Hello chers lecteurs !
Déjà la fin de ce week-end chargé en émotions... Nous sommes ravies que cette randonnée vous ait plu :D
La dernière fois, on laissait nos fauves sur le parvis de la gare. On vous laisse découvrir comment ils réapprivoisent leurs quotidiens. Quoique... seront ils vraiment les mêmes que ceux qu'ils ont laissé ?
Shadow: Non en effet, pas simple de ne pas trop cogiter. Pas évident de sortir d'un week-end pareil non plus ^^ . Merci !
K-FicModo: Ça c'est du compliment ! xD Merci beaucoup :)
Quand il referme la porte de son appartement en rentrant de la gare où il a laissé Aomine, Kagami éprouve comme un vide au creux de sa poitrine, la sensation étrange laissée par une aventure qui s'achève. Et à la fois, il est heureux de rentrer chez lui, avec les souvenirs du week-end plein la tête.
Après avoir rapidement défait son sac, il commence à se faire à manger par automatisme, et déguste ses ramen devant son PC. Il répond à divers messages, laissant tourner un stream en fond. Mais souvent, ses pensées se détournent de son activité et reviennent à Aomine. Il se demande ce qu'il fait à cet instant, à quoi il pense, ce qu'il ressent. Il réalise qu'il ne sait même pas quand sera la prochaine fois qu'ils se verront : ils ne se sont pas fixé rendez-vous. Est-ce qu'il vaut mieux attendre un peu ? Ou se revoir demain ? Son repas terminé, Kagami regarde son écran sans le voir et joue nerveusement avec ses baguettes, en proie à son dilemme. Il se sent idiot de devenir fébrile à cette simple évocation. D'un autre côté, leur relation est toute neuve... Comment ne le serait-il pas ? D'autant que cette fois, c'est différent. Jamais il n'a été aussi proche de quelqu'un avant d'entamer une relation romantique, et il lui semble, sans savoir si c'est pour le mieux ou non, que ça change la donne. Et un doute subsiste au fond de lui... Est-ce qu'Aomine est vraiment prêt à ça ?
Lorsqu'il est arrivé en bas de chez lui, Aomine s'est fait sauter dessus par un truc poilu et baveux qu'il a vite reconnu comme la chienne de Haru. Lui qui était prostré dans ses pensées, cette rencontre a le mérite de lui tirer un sourire. Alors qu'il visait son appartement à pas pressés pour retrouver sa solitude, il ne peut s'empêcher de prendre le temps de flatter l'animal de quelques gratouilles. Lorsque le maître de la jolie chienne le repère, il s'empresse de le rejoindre, Tadashi sur les talons. Quand le jeune flic les voit rappliquer, il soupire face à cet énième rappel que la reprise qu'il redoute s'approche. Sans compter que le regard de ses collègues sont chargés de questions et d'inquiétude qu'il s'efforce d'ignorer tandis qu'il les salue.
Très vite la proposition de les rejoindre sur le terrain tombe et si au début il rechigne, il cède rapidement. Un basket, en fait ça tombe à point nommé pour se vider la tête de ce qui est en train d'y tourner en boucle et le paralyse. Il monte rapidement chez lui pour poser son sac et se changer avant de rejoindre ses adversaires avec un peu plus d'entrain.
Sa vaisselle faite et rangée, Kagami regarde son portable, hésitant à appeler Tatsuya. Puis, il se rappelle qu'il est encore trop tôt à L.A. De toute façon, il a bien envie de profiter de cette après-midi pour se recentrer sur lui-même. Il jette un coup d'œil à la photo de sa mère sur son bureau, et son cœur se serre lorsqu'il se demande si elle a vécu les mêmes impressions lorsqu'elle a commencé à fréquenter son père, même si le contexte était très différent. De là, ses pensées dérivent vers son géniteur... Il se rappelle la conversation qu'il a déjà eue avec Aomine à ce sujet, et sur une impulsion, il prend son portable et consulte les derniers messages qu'il a reçus de son père. Il ne sait pas s'il cherche à se donner raison ou l'inverse, découvrir peut-être qu'il a noirci le tableau, que son père lui laisse une ouverture... Mais il n'est pas plus avancé lorsqu'il repose son téléphone. À quoi bon, de toute façon ? Ce n'est pas comme s'il comptait l'appeler ce soir.
Finalement, il décide de se lancer dans une partie de jeu vidéo en solo, sans chercher à accomplir quelque chose en particulier, sans streamer, juste pour le plaisir de jouer. Et très vite, il s'immerge dans l'univers du jeu, se concentre sur la manette dans ses mains et son esprit se vide de ses doutes et de ses interrogations. Alors, les heures passent sans qu'il y prête attention, entièrement absorbé par son aventure virtuelle.
Malgré son week-end sportif et plutôt chargé émotionnellement parlant, il faut croire qu'Aomine avait encore de l'énergie à dépenser. Puisque même avec ce handicap, il vient à bout du duo qui capitule. Il se moque d'eux comme à son habitude, omettant de préciser que ses cuisses menacent de le quitter. Quand c'est le bordel là-haut, il se donne toujours plus que nécessaire. Il n'y a que par l'effort et dans la concentration sur le jeu qu'il parvient à se laisser tranquille. Du coup, quand leur match prend fin sous le regard admiratif des quelques gosses qui sont venus les observer, il se sent mieux. Comme si le basket l'avait ramené à l'essentiel et lavé de ses pensées encombrantes.
Pourtant, son esprit revient vite à Kagami que Haru et Tadashi sont loin d'égaler en qualité de rival. Il fouille dans ses affaires à la recherche de son portable pour vérifier s'il a un message mais n'y trouve rien. La déception le surprend avant qu'une pointe d'inquiétude ne s'invite dans sa poitrine. Il avait dit qu'il écrirait... Aomine se dit que ce n'était peut-être qu'une formule de politesse. Après tout ils ont passé presque trois jours entiers ensemble, normal qu'il ait besoin d'espace.
« Hey Ao tu passes prendre une bière ? On t'a pas beaucoup vu ces jours-ci », propose Tadashi avec un sourire bienveillant.
Comme toujours, il hésite. Aomine aime bien jouer avec eux, et il respecte ses collègues. Cependant, il ne s'est jamais autorisé à dépasser ce stade, les gardant éloignés de sa sphère privée. Mais ce soir, il n'a pas vraiment envie d'être seul. Et il ne se sent pas prêt pour la tornade Satsuki et encore moins pour une introspection forcée avec Tetsu. Alors cette fois, à la surprise d'eux trois, il accepte l'invitation.
« Si tu payes ta tournée... pourquoi pas.
— Oh euh... ok génial. Chez moi dans 20 minutes ? Le temps de prendre une douche », précise son aîné.
Il hoche la tête puis les suit dans leur résidence, vérifiant une seconde fois l'écran de son portable.
En fin d'après-midi, Kagami émerge de nouveau. Il repose son casque sur son bureau et s'étire de tout son long. Il jette un coup d'œil par la fenêtre, hésitant à passer sur le terrain de basket ou à aller courir. Pensif, il reste ainsi immobile quelques instants, les bras en l'air, puis regarde son portable. Il n'a pas de message d'Aomine, mais en même temps, il a dit qu'il écrirait. Il s'y attèle donc.
Kagami - 17h34
Hey, bien rentré ? J'ai passé l'aprem à jouer... J'hésite à aller voir si y a du monde sur le terrain de basket, là. Ça va de ton côté ?
Nu comme un ver et s'apprêtant à entrer dans sa cabine de douche, Aomine stoppe son geste en percevant les vibrations de son portable sur le faux marbre entourant la vasque du lavabo. Il recule d'un pas et s'en saisit, ignorant son rythme cardiaque emballé par l'espoir. Le nom de l'émetteur lui arrache un sourire et son reflet le juge dans le miroir, levant aussitôt les yeux au ciel face à sa propre réaction.
Aomine - 17h36
Yep, toi ?
Moi aussi... je me suis fait repérer avant de franchir la porte de l'immeuble. On vient de finir le match. Ça fait du bien :)
Il file sous le jet d'eau chaude avant d'avoir la réponse et pense rêveusement qu'il ne manquerait qu'un terrain de basket sur sa montagne pour rendre l'endroit vraiment parfait.
Kagami sort des affaires de sport de son placard, et commence à se changer lorsqu'il reçoit une réponse sur son portable. Il est content qu'Aomine ait passé l'après-midi à jouer, il avait comme la sensation qu'il avait besoin de compagnie... sans que ce soit nécessairement de la sienne.
Kagami - 17h40
Cool ! Ouais de mon côté tout est okay. Ça fait drôle d'être rentré, mais bon... J'avoue je suis plutôt content de reprendre le boulot demain. Je sors voir si y a du monde sur le terrain, je te dis à plus tard !
Il cale son portable dans la poche de son short et enfile un maillot des Bulls portant le numéro de Michael Jordan. Puis, il met ses baskets, passe son casque autour de son cou, et quitte son appartement avant de dévaler les escaliers. Maintenant, ça lui démange de retrouver le contact familier d'un ballon de basket rebondissant sur l'asphalte. Dans sa tête défilent des souvenirs de ses matchs avec Aomine, car définitivement, ces brèves et encore trop rares rencontres ont eu une saveur particulière pour lui. Aomine a le profil d'un joueur qu'il a longtemps fantasmé, comme une image qu'il s'est construit dans son esprit avec les années, un adversaire imaginaire qu'il rêvait de rencontrer... Il se dit que ça serait peut-être approprié que leur prochain rendez-vous soit sur un terrain de basket.
En attendant, il se presse vers son coin habituel et son cœur palpite d'excitation en entendant le bruit sourd de la balle sur le bitume. Il aura donc des compagnons de jeu ce soir... Parfait.
Le brun s'oblige à se sécher et passer une serviette autour de sa taille avant de regarder ses nouveaux messages. Un simple exercice qu'il considère nécessaire s'il ne veut pas finir définitivement accro, alors que son cas est déjà bien avancé. Il est plutôt content de voir que Kagami éprouve aussi ce sentiment étrange de retrouver leurs chez eux. La suite en revanche le laisse perplexe. Il imagine Kagami jouer contre d'autres et malgré les deux heures qu'il vient de passer sur le terrain, l'envie d'y retourner l'assaille. Une petite voix, surement celle de la raison, lui rappelle qu'il est physiquement vidé et qu'il a déjà accepté une invitation.
Aomine - 17h48
Ouais ça fait bizarre... Moi j'ai pas hâte du tout mais je vais prendre la température avec les collègues ce soir.
Bon match ! J'espère que tu trouveras de quoi t'amuser.
Après s'être habillé et préparé, il relit son message déjà parti et définitivement, un truc l'embête. Il se sent stupide mais il ne peut s'empêcher de compléter.
Aomine - 17h56
Enfin... pas trop quand même ! ;)
Quand il lit le second message, Kagami a un grand sourire. Il aime cette petite note subtile de jalousie, à peine exprimée. Il a terminé ses échauffements mais il n'a pas pu s'empêcher de regarder son portable avant de commencer le match. Sur le terrain, il y a juste Naoko et Seung qui s'entraînent ensemble avec un certain acharnement, et Kagami a comme l'impression que leur week-end n'a pas été aussi bon que le sien. Avant de se joindre à eux, il renvoie une réponse à Aomine :
Kagami - 17h58
T'inquiète. C'est pas pareil sans toi ;)
Puis, il se lance en avant et intercepte le ballon. Il est près d'un panier et décide que c'est le sien, pivotant sur lui-même et bondissant le plus haut qu'il peut. Il force le ballon dans le panier comme on assène un argument imparable, et les deux autres secouent la tête d'un air désapprobateur.
« Hé ! Tu nous pourris notre partie ! » aboie Naoko.
Il se contente de rire :
« On n'a qu'à reprendre à zéro ! Vous aviez l'air de vous ennuyer un peu.
— Pas du tout, se rengorge Seung. Tu veux voir comme on s'ennuie ? On va voir si tu peux nous battre tous les deux ! »
Naoko approuve le plan d'un vif hochement de tête, et Kagami acquiesce.
« Okay, ça me va. Let's go ! » ajoute-t-il avec un sourire féroce, que ses compagnons savent de mauvais augure, mais qu'au fond d'eux, ils affectionnent aussi.
Aomine qui a regretté son élan de possessivité, se sent rougir violemment à la réponse de Kagami qu'il découvre juste avant de sortir de chez lui. Il ne sait pas encore s'il préfère les piques du tigre lors de leurs petites joutes ou ces petites phrases aux airs anodins qui ont chacune leur manière singulière de lui chatouiller l'estomac. Rassuré par leur petit échange, c'est beaucoup plus serein qu'il monte les deux étages le séparant du palier de Tadashi, un sourire en coin et la poitrine gorgée d'une certaine fierté.
Il toque trois coups bref et son collègue ne tarde pas à lui ouvrir sur un éclat de rire provoqué par Haru qu'il devine déjà là. Tadashi l'invite à entrer et s'installer en lui offrant une bière. Ça lui fait bizarre de pénétrer chez lui, dans cet espace aménagé qui ressemble tant au sien, tout en étant à la fois différent. Les deux autres lancés dans une conversation qu'il a interrompu ne lui prêtent pas grande attention, lui permettant d'observer les lieux à loisir. Yami, la chienne chercheuse de stupéfiants revient le saluer plus calmement cette fois. Il lui caresse machinalement la tête, la phobie de Kagami lui revenant en mémoire. Ainsi renvoyé à ce moment de partage, un demi sourire se dessine involontairement sur ses lèvres.
« T'as l'air d'aller Ao... Mieux que la dernière fois qu'on s'est vu en tout cas », l'interpelle le maître des lieux.
Il hausse les épaules et boit une gorgée de bière, ne sachant pas trop quoi répondre. Il n'a pas spécialement envie de revenir sur l'incident qui lui a valu sa mise à l'écart mais avec deux flics en face, il se doute qu'il n'échappera pas à quelques questions.
« Il se pourrait que j'avais besoin de vacances... » concède-t-il, évasif.
Ses collègues l'observent un peu, l'un dubitatif, l'autre amusé, mais n'insistent pas plus pour l'instant. Il fait diversion et demande sans vraiment s'y intéresser des nouvelles du poste et des affaires en cours.
Naoko et Seung braquent des regards concentrés et inquisiteurs sur lui. Il serait probablement intimidé s'il n'avait pas l'habitude de jouer avec eux... et s'ils ne les dépassaient pas tous les deux d'au moins une tête. Il s'élance sur le terrain, jouant d'une main à l'autre, dansant d'un pied sur l'autre et d'avant en arrière pour les perturber et trouver le moment idéal pour franchir leur défense coordonnée. Il se faufile de justesse mais manque de perdre le ballon quand Naoko pivote avec d'excellents réflexes, lançant son bras en avant sans craindre de se faire bousculer. Un grand sourire se peint sur ses lèvres. Ces deux-là ont de l'énergie à revendre, aucun doute là-dessus, et c'est aussi pour ça qu'il aime jouer avec eux.
Il ne se retient pas mais perd volontairement du temps, histoire de les laisser venir et de s'engager dans des duels brouillons qui lui arrachent des éclats de rire... Et à ses camarades aussi, au bout de quelques minutes, alors qu'ils finissent par se détendre et jouer le jeu. Ils s'absorbent dans le match et se donnent à fond, jusqu'à ce qu'au bout d'une demi-heure, ils décident de faire une pause. Ils se laissent tomber tous les trois au pied du grillage, chacun sortant sa bouteille d'eau pour s'y désaltérer à grandes goulées.
« T'as l'air tout guilleret, fait finalement Naoko. T'as fait quoi ce week-end ?
— Parti en randonnée en montagne... C'était cool ! Je suis même allé à l'onsen !
— Ah ouais ? fait Seung d'un air un peu intrigué. T'y es allé avec qui ?
— Avec Aomine », réplique simplement Kagami, provoquant des œillades étonnées. Il rit devant leurs yeux ronds. « Et vous ? » demande-t-il ensuite.
Les deux se renfrognent.
« Mes parents se sont encore engueulés... souffle Naoko.
— Moi j'ai eu des sales notes au lycée, les miens me mettent la pression comme c'est pas permis », dit Seung.
Kagami regarde les deux alternativement.
« Hm okay... Pas cool. Mais c'est vos vies que vous vivez, pas celles de vos parents, pas vrai ?
— Oui sensei ! approuve ironiquement Naoko en levant les yeux au ciel.
— Tu peux aller expliquer ça aux miens ? renchérit Seung.
— Ok, ok, cède Kagami en levant les mains en signe d'apaisement. Je vais me contenter de jouer au basket alors. »
Mais malgré leurs sarcasmes, ses camarades lui racontent un peu plus de détails et il hoche la tête au fil de leurs récits, faisant quelques commentaires ici et là, et quand le silence retombe quelques minutes plus tard, ils retournent sur le terrain pour jouer la suite du match.
L'attitude plus amicale qu'inquisitrice de ses collègues et l'alcool aidant, Aomine finit par se détendre. Il se laisse aller à quelques rires au gré de leurs histoires qu'il soupçonne fortement enjolivées pour la plupart. Il s'amuse plus qu'il n'aurait cru et s'immisce même dans leurs chamailleries perpétuelles, attisant la rivalité de ces deux-là qu'il a toujours connu complices.
Sentant sûrement ses défenses tomber, Tadashi revient à la charge alors qu'un petit silence prenait place.
« Hé Aomine... tu nous expliques ? Tu comptes revenir ou pas ? »
La question l'étonne quelque peu. C'est vrai qu'il traine des pieds à l'idée de retourner bosser, mais de là à s'imaginer quitter son poste, il fronce les sourcils. Plus que de la curiosité mal placée, il détecte avant tout une sincère considération de la part de ses vis à vis et se rappelle que c'est Tadashi qui l'avait retenu ce fameux soir. Il soupir de résignation et s'enfonce un peu plus dans le divan.
« Évidemment que je reviens. Après demain normalement. J'aurais pas dû m'en prendre à lui... » Il hésite avant de poursuivre. « Mais j'ai vu rouge. C'était un peu le truc de trop à gérer.
— Ouais ça peut se comprendre. On voit pas des trucs cools tous les jours... acquiesce Haru pensif.
— Et ça va mieux ? » s'enquiert son ancien partenaire.
Aomine joue nerveusement avec sa bouteille. Le choc est passé, mais il se sent toujours en plein dans la tourmente. Alors il ne sait pas quoi répondre. Il n'a jamais été doué pour parler de ses problèmes. Laissant plutôt ses amis deviner ses états d'âme. Mais ces deux-là ne le connaissent pas assez pour ça. Et depuis qu'il s'est confié à Kagami, il trouve la tâche un peu moins difficile. Comme si le fait de lui avoir ouvert les portes laissait la voie libre pour d'autres. Il les sonde, cherchant dans leurs regards le degré de confiance qu'il peut leur accorder et se décide à répondre le plus honnêtement possible sans trop se dévoiler pour autant.
« Pour l'instant ça va, mais s'il revient me faire chier je sais pas. »
Les deux hochent la tête d'un air grave, semblant comprendre qu'il ne s'est pas emporté pour rien comme il suppose qu'on le raconte dans les couloirs. Puis Tadashi lui offre un sourire et s'esclaffe :
« À mon avis, il ne viendra pas se frotter à toi de sitôt. J'ai entendu dire qu'il avait même demandé sa mutation. Mais si ça devait arriver, on le tient à l'œil ! »
Il fait nuit noire quand les trois joueurs déclarent forfait. Kagami éprouve une pointe de culpabilité lorsqu'il se demande si les parents de Seung et Naoko vont s'offusquer de ce retour tardif au bercail... Mais en même temps, les deux jeunes gens semblent plus détendus et souriants qu'au début de leur rencontre, alors il se dit que c'est l'essentiel. Lui-même commence à accuser le coup et se rappelle que demain, il reprend le boulot. Il s'agirait de ne pas commencer l'entraînement en état avancé de zombification.
Ils se séparent donc avec une promesse de se retrouver bientôt dans ce petit rectangle d'asphalte qui est désormais comme une deuxième maison pour eux, et Kagami se hâte de rentrer dans son immeuble et remonter chez lui.
Après une douche rapide mais délassante, Kagami s'aperçoit qu'il meurt de faim et se concocte un dîner simple mais copieux qu'il déguste dans son fauteuil de gamer, face à des vidéos Youtube choisies un peu au hasard. Une fois seulement son estomac apaisé, il attrape son portable pour envoyer un message à Aomine :
Kagami - 22h22
Moi aussi, ça m'a fait du bien le basket ! J'espère que ta soirée se passe bien.
Après avoir envoyé son message, le rouge regarde les mots qu'il a écrits, se mordillant la lèvre alors qu'il cherche à dissiper un malaise diffus. Ce n'est pas qu'il n'a pas été honnête... Mais ces quelques mots lui semblent trop fades, prudents, insuffisants. Il ouvre donc un nouveau message et ajoute :
Kagami - 22h24
J'espère qu'on se reverra vite. Tu me manques.
Aomine ne pensait pas rester si longtemps. Lorsqu'il a accepté de les rejoindre pour une bière, il n'avait pas envisagé de se faire séquestrer pour le dîner. Mais il préfère de loin leur compagnie à la solitude de son appartement. La transition après ce week-end aurait été trop rude, trop violente, trop abrupte. Lui qui est plutôt du genre solitaire, il s'étonne un peu de ce besoin. Comme si se retrouver seul avec lui-même lui faisait peur... Il secoue la tête à sa réflexion et tente de revenir à la conversation lorsqu'il sent son portable vibrer dans sa poche.
En le consultant, il se mord la joue pour retenir son envie de sourire, mais sa poitrine s'emballe. Il hésite un moment, cherchant ses mots. Mais un rictus le trahit lorsqu'il trouve le message.
Aomine - 22h27
J'en déduis que tu n'as donc pas trouvé de quoi vraiment t'amuser sur le terrain ? ;)
De mon côté ça va, je me suis fait kidnapper...
« Non mais regarde le ! Pris en flagrant délit de sourire niais !
— Oh mais oui t'as raison ! s'exclame Haru.
— Ao sale petit cachottier ! T'as rencontré quelqu'un ? demande Tadashi l'air goguenard.
— Ça expliquerait sa zen attitude. Je t'avais dit que c'était louche ! » se marre le maître-chien.
Il lève les yeux au ciel face à leurs gamineries. Il ne veut pas aller sur ce terrain-là. Pas avec eux, pas ce soir. Il vient tout juste d'accepter de les voir autrement que comme de simples collègues et partenaires de basket. Alors Aomine ravale son sourire, se renfrogne et érige de nouvelles barrières pour protéger son intimité.
« Ça ne vous regarde pas ! Sérieux vous êtes obligés de déterrer tous les os que vous reniflez ? » aboie-t-il plus méchamment qu'il n'aurait voulu, sur la défensive.
Les sourcils froncés, prêt à prendre la fuite il les menace de son regard noir. Pourtant Tadashi lève les mains en s'excusant, les yeux rieurs. Haru lui se tord ouvertement de rire et finit par imiter son voisin en signe de bonne foi.
« Ok pigé ! Pas touche ! Là... couché Ao... sage. » se moque le maître-chien en lui tendant une nouvelle bière du bout des doigts comme il le ferait avec sa partenaire canine couchée à ses pieds.
Leurs réactions et la sienne finissent par le faire glousser malgré lui. D'accord, il est peut-être un peu à cran sur le sujet voire carrément à fleur de peau mais au moins ses potes ont su désamorcer la bombe et ne prennent pas ombrage de son élan de colère. Il accepte la boisson d'un geste faussement rageur, et comme si de rien n'était, ils passent à autre chose.
Kagami est passé dans sa salle de bain pour se préparer à la nuit, mais il n'a pas pu s'empêcher d'emporter son téléphone avec lui, et consulte le message la brosse à dents au coin des lèvres... Et pire, il prend même la peine d'y répondre avec ladite brosse à dents toujours en place.
Kagami 22h30
Si, c'était marrant. C'est plus dans mon lit que tu me manques, là tout de suite. (Il rigole à sa propre audace mais continue d'écrire) Kidnappé, tu dis ? Bon t'es flic, tu devrais pouvoir gérer la situation. Ou bien faut que j'appelle d'autres flics ?
Écoutant plus qu'il ne parle, Daïki enregistre les informations qu'il apprend sur ces compagnons de fortune et se fait plus discret pour consulter la réponse de Kagami. Il sent le feu lui monter au visage qu'il s'empresse d'éteindre avec une rasade de bière avant de se faire griller une nouvelle fois. Dans son lit... Bordel. Kagami vient de propulser le jeu à un autre niveau et il n'est pas certain d'être dans les meilleures conditions pour répliquer. Pourtant ses doigts pianotent déjà sur le clavier, galvanisé par ce que ce message provoque chez lui.
Aomine - 22h32
Ah oui ? Deux nuits ensemble et tu ne peux déjà plus te passer de moi ?
Oublie... j'ai été kidnappé par des flics, les renforts risquent le même sort. Je gère ! ;)
Kagami lève les yeux au ciel en voyant cette réponse, mais il a le sourire aux lèvres. Cette fois, il prend le temps d'enfiler jogging et t-shirt larges, d'installer son futon et de s'y lover confortablement avant de répondre. Ça lui laisse un délai suffisant pour composer mentalement un message dans le but de dissoudre l'assurance sans doute en partie factice du brun.
Kagami - 22h43
Si t'étais avec moi là maintenant... Je te ferais des trucs qui toi, te rendraient accro... Mais en même temps, j'ai sommeil et toi t'es kidnappé... Alors faudra qu'on vérifie tout ça une autre fois !
Aomine s'aperçoit qu'il est un peu fébrile et impatient de découvrir sa réponse. Il s'imagine Kagami prendre plaisir à le torturer en le laissant ainsi dans l'attente et il n'aime pas spécialement l'idée que ça fonctionne plutôt bien... L'image de Satsuki s'imprime dans son crâne. Elle se lime les ongles, indifférente et lui annonce sans aucun tact : t'es foutu Daï-chan. Il la chasse et essaie tant bien que mal de ne pas paraître distrait.
Lorsqu'il reçoit enfin le texto, Aomine est heureux d'être aux toilettes. Une bouffée de chaleur le fait déglutir. Il relit les mots qui font germer de drôles d'idées dans son esprit échauffé et se contraint au calme. À l'abri derrière leurs écrans interposés, il répond un truc arrogant qu'il regrettera surement de devoir assumer avant de sortir de la salle de bain. Mais c'est plus fort que lui. Il aime bien trop ce petit jeu…
Aomine - 22h46
Paroles, paroles... Dans l'attente des preuves.
Kagami attendait cette réponse et se redresse avec déjà le sourire aux lèvres avant même d'avoir lu le message. Et quand c'est fait, il lui semble clairement y décrypter une invitation, au-delà de la provocation. Et ça lui réchauffe le cœur... sans parler de l'effet que ça lui fait d'un point de vue plus physique. Il pianote rapidement une réponse :
Kagami - 22h48
Quand tu veux. J'ai hâte... Bonne nuit Ao.
Il repose son téléphone et s'étire dans son lit, croisant les bras derrière sa tête. En fermant les yeux, toutes sortes de fantaisies érotiques viennent le visiter, et il s'y laisse happer... ce qui ne l'empêche pas de s'endormir quelques minutes plus tard, vaincu par la fatigue du week-end et tous les bouleversements émotionnels qui s'y sont produits.
La fatigue commence à se faire durement sentir. Aomine étouffe un énième bâillement qui le décide à prendre congé. Il cogne le poing tendu de Haru en guise d'au revoir, gratte Yami qui dort déjà derrière l'oreille, et laisse Tadashi le raccompagner à la porte.
« Merci d'être venu, c'était cool de te voir, lui confie son hôte.
— Oh... ouais c'était sympa. Merci pour l'invit'. »
Son aîné hoche la tête en lui ouvrant la porte. Il s'apprête à en franchir le seuil quand une main sur son épaule le retient.
« Et je voulais te dire... Je sais que t'es pas du genre à parler mais si t'as besoin tu sais où me trouver. Tu sais, avant d'en arriver au point de cogner sur des nases ... »
La sincérité qu'il lit dans le regard brun de Tadashi lui serre la poitrine. Même en dehors du boulot ce mec a visiblement décidé de jouer les grands frères avec lui. Si au départ il trouvait ça agaçant, il trouve son acharnement louable. Aomine hausse les épaules mais lui rend son sourire, touché.
« J'y penserai. »
Et sur ce il rentre chez lui, où la torpeur commence déjà à l'engloutir à peine déchaussé. Après un passage express à la salle de bain, il rejoint sa chambre au radar et s'écroule dans son lit dans un grognement de bonheur.
Le lendemain, Kagami se lève tôt, en pleine forme. Tant mieux, car il a beaucoup à faire aujourd'hui. Il a rêvé du brun cette nuit... Les souvenirs qui reviennent lui font monter le rouge aux joues, et il se dépêche de dissiper tout ça en s'attelant à sa routine du matin.
Une heure plus tard, il commence à s'entraîner seul en attendant l'arrivée des membres de son équipe. Il se sent un peu rouillé et il a bien besoin de cette session pour se remettre dedans. En plus, se concentrer a la vertu d'éloigner ses pensées du brun, sans quoi il n'aurait été bon à rien aujourd'hui. Cependant, il reste à l'arrière-plan de son esprit, et quand il fait une pause à midi, il jette des coups d'œil répétés à son téléphone, hésitant un moment avant de s'en saisir et de taper un message.
Kagami - 12h12
Hey, je me demandais... Tu veux cuisiner ce soir ? Tu dois toujours des cookies à Momoi, il me semble ;)
Le son sourd de la vibration de son téléphone contre sa table de chevet le ramène doucement à un sommeil plus léger. Aomine reprend conscience et émerge d'un long et profond sommeil. Il a même un peu de mal à identifier quel jour on est et à remettre les derniers évènements à leur place. Grognant contre son oreiller à l'idée de sortir de cette torpeur réparatrice il se tourne tout de même pour saisir son portable qu'il se souvient avoir entendu. C'est avec une certaine difficulté qu'il ouvre un œil pour lire le message qui l'intéresse le plus. La luminosité de l'écran agresse sa rétine, lui laissant une vue des plus troubles lorsqu'il tente de pianoter une réponse.
Aomine - 12h38
Chez toi ou chez moi ?
Kagami est sur le point de lancer une nouvelle partie et sursaute presque quand son téléphone se met à vibrer. Son cœur se met soudain à battre la chamade. Il a peur qu'Aomine refuse ou soit indisponible... Et c'est ainsi qu'il se rend compte qu'il a vraiment envie de le voir. Cependant, son cœur ne veut pas se calmer pour autant lorsqu'il lit la réponse. Il réfléchit rapidement.
Kagami - 12h39
Chez moi, comme ça pas de risque que Momoi découvre sa surprise. 19h ?
C'est avec un certain soulagement qu'il lit le retour de Kagami. Bon, d'ici là il aurait eu le temps de mettre son appartement en état mais ça l'arrange. La perspective de sa journée s'améliore, pourtant il n'est pas tout à fait prêt à quitter le confort de sa couette. Après tout il ne sait pas quand sera son prochain jour de répit et il imagine une reprise difficile. Alors il fait court, répondant d'un simple smiley et d'un pouce levé.
Rassuré, Kagami reporte son attention sur l'écran, plus motivé que jamais pour son après-midi d'entraînement. La perspective de voir Aomine à la fin de la journée, de cuisiner avec lui, lui réchauffe le cœur. D'habitude, toutes les journées se terminent pareil, et il appréciait sa vie de célibataire... Mais il est plutôt content de la voir bousculée par un beau flic. Alors qu'il se prépare au premier round, son cœur continue de cogner dans sa poitrine et il met un moment à se calmer.
« Alors Kagami, on est nerveux ? » le taquine Jin, l'un de ses coéquipiers.
Il préfère ignorer l'importun, il sait que ses coéquipiers adorent le charrier sur ce trait de caractère. Il est capable de maintenir un calme olympien, spécifiquement quand il se donne à fond dans un match, mais il doit bien reconnaître qu'il a également un côté nerveux qui le rend parfois fébrile. Et ses coéquipiers ont bien compris qu'il ne valait mieux pas trop creuser le sujet... Alors ils se contentent de lui envoyer des vannes. Et les vannes, il sait encaisser. Nerveux, mais pas susceptible !
Un léger sourire se dessine sur ses lèvres alors qu'il se dit qu'a contrario, il doit être assez aisé de taquiner Aomine et de voir le fauve sortir les griffes.
Alors qu'il se fait de nouveau réprimander pour son manque de concentration, il consent finalement à repousser le brun dans un coin de son esprit pour pouvoir se recentrer sur le jeu.
Finalement c'est sa vessie, et son estomac qui parviennent à le tirer du lit. Il ouvre sa baie vitrée en grand pour renouveler l'air des lieux à l'abandon ces derniers jours et se décide enfin à se reconnecter au monde extérieur en rattrapant son retard sur les nouvelles en buvant son café. Son petit rituel où rien ne peut le déranger, le moment qu'il lui faut pour se réveiller pleinement. Son encas et sa mise à jour terminés, il s'étire en profondeur sous la protestation de quelques muscles.
Il passe son début d'après-midi à remettre sa vie en ordre, une étape de plus pour se préparer mentalement à la reprise. Il défait son sac à dos avec déjà la nostalgie de ce week-end, fait une machine et un peu de ménage. S'autorisant une fois les tâches les plus urgentes terminées, à répondre aux autres messages qui l'attendaient là depuis qu'il s'est coupé du monde en partant dans sa montagne.
Ce n'est qu'une fois satisfait de son dur labeur qu'il se permet d'envoyer un message à Kagami. Sa récompense après l'effort. Il s'est trouvé plutôt expéditif ce matin, mais le tigre n'a pas quitté son esprit depuis...
Aomine - 15h08
Alors cette reprise, ça se passe bien ?
Besoin que je fasse des courses pour ce soir ?
Quand ils font une pause au milieu de l'après-midi, Kagami s'étire et fait jouer ses doigts. Ils sont en forme aujourd'hui. Depuis que Momoi est entrée dans le tableau, il sent que l'équipe est plus motivée et l'ambiance est plus légère, et ça s'en ressent sur leurs performances. Il y a encore du chemin à faire, et Kagami se dit qu'ils gagneraient à se revoir comme la dernière fois... Ils ne parlent pas beaucoup en dehors des parties, même pas pour planifier leur programme d'entraînement, aucun ne sachant vraiment comment s'y prendre, ou n'osant pas. Ils ont besoin d'être plus méthodiques pour mieux définir sur quoi ils doivent travailler afin de progresser individuellement et collectivement.
Il pose son casque sur le bureau. Il a vingt minutes devant lui, le temps de faire un peu de sport... Il finit toujours par être fébrile quand il reste assis devant son PC, et il a besoin de se défouler pour évacuer la tension. Avant de s'y mettre, il vérifie son portable et un grand sourire se peint sur ses lèvres.
Kagami - 15h31
Yes, tout se passe bien :) Pour les courses, je veux bien. Tu peux prendre de la bière et un sachet de pépites de chocolat ? Thanks !
Alors qu'il se préparait à rejoindre la salle de sport pour endiguer ses dernières courbatures, Aomine est heureux de lire Kagami.
Aomine - 15h36
Pas de soucis, j'irai un peu plus tard donc si tu penses à autre chose dis-moi ;)
Puis il fourre son portable dans une poche, son portefeuille dans l'autre et sort de chez lui un sourire fiché au coin de ses lèvres. Penser à Kagami lui évite de trop appréhender le lendemain, revisitant ses souvenirs. Cependant sur le chemin, il commence tout de même à se sentir nerveux en repensant à la promesse de son professeur qui chercherait peut-être à séduire son élève... En entrant dans le complexe où il a ses habitudes, c'est donc avec un autre objectif que celui de s'échauffer qu'il se dirige sur le tapis de course. Celui d'évacuer un peu cette tension grandissante et de plus en plus familière qui noue ses tripes chaque fois qu'il s'apprête à voir Kagami.
Une fois ses exercices sportifs terminés, Kagami se dépêche de se rafraîchir avant de retourner devant son écran, et le reste de l'après-midi s'écoule rapidement. Heureusement qu'il est bien occupé, sans quoi, aucun doute qu'il se serait mis à stresser à la perspective de la soirée. Non qu'il la redoute... Mais c'est presque comme un premier rendez-vous. Aomine et lui ont déjà tout un vécu ensemble, même court, cependant, ce qui s'est passé entre eux ce week-end chamboule toutes les perspectives. Il n'y a plus rien d'innocent ou de purement amical dans leurs échanges. Il trouve cette idée à la fois excitante et effrayante, mais une chose est sûre, il a hâte de voir le brun ce soir.
Il salue ses coéquipiers et s'empresse de vérifier l'heure, soufflant de soulagement en voyant qu'il a encore le temps de prendre une douche. Avant d'y filer, il vérifie qu'il a bien tout ce qu'il faut dans ses placards et son frigo. Puis, il balaie son appartement du regard : c'est propre, évidemment. Mais lui ne l'est pas ! Et hors de question qu'Aomine tombe sur lui puant comme un bouc, alors il se hâte de s'enfermer dans sa petite salle de bain.
Une fois qu'il est lancé, le jeune flic se perd dans l'effort. Il se contraint pourtant à ne pas trop pousser, il est seulement là pour se décrasser. Estimant qu'il en a fait assez, il prend une douche sur place et quitte les lieux en vérifiant son téléphone. Kagami n'a rien ajouté à sa courte liste qu'il s'empresse d'aller acheter avant de rentrer chez lui. Il fait aussi quelques courses pour remplir son frigo et alors qu'il se demandait s'il devait apporter autre chose... il s'arrête devant une boutique, frappé par une illumination.
Content de sa trouvaille, il rentre en vitesse pour se préparer. Il a encore le temps, mais il se trouve impatient de le retrouver... Cet état lui est étranger mais il l'accepte. Il ne sait pas vraiment à quoi s'attendre, et tout compte fait, il se dit que cette part d'inconnue ajoute à son excitation. Tout est nouveau avec lui, et oui, il a hâte d'en découvrir plus. De Kagami, de lui-même, et de ce qu'ils pourraient construire.
Malgré tout, il se trouve un peu ridicule devant son armoire. Depuis quand, se pose-t-il autant de questions avant de s'habiller au juste ? Et pourquoi ça devrait avoir autant d'importance ? Fébrile, il hésite presque à demander conseil à Satsuki, mais il redoute de se mettre en retard si elle décide de débarquer en renfort...
Une fois douché, Kagami reprend un peu confiance en lui et se sent moins stressé. Ce qui ne l'empêche pas de vérifier l'heure toutes les minutes. Il met un peu de musique, vérifie encore que tout est prêt pour cuisiner, nettoie ce qui n'a pas besoin d'être nettoyé, sachant très bien comme Aomine se moquerait de lui s'il le voyait. Mais là tout de suite, il ne trouve rien d'autre pour s'occuper les mains et patienter. Pourvu que le brun ne soit pas en retard !
Toujours perdu devant trop d'options, Aomine opte pour la simplicité. De toute façon, ils ont prévu de cuisiner alors... Il préfère rester simple. Son jean fétiche noir, coupe baggy et un t-shirt blanc. Fin prêt, il découvre sans trop de surprise qu'il est en avance. Il peut entendre ses potes se foutre de lui d'ici, et lève les yeux au ciel en imaginant une remarque à la Tetsu lorsqu'il envoie son texto.
Aomine - 18h11
Je pars de chez moi :)
C'est bon pour toi ?
Et sans attendre de confirmation, il sort de chez lui, le cœur battant.
Kagami est plus que soulagé en lisant ce message. Non seulement le brun ne sera pas en retard, mais il sera carrément en avance ! Il s'empresse de lui envoyer une confirmation, puis décide de s'assoir et de l'attendre aussi patiemment que possible sur le canapé. Il attrape un manga et commence sa lecture, même si les images et les bulles ont tendance à se brouiller un peu devant ses yeux.
