Bonsoir,
Je m'excuse de n'avoir pu poster la semaine dernière. Pour me faire pardonner, je publie finalement avec un jour d'avance !
Gigibulle : j'espère que ça te plaira ! Tu vas avoir des réponses à tes questions dans ce chapitre qui pose les bases pour la suite et promis il est plus long que le précédent.
Chapitre 3
Les portes du turbo ascenseur s'ouvrirent finalement et Rey s'avança d'un pas mesuré vers l'extérieur. Elle passa sa tête de l'autre côté des portes et observa à gauche puis à droite.
« Toujours personne, s'étonna-t-elle. Je crois BB qu'on va devoir se débrouiller. »
Elle sortit pour de bon et parcourut du regard l'environnement qui se dévoilait désormais. L'ascenseur donnait sur un large couloir vide dont elle ignorait où il pouvait bien mener. Elle fit un pas supplémentaire et se concentra sur la large baie vitrée face à elle, seul élément d'intérêt qui se présentait.
Elle approcha du rebord de la fenêtre et admira la vue. Elle réalisa alors que la vie à la Capitale ne représentait pour elle aucun intérêt lorsqu'elle se mit à suivre du regard l'embouteillage de speeders en contre-bas. Une ville en effervescence comme celle-ci n'était pas faite pour elle.
« Cela n'a pas le charme de notre maison, souligna Rey à l'attention de BB-8.
-Je serais curieux de savoir pourquoi. Après tout, j'ignore où vous vivez. »
Elle se tourna vers lui à vive allure, sentant une crispation nouvelle s'emparer d'elle quand il osa lui sourire pour souligner, non sans ironie, qu'elle vivait bien cachée.
« Pour autant, reprit le Chancelier, je suis tout de même déçu que le cœur vivant de notre nouvelle République ne représente aucun charme à vos yeux.
-Existe-t-il seulement une République ?
-Nous nous égarons du sujet. Il n'est pas encore l'heure de lancer les hostilités.
-Je suis venu pour discuter, pas pour perdre mon temps. Vous vouliez me voir, lança-t-elle avec assurance, je suis ici et je vous écoute.
-Toujours aussi franche et déterminée. Vous n'avez pas changé, s'amusa-t-il. »
Oh si, pensa Rey avec peur. Elle avait changé et bien trop à son goût ce qui ne jouerait pas en sa faveur si l'homme face à elle percevait son malaise.
« Que me voulez-vous ? insista-t-elle. Si vous ne parlez pas alors je n'ai aucune raison de rester.
-Laissez le temps aux courtoisies de s'installer, nous viendrons bien assez vite à la raison de votre venue ici. Une friandise ? »
Voilà qu'il lui souriait à nouveau en lui tendant un plateau de sucreries glacées qu'elle n'avait même pas remarqué à son arrivée. Elle avait toujours détesté la façon d'agir du Chancelier, cette manie de se montrer avenant presque en toutes circonstances.
« La route pour venir a sans doute été longue. Peut-être avez-vous soif, je peux vous servir…
-Je veux simplement connaître la raison de ma présence ici. Uniquement cela.
-Comment vont vos alliés ? En dehors de vos actualités sur l'holonet, je ne dispose que de peu d'informations à votre sujet. Votre meilleur ami Finn semble toutefois avoir gagné en assurance. Néanmoins, je me dois de vous signaler mon profond regret de ne pas entendre parler plus souvent de notre sujet préféré. Comment se porte-t-il ? »
Elle garda la bouche close, le regard fixé dans le sien farouchement persuadée qu'il attendait la moindre inattention de sa part.
« Il est toujours avec vous ? feignit-il. »
Elle commit sa première erreur à cet instant précis quand elle ne put cacher son étonnement. Pourquoi fallait-il que ce monstre suppose que Ben soit parti ?
« Ben va bien, marmonna-t-elle.
-Oh, je suis sincèrement heureux de l'apprendre. Dites-lui qu'il se fait trop rare ou alors, s'amusa-t-il, qu'il masque bien trop efficacement ses traces.
-Que voulez-vous ? répéta Rey une fois encore.
-Vous êtes drôlement impatiente pour une Jedi. Un trait de caractère que j'avais déjà relevé chez vous.
-Je n'en suis pas une.
-Tiens, tiens, rigola le Chancelier, et depuis quand ? Il me semble pourtant vous avoir vu, par le passé, vivement défendre cette appellation. Vous vous évertuez d'ailleurs à les protéger.
-Ma mission est de mettre en sécurité toutes ces personnes que vous tentez d'exterminer. Je ne suis pas une Jedi mais une protectrice de la Force, lui répondit Rey. Et j'ai décidé, il y a bien longtemps déjà, de suivre ma propre voie.
-Je ne peux que constater que vous essayez de vous en persuader. »
Il s'éloigna d'elle et se positionna près de la baie vitrée.
« Je ne comprends pas votre entêtement à vouloir arrêter la Coalition. Vous avez pourtant œuvré à sa construction autrefois.
-Je ne suis pas contre la Coalition mais contre celui qui croit en avoir le contrôle. Et ce n'est pas moi qui aie déclenché les hostilités.
-Ni moi. Ce que vous refusez de comprendre c'est la dangerosité de votre espèce. Vous êtes des êtres imprévisibles et vos pouvoirs ont déjà mené à deux guerres. J'ai simplement jugé, pour le bien du plus grand nombre, que sa pratique devait être régulée.
-En nous anéantissant ? Que faites-vous de toutes les personnes raflées ? s'emporta Rey en voyant dans son esprit les visages des enfants emportés.
-Pourquoi parler d'extermination là où je parle de régulation. Votre interprétation n'est pas la bonne.
-Vous avez interdit l'usage de la Force. Vous avez poussé les gens à la délation. Vous avez fait de nous des parias. Vous avez insufflé la peur pour qu'on nous haïsse.
-Mais avez-vous des morts ? »
Elle cligna des yeux plusieurs fois. Comment osait-il ? s'insurgea-t-elle.
« Les seules pertes que vous avez à regretter sont celles de L'Union. Uniquement car vous avez décidé de vous opposer à nous et comme vous le savez, les conflits exigent des sacrifices. Ce que vous refusez de comprendre une nouvelle fois, c'est qu'il a été possible de mettre en place ce système simplement car ces gens dont vous parlez étaient parfaitement prêts à l'accepter. Je ne suis pas le seul à avoir pris conscience du danger que vous représentez. Réfléchissez-y bien jeune Rey, avez-vous été la témoin de manifestations, de grèves en dehors de la vôtre pour prendre votre défense quand l'annonce a été proclamée ? »
Rey recula d'un pas, troublée de s'avouer qu'il avait raison.
« Aucune ne vous tient en tête, n'est-ce pas ? Car personne ne s'est insurgé de cette mesure. »
Il s'approcha.
« Il y a bien quelques peuples désormais, mineurs s'il est utile de le préciser, que vous avez réussi à rallier à votre cause mais force est de constater que la grande majorité pense comme moi. Il va falloir l'accepter, les gens comme vous ne sont plus les bienvenus.
-Que voulez-vous de moi ?
-Vous réhabiliter, annonça-t-il d'une forte voix. La mission que je me suis donnée nécessite à posteriori votre bénédiction. »
Rey recula une nouvelle fois butant contre la baie vitrée dans son dos.
« De quoi est-ce que vous parlez ? Jamais je ne donnerai ma bénédiction à une telle chose et je ne veux pas de votre réhabilitation, je n'ai rien fait de mal !
-C'est pourtant votre seule solution pour vous sauver tous. Votre Union est peut-être efficace par endroit mais, même avec tous vos efforts, cette rébellion reste marginale. Vous savez que j'ai raison. Vous avez vu la vérité tout comme je la vois. »
Rey ne dit rien mais des flashs de visites passées sur des planètes envahirent son esprit. Combien de fois avaient-ils été rejetés ? Combien de défaites avaient-ils eu face à si peu de victoires ? Pour la première fois, elle reconnut cette vérité. Vérité que, jusqu'à présent, chaque membre de l'Union se plaisait à ignorer.
Aucun d'eux n'avait osé dire à voix haute lors de l'annonce de sa convocation qu'elle le soit par peur comme l'avait suggéré Poe. Ce dernier était trop en marge pour se rendre compte de leur situation réelle ou bien il avait lui aussi menti pour la rassurer.
« Il est toujours dur de se confronter à la réalité, lui susurra le Chancelier en se penchant vers elle. Je vois dans vos yeux que vous ne me contredirez pas. »
Elle releva son visage vers le sien.
« Jamais je ne m'allierai à vous. Peu importe que j'échoue, c'est préférable à être à nouveau près de vous.
-Humm, chuchota-t-il presque à son oreille, nous y voilà enfin. »
Il la fixa mais elle ne bougea pas.
« Je me demandais quand vous alliez évoquer l'aspect personnel. »
Il recula et remis une distance entre eux.
« C'est fâcheux que vous pensiez encore à ça. »
Croyait-il vraiment qu'elle allait rechanger de camp après ce qu'il avait osé lui faire ? Qu'elle pourrait un jour lui pardonner ?
« Contrairement à ce que vous croyez ce n'était pas personnel. S'il n'y avait eu que vous, peut-être vous aurais-je laissé une chance… mais il y avait lui. »
Rey déglutit, le fixant avec des yeux brillants, repoussant une autre vérité dont elle avait conscience mais qu'elle s'était toujours refusée à imputer à Ben.
« Vous avez prouvé votre bonne foi, je ne m'en suis pris à vous que pour l'atteindre lui. J'aurais pu vous faire confiance et vous laisser votre destin en main mais vous avez choisi de le lier au sien. Il m'était donc impossible de l'ignorer. Vous représentiez un trop grand danger. Vous aviez pourtant une chance mais vous avez fait le choix de vous rebeller quand je vous ai offert la possibilité de me le ramener.
-Je n'ai servi que d'appât.
-C'est vrai mais si vous aviez choisi de nous le confier, votre destin aurait été différent. Comprenez-moi bien, il est impossible de faire confiance à celui qui fut Kylo Ren mais vous, même si vous êtes une Palpatine avez prouvé que vous pouviez faire le bien.
-Qu'est-ce que ça change ? J'ai tout de même la Force en moi, selon vos principes, je ne suis qu'une bombe à retardement qui peut basculer du côté obscur et plonger la Galaxie dans le chaos.
-Pas avec mon programme. Vous en auriez été la première bénéficiaire.
-De quoi parlez-vous ?
-Mais d'offrir la paix à tous. C'est après tout, ce que chacun d'entre nous veut. Vous m'avez obligé à vous chasser mais vous et moi savons que ce conflit entre nous ne peut plus durer. Cela nuit à la démocratie. Il nous faut donc y remédier. »
Finalement, Poe avait raison. Il allait bien marchander, songea Rey.
« Chacun d'entre vous pourra retrouver sa famille, sa planète, ses amis très bientôt. Ce protocole a déjà été mis en place chez les jeunes que nous avons pu récupérer. »
Rey se redressa. Il avait toute son attention.
« Que leur avez-vous fait ?
-Je leur ai permis de retrouver une vie stable et équilibrée. Vous aviez peur pour eux mais à l'heure où je vous parle, ces petits n'attendent que de retrouver leurs parents qui sont forcés de rester avec vous.
-A quel prix ? Vous n'avez pas fait ça gratuitement.
-Je les ai rendus inoffensifs. »
Rey baissa les yeux face à la barbarie de ces mots mais elle fut forcée de les relever quand le Chancelier marcha à nouveau vers elle.
« Des scientifiques ont réussi à isoler ce qui vous rend si spécial. En les regroupant de cette manière, il est donc possible de les contenir, il passa sa langue sur ses lèvres, et de les faire taire. Ainsi, vous voilà redevenus des êtres tout à fait normaux.
-Vous les coupez scientifiquement de la Force ?
-Je vous offre à tous une seconde chance.
-Non, vous nous bridez ! Comme si avoir ce don était une tare.
-Pour maintenir la paix, c'est l'unique solution. Avoir votre soutien serait un argument supplémentaire pour faire promulguer la loi mais, il la fixa, je peux aussi très bien m'en passer. Je ne vous ai convoquée ici que par politesse.
-Quelle loi ?
-Mais celle obligeant toutes les personnes comme vous à recevoir l'inhibiteur si elle souhaite vivre dans cette Coalition.
-Alors nous vivrons là où la Coalition n'exerce pas son pouvoir.
-Le choix sera vite limité. Vous n'avez pas dû manquer l'information selon laquelle notre rassemblement s'étend de plus en plus même dans la bordure extérieure. Concernant les enfants, la loi les concernera aussi bien évidemment. Chaque d'eux sera testé systématiquement à la naissance et sera automatiquement administré si jamais son taux de midi-chloriens se révélait anormal. Vous comprenez ? Sur le long terme ma chère, vous n'existerez plus.
-Vous ne m'avez fait venir ici que pour vous satisfaire de ma réaction.
-Et pour vous prévenir de qui vous attend. Comme vous le savez, j'accorde beaucoup d'importance à la politesse. Cela aurait été inconvenant.
-Pas à un instant vous ne pensiez me rallier à votre cause. Ce n'est qu'une excuse de plus pour les médias. De cette façon, vous annoncerez à tous que j'ai refusé votre offre si généreuse et que le conflit perdure à cause de nous.
-C'est également vrai. Même si vous aviez accepté l'inhibiteur, je n'aurais pas fait de vous notre étendard. Les enfants servent à ça.
-Pourquoi me haïr ce point ?
-Je vous le répète, ce n'est pas vous que je hais.
-Alors pourquoi ne pas le faire venir lui ?
-Oh, je vous croyais plus maligne que ça. »
Parce que s'attaquer à elle faisait davantage souffrir Ben.
/
Rey resta inerte de longues secondes après le départ du Chancelier. Elle ferma les yeux et s'adossa au mur du couloir derrière-elle.
« Je ne sais plus BB-8. Je ne sais plus quoi faire. »
Elle avait envie d'hurler, de tout fracasser face à elle et de laisser s'échapper tout ce qu'elle retenait.
« Rey »
Elle ouvrit les yeux et resta figée face à la personne qui se trouvait devant elle. Dans cet immense couloir vide, jamais elle n'aurait pensé tomber sur lui. Ni même le revoir un jour. Toujours aussi surprise, elle ne sut quoi dire se sentant à la fois mal à l'aise et, dans une moindre mesure, tout de même contente de pouvoir lui parler.
« Colin, finit-elle par murmurer. J'ignorais totalement que tu travaillais ici désormais. Quel heureux hasard de se croiser.
-Ca n'en est pas vraiment un. J'ai demandé à venir quand j'ai appris que tu avais accepté la proposition du Chancelier. Je ne m'attendais pas à ce que tu acceptes cette invitation mais je suis ravi que tu l'aies fait. J'avais très envie de te revoir. »
Elle ne dit rien, honteuse en repensant à la façon peu avenante avec laquelle elle l'avait éconduit autrefois. Elle n'aimait pas non plus la façon dont ses yeux clairs l'observaient. Colin avait toujours été doux et bienveillant avec elle et elle se rappela qu'avant son faux pas avec lui, ils avaient été amis. Elle se focalisa donc là-dessus et s'obligea à se montrer courtoise en souvenir des bons moments passés ensemble. Cependant, il la devança.
« Je n'aurais pas imaginé, même dans mes pires cauchemars et pourtant j'ai vraiment essayé de comprendre tes agissements par tous les moyens, que c'était en réalité à cause de lui. C'était impensable. »
Il souffla.
« Tu méritais tellement mieux, je ne pouvais concevoir que ton cœur l'avait choisi lui. -Ca n'a pas d'importance. J'ai mis du temps à y croire. Quand j'ai imaginé nos retrouvailles, j'ai espéré des milliers de fois que tu nies les faits en me rassurant et me répétant qu'il ne s'agissait là que d'un vilain mensonge. Maintenant, je sais que c'est la vérité. Il suffit de te regarder pour le savoir. Tu as pris des risques inconsidérés pour lui.
-Ce sont mes convictions qui sont responsables de la traque dont je suis victime. Tu devrais en discuter plus longuement avec ton Chancelier si tu tiens tant à connaître toute l'histoire. Il m'a jeté en pâture à la Galaxie entière en relevant ma filiation et en s'en servant contre moi, inculquant la peur dans les foyers de me voir devenir le digne successeur de mon grand-père ! Il nous a fait revenir au temps de l'Empire en déclarant les utilisateurs de le Force comme des dangers ! C'est contre ça que je lutte ! Je n'ai pas tué un dictateur pour en voir un autre simplement le remplacer. »
Pourtant, même à ses propres oreilles, elle ne parut pas très convaincante.
« Je te connais, je sais que tu ne peux pas être d'accord avec ça. J'ignore ce qu'il t'a promis en te faisant venir ici, en te laissant espérer, mais sache que tu n'obtiendras rien de moi.
-Tu crois que je suis ici à la demande du Chancelier ?
-Cet homme sait tout, il n'ignore donc pas que nous avons pu être proches par le passé.
-Pour toi, il m'utilise ?
-Je n'en serais pas étonnée malheureusement. Rien n'est impossible le concernant. Néanmoins, je sais que de ton côté cette démarche est sincère. Colin, j'éprouve toujours beaucoup de regrets sur la façon dont cela s'est terminé entre toi et moi. J'allais très mal, j'avais vécu une journée éprouvante qui n'excuse en rien mon comportement mais j'ai vraiment culpabilisé d'avoir agi de la sorte avec toi. Tu avais toujours été un très bon ami et tu ne méritais pas un tel traitement. Je m'en excuse.
-C'est encore plus dur de les entendre. Ça me prouve que tu n'y as jamais pensé véritablement. J'avais des sentiments pour toi, jusqu'au bout j'ai voulu croire que toi aussi mais tes dernières paroles confirment que je me faisais de faux espoirs. Tu aurais pourtant été tellement heureuse.
-Je sais mais ce n'est pas la vie que je voulais. »
Bien sûr qu'auprès de Colin elle aurait eu une vie simple faite de petits bonheurs du quotidien, elle en avait parfaitement conscience. Elle aurait peut-être même pu l'aimer avec le temps mais jamais elle n'aurait éprouvé pour lui la passion dévorante qu'elle avait pour Ben.
« Tu as préféré t'allier avec Kylo Ren.
-Je n'ai jamais fait alliance avec Kylo Ren mais je suis tombée amoureuse de Ben Solo. Nous partageons les mêmes idéaux lui et moi au-delà de l'aspect sentimental. La vie que j'ai choisie de mener, je le répète, reflète mes valeurs. Je ne laisserai pas le Chancelier nous opprimer.
-Je sais que des peuples le croient lui et d'autres non. Ton approche pacifique est à saluer.
-Je ne dirige pas L'Union seule.
-Mais tu en es la cheffe de file. Finn n'est pas un politicien, il reste avant tout un militaire. Je suis persuadé que c'est lui qui est en charge de cette partie dans votre clan. Il a l'air naturellement doué pour transmettre. Il a certes des capacités mais aux yeux de tous, tu restes la seule et l'unique. A jamais la Dernière Jedi.
-Pourtant je ne le suis pas.
-Voilà maintenant qu'il est redevenu un Jedi ?
-Non, c'est moi qui ne me définis plus comme tel. Je suis juste Rey et ça me va très bien.
-Je ne te cache pas que ma sympathie est acquise à votre cause. »
Rey releva les yeux, quelque peu sidérée.
« Je n'aime pas te savoir en danger, ni la façon dont il te traque. Je ne manque jamais aucune information te concernant et je ne suis pas étonné de ton succès. Ta douceur pourrait convaincre n'importe qui. Au moins là-dessus, tu n'as pas changé.
-Alors que fais-tu ici ? Dans le mauvais camp ?
-J'adhère à ce que tu défends. Tu sais que je pourrais tout quitter pour toi si seulement tu voulais de moi. Mes sentiments restent inchangés. Tu pourrais finir par l'oublier. Il ne t'apportera jamais que des problèmes et il ne pourra pas t'offrir ce que tu désires. S'il t'aimait vraiment alors il s'effacerait.
-C'est ce qu'il a fait. Maintes fois par le passé, il m'a repoussée. Il a tenté de me protéger mais ce n'est pas ce que je voulais.
-Pourtant il ne te rend pas heureuse. Tu essaies juste de t'en convaincre. Tu refuses de voir qu'il est responsable de ton malheur.
-Comment peux-tu le savoir ?
-Tu as peut-être un vague sentiment de bonheur mais il ne sera jamais complet puisqu'il te prive d'une chose dont tu as toujours rêvé. Rey, moi je pourrais. »
Rey recula d'un pas, se pourrait-il que Colin sache la vérité ? Pouvait-il vraiment supposer que lui accepterait de lui faire un enfant ? Il était tout bonnement impossible qu'il puisse être au courant. A moins que, elle releva son visage vers lui.
« Alors c'est ça que t'a promis le Chancelier ? En me faisant chanter sur mon désir d'enfant ? Ce dernier aura probablement oublié de préciser qu'il s'est arrangé pour me rendre stérile. Colin, ce type te ment et te manipule !
-Il sait que Ben Solo est capable de te guérir si seulement il déniait bien le vouloir. S'il ne se montrait pas si égoïste envers toi en te refusant ce cadeau.
-Ce n'est pas la vérité.
-Au fond de toi, tu sais que c'est vrai. C'est pour lui que tu refuses d'être guérie car ta stérilité actuelle t'offre la parfaite excuse pour ne pas reconnaître ton envie d'être mère. Tu crois qu'avec le temps, ce besoin te passera ou bien alors qu'il finira par changer d'avis. Tu crois vraiment qu'un type ayant tué son père mérite de l'être à son tour ? A sa place, je ferais la même chose. S'il a un peu d'amour propre alors il ne te mettra jamais enceinte.
-Mais toi tu le pourrais c'est ça ?
-Si tu le quittais oui. J'aspire à la même vie que toi. Un monde en paix, une vie amoureuse satisfaisante et des enfants. Avec le temps, nous pourrions être bien ensemble, répéta Colin.
-Comment aurais-tu l'assurance que je t'aimerais vraiment ? Si je t'écoutais, je pourrais faire tout ça simplement pour être mère. Me servir de toi une nouvelle fois.
-Je ne crois pas que tu serais capable de t'y abaisser une seconde fois. Si nous devions redevenir intimes toi et moi, ce serait uniquement par plaisir. Pas par déception. Je ne le permettrai pas et toi non plus. Et je te voudrais tout entière. Fini de songer à lui et de se morfondre. Il faudra qu'il te soit sorti de la tête définitivement. Tu devrais cesser de t'accrocher. »
Etrangement Rey ne dit rien. Devait-elle défendre son couple contre ses attaques ? Elle y réfléchit un instant mais un sentiment étrange, mélange de tristesse et de mélancolie, l'a convaincue que non.
« Peut-être as-tu raison, peut-être as-tu tort ? Mais, au fond, ça ne change rien. Je crois que nous avons terminé.
-Très bien puisque c'est ce que tu veux j'aurais au moins essayé de te raisonner mais, il sourit, remercie Jannah de ma part. Je n'avais pas encore eu l'occasion de le faire. »
Elle ne prit pas la peine de lui répondre, l'air sarcastique qui flottait sur son visage l'informa que le Colin qui se trouvait face à elle avait bien changé finalement.
/
« La vue doit te changer ! »
Elle ne se tourna pas car à la voix de son interlocuteur, elle l'avait reconnu. Poe s'accouda près d'elle et laissa lui aussi son regard vagabonder dans la vie nocturne de la capitale.
« C'est un peu plus animé effectivement et coloré aussi. Et un petit peu plus bruyant. Toute cette agitation est épuisante, j'ignore comment tu fais pour supporter ça au quotidien.
-Je mets la tête dans un X-Wing et je me rappelle les combats qui m'ont conduit ici. Ça fait réfléchir et relativiser. C'est agité, ça pue, Poe rigola, j'ai la tête souvent pleine mais je m'y suis fait et maintenant c'est chez moi d'une certaine façon.
-Je ne te pensais pas si patient.
-Je suis comme toi, j'ai mûri. »
Il se tourna dans sa direction et la dévisagea enfin, cessant de scruter l'horizon.
« Je suis étonné, enfin un peu, de te voir en un seul morceau. J'ai appris qu'on te laissait repartir sans condition.
-Tu l'as dit toi-même, là-dessus il n'a pas le choix. Il ne ferait sûrement pas de moi un martyr et personne ne croirait à la thèse de l'accident.
-C'est vrai. »
Il déglutit.
« Je ne te demanderai pas ce qu'il t'a dit, il la dévisagea, ça ne m'a pas l'air utile pour le moment. J'ai aussi appris à être patient, je patienterai comme nos amis qui t'attendent. »
Il déglutit à nouveau.
« Je ne pensais pas te revoir de sitôt. Notre dernière rencontre me laisse un souvenir amer. »
C'était il y a deux ans sur la planète de Tatooine peu de temps avant que tout ne parte en vrille, songea Rey.
« Pourtant, je suis très heureux de te revoir et de constater de mes propres yeux que tu vas bien.
-Tu en doutais ? »
Au simple voile qui traversa ses yeux, elle sut que Finn avait dû se montrer bavard sur certains points. Jetant un regard vers l'arrière pour s'assurer qu'ils soient seuls, elle activa discrètement un brouilleur dans le bijou qu'elle portait au poignet droit. R2 pourrait être fier, sa petite astuce avait parfaitement passé les différentes sécurités.
« Une simple précaution. Je sens que toi et moi allons évoquer des sujets qui ne regardent que nous. »
Elle pinça des lèvres et décida aussitôt de prendre les devants.
« Je ne suis pas stupide, lâcha-t-elle dans un souffle. Je sais que tu n'acceptes toujours pas mon choix. Nous avons beau papoter toi et moi en ce moment, la froideur qui règne entre nous depuis deux ans est bien réelle. Tu n'as jamais demandé à me parler. Toutes les infos qui nous proviennent de toi passent quasiment exclusivement par Finn ou Rose. »
Chose qui, elle le reconnaissait, la blessait toujours autant.
« Toi non plus, tu n'as jamais demandé. La faute est partagée.
-Ca t'étonne ? s'amusa-t-elle brusquement. Nous sommes tous deux aussi têtus. »
Poe fut forcé de sourire devant la véracité de cette remarque.
« On pourrait éviter le sujet qui fâche ?
-Au contraire, je pensais l'aborder frontalement. On a toujours eu des avis divergents, pourquoi changer ? Donc, continua Poe avec exagération, comment se porte Ben Solo ?
-Cela m'étonne que notre ami commun ne t'en ait pas touché deux mots.
-Disons qu'il a vaguement évoqué des regards niais et des échanges saliveux de plus en plus fréquents. Visiblement cela amuse beaucoup vos élèves et selon lui, vous seriez d'excellents professeurs tous les deux.
-Je crois que tu as déjà toutes les réponses à tes questions.
-Ce n'est pas mon avis. Moi je pense, il plongea ses yeux dans les siens, que tu caches quelque chose. Peut-être en lien avec ton petit échange avec Colin tout à l'heure ? »
Rey haussa un sourcil, surprise.
« Ne lui en veut pas, tu sais il est toujours fou de toi et le désespoir peut pousser certaines personnes à faire certaines choses. Il n'est pas dangereux, seulement il a du mal à passer à autre chose. Tout à fait entre nous, ne fais pas de bébé avec lui ! Ce gosse serait d'un ennui…
-Poe !
-Quoi ? Je croyais qu'on était dans une discussion franche et transparente.
-Alors que j'apprends que tu m'espionnes ?
-Uniquement car j'ai été mis au courant de son arrivée. Je serais intervenu s'il avait vraiment dépassé les bornes et crois-moi j'ai hésité.
-Vraiment ?
-Personne ne doit décider pour toi ce qui advient ou non de faire concernant une éventuelle maternité. Tu devras également recadrer Jannah. Même avec le temps, la haine qu'elle lui porte ne semble pas s'amoindrir.
-Je préfère savoir qu'elle divulgue des informations personnelles sur moi que sur L'Union. Même si j'aurais préféré qu'elle se taise sur notre pouvoir de guérison et sur le reste. Elle a mis ses infos entre de mauvaises mains. Bref, j'aimerais parler d'autre chose.
-Bien, professeure. Je ne comptais pas m'attarder dessus car contrairement à lui ou même à ton Ben, je te dirais simplement d'écouter ton instinct et la solution se règlera d'elle-même.
-Ben partira, lâcha-t-elle dans un souffle qui sembla la délester d'un poids. »
Poe se rapprocha d'elle.
« J'en suis convaincue et c'est la première fois que je reconnais cette vérité à voix haute. Cette vie n'est pas pour lui, aussi doué soit-il pour être un Maître. Il n'est pas heureux. Il se contente de faire ce que l'on attend tous de lui. L'Union a besoin de son aide financière, les novices de son expérience et moi, de son amour. Alors, il s'exécute car il sait que c'est ce qu'il doit faire mais je ne crois pas que c'est ce qu'il veut. Sa vie de vagabond lui convenait mieux. Je n'ai pas envie qu'il parte mais je ne peux pas le retenir non plus. Tout ne se résume donc pas à cette histoire d'enfant. L'équilibre que je pensais avoir trouvé n'est pas bon en réalité.
-Comment peux-tu en être persuadée à ce point ? Et puis tout n'est pas toujours parfait. Crois-moi, j'en connais un rayon sur le sujet.
-Il est hors de question que l'un de nous s'oublie simplement pour faire plaisir à l'autre. Je ne peux pas le forcer à vouloir un enfant avec moi. Pourtant, je sens bien cet étau invisible qui se rapproche de façon inéluctable. Il voulait qu'on parle avant mon départ. J'ai repoussé la discussion par lâcheté mais je commence à croire que ce qui doit arriver devra se produire grâce à moi. C'est comme s'il attendait simplement que je sois prête à le faire. Que je l'accepte.
-Je ne crois pas que ce soit le cas. Mais je n'ai pas envie de parler de vous mais de toi. Cette vie te convient-elle vraiment ? Tu aimes être au contact des gens, tu aimes apprendre, transmettre mais ce qui te fait vraiment vibrer ? C'est l'adrénaline, venir en aide aux autres, voyager. Je crois que toi aussi tu t'enfermes dans un rôle malgré toi que tu crois devoir être le tien. Et pourtant, je sais que tu ne pensais pas que cela puisse être le cas. Finn m'a parlé de ton goût de l'indépendance et d'être différente. Tu crois avoir un but mais ça n'en est pas vraiment un.
-Je ne peux pas les abandonner. Je ne peux pas revenir en arrière et dire que finalement j'ai changé d'avis. Tous ces gens comptent sur moi pour les protéger.
-Tu ne peux pas t'abandonner non plus. Et puis tu n'es pas seule. Tu as construit tout ça mais il est peut-être l'heure de le transmettre. On sait que Finn est parfait pour le rôle. Lui est vraiment animé par tout ça. Entre les élèves et sauver les stormtroopers, il est passionné surtout avec Rose à ses côtés. Ca fonctionne !
-Et moi alors, ne suis-je bonne à rien ?
-Si, à faire tomber les méchants. Et je crois qu'il y en a un à qui tu en veux personnellement. Tu as abandonné cette idée de Jedi pour une vision plus intimiste et avant-gardiste, tu peux t'en féliciter. Pour autant, tu es en colère. Une colère qui grandit en toi, qui bouillonne. Le Chancelier est une guerre personnelle pour toi. Il serait temps de l'assumer, tu ne crois pas ?
-Tu ne m'as parlé de Zorii, le questionna Rey en retour.
-Longue histoire. »
Poe roula des yeux mais elle ne sut dire si c'était pour elle et son changement de sujet ou pour la jeune femme en question.
« Qu'est-ce que tu as encore fait pour qu'elle t'en veuille ?
-Qu'est-ce qui te fait penser que c'est moi le responsable ? »
Il rit seul de sa propre bêtise.
« Elle reviendra. C'est notre façon à nous de communiquer et d'être ensemble. Quand elle sera de retour, l'avantage au moins c'est que les retrouvailles seront torrides.
-Tu m'as manqué, reconnut Rey soudainement. Ta légèreté fait du bien.
-Crois-moi Rey, cette fois ça sera bientôt terminé et pour de bon. Moi aussi je suis fatigué de tout ça. Je n'aspire plus à être un rebelle toute ma vie. Un peu de tranquillité n'a jamais fait de mal.
-Qui aurait cru qu'un jour tu aurais pu dire une telle chose ?
-Du moment que ça reste entre nous.
-Tu as honte d'éprouver de la lassitude pour tout ça ? Honte d'aspirer enfin à une vie tranquille qu'on croyait naïvement avoir trouvé une fois Palpatine vaincu ?
-Un peu mais je me dis surtout que je ne serai jamais comme Leia. Je n'arriverai pas à avoir la foi comme elle toute mon existence. J'en ai marre et je le reconnais, je ne veux pas que tout ça me coûte ma vie comme elle y a laissé la sienne. Elle ne vivait que pour ça. C'est admirable mais ça a fini par la détruire quand elle a perdu sa famille. Ses parents d'abord puis son fils et son mari.
-Je pense la même chose vis-à-vis de Luke.
-Tu es faite pour être une baroudeuse. Les laisser gérer L'Union et l'instruction des élèves ne signifient pas que tu les abandonnes. Et on sait tous que tu reviendras assez souvent au vaisseau amiral pour voir tes vieux amis.
-Tu sais à qui tu plairais ?
-Spira ? Finn n'arrête pas de me charrier avec ça. »
Rey éclata de rire face à cette remarque très juste.
« Je l'ignorais mais c'est tout à fait à elle que je pensais ! »
Rey déglutit et redevint vite sérieuse.
« Ce n'est pas ce qui m'effraie. Comme je te l'ai dit, je me sens un devoir de protection mais pas de transmission sur le long terme. J'ai d'autres aspirations et, elle se tourna à nouveau vers lui, des craintes dernièrement sur ce que je peux ressentir. Des craintes qui émanent de mes frustrations. Tu as tellement raison à mon sujet Poe. »
Il se pencha à nouveau sur la balustrade et attendit simplement qu'elle continue.
« Je ressens un appel pour l'obscurité, avoua Rey dans un souffle. J'éprouve de la colère pour cette situation. Oui, je l'admets, j'en veux personnellement au Chancelier et je me sens coupable d'éprouver de tels ressentiments mais parfois j'aimerais simplement m'approcher de lui et en finir.
-Lui faire payer ce qu'il t'a fait ? »
Poe se redressa.
« Tu peux être franche. Je ne suis ni Finn, ni Ben. Tu ne me choqueras pas alors, pour une fois, vide ton sac complètement.
-Je croyais avoir dépassé ça mais au fond c'est toujours là. Je suis parfois tellement en colère, je trouve ça tellement injuste que ça me donne envie de crier ! Je voudrais enfin avoir le contrôle de ma vie. Je croyais avoir eu cette chance après être arrivée sur Tatooine, j'y croyais vraiment mais ce type immonde a encore tout gâché.
-As-tu déjà pensé à évacuer cette colère ? Ton conjoint est le parfait exemple de ce qu'un surplus peut engendrer. »
Poe plongea son regard dans le sien et Rey admira les lumières de la ville derrière son épaule une seconde.
« Je n'ai pas seulement appris la guérison de force durant mon exil. Lors d'une mission que j'effectuais seule sur une planète, j'ai commencé à développer d'autres capacités. Un pouvoir qui ne concerne en rien les Jedi. Et dont je n'ai parlé à personne. »
La seule chose qu'elle cachait à sa dyade. Elle avait culpabilisé autrefois mais désormais elle se sentait tranquille avec cette idée. Ironiquement, si Finn l'avait su il aurait été fière de savoir que finalement, elle avait bien ses secrets.
« Et en quoi ça consiste ? »
Pour toute réponse, elle tendit la main vers lui. Cette dernière s'approcha de son visage et de l'une de ses nombreuses mèches bouclées. Bientôt un mince filet vert s'extirpa du bout de ses doigts pour se faufiler dans l'oreille de Poe. Il tourna la tête vers elle et une lueur s'alluma dans ses pupilles. Elle se rapprocha de lui et sans prononcer un mot poussa son cerveau à lui obéir. Poe cligna des yeux et sembla comme absent puis, elle se retira tout aussi vite. Son ami la dévisagea en se frottant la tempe.
« Tu étais dans ma tête mais pas comme Kylo Ren autrefois. Tu ne farfouillais pas à la recherche d'un indice, tu prenais le contrôle. Tu as fait sur moi ce truc que tu aimais faire parfois sur les storms ?
-Pas exactement. C'est plus subtil et rudement plus efficace comme technique. Sans compter que ça ne nécessite pas d'être vivant.
-Où as-tu appris ça ?
-Peu importe. Pour répondre à ta question, vois plutôt cela comme un lien que j'établirais entre toi et moi. Cette magie oblige à être reliée psychiquement.
-Tu pourrais contrôler le Chancelier avec ça ?
-Je l'ignore. Je ne suis pas encore assez habile dans l'exercice.
-Je préfère ton pouvoir de guérison. Il est moins flippant. Pourquoi lui caches-tu ? s'inquiéta Poe. »
Pour toute réponse, elle lui prit la main et lui retira son gant.
« Je sens ça depuis tout à l'heure. »
Elle posa sa paume sur la sienne, recouvrant totalement la plaie en cicatrisation.
« Mécanique je suppose ? Et comme tout bon mécanicien qui se respecte, tu ne fais pas soigner ça. Ça pourrait s'infecter. Tu as de la chance que je sois là, elle retira sa main, c'est réglé. »
Poe baissa les yeux et gigota ses doigts, ne pouvant que constater que la trace avait disparu.
« Ca picote, trouva-t-il simplement à dire. Et c'est un peu chaud mais la sensation n'est pas désagréable. Pour autant, tu n'as pas répondu à ma question.
-Evidemment que si, je viens de te montrer comment j'évacuais ma colère. »
Cette réponse laissa Poe perplexe.
« Je ne parlais pas de celle-ci et tu le sais. Tu n'as rien dit car tu as conscience qu'il désapprouverait. »
Il l'affirmait mais elle ne répondit pas pour autant et après réflexion, il lâcha l'affaire.
« Je dois bien admettre, reprit-il, que vous avez réussi un vrai tour de maître avec cette Union. Je ne pensais pas qu'en sachant qui il était, des peuples se seraient ralliés à vous.
-Tu oublies aussi le fait que je suis une Palpatine. Le Chancelier s'est chargé de me donner un patronyme et à lui un visage.
-Oui mais toi tu n'as jamais rien fait de répréhensible.
-Ca été difficile au début, reconnut Rey. Même pour les alliés les plus proches.
- Mais moi au moins, je me tais.
-Ce n'est pas la même chose. Toi tu acceptes qui il est ou qui il a pu être et ce qu'il a pu faire, ton blocage est personnel. Jannah lui en veut pour avoir participé au système dont elle a été victime. C'est difficilement reprochable et je peux entendre ça. Il représente à ses yeux toute la cruauté du Premier Ordre. J'aimerais juste qu'un jour, elle comprenne qu'il a changé. Finn aussi a eu du mal au début surtout quand il a commencé à enseigner mais il s'est vite rendu compte de la vérité.
- A savoir ?
-Il est bien meilleur que nous deux réunis. »
Rey rigola d'un rire franc.
« J'ai eu un Skywalker bougon comme Maître. Finn était adulte quand je lui ai enseigné. Le seul avec un peu d'expérience c'était lui et Ben n'a pas de mal à aborder les questions qui fâchent.
-Les questions qui fâchent ?
-Les sujets délicats liés à l'obscurité par exemple. »
Poe plissa le front et suivit un vaisseau taxi des yeux pendant une dizaine de secondes.
« Mais tu sais, s'amusa Rey pour détendre l'atmosphère, j'aime aussi quand il se la joue vagabond.
-Epargne-moi cette vision.
-Ton droïde est mieux rencardé sur le sujet."
Avec amusement, elle regarda BB-8 qui se trouvait un peu plus loin à faire le guet.
"BB-8 parle tu sais mais je lui ai dit d'éviter certains sujets.
-Attends, es-tu en train de dire que tu entretiens une correspondance avec lui ?
-Bien que tu sembles l'avoir oublié, c'est mon droïde. A ce titre, nous communiquons lui et moi. Il me manque et la réciproque est vraie. Je suis content d'avoir pu le revoir.
-Donc vous avez des petits rendez-vous ? se moqua Rey.
-Grandis un peu !
-Pas maintenant c'est bien trop amusant ! »
Elle se mit à rire de bon cœur et tout à coup, elle se rendit compte qu'elle se sentait vraiment bien auprès de Poe. Détendue et parfaitement à l'aise comme elle l'était rarement dernièrement. Elle se fit la promesse de ne plus le laisser s'éloigner d'elle à partir de maintenant.
