Bonjour à tous,

Merci pour vos reviews! Je félicite Pims10 qui a reveiwer plus vite que son ombre!

Réponse aux guest:

Katymyny: oui voici le cramol, je ne te spoil pas la suite donc tu découvriras son rôle dans ce qui arrive!

Sarah MAES: merci pour ta review, j'espère que la suite te plaira toujours autant!

Merci à tous pour vos reviews, ça m'aide à continuer à écrire.

Je vous laisse avec la chapitre 11, bonne lecture et à bientôt.

Chapitre 11 : Nouvelle vie

Harry avait passé une première mauvaise nuit. Il s'était tourné et retourné dans ces draps qui sentaient le propre. Comme à l'hôpital. Mais dans sa nouvelle école. Ses rares moments de sommeils étaient entrecoupés de cauchemars qui le laissaient tremblants de terreur : l'oncle Vernon qui le punissait pour ne pas être revenu à la maison, sa tante qui le tapait avec sa poêle à frire, Dudley qui l'attrapait lors de la chasse au Harry. Mais à chaque fois qu'il se réveillait en haletant, la surveillante n'était pas loin. Et chaque fois, elle prit le temps de calmer Harry avec des paroles douces. Au premier réveil, elle n'osa pas le prendre dans ses bras : les enfants autistes ont du mal avec le touché. Elle ne savait pas si c'était le cas de Harry. Elle avait posé une main sur l'épaule du garçon et sentant que ce dernier ne se soustrayait pas au contact lui ouvrit les bras en une invitation au câlin. Que Harry ne comprit pas. C'était toujours Thibault ou Christelle qui avaient initié les câlins. Jamais il n'avait eu le droit d'en demander un de lui-même…

Au deuxième réveil, elle tenta avec succès de passer un bras sur les épaules de l'enfant. Au troisième réveil, voyant que Harry se laissait faire, elle tenta un premier câlin, en prenant soin de lui laisser la place nécessaire pour se retirer.

Le lendemain matin, après cinq réveils nocturnes, Harry était évidemment fatigué. Mais la surveillante préféra le réveiller à la même heure que ses camarades quitte à lui proposer une sieste dans la matinée ou dans l'après-midi. Elle transmit l'infos aux enseignants et autres surveillants afin qu'ils soient vigilants. Harry comme à son habitude demanda très rapidement à aider pour les tâches ménagères. Il voulait faire tous les lits du dortoir. Mais ce n'était pas possible. Il pouvait faire celui de Thierry mais pas ceux de Louis ou de David. Ces deux derniers avaient dans leur projet pédagogique d'apprendre à faire leur lit tous les jours. Thierry n'en était pas encore à ce stade-là. Sauf qu'une fois qu'il eut fait les deux lits, Harry commença à ramasser les vêtements qui trainaient par terre et à les plier soigneusement sur le lit le plus proche.

-Harry, ce ne sont pas tes vêtements. Ce n'est pas à toi de les ranger mon grand s'empressa d'intervenir la surveillante.

Elle s'attendait à une grosse crise. Mais Harry resta calme. Renfermé et un peu triste mais calme.

-Louis, je veux que tu emmènes Harry dans la salle à manger demanda-t-elle au camarade de dortoir du petit nouveau.

Harry ne savait pas qui était Louis mais le jeune garçon ne tarda pas à se faire connaitre en lui demandant d'une voix un peu robotique de le suivre. Harry ne savait pas trop ce qu'il devait faire. D'un côté c'était un peu comme l'hôpital et d'un autre cela ressemblait à la maison… Est-ce qu'il avait le droit de manger le matin ou au contraire était-ce obligatoire comme avec Thibault ?

Très vite Louis lui mit un plateau dans les mains et l'invitât à le suivre dans le self. Un peu effrayé Harry n'osa prendre qu'un petit pain. C'était sans compter sur la présence d'un surveillant en fin de self.

-Harry, viens. Ton plateau n'est pas assez rempli.

Le surveillant guida Harry et lui proposa de la confiture, du beurre, un fruit et une boisson. Si Harry saisit le premier pot de confiture qu'on lui proposa, il refusa le beurre et le fruit.

-Est-ce que tu aimes le jus d'orange demanda le surveillant

Petit hochement de tête.

Alors le surveillant déposa sur son plateau un grand verre de jus pressé.

-Voilà, ça c'est un beau plateau. Tu prends ton temps pour manger et je viendrai t'aider à débarrasser proposa l'adulte.

Après le repas, Louis conduisit Harry dans la classe. Cette partie-là, il connaissait bien. Il avait sa table avec son nom, ses crayons à lui et personne ne les lui prendrait, il y avait son nom dessus et la règle était la même pour tout le monde. Rassuré de se retrouver en territoire connu, Harry finit par s'assoupir sur sa table.

La maitresse lui laissa une bonne heure de repos avant de le réveiller. Tant pis pour le travail, l'important c'était le bien être de Harry. La maitresse avait eu les rapports de Christelle : elle savait que Harry était capable de travailler vite quand il était en forme et encore plus efficacement quand c'était une matière qu'il appréciait.

Dans l'école, il y avait deux types de récréations : les libres et les dirigées. Le but étant de permettre aux enfants à difficultés d'interaction social de pouvoir communiquer avec les autres tout en ayant des temps de repos ou de solitude si besoin.

Harry aimait bien les récréations dirigées, parce qu'il était sur qu'il ne lui arriverait rien. C'était les maitresses qui faisaient les équipes et qui veillaient aux règles. Il fut invité chez les rouges pour la balle au prisonnier. C'était un nouveau jeu qu'il ne connaissait pas. Il n'était pas très doué au lancé mais s'améliora rapidement. Finalement, c'était pas mal !

Harry était épuisé par sa première journée, si bien qu'il s'endormit en plein pendant l'histoire du soir lue par sa surveillante. Oui, la journée avait été chargée, pleine de découverte…

Le personnel était réuni après le coucher des enfants pour débriefer la journée. Cette étape était d'autant plus importante qu'un petit nouveau était arrivé. Harry ne parlait pas beaucoup, semblait avoir besoin de l'aide des adultes pour interagir avec les autres enfants. Pour le moment, il n'avait pas vraiment de groupe d'amis, mais cela pourrait venir.

Tous les jours, les enfants avaient un moment en tête à tête avec un tuteur chargé de les aider dans un domaine difficile pour eux. Harry se retrouva donc en compagnie de James, le tuteur qui lui était attribué. Ensemble, ils devaient travailler l'écriture. Harry avait toujours un peu de mal à tenir son stylo et ses lettres n'étaient pas toujours lisibles. James était un éducateur spécialisé, il aimait beaucoup son métier. Au fils des ans, il avait développé de nombreux jeux pour pousser les enfants à s'améliorer dans leur domaine de difficulté. Habituellement c'était le respect des consignes, la communication, le langage ou les mathématiques. Quand il découvrit le plan de travail de Harry il se mit à la recherche d'exercices pour son jeune élève. Au programme : musculation des doigts, écritures dans toute sortes de textures, peinture, écriture à la plume ancienne, crayons, feutres… Le but faire jouer l'enfant. Et, le faire dessiner, comprit-il très vite en voyant que Harry n'avait pas vraiment acquis l'étape « je gribouille toute la feuille jusqu'à la rendre toute noir ! ».

Et c'est ainsi que le coin du dortoir attribué à Harry se para progressivement de « chef-d'œuvre » d'art moderne. L'enfant semblait tout heureux quand, à la fin d'un atelier, James l'emmenait au dortoir pour accrocher sa nouvelle œuvre. D'autres fois, James lui proposait de mettre son travail dans un classeur à son nom qu'il rapportait en classe.

En cours de sport, c'était David qui venait vers lui. L'autre garçon était fan de sport et ne comprenait pas que Harry soit aussi nul avec un ballon et qu'il ne connaisse pas par cœur les équipes de foot du pays, leurs scores et les prochains matchs à venir. C'est ainsi que David se retrouva à apprendre à Harry à tirer au but. Très vite, cela se transforma en éclats de rire quand la balle partait n'importe où.

Le premier mois s'était bien passé. Harry s'habituait bien à sa nouvelle école. Il rencontrait encore des difficultés avec les règles basiques. La surveillante avait eu une belle frayeur. Une nuit après un cauchemar particulièrement violent, Harry s'était enfui du dortoir. L'équipe au complet avait fouillé toute l'école avant que James retrouve Harry dans un placard de sa section. L'enfant s'était allongé à même le sol et frissonnait de peur. Harry était effrayé. James avait pris beaucoup de temps avant de prendre Harry dans ses bras et de le ramener dans son lit. Le jeune homme avait rarement vu d'élève aussi blessé par la vie que Harry. Il avait vu des enfants enfermés dans leurs mondes. Mais d'une certaine façon, ces jeunes-là étaient « libres » et plus ou moins « heureux » quand on les laissait seuls. Il n'avait pas réussi à obtenir un mot du petit. Cela était arrivé plus d'une fois. La surveillante avait pris l'habitude d'appeler James quand Harry disparaissait. Le tuteur savait ramener un Harry calme alors que la surveillante ne faisait qu'exacerber la situation.

Harry avait également son moment d'évasion. Tous les mercredis il sortait du pensionnat pour rejoindre la petite école de musique du village. Là-bas mélangé à des enfants ordinaires il découvrait la musique. Chansons, instruments, rythme... il y avait de tout et pour tout le monde. Si Harry ne parlait pas beaucoup à l'école Il participait pourtant avec plaisir aux cours de chants. Les encadrants étaient admiratifs de ce jeune autiste si calme et si mignon. Si on lui expliquait clairement tout se passait bien. Dans les cours de rythmique Harry avait du mal avec le bruit et n'osait pas s'en servir de ses percussions pour faire les exercices demandés. Il avait fallu deux ou trois mois avant que l'enfant accepte d'être bruyant et ne se réfugie plus dans son coin. Il ne parlait pas beaucoup et savait attendre son tour contrairement à d'autres enfants du pensionnat. Les cours de musiques classique semblaient apaiser Harry. Il était détendu, concentré sur son travail. Bref Harry attendait le mercredi autant que les heures de récréation dirigée. Cette école était beaucoup mieux que celle de Dudley. En plus sa tante ne lui faisait pas de remarque sur ses bonnes notes car il n'y avait pas de note. Il la voyait tous les mois environ sauf au début. L'équipe avait tenue à mettre trois bons mois avant que la femme ne vienne à l'école. À aucun moment elle n'avait demandé à voir son neveu. À aucun moment Harry n'avait demandé à la voir. Il était même stressé lorsque Marie lui annonça la visite à venir. Médiatisée expliqua-t-elle à l'enfant, tu seras pas tout seul dans la salle des visites avec ta tante. Et ce soir tu dors ici. Marie avait surveillé de loin l'enfant constatant que le petit n'était pas bien. Ce n'était pas surprenant vu son histoire.

Harry fut incapable de se concentrer le lendemain. La maitresse voyait bien que quelque chose le gênait mais Harry ne savait pas l'exprimer. Elle demanda à James de se libérer pour emmener l'enfant à part. Lui donner le temps dont il avait besoin. C'est ainsi que le jeune homme blond débarqua en surprise dans la classe et proposa à Harry non pas un exercice d'écriture comme il s'y attendait mais un moment de dessin. Sauf que Harry n'avait aucune idée de dessin et une seule chose en tête : sa tante qui venait dans son école. Ce qui ne fit qu'augmenter le stress de Harry. Il n'y arrivait pas. Et James avait l'air si déçu pensa Harry. Sauf que James n'était pas déçu, il était inquiet pour son petit protégé.

-Harry, je vois bien que ça va pas depuis ce matin.

Silence

-Qu'est-ce que tu aimerais faire pour te détendre ? Tu es tout stressé.

Pas de réponse.

Alors James emmena Harry par les couloirs en discutant jusqu'à retrouver une salle « pas rangée » où l'enfant pourrait s'adonner à sa passion : le rangement et le nettoyage... Et aussi curieux que cela puisse paraitre, lui redonner les activités qu'il avait chez Pétunia le détendit. Si bien qu'il finit par s'endormir sur les genoux de James quand ce dernier lui proposa de lui raconter une histoire. Marie ne tarda pas à arriver pour prendre des nouvelles de Harry. Sa tante était arrivée. Le jeune médecin préféra laisser à James le temps de réveiller calmement l'enfant, de le préparer. Et pour cela elle avait une carte maitre : entretien avec le parent d'élève. Le temps que Harry soit « prêt », Pétunia aurait droit à un résumé de ses progrès. Enfin selon les recommandations de Jeanne : pas trop de « bonnes notes ».

C'est après une vingtaine de minutes d'entretien que Marie mena Pétunia à la salle médiatisée. James resterait présent avec Harry.

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Harry et Pétunia ne savaient pas quoi faire dans cette salle. Harry préférait se tenir loin de sa tante. Et cette dernière se savait surveillée. Aussi l'entrevue fut des plus désagréables pour les trois personnes jusqu'à ce que James ne sorte un jeu de société basique et ne force les deux autres à y jouer. Cela sembla faire du bien à Harry. Il voyait bien qu'il n'était pas seul. Heureusement, cela n'avait lieu qu'une fois par mois. Pétunia ne parlait quasiment pas et l'on ressentait que cette obligation lui pesait.

Si bien qu'un jour Marie mit les pieds dans le plats et lui demanda de but en blanc pourquoi elle avait accepté la charge de l'enfant au décès de sa sœur.

La vérité c'est qu'au début, avant les premiers accidents de magie, tout se passait plutôt bien et rien ne venait lui rappeler sa sorcière de sœur. Rien à part les deux orbes vertes. Mais cela elle ne pouvait pas le dire. Elle savait ce qu'elle risquait à dévoiler l'existence du monde sorcier. Le professeur qui était venu aux 11 ans de Lily était formel : même moldu ils pouvaient finir devant le tribunal pour une telle entorse à la règle magique.

Aussi inventa-t-elle une histoire de fausse couche pour expliquer l'arrivée de Harry comme un cadeau puis enchaina sur les problèmes à répétition que causait l'enfant dans leur famille.

Elle se dépêcha d'insister sur le fait qu'elle ne voulait pas des services sociaux chez elle quand Marie souleva cette option.

Et puis, maintenant tout allait bien : Harry avait son école. Ça l'aiderait à grandir et à arrêter ses bêtises et ses problèmes seraient soignés.

Marie n'était pas convaincu… Il y avait quelque chose, on ne devenait pas maltraitant pour « si peu ». Elle demanda à rencontrer le mari. En vain. Fin d'entrevue.

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Harry avait découvert un nouveau type de chanson en cours de musique. Ils étaient sur un cycle de musique du monde. Et Harry aimait particulièrement les airs péruviens et espagnol. Si bien qu'un jour la prof lui mit une guitare dans les mains à son plus grand bonheur. Premier cours d'instrument.

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Harry attendait donc le mercredi avec impatience. Si cela ne tenait qu'à lui, il irait également le samedi et le dimanche. Sauf que l'école de musique était fermée le dimanche. Pire ! Il n'avait pas d'instrument à lui et ne pouvait pas jouer à toute heure du jour ou de la nuit. Heureusement pour ses camarades de dortoirs. Enfin, heureusement pour lui aussi car s'il devait supporter à longueur de journée les intérêts restreints de ses camarades cela finirait de façon…

Bref. Harry attendait le mercredi, détestait les jours de visite médiatisé et s'entendait bien avec ses nouveaux camarades. Louis était même devenu un ami.

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C'était un jour de conseil scolaire que le personnel décida de rajouter un cours à Harry. L'enfant parlait peu. Il interagissait plutôt bien avec ses camarades mais il était trop rare de l'entendre parler. Et cela devait changer. Car Harry parlait bien lorsqu'il y était forcé. Il parlait certes d'une façon curieuse mais il avait suffisamment de vocabulaire pour se faire comprendre. Et au contraire de ses voisins qui partaient en crise pour un rien, jamais Harry ne criait. Même la nuit effrayé par un cauchemar.

Alors le cours de théâtre fut rajouté à l'emploi du temps du petit garçon. La musique fonctionnait bien. Mais une fois de retour au pensionnat, Harry se refermait comme une huitre. Alors l'équipe voulait tenter cette nouvelle activité. Harry n'était absolument pas emballé par cette perspective, depuis longtemps, Harry avait appris à ne pas s'opposer aux adultes. Il participa aux cours sans entrain et fit le strict minimum.

Harry s'était bien adapté à son nouveau rythme : cours la semaine, activités variées le week-end, en petit comité. Ils n'étaient que trois à rester au pensionnat tous les week-end l'année durant. Entre les parents inadaptés, les handicapes trop lourds pour le domicile familial et l'éloignement géographique, les raisons étaient variées. Et puis il y avait les petits qui ne rentraient pas pour une raison occasionnelle et étaient très triste de passer ce week-end loin de Papa et Maman. La soirée du vendredi finissait souvent dans les larmes. Harry avait pris l'habitude de s'éclipser dans son dortoir où James venait lui souhaiter une bonne fin de semaine.

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Harry n'avait pas refait de crise de magie depuis un bon moment. Inconsciemment sa magie avait gardé la trace de l'oubliator. Elle dormait en Harry et bouillonnait de plus en plus souvent. Si un médicomage était passé dans le coin, il aurait forcément proposé une séance de défouloir magique. Sauf qu'il n'y en avait pas. Et cela se ressentait parfois dans le caractère de Harry. L'équipe, sans savoir qu'il s'agissait de magie, lui proposait donc régulièrement des moments de défouloir physique. C'était un moindre mal.

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Thibault gardait en mémoire le séjour de Harry. Il était heureux que l'équipe ait trouvé une solution pour ce petit bout de chou si gentil. L'enfant lui manquait. Ses grands yeux verts qui le regardaient avec admiration quand il le félicitait pour le lit qu'il avait bien fait ou le balais qu'il avait passé… Mais la solution ne prenait pas en compte les vacances scolaires. Ils s'étaient débrouillés pour Noël et le printemps. Comme l'établissement était médicalisé et prenait en charge des enfants handicapés, il devait pouvoir les accueillir toute l'année. Il fermait cependant de façon obligatoire en juillet et août. Harry avait besoin d'une solution. Depuis quelques mois, Thibault avançait dans ses recherches de séjours à caractère sociaux ou médicaux. Son but : éviter à Harry de retourner chez son oncle. L'enfant était bien plus heureux loin d'eux et n'avait d'ailleurs jamais demandé à voir sa tante. Plutôt le contraire.

Il avait quelques pistes : les colonies de vacances pour les enfants placés, les orphelins. Cette option avait l'avantage d'être prise en charge économiquement pour la famille de radins qu'était son oncle et sa tante. Petit problème le mot « autiste » dans le dossier médicale. Le directeur de la colonie pouvait prendre peur et refuser la venue du petit.

Les séjours médicalisés étaient une autre option, encore fallait-il en trouver un correspondant au profil de Harry afin qu'il ne se retrouve pas entouré d'enfant trop lourdement handicapé. Harry avait aussi besoin d'être entouré d'enfants « normaux » pour ce que cela voulait bien dire.

En repensant à sa propre enfance, Thibault se relança ses recherches dans un nouveau domaine : le scoutisme. Harry était débrouille, il aimait bien les jeux en extérieurs. Cela pouvait lui correspondre…

En tout cas, ses recherches avaient deux conditions : les vacances devaient être prise en charge ou vraiment peu cher et le lieu devait pouvoir accueillir un enfant dit « autiste sans déficience ». Un peu méli-mélo.

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Le temps passait et James était de plus en plus surpris par les progrès de Harry. L'enfant était féru de connaissance et semblait pouvoir tout retenir. Il avait bien avancé en écriture et en lecture même si ces domaines lui demandaient encore beaucoup d'effort. Alors très rapidement, les cours de Harry devinrent plus pointus. Si bien qu'un jour James ne sut plus répondre aux questions précises de l'enfant. Ils dirent se rendre à la bibliothèque : bonne occasion pour apprendre à faire des recherches sur papier et à … lire. Harry n'aimait pas vraiment lire mais sa curiosité était bien plus forte, si bien que les deux compères ne virent pas passer l'heure et arrivèrent en retard au cours de théâtre de Harry.

-Je veux pas le théâtre ronchonna Harry, s'exprimant à voix haute pour une fois, je veux la bibliothèque.

James s'attendait à un bon caprice mais non, Harry resta raisonnable et le suivi en trainant des pieds. Et pour conséquence, l'enfant ne lui adressa plus la parole de la semaine… Enfin jusqu'à la séance suivante de questions réponses à la bibliothèque.

-Regarde ! ça c'est une église gothique s'exclama Harry en pointant du doigt une image dans un livre d'architecture. Ça vient du moyen âge ! Les bâtisseurs utilisaient une nouvelle forme de pierre pour faire tenir le toit. Ils appelaient cela l'o.g.i.v.e lut Harry tout content de sa trouvaille.

Pendant plus d'une semaine, James suivit en souriant les découvertes de l'enfant. Harry était dans une phase architecture. Le samedi, il passa sa journée dans le bac à sable essayant de construire un château fort fortifié du moyen âge. Cela finit par un drame quand un petit envahit son espace et à force de jouer avec le sable, tapa dans sa construction. Cela déclencha la première colère de Harry au pensionnat. Il poussa l'envahisseur et lança du sable dans toute la pièce avant de se retirer dans son dortoir pour bouder.

Le personnel fut assez surpris de voir enfin Harry exprimer autre chose que de l'indifférence. D'un côté c'était bon signe : il se sentait assez à l'aise pour exprimer ses émotions parmi eux. Alors ils lui laissèrent de l'espace avant de venir en douceur le ramener dans le groupe. Un atelier poterie et le chagrin fut vite oublié. Le lundi matin, James eut la chance de découvrir un château en terre plus ou moins ressemblant aux dessins de la semaine précédente.

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En fin d'année scolaire, l'équipe ne savait pas comment préparer l'été de Harry. Ils n'avaient pas encore commencé à parler vacances avec les enfants par crainte que le dernier arrivé ne se referme sur lui-même. Harry avait fait de nombreux progrès et ils craignaient une rechute. Marie et Jeanne avaient tentés de demander le retrait de la tutelle de Pétunia. Mais cela semblait impossible bien que personne n'ait su le pourquoi de la situation. Ils furent donc tous soulagés lorsque Thibault annonça sa venue avec une solution pour l'été de Harry !

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Harry était en pleine récréation libre lorsqu'il vit, dans le couloir voisin, passer Thibault. Sans plus attendre, il lâcha son vélo pour courir rejoindre l'homme qui avait pris soin de lui le premier.

C'est tout sourire que l'homme le prit dans ses bras.

-Tu fais quoi ici ? demanda Harry

-Je viens pour préparer ton été ! Tu vas voir, on a préparé plein de surprises, ça devrait te plaire. Mais j'en dis pas plus, ce sont des surprises. Chuchota l'homme à l'oreille de l'enfant.

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Le plan était simple : permettre à Harry d'être loin de sa tante le plus possible pendant deux mois. Seul problème : l'obligation de la juge, l'enfant devait retourner « chez lui » une semaine par an, avec une obligation de passage « médicalisé ».

Thibault avait trouvé un camp scout pour les deux premières semaines. L'enfant y retrouverait une vingtaine d'autres garçons de son âge. Ils découvriraient ensemble le livre de la jungle et partiraient à l'aventure avec Mowgly, l'enfant élevé par les loups. Ce camp était payant mais James avait trouvé LA solution. Il s'était rapproché d'une association caritative et avait plaidé la cause du pauvre orphelin malheureux chez sa tante. Résultat : l'uniforme, les objets de camping et l'inscription de Harry seraient pris en charge par l'association pour offrir au petit des « vacances de rêve ». Ensuite, Harry rejoindrait un groupe d'orphelins britanniques. Ils partiraient ensemble pour quinze jours de voyage « linguistique » en France. Direction la plage et les fameux « club mickey » de la côte. Grand air, olympiades… Si Harry le voulait, il pourrait même continuer les cours de natation !

Ensuite ce serait plus dure : une semaine chez sa tante. Obligation du juge. Sous surveillance relative : une infirmière passerait quotidiennement pour aider le petit à sa toilette et lui donner ses médicaments. Ce n'était absolument pas nécessaires médicalement mais la seule solution pour avoir un accès à l'enfant. Enfin, il finirait ses vacances dans une colonie médicalisé accueillant divers profils d'enfants handicapés ou avec une maladie. Les enfants avaient tous entre 6 et 10 ans et allaient du simple diabète au polyhandicapé. Bref de la diversité.

L'équipe fut satisfaite de ce programme et s'empressa d'organiser une réunion avec la tante et l'enfant. Restait plus qu'à croiser les doigts pour que la tante accepte. Après tout c'était « gratuit » pour Harry donc elle n'aurait pas trop de raison de refuser…

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Si Pétunia ne fut pas contente qu'on lui impose son neveu pendant une semaine de vacances, elle se montra en revanche satisfaite des autres propositions.

-Cette colonie de vacances ? Ne peut-elle pas le prendre tout le mois ? S'enquit-elle.

-Il y a l'obligation du juge madame. Harry doit passer une semaine chez vous…

Déception des deux côtés. Pour une fois, Harry et sa tante étaient du même avis…

Le soir même la surveillante appela James, le plus doué pour consoler Harry. L'enfant était en pleure et elle n'arrivait pas à comprendre. C'était-il bagarré avec un camarade ? C'était-il fait mal ?

Impossible de savoir quand l'enfant ne faisait que la repousser. James s'empressa de venir.

Et pour la première fois, Harry réussit à confier à un adulte ce qu'il avait sur le cœur. Sa déception à devoir retourner chez tante Pétunia, sa peur de son oncle, la méchanceté de Dudley et la chasse au Harry. S'il ne parla pas du placard, il se confia suffisamment pour que James prenne conscience de l'ampleur de la situation du gamin. Oui, Harry était bien plus à l'abri que chez ces tuteurs. Mais comment expliquer à un enfant la décision irrévocable d'un juge jusqu'au jugement suivant ? Comment lui faire comprendre qu'il devait retourner, forcé par les adultes, dans un lieu où il se confiait être maltraité ? Comment ne pas rester insensible à ce petit garçon forcé de faire la cuisine sans pouvoir manger à sa faim, comment ne pas avoir le cœur serré de savoir ce petit bout de sept ans

Parfois les gestes valaient milles mots. Et c'est dans les bras de James que Harry finit par sécher ses larmes et par s'endormir en serrant contre lui sa nouvelle peluche : un Bambi.

Oui, l'enfant était au mieux dans le pensionnat. Et James allait s'empresser de remonter les informations à qui de droit pour tenter au maximum de protéger ce petit.

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L'été arriva bien trop vite et pour la première fois de sa vie, Harry partit en vacances. Des vacances pleines d'aventures et de défis. Et un peu de stress quand même. Si le petit « autiste » avait été bien préparé pour ce bond dans l'inconnue, il y avait quand même de grandes questions. James lui avait fabriqué un petit agenda avec sur chaque page la photo d'un responsable qui s'occuperait de lui. La destination du voyage, des photos du nouveau lieu quand cela était possible. Très curieux, Harry avait fabriqué un petit livre de traduction pour son voyage en France. Etonnamment, ce voyage avait été l'occasion d'aiguiser la curiosité de l'enfant. Harry avait passé des heures entières à la bibliothèque pour découvrir l'histoire de France, ses régions, sa culture, sa langue… Il avait rogné au maximum les récréations libres quand les adultes n'arrivaient pas à le retenir dans la cours.

NA:Comme toujours, difficile de mettre en page... J'espère que cela apparaitra bien comme sur mon écran. A bientôt pour la suite. Et n'hésitez pas à lacher un petit commentaire!