Salut ! Désolée pour la semaine dernière, je n'ai pas pu publier. Je suis un peu occupée ces derniers temps ^^'

Ce chapitre a été en grande partie réécris car mon point de vue à changer sur l'événement qui s'y déroule et je pense que vous comprendrez en lisant. Plus de détails en fin de chapitre.

4meChan : L'as-tu lu en entier du coup ? Oui, c'est moche, en effet. Et bien du coup, non, la publication a sauté une semaine. C'est marrant que tu ai posé cette innocente question, hehe. Timing parfait. Bye !

Shadow : Honnêtement, je ne serai pas allée chercher si tu n'en avais pas parlé ^^ En effet, il était à mon sens important de ne surtout pas érotiser cette scène et de bien faire comprendre la froideur et la colère de Satsuki. Ainsi que la résignation de Seijuro. On va dire qu'il est habitué à agir plus par devoir que par plaisir... Bye !

Mon week-end prochain risque d'être aussi chargé donc je ne peux pas vous garantir que je publierai.

Bonne lecture !


Vengeance accomplie

« La vérité n'est pas toujours bonne à savoir, Majesté »

S'étant découvert une passion pour le langage des fleurs alors qu'il préparait sa cérémonie secrète avec Shûzo, Seijuro fit planter des lys orange sayuri dans la cour du palais. Cela servit d'avertissement aux concubines. Le jeune homme n'avait pas oublié sa rancœur et l'empereur Masaomi n'était plus là pour les protéger.

A vrai dire, Seijuro s'étonnait qu'elles n'aient pas pris la fuite dès l'annonce de la mort de Masaomi. Il supposait que c'était parce qu'elles étaient restées proches de Satsuki. Ou bien pensaient-elles que le jeune empereur n'avait pas les moyens, étant donné sa légitimité encore discutée, de se mettre les généraux à dos en exécutant les cinq concubines. Après tout, elles avaient toutes des ascendances nobles : Isoko Aomine était la fille du daimyo de Tottori, Chieri Kise la nièce d'un ancien général, mort de la variole en 1491, Hinako Kuroko la cousine d'un haut fonctionnaire du palais, Misora Midorima la fille d'un riche homme de Kyoto et enfin Orimi Murasakibara la pupille du daimyo d'Akita.

Pour pallier toute éventualité, dès que Shintarô disparu et que Seijuro fut officiellement désigné comme héritier, il demanda à faire emprisonner les concubines en attendant son intronisation et ses pleins pouvoirs.

Les deux premières grandes décisions que prit le jeune empereur avant même d'entendre parler de la guerre sans fin avec Shikoku, fut de décider de la construction de son kofun près de la rivière Kamo (il le souhaitait encore plus grand et prestigieux que celui de son père), puis d'ordonner l'exécution des concubines de son prédécesseur.

Peut-être la rumeur selon laquelle les concubines auraient provoqué la mort de Shiori s'étaient-elles répandues jusqu'aux oreilles des généraux, car ceux-ci ne protestèrent pas.

On lui amena les cinq concubines, pieds et poings liés.

-Que doit-on faire d'elles ? demandèrent les gardes.

Seijuro dévisagea les cinq femmes d'âge mur agenouillées devant lui.

-Depuis que Ryota m'a appris que c'étaient vous les responsables de la mort de ma mère, je rêve de ce jour. Je commençais à craindre que vous mourriez avant qu'il n'arrive. Vous n'êtes plus de la première fraicheur après tout…

-Tu te prends pour un homme, Altesse, mais tu es resté un enfant.

-Un enfant qui a été capable de tuer tous vos fils et de monter sur le trône.

Shûzo, resté dans un coin de la pièce, baissa les yeux. C'était la première fois qu'il était vraiment témoin de la noirceur du cœur de Seijuro. Pour autant, il resta. Cette noirceur faisait partie de lui et il devait l'accepter pour mieux l'aider.

-Avant de vous tuer, j'aimerai que vous me racontiez ce qu'il s'est passé cette nuit-là. Et si vous mettez trop de temps à me répondre, je me ferais une joie de vous torturer moi-même. Je crois qu'il y a une salle aux sous-sols qui résonne encore des cris de Daiki…

Le jeune empereur pris plaisir à voir la rage dans les yeux d'Isoko Aomine. De toute, cela avait toujours été elle la plus méchante avec lui. Et c'était elle que l'empereur aurait pu épouser pour faire plaisir aux généraux s'il n'avait pas tué son fils avant.

-Démon, cracha Isoko. Je pensais Masaomi cruel… mais tu es mille fois pire que lui.

Shûzo serra les poings. Il n'aimait pas ce qui était en train de se passer. Les paroles de Shintarô et ce qu'il l'avait poussé à commettre presque un an auparavant lui revenait en mémoire.

-Répondez-moi. Qu'avez-vous fait à ma mère cette nuit-là ?

-Si c'est pour nourrir ta haine que tu nous demande ça, je doute que ce soit nécessaire, ajoutât Orimi.

-Je veux la vérité ! criât Seijuro en giflant la concubine.

Le mercenaire s'avança.

-Je connais la vérité, annonçât-il. Le médecin m'a tout raconté. Je sais ce qu'il s'est passé.

L'empereur resta immobile quelques secondes à dévisager son amant.

-Tu…

-Vous m'avez demandé d'enquêter, Majesté, quand je suis entré à votre service.

-Pourquoi ne rien m'avoir dit ?

-La vérité n'est pas toujours bonne à savoir, Majesté. Et cette vérité-là est…

L'empereur lui fit signe de se taire.

-C'est de leur bouche que je veux l'apprendre. Reste à ta place.

Shûzo obéit. Seijuro se détourna et reporta son attention sur les concubines, son œil rouge luisant de colère.

-Je parlerai.

-Hinako !

-Hinako, ne dis rien ! Il va nous tuer de toute manière.

-Il a tué ton fils devant toute la cour.

La concubine soupira.

-Je sais. Mais Tetsuya l'avait provoqué. C'était un duel. Il fallait que l'un d'entre eux meure. J'aimais mon fils plus que tout, mais je savais qu'il ne pouvait pas survivre. Il était bon, mais faible.

Hinako regarda Seijuro dans les yeux.

-Tu aimais mon fils, n'est-ce pas ?

-Nous avons été amis de longues années, admit l'empereur.

-Je te pardonne.

Il crut avoir mal entendu. Pardonné ? Lui, pardonné pour un crime comme le sien ? Chamboulé, Seijuro cru qu'il allait défaillir. Shûzo voulu venir vers lui, le soutenir, mais il lui fit signe de rester où il était.

-Shiori était enceinte.

Shûzo du lutter pour ne pas se précipiter vers Seijuro quand il vit son visage se décomposer.

-Nous l'avons toujours beaucoup surveillée car nous savions qu'elle était la favorite, que l'empereur passait bien plus de temps avec elle qu'avec nous et que lui offrir un second enfant la légitimerait un peu plus aux yeux du peuple. Ses saignements ne sont pas venus et nous avons compris. Pour sauvegarder la place de nos enfants, nous avons décidé d'agir. Malgré ses origines paysannes, Shiori nous regardait toujours de haut. Sous prétexte que l'empereur la préférait. Nous avons pensé qu'elle méritait bien ce qui lui arrivait.

Seijuro avait du mal à respirer. Son cœur tambourinait dans sa cage thoracique.

-Je ne dirai pas laquelle d'entre nous a eu cette idée, mais ce soir-là nous avons ouvert le ventre de Shiori pour la débarrasser de cet enfant. Nous l'avions au préalable drogué avec de l'opium si bien qu'elle n'a pas souffert.

Un silence pesant s'abattit dans la grande salle. Seijuro voyait malgré lui ce qu'il s'était passé se jouer dans sa tête, il imaginait l'angoisse et les cris de sa mère. S'il avait appris la vérité plus tôt… il n'aurait pas mis neuf ans à se venger.

Comment avaient-elles pu infliger un tel traitement à sa mère ? Elle n'avait rien fait de mal. Elle aimait l'empereur, et l'empereur l'aimait. Pourquoi avait-elle été punie pour cela ? L'amour était décidément un sentiment cruel. Par amour, Seijuro se souvint qu'il avait bien assassiné son père. Par amour pour sa mère, il s'était laisser sombrer dans la haine, la colère et la vengeance.

Pendant toutes ces années, il avait imaginé de nombreuses vérités concernant la mort de sa mère. Mais jamais il ne lui était venu à l'esprit qu'il ait pu porter un enfant et être assassiné pour cela. Par jalousie.

-Gardes ! Appelât-il.

Ceux-ci s'approchèrent.

-Vous savez maintenant ce que vous allez faire d'elles…

-Seijuro… osât Shûzo en avançant d'un petit pas vers lui.

L'empereur se tourna vers lui et croisa son regard gris. Il se vit à travers lui. Shûzo avait accepté sa part d'ombre. Il l'avait prévenu qu'il accomplirait sa vengeance.

-Majesté ? demandât le chef de la garde. Que devons-nous faire d'elles ?

Je te pardonne.

Non, il n'était pas prêt à pardonner. Il n'avait pas la force d'Hinako.

Il pourrait demander qu'ont les éventre puis qu'on les pende au cerisier de la cour. Une mort lente et douloureuse comme avait vécu sa mère. Seijuro sentit sa poitrine se serrer.

-Vous êtes toutes bannies de l'empire. Gardes, marquez-les au fer rouge sur le visage puis chassez-les. Leurs possessions, vêtements compris, leur sont confisqués et seront distribués dans la ville. Qu'elles quittent mon empire à tout jamais.

Son regard se posa sur Hinako.

-A vous, je vous laisse le choix : la prison ou le bannissement.

Hinako, aussi surprise que les autres par cette décision, hésita, bafouilla, puis choisi la prison. Seijuro ordonna alors que ses possessions soient conservés, au cas où Hinako sorte de prison un jour.

En quelques secondes, la grande salle fut vidée. Aucune concubine de protesta, sûrement toutes surprises par cette décision.

Shûzo s'approcha de Seijuro et posa sa main sur son épaule tremblante.

-Tout va bien ? chuchotât-il.

Seijuro acquiesça distraitement.

-Je suis fière de toi, tu sais.

-Parce que je ne les ai pas tués ?

-Oui. J'espère que tu arriveras à enfin être en paix avec la mort de ta mère.

-Peut-être qu'un jour, je pourrai.

Le bannissement n'en restait pas moins un châtiment terrible. Surtout que la marque qu'elles allaient porter sur le visage allait avertir tout le monde de leur statut. Elles ne pouvaient plus espérer d'aide de quiconque dans l'empire. Nues, couvertes de honte, elles allaient devoir survivre. Elles ne pouvaient qu'aller chercher chez leurs ennemis qui ne manqueront pas de tenter de leur faire dire tout ce qu'elles savaient. Bannies, à leur âge, n'avait rien d'un cadeau.

Mais Seijuro ne les aura pas tués de sa main.

L'empereur soupira. Il espérait que sa mère serait satisfaite de cette sentence. Lui, ignorait encore s'il avait fait le bon choix. Peut-être regrettera-t-il plus tard de ne pas s'être montré plus cruel. Mais le sourire de Shûzo et la tendresse dans son regard l'aida à se convaincre qu'il avait pris la bonne décision.

Shûzo le prit dans ses bras dès qu'il vit les premières larmes.


Dans la première version, Seijuro faisait pendre les concubines au cerisier de la cour. A la réflexion, j'ai trouvé que cela le rendait trop cruel et que, son père n'étant plus là et sa vision des choses ayant beaucoup évolué depuis ses retrouvailles avec Shûzo, j'ai décidé qu'il serait bien et plus intéressant qu'il se montre clément.

J'espère juste que cela ne rend pas la résolution de sa vengeance trop... plate. Qu'attendiez-vous de sa confrontation avec les concubines ? Après tout, je le tease depuis le début de l'histoire. Il s'agit d'une de mes promesses narratives : la vengeance de Seijuro. Est-ce à la hauteur de vos attentes ?

à plus !