CHAPITRE 7 :

Le lundi matin il ne fallut que trois minutes et trente-deux secondes à Granger pour ramener la conversation vers le fait que Draco ai été au match des Harpies pendant le week-end.

- Ginny a dit que tu étais à son match samedi.

Draco se figea et plissa les yeux. Oh elle te l'a dit, n'est-ce pas ? Et qu'est-ce que la Belette t'a dit d'autre à mon sujet ?

- Je ne savais pas que Ginny Weasley avait son mot à dire sur mon assiduité, dit-il de son ton le plus froid, ses doigts reprenant leur routine languissante autour de son mug.

- C'est Potter, et je ne pensais pas que la rencontre de ces deux équipes était un match auquel tu devais assister pour le travail.

Bordel, rien ne t'échappes, hein Granger ? Putain.

Draco haussa les épaules dans un geste qu'il espérait être purement nonchalant.

- J'ai des billets pour n'importe quel match grâce à mon travail. J'avais juste envie de voir du Quidditch, je pense. Je ne vois pas pourquoi Weasley en a la culotte toute mouillée.

Granger leva les yeux au ciel.

- C'est Potter, et ne sois pas vulgaire. Elle n'a fait que mentionner qu'elle t'avait vu dans la loge de ton agence pendant le match, c'est tout.

Mais ce n'était pas tout. Parce que si c'était tout, alors pourquoi Granger avait soudainement l'air pleine d'appréhension ?

- Tu sais, commença-t-elle en essayant d'avoir un ton désinvolte, si tu avais voulu, tu aurais pu venir et hum, dire bonjour.

Draco la regarda, bouche bée.

- Dire bonjour ? Répéta-t-il idiotement.

Elle hocha la tête et avala ce qui ressemblait à une boule dans sa gorge.

- Oui, je me disais que, tu sais, tu aurais pu venir dans notre loge et hum, dire bonjour, tu sais, à hum moi et tout le monde et peut-être hum... traîner un peu...

Elle divaguait de manière troublée et Draco était abasourdi à ses mots.

- Traîner. Dans ta loge. Avec toi.

Elle le fixa en retour, ayant l'air soudainement effrayé par son ton bas et son air méprisant. Bien. Elle devrait avoir peur de lui. Il n'était pas une bonne personne, pas comme elle. Pas comme ses véritables amis.

- Dis moi Granger, à quel genre d'accueil aurais-je eu droit de la part de ton précieux Potter et du clan Weasley ? Poignées de main et accolades ? Et puis on se serait tous marrés et on se serait remémoré joyeusement tous les doux souvenirs que l'on partage ? C'est ça que tu avais imaginé ?

Ils avaient atteint le sujet de conversation autour duquel ils n'avaient fait que tourner. Mais maintenant, à cause de Granger, le monde extérieur s'était introduit dans leur paisible sanctuaire matinal, apportant avec lui la menace grandissante de dangereux détours vers le bon vieux temps. Certaines nuits, seul dans son grand lit, Draco s'était demandé pendant combien de temps ils pourraient continuer ainsi : dans cet état d'ignorance bienveillante du monde magique et des opinions que ce monde pourrait avoir d'eux deux prenant un café ensemble. D'eux ayant des conversations personnelles et partageant, bout après bout, des morceaux de leurs vies, ne faisant que mentionner, simplement, leur amis ou leur famille, ou l'époque de Poudlard. Car s'ils devaient parler de tout ça de manière plus profonde, plus spécifique, alors la bulle éclaterait. Draco éclaterait. Il s'effondrerait complètement devant elle et toutes ses années de guérison se seraient bonnes à jeter par la fenêtre. Et il devrait dire les mots qu'il était trop lâche pour dire à Hermione Granger.

- Parce que si c'est ce que tu as imaginé Granger, permets moi de t'ouvrir les yeux sur cette idée. Si j'avais réussi à atteindre ne serait-ce que le seuil de cette loge sans être maudit à plusieurs reprises, je suis certain que la seule chose que j'aurais pu attendre de ces merveilleuses personnes que tu appelles des amis, aurait été des regards glacials et peut-être même quelques poings dans la gueule. Donc non, Granger. Je n'ai pas pensé à venir et juste « dire bonjour ».

Elle eu l'air confus et un peu blessé. Bien. Je ne suis pas une bonne personne Granger, tu ne le vois donc pas ? Toi, plus que tous, tu devrais le savoir ! Je ne suis bon pour personne, encore moins pour toi.

Elle se tordit les mains sur ses genoux puis prit une profonde inspiration et fit voler le monde de Draco en éclat avec seulement trois mots.

- Je suis désolée.

Non. Pas ça, pas maintenant. Jamais.

Draco repoussa sa chaise de la table aussi vite qu'il le put et se leva rapidement. Son cœur tambourinait dans sa poitrine alors qu'il baissait les yeux vers elle. Son regard paniqué trouva la porte et il calcula qu'il ne lui faudrait qu'une douzaine de pas pour l'atteindre.

- Ne le soit pas, Granger, gronda-t-il comme une menace.

Mais, d'une manière qui lui était typique, Hermione Granger ne l'écouta pas. Elle ne tint pas compte de son avertissement. Ses yeux bruns étaient si pleins de chaleur et de pure émotion qu'il dut regarder ailleurs. Je suis en contrôle.

- Malfoy, écoute, je suis désolée si j'ai –

- Je ne peux pas faire ça, murmura-t-il.

Il la contourna rapidement et se dirigea vers la porte. Il ne ralenti pas son allure les premiers mètres mais y fut obligé. Toutes ses entrailles tremblaient et sa respiration était irrégulière. Il entendit quelqu'un courir derrière lui et il ferma les yeux. Bien sur qu'elle le suivrait. Bien sur qu'elle viendrait pour veiller sur lui, sur ce qu'il ressentait. Lâche.

- Malfoy, appela-t-elle doucement tel un chant de sirène qui l'obligea à se retourner et lui faire face.

Elle se tenait à quelques mètres de lui, dans le soleil de septembre, la lumière se reflétant sur ses joues roses et rendant ses cheveux bruns dorés alors qu'une douce brise faisait voler ses boucles. Et il y avait ce scintillement dans ses yeux, exprimant une inquiétude sincère qui fit se serrer la poitrine de Draco avec douleur.

Sa beauté le renversa. Ça faisait mal de la regarder.

Ses émotions était un tourbillon en lui alors Draco fit ce qu'il faisait toujours dans ce genre de situations. Il se déchaîna.

Marchant avec aplomb vers elle, il agrippa Hermione par le haut de son bras, l'obligeant à lever les yeux pour les plonger dans les siens alors qu'il la surplombait.

- Tu n'as pas à t'excuser envers moi, pour quoi que ce soit, tu comprends ? Pour quoi que ce soit, siffla-t-il, ses yeux gris plongés dans les siens, essayant de lui faire comprendre ce qu'il voulait vraiment dire.

Tu comprends Granger ? N'ai-je pas été assez clair sur le genre d'homme que je suis ?

Elle le fixait à peine en retour alors que les yeux de Draco la suppliait de comprendre le véritable poids de sa déclaration. J'arrive à peine à dire ces mots Granger, même si je sais que j'en ai envie. Je ne suis pas comme toi. Je suis un putain de lâche.

Elle ne regardait pas ailleurs. Les yeux de Draco se baissèrent sur ses lèvres, légèrement entre-ouvertes pour qu'elle puisse expirer un souffle tremblant.

- D'accord, murmura-t-elle et Draco la senti trembler légèrement.

Il reprit alors ses esprits et lâcha son bras comme s'il l'avait brûlé. Il fit quelques pas en arrière et baissa la tête, honteux de l'avoir touché sans son consentement. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi bordel ?

- Je ne voulais pas... Je... On se voit demain Granger.

Il fit demi tour et parti sans un regard en arrière.


Quand Draco atteignit son vestibule ce soir là après le travail, une lettre avec un cachet familier l'attendait. Avec des mains légèrement tremblantes, il détruisit le sceau de Poudlard pour lire la réponse de Minerva McGonagall. Il laissa aller un soupire qu'il avait retenu durant toute sa première lecture et l'emmena dans sa chambre. Faisant apparaître une bouteille de Firewhisky, Draco se versa une dose généreuse en se laissant tomber dans un fauteuil près de la cheminée. Vidant son verre d'une traite, Draco relu la lettre à plusieurs reprises. Bien qu'elle contienne de bonnes nouvelles, il posa la lettre et le verre pour enfouir sa tête entre ses mains et sangloter.

Le matin suivant, les choses revinrent à la normale entre lui et Granger. Même s'il avait remarqué que la taille des poches sous ses yeux pouvaient rivaliser avec les siennes.

J'essaie. Je sais que ce n'est pas assez. Je suis en contrôle.


Octobre 2007

Draco resserra son manteau alors qu'il apparaissait à Préaulard. Il avait sélectionné le point d'apparition le plus près des portes de Poudlard, espérant éviter les plus possible le village. Depuis ce point, il pouvait atteindre les portes sans avoir à passer devant les Trois Balais, un établissement dans lequel il n'était pas du tout le bienvenu. En tout cas depuis que la beuglante de Madame Rosemerta lui avait hurlé dessus, des années auparavant, après qu'il lui ai écrit une lettre d'excuses. Draco était certain que la propriétaire avait une grande mémoire, et il n'était pas d'humeur à tenter sa chance dans un lieu public.

Il était reconnaissant que les rues soient vides – car il était encore tôt ce samedi et que ce n'était pas un week-end à Préaulard pour les élèves. Alors que Draco s'approchait des portes de l'entrée de l'école, il tâtonna les deux poches intérieures de son manteau pour vérifier qu'il avait bien les deux objets nécessaire pour aujourd'hui. L'une poche contenait une fiole pleine de Philtre de Paix. Draco en avait déjà descendu une ce matin. Il aurait très probablement besoin d'au moins la moitié de cette fiole après sa conversation dans le bureau de la Directrice. Il n'était pas revenu à l'école depuis la bataille finale, plus de neuf ans auparavant. Je suis en contrôle.

Son autre poche contenait l'épais paquet de parchemin qu'il présenterait à McGonagall. S'il gardait son sang-froid, il serait peut-être capable de la convaincre de son idée.

Un vieil homme vêtu d'un épais pull en laine et d'un pantalon en tweed attendait à l'entrée du portail. Un West Highland Terrier sur ses talons, sa petite queue remuant de droite à gauche alors qu'il observait Draco s'approcher. Rusard avait finalement dû mourir, laissant enfin une place vacante à l'école pour qu'un autre vieux schnock acariâtre puisse arpenter les couloirs et jeter des regards noirs aux élèves.

- Draco Malfoy ? S'enquit l'homme avec un fort accent Ecossais.

- Oui, j'ai un rendez-vous avec la Directrice.

- Ouaip, je suis au courant. En avant alors, et ne traîne pas.

Draco leva les yeux au ciel dès qu'il eu le dos tourné une fois les portes ouvertes pour le laisser entrer. Donc ils aimaient vraiment employer des vieillards revêches comme gardiens de Poudlard.

Le Terrier vagabonda autour de Draco et renifla ses chaussures avant de retourner à côté de son maître. Draco rattrapa l'homme et garda son regard fixé sur la porte principale du château. Il ne regarda ni à droite ni à gauche jusqu'à ce qu'il ai atteint le hall d'entrée, effrayé de ce que sa mémoire pourrait faire apparaître s'il osait jeter un coup d'oeil. Oh oui, je me souviens, juste ici, c'est l'endroit où le petit Creevey a été tué, quel bon souvenir ! Et regarde, par là-bas ce trouve l'endroit où plusieurs des charmants associés de Greyback ont mutilé un autre élève. Ce bon vieux Poudlard !

Draco inspira profondément et expira doucement, concentré sur sa respiration et essayant de ne pas se noyer dans les affres du passé.

Les deux hommes et le chien marchèrent le long d'un chemin familier jusqu'au bureau de la Directrice dans le silence. Draco garda encore une fois son regard concentré seulement sur ce qui se trouvait devant lui, ne sachant pas s'ils étaient passés devant des élèves, employés ou fantômes. Evidemment, le château avait été restauré par des experts depuis la dernière fois qu'il avait foulé ce sol, et Draco ne avait pas ce qui aurait été le plus douloureux : toujours voir des traces de destruction ou voir comment tout le monde avait balayé et avancé avec leur vie.

Atteignant enfin la gargouille de pierre, le gardien grommela « Triton au Gingembre* » et gesticula pour indiquer à Draco de se rendre à l'intérieur.

- Merci, monsieur... ?

- McCallister. Allé Nessie, dit-il au terrier qui renifla Draco une dernière fois avant de trottiner après son maître.

Draco fit un pas sur l'escalier mouvant en spirale et commença à compter ses respirations mentalement. Fait chier. Il prit le Philtre de Paix et en bu la moitié avant que l'escalier ne s'arrête. Ses mains étaient plus stables alors qu'il frappait à la porte du bureau.

- Entrez, appela une voix familière.

Avalant de nouveau, Draco poussa la porte et entra. Tout était comme dans les souvenir de Draco, la seule différence étant le corps qui occupait la chaise derrière le large et magnifique bureau de la pièce circulaire, et l'absence de phoenix.

McGonagall se leva abruptement et l'approcha avec la main tendue.

- Bonjour, M. Malfoy, merci de votre ponctualité. Je peux vous offrir du thé ?

C'était positivement irréel. Il se tenait là, serrant la main de son ancienne professeure de Métamorphose qui venait juste de lui proposer un thé. Elle paraissait très sérieuse : pas de grimace, pas de menace d'enlever des points à sa maison ou de le mettre en retenue. Cela faisait-il tant de temps depuis qu'il n'était plus élève ?

- Oui, du thé serait parfait, merci, répondit-il doucement.

Avec un mouvement ferme de sa baguette, McGonagall fit apparaître une théière, une soucoupe et plusieurs accessoires pour le thé sur la table basse à côté d'une paire de chaise devant son bureau.

- Je vous en prie, asseyez-vous.

Elle indiqua les chaises alors qu'elle prenait place derrière son bureau une fois de plus. Draco obéit, et, plus pour éviter de la regarder qu'autre chose, s'affaira à préparer une tasse de thé très sucrée. Le thé prêt – il ne pouvait plus repousser l'échéance plus longtemps – il leva les yeux.

Juste derrière et au-dessus du bureau, se trouvaient deux portraits contenant les images d'hommes qui instiguaient encore des sentiments conflictuels chez Draco. Le portrait du Professeur Dumbledore était pour l'instant vide et celui de Severus Rogue avait l'air d'être endormi. Draco poussa un doux soupire de soulagement et rencontra les yeux de McGonagall à la place. Elle l'observait de manière perçante par dessus ses lunettes et maintenant Draco se sentait de nouveau comme un élève, ce qui le mis étrangement plus à l'aise.

McGonagall s'éclaircit la gorge.

- M. Malfoy, je dois avouer que ce fut quelque peu un choc de recevoir votre lettre. Je dois aussi avouer que je ne suis pas certaine de savoir comment vous aider.

Draco bu son thé et déposa doucement sa tasse sur la soucoupe sur la table, effrayé qu'elle ne tremble dans ses mains. Il prit une profonde inspiration. Tu as dit que tu essaierais. Prouve le.

- Oui, et merci de me recevoir Mme. la Directrice. Comme je l'ai écrit dans ma lettre, je souhaite faire un don d'or afin de financer une nouvelle initiative pour l'école.

Tiens toi en au fait. Tiens toi en aux chiffres.

La bouche de McGonagall était une ligne fine et il se souvint que c'était son expression par défaut.

- En effet. Mais comme nous le savons tous deux, M. Malfoy, votre famille fait déjà don d'une somme tout à fait généreuse à notre école chaque année. Je ne suis pas certaine de comprendre votre demande.

Draco sorti la pile de parchemin de la poche de son manteau.

- Ce nouveau projet n'interférera en aucun cas avec ma donation actuelle pour l'école. Comme je l'ai écrit, j'aimerais que cette fondation serve pour un sujet nouveau très spécifique.

Il se leva ensuite et s'approcha de son bureau. Il déplia la pile de parchemin et le déposa doucement devant elle.

- C'est ce que j'avais en tête. Et je pense qu'une fois que vous l'aurait lu, vous comprendrez que je n'ai pas eu l'idée tout seul, et vous aurez raison. Ce n'était pas mon idée. Mais les fonds viendront de mes coffres forts.

Draco venait de faire ce que peu de gens sur la planète avait réussi auparavant : il avait fait tomber bouche bée Minerva McGonagall. Il se doutait que le choc était lié au nom de la fondation, écrit en gras et épais sur la première page :

La Fondation Hermione J. Granger pour les Elèves aux Parents Non-Sorciers

Draco n'avait aucune idée de ce que signifiait le « J » mais le sac de travail de Granger avait ses initiales « HJG ». Il se fit une note mentale pour se souvenir de lui poser la question sur son deuxième prénom plus tard.

McGonagall cligna des yeux rapidement, levant son regard vers Draco pour confirmer qu'il était bel et bien assis devant elle et que ce n'était pas un rêve étrange, et reposa les yeux sur le parchemin. Draco l'observa nerveusement et tenta de ne pas gigoter sur son siège pendant que ses yeux s'agitaient de droite à gauche sur le parchemin. Il n'avait aucune idée du temps qui s'était écoulé mais il savait qu'interrompre McGonagall pendant qu'elle récupérait des informations était une erreur. Il s'assit sagement et tenta de contrôler sa respiration alors qu'elle scannait le document, ligne après ligne, ses yeux ne trahissant rien depuis son choc initial à la découverte du nom.

Elle ne dit rien et n'eut aucune réaction jusqu'à ce qu'elle ai terminé de lire chacune des lignes devant elle. Quand elle eu enfin atteint la fin, elle s'appuya contre le dossier de sa chaise et joignit ses mains sur le bureau devant elle, fixant Malfoy avec son regard perçant. Draco n'osa pas regarder ailleurs.

- M. Malfoy. Je dois de nouveau avouer que je suis perdue ici. Pourquoi me présentez-vous un document, certes approfondi, original et définitivement nécessaire, et non pas Mlle Granger elle-même ?

Draco s'éclaircit la gorge et bougea de manière peu à l'aise sur son siège.

- Eh bien comme je vous l'ai dit précédemment, Mme la Directrice, ce n'est pas mon idée. C'est celle de Granger.

- Précisément, M. Malfoy, et ayant eu le plaisir d'enseigner à Mlle Granger pendant plusieurs années, je reconnais les grandes lignes de ses recherches et ses talents d'organisation. Je suis toujours confuse quant à ce pourquoi je m'adresse à vous, et non pas à elle.

Draco bougea de nouveau, ayant l'impression d'être à son procès. Je n'ai pas copié sur sa putain d'interro, McGonagall.

Rien ne va ici.

- Parce qu'elle n'est pas au courant, murmura-t-il doucement.

Pour la deuxième fois durant ce rendez-vous (ce doit être un record), Draco réussit a choquer Minerva McGonagall et la laisser bouche bée.

- Elle n'est pas au courant, répéta la Directrice faiblement.

Draco secoua la tête et pensa qu'il devrait probablement essayer de sauver la situation. Cette conversation ne se passait définitivement pas comme prévu.

- C'est un peu une longue histoire, mais Granger et moi nous sommes en quelques sortes...Retrouvés, je pense qu'on peut dire ça. Et hum... Elle me disait l'autre jour qu'elle avait eu une idée... Et tout a commencé parce qu'elle s'est énervée à cause de bêtises dans la Gazette, et vous savez, Mme la Directrice, comment peut-être Granger quand elle est passionnée à propos de quelque chose, et tout s'est enchaîné à partir de là en fait... et donc elle a eu cette idée brillante, comme toujours, et eh bien si Hermione Granger ne peut pas accomplir ça, alors quel est l'intérêt ? Elle a eu l'idée, j'ai l'or, mais vous la connaissez, Mme la Directrice, à la seconde où je vais proposer de financer cette fondation, elle va refuser et être foutrement têtue et noble... alors j'en ai peut-être volé une partie dans son carnet pendant qu'elle ne regardait pas... et eh bien le timing est parfait, vraiment, puisque j'ai une large somme d'argent que j'ai besoin de déplacer avant la fin de l'année parce qu'il était déjà supposé avoir été donné mais ensuite –

McGonagall leva une main et Draco interrompit ses divagations, serrant la mâchoire d'embarras face au discours décousu et peu professionnel qu'il venait de faire. Voilà pour ce qui est d'être l'éloquent et détaché riche héritier...

- Vous pensiez que vous pouviez simplement établir une initiative culturelle très généreuse et complète pour les étudiants nés moldus, le tout en son nom, sans le lui dire au préalable ?

Draco cligna des yeux deux fois, pris au dépourvu par son résumé concis et juste.

- Mh, oui, c'est euh... C'est à peu près exactement ça oui.

McGonagall poussa un long soupire par les narines et commença à relire le parchemin une nouvelle fois. Quand elle regarda de nouveau Draco, son visage était austère et impassible.

- Pardonnez moi si ma question paraît accusatrice, mais je dois la poser malgré tout. Qu'avez-vous à gagner d'un geste aussi grandiose ? Mlle Granger et vous-même n'étiez pas vraiment proches lorsque vous étiez à Poudlard.

C'était une question honnête, pensa Draco. Et, bien que son ton soit neutre, Draco su qu'elle lui reprochait d'avoir été un connard absolu pendant des années et la majeure partie de sa scolarité... et pour toute l'histoire où il avait laissé s'introduire des Mangemorts dans l'école et la partie où il avait tenté d'assassiner Dumbledore. Ses soupçons quant à ses motivations pouvant se révéler peu nobles, n'étaient certainement pas sans fondement de son point de vue.

La confiance se gagne avec le temps, disait la voix du Guérisseur Browning dans sa tête.

Draco devait choisir ses mots avec très grand soin.

- Granger débattait des mérites du genre de programme que vous pouvez lire sur le parchemin devant vous, Mme la Directrice. J'ai trouvé que ses arguments, au sujet du manque d'information et d'éducation que les familles moldues reçoivent concernant leurs enfants sorciers, très persuasifs. Evidemment, au vu de sa propre expérience personnelle, sa perspective unique a parfaitement démontré comment ce genre d'initiative culturelle pourrait immédiatement bénéficier tous les élèves de Poudlard. Ce n'est que lorsque j'ai soulevé la question du financement qu'elle a vacillé.

A présent, Draco était dans son élément. Il se redressa avec confiance vers le parchemin situé entre lui et McGonagall sur son bureau.

- Si vous regardez la dernière moitié du plan de Granger, vous verrez que j'ai calculé le montant nécessaire pour chaque axe de la fondation.

Il désigna du doigt chaque élément: les horaires du personnel, les liaisons ministérielles, les fournitures, les voyages supplémentaire du Poudlard Express, jusqu'au coût d'ouverture des cuisines pendant la période d'orientation.

Draco retourna à son siège et prit une gorgée de thé pour se donner confiance.

- Selon les calculs de mes conseillers, l'or que je fournirais pour cette fondation dans sa version actuelle permettrait de soutenir le programme pendant dix ans.

McGonagall hocha la tête et commença à replier le parchemin. Une fois qu'il fut plié et recacheté, elle se pencha pour jauger Draco par dessus ses lunettes une nouvelle fois.

- M. Malfoy, vous venez de me donner la raison logique et pratique de votre implication. Ajoutée aux idées de Mlle Granger, je ne vois pas de raisons pour lesquelles cette fondation n'aurait pas lieu.

Le cœur de Draco s'emballa et il essaya de calmer ce fichu sentiment d'espoir. Pourquoi avait-il l'impression qu'un cognard était sur le point de frapper ?

- Cependant.

Eh merde, le voilà.

- Vous n'avez toujours pas répondu à ma question. Qu'attendez-vous, personnellement, de cette nouvelle aventure ?

Il était de nouveau là, ce soupçon qui se cachait derrière chacun de ses mouvements à cause de ses misérables actions d'adolescent. Ne fait pas encore tout foirer. Je suis en contrôle. Il faut commencer quelque part.

Il prit une inspiration assurée.

- Mme la Directrice, je sais que je ne suis pas un homme que vous considérez comme digne de votre confiance.

Draco pensa avoir vu l'un de ses sourcils se lever brièvement face à sa franchise, mais c'était toujours si dur de savoir avec McGonagall.

- Je sais que j'étais loin de l'élève model. J'ai souvent été une petite terreur égocentrique et, en plus d'une occasion, je ne vous ai pas donné le respect que vous méritiez. Et si j'ai joué un quelconque rôle dans votre détresse au fil des années, alors j'espère que vous me croirez quand je vous dis que je suis désolé. Puisque je ne peux pas remonter le temps pour réparer toutes mes erreurs de jeunesse, le mieux que je puisse offrir c'est un moyen de faire avancer notre monde.

Il s'arrêta alors de parler, ayant besoin de respirer alors que l'air venait à se raréfier autour de lui. Draco se concentra pour compter ses respirations, attendant patiemment que McGonagall lui réponde. Il continua de compter alors qu'il soutenait son regard, essayant de communiquer sa sincérité à travers ses yeux. Est-ce que vous avez une idée de ce que ça me demande, McGonagall ? Je me vide de mon sang bordel.

- Merci, M. Malfoy.

Les mots de McGonagall étaient si bas qu'il eu du mal à les entendre. Sa mâchoire était fermement serrée comme si elle tentait de retenir une émotion. Elle s'éclaircit la gorge abruptement et ramena la conversation à la fondation.

- Je ne vois pas de raison pour lesquelles je ne présenterais pas cela aux représentants de l'école. Je dois maintenant vous prévenir, cela peut nécessiter quelques aller-retour. Le hibou est-il le moyen le plus sûr de négocier avec vous ?

Draco cilla de surprise face à son soudain retour aux détails professionnels.

- Mh, oui. Par hibou, ça ira.

Elle acquiesça sèchement.

- Excellent. Si les représentants acceptent d'avancer avec la fondation – et je dois dire que vous et Mlle Granger avaient déjà fait la majeure partie de la fastidieuse tâche d'organisation des leçons et des finances – alors nous aurons une période de réflexion. Pendant cette période, les représentants auront une chance de soumettre des corrections ou avenants au programme. Une fois que nous aurons collecté ces modifications, je vous prodiguerai une copie de ce sur quoi nous nous sommes mis d'accord. Si vous acceptez les éventuels changements, alors nous présenterons la fondation au Ministère pour approbation.

Draco expira de soulagement. Ça pouvait marcher. Bordel, ça pouvait marcher!

- Mme la Directrice, si je puis me permettre, j'ai deux clauses non-négociables avant qu'un quelconque changement soit fait. Premièrement, le nom de la fondation. C'était l'idée de Granger et elle a fournit tout le gros du travail, donc son nom reste. Deuxièmement, il n'y aura aucune information menant à mon nom. Je souhaiterais rester un « bienfaiteur anonyme » sur absolument chaque document financier. Cela inclus votre présentation aux représentants de l'école. Je souhaiterais que cela reste entre vous, mes conseillers financier et moi-même.

McGonagall le fixa avec un regard perplexe.

- M. Malfoy vous comprenez bien qu'une initiative comme celle-ci, combinée avec la renommée qu'accompagne le nom de Mlle Granger... Eh bien, il y aura un peu de retombée médiatique attachée à la fondation, si jamais elle se réalise.

- Je sais, dit-il en avalant nerveusement. C'est pourquoi je pense que l'école devrait organiser un gala pour collecter des fonds chaque année. Cela détournera l'attention du « bienfaiteur anonyme » et, comme je l'ai dit précédemment, nous aurons besoin de plus de fonds après dix ans. Je pense que vous trouverez plus qu'il ne faut de famille magique fortunée et désireuse d'investir de l'or dans une fondation comme celle-ci pour se faire de la bonne publicité.

McGonagall acquiesça de nouveau.

- Je suis plutôt d'accord, excellente suggestion. J'ajouterai ce détail aux représentants.

Elle en fit une note sur un autre bout de parchemin. Draco pouvait sentir le philtre de Paix commencer à s'estomper, et fut surpris par l'heure quand il regarda sa montre, constatant qu'il était presque midi.

- Il y a juste autre chose M. Malfoy.

Putain de Salazar Serpentard, quoi encore ?

- Quand avez-vous l'intention d'informer Mlle Granger de sa fondation éponyme ? Je ne peux qu'imaginer qu'elle ne serait pas ravie d'apprendre ça dans la Gazette. Ou qu'elle apprécie rester dans l'ombre pendant que tout ça est approuvé sans sa contribution.

Putain, McGonagall avait raison. Granger serait complètement folle de rage contre lui - et à juste titre - si elle apprenait qu'il avait agit dans son dos et avait confié son idée au Ministère après qu'une bande de vieux représentants de l'école aient eu l'opportunité de donner leur avis. Mais il ne voulait pas qu'elle puisse l'arrêter non plus.

- Juste avant l'approbation du Ministère, dit fermement Draco. Elle pourra approuver la version finale ou tout abandonner si elle le souhaite. Mais je ne veux pas qu'elle se fasse de faux espoirs si ça ne va pas jusque là.

McGonagall pinça les lèvres et Draco pouvait dire qu'elle n'appréciait pas sa manière fourbe de traiter avec Granger. Elle acquiesça finalement et se leva, la main tendue.

- Bien, M. Malfoy, ce fut une plaisante visite surprise. Vous devriez recevoir un hibou de ma part avant la fin du mois.

Draco se leva rapidement et lui serra la main. Ses yeux se levèrent rapidement et il essaya de ne pas pousser un cri de surprise. Le portrait de Dumbledore était à présent tout à fait réveillé et lui souriait avec bienveillance. Mais ce qui coupa le souffle de Draco fut l'éclat constant et fixe de deux yeux noirs – intenses et familiers – perçant les siens. Draco leva presque ses murs d'occlumencie dans son esprit avant de se souvenir qu'un portrait de Severus Rogue ne pouvait pas le pénétrer, aussi précis fut-il. Je suis désolé. Je suis désolé. Je suis désolé. Bordel, je suis tellement désolé.

McGonagall lui lança une sorte de grimace compatissante alors que Draco arrachait son regard des deux anciens Directeurs.

- Le déjeuner est sur le point d'être servi dans la Grande Salle. Souhaiteriez-vous vous joindre à moi à la table des professeurs ?

Draco secoua la tête, sachant que le Philtre de Paix arrivait à sa fin. Il n'y avait pas moyen qu'il puisse s'asseoir le temps d'un repas avec le reste de ses anciens professeurs et les yeux de centaines d'élèves sur lui.

- Merci, Mme la Directrice, mais je pense que je devrais rentrer chez moi. Je connais la sortie.

Draco arriva jusqu'à l'extérieur du bureau avant que sa main tremblante ne se referme sur la fiole de Philtre de Paix. Il s'arrêta et bu le reste de la potion. De l'autre côté de la porte, il entendit la voix amusée de Dumbledore faire cette remarque :

- Ne te l'avais-je pas déjà dit, Severus ? Je crois sincèrement que les élèves sont répartis bien trop jeunes.

Draco ne comprit pas le commentaire mais pouvait jurer avoir entendu un grognement en réponse et le son familier du froissement des robes de Rogues alors que Draco l'imaginait quittant le cadre d'un air renfrogné.


- Alors ? J'ai tenu parole ou non ? Je ne t'ai pas dit que c'était spectaculaire ? Elle fait ça après tous les matchs.

Draco hocha la tête, impressionné, alors qu'il observait la jeune joueuse compléter doucement sa descente sur le terrain de Quidditch. A l'exception de la jeune femme qui chargeait son balais sur son épaule en contrebas, le reste du terrain était désert. Draco avait finalement tenu parole et accepté de traîner avec Wesley Macnair après un match. Vu que les Guêpes de Wimbourne de Draco venaient de balayer les Tornades de Macnair, Draco s'était dit que la moindre des choses était de rester un peu pour voir ce que Macnair tenait tant à lui montrer.

Alors que la loge de la compagnie et le stade se vidaient, Macnair avait de nouveau levé ses multiplettes vers son visage et demandé à Draco de faire de même.

- Crois moi, tu veux voir ça.

Une jeune femme dans un maillot des Tornades était restée sur le terrain avec son balais et une batte de Batteur dans les mains. Elle s'était envolée soudainement puis avait pointé sa baguette derrière elle pour relâcher deux cognards de leur caisse. Les deux balles s'étaient jetées sur elle à une vitesse féroce mais elle les avait frappé au loin rapidement alors qu'elle s'était envolée plus haut dans les airs. Ce qui avait suivi pendant la demie-heure d'après n'avait été qu'un assaut incessant de cognards et le tourbillon de la batte de la joueuse tandis qu'elle avait repoussé, tentative après tentative, la balle qui voulait la renverser.

Draco l'avait observé alors que les sourcils de la jeune femme se fronçaient sous la concentration, la transpiration coulant le long de ses tempes alors qu'elle frappait férocement la batte avec une incroyable force et précision. Il n'avait jamais vu une aussi impressionnante combinaison de grâce, de contrôle, et de force pure. Ses épaules étaient larges et Draco pouvait voir les contours de ses biceps bombés malgré son maillot. Il était clair qu'elle était en excellente condition physique et, à la distance que parcouraient les cognards lorsqu'elle les frappait, elle maitrisait sa force parfaitement.

Il entendit un doux gloussement à côté de lui alors que Macnair le sortait de ses pensées pendant qu'il regardait la jeune joueuse quitter le terrain.

- D'accord, explique. Pourquoi cette fille ne fait pas partie de ta liste de départ ?

Macnair fronça les sourcils et soupira.

- Tu connais les Tornades. C'est un groupe de garçon depuis toujours. Cette petite louloute, Maureen Tyler, elle est batteuse remplaçante depuis deux saisons, et tu n'imagines pas combien de fois j'ai supplié les entraîneurs et le capitaine de la promouvoir comme titulaire.

Draco hocha la tête en signe de compréhension. Les Tornades aimaient se voir comme la réponse entièrement masculine des Holyhead Harpies, ce qui était totalement crétin du point de vu de Draco. Il n'y avait pas d'interdiction officielle, évidemment, mais quand la seule joueuse depuis des décennies ne pouvait pas quitter le banc de touche, alors il devait s'avérer que les rumeurs sur les entraîneurs et l'atmosphère de l'équipe soient correctes.

- Alors pourquoi m'as-tu révélé cette grande arme secrète ? Les Guêpes n'ont plus de place pour une Batteuse supplémentaire dans l'équipe, on me rirait au nez rien que de l'avoir suggéré.

Macnair acquiesça et poursuivit.

- C'est vrai mon garçon. Je ne pense pas qu'elle convienne à ton équipe non plus. Mais tu ne connais pas une équipe qui pourrait bénéficier de ses talents incomparables ?

Draco secoua la tête, pas par ignorance mais par désaccord. A présent, il comprenait où Macnair voulait en venir.

- Aucune chance que je sois capable de convaincre McLaggen. Ce n'est le recruteur des Harpies que pour pouvoir jouer à « trouve-ma-baguette » avec les recrues les plus attirantes. En plus, tu sais que ce genre de connivence est mal vue par Bellamy, n'est-ce pas ?

Macnair agita une main impatiente.

- Arrête ça ! Tu ne peux pas me dire que cette fille n'est pas une prodige de la batte ! Elle serait titulaire dans n'importe quelle autre équipe !

Draco jaugea son collègue et plissa les yeux.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Pourquoi es-tu aussi investi au sujet de cette fille ?

Macnair soupira et passa une main dans sa sombre barbe de trois jours.

- Ecoute, je l'ai recruté directement à la sortie de Poudlard. Je suis sérieux quand je te dis que je n'ai jamais vu un talent pour la batte comparable au sien. Et puis... Elle est née moldue, et je ne pense pas qu'elle ait eu beaucoup d'option de carrière après l'école, pour être franc avec toi. Elle m'a dit qu'elle veut simplement rapporter assez d'argent pour aider son père.

Les sourcils de Draco se froncèrent d'avantage et il passa une main impatiente dans ses cheveux blond, lui aussi. En quoi était-ce son problème si Macnair avait développé une sensibilité pour une nana née moldue ?

T'entends ça Malfoy ? C'est l'hôpital qui se fou de la charité...

Putain de merde.

- Ecoute, si ça a autant d'importance pour toi, pourquoi tu n'en parles pas à McLaggen ?

- Je ne peux pas, j'en suis presque venu aux mains avec lui le mois dernier parce qu'il agressait sexuellement l'assistante de Bellamy. Tu es allé à l'école avec lui, non ? Essaie de voir si tu ne peux pas jouer de tes charmes de Malfoy, tu sais qu'il n'a d'yeux que pour l'ascension sociale.

Draco laissa échapper un soupir frustré, sachant que Macnair marquait un point. Cette stupide mauviette était tellement transparent sur ses aspirations sociales et aurait fait n'importe quoi pour être associé à quelqu'un de soit riche, soit connu, soit avec du pouvoir.

- Très bien, je vais essayer. Tu peux organiser un rendez-vous avec Tyler ?

Macnair eu un sourire satisfait.

- Rien ne vaut l'instant présent, fiston. Elle va sortir des vestiaires dans trois minutes.

Et donc Draco se retrouva adossé contre le mur du tunnel sombre du stade, attendant que Maureen Tyler émerge. Quand elle sorti enfin, vêtue d'un survêtement moldu, Draco lui lança ce qu'il espérait être un signe de tête amical.

- Mlle Tyler ?

Ses sourcils se froncèrent et elle croisa les bras sur sa poitrine.

- Je peux t'aider mon pote ?

Draco s'approcha d'elle avec confiance et lui tendit main.

- Draco Malfoy, je ne sais pas si vous avez déjà entendu –

- Oui, je sais tout de toi.

Draco pencha la tête, confus, et rétracta sa main tendue. Bordel, qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ?

- Tu es le recruteur des Guêpes. Toute la ligue sait qui tu es, continua-t-elle franchement.

Draco tenta de ne pas soupirer de soulagement. Etant donné qu'elle ne devait avoir que 19 ou 20 ans, leur chemin n'avaient jamais du se croiser à Poudlard. Ce qui voulait dire qu'il pouvait jouer le rôle du recruteur averti.

- Très bien, alors pourquoi moi je ne vous connais pas ? C'est normal pour un joueur réserviste de traîner après un match de fin de saison simplement pour travailler son swing ?

Maureen haussa les épaules et tira l'une des longues tresses noires de sa queue de cheval.

- Pas sûre que ça te regarde.

Bien, si tu veux jouer les morveuses.

- Je ne pense pas que vos talents soient utilisés à bon escient au sein des Tornades. Je suis là pour voir si vous êtes ouverte à une alternative.

Maureen Tyler haussa de nouveau les épaules et se mit à gigoter avec le manche de son balais sur l'épaule. Nerveuse et essaie de ne pas le montrer.

- Tes Guêpes n'ont pas besoin de moi. Qu'est-ce que tu peux réellement m'offrir ? Je fais assez d'argent avec les Tornades et je n'ai pas envie de déconner.

Draco acquiesça.

- Je respecte ça. Je demande simplement, si une opportunité dans une autre équipe se présentait, est-ce que vous seriez intéressée ? Je parle d'un poste de Batteuse titulaire, pas de dépérir sur le banc et vous contenter de séances d'entraînement secrètes après le vrai match.

Elle haussa les épaules sans s'engager une nouvelle fois mais Draco vu la faible étincelle d'espoir dans ses yeux.

- J'y penserai.

C'était suffisant pour Draco. Il fit apparaître sa carte professionnelle et la lui tendit, seulement légèrement surpris qu'elle l'accepte.

- Fais moi savoir si je peux vous être utile. Bonne soirée, Mlle Tyler.

Une tâche agaçante de faite pour la soirée. Draco transplana chez lui et écrit à Macnair une brève lettre. Il devait vraiment arrêter de s'impliquer dans ses histoires qui ne le regardaient absolument pas. Au moins, il avait hâte d'être demain matin avec Granger.

Elle était censée passer du temps avec ses parents ce week-end. Que faisait Granger avec ses parents moldus ? Draco s'était toujours poliment inquiété de ses activités du week-end, mais avait remarqué que ses réponses étaient bien plus concises quand il était question de ses proches par lien du sang. Elle pouvait partir dans des envolées lyriques exaltées à propos de ses repas et des célébrations avec les putain de Weasley mais quand il s'agissait des Granger, Draco avait remarqué une dureté autour de ses yeux et dans sa manière de parler.

Peut-être n'était-il pas le seul à avoir une situation parentale difficile. Peut-être était-ce une autre triste chose qu'ils avaient en commun.


*N.d.T : Ginger Newt dans la version originale. Il s'agit de confiseries mais la marque disparaît dans la version française. On peut aussi traduire "newt" par salamandre.


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