Hello tout le monde ça faisait longtemps.

J'ai réussi à terminer ce maudit chapitre 10 et je vous annonce que nous avons dépassé la moitié de cette fic ! (ça fait 2 ans que je suis dessus, qui m'a envoyée ?)

ça a été un peu difficile entre le manque de temps, de motivation et d'inspiration mais il est là ! 4000 mots pour vous !

Petit résumé du chapitre précédent : Ginny et Cho se pécho dans un bar queer, devant Draco et Harry. Ce dernier décide donc de tout raconter à Draco et ils passent la nuit ensemble au Square Grimmaurd (en tout bien tout honneur). Hermione les réveille le lendemain et explique à Harry que Ginny lui a fait son CO par accident.

J'espère que ça vous plaira, si c'est le cas, dites-le ça aide. Bonne lecture !


-*10*-

- Aftermath -

Le déjeuner au Terrier avait été aussi éprouvant que d'habitude. Ginny était arrivée en retard, visiblement sous gueule de bois. Les jumeaux avaient plaisanté là-dessus, mais le reste de la famille n'avait pas relevé. En voyant à quel point elle était fatiguée, Harry avait décidé que sa conversation avec Hermione pouvait attendre. Cette dernière n'avait cessé de lui lancer des regards suppliants pendant tout le repas, mais il l'avait ignorée.

Ils étaient rentrés au square Grimmaurd dès qu'ils avaient pu. Harry était trop agacé pour se soucier de comment les autres le prenaient. Après le repas, Ginny se sentait mieux et s'était assise dans le salon. C'était le moment d'aborder le sujet qui fâche.

- Hermione m'a dit ce qu'il s'était passé entre vous, annonça-t-il de but en blanc.

Elle piqua un fard instantanément.

- Je suis désolée, j'étais stressée et j'ai pas compris que…

- C'est pas grave, la coupa Harry. C'est pas de ta faute. C'est à Hermione que j'en veux, pour être honnête.

- Oui, moi aussi.

- Je sais qu'elle ne pensait pas à mal, par contre. Et elle n'en a parlé à personne.

- C'est la moindre des choses.

À l'instant où il finissait sa phrase, la sonnerie retentit. Ginny se leva avec un soupir agacé et partit ouvrir. Pile au moment où elle pouvait enfin se reposer.

Elle ouvrit la porte un peu plus brusquement que la politesse ne le permettait et se figea.

Luna attendait sur la dernière marche du perron, sous la bruine, un bouquet de fleurs à la main.

- Qui est-ce ? Oh Luna, ne reste pas sous la pluie, rentre !

Ginny s'écarta du passage et envoya un regard de pure panique à son colocataire, qui se contenta d'hausser les épaules.

- Tu veux quelque chose à boire ?

- Non, c'est bon.

- Je vais vous laisser alors.

Le regard que Ginny lui lança aurait pu rivaliser avec celui du basilic, mais Harry n'en avait cure et préféra s'éclipser.

- Hey, tenta-t-elle.

- Hey.

Ginny s'assit maladroitement sur la table de la cuisine, sans trop savoir quoi dire.

- Je suis venue te féliciter pour ta place chez les Flèches, dit Luna en lui tendant les fleurs.

- Merci, c'est gentil. Hum, je vais demander à Kreattur de trouver un vase.

À la mention de son nom, l'elfe apparut à côté d'elle et trottina dans le salon pour s'occuper du bouquet.

La sonnerie retentit de nouveau, tranchant le silence épais dans lequel elles s'étaient enfoncées.

Ginny se précipita à la porte, reconnaissante envers son invité pour la sortir de ce malaise. Elle se sentit blêmir.

Cho se trouvait là où Luna se tenait quelques minutes plus tôt, un grand sourire aux lèvres.

- Salut…

- Salut ! Je peux rentrer ?

Elle n'eut pas le temps de répondre que déjà Cho se glissait à travers la porte.

- Tu as oublié ta veste chez moi ce matin, alors je me suis dit que ça ferait un prétexte en or pour passer te voir… Oh salut Luna ! Ça va ?

La jeune fille était sortie de la cuisine et fixait la veste que tenait Cho avec un air absent. Elle se mordit les lèvres et se força à sourire.

- Ça va… Je passais féliciter Ginny pour son nouveau poste.

- Oui, elle s'est bien débrouillée pour cette fois ! On est allé dans un bar hier, je pensais t'y voir ?

Luna regarda Ginny d'un air à la fois interrogateur et trahi. Elle sembla prête à lui dire quelque chose, mais se ravisa et hocha la tête.

- Visiblement je n'étais pas invitée, dit-elle doucement. Ce n'est pas grave.

Puis elle reprit son manteau et passa devant les deux jeunes filles.

- J'ai du travail pour Le Chicaneur. Au revoir Cho, je suis contente de t'avoir vue.

- Moi aussi… répondit Cho, qui paraissait prendre conscience de la gêne de leur hôtesse.

- Au revoir Ginny.

Et elle sortit sans plus de cérémonie.

- J'ai fait une boulette ? demanda Cho.

- Non, non, c'est plutôt moi qui ai gaffé sur ce coup-là.

Elle se passa les mains sur le visage, essayant de se remettre les idées en place.

- Écoute, je sais pas quoi te dire, j'ai beaucoup aimé cette nuit mais je pense pas que ça ira plus loin.

Seul le silence lui répondit.

- Désolée, c'était beaucoup trop abrupt.

- Oh, un peu, mais je m'en doutais.

Elle ne put s'empêcher de remarquer que son ton était moins enjoué.

- Désolée. Je fais n'importe quoi en ce moment.

Cho acquiesça avec lenteur.

- Au moins tu t'en rends compte.

Elle se leva et comme Luna avant elle, se dirigea vers la porte. Avant de sortir, elle se retourna.

- Pour moi, c'est pas grave, je m'y attendais. Mais pour Luna, essaie de rattraper ça, d'accord ? Ce serait dommage de tout gâcher.

Ginny hocha la tête avec lenteur. Ce ne serait pas si simple avec Luna.


Le lundi après le debrief du bureau, Harry fila à l'apothicairerie. Ils ne s'étaient pas reparlé depuis la nuit de vendredi et étrangement, le jeune homme avait hâte de le revoir. Blaise lui avait adressé un petit sourire alors qu'il sortait de la salle de réunion, ce qui le laissait croire que Draco lui avait raconté cette fameuse soirée. Il espérait cependant que sa prochaine démission était restée secrète.

Il entra dans la boutique, et un « J'arrive » derrière la petite porte répondit au carillon. Il s'avança jusqu'au comptoir et s'y accouda, alors que Draco le rejoignait, un épais dossier dans les mains.

- J'ai du nouveau, annonça-t-il en claquant ses papiers sur le comptoir.

- Je t'écoute, sourit Harry en sortant son carnet de son sac.

- J'ai trouvé d'où provenait la poudre de soleil.

- Alors ?

- D'Irak. C'est pour ça que j'avais d'abord pensé à l'Égypte, c'était proche mais ça ne correspondait pas.

- L'Irak, tu dis ?

Il tourna quelques pages de son cahier, essayant d'ignorer Draco qui se penchait vers lui.

- C'est peut être tiré par les cheveux, mais la Griffe du Tigre s'intéresse principalement à des objets mésopotamiens. Et la Mésopotamie couvrait la Syrie, l'Iran et…

- Et l'Irak, compléta Draco. Mais ça m'a l'air un peu léger.

- Oui c'est probablement une grosse coïncidence, mais ils font du recel d'objets, peut-être qu'ils ont des contacts de potionnistes là-bas ? Leur société sorcière doit être aussi restreinte que la nôtre.

- C'est toujours une piste.

- Je demanderai à Lorenzo de plus gros détails, dit-il en le notant dans sa to-do list.

Draco émit un petit reniflement désapprobateur.

- Quoi ?

- Lorenzo, sérieusement ?

- Il travaille sur ce sujet-là, c'est précisément ce pourquoi Vincenzo m'a enlevé.

- C'est un incapable.

- Pas du tout, pouffa Harry.

- Il a à peine contribuer à te retrouver ! Alors que c'est son métier !

- T'es jaloux ? ricana-t-il.

- Quoi ? Non !

- Ne t'inquiète pas, il ne sera jamais un consultant aussi doué que toi.

Le sourire que le potionniste ne put retenir lui réchauffa le cœur.


Ginny, comme tout le monde, détestait les lundis matins. Ce lundi-là pourtant, elle avait réussi à se lever avant que son réveil ne sonne, s'était préparée rapidement et avait même pu prendre son petit-déjeuner avec Harry avant qu'il ne parte au Ministère.

À huit heures tapantes, elle était devant les grilles du centre d'entraînement d'Appleby, son balai dans une main et son sac de sport sur l'épaule. À mi-octobre, le village était plongé dans une aube grise et brumeuse. Ça n'entachait en rien sa bonne humeur.

Quelques minutes plus tard, un portoloin atterrit sur une pelouse à côté d'elle. Angelina Johnson la rejoignit, un grand sourire aux lèvres.

- J'étais sûre que tu serais choisie ! lança-t-elle.

- Je savais qu'ils te choisiraient aussi ! répliqua Ginny. Tu as brillé aux sélections !

- Je suis curieuse de connaître qui d'autre a été pris.

Ce n'était certainement pas Jordie, pensa Ginny. Effectivement, moins d'une minute plus tard, un nouveau portoloin apparut près des deux jeunes femmes.

Le sorcier qui s'avança vers elles, souriant mais visiblement nerveux, n'était pas un inconnu.

- Tu es … ? commença Angelina.

- Ernst Reiner, répondit-il en souriant.

C'était le garçon que Ginny avait sauvé des eaux et avec qui elle avait fait équipe deux fois lors des sélections. Il serra la main d'Angelina puis celle de Ginny.

- Stressé, Reiner ?

- Un peu, avoua-t-il.

À 8h15 pile, les grilles s'ouvrir et sous-directrice Hestia Dellaveaux se présenta à eux.

- Bonjour et bienvenue à vous ! lança-t-elle en serrant la main de tout le monde, un sourire éclatant sur le visage.

- Nous allons vous faire signer les contrats dans le bureau de M. Hammonds, puis je vous ferais une visite du domaine, ensuite nous déjeunerons avec vos coéquipiers. L'après-midi, vous passerez à l'infirmerie et aux essayages pour votre tenue, et ensuite à 16h, vous aurez votre premier entraînement ! Vous avez des questions ?

Ils secouèrent la tête.

- Parfait ! Alors c'est parti !

Ils purent déposer leurs balais et leurs sacs à l'entrée avant de monter voir Claudius Hammonds. La signature des contrats fut rapide : une copie de ceux-ci leur avait déjà été envoyé au préalable, ainsi qu'au coach d'Angelina et aux écoles de Ginny et d'Ernst. Le directeur leur fit un petit discours de bienvenue, et leur offrit une collation pendant la signature. Pas une fois il ne mentionna Cho.

La visite du domaine s'avéra être très intéressante.

D'abord, la fameuse bâtisse qui avait fait de l'œil à Ginny la dernière fois était encore plus imposante de l'intérieur. La décoration était un adroit mélange de meubles modernes et d'éléments anciens.

Au sous-sol, des salles d'entraînement toutes neuves, avec des équipements moldus, ainsi que des salles de soins. Au rez-de-chaussée, le restaurant et la cantine où Ginny et Angelina avaient déjeuné, mais aussi une salle de réception, la boutique officielle du club et toute la partie administrative.

Au premier étage, une autre salle de réception, des salles de réunions et les bureaux du directeur et de son équipe proche.

Au deuxième enfin, des chambres pour l'équipe de quidditch, qu'ils pouvaient utiliser s'ils préféraient éviter de faire l'aller-retour tous les jours. Hestia Dellaveaux avait insisté sur le fait qu'ils étaient désormais chez eux. Puis le parc, immense, avec une piste de course et évidemment le stade et ses gradins rétractables. Les vestiaires étaient dans un petit bâtiment à côté, avec l'infirmerie.

Pendant toute la visite, Ernst avait eu les yeux qui brillaient et n'avait pas caché son émerveillement. Angelina, qui était professionnelle depuis deux ans maintenant, s'était contenté de sourire. Ginny essayait de ne pas montrer son excitation pour ne pas avoir l'air immature, mais elle n'avait pu retenir quelques gloussements et même des exclamations devant certaines pièces. Elle avait l'impression de découvrir un nouveau Poudlard.

À midi, ils déjeunèrent au restaurant du club. Ce fut le premier contact qu'ils eurent avec leurs deux coaches, Jim Keller et Charles Creston. Ils avaient tous deux eu une bonne carrière en tant que poursuiveur et gardien une trentaine d'années auparavant, et coachaient les Flèches ensemble depuis 6 ans.

Après déjeuner, Ernst fut le premier à descendre à l'infirmerie tandis qu'Angelina et Ginny furent conduite à la salle d'équipement, où quelques sorciers s'affairaient à sortir des vêtements. Dans une pièce annexe se trouvait l'atelier où leurs balais étaient étudiés. Hestia leur expliqua qu'elles pourraient les garder ou bien prendre un Nimbus 5000 fourni par le club. La marque sponsorisait plusieurs clubs, et si elles se débrouillaient bien, elles pourraient bien finir égéries, leur confia la sous-directrice avec un clin d'œil.

On leur remit un uniforme bleu clair neuf, avec des protections en cuir brun, après avoir pris leurs mesures. Ernst les rejoignit, et Angelina dut partir à l'infirmerie.

- C'était comment la visite médicale ? demanda Ginny.

Ernst piqua un fard et se concentra sur les lacets de la paire qu'il essayait.

- Oh, euh, normal, une visite de routine, quoi.

Vingt minutes plus tard, ce fut à son tour de descendre voir le médicomage. Comme l'avait dit son coéquipier, c'était un entretien banal.

Enfin, elle rejoignit Angelina au vestiaire, passa son nouvel uniforme et arriva sur le terrain cinq minutes avant seize heures. Le trac la rendait fébrile, un mélange de peur et d'excitation. Ernst arriva à leur hauteur, lui aussi très nerveux.

- J'arrive toujours pas à y croire, leur souffla-t-il.

- Et pourtant.

Les deux coaches arrivèrent sur le terrain à 16h pile, suivis par l'équipe au complet. Ils se mirent à leur côté, tandis que les Flèches leur firent face.

Ginny vit son cœur s'affoler. Elle les connaissait tous, elle les avait étudiés en cours, elle les avait vu jouer, avait parié sur eux avec ses frères, avait même des cartes à collectionner de certains d'entre eux. Et là, elle se trouvait face à eux, dans le même uniforme.

- Bonjour tout le monde, j'espère que vous vous êtes bien reposés ce week-end. Aujourd'hui, c'est un jour spécial, pour trois personnes en particulier. Je vous présente Angelina Johnson, votre nouvelle poursuiveuse, et Ginny Weasley et Ernst Reiner, qui joueront batteurs.

Une petite salve d'applaudissements accueillit ces paroles. Ginny se sentit rougir et elle se détesta pour ça. Ils allaient la prendre pour une bleue !

- Les sélections ont été rudes, mais ils se sont clairement démarqués. J'espère que vous leur offrirez le meilleur accueil possible et bientôt, ils seront comme votre famille.

Un des gardiens, Timothy Klamp, eut un petit sourire narquois. Il fallait qu'elle demande un brief avec Cho pour mieux les connaître.

Timothy Klamp, donc, un grand gaillard à la mâchoire carrée avec une tignasse brune qui pouvait rivaliser avec les cheveux de Harry. Il devait bien faire deux têtes de plus que lui, cependant. La deuxième gardienne s'appelait Jane Brewer, elle était blonde, musclée, et jaugeait les nouveaux arrivants avec un visage peu avenant.

Ensuite, les poursuiveurs : Simon Munroe, le capitaine, Todd Solace, Liam Jenkins et Robin Oldale. Quatre garçons blancs, les cheveux châtains, la même carrure élancée et athlétique, un peu difficile à différencier, surtout les trois derniers. Simon était le plus grand des quatre, il avait les cheveux bouclés et un air supérieur plaqué sur le visage. Pour les trois autres, Ginny ne se souvenait plus de qui était qui.

Les batteurs étaient deux : Frank Samson, qui avait la silhouette d'un rugbyman et les cheveux rasés ainsi que Kathy Allison, une fille avec un carré brun qui sourit à Ginny et à Ernst. Elle leur fit un petit signe d'encouragement.

Enfin, les deux attrapeurs. Philip Greeves, titulaire depuis 4 ans, brun, pas exceptionnel au goût de Ginny. Son remplaçant, Jeremy Nguyen, un jeune homme asiatique à la peau mate, était nettement plus talentueux mais n'avait pas encore eu l'occasion de briller. Lui aussi adressa un sourire aux nouveaux.

En fait, à part Kathy et Jeremy, l'accueil des Flèches était plutôt froid. Ginny ne s'était pas attendue à des feux d'artifices et à des cotillons, mais leur comportement était étrange. Ce n'était pas comme s'ils allaient se faire virer, les premiers mois, voire les premières années, les nouveaux ne seraient que remplaçants et ne voleraient sur le terrain qu'en cas de blessure. C'était d'ailleurs le cas de Jeremy, qui avait été recruté l'année précédente et n'avait jamais été titulaire.

Les échauffements commencèrent et Ginny profita des tours de terrains pour confier ses impressions à Ernst. Angelina était loin devant, aux côtés de Kathy et de Franck.

- T'as raison, souffla son coéquipier. Y a une ambiance bizarre.

- Peut-être qu'il y aura des soirées ou des activités pour briser la glace ?

Dans tous les cas, il allait falloir s'intégrer. Ginny n'avait jamais eu de problèmes pour ça, mais ses nouveaux collègues ne lui facilitèrent pas la tâche. Pendant tout l'échauffement, personne ne vint parler ni à elle ni à Ernst, à l'exception d'Angelina.

Le coach Charles lança un exercice : les poursuiveurs et les attrapeurs devaient viser les batteurs et les gardiens avec des balles normales.

Tous s'envolèrent à quatre mètres du sol et au coup de sifflet, les balles fusèrent dans tous les sens.

Ginny n'avait pas trop de mal à les renvoyer, mais il y en avait beaucoup. Vraiment beaucoup. Son champ de vision était obstrué par toutes les balles qui volaient dans sa direction, les ricanements de ses camarades la déconcentraient, elle en loupa une qui lui frappa l'épaule, une autre le dos. Ginny refusait d'abandonner, mais elle commençait à se sentir submergée, et se mit à frapper au hasard avec sa batte. Le coach ne voyait-il pas qu'elle était en difficulté ?

Un bruit sec suivi d'un gémissement de douleur retentirent à sa droite. La pluie de balles s'arrêta net alors que des exclamations de stupeur fleurissaient. Ernst atterrit sur la pelouse, se tenant le nez. Ginny se sentit pâlir. Est-ce qu'elle l'avait frappé sans faire exprès ? Elle n'avait pas senti le choc pourtant. Le jeune homme descendit de son balai alors que le coach Jim siffla la fin de l'exercice. Tout le monde redescendit à terre alors qu'Ernst s'éloignait vers le bungalow de l'infirmerie. Simon et Timothy s'échangèrent un regard, se retenant à peine de rire, ce qui accentua le malaise de Ginny.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-elle à Angelina. Je lui ai pas donné un coup de batte au moins ?

- Non, il s'est pris un ballon en pleine tête.

L'estomac de Ginny se tordit. C'était trop bizarre. L'entraînement continua sans autre incident, toujours dans une ambiance un peu lourde. Ernst revint s'asseoir sur un banc, un paquet de glace contre son visage et un mouchoir taché de sang dans une narine.

À la fin de la séance, Ginny se précipita pour lui parler. Ernst ne savait pas qui l'avait frappé, il y avait eu trop de balles en même temps.

- C'était un accident de toute façon, soupira-t-il.

Ginny n'en était pas si sûre. Cependant, elle tint sa langue pour ne pas envenimer les choses.

Elle retourna au vestiaire se changer, et à la sortie, Hestia Dellavaux leur donna un petit sac avec des produits dérivés du club. La journée avait été intéressante mais l'entraînement lui laissait un goût amer.


Harry avait reçu le dossier « Griffe du Tigre » de Lorenzo deux jours après sa discussion avec Draco. Après de nouvelles vérifications, un nom de la liste de Padovesi correspondait à un pseudonyme d'un anicen membre de la secte. Edmund Bickermann. Ça correspondait donc bien à ce qu'il avait dit à Draco : le groupe avait peut-être un lien avec les meurtres, que ce soit une simple connaissance de la fameuse potion ou même une implication directe. Il lui faudrait interroger Vincenzo à ce sujet.

Il parcourut la liste que Draco avait rédigée :

- Venin de serpent (lequel ?)

- Terre miraculeuse de chez Padovesi (Rome)

- Humeur aqueuse de sirène des marais

- Eau des sables

- Perles de ciel : Moelle de lion ailé, plume de vautour, sang d'hippogriffe, poudre de soleil (IRAK)

- Carapaces broyées de scarabées

- Ailes de sauterelles.

À l'exception de la terre miraculeuse, tous les ingrédients pointaient la Mésopotamie. C'était quand même une très grosse coïncidence si la Griffe n'avait rien à y voir. Harry rédigea un petit rapport résumant ses intuitions, avec l'idée de le transmettre à Phillips dès qu'il rentrerait.

À peine eût-il posé sa plume que sa petite alarme se mit à brailler. Il s'agissait d'une petite clochette posée sur son bureau et reliée par un sort au guichet des réceptionnistes. Dès qu'on avait besoin de lui, elle sonnait, comme maintenant. Il enfila son manteau, prit sa besace et quelques secondes plus tard, se retrouva devant la réception.

- Un meurtre, dit le jeune homme en lui tendant un papier. Qui correspond à votre tueur en série.

- Merci, souffla-t-il en jetant un œil à l'adresse.

Il transplana au nord de Londres, dans une petite banlieue rendue sinistre par la pluie. Des rubans empêchaient l'accès des curieux devant un pavillon d'apparence banale. Harry reconnut un de ses collègues, qui lui fit signe d'entrer.

- On connait son identité ?

- Freddie Fitzgerald, 36 ans, fabriquant de balais chez Nimbus. C'est sa femme qui nous a appelés.

Comme les trois victimes qui l'avaient précédé, Freddie avait les yeux révulsés, marbrés de vaisseaux violets. Exsangue, son corps était arqué dans une convulsion muette, un cri de terreur silencieux déformant ses traits. Comme les autres, l'agonie avait été douloureuse.

- Pouvez-vous me prélever un peu de son sang s'il vous plaît ? demanda Harry aux techniciens, qui hochèrent la tête.

- La mort est récente, expliqua son collègue. Madame est dans le salon. Elle a dit qu'elle était prête à répondre aux questions.

- Très bien.

Il le suivit dans le salon, qui témoignait de la passion du couple pour le quidditch, et découvrit Mrs Fitzgerald assise dans le canapé, le regard vague. C'était une femme blanche d'une trentaine d'année, les cheveux bruns tirés par un serre-tête. Il prit une chaise et s'assit en face d'elle.

- Bonjour Madame, je suis Harry Potter, apprenti Auror et je vais vous poser quelques questions si ça ne vous dérange pas.

Elle ne réagit pas à son nom, mais hocha la tête.

- C'est bien vous qui avez découvert votre mari ?

Elle hocha de nouveau la tête.

- Vers quelle heure ? Vous vous en souvenez ?

- À 14h.

- Pouvez-vous me raconter ce qu'il s'est passé aujourd'hui ? Est-ce que votre mari avait un comportement bizarre, ou est-ce que vous avez vu quelque chose d'inhabituel dans le voisinage récemment ?

- Non, tout était normal. Il est parti à la boutique à 8 heures, et il est revenu déjeuner avec moi à midi. Je suis sortie vers 13h30 pour rendre un plat à une voisine moldue, à l'autre bout de la rue. J'ai croisé un type bizarre, qui m'a regardée avec insistance.

- Ah oui ? C'est-à-dire ?

- Je ne le connaissais pas, alors que tout le monde se connaît dans cette rue. C'est parfois compliqué d'ailleurs, car il n'y a que des Moldus. Mais lui, c'était un sorcier.

- Un sorcier ? Il vous a parlé ?

- Non, il m'a juste regardée passer, je crois qu'il a souri mais il ne m'a pas parlée. Il attendait devant un portail, à deux maisons de chez nous.

- Pouvez-me le décrire ?

- Il était grand, peut-être même plus grand que Freddie, blanc, très pâle, les cheveux bruns, avec une barbe. Je me souviens qu'il avait un grand manteau noir, avec pleins de poches, et des chaussures de marque. Je m'en souviens parce que j'ai détourné les yeux et j'ai vu ses chaussures et je me suis dit que c'était une marque assez chère, des italiennes je crois.

- Très bien. Qu'est-ce qui vous fait dire que c'était un sorcier ?

- Je ne sais pas, mais quand il m'a regardée, c'était comme s'il me connaissait. On connaît beaucoup de Moldus, mais ce sont nos voisins ou des parents des amis de notre fille. Je l'aurais reconnu d'emblée. Mais lui, je ne l'avais jamais vu.

Elle se tourna vers lui et pour la première fois, croisa son regard.

- Je crois que c'est lui. Je crois que c'est lui qui a fait ça.

- Ça me semble très possible en effet.

Elle eut un sanglot et se prit la tête entre les mains. Harry lui passa une main sur l'épaule.

- Et ensuite ? Vous avez rejoint votre amie et vous êtes restée chez elle combien de temps ?

- Une heure environ. On a discuté et je n'avais pas trop envie de recroiser cet homme, rit-elle nerveusement. Alors j'ai un peu traîné, et quand je suis rentrée, il n'était plus là, alors j'étais soulagée. Ensuite, j'ai appelé Freddie…

Sa voix se cassa mais elle se reprit.

- Et il n'a pas répondu. Je n'ai pas fait attention, je me suis dit qu'il n'avait pas entendu. Je suis rentrée dans la cuisine et là, j'ai vu... j'ai vu son pied dépasser du coin de la table mais il était tendu bizarrement, pas relâché comme s'il avait eu un malaise et ça m'a tout de suite inquiétée alors je me suis précipitée vers lui et je l'ai vu comme ça, raide, il ne répondait pas, je n'ai pas compris, mais j'ai tout de suite su que c'était pas comme un malaise, c'était quelque chose de magique, un sort, je ne sais pas.

- Une potion, souffla Harry.

- J'ai appelé les Aurors tout de suite et vos collègues sont arrivés il y a une heure. Ils ont dit que c'était votre dossier.

- C'est le cas. Je pense que j'ai tout ce qu'il me faut. À moins que vous n'ayez d'autres choses à me dire ?

- Non, je vous ai tout dit.

- Merci beaucoup madame, vous nous avez donné des renseignements précieux. Si quelque chose vous revient, n'hésitez pas à me contacter. Vous pensez être capable de vous souvenir du visage du suspect ? Nous avons un dessinateur qui fera un portrait-robot.

Elle acquiesça, se moucha et lui jeta un œil alors qu'il se levait. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise alors qu'elle le reconnut mais elle ne dit rien.

Harry repassa par la cuisine, prit des photos et donna quelques instructions. Il devait rédiger un rapport sur ce nouveau meurtre, donner des échantillons à Draco. Mais surtout, il allait devoir interroger Vincenzo et espérer qu'il soit coopératif.


J'espère que ça vous plaît toujours autant et à bientôt !