Hello tout le monde !

Ce chapitre est clairement un de mes préfs. J'espère que vous allez aimer Lorenzo autant que moi.

Côté avancement, j'ai terminé le chapitre 8, et je vais essayer d'écrire le 9 dans la foulée vu que j'ai des vacances. Mais ensuite je pars en Erasmus, donc j'ai aucune idée de combien de temps j'aurai pour me consacrer à ma fic.

Bonne lecture !


-*6*-

- Aparté italien -

La matinée était chaude à Rome, le soleil éclatant sur les pavés de la ville. Harry avait presque l'impression d'être en vacances, d'autant plus qu'il avait troqué son uniforme pour une salopette et un sweatshirt jaune moutarde. La veille, Lorenzo lui avait en effet conseillé de ne pas sortir son habit noir et bordeaux afin de ne pas attirer l'attention.

Son humeur aussi était au beau fixe, probablement grâce aux quelques gouttes du laetitium offert par Draco qu'il avait diluées dans son thé.

Le potionniste quant à lui, semblait beaucoup plus morose que l'apprenti Auror. Bien qu'il ait un peu discuté avec lui au petit-déjeuner, il s'était refermé comme une huître dès que Lorenzo était venu les chercher à l'hôtel. Heureusement, leur correspondant était beaucoup plus volubile.

Au début, Harry avait craint qu'il ne soit comme tous ces fans aux questions indiscrètes. Mais Lorenzo lui parlait tout à fait normalement. Il avait insisté pour les emmener à la Via Delle Ombrelle à pieds, afin qu'ils profitent de la ville, et commentait d'un ton enthousiaste ce qui les entourait, là un restaurant qu'il adorait, ici l'immeuble d'un de ses amis... Si Harry appréciait sa conversation, il remarqua que Draco n'y participait absolument pas et restait en retrait, les mains dans les poches, parfois même quelques pas derrière eux. Il essaya tant bien que mal de l'intégrer à la discussion, en lui tendant des perches de temps à autres, mais le potionniste restait laconique et Lorenzo enchaînait sur une autre anecdote.

Ils atteignirent enfin le quartier du Trastevere, arpenté par une multitude de touristes. Ils se frayèrent un chemin parmi eux, et Lorenzo s'engouffra dans l'une des petites ruelles colorées. Il s'arrêta devant une vieille porte en bois sombre, qui devait garder un large jardin, à en juger par les arbres qui dépassaient du mur couleur ocre. Il la poussa et invita Harry et Malfoy à le suivre.

La porte donnait sur un jardin carré, au sol recouvert de mosaïque bleue, blanche et rose. Au centre se trouvait une petite fontaine ornée d'une statue d'un ange en train de pleurer. Des pins et cyprès étaient plantés le long de trois côtés de la cour. Le quatrième, à gauche, était un couloir extérieur, décoré d'arcades en pierre. Tout au bout de ce couloir, une deuxième porte, en bois elle aussi. Lorenzo sortit sa baguette et tapota la serrure trois fois. Le métal se mit à briller une seconde, puis la porte s'ouvrit.

Un petit escalier de pierre descendait dans une rue marchande animée, visiblement sorcière à en juger par les accoutrements des passants. Leur correspondant descendit tranquillement, en leur conseillant de faire attention à ne pas glisser.

Harry releva la tête derrière lui : le petit jardin était à quatre mètres au-dessus d'eux, et se trouvait au-dessus d'une boutique de jeux pour enfants.

- Benvenuto alla Via delle Ombrelle ! déclara l'Italien en prenant Harry par les épaules.

Le jeune homme remarqua avec surprise qu'il avait utilisé le singulier. Malfoy dût le remarquer aussi puisqu'il demanda d'un ton traînant :

- Pourquoi ne sommes-nous pas passés par le bar de Mateo ?

Ce devait être la première fois qu'il adressait la parole à Lorenzo de la journée.

- Parce qu'Harry n'aurait pas vu le jardin de l'ange ! répondit-il avec un ton d'évidence.

Malfoy renifla avec dédain, ce qui donna l'impression qu'il critiquait ouvertement le manque de pragmatisme de leur guide.

- On pourra passer par là au retour, tenta Harry dans le but d'apaiser la tension.

- Bien sûr, tout ce que tu voudras, susurra Lorenzo en lui faisant un clin d'œil.

Harry lui sourit poliment. Le jeune homme lui faisait penser à Gilderoy Lockhart, en plus jeune et plus intéressant. Ça devait être quelque chose dans son sourire et dans sa peau bronzée, qui donnait l'impression qu'il sortait d'une pub pour un dentifrice. C'était peut-être ce quelque chose qui agaçait Malfoy.

La Via delle Ombrelle était une longue rue courbe, dont la forme rappelait un 2 avec la boucle aplatie et le pied allongé. Cette dernière ligne droite devenait un véritable boulevard, avec les commerces les plus grands et luxueux. C'est ce que Lorenzo expliqua à Harry, sa main posée dans le bas de son dos pour le guider. Si l'apprenti Auror fut un peu surpris par ce contact physique, il n'en montra rien. Les Italiens étaient connus pour être tactiles, après tout. Harry se dégagea de lui dès qu'ils atteignirent la boutique Padovesi.

Le moins que l'on pouvait dire, c'est qu'elle n'avait rien à voir avec l'apothicairerie de Malfoy.

Le nom prestigieux était inscrit sur une enseigne noire, en grandes lettres de métal, avec en sous-titre L'arte delle pozioni. L'enseigne drapeau était un logo sobre, un flacon frappé d'un P. La vitrine présentait un grand chaudron, entouré d'ingrédients de toutes sortes et de petites fioles emplies de liquides ou de poudres colorés, qui flottaient gracieusement dans les airs. À tour de rôle, les flacons versaient un peu de leur contenu ou un ingrédient plongeait dans la potion, qui était remuée méthodiquement par une longue spatule en bois. Chaque ajout provoquait une animation différente : gerbe d'étincelles, changement de couleur, bulles, mousse… Le spectacle attirait un petit attroupement de gamins fascinés, le nez collé à la vitre.

- Tu devrais faire une vitrine animée comme ça à Londres, souffla Harry.

De manière totalement inattendue, Draco lâcha un petit éclat de rire. L'apprenti Auror en eut un petit pincement dans la poitrine. Il chassa cette sensation bizarre en entrant dans le magasin.

L'aménagement intérieur était aussi élégant que la devanture. Un long comptoir de marbre blanc courait le long du mur droit, où une vendeuse en uniforme gris prenait la commande d'une cliente. Les ingrédients étaient rangés un peu comme dans la boutique de Malfoy, selon leur rareté et composition, mais présentés comme s'il s'agissait de produits de luxe. C'était le cas de certains, évidemment, comme les yeux de narval ou un engoulevent prisonnier du formol, ailes écartées. De grands fûts en verre remplis des potions les plus usuelles occupaient tout un mur. Un distributeur de bouteilles de formes différentes attendait à sa gauche, et il fallait ensuite se servir en ouvrant un robinet.

L'ensemble donnait une impression de luxe et de netteté, loin de la simplicité réconfortante de l'apothicairerie londonienne. Harry était impressionné.

- Tu as raison, je pourrais piquer quelques idées, sourit Draco.

Un vendeur s'approcha d'eux avec un sourire poli.

- Come posso aiutarvi ?

Harry ouvrit la bouche pour répondre, ses fiches d'italien dansant devant ses yeux, mais Lorenzo prit la parole avant qu'il n'ait pu émettre un son. Le vendeur hocha la tête et partit dans l'arrière-boutique. Il revint une minute plus tard et leur fit signe de le suivre.

Le trio passa devant deux petits laboratoires où travaillaient quelques sorciers, puis monta un escalier pour rejoindre un bureau cossu. Une femme d'une cinquantaine d'années, à l'air autoritaire, les attendait.

Lorenzo les présenta et lui résuma l'affaire. Harry apprit ainsi qu'il était dans le bureau de Maria Padovesi, qui dirigeait l'affaire familiale depuis que son père avait pris sa retraite.

La matriarche hocha la tête et demanda dans un anglais marqué par un fort accent italien à voir les échantillons de Malfoy.

Harry lui tendit les fioles et les rapports du potionniste. Elle les parcourut rapidement, les sourcils froncés.

- Avez-vous vendu de la terre miraculeuse à un sorcier anglais récemment ?

- Je tiens un registre pour ce genre de commande, répondit-elle. Vous savez, c'est l'un des produits phare de notre maison, qui fait notre renommée à travers le monde. C'est un produit rare.

- Et cher, intervint Malfoy. Certains composants sont très difficiles à trouver.

- Les cheveux d'ange, en effet, approuva leur hôtesse.

Harry grimaça.

- Excusez-moi, je ne m'y connais pas en potions, dit Lorenzo. Qu'est-ce que c'est ?

- Des cheveux de nourrissons sorciers décédés, expliqua Harry.

Maria Padovesi se leva et se tourna vers la bibliothèque qui trônait derrière son bureau. Elle saisit un lourd volume à la couverture de cuir et le posa devant ses visiteurs. Elle l'ouvrit à peu près au tiers, là où se trouvait le marque-page.

- Comme vous pouvez le voir, nous n'en avons pas vendu beaucoup cette année.

Sur la page s'étendaient une vingtaine de noms écrits soigneusement. Harry se pencha et tira le registre vers lui. Il sortit son carnet et recopia la liste avec application. Il eut le plaisir de constater que les autres achats des clients étaient mentionnés.

- Des habitués ? Quelqu'un qui vous a paru suspect ?

- Non, quelques nouvelles têtes, des clients réguliers…rien de particulier.

Harry hocha la tête. Il essaya d'en savoir un peu plus, mais la matriarche n'avait pas d'autres informations.

- Si vous avez des questions plus précises sur les potions, n'hésitez pas, proposa Mme Padovesi avec affabilité.

- Je prends note. Mais ne vous inquiétez pas, notre expert est très compétent, sourit Harry en désignant Malfoy.

Le trio prit finalement congé.

- Déçu ? demanda Lorenzo.

- Un peu, avoua Harry. Mais au moins on a la liste !

Son correspondant acquiesça et lui proposa d'aller à son bureau pour comparer les noms à ceux déjà enregistrés par le Ministère.


À Londres, la journée était beaucoup moins ensoleillée. Ginny avait rejoint Hermione pour déjeuner, dans l'appartement qu'elle partageait avec son frère. À son plus grand soulagement, Ron était à la boutique des jumeaux.

Les deux jeunes femmes étaient installées au bar qui séparait la cuisine du salon. Ça faisait longtemps que Ginny n'avait pas vu Hermione seule à seule et elle réalisait que ça lui avait manquée. Elle adorait son frère, mais la dynamique était différente quand il était là, et c'était d'autant plus vrai quand elle était accompagnée d'Harry. Mais une fois entre filles, Ginny se disait qu'elle n'avait plus à être sur ses gardes. Elle ne tarda pas à réaliser son erreur.

Elles discutaient depuis presque une heure de tout et de rien quand, alors que la conversation retombait, Hermione se rengorgea et prit un air sérieux.

- Écoute, je voudrais te parler d'un sujet…

La jeune femme hésita une seconde sur le mot.

- Sensible ? proposa Ginny.

- En quelque sorte.

Ginny grimaça.

- Lance-toi.

- Je voulais savoir comment ça se passait entre Harry et toi ces temps-ci.

On y était. Ginny n'était pas surprise, son ami l'avait prévenue qu'elle commençait à se poser des questions.

- Ça se passe bien, pourquoi tu me demandes ça ? Tu as peur qu'il me maltraite ?

Hermione balaya cette question d'un geste.

- Non, ce n'est pas ça, mais il m'a l'air distant en ce moment.

- C'est Harry, tu le connais. Il a des périodes où ses problèmes ressortent et où il faut le laisser tranquille.

- Je sais bien. Je me demandais, comment tu le ressens ?

- Comment ça ?

Hermione soupira, visiblement en train de chercher comment aborder le sujet.

- Vous vivez ensemble, mais j'ai pas l'impression que vous êtes en couple.

Ginny eut l'impression qu'une pierre lui était tombée sur la poitrine.

- Ah.

Ce fut tout ce qu'elle trouva à répondre. Que pouvait-elle dire d'autre ?

- Je sais que la guerre vous a affecté tous les deux, que vous avez chacun vos façons de gérer ça…et je ne juge pas, surtout pas…Mais ton frère et moi avons appris à gérer ça ensemble, alors que de ce que je vois, vous vous renfermez chacun sur vous-même.

Bien que ça partait d'une bonne intention, Ginny ressentit une pointe d'agacement. De quel droit se mêlait-elle de la vie de couple des autres ?

- Parce que ça fonctionne très bien comme ça. Quand j'ai besoin de lui, je vais le voir, et quand il a besoin d'être seul, je le laisse tranquille. On s'adapte.

Hermione eut une sorte de petite grimace agacée.

- Ne le prend pas mal, Ginny, mais j'ai du mal à te croire.

- Je ne le prends pas mal, je ne comprends juste pas où tu veux en venir.

Hermione soupira.

- Bon, j'arrête de tourner autour du chaudron. Écoute, j'ai compris, d'accord ? J'ai compris ce que vous faisiez, et je trouve ça…pas très sain.

Ginny sentit son sang se changer en eau dans ses veines.

- Quoi ? murmura-t-elle.

- Votre petit arrangement, là, vous croyez que vous êtes discrets, que vous vous débrouillez bien, mais ça va finir par vous exploser à la figure.

Elle savait ? Comment savait-elle ?

- Harry…Harry te l'a dit ? souffla-t-elle.

- Non, mais ça se voit, répondit Hermione. J'ai peur que ça vous retombe dessus. Et ça va vous retomber dessus.

Ginny se prit la tête entre les mains. Elle avait l'impression qu'un camion lui était passé dessus cinq fois de suite.

- Ron, dit-elle précipitamment. Il est au courant ? Il a deviné aussi ?

- Non, assura Hermione. Je te dis ça pour pouvoir t'aider.

- Depuis quand tu le sais ? Et comment ? Comment t'as su ?

Elle paniquait complètement à présent. Sa respiration se hachait, son esprit s'embrouillait, envahi par l'angoisse.

- On a été discrets, on fait très attention ! Et je sais que c'est injuste de forcer Harry à jouer le jeu, mais j'en ai vraiment besoin !

Ginny s'était levée et tournait dans la pièce, essayant de rassembler ses pensées.

- Avec l'éviction de Cho, c'est très délicat pour moi en ce moment…Harry en a marre de vous le cacher, mais j'ai trop peur de la réaction de Ron…

- L'éviction de Cho ? répéta Hermione avec étonnement.

- Je sais que ça devrait aller, mais j'avais juste pas envie de faire mon coming-out, et Harry veut juste m'aider, mais ça me dépasse complètement !

- Attends, attends, quoi ?

La jeune fille s'arrêta net.

- Mais de quoi tu parles ? Quel coming-out ?

Hermione s'était levée, elle aussi, et elle la fixait avec un air horrifié sur le visage.

- Je pensais que vous vous étiez encore ensemble juste parce que vous l'étiez avant la guerre, et que vous aviez peur de passer à autre chose…pas que…vous aviez un véritable arrangement.

Ginny eut l'impression que son esprit avait quitté son corps. Hermione ne parlait pas du tout de leur comédie, elle s'était trahie toute seule ! Et elle avait outé Harry par la même occasion !

- Ginny, assieds-toi, tu m'inquiètes…

Son amie contourna le bar et s'approcha d'elle doucement, tendant la main vers elle.

- Je suis désolée de…

- Il faut que j'y aille, la coupa-t-elle avec précipitation.

Elle rassembla ses affaires en trois secondes, évitant le contact d'Hermione et transplana sans lui laisser le temps d'ajouter un mot.


L'après-midi fut chargée, et la journée du mercredi aussi, mais ces longues heures de travail dans le bureau de Lorenzo apportèrent leur lot de nouvelles intéressantes. La liste fournie par Mme Padovesi était plutôt courte, ce qui facilitait les recherches. Ils avaient écumé les dossiers dans l'espoir de tomber sur un nom correspondant. Ils en trouvèrent un : une certaine Valentina Florettone, qui avait empoisonné son mari quelques mois auparavant.

- Hmm, elle est désormais alla Segreta, avait commenté Lorenzo.

Harry lui avait jeté un regard interrogateur.

- L'équivalent de votre Azkaban, mais sans Détraqueurs.

- Il faudrait que nous retrouvions les autres, certains noms ont l'air anglais. Je pense qu'il faut se concentrer sur eux, avait dit Harry en les surlignant.

- Elle, je la connais.

Malfoy avait pointé du doigt le nom de Venus Jones.

- Elle est plutôt réglo, c'est une apothicaire d'Aberdeen.

Harry avait fait une sous-liste avec les noms anglais, indiqués par un petit GB dans la marge. Ils étaient huit. Il n'avait pu s'empêcher d'éprouver une légère pointe de déception en voyant que ceux-ci étaient inconnus des services de Lorenzo. Il se promit de fouiller les dossiers des Aurors dès son retour à Londres.

Son collègue italien dut voir son expression dépitée, puisqu'il lui proposa de passer la journée du lendemain à chercher des informations sur la potion à la Biblioteca Nera du ministère. Il dût s'éclipser pour aller réserver et les laissa rentrer seuls.

Harry et Malfoy retournèrent à l'hôtel à pied pour profiter un peu de la ville. Le premier quart d'heure de marche se déroula dans un silence tranquille. C'était la première fois qu'Harry venait en Italie et il se promit d'y revenir. Rome était apaisante. Le début d'automne y était doux, il parvenait à laisser son esprit vagabonder sur les ruines et les pavés, sans penser à son enquête.

- Tu as pu te balader un peu ? demanda-t-il.

Malfoy avait été très taciturne la veille, après avoir passé l'après-midi dans le bureau étroit de Lorenzo. Bien qu'il se soit détendu le soir à l'hôtel, sa mauvaise humeur avait ressurgi dès qu'il avait posé un pied au ministère. Finalement, vers dix heures du matin, il avait craqué et annoncé qu'il partait visiter, arguant que sa présence était inutile. Il n'était revenu que vers dix-huit heures pour qu'Harry lui fasse un débrief.

- Oui, je suis retourné chez Padovesi. J'ai aussi croisé quelques vieilles connaissances de la famille à la via delle ombrelle. Et toi, ça a été ?

- Oui, on n'a pas eu des résultats très concluants, mais demain, on pourra fouiller la Bibliothèque noire. J'aurais besoin de tes connaissances en italien et en potion, du coup.

- Bien sûr.

- À part ça, c'était une bonne journée.

- Tu as à peine vu la lumière du soleil pourtant, ricana Malfoy.

- Oui, c'est vrai. J'aurais bien aimé faire un peu de tourisme, moi aussi. Mais bon, ça va, Lorenzo est gentil, on aurait pu tomber sur pire.

Malfoy soupira.

- Tu réalises qu'il te drague, quand même ?

- Quoi ? s'étrangla Harry, rouge de gêne. N'importe quoi !

- Tu plaisantes ? C'est évident.

- Il est juste…accueillant, et chaleureux...protesta Harry.

Cette fois, Draco éclata de rire, ce qui fit rougir l'apprenti Auror d'autant plus.

- Oh Potter, je t'en prie ! Hier, il était constamment en train de se coller à toi, à essayer d'attirer ton attention toutes les trente secondes. C'est limite s'il ne s'asseyait pas sur tes genoux.

C'était vrai que Lorenzo s'était montré encore très tactile aujourd'hui. Ils avaient travaillé côte à côte, leurs genoux se cognant constamment. Harry avait mis ça sur le compte de l'étroitesse de son bureau. Mais c'est vrai que malgré ça, Lorenzo avait continué de se lever, de se pencher par-dessus son épaule en prenant appui sur son siège, de s'asseoir directement sur le bureau...

- Les Italiens sont réputés pour être plus tactiles, je pense pas qu'il soit vraiment en train de me draguer.

- Si ça peut te rassurer, se moqua Malfoy.

Il ne revint pas sur le sujet pour le restant de la soirée, ce qui soulagea Harry. Il parvint même à le convaincre de refaire une balade en ville après dîner, et Malfoy se prêta au jeu sans prier.


La Biblioteca nera portait bien son nom. Tout en bois sombre, avec une large travée centrale remplie de tables de lectures, une grande verrière éclairait d'une lumière grisâtre les deux étages. L'ambiance était bizarrement froide, contrastant violemment avec la douceur de la vie romaine. Il y avait peu de visiteurs, et le lieu était tellement grand que le trio avait l'impression d'être seul.

Ils passèrent la journée à fouiller les étagères, à la recherche d'un quelconque indice sur la potion ou le modus operandi. Ce n'était pas chose aisée pour Harry : la plupart des ouvrages était en italien, qui dépassait largement ses rudiments. Certains étaient même rédigés dans du patois médiéval, difficilement déchiffrables même pour Lorenzo.

Harry fit tout de même de son mieux, arpentant inlassablement les rayons, son dictionnaire anglais-italien dans une main. Parfois des gravures ou illustrations lui permettaient de saisir de quoi le livre parlait et il reconnut çà et là des rites qu'il avait étudiés en cours. Il tomba même sur la thèse d'un universitaire du XVe siècle qui détaillait la fabrication d'un Horcruxe avec moult dessins, et un sourd malaise l'étreignit longtemps après qu'il ait reposé le fascicule.

Le temps semblait s'écouler différemment dans le silence pesant de la bibliothèque. Assis à une des tables de travail, une lampe allumée bien que le soir n'était pas encore tombé, Harry referma le dernier livre de sa pile et rejeta la tête en arrière en se frottant les yeux. La faible luminosité couplée à ses recherches infructueuses lui donnait une migraine épouvantable. Il n'avait rien trouvé de concluant. Un coup d'œil à sa montre lui appris qu'il était six heures moins le quart, aucun d'entre eux n'avait pensé à déjeuner. Harry avait l'impression qu'il était là depuis dix ans. Avec un soupir de damné, il rapporta sa pile de livres et la déposa dans le chariot prévu à cet effet. Puis, il s'affala sur un des canapés de lecture en velours noir, attendant les autres.

Draco n'était nulle part en vue, probablement encore dans les étages. Mais Lorenzo ne tarda pas à remarquer qu'Harry avait fini et il le rejoignit avec un grand sourire.

- Tu as trouvé quelque chose ?

Lorenzo prit une moue contrite.

- Non, rien qui ne corresponde à ton affaire.

Harry soupira de nouveau.

- Cette enquête est un véritable bourbier.

Lorenzo s'assit sur le canapé, tourné vers lui, son coude posé nonchalamment sur le dossier.

- Tu dois mourir de faim.

Harry réalisa qu'il avait raison.

- Je n'avais même pas remarqué qu'il était si tard.

- Cette bibliothèque a cet effet sur les gens, expliqua l'Italien. L'atmosphère un peu lourde, la pénombre, la lumière grise, ça fait oublier le temps qui passe.

Il eut un petit sourire, sa tête appuyée contre sa main.

- Il y a peut-être un ou deux sorts de concentration aussi.

- Il n'y a pas de risque que quelqu'un oublie de sortir ?

- C'est à ça que servent les bibliothécaires.

Harry hocha la tête et admira l'endroit. C'était une bibliothèque magnifique, mais lugubre. Il chercha des yeux l'éclat des cheveux de Draco, quelque part dans les rayonnages, mais celui-ci demeurait invisible.

- Vous repartez demain, c'est bien ça ?

- Oui, on a un Portoloin à quinze heures.

- Il faut fêter dignement ce départ, alors.

Harry fut un peu pris au dépourvu.

- Oui, bien sûr ! Je n'y avais pas pensé.

- Que dirais-tu d'un dîner au restaurant ce soir ? lança Lorenzo avec un large sourire.

- Très bien. Tu sais déjà où aller ? Sinon, Draco doit connaître quelques bonnes adresses, il est déjà venu plusieurs fois à Rome.

- À vrai dire, tempéra Lorenzo, je pensais plutôt à un dîner rien que tous les deux.

- Ah.

Ce fut tout ce qu'il trouva à dire.

- C'est juste que j'aimerais apprendre à mieux te connaitre, expliqua-t-il en enlevant un fil du pull d'Harry.

- Non, je comprends, j'ai bien vu qu'il y avait certaines tensions entre vous.

- C'est ça. C'est quelqu'un avec qui je n'ai pas beaucoup d'affinité.

- Mais je ne suis pas hyper à l'aise à l'idée de le laisser tout seul, dit Harry avec un air désolé.

- Oh, c'est un grand garçon, il trouvera de quoi s'occuper. Puis il a passé toute sa journée d'hier à vadrouiller seul.

- C'est vrai…

Il y eut un petit silence.

- Alors c'est d'accord ?

- C'est d'accord, céda Harry avec un sourire.

Draco avait fini par émerger des rayonnages et Lorenzo s'était éclipsé pour aller se préparer. L'apothicaire n'avait rien trouvé sur une potion qui combinait tous leurs ingrédients et il en était autant agacé qu'Harry. Le retour jusqu'à l'hôtel avait été bien silencieux.

- Je meurs de faim, lança-t-il en s'effondrant sur son lit.

- Moi aussi.

Harry ne savait pas trop comment lui annoncer la nouvelle.

- Le service ne commence que dans une demi-heure… soupira Malfoy en se passant la main dans les cheveux. On mange dehors ?

- Hum…

Il se sentait étrangement gêné.

- Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit Draco.

Évidemment, il avait tout de suite remarqué son embarras. Il fallait tout de même avouer que celui-ci était difficile à manquer.

- Je ne dînerai pas avec toi ce soir, grimaça Harry.

Malfoy haussa un sourcil.

- Pourquoi ?

- Lorenzo m'invite quelque part.

S'il avait pu, il se serait laissé couler dans le parquet de la chambre pour ne pas avoir à souffrir la conversation qui allait suivre.

Malfoy hocha la tête lentement, l'air de réfléchir à quelque chose, puis posa de nouveau son regard sur lui.

- Tu ne peux plus nier qu'il te drague maintenant.

- C'est ambigu.

- C'est un date !

- Non ! protesta Harry, écarlate.

Draco se redressa sur ses coudes.

- Potter, il t'invite à un dîner en tête-à-tête.

- Il t'aurait invité aussi si tu n'avais pas été exécrable avec lui pendant tout le séjour.

- Oh, je t'en prie ! Il n'a pas été un modèle de gentillesse avec moi non plus.

- Tu aurais quand même pu faire un effort.

- Écoute, je ne peux juste pas le saquer. Il me fait penser à Lockhart en deuxième année.

Harry se laissa tomber sur son lit. Il sut de suite que c'était une erreur : il n'arriverait pas à se relever.

- J'hésite à y aller.

- À cause de la Weaslette ?

- Tu parles de ma petite amie, là, répondit Harry en fronçant les sourcils.

- Calme-toi, je plaisante. Elle a juste l'air d'être du genre possessif.

- C'est pas un date pour moi, c'est juste professionnel. Mais faut quand même que je sois un minimum présentable. Je vais prendre une douche.

Il parvint à s'asseoir, résistant à la tentation de retourner se rouler en boule sur le matelas.

- Tu vas mettre quoi ?

- Eh bien, ça… dit-il en désignant sa salopette en jean noir d'un geste.

Draco se redressa subitement.

- Pardon ? Cette horreur que tu as porté toute la journée ?

- Alors, déjà, c'est pas une horreur, c'est très confortable, et ensuite, c'est ça ou mon uniforme.

Le potionniste avait un air effaré plaqué sur son visage.

- C'est catastrophique.

- Le but c'est aussi de montrer que je fais pas d'effort, justement pour qu'il ne s'imagine pas des trucs, se défendit Harry.

- Je ne peux pas laisser faire ça.

Il se leva et se dirigea vers la penderie d'un pas décidé, en grommelant à propos de savoir-vivre et de respect. Harry crut entendre quelque chose à propos de ses cheveux.

- Malfoy…

Il se retourna avec deux chemises dans les mains, l'une bleu foncé, l'autre d'une teinte similaire mais qui tirait vers le gris.

- Nuit de Moscou ou Abysses ?

- Euh…

Malfoy eut un claquement de langue agacé.

- Bon. Nuit de Moscou. Avec ton pantalon d'uniforme, ça peut donner un truc passable.

Harry le remercia et fila à la douche.

Il en ressortit douze minutes plus tard.

- Tu ne te moques pas, hein ?

La glace embuée de la salle de bain ne lui permettait pas de voir s'il était présentable. Harry ouvrit la porte et se mit devant le grand miroir qui habillait leur penderie. Il jeta un regard à Malfoy.

- Alors ?

Le potionniste ne répondit pas.

Harry était fin et plus petit que Malfoy, mais il était aussi un peu plus musclé, grâce à la formation d'Auror et ses multiples entraînements physiques. La chemise le serrait un peu au niveau des bras et des épaules, et partout ailleurs elle devait être plus moulante que lorsque Malfoy la portait, mais ce n'était pas trop flagrant. On pouvait même avoir l'impression que c'était fait exprès.

Harry se tourna devant le miroir, observant comment le vêtement tombait sur lui. C'était satisfaisant, ni trop habillé, ni pas assez. La couleur, bleu pétrole, légèrement satiné, lui plaisait beaucoup.

- Tu en penses quoi ?

Malfoy se rengorgea.

- Tu es sortable, concéda-t-il.

Une part de lui fut déçue, et Harry décida de l'enfouir très loin dans son esprit en changeant de sujet.

- Il ne devrait pas tarder…ça va aller, tout seul ? Tu as de quoi t'occuper ?

- Bien sûr. Je vais regarder le plafond en disséquant l'insatisfaction que m'a apporté cette journée.

Harry laissa échapper un petit rire.

- J'ai un livre, si ça te tente.

Il se pencha sur sa valise et en sortit un exemplaire d'Orgueil et Préjugés, légèrement corné.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Malfoy en prenant le livre.

- De la littérature moldue. C'est Hermione qui me l'a offert, j'aime beaucoup ! Je pensais avoir le temps de le lire ici mais bon…

- Hum. Pas convaincu.

- Ça devrait te plaire. Il y a un personnage qui te correspond bien.

Malfoy haussa un sourcil et lui dit qu'il y jetterait un œil s'il s'ennuyait trop.

Harry hésita à ajouter quelque chose, mais aperçut Lorenzo par la fenêtre qui descendait la rue en direction de l'hôtel. Le potionniste suivit son regard et leva les yeux au ciel. Il lui lança quand même un « Amuse-toi bien » quand il passa la porte.


Draco avait raison. C'était bien un date. Et Harry en était horrifié.

Déjà, quand Lorenzo l'avait scanné de haut en bas avec un sourire appréciateur dans l'entrée de l'hôtel, il avait commencé à avoir des doutes. Ensuite, il avait remarqué que son homologue italien s'était habillé avec une décontraction savamment étudiée, avec un costume bordeaux ajusté et une chemise blanche, mais sans cravate. Puis, le restaurant qu'il avait choisi était plus haut de gamme qu'Harry ne l'avait prévu. Enfin, le fait que son menu ne mentionnait pas les prix des plats acheva de le convaincre.

Harry s'était attendu à ce que Lorenzo ne le drague de manière éhontée, comme Draco lui avait dit. Mais son homologue était comme à son habitude, conversant avec fluidité, sans le mettre mal à l'aise. Il y eût bien quelques moments embarrassants où il semblait que le jeune homme provoquait le contact physique, en lui servant un verre, en effleurant sa main, en tentant de lui faire du pied… Harry parvenait à se dégager avec subtilité à chaque fois et Lorenzo ne relevait jamais l'incident.

Le jeune homme hésitait tout de même à demander frontalement la nature de ce rendez-vous. Certes, il était clair qu'aux yeux de Lorenzo, c'était bien un date, mais Harry voulait lui faire comprendre que ce n'était pas son cas, sans le vexer. Est-ce qu'il avait été trop ambigu pendant ce séjour ? Est-ce que, sans le vouloir, il avait joué avec les sentiments de Lorenzo ?

Il n'arriva pas à se lancer avant la fin du repas. Lorenzo insista pour payer, et devant les réticences d'Harry, lui assura qu'il pouvait le passer en note de frais pour le Ministère.

C'est seulement une fois dans la rue, sous une petite bruine nocturne, que Lorenzo laissa enfin s'installer le silence.

- J'ai passé une très belle soirée, finit par dire Harry après cinq minutes de marche.

- Moi aussi.

- Et j'ai aussi passé un très bon séjour. Merci beaucoup.

Lorenzo eut un grand sourire.

- Tout le plaisir était pour moi.

- Oui, à ce propos…

Son correspondant s'arrêta, obligeant ainsi Harry à se tourner vers lui.

- Je ne sais pas si mes intentions étaient très claires ce soir…

- Oh, ne t'inquiètes pas, elles étaient très claires pour moi.

Harry ressentit une vague de soulagement.

- Tant mieux ! J'avais peur que…

Il fut interrompu par les lèvres de Lorenzo sur les siennes. Ce qui arriva ensuite, Harry le regretta longtemps. Avant même qu'une pensée distincte n'ait eu le temps d'émerger dans son esprit complètement court-circuité par la surprise, Harry avait vivement repoussé Lorenzo d'une main. Le geste aurait pu être banal si sa magie ne l'avait pas propulsé trois mètres plus loin.

Harry reprit bien vite ses esprits en voyant le jeune homme se redresser sur ses coudes, sonné.

- Oh Lorenzo ! Je suis tellement désolé !

Il se précipita pour l'aider à se relever, mais son correspondant décida d'ignorer sa main.

- Je n'ai pas fait exprès, je, je suis désolé, c'est un malentendu…

- C'est pas grave, coupa Lorenzo d'un ton sec.

Harry ne savait plus où se mettre.

- Je voulais dire que je t'appréciais beaucoup, mais que je n'étais pas…enfin, tu avais l'air intéressé, et moi…j'ai déjà quelqu'un dans ma vie.

Lorenzo lui lança un regard intrigué.

- Tu m'as dit que vous étiez collègues, pourtant ? Quoique, c'est logique finalement, c'est pour ça qu'il est aussi jaloux…

- Hein ? De quoi tu parles ?

- De Malfoy, évidemment, répondit Lorenzo les sourcils froncés.

Harry ne put s'empêcher de rougir.

- Quoi ? Non ! Elle est à Londres, là !

Son collègue le fixait d'un air dubitatif.

- Peu importe. Je suis désolé, je ne pensais pas que j'allais te pousser aussi loin.

- C'est moi qui suis désolé, corrigea Lorenzo. J'ai mal interprété tes intentions.

Harry hocha la tête.

- Je ne voulais pas te mener en bateau.

- Ce n'est pas grave. Au moins je pourrais dire à mes petits-enfants que j'ai embrassé Harry Potter, Sauveur du Monde sorcier.

L'intéressé bafouilla une réponse indistincte, ce qui ne manqua pas de faire ricaner Lorenzo.

- Quoi ? Je suppose que peu de sorciers doivent s'en vanter ! Tu veux que je te raccompagne ?

- Hum, non ça ira, merci.

- Très bien. Bonne nuit, Harry, a domani ! sourit Lorenzo avant de transplaner.

La ruelle était désormais déserte et la petite pluie s'était arrêtée. Harry ne reconnaissait pas ce coin, et décida de trouver une grande avenue pour trouver son chemin. Transplaner à l'hôtel représentait trop de risques, il ne voulait pas tomber sur un moldu ou réveiller Malfoy.

La remarque de Lorenzo l'avait un peu refroidi. Est-ce qu'il avait dit ça juste pour masquer sa déception ou est-ce qu'il n'avait été intéressé que par sa renommée ? Il n'avait pas eu l'intention de coucher avec Lorenzo, mais c'était quand même vexant.

Les rues se ressemblaient toutes. Harry était certain qu'il aurait dû finir par tomber sur une place, un boulevard ou une église, mais non, les immeubles pastels se succédaient, sans offrir d'issues.

C'était louche. Certes, il était tard, il était fatigué de sa journée, il s'était autorisé un verre de vin au dîner, mais il était peu probable que le problème vienne de lui. Sa psy lui avait recommandé de ne pas s'emballer, que certaines choses n'étaient que des coïncidences, qu'il n'était pas en danger permanent.

Mais c'était la quatrième fois qu'il retombait sur cette boutique de chaussures, après avoir tourné à gauche, à droite, ou continué droit devant lui. C'était impossible que ce soit une coïncidence.

Tant pis pour la psy et tant pis pour Malfoy, il préférait transplaner.

Il inspira, rassembla sa magie et…rien. Il n'avait pas bougé d'un centimètre. Il essaya une nouvelle fois mais rien à faire. C'était comme un éternuement qui ne venait pas.

Harry soupira de fatigue. Il releva la tête, fouillant les alentours du regard et soudain il le vit. Un glyphe d'ancrage, camouflé dans l'ombre d'un balcon, à même le mur, brillait très doucement. Il s'en approcha pour l'étudier et vit qu'il ne portait que sur une personne. Lui, de toute évidence.

Il leva sa baguette pour détruire le dessin quand un frémissement dans l'air l'avertit.

- Protego !

- Stupefix !

Le sort ricocha contre son bouclier et Harry passa directement à l'offensive. Il envoya un stupefix à son tour, mais son agresseur avait disparu. Il tourna sur lui-même, essayant de trouver son attaquant, mais la rue demeurait vide. Le plus important c'était le glyphe, tant pis pour le reste. Il n'eut même pas le temps de relever sa baguette qu'un objet éclata à ses pieds, répandant une épaisse fumée mauve qui l'enveloppa en moins d'une seconde.

Harry toussa, ses yeux et sa gorge le piquaient. L'odeur de la fumée lui rappela quelque chose, sa tête tournait, il avait la nausée et s'étouffait à force de tousser. Il sentit sa baguette lui glisser des doigts. Le jeune homme essaya de sortir du nuage qui l'emprisonnait, mais ses jambes cédèrent et il tomba à genoux. Il eut le temps de se demander si Draco avait un antidote avant de sombrer et de s'évanouir.


J'espère que vous avez aimé (désolée pour le ptit cliffangher héhé). La scène de la chemise vient de Lucifer et j'ai réalisé que je l'avais déjà utilisée dans une autre fic mdr. Le prochain chapitre sera plus centré sur Ginny qui passe la sélection des Flèches, je me suis bien amusée à l'écrire. Laissez moi une ptite review svp. A bientôt !