Aime-moi, si tu peux.

Titre du 05/10/2022 : Aime-moi, si tu peux

Sagittaire : Yara Greyjoy (GOT)

Y : Yara Greyjoy

Yara Greyjoy

Deux cent vingt septième baiser : Un baiser entre deux femmes

Prompt 120 : « Je t'aime. »

Prénom 67 : Marina

Défi 8 de Sarah & son cerveau : écrire un Self insert

UA Challenge 115 : UA!Contes/OUAT

Quatre aspects de… Ginny (G&G) : Automutilation : Écrire sur quelqu'un qui souffre beaucoup ou sur une personne qui va voir un psy

137) 100 façons d'écrire du drama

257) 50 nuances de personnages LGBT

12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, de secondaire à principal, le défi des baisers, prompts infinis, elles ont dit, Sarah & son cerveau, UA Challenge, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)

Le temps avait beau passer, ça ne changeait pourtant rien.

Et cela, Jaime Lannister n'avait pas mis bien longtemps avant de s'en rendre compte.

Et il avait fini par devoir se rendre à l'évidence, aussi douloureuse celle-ci soit-elle.

Il n'était plus amoureux de son épouse.

Et ce depuis déjà un bon moment.

Il y avait dans le fait d'être obligé de le constater quelque chose d'à la fois déchirant mais également de très libérateur.

Parce que c'était la vérité.

Parce que ce n'était pas un sentiment passager, non, cette émotion était réelle, valide et surtout elle durait, quelque chose clochait bien dans leur couple et il doutait qu'ils soient capables d'arranger les choses et il en était presque soulagé.

Le problème ne venait pas de lui, il ne s'imaginait pas des choses, ses sentiments s'étaient réellement émoussés pour de bon, et ce qui avait duré plusieurs décennies avait pris fin pour de bon, aucun retour en arrière n'était possible.

Il avait aimé Cersei autrefois, sincèrement et plus que presque n'importe qui en ce monde.

Mais ce temps était révolu.

Maintenant, son cœur s'était réveillé, pour de bon, et il battait pour une autre.

Pour Brienne.

Il ne pouvait s'empêcher de se demander parfois comment il avait bien pu faire pour ne pas s'en rendre compte pendant si longtemps, pour rester à ce point aveugle pendant tant de temps, pour s'enfouir dans un déni qu'il aurait dû quitter bien plus tôt.

Ça ne rendait pourtant pas les choses plus faciles pour autant.

Il était toujours marié, et il n'avait aucune idée de comment annoncer la nouvelle à Cersei.

Lui avouer qu'il ne l'aimait plus, qu'il ne voulait plus rester dans ce mariage où il ne se sentait plus à sa place, qui n'avait plus le moindre sens pour lui, dans une relation qui lui semblait désormais si vide et dénuée de sens.

Il ne savait pas comment le lui dire mais en revanche il était certain d'une chose, et rien ni personne ne pourrait jamais lui faire changer d'avis à ce sujet.

Il voulait divorcer, même si sa relation avec Brienne restait inchangée dans le futur, même si sa vie changeait du tout au tout et pas forcément pour le mieux, même s'il se retrouvait seul.

Et le plus vite possible en causant le moins de dégâts sur son passage.

Il ignorait quel genre de tempête ce simple choix de sa part allait provoquer dans le futur.

§§§§

Par moments, Brienne ne comprenait pas vraiment trop pourquoi les choses avaient tourné de cette manière dans sa vie.

L'instant d'avant, elle vivait une existence morne dans laquelle Jaime Lannister ne faisait aucunement attention à elle, semblait ignorer même son existence sauf dans le cadre du travail, elle vivait un amour impossible sans espoir de retour, et soudainement, d'un seul coup, quelques semaines plus tard, il…

Il la voyait.

Il faisait attention à elle, il passait du temps avec elle, il lui parlait, dès qu'il en avait l'occasion et il semblait apprécier sa présence, pas seulement comme une collègue, mais comme une amie et il…

Est-ce qu'il flirtait véritablement avec elle ou bien se faisait-elle des idées, elle qui n'y connaissait rien, est-ce qu'elle se méprenait totalement à ce sujet ou bien avait-elle raison ?

Certes, le blond lui avait bien dit que son mariage battait de l'aile, mais elle restait persuadée que ce ne serait qu'une crise temporaire, comme tous les couples finissaient par en traverser à un moment ou à un autre.

Enfin, elle le supposait, elle n'avait jamais cessé d'être célibataire après tout.

Certes, une vague de divorces semblait traverser actuellement la ville de Kintzheim et entre Petyr et Catelyn Baelish, Lysa et Eddard Stark ainsi que Stannis et Selyse Baratheon, de nombreux couples se trouvaient dans la tourmente et sur le point de se séparer pour de bon.

Ça ne voulait pas dire qu'il arriverait la même chose aux deux blonds.

Ou même qu'il était réellement un tant soit peu intéressé par elle, parce que la logique voulait qu'il ne le soit pas, qui aurait pu bien pu l'être ?

Elle restait toujours Brienne la belle après tout.

Alors elle allait faire comme d'habitude et surtout ne pas s'engager sur une route qui ne la mènerait qu'à une mauvaise conclusion.

Il était hors de question qu'elle prenne le risque de se faire briser le cœur inutilement.

§§§§

En rétrospective, elle savait bien qu'elle aurait dû s'y attendre.

Ça s'était déjà produit une fois dans le passé, sans doute aurait-elle dû prévoir que cela se produirait une fois de plus.

Il était déjà tombé amoureux de Brienne de Torth une fois, rien d'étonnant à ce que cela recommence.

C'était bien pour ça qu'elle lui avait pris son cœur, quand elle en avait eu l'occasion, à la fois pour garder le contrôle sur lui comme sur le reste de la ville, mais aussi pour s'assurer que les seuls sentiments qu'il ressentirait jamais seraient pour elle, seraient ceux qu'elle lui avait choisis.

Mais à cause de cette maudite garce de Yara Greyjoy, tout était allé de travers.

Jaime avait récupéré son cœur et elle ne pourrait jamais le lui reprendre, elle ne pourrait pas effacer ce qui était en train d'arriver ni enrayer le processus.

Il ne se souvenait pas, il ne savait pas pour la malédiction, le sort noir, mais il y avait des choses en ce monde que même la magie ne pouvait pas effacer, qu'elle était incapable de détruire.

Parce que, et cela Cersei Lannister était bien certaine de ne pas être la seule à s'en être rendue compte, il lui paraissait évident que son frère et époux était de nouveau tombé amoureux de la femme chevalier.

Et c'était une chose qu'elle ne pouvait aucunement supporter.

Pour l'instant, rien n'avait encore visiblement changé dans leur couple, tout semblait comme avant, mais elle voyait bien que plus rien n'était pareil.

Elle ne savait pas au juste ce qu'il choisirait de faire dans le futur, s'il agirait, mais si c'était le cas, hé bien…

Elle allait faire en sorte d'y mettre un terme pour de bon avant que tout ne s'écroule définitivement autour d'elle.

§§§§

Quand elle avait su qu'Esgred avait l'intention de la voir, et qu'elle voulait lui parler, Sansa n'avait pas pu empêcher les battements de son cœur de s'emballer.

C'était souvent ce qui se passait dernièrement quand elle pensait à elle, qu'elle lui parlait, qu'elle la voyait, quand elle était dans ses pensées ou dans son champ de vision, bref… pratiquement tout le temps en somme.

Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas été vraiment amoureuse de quelqu'un, qu'elle n'avait pas ressenti dans son cœur autre chose que de la peur qu'elle avait presque fini par oublier ce que ça faisait.

Elle avait aimé Joffrey, autrefois, puis les ombres et la violence s'étaient invités dans son existence sans qu'elle le veuille et alors elle avait fermé son cœur pour ce qu'elle pensait être pour toujours.

Et puis Esgred Miller était entrée dans sa vie, en bouleversant tout sur son passage, comme la tornade qu'elle était et plus rien n'avait été pareil.

En un sens, elle ne l'avait pas seulement sauvée en lui montrant une porte de sortie loin de la vie abominable qu'elle menait.

Non, elle lui avait aussi réappris à vivre.

À croire en un avenir meilleur.

Et surtout, à aimer quelqu'un d'autre à nouveau malgré son cœur blessé et en miettes, et plus important encore, à s'aimer elle-même.

Une part d'elle-même avait toujours peur de s'attacher, de faire confiance, mais elle se sentait prête malgré tout à aimer de nouveau, à aimer de tout son cœur cette femme qui s'était battue pour elle à une époque où elle n'était alors rien de plus pour elle qu'une étrangère dont elle ne savait rien.

Aussi, en recevant ce SMS de son amie, elle laissa un sourire rêveur se dessiner sur son visage, espérant ne pas se tromper sur le sujet de conversation choisi ou d'au moins pouvoir l'orienter dans la direction qu'elle voulait.

Elle n'était pas aveugle, elle voyait bien de quelle manière Esgred la regardait, depuis un moment déjà, et avant, elle ne se sentait pas prête à démarrer une nouvelle histoire, pas si tôt, pas après tout ce qu'il s'était passé avec le lion, mais maintenant…

Oui, à présent elle se sentait prête.

Tout ce qu'elle espérait, c'était qu'elle ne s'était pas trompée à ce sujet et qu'elle avait bien interprété les signes que la jeune femme lui avait envoyés…

§§§§

A chaque fois qu'elle revoyait Sansa, Yara ressentait un mélange de joie et de tristesse, mêlé à un désir de hurler à plein poumons cette vérité qu'elle cachait depuis oh si longtemps qu'elle avait fini par oublier ce que ça faisait de vivre une vie qui n'était pas faite de mensonges.

Mais elle se tut à nouveau, sentant encore une fois une part d'elle-même agoniser en silence.

À la place, elle sourit.

Comme à chaque fois.

« Salut Sansa, dit-elle, l'accompagnant dans ce parc où elle avait choisi de la rencontrer, bien décidée à lui parler à l'abri des regards.

- Bonjour Esgred, lui répondit la louve en lui souriant, alors comme ça tu voulais me parler ?

- Oui, en fait je voulais te poser une question.

Perdue dans ses pensées et se demandant comment faire pour aborder ce sujet tout sauf anodin, elle rata le regard empli d'espoir que la rousse lui envoya.

- Quel genre de question ?

- C'est à propos de ton père.

Oh.

Oh.

Elle s'était donc complètement plantée sur toute la ligne.

Dommage…

La lueur dans les yeux de la Stark s'éteignit aussitôt, son sourire s'effaça, elle ravala sa déception et elle regarda Esgred avec confusion.

- Comment ça mon père ?

Pourquoi voulait-elle lui parler de Petyr Baelish ?

Elle réalisa alors que le visage qu'elle avait associé au mot de père dans son esprit avait d'abord été celui d'Eddard Stark et non celui de Littlefinger et que cela ne lui faisait ni chaud ni froid.

Cela faisait bien longtemps que l'homme qui l'avait élevée ne pouvait plus prétendre décemment au titre de père…

Yara prit une profonde inspiration.

- Tu te souviens de ce dont on a parlé toi et moi ? Au sujet du fait que tu pensais que, peut-être… Petyr Baelish n'était peut-être pas ton père biologique. Et que tu soupçonnais Eddard Stark d'être ton vrai père ainsi que celui de ta sœur et de tes frères ?

Intriguée, Sansa sentit toute déception s'envoler et fronça les sourcils.

- Hé bien ? Tu as une nouvelle piste à ce sujet ?

- Pas vraiment… Mais… j'ai une amie qui elle aussi est en quête de ses origines, et elle a l'intention de faire faire un test ADN, plusieurs mêmes et je voudrais savoir… si ça t'intéresserait toi aussi.

Sansa cligna des yeux, stupéfaite.

- Quoi ?

- Tu pourrais me donner un peu de tes cheveux et essayer de te procurer ceux de ton adelphie, de Ned Stark et de Petyr Baelish, pour ensuite me les donner. Je ferai le nécessaire et tu connaîtras enfin la vérité, et le reste de ta famille aussi. Par ailleurs je dois tout de suite te préciser qu'il vaudrait mieux qu'aucun d'eux ne soit au courant ni ne l'apprenne du moins pas avant que les résultats ne soient révélés. Je sais bien que dis comme ça ça peut sembler louche et aussi très peu légal, et j'admets que c'est très probablement le cas, mais c'est très important pour moi et je… Je voudrais que tu me fasses confiance.

Est-ce qu'elle lui faisait confiance ?

Avant, elle aurait dit non.

Parce qu'elle ne faisait plus confiance à qui que ce soit sauf à sa propre famille (et encore, ça ne s'appliquait pas exactement à tout le monde), parce qu'elle ne la connaissait pas.

Mais depuis leur rencontre, Esgred Miller lui avait prouvé à maintes reprises qu'elle était digne de confiance.

Elle l'appréciait.

Elle tenait à elle.

Elle l'aimait.

Évidemment qu'elle lui faisait confiance.

Mais allait-elle accepter sans avoir la moindre information ou garantie ?

Son cœur lui répondit oui sans la moindre hésitation.

- Ces tests… ils seront fiables ? Impossible d'avoir le moindre doute quant aux résultats ?

Yara acquiesça aussitôt.

- Tout ce qu'il y a de plus officiels, ne t'en fais pas pour ça.

Enfin, si tout se passait bien et que ni Cersei ni un de ses sbires ou un de ses alliés ne s'en mêlait…

Sansa la regarda alors droit dans les yeux, fouillant au fond d'elle, comme pour s'assurer qu'elle pouvait se fier à elle, avant de hocher la tête.

- D'accord, je… je veux bien essayer. J'ai jusqu'à quand ?

- 30 mai dernier délai.

- Très bien, ça devrait être faisable. Je suppose que tu ne peux absolument rien me dire de plus.

Elle vit de l'hésitation dans les yeux d'Esgred, avant que celle-ci ne finisse par secouer la tête.

- Malheureusement, non, je ne peux rien te dire de précis. J'aimerais pourtant, vraiment, mais… Personne ne doit savoir. Et je peux pas non plus te dire pourquoi. Je peux simplement te dire que ça aura des conséquences sur absolument toute la ville. Pour les bonnes raisons.

Les bonnes raisons.

C'était vague, incroyablement imprécis et peut-être était-ce terriblement naïf de sa part de croire qu'elle ne lui mentait pas.

Mais cette femme et Marina avaient été toutes les deux l'une des meilleures choses à être jamais arrivées à Kintzheim et elle avait envie de croire qu'elle voulait vraiment les aider, faire ce qui était juste.

En un sens, elle était tout simplement une héroïne.

- Okay. Je ne demanderai rien alors. Mais je me demandais juste… pourquoi est-ce que tu fais ça ? Pourquoi vouloir m'aider, à tout prix ?

Parce que je t'aime et que je veux que tu sois heureuse.

Pour empêcher cette réponse qui n'était rien d'autre que la plus stricte vérité et qui lui brûlait la langue d'être révélée au grand jour, elle se la mordit jusqu'au sang en ne laissant rien paraître.

- Parce que tu le mérites, parce que je tiens à toi et que je suis fatiguée de cette ville où le mensonge est roi et où le malheur règne en maître. Tout ce que je veux c'est changer les choses. Et ça n'arrivera jamais si tu n'y es pas incluse. »

C'était le moment, l'instant parfait où elle devait au moins essayer, elle ne pouvait pas partir en ayant des doutes, sans savoir, elle ne se le pardonnerait jamais.

Après tout, Esgred l'avait dit elle-même.

Elle le méritait bien.

Aussi, se rapprochant de la fer-née, elle prit son visage dans ses mains, lui laissant le temps de s'éloigner si elle le voulait, avant de l'embrasser.

Et le cerveau de Yara Greyjoy court-circuita tout simplement à ce moment-là.

Parce que l'une des choses qu'elle avait toujours voulu depuis qu'elle avait quitté Westeros, depuis qu'elle était parvenue à trouver le chemin de Kintzheim, était en train d'arriver.

Parce que Sansa Stark était en train de l'embrasser.

Son ancienne petite-amie, la femme qu'elle aimait et à qui elle avait dû renoncer pendant plus de deux ans, qui avait tellement souffert, avait posé ses lèvres sur les siennes, et elle…

Elle était en train de l'embrasser.

La guerrière dût se répéter la phrase une seconde fois dans sa tête pour s'assurer qu'elle n'était pas en train de rêver.

En réalisant que c'était vrai, que c'était bien réel, elle répondit au baiser avec passion et enthousiasme, avant de la serrer contre elle, pour s'assurer qu'elle était bien là, dans ses bras, qu'elle n'allait pas s'envoler et disparaître pour toujours, comme elle le faisait à chaque fois dans ses rêves.

Ce ne fut qu'en comprenant qu'elle ne rêvait pas qu'elle s'autorisa à pleurer parce que même si elle avait mis du temps, c'était au moins une chose que ni la malédiction ni Cersei Lannister n'avaient réussi à lui prendre.

Parce que malgré les obstacles, malgré l'oubli, malgré la séparation, Sansa Stark était une fois de plus tombée amoureuse d'elle.

« Esgred ? Lui demanda Sansa avec inquiétude quelques secondes plus tard. Pourquoi est-ce que tu pleures ?

Alors, Yara rit, parce que c'était bien son genre de s'inquiéter pour les autres.

- Je… je pleure parce que je suis heureuse. Cela faisait si longtemps que je voulais te dire que… mais… mais le bon moment ne se présentait jamais.

Je pleure parce que tu m'es enfin revenue.

Sansa lui sourit, ce sourire qu'elle aimait tellement, qu'elle avait tant de fois embrassé par le passé dans une vie dont la rousse ne se souvenait même plus.

- Dans ce cas-là, c'est une bonne chose que je me sois dévouée et que j'ai pris les devants, non ?

Un nouvel éclat de rire secoua la jeune femme.

- Oui, en effet, c'est une bonne chose, approuva-t-elle. »

Puis elle l'embrassa à nouveau.

A suivre…