Petit mot de l'auteure : Et bien on resigne avec le défi fou de la roulette des Défis galactiques ! Chaque jour, un personnage tiré au sort


Texte 1 : Severus & Remus

contexte : tome 3


Quand Severus posa la fiole sur son bureau, Remus retint une grimace de dégoût. Après toutes ces années, il aurait dû s'être habitué à la potion tue-loup – mais c'était loin d'être le cas. La consistance de la mixture en elle-même était désagréable, comprenant toujours quelques grumeaux provenant d'une plante clef dans la préparation. Comme si ce n'était pas suffisant, l'odeur de la potion était nauséabonde. Quant à son goût... mieux valait ne pas trop y penser. Remus était ainsi écœuré rien qu'à l'idée de devoir encore une fois l'ingurgiter.

Il tâcha néanmoins de rien montrer de son dégoût à Severus. Même s'il savait que Dumbledore ne lui avait de toute façon pas laisser d'autre choix que de la lui concocter, préparer une telle potion prenait du temps. Remus ne pouvait donc que lui en être reconnaissant.

Il accueillit donc la mixture avec un « Merci » enthousiaste, accompagné d'un petit sourire. Il s'attendait à ce que Severus se contente de le toiser avant de faire demi-tour sans plus de commentaires, mais il n'en fut rien. Il dit au contraire quelque chose d'inattendue :

- J'ai ajouté un peu de giroflée. Cela ne rentrera pas en conflit avec les autres ingrédients donc le résultat sera le même, mais cela atténuera l'amertume de la potion. Enfin, selon ma théorie.

Il fallut quelques secondes à Remus pour comprendre ce qu'il venait de dire Severus avait-il vraiment testé quelque chose pour rendre le goût plus agréable ? C'était... surprenant. Il sentit alors qu'il se devait de dire quelque chose.

- Merci, murmura-t-il.

Comme il fallait s'y attendre, Severus n'apprécia que peu ce sentimentalisme. Il ne répondit rien d'autre qu'une moue désabusée, avant de se détourner de lui. Juste avant qu'il ne quitte la pièce, Remus reprit la parole, pressentant qu'il n'aurait jamais l'occasion de dire ce qu'il avait sur le cœur.

- Merci aussi de ne m'avoir jamais détesté parce que j'étais un loup-garou.

Cette phrase eut le mérite de retenir l'attention de Severus, puisqu'il se tourna pour le regarder d'un air dédaigneux.

- Je te détestais. Je te déteste toujours, d'ailleurs.

- Oui, je sais. J'étais un petit peu con, ado. Avec le recul, j'ai honte de ma faiblesse. J'aurais dû dire à Sirius et à James que je n'étais pas d'accord avec la façon dont ils te traitaient. J'ai été lâche. Et tu m'as détesté pour ça, ce qui est compréhensible. Mais jamais pour ma condition. Alors même que tu aurais eu toutes les raisons de le faire...

Le fantôme de cette nuit où Severus était allé dans la Cabane hurlante dansa entre eux. Finalement, le serpentard lâcha :

- Ta réaction le lendemain en apprenant la farce de ces deux idiots montrait bien que tu n'étais pas au courant. Alors même si tu m'avais tué cette nuit-là, cela n'aurait pas été de ta faute.

Sur ces paroles, Severus referma la porte, ne lui laissant pas l'opportunité de répondre. Remus n'en éprouva toutefois aucune frustration avec ces quelques mots, Severus venait de lui retirer le poids d'une culpabilité qu'il portait depuis près de vingt ans.