Saint-Valentin
Date d'origine : le 14 février
Fandom : Yu-Gi-Oh !
On ne pouvait pas exactement dire qu'il faisait beau. Mais février avait l'avantage de combiner le Mardi gras, les décorations roses des boutiques pour la Saint-Valentin, le rallongement des jours et le premier round des dégustations de chocolats de l'année, avant Pâques qui arriverait dans moins de deux mois.
Il rendait les gens plus heureux. Il les rendait aussi plus confiants et Ryo Bakura s'était enfin décidé à déclarer sa flamme à Sérénity Wheeler, la petite sœur de son ami Joey. Ils n'avaient pas passé beaucoup de temps ensemble, puisqu'il était absent lors de leurs mésaventures dans le Monde virtuel, mais il avait été ému par sa douceur et sa sagesse. Sérénity était si gentille, elle se souciait des autres autant qu'ils se souciaient d'elle et il avait pu remarquer à quel point elle faisait preuve de courage lorsque ses amis et son frère avaient besoin de son aide.
Le jeune homme espérait qu'elle lui laisserait une chance. Il avait attendu le jour "dédié" de l'année pour se déclarer, la Saint-Valentin, puisqu'ils en étaient proches, et lui avait acheté un bouquet de roses ainsi qu'une boîte de chocolats. En l'attendant devant la sortie de son collège, où elle était en quatrième, il ne pouvait s'empêcher d'être nerveux. Il se demandait si ça ne faisait pas un peu trop convenu ou solennel et si Sérénity n'aurait pas préféré une proposition plus simple. Elle n'était pas timide mais elle ne s'attendait probablement pas à sa venue. Et si elle était embarrassée ?!
Bakura se posait tellement de questions qu'il faillit rebrousser chemin, surtout qu'un bon nombre de collégiens le dévisageaient en passant. Comme il était doux et discret lui aussi, il se sentit devenir écarlate sous ses longs cheveux blancs et envisagea de jeter ses fleurs pour paraître plus naturel. Il y était presque décidé lorsqu'une petite voix claire demanda près de lui :
« Bakura ? C'est pour qui ces roses blanches ? Est-ce que tu en pinces pour une fille de mon école ? »
Le jeune homme releva la tête. Il était tellement absorbé dans son propre embarras qu'il n'avait pas vu l'objet de ses soupirs arriver ! Il s'en décomposa presque davantage. Il aurait eu l'air malin si elle était passée près de lui sans le voir ! Mais, comme elle lui posait gentiment la main sur le bras pour le rasséréner, il sentit sa détermination lui revenir.
« Il y a en effet quelqu'un qui me plaît dans ta classe, déclara-t-il en la regardant droit dans les yeux. Mais ce n'est pas une de tes camarades. Cette fille, c'est… c'est toi, Sérénity! »
Sérénity le dévisagea avec des yeux ronds, pendant si longtemps que Bakura se mit à croire avec horreur qu'elle cherchait comment le repousser. Mais, tout à coup, la jeune fille porta ses deux mains à son visage rougissant et s'exclama :
« Oh ! Quoi ? Moi ? Tu es sûr ?!
-Évidemment ! affirma Bakura, s'empourprant à son tour sous le coup de sa timidité aimantée par la sienne. Sérénity, tu es la personne la plus douce et la plus grande battante que j'aie jamais rencontrée. J'aimerais beaucoup que tu acceptes ces roses, s'il te plaît. »
Il lui tendit le bouquet de ses mains tremblantes et elle les prit dans les siennes devenant encore plus rouge. Les doigts de Bakura se retrouvèrent emmêlés dans les tiges, le papier de soie, le ruban, ceux de Sérénity et ils faillirent faire tomber les fleurs en s'empressant de se désentortiller, des excuses compulsives sortant sans discontinuer de leurs bouches. Enfin, la jeune fille put serrer les roses contre elle et elle huma à plein nez leur doux parfum.
« Merci, dit-elle en levant les yeux vers le jeune homme, qui était plus grand qu'elle. Elles sont très belles !
-Pas autant que toi ! répondit Bakura avec un sursaut de confiance. Alors, est-ce que… tu veux bien… devenir ma petite amie ? »
Derrière eux, les amies de Sérénity se montraient le gentil prétendant en gloussant et en se cachant derrière leurs mains tant elles le trouvaient séduisant.
« Je… Je te remercie, Bakura, lui dit la jeune fille en se rapprochant. Si tu es sûr que je te plais suffisamment pour ça, alors… Ce sera avec plaisir ! »
Ce n'était pas tous les jours qu'elle se montrait pleine de sa vraie assurance et cela prit au dépourvu même ses copines. Elles la regardèrent avec des yeux ronds mais, bien vite, Sérénity, rattrapée par sa nature, se remit à rougir de tant d'audace.
Fou de joie, Bakura abandonna, pour lui, complètement sa réserve, et la prit par la taille pour la serrer dans ses bras.
« Oh, Sérénity ! s'exclama-t-il. J'ai encore du mal à croire qu'une fille comme toi me laisse ma chance !
-Pourquoi ça ? s'étonna sa dulcinée, pressée contre sa poitrine. Tu es tellement gentil et attentionné, Ryo. C'est une des choses les plus importantes du monde pour moi. Et je dois aussi admettre… que tu es très séduisant...
-C'est exactement ce que je ressens pour toi ! »
Au-dessus du bouquet de roses bien calé entre leurs deux corps enlacés, Bakura prit le visage de Sérénity dans ses mains et l'embrassa. Elle appuya un peu plus fort ses mains contre son torse tandis qu'elle lui répondait avec ferveur.
Il tardait déjà à Bakura de manger avec elle les chocolats qu'il lui avait offerts en la regardant dans les yeux.
