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Chapitre 3


13 Juillet 1998 – 9h56 – Manoir Malfoy

Harry n'avait pas envie de se lever aujourd'hui. Le garçon dans sa tête avait passé sa nuit à hurler, l'empêchant de dormir correctement. Ces derniers jours Lucius avait beaucoup travaillé, mais quand il était au manoir, il n'arrêtait pas de jeter de drôles de regards à Harry, et continuait de lui dire des choses qu'il ne savait pas si il devait bien les prendre ou si il devait être vexé. Après tout, il avait constamment l'impression d'être un abruti aux yeux du père de son ami. Et même si Draco lui disait de ne pas se prendre la tête, il n'y arrivait pas. Harry n'arrêtait pas de penser à la promenade à cheval, quand Lucius l'avait sauvé. Cette inquiétude dans ses yeux et dans sa voix, c'était horrible car ça lui donnait l'impression que Lucius en avait vraiment quelque chose à faire de lui, alors que quand il était là, le blond donnait toute l'impression du contraire.

Harry avait fait des tentatives pour comprendre Lucius, mais chaque fois qu'il s'était retrouvé seul avec lui, il avait eu l'air d'être encore plus stupide et enfantin. Car c'était peut-être ça le problème : la différence d'âge ! Harry avait sans cesse l'impression d'être un gamin pris en faute alors qu'il ne faisait rien de mal, puisque c'était Lucius qui l'avait invité pour le séduire ! Mais malgré tous ses efforts, Lucius restait hermétique, il ne faisait rien pour rassurer Harry sur ses sentiments, ni sur ses pensées. Et ce qui n'arrangeait rien, c'était que le jeune sorcier perdait tous ses moyens dès qu'il se retrouvait seul face à Lucius. Chaque fois il se mettait à bafouiller, à rougir comme un imbécile, et la voix de l'enfant dans sa tête se mettait à pleurer à chaque fois, et à crier. Ça, le jeune homme ne savait pas d'où ça venait, car avant la guerre il n'entendait pas cette voix, mais depuis la fin de ces événements, elle s'était manifestée et refusait de se taire depuis. Alors comment pouvait-il décemment se concentrer quand des cris et des pleurs se faisaient entendre dans sa tête chaque fois qu'il était seul avec Lucius et qu'il essayait de tirer les choses au clair ?!

Harry en était profondément affecté, car Lucius lui plaisait, et d'après les dires de Draco, c'était réciproque. Pourtant l'aîné continuait de l'ignorer, ou de le traiter avec froideur, étant tout juste poli envers lui parce qu'il était leur invité. Harry se demandait si maintenant que tout était fini tout le monde ne le voyait plus que comme un gamin ennuyeux et encombrant. Le sorcier voulait être un adolescent comme les autres, mais pas non plus être un poids pour tout le monde, alors que jusqu'à maintenant il avait sans cesse été adulé et sollicité à droite et à gauche. Mais depuis qu'il était arrivé au manoir, il avait l'impression d'être replongé en arrière, chez les Dursley, quand ils lui faisaient bien comprendre qu'il était un indésirable et qu'il gâchait leur vie. Pourtant, le jeune homme ne s'était pas imposé en ces lieux, il avait été invité à y séjourner, c'est pourquoi l'attitude glaciale du père de son ami lui faisait du mal et l'obligeait à se poser des questions. Serait-il toujours invité partout à l'avenir, mais parce que les gens s'en sentaient obligés, mais qu'au fond ça les dérangeait ?! Était-il comme ce membre de la famille qu'on aime pas vraiment mais qu'on invite par politesse parce qu'on ne peut pas réellement l'évincer sans passer pour une mauvaise personne ? Ces questions brisaient le cœur du jeune sorcier, car si c'était la vérité, il préférait mourir que d'être cette personne qui gêne tout le monde mais que l'on ose pas totalement évincer pour autant !


Skilly apparu :

-Jeune Maître Potter, le Maître s'inquiète que vous ne soyez toujours pas descendu prendre le petit-déjeuner.

-J'ai pas envie de me lever.

-Mais... le Maître veut que vous descendiez.

-Bah je vais pas lui obéir.

-Mais... Skilly est une méchante elfe de maison, elle n'a pas réussie à convaincre le jeune maître Potter de se lever. Skilly doit se punir !

Elle commença à se tirer le nez, puis les oreilles. Après quoi elle se mit des coups de poings sur le visage, puis dans le ventre. Harry soupira :

-Laisse-moi tranquille Skilly, j'ai envie d'être seul.

Il soupira de nouveau et la petite elfe finit par disparaître en continuant de se faire du mal. De son côté, Harry resta allongé dans son lit à fixer le plafond, il était si triste, ses idées noires tournaient en boucle dans sa tête.


Quelques instants plus tard, la porte s'ouvrit et Lucius vint s'asseoir au bord du lit. Il garda le silence un moment, avant de demander d'une voix hésitante :

-Harry ça ne va pas ? Skilly m'a dit que tu ne voulais pas te lever. Qu'est-ce qu'il y a ?

-J'ai envie d'être seul, elle ne vous l'a pas dit ?

-Si, mais je n'ai pas envie d'accepter cette réponse. Harry, je t'ai invité pour que tu viennes te détendre et tourner la page après tout ce que tu as vécu ces dernières années, et non pas pour que tu restes cloîtré dans ta chambre à te morfondre !

-Mais je... Draco a dit que je vous plaîs, et je l'ai cru, mais chaque fois que je dis ou fait quelque chose vous me faites passer pour un imbécile. Et ça me fait mal de me sentir ainsi. J'ai l'impression d'être un gamin dont personne ne veut, comme je l'ai ressenti pendant les onze premières années de ma vie auprès des Dursley. Et ça, je ne veux plus jamais le vivre, JAMAIS !

Lucius soupira et attira l'adolescent contre lui, le serrant dans ses bras :

-Je suis désolé, je ne pense pas du tout que tu es stupide, c'est simplement que je n'ai pas essayé de séduire quelqu'un depuis longtemps alors mes techniques sont un peu rouillées. Je suis désolé si mes paroles t'ont blessé. J'ai tellement l'habitude d'être le grand, terrifiant, hautain et glacial Lucius Malfoy que j'ai du mal à agir autrement avec les personnes qui ne sont pas directement de ma famille.

Lucius prit le visage du jeune homme entre ses mains et déposa un baiser sur son front :

-Je vais faire plus attention à présent, promis.

Harry joua avec une des mèches blondes presque blanche et caressa les avants-bras de l'aîné :

-Alors vous voulez vraiment me séduire ?

-Oui, du moins j'aimerais bien, mais je ne veux rien précipiter. Il faut d'abord que je trouve la bonne technique. Et par pitié, ne cède à mes avances que si tu le veux vraiment, tu n'es pas obligé de faire quoi que ce soit si tu n'en as pas envie. Tu me promets de ne pas faire quoi que ce soit parce que tu t'y sens contraint ?

-Promis.

-Très bien.

Lucius déposa un baiser sur la joue d'Harry, sur la commissure de sa lèvre :

-Maintenant lève-toi et habille-toi, ton petit-déjeuner t'attend.

Harry hocha la tête et sortit finalement de son lit, plus rouge qu'une tomate suite au presque baiser que Lucius venait de lui donner et parce qu'il se retrouvait en pyjama devant lui. Il partit se laver, s'habiller et ressortit de la salle de bain, trouvant la pièce vide.


Harry descendit déjeuner et Draco l'observa :

-Alors ça va ?

-Oui, j'ai juste mal dormi donc je ne voulais pas me lever. Mais ton père est venu me parler et a réussi à me convaincre.

-Mon père sait toujours trouver les mots pour parvenir à ses fins.

-Pas vraiment, car apparemment son attitude bizarre envers moi ces derniers jours était pour me séduire.

Le jeune blond éclata de rire :

-Mais décidément mon père n'est vraiment pas doué ! Mais bon, j'imagine qu'il a su mettre les choses au clair, puisque tu es finalement sorti de ton lit.

Harry leva les yeux au ciel et ils sortirent finalement de la salle à manger pour aller dehors. Harry avait enfilé son maillot de bain sous le short et le t-shirt qu'il portait. Il se déshabilla et plongea dans la piscine, remontant à la surface en souriant. L'eau fraîche faisait du bien, elle contrastait parfaitement avec la chaleur de l'été. Draco rejoignit son ami dans l'eau et ils commencèrent à s'amuser.


Quelques minutes plus tard un hibou arriva et se posa au bord de la piscine. Draco fronça les sourcils et vint récupérer la lettre qui lui était adressée. Il la lut rapidement et sortit de l'eau d'un bond :

-Je dois partir, Blaise est très malade, les médecins sont très inquiets, ils ne savent pas comment il a attrapé cette maladie.

Draco courut à l'intérieur du manoir. Harry hésita, puis sortit à son tour. Lucius arriva en fronçant les sourcils :

-Pourquoi est-ce que mon fils est aussi agité ?

-Blaise est très malade et apparemment les médecins ne sont pas très optimistes sur son état. Draco va donc aller à son chevet, puisque c'est son meilleur ami.

-Je vois... c'est étrange, tomber malade en plein mois de juillet !

-Je sais, c'est surprenant.

-Je vais aller faire un tour au Ministère, pour vérifier que ce ne soit pas un piège des derniers Mangemorts encore en liberté. Ne m'attends pas, je rentrerai sûrement tard.

-D'accord.

Harry était réellement perdu, il ne savait pas quoi faire. Il enfila son peignoir et monta rejoindre Draco dans sa chambre. Ce dernier était en train de jeter des vêtements dans un sac. Harry se frotta la nuque :

-Ton père pense que c'est peut-être un piège des Mangemorts.

-Moi aussi j'y ai pensé, car franchement, qui tombe malade en plein mois de juillet ?! Mais même si c'est un piège, je dois y aller, Blaise est mon meilleur ami et je ne veux pas, si ce sont ses derniers instants, qu'il pense que j'ai préféré me cacher chez moi par lâcheté plutôt que d'aller à ses côtés pour le soutenir jusqu'au bout.

Harry hocha la tête, une boule énorme lui coinçait la gorge. Il repensait soudain à Fred, qui avait eu son jumeau à ses côtés jusqu'au bout, mais Harry, lui, n'avait pas été un bon ami, il n'avait pas été là pour le frère Weasley qui avait donné sa vie pour la liberté du monde sorcier. Les yeux verts du jeune sorcier se remplirent de larmes, et Draco, qui tournait la tête vers lui au même moment le prit dans ses bras :

-Je sais à quoi tu penses. Mais tu ne pouvais pas être aux côtés de tous ceux qui n'ont pas survécu. Que ce soit Fred, Lavande, Colin ou bien d'autres encore, tu ne pouvais pas être là pour eux jusqu'à la fin, car tu devais défendre ta propre vie et ils le savaient. Crois-moi Harry, tu es un ami formidable, et tu l'as été jusqu'au bout pour ceux qui nous ont quittés aussi, car ils croyaient en toi et tu ne les as pas déçus, puisque tu as gagné la guerre. Tu as prouvé qu'ils ne sont pas morts pour rien, ça fait de toi le meilleur des amis, crois-moi. Et donc même si je ne suis pas à ton niveau, je veux être là pour Blaise.

-Je comprends, mais promets moi d'être prudent. Je ne supporterai pas de perdre encore un ami.

Draco serra un peu plus fort Harry avant de le lâcher :

-Je te le jure, je resterai sur mes gardes malgré tout.

Le blond mit un dernier vêtement dans son sac, puis s'approcha de la cheminée :

-Je ne sais pas pour combien de temps je serai absent, mais ne t'en fais pas, je reviendrai.

-Je devrais peut-être partir, non ? Après tout, tu pars pour une durée indéterminée, et ton père travaille beaucoup, je n'ai rien à faire ici. Au pire je pourrai revenir quand tu seras de retour.

-Non, reste. Ça me rassure de savoir que tu es là, car le manoir est ultra sécurisé, et parce que comme ça, vous aurez le champ libre mon père et toi pour vous rapprocher. Juste, par pitié, ne faites rien dans ma chambre. Aller, à bientôt Potter.

Draco fit un clin d'œil à son ami et jeta la poudre de cheminette avant que ce dernier n'ait le temps de répondre. Harry soupira, il se retrouvait à nouveau seul et cette fois dans une maison qui n'était pas la sienne.


Il retourna dans la piscine, mais seul il s'ennuya rapidement. Il partit donc prendre une douche, et décida de lire. Le jeune homme se rendit dans l'immense bibliothèque. Il parcourut les majestueuses armoires croulant sous les épais ouvrages reliés de cuir, et finit par faire son choix. Il retourna dans sa chambre, s'assit sur son lit, et commença à lire.

Au moment du dîner, il alla dans la salle à manger, mais se retrouver seul à l'immense table lui coupa l'appétit. Il toucha à peine à son assiette avant de remonter dans sa chambre, au moins là-bas c'était moins oppressant d'être seul.


Le lendemain Harry se leva et s'habilla. Après une hésitation il décida qu'il allait descendre pour le petit-déjeuner, au cas où Lucius serait là lui aussi. L'aîné serait sûrement plus content de partager ce premier repas de la journée avec quelqu'un. Il ne s'était pas trompé, Lucius était assis à table lorsque le jeune sorcier arriva. Le jeune homme rougit légèrement :

-Bonjour, êtes-vous rentré tard hier ?

-Bonjour Harry. Oui, je suis rentré à presque deux heures du matin, mais c'était nécessaire.

-Alors, est-ce un piège ?

-Probablement, mais l'enquête n'est pas encore finie.

-Je vois, j'espère que Draco n'est pas en danger.

-J'ai envoyé des Aurors surveiller la chambre de Blaise à Ste Mangouste, ils doivent y rester jour et nuit. Car oui, il y a de fortes chances pour que ce soit un piège et qu'ils essaient de s'en prendre à mon fils, puisque je suis un traître à leurs yeux.

L'adolescent serra les dents, il n'aimait pas l'idée qu'on puisse vouloir s'en prendre à Draco à cause des décisions de son père. Après tout, Lucius avait fait le bon choix en changeant de camp, mais pour les adeptes de Voldemort ce n'était pas la même idée qui prônait. Pour eux, Lucius Malfoy n'était qu'un traître qu'il fallait éliminer car il avait abandonné le Seigneur des Ténèbres pour rejoindre ces lâches ! Lucius se passa une main dans les cheveux :

-Les dispositions ont été prises, aussi bien ici qu'à Ste Mangouste donc pour l'instant aucun de nous ne court le moindre danger.

L'aîné esquissa un sourire et prit la main d'Harry dans la sienne :

-Je suis content que tu sois resté, ça me fait plaisir de pouvoir partager le petit-déjeuner avec toi.

-J'ai hésité à partir pour être honnête, mais Draco m'a convaincu de rester.

-Il a bien fait, même si malheureusement je dois continuer de travailler. Mais que dirais-tu d'une petite promenade dans le parc après le petit-déjeuner, avant que je ne parte au Ministère ?

-J'en serai ravi Lucius, vraiment.

Les deux hommes échangèrent un sourire et finirent de manger. Après quoi ils quittèrent la salle à manger et sortirent du manoir. La chaleur était déjà écrasante, mais ils décidèrent de ne pas vraiment s'en préoccuper. Lucius tendit son bras à Harry, celui-ci passa son petit bras sous celui de l'aîné, et ils commencèrent à marcher, à l'ombre de magnifiques arbres que le jeune sorcier ne sut identifier. Lucius lui sourit légèrement :

-Ce sont des érables japonais et des magnolias à grandes fleurs. Les érables japonais sont mes arbres préférés, avec les saules pleureurs, et les magnolias à grandes fleurs ainsi que les sophoras étaient les préférés de Narcissa. C'est pourquoi notre jardin ne comprend que ces quatre sortes d'arbres. Mais les saules et les sophoras sont plus loin, près du bassin.

Harry hocha la tête, il était surpris que Lucius ait des arbres préférés. Pour l'instant, ils marchaient à l'ombre de majestueux arbres aux feuillages rouges orangés et roses. Mais plus loin, il voyait bien deux sortes d'arbres distinctes aux teintes vertes, qui entouraient un bassin délimité par d'énormes pierres claires. Harry demanda d'une petite voix :

-Narcissa vous manque ?

-Oui, beaucoup, car nous nous aimions à notre façon. J'ai toujours préféré les hommes, mais j'avais une profonde affection et un immense respect pour mon épouse. Elle est la mère de mon unique enfant, et nous avons été heureux, je n'ai pas honte de le dire. Nous avions trouvé un arrangement qui nous convenait à tous les deux, et c'est ce qui a permis un tel bonheur. Avoir nos aventures chacun de notre côté, mais jamais d'histoires sérieuses, et ne jamais ramener qui que ce soit à la maison, ou bien dormir avec quelqu'un d'autre. Même si nous avons fait chambre à part après quelques années de mariage, c'était une règle primordiale, car on dit que quand on commence à partager le lit de quelqu'un, alors les sentiments se développent. Mais le plus important, c'était que nous n'avions pas de secret l'un pour l'autre. Elle a été au courant de tout mes amants, et j'ai été au courant de tous les siens. Jamais elle ne m'a fait de reproche sur mes préférences sexuelles, nous nous connaissions depuis toujours, donc elle connaissait parfaitement mes penchants au moment de notre mariage. Mais elle a accepté malgré tout, et a su créer une famille, un foyer, et une vraie relation entre nous. Je peux donc dire que oui, ma femme me manque, car elle était aussi ma meilleure amie. Je donnerai tout ce que j'ai pour pouvoir lui parler une fois encore, la voir sourire une fois de plus, entendre son rire de nouveau... mais la vie est ainsi faite, et même notre magie ne peut accomplir une telle chose.

-Je ne peux même pas imaginer ce que ça fait, d'aimer quelqu'un à ce point je veux dire. Car je n'ai jamais connu un tel amour. Je n'ai aucun souvenir de mes parents, je n'ai retrouvé Sirius que tard dans ma vie, et malheureusement il a été assassiné rapidement après ces retrouvailles. Remus m'aime, bien sûr, mais ce n'est pas la même chose, c'est comme l'amour d'un père ou d'un oncle, c'est un autre amour, n'est-ce pas ?

-Tout à fait, mais tu es chanceux d'avoir Remus dans ta vie. Il ne te lâchera jamais, tu pourras toujours compter sur lui, peu importe tes actes et tes décisions. Il a toujours eu ce côté... louve protégeant ses petits, avec ceux qu'il aimait, et ce même avant d'être griffé et transformé en loup-garou. Oui, Remus Lupin a toujours été fidèle et protecteur, bien que discret et timide. C'est une bonne chose qu'il soit là pour toi. Sirius aurait été merveilleux aussi, car il avait les mêmes qualités que Remus, mais en plus rebelle et extraverti.

Harry sourit tristement au souvenir de son parrain qui effectivement était la parfaite description que Lucius venait de faire :

-Sirius me manque aussi. En seulement deux ans il était devenu le père que je n'avais jamais connu, la famille que je n'avais jamais eue, et cette folle de Bellatrix me l'a retiré. J'ai été si heureux à ses côtés, j'avais enfin le sentiment d'être aimé et d'être à ma place quand je rentrais chez lui pendant les vacances. Grâce à Sirius j'avais enfin l'impression d'être un garçon normal, avec une vie ordinaire et un père de qui je me sentais proche... et même si j'aime Remus sincèrement, ce n'est pas la même chose. Étrangement, notre lien n'est pas aussi fort qu'avec Sirius, même si Remus me traite merveilleusement et que je me sens bien avec lui. Mais il a Tonks et ensemble ils ont Teddy, alors c'est différent, lui il est plus comme mon oncle. Mais à eux trois, ils sont une bien meilleure famille que les Dursley qui sont pourtant réellement liés à moi, car avec Petunia nous partageons le même sang ! Mais eux ce sont des Moldus qui pensent que nous sommes des monstres.

Harry soupira et secoua la tête car la voix dans sa tête s'était remise à hurler et à pleurer :

-Je... j'ai trop chaud, pouvons-nous faire demi-tour ?

-Bien sûr, ça ne va pas ? Désolé si cette conversation t'a rendu triste.

-C'est pas grave, c'est moi qui l'ai lancée de toute façon.

Le jeune homme se força à sourire et ils rebroussèrent chemin. Une fois de retour dans le salon, Lucius annonça :

-Je dois partir pour le Ministère à présent. Repose-toi, c'est pour ça que tu es ici. J'essaierai de ne pas rentrer trop tard aujourd'hui, pour que nous puissions dîner ensemble.

-D'accord.

-Parfait, à ce soir Harry.

-A ce soir Lucius.

L'aîné se pencha et déposa un baiser sur la joue d'Harry avant de transplaner. Harry soupira, il était seul à nouveau et devait affronter une nouvelle journée. Cette conversation l'avait chamboulé, mais plus encore, c'était ce rapprochement avec Lucius qui lui faisait bizarre à présent. Il ne s'était pas attendu à ce qu'ils se parlent si ouvertement, même si Harry sentait qu'il y avait un secret concernant Narcissa qui n'avait pas été dévoilé. Pourquoi avaient-ils fait chambre à part au bout de plusieurs années seulement, et pas dès le début de leur mariage, puisqu'ils savaient tous les deux que Lucius n'était pas attiré par les femmes ? Avaient-ils suivi cette théorie que partager le même lit favorisait les sentiments ? Narcissa avait-elle était la seule femme capable d'éveiller un réel désir sexuel chez Lucius mais que celui-ci avait fini par en faire le tour ? Harry se posait toutes ces questions, tout en se dirigeant vers la piscine. Il demanda à Skilly de faire apparaître un immense parasol au-dessus de la piscine, pour que le soleil écrasant le laisse un peu en paix pendant qu'il était dans l'eau. Mais tout en nageant, il repensait à cette promenade dans le parc, à cette conversation, à ce bisou sur la joue, au fait qu'il voulait rentrer plus tôt pour pouvoir dîner avec lui... oui, Lucius Malfoy avait bel et bien mis en route sa technique de séduction. Et malgré ses dires, il n'était pas si rouillé que ça, car Harry se sentait déjà plus proche et plus attiré par l'aîné, rien qu'avec cette demi-heure dans le parc.


À suivre