Leur père avait reçu un inquiétant courrier. Lord Voldemort les avait contacté en affirmant qu'un d'eux était son âme-sœur. Il demandait à ce qu'ils se rencontrent. James avait gardé cela secret. Il connaissait l'homme qui œuvrait dans l'ombre pour prendre le pouvoir sur l'Angleterre. Il utilisait toutes les méthodes pour y parvenir. Si les Potter s'accordaient à penser que sur certains points, il avait raison, sur pleins d'autres ils n'étaient pas d'accord. Cependant, le seigneur des ténèbres n'était pas à prendre à la légère. Cette rencontre, si ce qu'il affirmait était vrai, plongerait leur famille dans le côté sombre.

Après une longue concertation familiale, ils avaient convenus d'une rencontre. Ils s'étaient donnés rendez-vous dans un salon de thé et avait fait juré à Voldemort de leur confier sa baguette. James pensait que cela suffirait pour le décourager, puisqu'il était recherché par les aurors. Et puis, on ne confiait pas sa baguette à n'importe qui. Aussi étrange que cela puisse paraître, il avait accepté sans rechigner. Il s'était laissé dicter toutes ces consignes.

Aussi, cet après-midi là, Harry portait une belle chemise verte. Il observait son frère qui essuyait ses mains sur son pantalon. Il lui dit :

—Ne t'inquiète pas, tout se passera bien.

—C'est très facile à dire … mais c'est Voldemort, et puis, comment il peut être sûr que ce soit l'un de nous deux ? Tu sais, son âme-sœur.

—Il existe des sorts très complexes pour la trouver. Généralement, elles donnent des informations très vagues, peu précises. Ce sont des indices, tu dois ensuite mener l'enquête pour trouver la bonne personne. Et puis, en général, quand deux âmes-sœurs se rencontrent, il y a quelques indices.

—Que ce qui se passera, si on est vraiment son âme-sœur ?

—Que penses-tu qu'il va arriver ? Il va se contenter d'être très heureux. Ensuite, je suppose qu'il continuera sa vie. On est trop jeune pour qu'il tente quoi que ce soit. Peut-être qu'il va vouloir nous éduquer un peu, pour ne pas risquer d'être attaqué par ses opposants.

—Tu en connais beaucoup trop …

Harry ricane en attrapant la main de son frère. Il lui sourit ensuite :

—Tu te tracasses trop. Et puis, si ça se trouve, aucun de nous deux peut ne pas être son âme-sœur. Tu y as pensé ?

Ils avaient précisément deux minutes de retard. Quand ils ouvrirent la porte du salon de thé, un homme attendait déjà, seul. Il avait privatisé l'endroit. Cinq tasses encore fumantes parsemaient la table.

James s'approcha alors que Lily restait près de ses deux enfants. Voldemort sort la baguette de son étui qu'il porte à son poignet et la tend au chef de famille sans sourciller. Bien qu'il puisse faire de la magie sans baguette, cela suffit pour les rassurer. La famille prend place sur la banquette face au seigneur des ténèbres. Harry prend un temps pour observer l'homme. Il a des cheveux noirs ébènes qui caressent sa nuque, deux yeux rubis, est pâle. Mais surtout, il possède un charme particulier, comme hypnotique.

Lui a tourné son attention vers Gabriel. Sa bouche est entrouverte de bonheur. Harry comprend aussitôt. Ils sont liés par le destin, par la malice de la Magie. Ses parents comprennent tout aussi vite, le visage de James se ferme. Il attrape sa tasse de thé, Harry voit que ses mains tremblent.

—Je suis prêt à Jurer toutes les choses que vous voulez pour rester dans sa vie. Mais, il va falloir que vous promettiez aussi.

—C'est trop dangereux, votre lien doit rester secret le plus longtemps possible, grogne James. Dumbledore s'en servirait …

—J'en suis conscient. Je jure que je veillerais sur votre fils, ainsi que votre famille. Je suis prêt à tout pour préserver ce bonheur.

Gabriel semble avoir avalé une énorme pilule qui reste au travers de sa gorge. Pourtant, Voldemort fait le choix de ne pas s'en rendre compte.

—Tout va bien, lui chuchote Harry à l'oreille.

—Tu es celui qui a eu une rare maladie, identique à celle qu'ont contractés les jumeaux Weasley.

Harry se tourne vers Voldemort qui vient de l'affirmer. Ses recherches ont payés s'il est au courant de ça, allant même jusqu'à guetter d'autres cas similaires. Harry devrait se sentir en danger, étrangement, Voldemort exhale comme une odeur de … la maison. Comme celle de Godric, en moins puissante. Le jeune homme hoche la tête :

—Ton cas est très intéressant, surtout que tu rapportes ne pas savoir ce qui t'es arrivé. On raconte que le sommeil est un voyage vers au-delà, je pensais qu'en rêvant si longtemps, tu serais parti sur des terres lointaines.

—En effet … monsieur. Malheureusement, ça n'a pas été aussi exaltant.

Harry se sent mal à l'aise sous ce regard inquisiteur. Il veut sonder son âme pour découvrir la vérité. Personne ne doit savoir qu'il ment. Comme il sait qu'il n'a aucune défense contre les intrusions mentales, il préfère détourner le regard.

Voldemort se penche vers Gabriel pour lui dire :

—Je ne ferais rien à ta famille, je te le jure. Je n'attends rien de plus que du temps, pour que l'on puisse apprendre à se connaître. Je sais à quel point cela est difficile, j'attendrais. Quelques dix ans de plus ne viendront pas à bout de ma patience.

—Je ne suis pas prêt, s'il te plaît … maman, on peut rentrer ?

Il n'ose pas regarder l'homme face à lui. Lily se lève après un dernier regard vers Voldemort, James et son autre fils. Elle quitte le salon et transplane avec lui.

—Je m'attendais à une réaction plus explosive, constate Voldemort.

—Plus explosive ? s'étonne James.

—Les enfants ne sont guère élevés en pensant pouvoir me faire confiance. C'est un miracle qu'il ait tenu aussi longtemps.

—Il finira par revenir vers vous, de toute façon, vous n'avez pas l'air tracassé, rétorque Harry.

—Tu es un petit malin. Je ne vous dérangerais pas plus longtemps, je contacterais Gabriel par hibou. Dites-lui que je ne suis pas pressé de recevoir une réponse.

Voldemort tend la main vers James qui finit par lui rendre sa baguette. Quand il quitte le salon de thé, James pousse un profond soupir de soulagement.