Hello tout le monde.

Je publie enfin ce fameux chapitre 9. Il est plus court que les autres, pour la simple et bonne raison que je n'arrivais pas à me mettre à certains passages. Au bout d'un moment, je me suis dit que si l'écriture de plusieurs scènes était trop difficile et si peu attractive, autant laisser tomber. De plus, je pense que les scènes en question n'apportaient pas grand-chose à l'histoire.

Petit résumé : Harry est rentré de Rome et est allé voir Draco après son enlèvement. Ginny a été acceptée chez les Flèches. Je crois que c'est tout.

Bonne lecture :)


-*9*-

- Célébration -

Ginny lui avait demandé de la rejoindre directement au bar queer qu'elle avait choisi une fois qu'il aurait fini sa journée au Ministère, vers vingt heures. Il arriva un peu en avance devant The Escape, situé dans un quartier moldu très animé de la ville. L'endroit ressemblait à un pub habituel, avec sa façade en bois peinte en noir et ses carreaux de verre, sauf que des affiches, des stickers et des drapeaux des fiertés égayaient le fronton principal.

Aucun signe de la jeune fille, mais Harry ne s'en formalisa pas. Elle était souvent en retard et elle avait probablement dû passer au Terrier pour partager sa joie avec sa famille. Il hésitait à rentrer dans le bar et à l'attendre à l'intérieur quand il aperçut Draco sur le trottoir d'en face.

Harry détourna brusquement les yeux. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Dans un quartier moldu et queer ? Est-ce qu'il devait l'ignorer ? Il n'avait probablement pas envie d'être vu ici, Harry lui-même ne souhaitait pas croiser quiconque du monde sorcier ce soir. C'était trop dangereux. Il était certain que Malfoy ne l'avait pas remarqué, ou en tout cas n'avait pas vu qu'Harry venait de le repérer. Peut-être qu'il valait mieux entrer dans le bar avant qu'il ne le voit. Ou non, il valait mieux s'éloigner plutôt que Malfoy ne le voit entrer dans un bar gay. Sinon, dès le lendemain à la conférence hebdomadaire, Blaise serait au courant. D'ici à lundi, la nouvelle se serait répandue comme une traînée de poudre que le Sauveur du Monde sorcier trompait sa copine avec des hommes moldus.

Ils n'étaient pas encore assez proches pour qu'Harry sache s'il pouvait lui faire confiance là-dessus.

Il avança normalement dans la direction opposée au trajet de l'apothicaire, priant pour que ce soit suffisant. Il n'avait pas fait cinq mètres qu'il entendit un « Potter ! » derrière lui, beaucoup plus près qu'il ne l'avait anticipé. Harry ravala sa panique et se tourna avec un sourire. Draco n'avait pas l'air d'être surpris de le trouver ici.

- Oh, hey, qu'est-ce que tu fais là ?

- Ginny m'a invité à vous rejoindre dans le bar juste là. Tu allais où ?

Harry la maudit intérieurement.

- Elle ne me l'avait pas dit, avoua-t-il. J'allais au-devant d'elle.

- Ah d'accord.

Il espérait que Draco n'avait pas compris qu'il essayait de l'éviter.

- Je suis surpris que tu aies accepté.

- Eh bien, c'était une occasion de voir un ami, répondit Draco.

Son sourire fit oublier à Harry son appréhension. Elle revint bien vite quand il aperçut Ginny riant aux éclats au bout de la rue, bras dessus bras dessous avec Cho. Draco suivit son regard et haussa un sourcil, mais s'abstint de tout commentaire. Quand les filles arrivèrent à leur hauteur, il la félicita pour son admission. Ils rentrèrent dans le bar. Alors que Draco et Cho échangeaient quelques banalités, Ginny se glissa près d'Harry.

- Alors tu aimes ma surprise ?

- Tu sais que je déteste ça.

- Quelque chose me dit que tu vas apprécier celle-là, gloussa-t-elle.

- Tu as bu avant de venir ?

Elle répondit par un autre gloussement et lui faussa compagnie pour s'installer à côté de Cho. Harry retint un soupir et s'installa. Draco lança la conversation sur le quidditch, ce qui passionna immédiatement les deux jeunes femmes.

Harry ne comprenait pas pourquoi Ginny continuait d'insister sur la nécessité de leur couverture et ensuite s'amusait à draguer Cho sans se soucier des conséquences. La dernière fois, au Square Grimmaurd, ce n'était pas grave, ils étaient chez eux et Cho avait rapidement compris leur arrangement. Mais justement, si elle avait pu le comprendre, n'importe qui le pouvait. Inviter Draco ici c'était prendre un risque inconsidéré. Quand bien même il ne devinait pas tout de suite qu'il y avait anguille sous roche, c'était déjà assez bizarre qu'ils aillent en couple dans un bar queer moldu. Il était un peu agacé de voir qu'elle prenait tout ça à la légère, et surtout sans le prévenir auparavant.

Harry participa assez peu à la conversation, essayant tout de même de ne pas gâcher la soirée de son amie.

Après une bonne heure et quelques verres, Cho se leva et invita Ginny à danser. Harry resta donc avec Draco, qui n'avait pas l'air de vouloir les rejoindre. Il observa les filles en silence, et heureusement, ne fit aucun commentaire.

Le jeune homme ne savait pas trop quoi lui dire tant la situation était incongrue. Mais Malfoy était plus doué que lui dans l'art de la conversation, et lui posa quelques questions sur ses cours. Apparemment, Blaise le tenait très bien informé, puisque le Serpentard lui sortit des ragots sur ses camarades dont Harry n'avait aucune idée. Il lui racontait comment Maksym, un ancien Serdaigle, avait trompé sa copine avec la sœur de cette dernière quand il s'interrompit.

- En parlant de tromperie… grimaça-t-il en pointant quelque chose du doigt.

Harry tourna la tête. Au milieu de la trentaine de personnes qui s'amusait sur la piste de danse, Ginny et Cho s'embrassaient.

Il eut l'impression qu'une pierre lui tombait au fond de l'estomac. Est-ce qu'elle réalisait dans quelle situation elle les mettait ?

- Ça va ?

Draco l'observait avec ce qui ressemblait à de l'inquiétude.

- Je vais peut-être rentrer, je pense. Je vais payer.

Il se leva et alla régler au bar, décidant quand même de payer les verres des filles. Après tout, tant mieux si Ginny était heureuse, il était sincèrement content pour elle et elle avait de quoi célébrer ce soir. Mais elle n'était pas obligée de faire ça devant Draco qui ne savait rien de leur véritable relation.

- Potter, j'ai peut-être été trop direct…commença-t-il.

- Non, non, ne t'inquiète pas. Je veux juste rentrer.

Il sortit, Draco sur ses talons. Le vent d'automne contre son visage lui fit regretter le temps plus clément de Rome.

- Tu as dîné ?

- Non.

- Tu veux venir à la maison ?

Draco allait certainement refuser, c'était beaucoup trop soudain et le début de la soirée avait été trop bizarre.

- Oui, pourquoi pas.

Ils avaient transplané depuis une ruelle près du bar et avaient atterri de l'autre côté de la petite place, à l'abri des regards. Ils traversèrent le square et montèrent les marches qui menaient à la porte d'entrée en silence. Draco n'était évidemment jamais venu ici et si Harry eut une pointe d'hésitation à l'inviter directement chez lui quand il introduisit la clé dans la serrure, il la refoula bien vite. Le Serpentard savait déjà beaucoup de choses sur lui –merci Ginny, et il était digne de confiance.

Draco observa les lieux avec un regard curieux mais ne fit aucun commentaire. Harry enleva ses chaussures et son manteau et allait pour prendre celui de Draco quand Kreattur apparut en haut des escaliers. Il poussa une exclamation de surprise et transplana à leur niveau.

- Maître Harry ! Vous avez ramené un Malfoy ! Quel honneur ! Quelle joie pour Kreattur !

L'elfe semblait s'être animé d'un enthousiasme sans bornes. Il prit le manteau de Draco, le complimentant mille fois sur sa famille et sa bonne éducation, au grand dam d'Harry qui ne savait plus où se mettre. Cependant, le Serpentard avait grandi avec ce genre de démonstrations obséquieuses et ne parut pas s'en formaliser. Kreattur finit par s'éclipser dans la cuisine, tout en continuant à vanter les mérites des Malfoy.

Les deux jeunes hommes se rendirent dans le salon, et s'assirent dans deux fauteuils opposés. Draco ne dit rien et attendit qu'Harry se lance. Il cherchait ses mots et semblait ne pas savoir comment débuter.

- Tu sais, tu n'es pas obligé d'en parler si tu n'es pas à l'aise, ne te force pas.

- Non, c'est important.

Sa psy –et Hermione aussi mais il ne voulait pas y penser maintenant, bref sa psy lui disait toujours de commencer par le début quand il s'emmêlait les pinceaux.

- Ginny et moi, on n'est pas ensemble.

Draco fronça les sourcils.

- Enfin, on n'est plus ensemble.

- Depuis combien de temps ?

- Hum, depuis trois ans.

- Quoi ? Mais pourquoi ? lâcha le potionniste.

Harry ne dit rien, mais il vit l'expression de Draco changer à mesure qu'il comprenait.

- Elle est…

- Lesbienne.

Il se raidit un peu, attendant sa réaction. En face de lui, son invité hocha la tête.

- Oh. Très bien.

Il y eut un silence avant qu'il n'ajoute :

- Je t'avoue que je ne m'attendais pas à ça.

L'étudiant auror haussa un sourcil.

- Non pas que ça me dérange ! précisa-t-il. Je suis gay, moi aussi.

Harry cilla. Lui non plus, il ne s'attendait pas à ça. Il sentit ses joues chauffer, sans comprendre pourquoi. Il ne dit rien pendant quelques secondes avant de se jeter à l'eau.

- Eh bien, je suis bi, donc je ne vais pas te juger là-dessus.

Draco écarquilla les yeux un instant, puis se contenta d'hocher la tête.

- Mais c'est marrant, tenta Harry, je croyais que tu étais fiancé à Astoria.

- J'ai été fiancé à Astoria, confirma le jeune homme. Mais c'était prévu par nos familles, un peu avant la guerre. Ensuite, pendant la huitième année, ma mère a insisté pour qu'on continue, pour redorer le blason de la famille. Finalement, nous avons décidé d'y mettre un terme pendant l'été. Aucun de nous deux ne voulait de ça. Astoria est partie vivre en Espagne, et moi j'ai étudié pour devenir potionniste.

- C'est à peu près au même moment qu'on s'est séparé avec Ginny.

- Je trouve ça incroyable que vous ayez gardé ce secret aussi longtemps.

- Elle préfère ne pas en parler à sa famille. Et aussi, elle veut débuter sa carrière sereinement.

- Vous ne pourriez pas annoncer votre séparation au moins ?

- C'est ce qui était prévu, mais à chaque fois on repousse, avoua Harry sans vouloir descendre Ginny. La dernière fois, c'est à cause de l'éviction de Cho. Maintenant qu'elle a été acceptée chez les Flèches, je suis son meilleur bouclier.

- Je vois. Mais si des gens l'ont vue embrasser Cho dans le bar ce soir, ça risque de lui porter encore plus préjudice.

- Je sais, soupira Harry.

Draco n'osa pas ajouter quoi que ce soit, il eut l'air de comprendre que le sujet était sensible.

- Sinon, le Ministère ? ça te plaît toujours ?

Le jeune homme eut un sourire gêné.

- Honnêtement, je n'en suis plus sûr du tout.

- Comment ça ? Ce n'est pas ce que tu aimes, d'aider les gens ?

- Justement, plus ça va, moins je pense que ce soit le meilleur moyen. J'irai jusqu'au diplôme, pour terminer, mais je ne sais pas si je vais rester.

- C'est l'interrogatoire de Peregrini qui t'a fait changer de point de vue ?

- Non, ça fait longtemps que j'y pense. Ça l'a plutôt confirmé en fait.

Il s'agita un peu.

- J'ai l'impression que, je sais pas, qu'on traite les symptômes mais pas la maladie, tu vois ?

- Hmm…

- Comme avec la guerre. Super, on a arrêté Voldemort, mais si ses idées sont encore là, rien n'empêche qu'on en ait un nouveau dans dix ans ! Pire, en perpétuant les conditions qui ont menées à son ascension, on peut être certain qu'on crée un nouveau Voldemort.

Draco grimaça quand il dit son nom mais demanda tout de même :

- À quoi tu penses exactement ?

- Au communautarisme des Sangs Purs.

Le potionniste haussa les sourcils.

- Je veux dire, prenons ton exemple. Tu as été élevé dans la tradition Sang Pur, en te considérant mieux que tout le monde, en particulier les moldus et les Nés-moldus. Les valeurs qu'on t'a inculquées correspondent majoritairement à celles des Serpentards, puisque ce sont celles de la classe dominante. Donc la plupart des Sangs Purs se retrouvent à Serpentard et la plupart des Serpentards sont des Sangs Purs. Oui, il y a des exceptions, mais je parle plus particulièrement des familles de Sangs Purs qui croient en cette pureté du sang et surtout qui l'utilisent comme un argument politique. En gros, les grandes familles influentes. Bref, on a donc des gamins de 11 ans qui sont déjà exclus du reste par leur éducation et qui se retrouvent tous entre eux. Je caricature, mais tu vois l'idée. Or, cette exclusion volontaire, elle a des répercussions sur les autres maisons. Déjà en dehors de Poudlard, puisqu'il y a toute une culture de l'exclusion et qu'elle se poursuit dans l'école. Vous vous retrouvez entre eux, ça « prouve » en quelque sorte votre éducation particulière. Sauf qu'en retour, les autres maisons vont être rebutées par vous. C'est logique, vous êtes influents politiquement, vous avez des valeurs contradictoires, etc. Résultat, ils vous excluent en retour. Ça renforce d'autant plus votre entre-soi de Sangs Purs, ce qui confirme encore vos théories racistes –parce que c'est bien de ça qu'il s'agit. Les autres ont encore moins envie de se mêler à vous, et ainsi de suite. Ça fait un cercle vicieux.

- Alors tu proposes quoi ? De changer de maison, comme aux États-Unis ? ricana Draco.

- Ça pourrait être un début, oui. Mais je pense que le système des maisons est plutôt malsain. Surtout pour des enfants. C'est bien beau de déplorer la fameuse exclusion des Serpentards ou des Sangs Purs, alors que ce système encourage ça pour toutes les maisons. On nous range dans des cases –et quelles cases ! basées sur notre personnalité ! à onze ans ! Ensuite on nous met en compétition. Pendant six ans. Fatalement, ça a des répercussions sur la société sorcière, qui est suffisamment restreinte pour que chaque génération soit allée à l'école ensemble. Nous ne sommes pas assez nombreux pour qu'on se divise de cette manière. À 17 ans, tu sors de Poudlard avec les mêmes idées que celles qu'on t'a inculquées dans l'enfance, parce que tu es resté avec les mêmes personnes pendant toute ton adolescence. Ça donne une société immature et sclérosée, où la moindre étincelle peut amener un fanatique au pouvoir.

- Oui, je vois. Dumbledore regrettait toujours les tensions entre maisons, mais si on est toute l'année en compétition, on ne peut que se déchirer.

- Pédagogiquement c'est une catastrophe. Parce que les professeurs nous ajoutent ou retirent des points arbitrairement, ça crée encore plus de frustration.

- Comme Dumbledore avec toi, souligna Draco avec un petit sourire.

- Exactement. Enfin, là, c'est le cas extrême, mais ça vaut aussi en cours ou pour les punitions. Un élève très bon qui voit les points de sa maison diminuer à cause d'un camarade qu'il connaît à peine, c'est le meilleur moyen de le démotiver.

Il soupira.

- Enfin tout ça pour dire que j'ai du mal à imaginer poursuivre une carrière chez les Aurors alors que ma promo perpétue les mêmes préjugés.

- Et tu ferais quoi à la place ?

- Je ne sais pas, avoua Harry. Je n'ai pas envie de travailler pour le Ministère, pour les mêmes raisons. J'aime bien l'action, j'aime bien enquêter…mais pas pour le Ministère.

- Pourquoi ? Ils t'ont pourtant aidé à te réinsérer après la guerre.

- Certes, mais avant ? pendant ? Quand Voldemort est revenu et qu'ils m'ont collé un procès l'été suivant ? Quand Ombrage nous empêchait d'en parler et de s'organiser ?

- Pas faux.

- Le Ministère est trop poreux à ces idées. Puis, même l'après-guerre n'est pas glorieux. Je ne veux pas être responsable d'un cas comme celui de Sirius.

Draco hocha la tête mais n'ajouta rien. Kreattur finit par apporter de quoi grignoter, et Harry décida de changer de sujet. La conversation se poursuivit jusque tard dans la nuit, sans qu'ils ne voient le temps passer.

Harry fut réveillé par Kreattur, qui lui secouait doucement l'épaule. Il ouvrit les yeux devant l'elfe qui lui tendait ses lunettes.

- Maître Harry ? Miss Granger est là.

Il se redressa et réalisa qu'il avait passé la nuit sur l'un des fauteuils du salon. Des courbatures lui arrachèrent une grimace. Il portait encore ses vêtements de la veille.

- Hermione ? qu'est-ce qu'elle fait là ? souffla-t-il en se frottant les yeux.

- J'avais à te parler de quelque chose d'important, dit-elle en entrant dans le salon.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? grommela quelqu'un.

Merde. Les événements de la veille revinrent brutalement à Harry. La soirée dans le bar de Ginny, son baiser avec Cho, la longue discussion qu'il avait eue avec Draco…

Draco qui émergeait difficilement, les cheveux en bataille, la marque des coutures du canapé sur la joue gauche, les vêtements froissés et l'air de ne pas savoir où il était. Harry se sentit rougir.

- Je dérange ? demanda Hermione.

- Non ! Non, pas du tout ! assura Harry en se levant précipitamment.

Draco eut l'air de de prendre conscience de la situation, puisqu'il déclara subitement :

- J'étais sur le point de partir de toute façon.

Il se leva, alla chercher ses chaussures et son manteau en prenant grand soin d'ignorer le sourire mal dissimulé d'Hermione. Les deux Gryffondors le suivirent jusque devant la cheminée.

- Au revoir, Granger, lança-t-il sans un retard.

- Salut, répondit-t-elle.

- Potter…à bientôt.

Il ne laissa même pas à Harry le temps de répondre et déclara son adresse avant d'être avalé par le réseau.

Le jeune homme retourna dans le salon, Hermione sur ses talons.

- Alors, qu'est ce qui t'amène ?

- Ginny n'est pas là ?

- Non… c'est elle que tu venais voir ?

- Non, non, c'est à toi que je veux parler.

- Très bien, sourit Harry en s'asseyant sur un des fauteuils.

Hermione fit de même, avec un peu plus de retenue.

- C'est délicat, je ne sais pas si elle t'en a parlé.

- Écoute, si tu m'as réveillé, autant être directe au lieu de tourner autour du chaudron.

- Oui ! oui, bien sûr, dit-elle en rougissant.

Elle avait l'air mal à l'aise, se tortillant sur son fauteuil.

- Commence par le début… ? suggéra Harry en retenant un début d'agacement.

- Quand tu étais en Italie…je suis venue voir Ginny.

- Ok…

- Je voulais lui parler de votre couple, savoir exactement ce qu'il se passait.

Cette fois-ci, Harry ne contint pas son soupir.

- Et alors ?

- Alors, il y a eu un malentendu et elle m'a fait son coming-out.

- Quoi ? souffla Harry, sonné.

Son sang se changea en eau dans ses veines, son cœur s'affola.

Ce n'était pas possible. Ginny ne voulait surtout pas informer sa famille. Pourquoi l'aurait-elle dit à Hermione ? Est-ce que celle-ci savait pour lui aussi ? Et Ron, est ce qu'elle en avait parlé à Ron ?

- C'était un accident, continua Hermione sans le regarder.

- Tu parles, maugréa-t-il.

Elle releva la tête.

- Ça fait des semaines que tu fouines, qu'on te demande de nous laisser tranquille sur ce sujet, mais tu continues, jusqu'à ce que Ginny te révèle quelque chose de privé.

- Harry…tenta-t-elle, penaude.

- Qu'est-ce qu'elle a dit exactement ?

- Elle m'a dit que vous aviez un arrangement, que vous étiez obligés de continuer à cause de l'éviction de Cho et qu'elle ne voulait pas faire un coming-out pour l'instant. Elle était en panique.

- Tu en as parlé à Ron ?

- Non ! se défendit-elle. Non, bien sûr que non. Je voulais t'en parler avant.

- Très bien. Ne lui en parle pas.

C'était pour ça que Ginny les avait esquivés dimanche dernier. Et c'était aussi pour ça qu'Hermione l'avait regardé avec insistance toute l'après-midi.

- Toi aussi, tu … ? risqua-t-elle.

- Je n'ai pas envie de t'en parler maintenant.

Elle acquiesça lentement. Il ne souhaitait pas être méchant avec elle, mais il lui en voulait. Elle n'aurait pas dû l'apprendre comme ça. Il aurait espéré lui en parler avec Ron, calmement, sans impliquer Ginny, et surtout pas au moment où elle intégrait enfin une équipe professionnelle.

Son énervement était presque palpable dans la pièce.

Hermione finit par rompre le silence.

- Au fait, Molly vous invite à déjeuner pour fêter la nomination de Ginny.

- Ce midi ?

- Oui. Tu sais où elle est ?

- Pas vraiment. Je vais lui envoyer un hibou.

Il partit chercher du parchemin, ignorant Hermione qui se leva à sa suite. Elle finit par comprendre que sa présence n'était plus désirée.

- À toute à l'heure, dit-elle avant de rejoindre la cheminée.

Harry ne daigna même pas lui répondre.


Je pense que ça se voit que le potentiel gâché de cette saga me saoule un peu (ce que l'autre terf n'arrange pas btw). C'est pour ça que j'aime bien l'idée de composer un ptit squad queer avec mes persos préfs, c'est un peu une réparation.

Sinon, pour le chapitre 10, je ne peux pas vous donner de date (sorry). Déjà parce que je profite bien de mon Erasmus, ensuite parce que vu que j'ai tronqué le chapitre 9, il va falloir remanier un peu le plan, et retrouver la motivation de cette fic (que je n'abandonnerai pas, soyez en certain-es. dussé-je y passer dix ans.) (j'espère pas y passer dix ans non plus). bref, laissez moi une review si le coeur vous en dit, à bientôt!