Disclaimer : les personnages de cette histoire appartiennent TOUS à JK Rowling (et nous la remercions pour ça ^^)

Couple : HP/DM


CHAPITRE 2 : Secrets inavoués

Toute vérité avait sa version. Du moins, c'était l'avis immuable de Draco Malfoy. Par exemple, s'il était vrai qu'il avait activement participé à la mort d'Albus Dumbledore deux ans plus tôt, ce n'était que pour protéger les siens. S'il était vrai qu'il fut marqué comme Mangemort durant la guerre, il n'avait en réalité qu'été la victime de Voldemort qui avait profité de sa naïveté pour placer un morceau de son âme dans son épaule. La vérité, c'était que désormais, aucun sorcier n'était capable de dire du mal de Draco Malfoy, sans toutefois parvenir à le blanchir parfaitement. Le blond surfait sur cette innocence admise mais non prouvée. Il se refaisait un nom grâce à sa boutique et son travail acharné d'apothicaire, laissant le soin à la population de se demander si oui ou non il avait aidé l'Ordre du Phénix durant la guerre et dans quelle mesure le grand Harry Potter l'avait admis dans son cercle d'amis intimes.

Ainsi, s'il trouvait particulièrement dérangeant que l'oiseau de l'ancien directeur de leur vieille école soit perché sur une de ses poutres, il attendait patiemment de connaître la version des faits de Potter. Mais ce dernier, à peine avait-il fini de serrer chaque invité dans ses bras qu'il s'était jeté sur une bièreaubeurre et les pignons de poulet. La bouche pleine, de la mousse sur le menton, il observait la maison en souriant et, surtout, sans répondre aux questions dont tout le monde l'assaillait.

— Harry, est-ce que c'est bien Fumseck ?

— C'est quoi cette cicatrice de malade ?

— Tu as maigri non ?

— Pourquoi Fumseck est avec toi ?

— Merde vieux, à quel moment t'as cru que deux lettres en deux mois c'était suffisant ?

— Tu sais que Kingsley est venu me demander s'il devait lancer un avis de recherche ?

— Fumseck ne te quitte pas des yeux, c'est normal ?

— T'as rien mangé pendant deux mois Potter ?

Non, mais c'est vrai. Déjà, il ne s'était même pas annoncé. Et en plus il se goinfrait. Bras croisés, Draco défiait le brun du regard qui finit par lever les deux mains en l'air en signe de paix. Il s'essuya proprement la bouche et se tourna vers son hôte.

— Ton poulet est délicieux.

— C'est celui de Neville.

— Ah mais mange vieux si t'as faim ! plaisanta aussitôt l'auror près de qui, discrète, se tenait Hannah Abbot.

Dans la pièce, deux vérités se confrontaient à nouveau : le bonheur évident d'Harry Potter de retrouver ses amis en une seule fois au même endroit après deux mois de séparation, et la contrariété de Draco Malfoy de voir sa soirée réduit à une tribune pour le héros sorcier de retour. Le brun eut l'audace de venir poser un bras en travers de ses épaules.

— Mais d'abord, expliquez-moi, lança-t-il à la cantonade. Comment se fait-il que vous soyez tous ici ce soir chez mon blond préféré ?

— Bas les pattes, grommela Malfoy en se dégageant gentiment.

La dernière fois qu'ils s'étaient vus, peu de temps après l'arrestation des Mangemorts à Godric's Hollow, ils s'étaient promis de se voir souvent. Pourtant, pris dans leurs activités individuelles, une saison entière était passée. Bêtement, le blond s'était senti quelque peu trahi, abandonné. Harry ne s'écarta pas pour autant et resta à ses côtés, observant tranquillement les visages tournés vers eux. Hermione Granger et Ron Weasley, Luna Lovegood, Neville Londubat et Hannah Abbot. Il ne manquait que Ginny Weasley pour compléter le tableau.

— Elle est en pleine sélection pour l'équipe des Holyhead Harpies, indiqua son frère.

— Et donc, pourquoi cette réunion des hauts dignitaires de l'AD ? s'amusa encore Potter.

— C'est pour Draco, susurra Luna dans un petit sourire. Il a obtenu d'être enregistré comme...

— Pourquoi devrions-nous répondre à ta question lorsque tu passes les nôtres sous silence ? coupa soudain Malfoy.

Ils se fixèrent. Ce n'était plus le même défi dans leur regard. L'aversion légendaire qui les nourrissait avait laissé place à une amitié sincère. Peut-être même un peu d'admiration mutuelle. Ou autre chose.

— J'aimerais d'abord connaître la raison de sa présence à lui.

Draco pointait le bel oiseau du doigt au-dessus de leur tête. Harry se contenta de sourire.

— C'est une longue histoire.

— Et ça ? compléta le blond en posant un index impitoyable sur la joue barrée par la cicatrice.

Le brun perdit une partie de son sourire et ses yeux, un instant gênés, glissèrent en direction de Ron et Neville.

— Une autre longue histoire que des aurors ne devraient pas entendre.

— Attends, quoi ? s'alarmèrent les deux concernés.

— Oh tout doux, j'ai des dossiers sur vous qui ne rentrent dans aucune case de la justice magique, se défendit aussitôt Harry.

— Tu n'as rien fait de grave j'espère ? s'inquiéta Hermione.

Un souvenir sembla passer dans le regard vert du jeune sorcier, accompagné d'un claquement de bec de Fumseck. L'hésitation à répondre mit la jeune femme en alerte.

— Harry Potter... siffla-t-elle en croisant les bras.

— Allez, dites-moi ce que vous fêtez et je vous raconte une histoire !

Les amis s'observèrent, jugeant de l'intérêt ou non de céder à cet honteux chantage. Haussant les épaules, Malfoy décida de mettre fin au suspens.

— J'ai été enregistré comme animagus officiel ce matin.

Rien que pour l'expression de surprise accompagnée d'émerveillement sur le visage de l'ancien gryffondor, Draco aurai été prêt à revivre ces quatre derniers mois de dur labeur, ces heures d'entraînement en coulisse à perfectionner l'art de la métamorphose.

— Tu... Mais comment...

— Justement ! s'excita brusquement Weasley. Il a bien voulu nous révéler son secret mais il refuse de nous dire son animal, et encore moins de nous le montrer !

— T'inquiète, dès demain, je vais aller discrètement lire le registre au ministère, ricana Neville.

Draco se moquait éperdument de leur requête. Il avait fait les choses de façon légale et il était en droit de ne pas en dire plus.

— Moi je pense à quelque chose de doux, minauda Luna rêveuse.

— Comme... une fouine ?

La blague tentée par Potter avait déjà été faite, bien entendu. Mais elle fit à nouveau rire la petite assemblée. Draco se contenta d'un rictus.

— Tu fais le comique, mais c'est à toi de parler maintenant. Pourquoi il est là ?

La présence de Fumseck chez lui mettait Draco très mal à l'aise. L'oiseau traînait derrière lui une histoire et un passé commun avec Albus Dumbledore. Et Malfoy n'avait jamais aimé Albus Dumbledore. Il écouta pourtant posément son invité surprise leur raconter comment le phénix l'avait retrouvé puis suivi pour finalement ne plus le quitter.

— Tu es son nouveau maître ? demanda Hermione étonnée.

— Euh... j'aime penser que c'est plutôt moi son compagnon.

— Et il va rester là ? demanda encore Draco.

Potter haussa les épaules et leur indiquèrent que l'oiseau faisait bien ce qu'il voulait.

— Bon et ta cicatrice là, qu'est-ce qui s'est passé ?

Neville n'était pas du genre à abandonner une enquête. Depuis ses débuts d'auror, sa ténacité avait déjà fait l'objet de plusieurs éloges de ses supérieurs. Habillement, Harry détourna la conversation vers autre chose et ramena sur le devant de la scène, ce qu'il considérait comme étant l'information du jour : Draco Malfoy était un animagus.

Au dehors, les rires des jeunes gens éclairaient la nuit et donnaient à Pré-au-Lard un air un peu plus festif. Car malgré l'approche de Noël, et contrairement à Godric's Hollow dont les décorations brillaient déjà sur la place, le village proche de Poudlard semblait plongé dans une déprime abyssale. Encore trop marqué par les événements récents, les attaques, les morts, les menaces aux commerçants, le village peinait à sortir de l'offensive menée par les mangemorts. La première visite des élèves de l'école de sorcellerie approchait pourtant. Les habitants comptaient sur leur venue pour relancer le dynamisme de la bourgade.

Tard dans la soirée, lorsque Draco put à nouveau profiter du silence paisible de sa maison, il lui vint une pensée. L'enthousiasme si particulier manifesté par Potter lors de la destruction du tout dernier horcruxe logé dans son épaule gauche était toujours présent, juste à peine plus discret. Il revenait après deux mois d'excursion visiblement mouvementés avec encore cette étincelle de vie et de joie au fond des pupilles.

Tout en rangeant sa cuisine d'un mouvement souple et rotatif du poignet, baguette en main, Draco libérait ses émotions contenues toute la soirée. L'occlumencie était chez lui une seconde nature. Il avait appris très tôt à caché toute impression. Près de Potter encore plus. L'empathie de ce dernier étant exacerbée, il était capable de deviner le moindre ressenti des personnes occupant la même pièce que lui. Tout en observant les assiettes propres s'empiler toutes seules sur une étagère, les images d'Harry en larmes, plié en deux dans son jardin de Godric's Hollow lui revinrent. A cet instant, le gryffondor le croyait mort. Et cette tristesse, ce désespoir avait profondément touché Draco qui venait tout juste de prendre conscience du drame de sa vie. Et quatre mois sans voir Potter n'avait en rien changé son problème : il était irrémédiablement amoureux de cet imbécile.

à suivre...


On dirait qu'Harry Potter a fait des bêtises pendant son expédition... Héhé... Merci pour votre lecture ! Rendez-vous au week-end prochain pour les chapitres 3 et 4 !