L'isolement touche enfin à sa fin.
Myrose : un énorme merci pour tes reviews, j'espère que cette histoire continuera à te toucher :)
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Ch 14 – Jour 6 ou 7 d'isolement
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Le bruit mat résonna au loin.
Ce son qu'il avait entendu et attendu tant de fois le fit à peine sursauter.
Il avait peut-être enfin abandonné.
Sa conscience se dirigea paresseusement vers les sons qui l'entouraient, analysant et donnant une signification plausible à ce qu'il semblait se passer autour de lui.
Son corps lui semblait lourd et sans vie. Loin. Sa peau réagit à peine lorsqu'une surface se posa sur lui.
Quelque part, cela lui sembla étrange. Anormal. Il aurait probablement dû réagir. Ressentir quelque chose.
Puis il se rappela que c'était mieux ainsi.
Parce que se faire toucher était rarement plaisant. Alors il était mieux loin.
Satisfait par ses conclusions, il allait repartir, mais quelque chose le retint. Quelque chose de différent. Ce contact était agréable.
Il réalisa que quelqu'un pleurait.
Il ne comprenait pas vraiment pourquoi.
Tout était si tranquille.
La présence devint plus insistante. Et plus bruyante. Presque ennuyante.
Elle le forçait à réfléchir.
Elle prononça son nom, et comme si l'on avait tiré sur un fil, il se sentit revenir. Il se sentit prendre des contours qu'il avait oubliés possédés.
Les informations lui parvenaient maintenant plus rapidement.
Les pleurs s'intensifiaient. Son cou était mouillé. C'était désagréable. Il voulait s'essuyer. Il ne pouvait pas.
Sasuke
Quelque chose lui chatouillait le visage. Il y avait cette odeur; juste sous son nez. Son cou était mouillé. C'était irritant de ne pas pouvoir s'essuyer.
Évidemment, il était toujours attaché.
Quelqu'un le tenait, le serrait, limitant d'autant plus ses possibilités de mouvement. Quelqu'un lui pleurait dessus. Il devait être mouillé à cause de ça.
Sasuke!
Il réfléchit encore.
Pourquoi Naruto pleurait-il?
Il inclina la tête pour venir plus proche de cette présence, de lui. Il n'y avait de raison de pleurer. Ils étaient bien. Tout allait bien.
Mais Naruto pleura plus fort.
Cet idiot le confondait avec une peluche. Pourquoi le serrait-il autant?
Il grogna, et sa gorge le brûla.
C'est vrai, il n'avait pas parlé depuis longtemps.
«Usuratonkachi»
L'idiot se mit à rire. Répétant encore et encore son nom.
Ce changement d'émotion impressionna Sasuke.
Il était toujours serré, tenu. Naruto pleurait. Riait. Il n'était pas encore sûr de bien saisir ce qu'il se passait. C'était bien lui pourtant. Son chakra. Son odeur. Sa respiration. Sa peau.
Subitement, comme si tout ce temps il n'avait été qu'en apnée, qu'un observateur extérieur, il se sentit brutalement projeté à l'intérieur de son corps. Comme une immense chute. Tout son corps se tendit d'un coup en un spasme nerveux, éjectant Naruto au passage.
«Naruto?» bégaya-t-il.
Tout lui revint.
Il était dans sa cellule. Naruto avait cessé de venir. Il l'avait cru mort. Il avait voulu mourir.
En une seconde, Naruto fut de nouveau sur lui. L'enlaçant un peu désespérément, comme s'il n'en revenait pas que Sasuke soit là.
«Sasuke, murmura-t-il, le noyant encore sous des torrents de liquide. J'ai eu tellement peur, tu ne dormais pas, mais tu n'étais pas là pour autant. Tu répondais à peine. J'ai cru que je t'avais perdu pour de bon.»
Sasuke était encore sous le choc. Tout était douloureux. Son corps plié lui faisait mal. Sa gorge lui faisait mal. Le sang lui battait les tempes. La tentation de lâcher prise de nouveau était grande et ce ne serait pas difficile. Vraiment pas.
Mais Naruto était là. Il marmonnait dans ses dents tout un tas d'injures très imagées contre la prison.
Naruto n'était pas mort.
Il avait eu raison.
«Détache-moi.» chuchota-t-il.
Immédiatement, des mains s'exécutèrent, bienveillantes, mais empressées, et impatientes, un peu brusques. Le cerveau de Sasuke tournait maintenant à pleine vitesse, l'adrénaline affluant en lui.
Il était toujours dans la cellule. Vu le peu de lumière filtrant sous le masque, il faisait nuit. Naruto le déplaçait. Ils allaient faire le sceau. Il était donc encore venu en cachette. Il était sur la banquette, allongé quand Naruto l'avait enlacé. Le garde semblait dormir. Ou être loin. La dernière fois qu'il s'était réveillé devait dater d'il y a cinq heures environ, pour manger. Il n'avait rien avaler, le garde était repartis. 24 h, peut être plus, pour la dernière fois qu'il avait pu se lever. Trois jours peut-être la dernière fois qu'il avait parlé. Le double, ou plus, que Naruto avait disparu. Il ne savait pas pourquoi. Mais maintenant, il était là. Il était revenu. Il pleurait. Il avait eu peur pour lui. Sasuke ne comprenait pas trop pourquoi. Il n'avait fait que méditer. Il s'échappait. Se dissociait. Peut-être parfois perdait-il un peu la notion du temps, et l'envie de revenir. Mais il n'y avait pas de raison d'avoir peur.
Sa main fut libérée, la tunique tomba. Il eut froid. Il ne parvenait pas à tout saisir. Le temps surtout lui échappait. Pourquoi Naruto était-il parti? Pourquoi n'avait-il rien dit? Il fit tourner ses poignets. Ses articulations. Il avait toujours mal. Combien de temps avait-il été absent? Il avait dit qu'il reviendrait. Que s'était-il passé?
«Soif» croassa-t-il encore. et Naruto se précipita vers le pichet et le verre d'eau qui étaient à disposition dans le coin de la cellule pour l'abreuver.
Il était venu tous les jours. Et subitement, avait cessé. Que s'était-il passé?
Sa main trembla quand il dirigea le gobelet à ses lèvres. Naruto l'aida.
Ils avaient – Ils avaient baisé. Maladroitement et brutalement baisé. Fait l'amour plutôt. S'il était honnête avec lui-même, c'est plus en ces termes qu'il l'avait vécu. Naruto lui avait dit qu'il l'aimait.
Puis il était parti.
Pour ne pas revenir.
Pourquoi?
Il avait attendu des heures que cet idiot revienne. Il avait imaginé le pire. Et le meilleur. Il avait tellement pensé à eux.
Le liquide lui fit du bien. Apaisant l'irritation.
Sentant Naruto en face de lui, proche, soudain la colère jaillit. Gauchement, son corps répondant bizarrement, il jeta le gobelet et essaya de repousser Naruto contre le mur, échouant à le saisir à la gorge comme il l'aurait souhaité et s'insultant devant tant de maladresse.
«T'étais où?!»
Et sa gorge encore lui fit mal. Il n'avait même pas crié. Naruto se laissa faire, mais ses mains s'accrochèrent convulsivement au bras de Sasuke.
«Sas! Je —
— Pourquoi tu n'as pas donné de nouvelle?!»
Sa voix partit anormalement dans les aigus. Sa gorge serrée de soulagement et de colère.
«Réponds!»
Comment sa gorge pouvait-elle lui faire aussi mal? Comme sa poitrine pouvait-elle être aussi serrée? Comment pouvait-il être en train de pleurer?
Mal. Mal. Mal.
Les mains de Naruto étaient toujours accrochées à lui, mais ne tentaient absolument pas de décrocher celle de Sasuke. Au contraire. Elle le maintenait là. Le touchait. Avec une infinie tendresse. Rassurante. L'une d'elles avait une texture rugueuse de tissus.
«Sas'ke, j'ai –
— J'ai eu peur qu'il te soit arrivé quelque chose! le coupa Sasuke. J'étais tout seul. Si tu — si –» Les mots ne pouvaient plus sortir, il lui semblait devoir s'arracher les muscles de la mâchoire juste pour parvenir à articuler. «Personne ne m'aurait rien dit!»
Et plus fort encore, sa voix émit un son qu'il ne reconnut pas, et l'air rentra, et respirer lui sembla impossible, sa poitrine refusant d'obéir. Il commença à hoqueter. Son corps le secouant, et le forçant à avaler de l'air pour qu'il respire.
Les mains glissèrent sur son bras. Remontèrent jusqu'à ses épaules. Et sans qu'il ait eu le temps de réagir, il fut tiré en avant, son bras sans force cédant sans résistance. Il se retrouva la tête dans le cou de Naruto, et deux bras puissants l'enlacèrent fermement.
«Je suis désolé, Sasuke. Je suis désolé. Je suis tellement désolé.»
Naruto continua sa litanie en le serrant un peu plus fort, une surface dure, la mâchoire de Naruto peut-être, venant se caler contre son crâne. Les mains étaient toujours accrochées à lui, le tenaient, l'accompagnant jusqu'à ce que les crispations se calment.
«L'opération a été plus longue que prévu, racontait Naruto, mes cellules, à cause de Kyubi, empêchait celle de Hashirama de fusionner. J'ai mis du temps à me réveiller. Ils m'ont gardé pour faire une batterie de tests, puis ils m'ont gardé aussi pour la rééducation. J'étais constamment surveillé, je suis désolé. Ça fait sept jours en tout. Je suis désolé de t'avoir inquiété et de ne pas avoir tenu ma promesse. Je suis là. Je suis tellement désolé. J'espère vraiment qu'ils ne t'ont pas maltraité. Je jure que je vais les descendre sinon. Je —»
Sasuke expira pendant que Naruto continuait sa litanie.
Un à un, ses muscles se détendirent.
Chez lui.
Ici entre ses bras. Contre ce corps. De nouveau, quelque chose se calmait.
Et cette voix.
Cette insupportable voix qui n'arrêtait jamais de parler. Qui le rassurait tant. Malgré lui.
C'était comme si la semaine d'absence n'avait pas existé.
Comme si rien n'avait changé.
Il était là. Entre les bras forts de Naruto.
Les bras.
Il était calmé maintenant.
Une rationalité froide refit surface.
Il se dégagea brusquement et se détourna, pris d'une subite irritation, d'une rancœur, qui faisait remonter la colère. Il serra les dents.
«Tu ne me dois rien de toute façon.»
Il regrettait déjà la perte de contact. L'odeur était moins forte, il ne sentait plus le pouls du cou de Naruto frapper contre son front, ni le renflement de ses biceps contre son épaule, ni les vibrations de sa cage thoracique contre la sienne.
À peine éloigné, qu'il mourrait d'envie de toucher Naruto de nouveau.
Se réfugier contre lui.
Il était si loin de L'Uchiha fier qu'il avait toujours été.
Et il s'en moquait.
Un bras en moins.
Des semaines privées de toute dignité.
Son entraînement et les visites de Naruto l'avaient maintenu sain d'esprit.
Mais tout le reste, et bien, le reste lui semblait bien inutile. Il était fatigué de la haine.
Il soupira en se détournant de Naruto.
Naruto le centrait.
Dans les longues heures qu'il avait eues à sa disposition pour penser à leur relation, il avait décidé qu'enfin il ne se mentirait plus. Qu'il arrêterait de prétendre ne pas vouloir de lui à ses côtés.
Ça n'avait pas été une si grosse décision, plutôt la fin d'une lutte qui, soudain, paraissait absurde.
Pourquoi tournait-il le dos à ce qui lui faisait du bien, encore?
Mais il y avait ce bras.
Cette différence qui l'irritait. À cause de ce bras, Naruto avait cessé de venir le voir. Et Sasuke avait cru le perdre.
Perdu dans ses noires pensées, il ne sentit pas Naruto se rapprocher, et sursauta quand une présence se colla à son dos. Un front s'appuya contre l'arrière de son crâne. La chaleur de Naruto, ses envies, son obsession pour lui, son besoin de lui, son soulagement de le revoir, son amour pour lui, tout venait l'envelopper et l'empêcher de poursuivre les pensées qui l'habitaient quelques secondes avant.
Il se retourna.
Il sentit immédiatement la chaleur émanant de Naruto se répercuter sur lui. Leurs visages devaient se trouver à quelques centimètres l'un de l'autre. Sasuke pouvait sentir le souffle de Naruto sur ses lèvres et son nez, juste sous le masque. Il ne s'attendait pas à tant de proximité, et ses joues prirent subitement feu. Il avait pensé à ça. À ce baiser qu'ils n'avaient pas échangé. Pas vraiment. Il en avait rêvé de ce moment. De ces lèvres qu'il avait fugacement senties sur lui.
Il sentit que Naruto avait prévu de parler, mais s'était ravisé, surpris peut-être que Sasuke se soit retourné. Et tout ce qui restait maintenant c'était cette trop grande intimité, encombrante, dont il ne savait quoi faire. Pleine de peut-être, d'envies, et cette crainte d'être rejeté. Il pouvait sentir Naruto autant tendu que lui.
Ils étaient si proches.
Et ça faisait si longtemps.
Tout ce qu'il s'était passé semblait avoir eu lieu hier ou dans une autre vie. Tout était si vivant, si présent dans l'esprit de Sasuke… et en même temps si fragile, juste un instant, rapidement aperçu, à peine saisi. Il avait besoin de se souvenir. De vérifier.
Rien ne le retenait de s'avancer. À peine.
Rien d'autre que sa fierté, et il était peut être temps qu'elle aille se faire foutre.
Et ses peurs. Et elles aussi il les emmerdait. Il avait besoin de ça. De rien d'autre.
Il déglutit. Sentant l'autre tout aussi incertain en face de lui. Ils étaient silencieux. Suspendu. Incertains de la marche à suivre. La tension augmentant entre eux.
Il se pencha en avant.
Tout en lui criait de panique. Rien ne devait le mener à embrasser Naruto.
C'était Naruto qui devait faire ce pas. Lui, il était le connard blasé qui finissait par se laisser faire en grognant, bien obligé.
Sa main se tendit en avant et agrippa ce qui devait être le T-shirt de Naruto pour le tirer à lui.
Il embrassa Naruto.
Et Naruto se laissa faire, échappant seulement une inspiration hachée, surprise.
Et c'était si simple que Sasuke s'insultât de ne pas avoir fait ça avant.
Les lèvres étaient lisses, tièdes, souples.
Elles bougèrent à peine contre lui. Juste pour lui signifier qu'elles étaient là. S'adaptant à lui.
Elles étaient caressantes, interdites, nécessaires.
Il tira Naruto encore vers lui, encore un peu, pour plus de contact, et celui-ci sembla fondre. Les deux bras l'encerclèrent avec une révérence que Naruto n'avait jamais eue pour lui, ne s'était peut être jamais autorisé à avoir. Les mains vinrent se perdre dans ses cheveux, sur sa nuque, prenant son visage en coupe comme s'il était une chose précieuse, risquant de se casser, et Sasuke ne savait comment réagir tant ce type de contact était nouveau. Il ne méritait certainement pas tant de délicatesse.
Il s'accrocha à lui plus fort.
Les lèvres se firent immédiatement plus agressives, mais toujours aussi émotives. Il sentit des dents, et des ongles, et ses muscles se firent agripper comme si Naruto avait besoin de vérifier qu'il était bien là. Comme s'il risquait de s'échapper. Il le sentait trembler contre lui, alors qu'il se faisait recouvrir de baiser avec une férocité un peu désespéré.
Naruto l'aimait avec trop de tristesse.
Sasuke comprit qu'il avait eu peur au moins autant que lui.
«Je demandais de tes nouvelles souvent», murmura Naruto contre lui, la voix contenue, mesurée, comme s'il avait peur de se briser. «Je te jure Sasuke, j'avais tellement — j'avais la rage de ne pas pouvoir venir. Kakashi m'a dit que tu allais bien. Que ça allait! De pas m'inquiéter, mais je — te savoir tout seul — je — putain — te voir comme ça en arrivant!»
Naruto le serra encore un peu et Sasuke sut que les pleurs avaient recommencé.
Le baiser s'interrompit. «Je suis tellement désolé, je ne devrais pas pleurer, c'est toi qui es enfermé, j'ai — je»
Sasuke leva le bras pour le garder contre lui, respirant pour relâcher son poing qui ne voulait que se contracter. Sentir Naruto pleurer, avoir mal, c'était quelque chose que déjà jeune il ne supportait pas. Sauf s'il en était responsable, bien sûr. Aujourd'hui, il semblait que Naruto ne souffrait plus qu'à cause de lui. Et ça n'en était pas plus tolérable. Il voulait que ça s'arrête.
Il avait voulu que Naruto s'éloigne de lui pour que plus jamais il ne le fasse souffrir.
Il n'avait fait qu'empirer les choses.
Il soupira.
Naruto était une sangsue.
Et s'autorisa à tapoter gentiment la tête de Naruto contre lui. Il n'avait jamais su faire ce genre de chose. Consoler quelqu'un.
«Baka. Arrête de me pleurer dessus encore. Je vais être plein de morve.»
Sur lui, Naruto renifla laborieusement en le traitant d'enfoiré. Sasuke grimaça au son peu sexy.
«Tu n'y es pour rien. Repris-il plus sérieusement. Je vais bien. Je crois.»
Et Naruto le serra encore un peu plus fort.
«Je te veux loin d'ici Sas, je jure que je supporte plus ces murs et cette camisole, je vais devenir fou et tout péter.»
Sasuke eut un petit rire amer. Naruto avait toujours tellement aimé Konoha, il était surpris de le sentir aussi en colère. Mais pas surpris de le sentir aussi bouillonnant. Il avait toujours hurlé à l'injustice.
«Je te rassure c'est réciproque», répondit-il.
Naruto le serra encore un peu. Mais quelques secondes après, comme pris d'une révélation, il se dégagea surpris, le tenant par les épaules :
«Vraiment? Je veux dire, tu veux — tu veux vraiment sortir d'ici? Vivre?»
En vérité, c'était surtout la perspective d'un Naruto pétant un câble et l'enlevant pour s'enfuir avec lui qui lui plaisait. Mais il savait très bien que ce gamin aimait trop son village pour ça. Un truc douloureux de plus. Voulait-il vivre en sachant que ceci n'arriverait jamais?
Il haussa les épaules en réponse.
Il n'était plus sûr de vouloir mourir en tout cas.
Naruto s'était un peu reculé et riait, comme pour se remettre de ses émotions.
Les deux mains de Naruto étaient toujours sur lui, et vraiment le concept continuait de le perturber. Une part de son cerveau ne cessait d'analyser cet intrus et à certains moments de douter de la véritable identité de Naruto. L'irritation avait complètement décru, il était plutôt inquiet maintenant, de comprendre que ça ne s'était pas si bien passé.
Ils restèrent quelques instants silencieux, de nouveau très conscient de leur corps, de leur intimité nouvelle, et ne sachant absolument pas ni l'un ni l'autre quoi en faire.
«Enlève ton t-shirt.» Ordonna finalement Sasuke.
Mais en face rien ne sembla bouger. Naruto était affreusement silencieux.
«Enlève ton t-shirt Naruto». Répéta-t-il. Sa voix était grave, mais moins asséchée. C'était moins douloureux de parler. Il était calme. Son ton dénué de toute émotion.
Peut-être était-ce ça qui perturbait Naruto.
« Uhg, OK,» murmura finalement l'autre, clairement perdu, mais s'exécutant tout de même. Sasuke leva les yeux au ciel.
Il se tenait droit et leva la main, comme la dernière fois qu'il avait prononcé les mêmes mots. Naruto s'avança vers lui et ils reprirent le même manège. Sa main se posa sur le torse nu de Naruto. Comme il s'y attendait, il était chaud et ferme. La peau souple et veloutée.
Il alla vite vers le bras.
C'était étrange, sous le bandage, il ne sentait pas d'os, pas de muscle, c'était l'inverse d'une peau, plus ferme en surface, et plus mou à l'intérieur. Mais chaque parcelle semblait vivante et vibrait très légèrement au toucher. Ce n'était pas humain.
«Ouais, moi aussi je trouve ça bizarre, souffla Naruto, suivant probablement le courant de pensée de Sasuke. C'est pour ça que je porte un bandage, et aussi pour que ça reste bien en place.»
Il parvint à repérer la transition, elle n'était pas droite, elle dépassait du tissu, comme si les cellules s'étaient insérées irrégulièrement en Naruto. Essayant de suivre toutes les traces de ces cellules étrangères, ses doigts se retrouvèrent proches de son cou. Il sentait tout sous ses doigts, les os, les muscles, les grains de beauté, les poils fins, les frissons qui recouvraient la peau lorsqu'il s'approchait de certains endroits, ses aisselles, son flanc. Tant de choses apparaissaient sous ses doigts. C'était surprenant de pouvoir toucher un corps ainsi. Sans chercher à le détruire. Juste pour le découvrir. Fascinant même.
Il avait quitté depuis longtemps les cellules d'Hashirama, plus fort que lui, il y avait tant d'autres choses à explorer. Il voulait juste se perdre dans ce toucher. C'était une envie urgente. Une envie qu'il n'était pas totalement sûr d'assumer. Dont il craignait les conséquences, et la dépendance dont clairement il était déjà victime. Il s'en voulait de ne parvenir à se détacher parce que son cerveau tissait maintenant des liens très imagés entre ce qu'il sentait sous sa peau en ce moment même, et certains souvenirs qui le hantaient un peu trop vivement.
Il ne touchait qu'avec ses doigts, qu'avec la pulpe de ses doigts, lentement, laissant le temps à chaque sensation de s'imprimer en lui. Cette clavicule, ce muscle-là, traversant le cou, il l'avait eu contre ses lèvres, contre ses dents et sa langue. Toujours cloitré dans le noir, il n'avait pas de réalité concrète à laquelle se raccrocher, pour rationaliser, éloigner ces images qui n'avaient eu de cesse de l'assaillir.
Naruto émit un sifflement discret, retenu. Et Sasuke se souvint immédiatement de cette respiration si bruyante, si présente dans ses oreilles, cette inflexion particulière, grave et rageuse, qui parfois partait plaintivement dans les aigus. Tous ces sons qu'il avait entendus tant de fois lorsqu'ils se battaient et qui subitement avaient pris un tout autre sens.
Tant de sons qui prenaient tant de place dans son imagerie mentale.
Sasuke retrouva la ligne de poils entre les pectoraux et cette fois-ci ce fut plus fort que lui : il la suivit, jusqu'à sentir de renflement des abdominaux, qui lui rappelèrent immanquablement le sexe plus bas, qui l'avait frappé, pénétré à maintes reprises. Il déglutit, s'injuriant de penser encore à ça.
Son toucher procura d'autres frissons à Naruto, un léger tressaillement vite retenu par un autre soupir discret. Sasuke ne doutait pas qu'il devait bouillonner de tension et d'anticipation à l'intérieur. Il pouvait sentir son trouble, et réaliser qu'il avait peut-être cette forme de pouvoir sur lui était intimidant, mais certainement satisfaisant.
Il posa sa main à plat sur le ventre, cette surface plus vulnérable que les autres, s'enroulant avec précaution autour d'une hanche. C'était nouveau, étrange, de toucher quelqu'un d'autre ainsi, Naruto plus spécifiquement. Avec toujours ce goût d'interdit qui persistait.
Sous sa main Naruto, était figé, patient, un peu raide.
«Je t'ai connu plus vocal», observa-t-il, railleur, sa main remontant le long du flanc et des côtes.
Naruto pouffa un peu, d'un rire silencieux et contrôlé:
«Ouais, euh — je ne veux pas t'effrayer, Uchiha».
Sasuke sourit. Naruto s'attendait probablement à ce qu'il le frappe pour se venger, mais il y avait trop de vérité dans cette petite remarque. Sasuke la trouvait juste.
«On a vu où ça a mené la dernière fois, n'est-ce pas…» dit-il tranquillement, sa voix semblait avoir retrouvé son timbre et il se sentait subitement plus confiant, plus entreprenant. Sa main poursuivit ses découvertes vers le dos, vers cette légère cambrure. «Il ne me semble pas avoir été tant… effrayé, pourtant.»
Naruto resta silencieux, mais son corps se tendit, il était peut être surpris que Sasuke reviennent sur leur dernière nuit aussi facilement.
«Est-ce que Mr Uchiha est en train de faire de l'humour?! se moqua-t-il. Kami-sama !»
Sasuke pouffa, ne retenant pas ses lèvres de s'étirer alors que Naruto se foutait de sa gueule béatement, pour masquer son propre trouble. Il n'avait pourtant pas fait de l'humour. Il avait été honnête. Il était plutôt fier de sa réplique. C'était satisfaisant d'assumer. Libérateur. Naruto avait un léger duvet de poils, dans Ie bas du dos, juste au-dessus de son cul qu'il avait empoigné l'espace d'un instant avant de le pénétrer.
Sasuke avait aussi besoin de clarifier certaines petites choses avant de se permettre plus…
Mais il ne voyait aucune raison de faire comme si rien ne s'était passé, ou comme s'ils n'avaient pas tous les deux apprécié — plus qu'apprécié — le moment.
«Dans tous les cas, reprit-il, récupérant sa main qui commençait à s'aventurer trop bas, j'ai du boulot en sortant.» Et il mit un petit coup dans les abdominaux de Naruto.
«Uugh? AH! Laisse tomber, j'ai toujours été plus musclé que toi, Sasuke!»
Sasuke serra le poing de nouveau et renfonça son poing, plus vivement cette fois, dans le ventre devant lui. «Répète ça pour voir?» Nargua-t-il. Les muscles se contractèrent immédiatement, arrachant une expiration heurtée à Naruto qui cette fois-ci, explosa de rire dans un «enfoiré!» indigné.
Sasuke se fit alors attraper par le cou et Naruto le projeta à terre. Gentiment toujours, mais très efficacement. Sasuke grogna, offusqué de s'être laissé surprendre comme un débutant. L'adrénaline monta de nouveau en eux. D'un coup. Comme une vieille amie. Comme à chaque fois qu'ils se battent. Avec plus d'excitation, de tension et de crainte, et de tout un tas de choses non dites en plus.
L'absence de son bras gênait beaucoup moins Sasuke qu'avant, mais son corps entier était encore engourdi des heures entières qu'il avait passé immobilisé. En réalité, il devait être un peu pathétique à voir.
Il se sentait comme une marionnette malhabile. Il ne s'en battait que plus férocement. Comme si une part de lui avait besoin de se rassurer. De se sentir en contrôle. De retrouver cette complicité inoffensive qu'il avait eue avec Naruto. Et si Naruto était surpris de la hargne qu'il mettait dans ses coups, il n'en montra rien, plongeant avec lui dans cette compétitivité qui les avait toujours définis.
Naruto avait le dessus régulièrement, sa force bien supérieure à celle de Sasuke en ce moment, mais il était toujours aussi idiot et absurdement frontal dans ses attaques et Sasuke parvenait parfois à reprendre le dessus. Il était reconnaissant qu'il ne le ménage pas, son égo ne l'aurait pas supporté. Il était maintenant immobilisé, Naruto allongé à moitié sur son ventre, bloquant ses jambes avec les siennes, et lui tordant le bras dans une clé douloureuse. Il essaya de se dégager, de libérer ses jambes au moins, mais Naruto était trop lourd et trop fort. Il grogna et se débattit encore un peu sous les rires essoufflés de Naruto qui ne bougeait pas même d'un millimètre. Il avait le tournis, son corps le lâchant déjà après si peu d'effort.
«Attends que je me remette en forme et c'est moi qui vais te clouer au sol comme tu le mérites!» pesta-t-il, agacé et humilié.
Tout contre lui, Naruto rigola, et lui répondit gaillardement qu'il n'aurait aucun problème à se laisser faire.
Sasuke mis un peu de temps à comprendre l'allusion, il n'était pas encore habitué à ce type d'interaction. Il se sentit rougir en visualisant subitement ce que Naruto avait insinué. Il maugréa un "idiot" absurdement gêné et arrêta ses vaines tentatives de se redresser.
Naruto le relâcha doucement et s'assit, sa chaleur corporelle s'éloignant de lui, mais pas assez pour qu'ils perdent le contact complètement. Il le sentit bouger maladroitement contre lui.
«Euh… Je — trop tôt pour les blagues de cul…?»
Sasuke se retint de lever les yeux au ciel. Ça ne ressemblait pas à Naruto d'être aussi… incertain. Il resta silencieux un instant, hésitant à son tour, avant de finalement expirer et de balancer une taloche en direction de Naruto.
Il ne savait pas. Voilà. Ça le fatiguait de penser à ça. Parfois il avait envie de plus. Parfois tout allait trop vite. Parfois il le voulait parce que ça lui prouvait que Naruto l'aimait. Et parfois il se disait que ça prouvait seulement que Naruto ne voulait que du cul et ne l'aimait pas. Il était perdu et ça le saoulait d'y penser.
Naruto ne fit rien pour l'esquiver, trop heureux apparemment de s'en prendre une et de revenir dans leurs jeux habituels. Un gloussement joyeux lui sortit de la gorge. «Noon! Sas' on doit arrêter!» reprit-il en riant toujours. Sasuke pouvait presque voir la grimace satisfaite qui devait déformer ses lèvres, «je vais encore dire des conneries à cause de tous les trucs pervers qui me passent par la tête!»
Que Naruto soit trop lubrique pour continuer à jouer chastement n'étonnait en rien Sasuke, est-ce qu'il avait besoin que l'autre se retienne? Il ne pouvait répondre à ça pour le moment. Il ressentait tellement de choses en même temps. La perspective, la peur plutôt, de n'être qu'un relâchement sexuel pour Naruto, était effectivement constamment présente, éprouvante, cognant inlassablement sa conscience à la recherche d'une excuse pour qu'il s'énerve. Elle avait pris la place de cette peur qu'il ne soit qu'un foutu ami pour lui.
Mais l'idée que Naruto se retienne d'être lui-même par peur de choquer sa pruderie était tout aussi insupportable. Une attaque directe vers son égo sensible. Il n'avait pas besoin d'être dorloté.
Sasuke souffla entre ses dents. Il voulait vraiment faire les choses bien. Il avait beaucoup réfléchi. Il avait besoin de comprendre.
Naruto dû sentir les anxiétés de Sasuke lui revenir, car il abandonna ses attaques et redevint plus sérieux, posant une main chaude qui se voulait rassurante sur son épaule.
Sasuke ne s'en offusqua pas. Ne s'en énerva pas. Au contraire. Une étrange gratitude l'envahit.
«Je suis désolé si je précipite les choses ou — je ne sais pas trop.» Dit-il doucement, inquiet.
Sans trop réfléchir, instinctivement, Sasuke vint poser sa main sur celle de Naruto. Par réflexe. Et cette réaction de lui-même l'étonna. Pourquoi cela avait-il toujours été si difficile d'accepter l'attention de quelqu'un? Spécialement de Naruto? Cette spontanéité, nouvelle, le sécurisa. Elle confirmait que c'était peut-être trop tard pour reculer, pour se renfermer.
Trop de choses avaient été dites et faites. De sa part comme de celle de Naruto. Il y avait quelque chose de paisible dans cette réaction toute simple. La reconnaissance d'un lien présent, évident. D'un besoin.
«Enfin, je veux dire, reprit Naruto en enroulant ses doigts aux siens, sa respiration se coupant l'espace de quelques secondes, je ne veux pas te mettre mal à l'aise. On a pas encore parlé de ce qui s'est passé. Je devrais peut-être attendre avant de faire des blagues, euh, bizarres…»
Sasuke expira, les inquiétudes de Naruto le faisant sourire malgré lui, et l'irritant un tantinet. Comment n'avait il pas vu que Naruto se retenait tellement, tout le temps, par peur de le perdre.
«Idiot» murmura-t-il, «arrêtes d'avoir peur que tout ce que tu dises me fasse fuir»
La main se pressa contre ses doigts un quart de seconde, Naruto riant nerveusement.
«Ouais… euh on pourra en reparler, parce ce que ça va peut-être me prendre un peu de temps…»
Sasuke serra les lèvres. Il devait reconnaître que ceci était entièrement de sa faute. Il était celui qui pétait un câble dès que Naruto n'utilisait pas les mots qu'il estimait être les bons. Il le lui avait souvent reproché. Et encore maintenant il redoutait les discussions. Il avait peur des failles qu'il se savait capable de trouver dans le discours de Naruto. Prêt à confirmer ses propres peurs, peu importe ce que Naruto lui disait vraiment.
Il n'était pas spécialement fier de ça. Mais maintenant qu'il souhaitait avoir une vraie discussion avec Naruto, il était essentiel que Naruto lui parle, qu'il ose, et qu'il n'ait pas peur de lui. Autrement il ne saurait jamais.
Et essentiel que lui reste ouvert.
Loin de suivre ses pensées cette fois, Naruto continuait à trébucher sur ses mots, et à essayer de reformuler ce qu'il avait déjà dit. Là encore, Sasuke fut surpris de constater qu'il n'avait jamais vraiment saisi cet aspect anxieux de son camarade. Était-ce lui qui avait aussi créé ça chez Naruto?
Non. Naruto avait toujours eu peur d'être rejeté.
«… Y a pas de soucis, je m'en fous, je — enfin je crois, je — je veux dire que je ne veux rien précipiter, tu vois, et je n'ai pas d'attente, OK? En fait, euh, on fait comme toi tu veux. On pourrait ne jamais refaire quoi que ce soit, ça me va.»
Sasuke fronça les sourcils en essayant de raccrocher le discours.
«Je peux vraiment arrêter les blagues, et on peut ne pas refaire, euh — quoi que ce soit. On peut y aller à ton rythme. Tant que tu ne regrettes pas, et que, euh, on — on —
On. Un concept sur lequel il avait longtemps craché, trop doux pour être acceptable. En étaient-ils au point d'avoir un On? Dans tous les cas, il doutait ouvertement de la capacité à de ce crétin à se retenir de lui faire des blagues vaseuses.
«Vraiment?» l'interrompit-il. «Toi, te retenir de me faire des allusions perverses?»
Naruto s'arrêta net, coupé dans sa tirade.
«Je te fais trop d'effet pour ça.» ajouta-t-il en souriant, décidant d'être absolument sûr de lui.
La main se déroba de la sienne et de son épaule, l'énergie de Naruto se mettant à crépiter de fébrilité. Ou se liquéfier. C'était étrange, allant un peu partout en même temps. Peut-être que s'il avait pu voir il aurait mieux compris. Peut-être était-il juste gêné, et mal pris avec lui-même. Une vue que Sasuke aurait aimé avoir.
«Je me trompe?» redemanda-t-il plus sérieusement.
La chaleur de Naruto s'était éloignée un peu, mais il était toujours assis, proche de lui. Sasuke s'assit à son tour, avec précaution, pour ne pas percuter Naruto, essayant en même temps d'identifier où il était par rapport à lui. Dans le mouvement, il sentit leur corps se rapprocher, et il continua, un sourire apparaissant de nouveau sur ses lèvres en ressentant cette présence, avant de se reculer enfin, pour s'adosser au mur derrière lui.
Il flirtait.
Il jouait avec le corps de Naruto, qui entrait et sortait de son champ de perceptions, jouait avec l'effet qu'il espérait pouvoir faire.
Il redressa la tête, se tenant droit, mais relax, attendant une réponse. Ouvert, espérait-il, rassurant.
Mais il ne dut pas exactement produire l'effet escompté, car Naruto émit un petit bruit de gorge plaintif et apparemment mécontent. «Kami sama, Sasuke t'es tellement — tellement — arf! quel bâtard!»
Puis il l'entendit souffler un grand coup, et le sentit se rapprocher de nouveau. Le côté extérieur de leur cuisse était maintenant bien en contact.
«Tu as probablement raison, reprit Naruto. Je — euh — pense à beaucoup de choses quand tu fais — quand tu es si –.
Au mouvement soudain qui eut lieu autour de lui, Sasuke déduisit que Naruto brassait de l'air ou quelque chose du genre, pour illustrer ce qu'il était ou avait fait.
— urg. Bref.» Conclut-il insatisfait.
Si quoi, Sasuke aurait bien voulu savoir. Sa bouche se tordit en un rire moqueur, et il se fit punir immédiatement par une tape sur l'épaule.
«Sasuke! Arrête de jouer avec mes nerfs comme ça! Écoute-moi, teme! C'est — euh — c'est vraiment important que tu saches que le sexe n'est pas le plus important pour moi. Que Tu es plus important que le sexe! Tu comprends?» Et Naruto pesait ses mots. «Et je suis désolé si j'ai — si j'ai laissé entendre que —
— Je sais, le coupa-t-il»
C'était vrai. Sasuke savait. Il l'avait senti.
Il avait encore besoin de l'entendre, quelques fois au moins. Juste pour en être bien sûr, mais au fond, il savait.
Il se mordilla la lèvre, cherchant ses mots quelques secondes.
«Je savais déjà que c'était faux. Je voulais te blesser. Je suis désolé.»
Naruto resta silencieux, subitement très attentif.
Sasuke savait que Naruto ressentait des choses pour lui. Plein de choses. Juste pas la chose que lui voulait. Mais même ça il n'en avait aucune certitude. Et ça avait été plus facile de chercher à se prouver le contraire. Peut-être son goût pour l'autodestruction était la raison de cet entêtement borné. Ou la peur bien sûr. Qu'il ait raison.
Il soupira.
«Je sais que tu tiens à moi, reprit-il, en pesant ses mots lui aussi. Même si je ne sais pas exactement pourquoi ni comment. Mais c'était mesquin de t'accuser de vouloir juste baiser alors que tu viens dans cette cellule tous les jours depuis — je ne sais pas depuis quand.»
La présence se rapprocha de lui, et sa main qui reposait tranquillement sur ses cuisses fut prise dans celle de Naruto.
«Teme, se plaignit son vis-à-vis, tu va me faire pleurer encore.»
Sasuke pouffa.
«Bibilikun»
Naruto aussi.
Ils restèrent silencieux quelques secondes ou minutes de plus. Tant de choses à clarifier. Tant de choses à dire alors qu'il était si facile de se taire. Mais Sasuke voulait faire les choses bien. Il avait beaucoup réfléchi pendant ses longues heures seul, et si ses pensées et émotions n'étaient pas toujours cohérentes avec ses envies, il savait qu'il voulait clarifier les choses avec Naruto.
Il fronça les sourcils, ennuyé, et finalement se leva.
Il sentit le chakra de Naruto se tendre immédiatement, mais l'ignora résolument. Il ne fit pas non plus spécialement attention à éviter le corps qui devait trôner quelque part devant lui, lui faisant confiance pour ne pas le laisser lui marcher dessus.
Être debout, marcher, même à l'étroit dans cette cellule lui donnait un semblant de contrôle.
«Naruto, qu'on soit bien clair, j'ai aimé baiser avec toi. Et j'ai envie de recommencer.» statua-t-il finalement. Calme. Factuel.
«Ne me traite pas comme une petite chose fragile» reprit-il plus fermement.
Il n'avait pas besoin que Naruto se retienne par peur de l'effrayer ou autre. Il était sûr de ça aussi. Bien trop irritant.
«Je m'en tape que tu me fasses des blagues de cul, je ne vais pas crier au scandale pour ça, baka. Ça n'a jamais été ça le problème. Mais il va falloir qu'on clarifie ce on qui ne cesse de sortir de ta bouche, parce qu'il ne me semble pas que l'on ait conclu quoi que ce soit à ce propos.»
Il prit une grande inspiration. «J'ai besoin de savoir ce que tu ressens vraiment pour moi».
Voilà. Il l'avait dit. En disant tout cela, son agacement était monté d'un cran. Il espérait qu'il avait été suffisamment clair. Il avait fait quelques allers-retours dans la cellule déjà, avant de s'appuyer, parfaitement maîtrisé, contre le mur. Naruto était complètement silencieux et probablement immobile. Et, pour être honnête, il avait du mal à identifier où Naruto se trouvait dans la cellule et ce qu'il pensait. Il se refusa à chercher et resta parfaitement faussement détendu, adossé contre son mur.
Mais il se fit attaquer. La présence de Naruto l'envahit d'un coup, odeur, chakra, poids, respiration, tout était subitement collé à lui, et toute sa belle retenue vola en éclat, son cœur se mettant furieusement à cogner derrière sa poitrine et sa température prenant dix degrés en moins d'une seconde.
Il fronça les sourcils en maugréant, tout offusqué de cette attaque subite, et surtout des réactions incontrôlables de son corps. Mais cela ne fit que rire Naruto, qui s'appuya un peu plus contre lui. Une jambe entre les siennes, sa cuisse appuyée contre son sexe qui se réveilla instantanément.
«Enfoiré d'Uchiha, te la joue pas tout fier et tout froid, comme si subitement ce que tu disais était d'une banalité évidente.»
Naruto bougea. Venant poser ses mains de chaque côté de sa tête, la cuisse toujours collée contre lui. Même s'il était plus loin, la posture n'en devint que plus invasive et intimidante. Sasuke prit une courte inspiration, luttant fort pour ne pas bouger et accentuer la délicieuse pression que Naruto exerçait contre lui. Serrant résolument les lèvres, pas prêt à verbaliser quoique ce soit sans qu'un son obscène ne lui échappe.
Il le sentit plonger vers son cou, «je m'excuse, reprit l'autre, mon cerveau d'idiot excité a arrêté de fonctionner après ta première phrase.»
Sa voix résonna puissamment dans son oreille et manqua de lui arracher un couinement plaintif, «Redis ça, Uchiha», murmura-t-il.
«Redis quoi, crétin ? grogna-t-il entre ses dents.
— Redis-moi que tu as aimé ça.»
L'énergie de Naruto était exigeante, intense, pleine d'un désir pour lui que cette fois son camarade ne cherchait absolument pas à réfréner.
Sasuke déglutit. C'était bien, n'est-ce pas? Il faisait exactement ce qu'il venait de lui demander. Il était lui. Naruto.
Sasuke avait eu peur de perdre leur égalité, leur complicité à cause de cette trop grande délicatesse et insécurité que Naruto semblait alimenter à son égard. Donc c'était bien. C'était bon même. Exaltant. Naruto cessait d'avoir peur de l'effrayer. Naruto redevenait impulsif.
Un frisson d'adrénaline le traversa.
«J'ai dit, idiot, reprit-il dans un demi-sourire : j'ai. Aimé. Baiser. Avec toi.»
Il insista sur chacun des mots, autorisant sa voix à baisser d'une octave. Est-ce que les pulsions sexuelles de Naruto, ce désir latent et féroce pour lui qui semblait maintenant constamment prêt à sortir, avaient toujours été là? Bien enfouis? Ou est-ce que ça s'était réveillé plus tard, pendant leurs longues heures passées ensemble dans cette foutue cellule?
Dans tous les cas, c'était intense. Plus magnétique qu'il ne l'aurait cru. Il était impressionné que Naruto ait su lui dissimuler tout ça.
Mais plus pour très longtemps.
Il s'humidifia lentement les lèvres. Naruto était si proche de lui qu'il était sur qu'il n'en louperait rien :
«Et je veux recommencer.»
Il cherchait Naruto. Et il savait qu'il allait le trouver. Ça avait toujours été comme ça entre eux. Ils avaient toujours été comme ça. Sasuke se sentit soudain vulnérable. Son rythme cardiaque ne décélérant absolument pas malgré toute sa verve et son assurance.
Sur lui, effectivement, Naruto réagit. Il se décolla de lui et son chakra s'emballa, devenant subitement plus épais, venant rouler sur lui, le recouvrir, semblant presque s'insérer à travers les pores de sa peau et lui coupant la respiration d'un coup.
Il inspira d'un coup, se sentant suffoquer, brûler de l'intérieur. Il avait complètement perdu le fil de ses pensées. Encore. Cette conversation s'avérait très difficile à tenir. Il voulait discuter, n'est-ce pas? Comment pouvait-il toujours se retrouver pris à son propre jeu avec Naruto? Pourquoi embarquait-il si facilement dans chacune de ses provocations!?
«Merde» prononça Naruto d'une voix basse et cassée. Sasuke dut se mordre les lèvres tant les inflexions de cette voix trop proche de lui lui refilaient des frissons. tant il avait du mal à respirer. Les lèvres l'effleurèrent à nouveau, juste en dessous du bandeau, juste en dessous de l'oreille. Et rien d'autre ne le touchait, le corps de Naruto était absurdement trop proche et trop loin à la fois. Il en était à rêver de friction, que leur torse, leur bassin entre en contact, ou leur bouche, ou quelque chose, n'importe quoi.
«J'ai l'impression de vivre en plein rêve, là, reprit la voix toujours aussi collée à lui. Je vais probablement devoir te demander de me répéter ça plusieurs fois pour que j'y croie.»
Hourra, se dit Sasuke sarcastiquement, toujours autant en train de surchauffer. Ils avaient tous deux leurs doutes, maintenant, qu'il bouge! Il n'y avait aucune hésitation à avoir là maintenant, Sasuke était aussi transparent qu'un foutu genjutsu raté et il le savait très bien. Cette micro-distance le rendait fou. Tout ce qui obnubilait son cerveau, c'était ce besoin impérieux de contacte qui l'étouffait de plus en plus.
Merde, il y avait tant de choses dont il voulait parler avant! Il voulait savoir où ils en étaient. Ils avaient tant de peurs à rassurer. Pour qu'ils ne se blessent pas encore, et encore.
«Naruto», le gronda-t-il, mais cela sonna plus comme un gémissement essoufflé que comme une réprimande.
«Ha» acquiesça l'autre. «Je suis désolé, Sasuke. Je veux prendre mon temps. Je veux parler de tellement de choses avec toi, je ne veux surtout pas qu'on se blesse encore comme des crétins, et en même temps tu me sors des phrases comme ça et j'ai juste envie de te bouffer.»
Sasuke sentit nettement l'aura de Naruto devenir plus sombre, plus intense, comme s'il serrait les poings pour se retenir de lui sauter dessus. Ça, c'était le Naruto que Naruto lui avait caché. Un Naruto qui lui faisait beaucoup de choses en dedans. Qui le distrayait complètement de l'habituelle dictature de son cerveau. Un Naruto qui lui donnait envie de se liquéfier et de se battre en même temps. Un égal.
Il le sentit respirer, tenter de se contrôler, et cela l'ennuya,
«Tu m'as dit de ne pas te ménager, reprit Naruto, la voix toujours aussi basse, mais plus plaintive, et ben ça, c'est moi aussi. C'est ce que je ressens pour toi aussi. Mais je — il reprit une autre inspiration — je recommencerais à le cacher, je te jure, si c'est ça que tu veux, je m'en —
— Non.»
Sasuke ne voulait pas entendre la suite.
Il avait parlé vite.
Encore une fois, il n'avait pas réfléchi. Mais Naruto avait parlé de se retenir et immédiatement il avait su que non. C'était hors de question. Ça, ce désir brut que Naruto ressentait pour lui, lui plaisait. Ça, ce n'était pas de l'amitié, et à partir de là, il craignait moins ça que tous les gestes bienveillants et précautionneux que Naruto avait pu faire envers lui. C'était à vif, c'était trop douloureux pour être juste du sexe, c'était égoïste peut-être, mais c'était beaucoup plus proche de ce que Sasuke ressentait aussi.
«La prochaine fois que tu t'inventeras une excuse bidon pour me dissimuler ce que tu ressens, je t'arrache la tronche» lui dit il froidement. Le provocant encore parce que ça, il savait faire.
Il le voulait sombre. Il le voulait en train de se consumer pour lui. Il voulait sentir, encore, comme il le désirait et comme il avait mal de le désirer ainsi. Il savait que ce n'était pas sain. Mais il se reconnaissait en ça. Il en avait besoin. Ils parleraient plus tard. Ils seraient sains plus tard.
Naruto jura, puis les lèvres glissèrent le long de sa mâchoire jusqu'à s'arrêter juste au coin de celles de Sasuke. Un frisson lui descendit jusque dans les reins. Il figea, en attente de plus, le corps un peu tremblant de tout ce sang qui circulait furieusement en lui.
«Sas'», reprit Naruto, toujours au même endroit, comme s'il se retenait, «Je — Arf! Kami sama… —»
Et la voix était tellement hésitante que Sasuke réagit, il était au-delà de toute pensée cohérente.
Il n'aimait pas l'hésitation.
Il n'aimait pas que Naruto doute.
De sa main valide, il retourna le corps devant lui jusqu'à ce qu'il soit stoppé contre le mur et se colla complètement contre lui, n'ayant pas peur, lui, que leurs torses nus et leurs bassins entrent en contact. Il gémit sourdement devant la multitude de sensations qui l'envahirent d'un coup. Cette odeur qui l'affamait, cette aura qui l'enveloppait d'un monde orangé, de coulée de lave qui s'insérait en lui, de cette peau brûlante et de cette érection qui frottait le bas de son ventre.
Toutes ces informations l'anéantirent simultanément et il se mordit férocement les lèvres pour ne pas gémir encore. Il réalisa qu'il se comportait exactement comme Naruto l'avait décrit une semaine plus tôt, et cette pensée l'enflamma un peu plus.
Il se frotta ouvertement contre le corps sous lui, riant presque devant l'intense soulagement que cette friction lui procurait. Il s'accrocha à l'arrière du cou large pour se maintenir, pour accélérer son mouvement et une main vint se poser sur le bas de son dos.
La respiration de Naruto accéléra. Enfin il perdait pied, il se décala et colla directement leur érection l'une contre l'autre, satisfait d'entendre Naruto glapir, et satisfait de sentir les mains subitement s'agripper violemment à lui. C'était comme une marée qui menacerait de le noyer, et dans laquelle il se jetait avec ivresse.
« Touche-moi, usuratonkachi. S'il te plaît.»
Ce n'était vraiment pas son genre de quémander, si Naruto ne comprenait pas qu'il le voulait vraiment, il n'était qu'un abruti. Mais Naruto le connaissait que trop bien. Et sa demande, ce «s'il te plait» eut son petit effet.
Après un quart de seconde de surprise, à peine, une soupape dut s'ouvrir, car le chakra de Naruto s'enflamma de nouveau. Il le senti rouge et une main subitement griffée lui lacéra un peu l'épaule. Un grognement étranglé, plaintif, et fiévreux vibra. Il se fit saisir, et retourner d'un geste vif, plaqué contre le mur à son tour.
Nullement effrayé, Sasuke se senti rire de ce retournement de situation si typique d'eux.
Sur lui Naruto laissa échapper un couinement plaintif, avec une insulte qui mourut à moitié sur ses lèvres, putain d'enfoiré ou un truc du genre, et enfin s'écrasa sur lui. Ses lèvres fondant enfin sur les siennes. Leurs corps se resserrant simultanément l'un sur l'autre.
Naruto mena complètement le baiser, grognant comme une putain de bête dans ses oreilles, ses dents quittant vite sa bouche pour parcourir son visage de baisers, puis son cou, ses clavicules, pour revenir sur ses lèvres et l'embrasser plus profondément en venant recouvrir langoureusement la langue de Sasuke avec la sienne.
C'était un truc qu'il n'avait jamais fait, mettre sa langue dans la bouche de quelqu'un, et il eut à peine le temps de se demander ce qu'il en pensait que Naruto déjà était passé ailleurs, embrassant avec intensité le reste de son corps, le forçant à se tordre sous ses dents, à se cambrer, à serrer son cul, à sentir son sexe tressauter dans son sous-vêtement.
Ils entrelacèrent spontanément leurs jambes, cherchant plus de contact, plus de frottement, et continuèrent à faire aller et venir leur bassin l'un contre l'autre, soulageant un peu la pression qui s'accumulait dans les tripes de Sasuke.
La bouche revint dans son cou, et il sentit Naruto geindre encore, jurer, deux incisives appuyant directement contre la peau fine, juste derrière son oreille, comme s'il se retenait de le mordre. Ce que probablement il était exactement en train de faire.
Un puissant courant électrique traversa Sasuke. Peur. Excitation brute. Il releva sa main jusque dans les cheveux de Naruto et lui leva la tête d'un coup. Le feulement de frustration que cela arracha à Naruto étrangement l'excita un peu plus.
« Renvoie Kuybi. Je veux pas perdre un autre membre.
— Je sais, grogna Naruto », clairement vexé de se faire réprimander, mais aussi pleinement conscient qu'il se laissait dépassé.
Sasuke jura qu'il aurait voulu voir sa tronche à ce moment-là. Ses émotions, et son désir s'échappant en tous sens, se déchaînant autour de Sasuke. À quoi ressemblait-il dans cet état?
Il le ramena contre lui, étouffant ses protestations de sa bouche. Leurs langues s'emmêlèrent furieusement, coulant l'une contre l'autre, Sasuke commençait à comprendre le principe. Naruto se pressait contre lui en gémissant, imitant contre sa langue les vas et viens de leurs bassins. Ses mains redevenues normales lui caressèrent les flancs et les hanches, le haut des cuisses.
Sasuke s'autorisa à faire pareil. Sa main glissa de sa nuque jusqu'à son dos, jusqu'à ses reins, jusqu'à son cul qui se contractait à répétition pour qu'il continue à pousser leurs érections l'une contre l'autre comme des animaux en rut.
Ils se branlaient ainsi depuis à peine cinq minutes, pas une seule de leur main n'était entrée en contact avec leur verge, et pourtant Sasuke sentait déjà un orgasme puissant commencer à lui tordre les entrailles.
Il parvint à peine à articuler quelques mots pour prévenir Naruto, d'une voix qu'il n'avait jamais entendue sortir de sa bouche, que déjà il sut que c'était trop tard. La plaisir montait, parfait et dévastateur. Naruto, comprenant probablement, continua ses mouvements sans s'arrêter, suivant la respiration de Sasuke, un cri rauque et rageur s'élevant de sa gorge en échos aux halètements de Sasuke.
Le plaisir explosa, coulée de lave dans ses veine et Sasuke se déversa dans son sous-vêtement, contre Naruto, se cambrant d'un coup, retenu par des bras puissants qui s'accrochaient à lui un peu désespérément.
Le plaisir n'avait pas fini d'affluer en lui qu'une émotion trop forte le renversait. Il sentait toute la puissance des sentiments de Naruto pour lui, et des siens pour Naruto. Encore le truc du chakras qui fusionne quand ils se battent ou qu'ils baisent. Quelle connerie se dit il, de communier si parfaitement avec celui qui l'aimait. Comment douter après ça.
Ce constat le frappa encore et encore et encore, et rampa sous sa peau pour briser les derniers murs. Il sentit encore son cœur se serrer et d'énièmes larmes s'acculer derrière son bandeau.
C'était sûrement l'orgasme qui lui brouillait les hormones, n'est ce pas ? Il n'avait pas repousser tout ça pendant des années inutilement ? Il n'avait pas pu s'aveugler à ce point ? Le repousser à ce point ? La tristesse, la colère le fracturèrent, et il s'écroula. Complètement submergé par l'avalanche d'émotion.
Il avait voulu du sexe brut, sentir l'amour de Naruto le ravager, lui faire oublier, et c'est ce qu'il avait eu, sauf qu'il n'oubliait rien. Il rejouait tout en boucle. L'intensité de leurs émotions était au-delà de ce qu'il pouvait envisager, et il n'y avait pas de retour possible, il ne pourra jamais revenir de tout ce qu'il offrait à cet homme, et à sentir Naruto le soutenir ainsi, ses mains enfoncées dans sa chair, sa tête dans son cou, il savait, il savait, et peut être que oui ce n'était que l'orgasme, mais non, il savait que Naruto était dans le même état que lui. Une masse tremblante de sentiments puissants et désespéré d'être resté non retournés si longtemps.
«Va falloir assumer maintenant, usuratonkachi.» Dit-il, sa voix grondant pour essayer de se maitriser.
Il sut que Naruto avait reconnu toute sa détermination, mais aussi toute la peur qui se cachait dessous. Il se fit serrer et enlacer encore plus fort, ses jambes déjà enroulées entour de la taille de Naruto pour qu'aucun espace ne les sépare.
«Tu connais mon nindo, teme.»
Et leurs lèvres se joignirent de nouveau, et c'était mouillé et maladroit parce que tous les deux pleuraient et luttaient pour retrouver leur respiration. Ils continuèrent de s'embrasser jusqu'à ce que la vague redescende, leur excitation terrassée par le trop-plein d'émotions qui avait encore une fois menacé de les noyer.
Sasuke resta collé à Naruto, encore un peu sonné de la puissance de ce qu'ils avaient ressenti. Certains maintenant qu'il n'y avait rien d'amical là-dedans, ni même de purement sexuel. Naruto n'avait même pas joui et semblait s'en contrebalancer.
C'était plus.
Définitivement plus.
Mais Sasuke avait toujours su ça, chez lui. Ce n'était pas vraiment une surprise qu'une fois relâchés, tous ces sentiments refoulés lui exploseraient à la figure.
Et il se traita d'idiot. Parce que c'était si évident maintenant qu'il ne comprenait pas comment il avait pu douter de l'intensité de ce que ressentait Naruto pour lui.
Un besoin de lui qui avait toujours été un peu obsessif.
Oui, il était idiot, finalement, de n'avoir pas compris plus tôt lui non plus.
Ils étaient définitivement un peu malades, traumatisés. Et brisés. D'où l'obsession de l'un à fuir l'autre, et l'autre à fuir l'un. Mais ensemble, peut-être, quelque chose pourrait se créer?
Sasuke fronça les sourcils à cette pensée pleine d'espoir si peu dans ses habitudes.
Ils avaient encore tant à discuter. Pas sûr qu'il allait avoir la force de parler. Il se sentait vide. Terrassé. Mais aussi incroyablement vivant, et désiré, voulu, aimé, oui aimé, même si ce mot lui semblait toujours aussi interdit.
Ils s'étaient échoués lentement au sol, toujours essoufflés et le cœur cognant à toute vitesse.
«Tu as dit hier que notre dernier combat était l'expérience la plus intense de ta vie, je crois que le sexe c'est pas mal intense aussi», dit-il.
Naruto lâcha un son étranglé, mélange de rires, de pleurs, et de reprise de respiration.
«Je ne te savais pas fleur bleue, Sasuuu», se moqua-t-il en hoquetant à moitié.
«Je ne suis pas fleur bleue», grogna Sasuke. Sa respiration se calmant, «et figure-toi que j'aimerais qu'on puisse parler avant se sauter dessus.»
Encore sur lui, Naruto fut secoué par un rire. Pourtant quelque chose semblait anormal. Naruto était toujours enroulé sur ses jambes, ses mains se resserrant sur lui convulsivement, et ses hoquets s'intensifièrent au lieu de se calmer.
Il posa une main sur lui.
Quelque chose se dénouait, n'avait plus besoin d'être retenu.
«Je t'aime, Naruto. »
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so... ? j'avais dis de me faire confiance. J'espère que vous m'aimez de nouveau :P :P :P
Please review ! Dites moi quelles émotions vous avez vécues !
