douche...

- Je te connais et il n'y a pas rien. Tu as l'air... bouleversée...

- Ça va je t'assure.

- Non ça ne vas pas. Où étais-tu ?

- M'emmerde pas Ed', c'est pas le moment, répliqua-t-elle froidement en partant dans sa chambre et en claquant la porte.

Edward grimaça mais ne se vexa pas. Après tant d'années il savait très bien que quand elle était comme ça, il fallait la laisser ruminer. Elle viendrait d'elle même s'excuser pour sa mauvaise humeur plus tard. Prenant ses médicaments, il attendit qu'elle sorte enfin de sa chambre pour avoir une discussion avec elle. La brune finit en effet par sortir, douchée et habillée, prête à sortir. Elle passa derrière lui et lui embrassa le crâne, le faisant sourire.

- Désolé, lança-t-elle avant de s'éloigner.

- Tu ne veux pas en parler ? demanda-t-il tranquillement.

- Non, il n'y a rien à en dire, répondit-elle en regardant son ami. Tu as pris tes médocs ?

- Oui maman, répondit-elle avec ironie. Et je me porte mieux. Je ne vais pas courir un marathon, mais je peux au moins me faire à manger aujourd'hui.

- Il y a ce qu'il faut au frigo, lui dit Bella en mettant ses chaussures.

- Où vas-tu ?

- Prendre l'air, répondit-elle simplement en prenant son sac et en sortant.

Quelque chose n'allait pas et ça Edward pouvait le sentir à des kilomètres. En revanche il était incapable de dire quoi. S'était-elle engueulée avec Alice ? Ce serait étonnant, ces deux là s'entendaient beaucoup trop bien. Malheureusement à part elle, Edward ne pouvait demander à personne d'autre, mais il s'y refusait. Moins il parlait à Alice, mieux il se portait. Sentant son mal de tête revenir, il préféra retourner se coucher. Il ne sut pas combien de temps plus tard il fut réveillé par la sonnette de l'appartement. Grognant contre Bella qui avait sûrement oublié ses clefs dans la précipitation, il se leva et ouvrit la porte.

Jasper avait dû convaincre Alice de lui donner l'adresse de Bella. Il savait très bien que sa femme ne répondrait pas à un numéro qu'elle ne connaissait pas. Elle était trop intelligente pour ne pas comprendre. Il avait dû batailler avec Alice, celle-ci n'avait pas tout à fait été convaincu par sa plaidoirie. De toute évidence, sa future employée tenait beaucoup à son amie et l'idée qu'il puisse lui faire du mal lui était insupportable. Néanmoins il avait réussi à avoir l'adresse et voilà pourquoi, il sonna en serrant les mâchoires, prêt à bloquer la porte si Bella lui claquait au nez. Jasper ne s'était absolument pas préparé à tomber sur Edward. D'ailleurs la réciproque était évidente vu le choc apparaissant sur le visage du malade.

- Merde, je l'avais oublié celui là, marmonna Jasper en serrant les dents.

Edward ferma les yeux en s'appuyant sur la chambranle de la porte, les bras croisés.

- Tout s'explique maintenant, lança-t-il en comprenant enfin le comportement de sa colocataire. Bonjour Jasper ! Que me vaux le plaisir ?

- Je cherche Bella, répondit Jasper froidement.

- Ça je m'en serais douté tout seul, mais désolé de te décevoir, elle n'est pas là.

- Où est-elle ? s'agaça le blond en sentant sa patience s'épuiser.

- Je n'en sais rien, quand elle est contrariée, il vaux mieux la laisser seule. Mais je suppose que sa bonne humeur de la journée, je te la dois ?

Ils se regardèrent un bon moment en silence, se détaillant. Ils n'avaient pas changé, ni l'un ni l'autre. Jasper grogna intérieurement en se rendant compte que même malade, Edward Cullen arrivait à garder sa belle petite gueule.

- Est-ce qu'on va se regarder comme ça encore longtemps ou est-ce que tu veux te poser à l'intérieur ? proposa Edward en se reculant.

Il savait très bien que Jasper ne lâcherait pas le morceau, tant qu'il n'aurait pas vu Bella. Il était beaucoup trop têtu. Après un moment d'hésitation, le blond accepta. Depuis quand Edward était-il devenu aussi aimable ? Rentrant dans l'appartement, il s'étonna de ne pas tomber sur quelque chose de luxueux. Les Cullen avait une villa sublime, il était assez étonnant que leur fils reste dans quelque chose d'aussi modeste. Puis, il se rappela qui habitait avec lui. Bella n'avait jamais couru après l'argent. Même quand elle en gagnait avec son travail à l'hôtel, elle n'arrivait pas à le dépenser librement. Sauf pour les autres.

- Tu veux quelque chose à boire ? demanda Edward en se dirigeant vers la cuisine.

- Un verre d'eau et... une aspirine si tu as, s'il te plaît, répondit Jasper en s'asseyant.

Un sourire en coin apparut sur les lèvres d'Edward. Il ne savait pas ce qui était arrivé, mais vu la tête de son "rival", tout ne s'était pas passé comme prévu. Ramenant le tout, il se mit en face de lui et attendit qu'il engage la conversation. Jasper s'empressa de boire le médicament en se massant la tempe. Ce n'était pas le réveil qu'il avait espéré. Se tournant, il tomba sur un tableau en liège sur lequel était épinglé des photos d'eux à l'étranger. Apparemment, ils avaient pas mal bougé.

- Tu ne l'as pas lâché depuis tout ce temps ? demanda enfin Jasper n'arrivant pas à retenir sa jalousie.

- Tu n'aurais pas dû la laisser partir, attaqua Edward avec le sourire. C'est toi qui a laissé la place vacante. Ne t'étonne pas que quelqu'un d'autre essaye de prendre ta place.

Bien ! Les hostilités étaient lancés. Jasper tourna son regard à nouveau vers lui et sourit. Il n'allait certainement pas se laisser faire.

- Tu n'as pas prit ma place, trancha le blond avec arrogance.

- Qu'est-ce que tu en sais ? s'amusa Edward en croisant les bras.

- Tu as essayé, tu essayes encore, mais ce n'est pas le genre de ma femme...

- Ex-femme, le coupa-t-il en perdant son sourire.

Jasper laissa échapper un petit ricanement. Même s'il essayait de se maîtriser, Edward était tout aussi jaloux que lui.

- Tu l'as toujours convoité, même quand on était marié. Je n'avais rien contre toi de base, je te trouvais même plutôt sympa, tête de nœud un peu, mais pas désagréable pour autant. Mais il a fallut que tu tombes amoureux de Bella. Il n'y avait pas assez de femmes à tes genoux ?

- Pas comme elle non, répondit Edward en haussant les épaules. Elle m'est rentrée dedans comme un bulldozer, elle m'a remit à ma place et puis elle m'a fait rire. Bella m'a fait sortir de ma coquille et c'est quelque chose qu'aucune autre femme n'a réussi à faire.

- Je sais, elle a ce pouvoir, enchaîna Jasper en se rappelant de bons souvenirs. Elle a cette force...

- Elle ne l'a plus, le coupa-t-il à nouveau sérieusement. Bella l'a épuisé sur un connard débile qui a fait passer sa famille avant elle.

- Ah! On en est aux insultes, s'amusa Jasper en levant les yeux au ciel.

- Tu as bien dis que j'étais une tête de nœud. Oui, je suis amoureux de Bella depuis longtemps, ça n'a jamais été un secret pour toi. Ce que tu as plus de mal à comprendre, c'est qu'elle est avant tout autre chose mon amie. Ma meilleure amie. Et je devrais t'arracher les yeux pour oser repointer le bout de ton nez après tant de temps comme si de rien n'était. Tu l'as détruit, est-ce que tu en as conscience ?

Jasper serra les dents. Sa meilleure amie: la culpabilité, venait de refaire surface. Se la prendre de plein fouet face à Edward était peut-être pire.

- Je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé, Bella a toujours été secrète sur le sujet. En revanche, ce que je sais, c'est que c'est de ta faute et qu'à choisir, tu as préféré ta famille. Alors dis moi exactement ce que tu veux maintenant ?

Edward n'était pas agressif, au contraire, il semblait vraiment vouloir avoir une discussion civilisée. Il ne le lâchait pas du regard, cherchant la vérité.

- Je veux récupérer ma femme, répondit honnêtement Jasper.

- Ex-femme, ajouta à nouveau son rival. Laisse moi deviner, tu l'as croisé au gala hier soir ?

- Oui, on ne s'attendait pas à tomber l'un sur l'autre, le choc a été violent. Puis on a discuté et c'était tellement simple de parler l'un avec l'autre, c'était juste...

Le regard de Jasper se perdit dans le vide, ses sentiments partant dans tous les sens. Il avait besoin d'elle, le manque se faisait déjà sentir.

- Je voulais juste lui parler, je voulais des explications, cinq ans après je n'avais toujours pas les réponses à mes questions. Nous nous sommes posés au bar de l'hôtel et nous y sommes resté des heures, rattrapant le temps perdu, mettant enfin des sujets au clair...

- Mais tu n'as pas pu t'arrêter là est-ce que je me trompe ? comprit Edward en soupirant.

Ils se regardèrent à nouveau, ne sachant pas si la vérité devait éclater. Edward n'était pas con et même si lui aimait Bella, il avait toujours su à qui appartenait le cœur de son amie.

- Je ne peux t'en vouloir, s'exclama soudain Edward réaliste. Elle est sublime et désirable. Je suis bien placé pour savoir qu'il est difficile de résister à son charme. Mais je sais aussi à quel point il a dû être difficile pour elle de résister au tien. Et j'ai comme un doute sur le fait qu'elle ait réussi. Donc je vais être direct. Vous avez couché ensemble ?

- Oui, répondit honnêtement Jasper sans honte.

Il ne cherchait pas à se venger, mais voulait assumer ce qu'il avait fait, pour lui, il n'avait rien fait de mal. Edward n'avait qu'à pas demander s'il ne voulait pas savoir. D'ailleurs le jeune homme se frotta le visage avec ses mains en avalant la nouvelle. Puis la fatalité le frappa enfin. Son soupir de désillusion fit froncer les sourcils de son invité.

- Alors la partie est déjà perdue, expliqua Edward en s'affaissant. Je peux tenter de me battre contre un fantôme, mais pas contre toi en personne. Je n'ai aucune chance. En ai-je vraiment eu une un jour ? Je n'en suis même pas sûr.

- Qu'est-ce que tu racontes ? demanda Jasper perdu.

- Bella t'a toujours aimé, j'ai bien essayé d'effacer ton image, mais rien n'y a fait. Elle t'a quitté et pourtant... Les jours ont passé, mais tu n'as pas quitté son esprit un seul instant.

- Pourtant elle m'a dit ce qu'il s'était passé entre vous, avoua Jasper avec sincérité.

Le rire sarcastique d'Edward n'échappa pas à son voisin. Jouant avec son verre d'eau, il finit par dire ce qu'il avait sur le cœur.

- Je l'appelle "ma punition". J'ai été trop gourmand. Je m'étais dis que si je passais une nuit avec elle, ne serait-ce qu'une seule, elle ne pourrait plus m'échapper ensuite. Quelle erreur ! Elle a prit ça comme une faute de sa part. Voir une trahison. Et je n'ai jamais pu renouveler l'expérience. Elle m'a dit que notre amitié était plus importante et toutes ces choses qu'on a pas envie d'entendre dans ce genre de situation. La vérité c'est que tu étais toujours dans l'ombre. Je savais très bien que si elle retombait sur toi un jour... La preuve, une nuit, il n'a fallu que ça pour que vous retombiez dans les bras l'un de l'autre.

- Avant qu'elle ne fuit en courant en me balançant mes quatre vérités, enchaîna Jasper en baissant le regard.

- Au moins maintenant tu sais pourquoi elle t'a quitté, n'est-ce pas ? l'interrogea le maître des lieux avec curiosité.

- Oui, j'ai merdé, fortement.

- Je n'en doute pas, elle ne t'aurait pas quitté dans le cas contraire, elle t'aime trop pour ça, admit Edward sans filtre. Bella doit être perdue actuellement. Elle a tellement muselé ses sentiments pour toi, qu'y faire face doit être compliqué. Ça plus les mauvais souvenirs, elle va avoir besoin d'un peu de temps je pense.

- Non elle va avoir besoin d'autre chose, quelque chose que je lui ai refusé à l'époque: mon soutien.

La détermination de Jasper fit comprendre à Edward qu'il n'avait réellement plus aucune chance. A l'époque, le blond ne s'était pas battu, mais si maintenant, il en décidait autrement, la partie était perdu d'avance.

- Il faut que je la trouve, tenta le blond en reprenant courage.

- Tu es celui qui la connais le mieux parait-il, se moqua Edward. Moi tout ce que je peux te dire, c'est qu'elle a dû aller dans un coin pour réfléchir. Lequel, je n'en sais rien. Généralement, j'attends qu'elle rentre pour en parler.

- Mais je n'ai pas ta patience, trancha Jasper avec un sourire en coin.

Se levant, le blond se mit à réfléchir. Il avait bien une idée, mais après cinq ans, retournerait-elle vraiment là bas ? Jasper devait essayer, au pire, il harcèlerait Alice une seconde fois où il reviendrait ici.

- Merci pour l'accueil, je ne m'y attendais pas, se moqua gentiment Jasper en retournant vers la porte.

- J'ai changé, répondit Edward avec amusement. Ne fait pas le con une deuxième fois, Jasper, parce que tu ne la mérites vraiment pas.

- Je sais et pour ce que ça vaux, tu es réellement un très bon ami, son meilleur selon elle.

- Je me contenterai de ça.

Les deux hommes se regardèrent à nouveau en silence, avant de se faire un signe de tête. Edward n'était plus aussi insupportable qu'avant et ça Jasper devait bien le reconnaître. Les Volturi avait raison, Bella avait fait un travail merveilleux sur lui. Il était bien plus agréable maintenant. Son snobisme avait disparu et il était bien moins arrogant.

Bella quant à elle, était assise dans un café, près du campus. A l'époque de la fac, elle venait souvent ici pour lire ou réviser. C'était un lieu calme, cosy et chaleureux. Tout ce dont elle avait besoin pour réfléchir, même si elle n'était plus étudiante. Le propriétaire était toujours ravi de la revoir et la reconnaissait à chaque fois. A l'époque, elle venait en compagnie de Jasper, ils s'installaient chacun dans un fauteuil et travaillaient jusqu'à ce que la fatigue se fasse sentir. Ils étaient aussi studieux l'un que l'autre. Encore un point qu'ils avaient en commun. Les souvenirs la frappèrent avec force. Les regards qu'ils se lançaient par dessus leur bouquin de cours, leurs pieds qui se rejoignaient à la moitié du chemin juste pour être en contact. Jamais elle n'avait eu cette connexion avec un autre homme et elle savait très bien pourquoi. Parce que Jasper était son seul et unique amour. L'homme de sa vie. Elle n'en aimerait jamais un autre, elle savait à quel point c'était triste de dire ça, mais c'était la vérité. Cinq ans avaient passé, sans qu'elle le voit, sans qu'elle le touche, sans même qu'elle ait une nouvelle et pourtant... Une soirée, quelques heures en sa compagnie et elle s'était senti vivante à nouveau. Ses émotions avaient fusé et son amour s'était à nouveau libéré des chaînes qu'elle avait mis autour. Qu'allait-elle faire maintenant ? Parce qu'éteindre le brasier allait être douloureux, voir impossible.

- Je peux voir de l'autre bout de la pièce à ton froncement de sourcils à quel point tu te tortures l'esprit, lança une voix la faisant sortir de ses pensées.

Bella revint sur terre aussitôt et tomba sur Jasper qui était debout devant elle. La brune ferma les yeux en soupirant. Comment avait-il deviné qu'elle serait là ? Question idiote, à part lui, qui aurait pu la trouver dans cet endroit ? Y était-elle venue inconsciemment ? C'était fortement probable. Jasper n'attendit pas son autorisation pour s'installer en face d'elle, comme avant.

- Je suis passé chez toi, commença-t-il la choquant aussitôt.

- Chez moi ? Mais comment sais-tu où j'habite ? s'étonna-t-elle en se redressant.

- J'ai mes sources, sourit Jasper en s'enfonçant un peu plus dans le fauteuil comme à l'époque. Je suis tombé sur Edward.

- Oh bordel ! s'exclama Bella en laissant tomber sa tête en arrière.

Sa réaction fit rire son ex-mari. Il fallait qu'il soit honnête avec elle, ils ne pourraient pas repartir sur de bonne base sinon.

- Personne n'a tapé sur personne, rassure toi, s'amusa-t-il avant de se prendre son regard noir. Il est bien plus aimable qu'il y a cinq ans.

- L'humilité ça s'apprend aussi. Il a comprit ce qui s'était passé cette nuit en un rien de temps je suppose ?

- Il est loin d'être con et il te connaît très bien apparemment, admit le blond en penchant la tête. Il tient à toi.

- Tout comme je tiens à lui, avoua Bella en soupirant. Je suis désolée pour ce matin, je n'aurais pas dû te balancer ça comme ça.

- Non en effet, c'est il y a cinq ans que tu aurais dû le faire, lança-t-il avec un brin de reproche. J'ai chopé Rose ce matin et elle m'a dit que c'était pour ne pas me faire souffrir que tu t'étais tu, que crois-tu que j'ai ressenti quand j'ai reçu la demande de divorce ?

Bella baissa la tête aussi sentant le poids revenir sur ses épaules. Elle avait le droit de lui en vouloir, mais lui aussi et elle comprenait ça même si elle ne l'acceptait pas.

- Un vide ? proposa-t-elle en se reprenant. Un uppercut ? Le même genre que j'ai reçu lorsque tu m'as dit "non" pour me rejoindre à l'hôpital ou le même que quand tu as choisi ta famille.

- Je t'aurais rejoint dans l'heure si seulement tu m'avais dit la vérité ! s'énerva-t-il en ne se laissant pas faire.

La boule dans la gorge de la brune ne fit que grossir. Il était en colère, contre elle, ce qui était plutôt exceptionnelle. Les larmes lui montèrent aux yeux aussitôt.

- Je n'étais pas assez présent et je t'ai abandonné, je m'en rend compte maintenant. Mais tu aurais dû me dire la vérité. J'aurais été là Bella, on aurait surmonté ça ensemble.

- Et moi j'aurais dû continuer à vivre avec la femme responsable de ma fausse couche ! s'énerva aussitôt la brune en essuyant ses larmes. C'est ta mère !

- Et tu es ma femme ! siffla-t-il avec force. Je me fous de ce que peux dire ce putain de papier que j'ai signé il y a cinq ans. Tu es et tu resteras ma femme. Si j'avais su, peut-être que la réponse à ton ultimatum aurait été différente...

- Oh arrête tes conneries, s'énerva-t-elle à son tour. Tu ne me croyais déjà pas quand je te disais qu'elle m'en faisait voir de toutes les couleurs, alors pourquoi m'aurais-tu cru pour ça ? J'aurais dû de te dire la vérité, je suis d'accord et je m'en excuse, mais ne rejette pas ton choix sur moi. J'ai essayé Jaz', de retourner dans cette maison, avec toutes ses femmes qui me haïssaient, certaines plus que d'autre. Mais je n'ai pas pu. Je me suis imaginé des horreurs que je pourrais faire à ta mère, je me suis demandé s'il ne fallait pas en finir avec la vie. Je me sentais vide putain ! Seule et vide ! Et toi, tu ne voyais rien. Je n'ai même pas pu t'annoncer la nouvelle de ma grossesse, parce que tu n'avais pas un seul instant de libre pour dîner avec moi ! Alors oui, je n'ai peut-être pas eu la bonne réaction, les bons gestes, mais au moins j'ai pensé à moi pour la première fois depuis le début de notre mariage. Je t'en voulais tellement. Puis, la colère a disparu et le manque, lui, il est resté. Parce que tu me manques ! Toi et uniquement toi. Pas ton travail, pas ta famille, pas ton argent, mais bien toi !

Jasper remarqua bien son agitation. Bella était à fleur de peau. Le fils Cullen avait eu raison de dire qu'il allait être dur pour elle de faire face à ses sentiments.

- Tu me manques tout autant, avoua-t-il à son tour. J'ai l'impression d'être asphyxier depuis cinq ans. Hier était le premier jour depuis longtemps où je respirais enfin.

La sincérité qui se dégageait de ses paroles fit fondre le cœur de la brune. Bella avait crut que partir serait sa solution pour oublier, malheureusement tout ne s'était pas passé comme prévu. Elle n'avait rien oublié, elle avait juste enfermé ses sentiments sous bonne garde. La douleur ne l'avait jamais quitté, le manque non plus. Elle n'avait jamais réussi à aimer un autre homme, parce que Jasper était le seul qu'elle était capable d'aimer, qu'importe le mal qu'il avait pu lui faire.

- Deux options s'offrent à nous Bell's, lança-t-il en captant son regard larmoyant. Celle de se séparer à nouveau le cœur en miette, de poursuivre une vie fade et sans sentiment, mais d'être sûr de ne plus se revoir et peut-être un jour réussir à tourner la page maintenant que nous nous sommes dit la vérité. Puis celle de prendre un nouveau départ, de vivre le bonheur qui nous est dû, ensemble, avec l'amour qu'on se porte toujours l'un à l'autre. Honnêtement, tu sais déjà quel choix je préfère. Pour moi, cinq ans n'ont pas réussi à éteindre ce feu entre nous, une vie entière n'y arriverait pas.

Les yeux de la brune se fermèrent laissant tomber ses larmes. Il était entrain de réussir à la faire céder. Elle sentait bien ses résistances tomber comme un château de cartes. Mais il restait toujours ce petit truc, cette épine qui l'empêchait de dire oui. Alors la gorge serrée elle avoua enfin ce qui la bloquait.

- Je ne retournerai jamais dans cette maison Jaz', pas avec cette famille, j'ai beau t'aimer de tout mon être et chaque jour sans toi est une torture, mais chaque jour avec ta mère est un rappel certain de l'enfer que j'ai vécu.

Jasper soupira en baissant la tête conscient de ce qu'elle lui demandait à nouveau.

- Ma famille ou toi, comprit-il en serrant les dents. Ton fameux ultimatum.

- Je ne t'ai jamais demandé de couper entièrement les ponts avec ta famille, je voulais juste une maison à nous, où elles ne seraient pas là toutes les cinq secondes à me surveiller, que tu ne sois pas constamment accroché aux jupes de ta mère et que tes sœurs nous foutent enfin une paix royale. Je voulais que tu lâches un peu le travail, je voulais des moments à deux, une vie entre toi et moi, mais loin d'elles.

Relevant la tête, Jasper comprit enfin ce que Bella voulait. Être aimée. Passer avant tout le monde et toute autre chose. Comme elle l'avait fait pour lui. Se mettant à réfléchir, Jasper se fit la réflexion qu'il pouvait vivre sans sa famille. Ils les aimaient tous énormément. Mais Bella, c'était autre chose. Et comme elle venait de le dire, elle ne l'empêcherait pas de les voir ou de prendre des nouvelles, Bella voulait juste vivre loin de la famille Whitlock avec son mari. Cinq ans sans elle pour comprendre ça, c'était trop cher payé. Il ne prendrait plus le risque de refaire la même erreur.

- Alors ce sera toi, clama-t-il en lui attrapant les mains et en la regardant droit dans les yeux. Ça aurait toujours dû être toi. Ma famille comprendra et si ma famille ne comprend pas, alors tant pis pour elle. Mais je ne peux plus vivre sans toi.

Les sourcils de la brune se froncèrent, n'en croyant pas ses oreilles. Avait-il vraiment dit ce qu'elle venait d'entendre ?

- Qu...Quoi ? demanda-t-elle les lèvres tremblantes.

- Je t'aime Isabella Marie Swan Whitlock et si tu me laisses un peu moins d'un mois, je règle toutes mes affaires et je te suivrais où bon te semblera.

Il ne blaguais pas et ça Bella le comprit bien. Son cœur explosa, se libérant des dernières chaînes qu'il y avait autour. L'espoir était entrain de déferler en elle. Mais comment, après toutes ses années, pouvait-il prendre cette décision en un instant. Jasper semblait si sûr de lui, alors qu'elle même était en plein chaos. Pouvait-elle vraiment y croire ? Bella voulait y croire. Alors elle se pencha, posa son front contre le sien, mis une main sur sa joue et posa sa dernière question avant de s'avouer vaincue.

- Tu me le promets ?

- Je te le jure, susurra-t-il en lui serrant la main plus fort. Je ne peux plus me passer de toi.

Ils restèrent un moment ainsi, connecté l'un à l'autre. Cette euphorie des retrouvailles qu'ils étaient en train de vivre ne serait qu'éphémère, voilà pourquoi il était si dur pour eux d'y mettre fin pour reprendre le cours de leur vie.

- Qu'est-ce qu'on est en train de faire ? demanda Bella morte de trouille.

- On se donne une nouvelle chance, répondit Jasper en le regardant droit dans les yeux. Parce qu'on y a le droit. Parce que nous n'aurions jamais dû en arriver là. Mais nous allons tout en apprendre et plus rien au monde ne se mettra entre nous. Rien, tu m'entends ?

- Oui, je t'entends, sourit-elle avec bonheur.

Elle sentait cette joie intense parcourir tout son corps. C'était peut-être la pire idée du siècle de se remettre ensemble, mais c'était peut-être tout le contraire. Tout ce que Bella savait, c'était qu'elle aimait cet homme et qu'elle le croyait quand il lui disait qu'il l'aimait également. S'ils gardaient à l'esprit que c'était le plus important, alors peut-être que la suite de leur histoire serait bien moins tragique. Jasper posa ses lèvres sur celle de Bella avec tendresse, lui transmettant tous ses sentiments par ce geste. Se blottissant l'un contre l'autre, ils restèrent silencieux un bon moment. Puis la réalité se rappela à eux. Le téléphone de Jasper se mit à sonner.

- C'est ma mère, soupira-t-il en sentant Bella se crisper contre lui. Il va falloir que je lui parle.

- Elle ne va pas bien le prendre...

- Ça je m'en fou, elle s'y fera ou s'en ira. Je les aime toutes autant qu'elles sont, mais là où elles sont parfaitement heureuse, ce n'est pas mon cas et je sais très bien pourquoi. Parce que tu n'es plus là. De plus, je veux savoir si elles seront honnêtes avec moi ou non. Il a fallu cinq ans à Rosalie pour me dire la vérité. Je veux savoir si je peux encore avoir confiance en elles.

Bien malgré elle, Bella ressentit une satisfaction malsaine. C'était au tour des filles Whitlock de passer à la casserole. Parce que s'il avait bien une chose qu'on pouvait perdre chez Jasper et ne jamais récupérer, c'était sa confiance. Bella finit par se lever et attraper son sac à main.

- Où vas-tu ? s'inquiéta-t-il aussitôt.

Elle se marra en voyant la panique dans ses yeux, elle l'embrassa pour le rassurer, prit son téléphone et enregistra son numéro dedans.

- Si toi tu dois parler à ta famille, moi je dois parler à la mienne, c'est à dire : Edward. Il a le droit à la vérité et de toute façon je ne pourrais rien lui cacher, il lit en moi comme dans un livre ouvert.

La nouvelle n'enchanta pas Jasper, mais avait-il vraiment le choix ? Il comprenait le point de vue de Bella, mais il avait peur qu'Edward la fasse revenir sur sa décision. Il dut faire un effort sur lui même, mais lui fit signe d'y aller.

- Il faudra qu'on parle également de l'hôpital, prévint-il intransigeant.

- S'il le faut vraiment, soupira Bella en lui serrant la main. J'y vais. Je t'appelle plus tard.

C'est la peur au ventre qu'il la regarda une fois de plus disparaître. Bella, quant à elle, traînait un peu des pieds pour arriver jusqu'à son appartement. Edward avait dû comprendre en un éclair. Allait-il être en colère ? Déçu ? Trahi ? Elle n'en savait rien et ça l'inquiétait beaucoup. Voilà pourquoi elle se fit toute petite lorsqu'elle entra dans l'appartement. Avançant légèrement, elle le trouva assis sur le canapé, les coudes sur les genoux, mains croisées, en train de réfléchir. Quand il l'entendit, Edward tourna son regard vers elle et laissa échapper un sourire entendu. En effet il avait lu en elle en deux secondes.

- Ne fais pas cette tête, l'accueillit-il en haussant une épaule. Je suppose que c'était inévitable.

- Ed'..., tenta-t-elle de se défendre en se mordant la lèvre.

- Il n'y a toujours eu que lui, peu importe l'énergie et l'amour que je peux y mettre, il n'y a jamais eu de place pour moi. Tu l'as dans la peau et je comprend très bien ça.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle sentant les larmes monter.

- Tu n'as pas à l'être, trancha-t-il en se levant. Tu as été claire dès le début, mais je me suis entêté. J'espère sincèrement que tu ne fais pas la plus grosse erreur de ta vie.

Il vint l'embrasser sur le front, la serra contre lui en respirant une dernière fois l'odeur de ses cheveux. Puis il fit demi-tour et récupéra une valise qu'il traîna derrière lui.

- Mais...mais..., bégaya Bella la gorge nouée.

- C'est à mon tour de partir, lui expliqua-t-il gentiment en lui caressant la joue. J'ai besoin de temps pour digérer. S'avouer vaincu c'est quelque chose qui demande un peu d'introspection.

- Tu n'es pas obligé de partir pour ça, pleura Bella pour de bon se sentant coupable. C'est chez toi ici.

- Tu ne me fais pas fuir rassure toi, j'ai juste besoin d'être seul. C'est à mon tour de te demander de rester mon amie. Parce que je vous connais Jasper et toi, devrais-je même dire "ensemble". Vous êtes exclusif, fusionnel. Je ne suis pas encore prêt à faire face à ça. Néanmoins, ton amitié m'est précieuse et j'avoue avoir peur de la perdre contre lui. Ça va prendre un peu de temps pour que je me fasse une raison, mais j'y arriverai et à ce moment là, j'espère que tu ne m'auras pas oublié.

- Jamais, répondit-elle en essuyant ses larmes.

- Alors tout ira bien, sourit-il à contre cœur en l'embrassant sur la joue. Prend soin de toi et s'il fait un pas de travers, je le bute.

Il lui fit un sourire irrésistible et tourna les talons. Ils surent exactement à ce moment précis qu'ils ne se reverraient pas pour un petit moment. Bella comprenait très bien sa décision, elle pouvait pas le lui reprocher. Elle espérait juste qu'il lui pardonnerait la sienne.

De son côté, Jasper était muet depuis qu'il était rentré. Ses sœurs n'avaient pas osé l'approcher de peur que sa mauvaise humeur se répercute sur elles. Il était 22h, Bella lui avait envoyé un message pour le prévenir qu'Edward avait levé les voiles, ce qui l'avait à la fois ravi et rassuré. Ils avaient dîner ensemble, mais avaient préféré reprendre leur espace chacun de leur côté. Bella pour parler avec Alice, Jasper pour ruminer contre sa famille. Il était donc là, dans le noir, devant le feu de la maison familiale, regardant son verre d'alcool comme s'il allait pouvoir lui donner les réponses à ses questions.

- Est-ce que tout va bien mon chéri ? demanda sa mère en entrant dans la pièce. Pourquoi n'allumes-tu pas la lumière ?

- Parce que j'ai besoin de réfléchir et que le feu m'apaise, répondit-il en tournant son regard vers elle.

Maria Whitlock était une femme vraiment très belle, surtout pour son âge. Elle avait un charisme et une élégance qui vous disiez tout de suite que vous ne veniez pas du même monde qu'elle. Son sens de la mode, du raffinement et de la famille, toutes les femmes Whitlock en avait hérité, à plusieurs degrés de différence.

- Tu as l'air préoccupé, s'inquiéta aussitôt Maria en venant s'asseoir en face de lui.

Jasper la scruta, chercha dans son regard cette honnêteté à toute épreuve qu'elle avait parfois. Cette femme qu'il aimait tant, qui l'avait mis au monde, est-ce que cette femme avait pu détruire quelqu'un comme Bella ?

- Je me pose des questions sur mon avenir, répondit-il en testant sa mère.

- C'est à dire mon chéri ? sourit sa mère en venant lui prendre la main.

- Tu as l'impression que je suis heureux ? la questionna-t-il enfin en la regardant droit dans les yeux.

Maria fronça les sourcils à cette question. Puis un sourire tendre apparut sur ses lèvres avant qu'elle lui caresse la joue avec affection.

- Tu es comme ton père, tu ne dévoiles jamais vraiment tes sentiments. Mais je vous connaissait assez tous les deux pour savoir que, par exemple, tu étais bien mieux quand tu étais avec Tania.

- Tania..., lâcha Jasper avec amertume en secouant la tête.

Sa mère se faisait encore des illusions sur cette godiche. Pourtant, n'importe quel aveugle pourrait voir que Tania n'en avait qu'après l'argent et la renommée des Whitlock. Jasper lui même en était conscient depuis le premier jour.

- Tu étais mieux lorsque tu étais avec elle...

- Je ne te parle pas d'aller mieux maman, intervint-il en se reculant au fond de son fauteuil. Je te parle de bonheur, de sourire, de bien être, d'amour. Et la vérité, c'est que depuis Bella, je ne suis plus que l'ombre de moi même.

Il vit tout de suite le tic sur le visage de sa mère à l'annonce du prénom de son ex-femme. Cinq ans après, Jasper se rendait enfin compte que sa mère détestait Bella et il ne lui avait fallu qu'une micro seconde pour le constater alors qu'il n'avait rien vu à l'époque alors que c'était juste sous ses yeux.

- Cette... fille est sortie de nos vies, en te brisant le cœur je te le rappelle, et c'est la meilleure chose qui soit arrivé à cette famille. Isabella n'avait pas l'âme des Whitlock.

- Non, elle avait juste la mienne, trancha Jasper en serrant son verre avec tellement de force qu'il avait peur de l'exploser. Si tu savais le nombre de fois où j'ai regretté de l'avoir laissé partir, où je rêve de retourner en arrière et de revivre ne serait-ce qu'une journée à ses côtés.

Le choc se marqua sur le visage de Maria quand elle compris ce que son fils sous-entendait. Il était encore amoureux de Bella et ça Maria ne pouvait le permettre. Il fallait mettre fin tout de suite à ce délire. Alors elle se mit à sourire en lui retirant son verre des mains.

- Tu as trop bu mon chéri, tu ferais mieux d'aller te coucher...

Jasper attrapa son verre avec force et le bu cul sec en la fusillant du regard. Maria se glaça sur place, jamais son fils ne l'avait regardé ainsi.

- Un jour, peut-être, comprendrais-je pourquoi tu la détestais autant, cracha-t-il en posant son verre avec force sur la table basse.

- Je n'ai jamais détestais Isabella..., tenta de se défendre Maria en souriant avant de se faire refroidir par le regard de son fils. Disons que nous n'étions pas les meilleures amies du monde mais...

Jasper arrêta aussitôt d'écouter ses mensonges. Parce qu'il était clair à présent que sa mère n'avait pas aidé à l'époque. Bella avait dit la vérité et dès le départ il aurait dû la croire sur parole.

- De toute façon, mon chéri, rien ne sert de parler d'elle. Dieu seul sait où se trouve Isabella et c'est une bonne chose, j'en suis persuadée.

Jasper garda le silence en se levant. Il s'en alla en embrassant sa mère sur le front. Il sût aussitôt que c'était probablement la dernière fois qu'il le faisait. Bella et Maria ne pourraient jamais s'entendre et ça c'était une évidence. Alors Jasper sut exactement ce qu'il allait faire. Lorsqu'il passa la porte du salon, il vit ses sœurs, hormis Rosalie, attendant sagement dans le couloir. Il les regarda les unes derrière les autres. Elles avaient toutes entendu ce qui venait d'être dit dans le salon et il attendait que l'une d'entre elle avoue la vérité. Mais à part un "bonne nuit" elles restèrent toutes muettes. Alors il leur tourna le dos et monta les escaliers, sachant très bien que rien ne serait plus pareil le lendemain lorsqu'il se lèverait.

Après sa douche, allongé sur son lit, il se mit à réfléchir à la suite des événements. Le lendemain, il devrait prendre rendez-vous en urgence avec son avocat et son notaire. Il était temps de changer de vie, radicalement. Alors qu'il était en pleine réflexion, un petit coup se fit entendre à la porte, puis il vit Charlotte pointer le bout de son nez. C'était celle de la famille qui avait le caractère le plus prononcé. Elle ne parlait jamais pour ne rien dire, mais quand elle disait quelque chose c'était souvent percutant.

- Est-ce que je peux entrer ? demanda-t-elle hésitante.

Jasper vit bien le courage briller dans ses yeux et il en fut heureux. Parce qu'alors, en dehors de Rosalie, peut-être qu'une de ses sœurs allaient être honnête avec lui. Il lui fit signe de le rejoindre. Charlotte referma la porte derrière elle et croisa les bras en regardant son frère.

- Je suis juste venu te dire que..., commença-t-elle en se mordant les lèvres puis en trouvant enfin le courage d'avouer ce qu'elle avait sur le cœur. Je suis venu te dire que le bonheur, les sourires et tout ça, quand on l'a, on doit faire tout ce qui est en notre pouvoir pour le garder. Si à l'époque je ne le comprenais pas, aujourd'hui que j'ai Peter, je le saisis mieux. Je marcherai sur père et mère pour lui. J'abandonnerai tout ce que j'ai pour ne serait-ce que le garder.

Jasper ne s'était pas attendu à autant de déclaration de sentiment de sa petite sœur. Elle toujours partisane du "droit au but".

- Ce que j'essaye de te dire, bien maladroitement, soupira Charlotte mal à l'aise. C'est qu'à l'époque je pensais vraiment Bella mal intentionnée. Cette fille elle sortait de nul part, elle a soudainement tout abandonné pour te suivre, à part l'argent, je ne comprenais pas quelles pouvaient être ses motivations. La vérité, c'est qu'on a été des garces avec elle. On lui a fait vivre un enfer et elle restait encore et encore. Alors j'étais convaincu qu'elle faisait ça pour l'héritage. Parce que personne ne resterait dans le cas contraire. Puis j'ai fini par voir au fur et à mesure, au détour d'un couloir, dans les locaux de l'entreprise, que Bella n'était pas heureuse. Qu'elle souffrait mais qu'elle refusait de le montrer devant nous. Il m'a fallu une altercation très musclée avec maman et un divorce pour comprendre vraiment ce qui la motivait à rester. Elle t'aimait et ça, c'était quelque chose qui m'étais inconnue.

Jasper garda le silence, écoutant attentivement ce qu'elle avait à dire. Charlotte se sentait coupable de toute évidence. C'était rare venant d'elle, encore plus que d'avouer ses erreurs. Peter avait vraiment une belle influence sur elle.

- Pendant toutes ses années, je t'ai vu sombrer sans jamais t'avouer la vérité. Et cette vérité c'est que si Bella est parti c'est parce que nous étions des monstres avec et non parce qu'elle ne t'aimait plus. Ça j'en suis sûre maintenant.

- Pourquoi m'avoues-tu ça maintenant ? demanda Jasper soulagé malgré tout. Tu ne crois pas qu'il est trop tard.

- Non justement ! s'enflamma-t-elle en serrant les poings. Il n'est jamais trop tard. Je ne t'en ai jamais parlé parce que... je pensais que tu ne voulais plus entendre parler d'elle. Tu ne voulais même plus entendre son prénom. Mais je me suis promise pendant toutes ses années, que si un jour c'était toi qui venait à en parler, alors je serai là pour te soutenir.

Elle s'avança vers lui et lui mit un papier dans les mains, avant de se reculer en mettant ses mains derrière son dos mal à l'aise.

- C'est l'adresse et le numéro de téléphone de Bella, lança-t-elle en devançant sa question.

- Comment as-tu eu ça ? demanda son frère choqué.

- J'ai mes sources, répondit-elle laconiquement en haussant les épaules. Disons que Bella n'est pas facile à localiser, mais là ça fait quelques mois qu'elle s'est posée. Bref ! Tout ça pour te dire qu'il n'est jamais trop tard. Si au fond de toi, tu l'aimes encore, où que tu penses qu'il te manque des réponses, que sais-je encore... Tu ferais mieux de reprendre contact. Si mon intuition est bonne, elle ne t'aura pas oubliée.

Jasper en resta sur le cul. Un sentiment de chaleur se fit sentir en lui. Depuis combien de temps Charlotte préparait-elle ça ? Voyant son frère ne réagissait pas, Charlotte préféra le laisser seul, juste avant de sortir elle se retourna.

- Pour ce que ça vaux, Bella vaut mille Tania. Moi aussi j'ai été un monstre avec elle, mais si j'ai un jour l'occasion de m'excuser de mon attitude envers elle se présente, alors je me devrais de le faire, parce que ça fait des années que je m'en veux. J'ai mal agi et à cause de moi ou en partie, j'ai détruit deux personnes qui s'aimaient réellement. Je suis désolée Jaz'. Je m'en veux vraiment.

Son frère se leva enfin du lit et vint la prendre dans ses bras. Il la serra contre lui soulagé. Au moins une assez franche pour dire la vérité et assumer ses erreurs. Charlotte était prête à revoir Bella et à s'excuser, ce n'était pas commun chez elle. Jasper lui prit la main et remis son papier dedans, il voulait lui faire confiance, Charlotte n'était plus la jeune femme de l'époque.

- Garde ça je n'en aurais pas besoin, confia-t-il avec un sourire tendre.

- Jaz' je sais que ça s'est mal fini entre vous mais je suis persuadée...

- Tu n'as pas besoin de défendre la cause de Bella, elle l'a très bien défendu elle même hier soir au gala, avoua-t-il avec un sourire en coin.

Charlotte ouvrit la bouche de choc. Ils s'étaient revu et à voir le sourire de son frère, ils avaient enfin pu en parler. Elle se mit à sourire à son tour, heureuse pour lui.

- J'ai hâte de la revoir, avoua Charlotte les larmes aux yeux.

- Prépares tes excuses, elle sera présente au bal des Volturi et je compte bien l'emmener.

- J'en connais qui ne vont pas apprécier.

- Ça, je n'en ai plus rien à faire, rétorqua Jasper sincère. Je ne la perdrais pas à nouveau. Elle m'a pardonné et ça n'a pas de prix. Notre histoire va encore avoir besoin d'un peu de temps pour tout remettre en ordre, mais l'amour, lui, est toujours là. Aussi fort qu'avant. Je ne ferais pas deux fois la même erreur.

- Et je serai là pour te le rappeler.

- Garde ça pour toi pour l'instant, je te fais confiance.

- Tu peux, sourit-elle en lui serrant la main.

- Viens demain au bureau avec Peter, nous avons un truc à voir ensemble.

Charlotte accepta, puis le laissa tranquille. Soulagée,elle aussi. Rejoignant son mari, elle se blotti dans ses bras et senti pour la première fois depuis cinq ans, l'apaisement d'avoir dit la vérité à son frère. Puis surtout, la joie de l'avoir vu sourire sincèrement. Seul Bella avait ce pouvoir sur lui.

Quand une semaine plus tard, Jasper passa chercher Bella chez elle pour aller au bal des Volturi, il tomba sur Alice qui le fusilla du regard. Ils ne s'étaient pas revu depuis son semi-chantage.

- Bonsoir Mme Brandon, la salua-t-il avec un sourire mutin.

- MMhh ! Bonsoir Mr Whitlock, grogna-t-elle toujours suspicieuse.

- Ne me regardez pas ainsi, j'ai l'impression de passer au détecteur de mensonge, se marra-t-il en la voyant le fusiller du regard.

- J'avoue avoir du mal à vous cerner, admit-elle en boudant comme une gosse. Je vois la différence chez Bella et je ne vous remercierai jamais assez d'avoir fait se volatiliser le cocker, mais... Je ne vous connais pas vraiment et mon amie m'est précieuse. Et je suis le genre de personne qui arrache les yeux de ceux qui font pleurer ma meilleure amie, donc... dois-je vous rendre aveugle Mr Whitlock ?

- J'espère bien que non ! explosa-t-il de rire. J'ai pas mal merdé avec Bella, mais je ne compte pas reproduire mes erreurs.

- Je note et au cas où vous ne tiendriez pas parole, je connais votre adresse, menaça-t-elle avec un sourire psychotique.

Jasper eut envie de rire à nouveau mais compris seul qu'elle était très sérieuse. Alice finit par le faire entrer dans l'appartement. L'attente ne fut pas longue avant que Bella apparaisse dans une robe bleu sublime qui lui allait à merveille. Jasper soupira en disant que finalement, il avait beaucoup trop de chance. Elle aurait pu ne jamais lui pardonner, ou bien ne jamais revenir. Mais au final, la vie lui offrait une nouvelle chance et il n'avait pas l'intention de la laisser passer. Quand il vit le visage de la femme qu'il aimait, il lui fit un sourire rassurant.

- Tout va bien se passer, tenta-t-il de la calmer.

- Tu veux dire comme la fois où tu as annoncé nos fiançailles, siffla Bella en serrant les dents. Dois-je te rappeler que ta mère en a recraché son verre, alors que franchement il n'y a pas plus distinguée qu'elle. Elles vont se dire " putain on s'en était débarrassé et voilà qu'elle réapparaît celle là". Je ferais peut-être mieux de rester ici...

- Ah certainement pas ! Pas après tout le temps que j'ai passé à te trouver la robe parfaite, se fâcha Alice en posant les poings sur ses hanches.

- Imagine que ça finisse en pugilat ! s'inquiéta Bella en faisant les cent pas. Je les entends déjà se scandaliser et je ne vais pas avoir la patience...

- Bell's, l'appela Jasper en voyant qu'elle était en pleine panique.

- ... je vais devenir hystérique beaucoup trop vite, elles ne vont jamais accepter ça...

- Bell's ! lança le blond un peu plus fort en venant la prendre dans ses bras. On s'en fout ! On s'en fout totalement de leur avis. Tu te souviens, c'était le deal, c'est nous deux maintenant, nous deux et c'est tout. Et surtout, tu ne seras pas seule cette fois ci. Je serais là.

La brune le serra contre elle et pria pour qu'il ait raison. Bella n'avait aucune envie de se retrouver face aux femmes Whitlock. Sa fierté lui ferait peut-être faire face, mais son cœur, lui, en prendrait encore un coup. Alice les regardait attendrie, calmant un peu son angoisse. Jasper semblait vraiment aimer son amie. C'est un peu plus calme que Bella quitta l'appartement et parti à l'assaut du bal des Volturi. Elle essaya au maximum de se faire discrète en arrivant mais ça, c'était sans compter sur Aro qui hurla son prénom quand il la vit. Alors qu'elle le saluait avec joie, elle poussa un cri de surprise en quittant le sol.

- Tu es venu ! cria Emmett fou de joie en la soulevant dans les airs.

- Bon dieu ! hurla Bella sous le choc en se raccrochant au cou de son assaillant.

- Bordel Emmett repose là ! siffla Jasper en le foudroyant du regard.

- Franchement j'avais un doute quand au fait de revoir ton petit cul, se marra le colosse en la reposant au sol et en ignorant totalement son beau-frère.

- Il n'a rien de petit, se moqua gentiment Bella en replaçant sa robe correctement. La prochaine fois, si tu pouvais réfréner ton enthousiasme et te contenter d'un bonjour normal, comme bon nombre de personne.

- Pas mon genre, répondit-il avec un sourire mutin. Je suis vraiment content de te revoir. J'ose espérer que ce ne sera pas la dernière fois.

- Maintenant qu'on s'est rencontré, lança Bella en posant une main sur son cœur. Nous séparer ! Ce serait un sacrilège !

- C'est bien ce que je me disais aussi, ajouta Emmett en surjouant la scène. Ça fait du bien de te voir avec le sourire Jaz'.

- La ferme Em', soupira le blond en secouant la tête.

Avec un grand sourire, Emmett attrapa Bella par la taille et l'emmena de force chercher à boire, laissant un Jasper blasé derrière.

- Je te la ramène dans les plus brefs délais, nous allons juste chercher un peu de courage liquide.

- Ne la quitte pas des yeux, ordonna Jasper sérieux.

- Comment oserai-je ! J'aurais trop peur qu'elle fuit dans je ne sais quel pays d'Afrique.

Aro mit une main sur l'épaule de Jasper, avec affection. Il avait bien connu son père et le voir aujourd'hui retrouver le sourire était une joie pour lui.

- Ne fais pas deux fois la même erreur mon garçon, conseilla gentiment Aro.

- Je n'y compte pas, avoua Jasper touché par son attention.

De son côté Bella buvait gentiment une coupe de champagne, tout en se promettant de ne pas en abuser, parce qu'à tout moment les vipères pouvaient débarquer. Il fallait qu'elle soit prête à l'offensive.

- Je te jure qu'en voyant ton regard, on pourrait croire que tu t'en vas en guerre, se marra Emmett en trinquant avec elle.

- Attend que les obus arrivent, tu comprendras pourquoi je suis autant sur les nerfs.

Le colosse explosa de rire, faisant comme à son habitude, se retourner pas mal de monde dans la salle. Cela détendit un peu Bella qui se mit à rire avec lui.

- Emmett, pour l'amour du ciel, ne peux-tu pas te faire discret pour une fois ! s'énerva une voix mécontente derrière lui.

Les deux compères se retournèrent d'un seul mouvement et grimacèrent en cœur.

- Netty, soupira Emmett en levant les yeux au ciel.

- La gerbeuse de merde, dit la brune en même temps que lui sans réussir à se retenir.

- Isa...Isabella ! s'écria Netty choquée.

La brune malgré son stress, ne put s'empêcher de sourire et de se pencher à l'oreille d'Emmett.

- A voir sa tête, j'ai l'impression qu'elle me croyait vraiment morte, j'aurais la même tronche si j'avais vu un fantôme.

- Tu n'étais pas...ailleurs, bafouilla la sœur de Jasper sans réussir à trouver les mots.

- Très éloquent, se moqua ouvertement Emmett.

- On t'a rien demandé toi ! s'énerva Netty en le foudroyant du regard.

- Wow ! Bluffant ! J'ai vraiment l'impression qu'elle te déteste autant que moi, s'étonna Bella sur le cul.

- Comment tu l'as appelé ? commença son voisin en fronçant les sourcils.

- La gerbeuse de merde, admit la brune en haussant les épaules. Faut pas m'en vouloir, elle l'a vraiment mérité.

Emmett explosa de rire, laissant une Netty rouge de colère sur le côté. Il n'y avait qu'une personne qu'elle détestait plus qu'Emmett en ce monde et cette personne se trouvait actuellement à ses côtés.

- Si tu reviens ici dans l'optique de remettre la main sur mon frère je te préviens tout de suite que..., menaça-t-elle en pointant Bella du doigt.

- Que quoi ? lança froidement une voix derrière elle.

Netty perdit aussitôt le rouge qui colorait ses joues quelques secondes auparavant. Elle se retourna comme si le diable en personne se trouvait derrière elle. Et c'était peut-être bien le cas. Parce que son frère la regardait comme s'il allait l'étrangler.

- Vas-y ! lança-t-il sévèrement. Finis ta phrase, je serai curieux de savoir ce qu'elle contenait.

- Jaz', enfin ne t'énerve pas pour si peu. J'ai juste été surprise de la revoir. Ton ex-femme ne l'a pas mal prit, j'en suis certaine...

- MA femme l'a probablement très mal prit et à juste titre, trancha-t-il sans appel.

Le choc s'inscrivit aussitôt sur le visage de sa sœur. Comment ça "sa femme" ? Mais qu'est-ce qu'il lui prenait à la fin ? Bella, quant à elle, n'osait plus ouvrir la bouche. Cette réaction, Jasper l'aurait eu à l'époque aussi, si seulement il était tombé sur les brimades de sa famille, mais ça n'avait jamais été le cas. Mais à présent, il pouvait enfin voir clair dans le jeu des femmes Whitlock.

- Ne me dis pas que tu vas défendre cette connasse après tout le mal qu'elle t'a fait ! se scandalisa Netty.

- D'une, tu ne l'insultes pas, de deux, mon histoire avec Bella ne te regarde en rien. Histoire que tu t'es fait un plaisir d'envenimer si je ne me trompe pas.

- T'es pas con à ce point ! Elle te manipule. Ça fait cinq ans ! Cinq ans que cette fille t'a abandonné et qu'elle a demandé le divorce, tu ne vas pas t'en prendre à moi pour elle, sérieusement.

- La ferme ! siffla Jasper hors de lui. J'ai perdu cinq ans de ma vie avec vos conneries ! Pourquoi Bella a demandé le divorce ? Tu peux me le dire Netty ? Auras-tu le courage de me le dire à moi, ton frère adoré ?

Sa sœur en resta muette, les lèvres tremblantes. Elle comprit très vite qu'il savait déjà la vérité et qu'il n'allait certainement pas laisser ça passer.

- Qu'est-ce qu'il vous arrive tous les deux, pourquoi tout ce raffut ? intervint Maria en arrivant avec sa fille aînée. Nous sommes en public bon sang.

Maria et Lucie arrêtèrent de s'approcher aussitôt qu'elles remarquèrent Bella à côté d'Emmett. Jasper regardait leur réaction avec attention et tout ce qu'il remarqua fut la haine dans leurs yeux. Comment avait-il pu être aussi aveugle ? Pourquoi remarquait-il tout ceci seulement maintenant ?

- Isabella, la salua Maria avec un signe de tête.

De son côté, Bella se retint grandement de lui présenter son plus beau majeur. Elle sentit bien la main d'Emmett dans son dos pour la soutenir. Elle ne savait pas vraiment ce qu'il savait ou non, en revanche c'était un soutien appréciable.

- Aurais-tu perdu tes bonnes manières ses cinq dernières années ? demanda-t-elle avec un fin sourire.

Elle n'eut ni le temps ni la chance de voir la réaction de la jeune femme, car son fils se mit entre les deux avant.

- Jasper ? Que fais-tu ? s'étonna Lucy en fronçant les sourcils.

- J'observe, j'apprends et je comprend enfin pourquoi et comment vous avez réussi à gâcher cinq ans de ma vie.

- Pardon ? se scandalisèrent sa mère et sa sœur.

- J'aurais dû voir, aujourd'hui ça me semble si évident, si limpide. Je vois cette haine dans vos yeux, ce besoin de taper là où ça fait mal. Bella ne répondra pas, pas parce qu'elle ne le veut pas, je pense qu'elle meure d'envie de vous dire sa façon de penser. Mais cette fois ci, vous allez avoir un autre interlocuteur : moi en l'occurrence.

- Qu'est-ce que cette cinglée t'a raconté ! cracha Lucy en pointant Bella du doigt. Tu es bizarre depuis un moment et je suis sûr que c'est à cause d'elle. Cette bonne femme n'en a toujours qu'après un truc : le fric ! Et si tu es trop con pour le comprendre...

- Si Bella n'en avait eu qu'après le fric, pourquoi donc l'a-t-elle refusé au divorce, l'interrompit Jasper lui clouant le bec. Elle n'a pas voulu un centime. Maintenant, moi j'ai une question. Que s'est-il passé à la maison il y a cinq ans ? Quand j'étais au séminaire et si vous faites semblant de ne pas savoir de quoi je parle, croyez bien que nous allons devenir l'attraction de la soirée.

- Jasper ! s'énerva sa mère en lui attrapant le poignet et en regardant autour d'elle. Un peu de tenue, nous ne sommes pas seuls...

- Moi je suis seul depuis cinq ans Maman, siffla-t-il froidement en la fusillant du regard. Par ta faute !

Maria se paralysa sur place mais ne se démonta pas pour autant. Elle croisa les bras et haussa les épaules avec l'air le plus sincère possible.

- Nous nous sommes accroché ce soir là, rien d'exceptionnel, nos mots on dépassait nos pensées.

Bella émit un petit cri, scandalisée. C'était comme ça qu'elle voyait la chose ? Parce que la brune en avait un souvenir bien différent. Jasper lui jeta un regard et lui fit comprendre de ne rien dire, cette fois-ci, c'était lui qui s'en occupait.

- Je ne sais pas ce qu'Isabella t'a raconté pour te retourner la cervelle et te mettre dans un état pareil. Mais je te dis la vérité et tes sœurs pourront confirmer, elles étaient là.

- Absolument ! intervint Netty en venant rejoindre sa mère. Maman n'a rien fait du tout.

Jasper tourna son regard vers Lucy, attendant sa confirmation ou non. L'aînée des Whitlock sembla hésiter quelques secondes puis finit par se ranger du côté de sa mère.

- Ce n'était pas si grave, Maman et Bella étaient en désaccord, elles se sont un peu prit le bec. Je te jure que c'est la vérité. Tu ne vas pas croire cette menteuse, alors que toute ta famille te dis le contraire.

- Pas toute la famille non ! intervint Charlotte en arrivant avec Rosalie. Et ta vérité est bien différente de la mienne.

- Char', siffla Maria en lui intimant de se taire.

- Quoi ? J'ai fermé ma gueule assez longtemps je pense. Pour quel résultat ? Jasper est malheureux depuis le divorce, ce n'est plus que l'ombre de lui même. Il s'est étiolé sans Bella. Mais vous ne pouvez pas savoir ce que c'est que d'avoir le cœur brisé, puisque vous n'avez pas de cœur. J'ai été une garce tout autant que vous avec Bella et je pense que je n'aurais pas assez d'une vie pour me faire pardonner. En revanche, il est hors de question que je mente à présent. Ce soir là Maman, tu as dépassé les bornes et tout le monde l'a sut. Tout le monde a regardé et personne n'a rien fait. Seule Rosalie s'est occupé d'elle et c'est la plus jeune d'entre nous. Nous aurions dû être aussi intelligente et censé qu'elle. Bella aime Jasper et ça c'était trop difficile pour nous de le comprendre. On a trouvé toutes les excuses possible pour justifier sa présence. L'argent, la réputation, l'appât du gain, mais la seule et unique raison pour laquelle elle était là, c'était l'amour qu'elle portait à mon frère. Nous avons détruit leur mariage, alors qu'il faut bien s'avouer qu'ils seraient toujours ensemble sans nous.

- Tais toi ! ordonna sa mère en perdant son masque.

- Non ! répondit effrontément Charlotte. C'est pas tellement mon genre de ne pas dire ce que je pense. Ce que je pense, maman, c'est que tu as pété un câble ce soir là, parce que tu n'arrivais ni à faire fuir Bella, ni à la faire plier. Elle n'était pas ta marionnette ou ton ombre. Elle arrivait à penser seule. Pas comme Tania. Et aujourd'hui, j'ai ouvert les yeux et j'ai vu la différence entre les deux. Ceux qui ont vraiment de mauvaises intentions ne se battent pas autant pour défendre leur point de vue. Ils font tout en douce, avec manipulation et mensonge. Bella a toujours été honnête et franche avec nous. Elle ne nous aimait pas et nous ne l'aimions pas non plus. Elle a essayé au départ de s'intégrer, mais on lui a pas laissé la moindre place. On a toutes oublié ce que papa nous avait dit avant leur mariage. " L'amour c'est bien plus précieux que l'argent et la renommée et il y en a tellement entre eux, qu'il est inenvisageable de les séparer". Papa a toujours su qu'ils étaient fait pour être ensemble. Nous sommes les monstres qui les avons séparé. Alors oui maman, je vais te contredire. Ce soir là, tu as giflé Bella tellement fort qu'elle a dévalé les escaliers. Tu n'as même pas demandé si elle allait bien. Tu n'as même pas cherché à savoir si elle était blessée.

- Elle s'est relevée ! perdit patience Maria en sentant qu'une partie de ses enfants étaient en train de se retourner contre elle. Elle marchait et continuait de hurler, donc j'ai estimé que ça allait...

- J'ai fait une fausse couche, lança Bella comme une bombe d'une voix blanche.

Toutes les têtes se tournèrent vers elle d'un seul homme. La brune avait perdu le peu de couleur qui lui restait. Elle avait les poings serrés et les larmes au bord des yeux. Malgré tout, sa fierté l'obligeait à rester droite et froide. Charlotte semblait se rendre compte à quel point cette soirée avait tout enclenché dans le processus de départ de sa belle sœur. Elle ignorait totalement que Bella avait été enceinte. Apparemment, tout le monde l'ignorait.

- Elle ment ! cracha Maria en montrant la brune du doigt. Tu ne vois pas qu'elle serait prête à tout pour te faire revenir...

- J'étais à l'hôpital avec elle maman, trancha Rosalie en la fusillant du regard. Elle ne ment pas. Si ce soir là, tu n'avais pas levé la main sur elle, tu serais peut-être grand mère à l'heure qu'il est.

Marie se retrouva muette tout à coup. Cherchant des mots qui n'arrivait pas à sortir. Parce que la fatalité lui arriva dessus comme un coup de poing. Rosalie ne mentait pas, Bella non plus et ça, Jasper l'avait compris. Elle tourna son regard vers son fils et vit le pire pour une mère. Il la haïssait actuellement.

- Jasper, laisse moi t'expliquer..., tenta-t-elle en tendant la main vers son fils.

- Je t'ai laissé plus d'une occasion de le faire, trancha-t-il froidement. Je t'ai tendu plus d'une perche cette semaine, ce soir encore et pas qu'à toi mais à chacune d'entre vous. Rosalie et Charlotte sont les seules à m'avoir dit la vérité. Vous me connaissez, pourtant, vous savez comment je suis. J'aurais pu vous pardonner, à condition que vous soyez honnête avec moi. Et ce n'est pas le cas.

- Et alors quoi ?! s'énerva Netty en montrant à nouveau Bella du doigt. Tu vas nous abandonner pour elle...

- Exactement, répondit-il le plus calmement du monde. Comme ça aurait déjà dû être le cas il y a cinq ans.

Lucy et Netty étaient bouche bée et se tournèrent vers leur mère pour qu'elle leur vienne en aide. Mais Jasper avait raison de dire qu'elles le connaissaient, parce que Maria avait compris qu'elle ne récupérerait pas son fils. Plus maintenant.

- Tu ne peux pas partir comme ça, lança Lucy scotchée. Nous travaillons ensemble...

- Ce ne sera plus le cas à la fin du mois, balança-t-il avec un sourire victorieux.

- Quoi ? hurlèrent presque toutes les femmes Whitlock.

- Charlotte et Peter vont récupérer les affaires et je ne doute pas d'eux pour réussir. Quant à moi, je vais prendre mes affaires et je vais aller enfin vivre "ma" vie. Avec la femme que j'aime et que j'ai toujours aimé. A la fin du mois, vous allez apprendre à vivre sans moi et je pense sincèrement que ça ne peut pas vous faire de mal.

- C'est une blague ? demanda Netty prête à s'évanouir.

- J'ai l'air de rire ? répondit Jasper froidement en la fusillant du regard. J'ai toujours tout fait pour vous toutes, pour que vous ne manquiez de rien, que la mort de papa ne vous impacte pas plus, que l'empire qu'il avait construit ne s'écroule pas sur vous. Je me suis sacrifié pour vous, mes passions, mes rêves, mon avenir, j'ai tout mis de côte pour vous. Et en retour vous avez fait fuir la seule personne qui me permettez de respirer. Bella a tout quitté par amour pour moi, il est temps que j'en fasse de même. Avec ou sans votre accord. Et si vous m'aimez vraiment, vous me laisserez partir sans faire d'histoire. Parce que je mérite d'être heureux et il n'y a qu'avec Bella que je le suis.

Il tourna son regard vers la brune et ce qu'il contenait fit tomber les larmes que Bella retenait depuis un moment maintenant.

- Je t'aime, avoua-t-il en prenant sa main.

- Moi plus fort, répondit-elle en s'accrochant à lui de toutes ses forces.

Deux équipes se profilaient. Rose, Emmett, Charlotte, Peter d'un côté et Maria, Netty et Lucy de l'autre. Pour la première fois, la famille Whitlock était divisée et c'était aussi la première fois où la majorité se rangeait du côté de Bella.

- Maman, siffla Netty. Fais quelque chose.

Mais Maria savait qu'il n'y avait plus rien à faire. La détermination qu'elle lisait dans les yeux de son fils était inébranlable. Elle n'avait jamais pu supporter que quelqu'un aime son fils autant qu'elle. Néanmoins, elle comprit assez vite que si elle ne le laissait pas partir, elle ne le reverrait jamais. Avec cette fierté qui la caractérisait, elle redressa la tête et retint ses larmes.

- Si tel est ton choix, rejoint la. Je ne vais pas faire d'excuses que je ne penserai pas, pas plus que je ne ferai d'esclandre. Tu veux continuer ta vie avec elle, fais le. Mais ne vient pas te plaindre plus tard que tu es malheureux. Je ne peux pas te retenir de toute façon. Mais sache que je reste ta mère, que je t'aime et que je n'ai toujours cherché qu'une chose, c'est à te protéger.

- Je t'aime aussi, répondit Jasper. Tu seras toujours ma mère, mais Bella sera toujours ma femme. Mariage ou non. C'est la femme de ma vie et elle le restera aussi longtemps que je respirerai. Nous allons prendre du temps pour nous. Reconstruire notre vie, sans interférence cette fois-ci. Sache que je la redemanderai en mariage un jour, quand nous serons prêt. Sache que je partirai au bout du monde avec elle et que si la vie nous accorde son pardon, peut-être aurons nous des enfants. Tout ce que tu as besoin de savoir, c'est que je vais être heureux et c'est tout ce qui devrait compter.

Maria s'approcha de son fils, déposa un tendre baiser sur sa joue et lui souffla un "sois heureux alors" avant de faire demi-tour. Netty commença à vouloir relancer les hostilités mais sa mère la fit taire. Elle savait très bien que la bataille était perdue et que si elle ne laissait pas Jasper partir, il ne lui adresserait plus jamais la parole. Maria regarda une dernière fois en direction de Bella. Cette jeune femme venue de nul part lui avait volé son fils, par deux fois. Mais il était temps pour elle d'accepter le fait qu'elle ne pourrait pas les séparer. Cinq ans, un divorce, pour arriver à ce résultat. Pour la première fois, Maria eu un brin de remord. Lucy et Netty préférèrent partir avec leur mère.

Charlotte quant à elle, s'approcha de son ancienne belle-sœur en se mordillant les lèvres.

- Bella, je voulais te dire..., commença-t-elle incertaine.

- Merci, la coupa la brune en essuyant ses larmes.

- Par...Pardon, bafouilla Charlotte perdue.

- Merci d'avoir dit la vérité. Je pensais sincèrement que seule Rosalie oserait me défendre.

- J'ai cinq ans de retard pourtant, se blâma-t-elle en baissant la tête. Je suis désolée Bella, pour tout. Et j'espère que nous trouverons un moment pour en discuter calmement et pour enfin faire connaissance.

Le cœur de la brune se serra en voyant la sincérité de Charlotte. Avec un signe de tête, elle lui certifia qu'elles discuteraient dès que possible. Un homme d'une grande élégance s'approcha à son tour et lui tendit la main.

- Moi aussi, j'ai grande hâte de découvrir toutes les facettes de la femme qui a réussi à ensorceler un abruti pareil, s'amusa Peter en faisant un clin d'œil à son ami.

- C'est un ange ! lança Emmett en posant une main sur son cœur. Personnellement, je l'adore. Qu'est-ce qu'elle trouve à Jasper, je ne sais pas encore, mais bon, tous les goûts sont dans la nature...

Le sourire finit enfin par revenir sur les lèvres de Bella. Emmett l'aida à essuyer à nouveau ses larmes en lui souriant tendrement. La brune se rendit compte que se remettre avec Jasper serait totalement différent de la première fois. Et ça lui réchauffa le cœur. Elle sentit les bras de l'homme qu'elle aimait l'entourer.

- Ne pleure plus, c'est fini maintenant, chuchota-t-il à son oreille. On va prendre un nouveau départ et tu verras, cette fois-ci, je ne merderai pas.

- On a merdé tous les deux, reconnu enfin Bella en se retournant et en se fondant dans son étreinte. Si je t'avais dit la vérité, plutôt que d'essayer de te protéger, peut-être...

- Nous ne referons pas le passé avec des "si" Bell's. Nous avons appris de nos erreurs et je ne compte pas les reproduire.

- Moi non plus. Tu étais sérieux quand tu as dit qu'un jour tu me redemanderai en mariage ?

La vérité s'imposa à lui et il sut exactement quoi lui répondre. Jamais plus il ne quitterait cette femme, pas plus qu'il ne la laisserait fuir de nouveau. Ils allaient rester ensemble à présent, quoi qu'il advienne.

- Bien sûr, je n'aurai jamais dû signer ce papier de base. Ce fut ma plus grosse erreur. Mais grâce à toi, j'ai compris une chose essentielle, c'est qu'on à tous le droit à l'erreur.


Comme toujours, la petite phrase de la fin. J'espère que cette fic vous aura plu. J'ai hâte de voir ce que vous en avez pensé, parce que ça fait un moment que je n'ai pas eu de messages auquel répondre et vous me manquez beaucoup. Bien ! Maintenant que j'ai fini celle ci, il sera bientôt temps d'en commencer une autre. A bientôt pour de nouvelle aventure. Des bisous !