Pairing : BKDK (mais hyper léger)

Atelier n°3 : « Une journée en enfer »

Donnez à votre personnage (de votre choix, oc ou existant) une journée catastrophique où tout va de travers.

Jamais rien de grave, mais que des péripéties agaçantes qui se succèdent du matin au soir.

Note : Pas sûre d'avoir totalement respecté les consignes, je n'ai pas l'impression que mon texte est humoristique, mais j'espère que vous éprouverez de l'empathie pour ce pauvre Bakugo.


Une journée en enfer.

Bakugo n'était pas du soir. Ni du matin d'ailleurs. C'était bien connu de tous, il se couchait comme les poules, et se transformait en marmotte au moment du levé. Quand la sonnerie stridente d'un réveil le fit sursauter de sous ses couvertures, il attrapa l'objet posé sur sa table de nuit et le lança si fort qu'il s'explosa contre le mur.

Le blond aurait dû s'en douter, une journée qui commence comme ça est forcément une journée de merde, mais au lieu d'écouter le destin et de rester bien au chaud couché, il décida de se lever. Rien que pour aller étrangler Kaminari qui devait être responsable de cette mauvaise blague. Il n'y avait que lui pour avoir l'idée de mettre un réveil bruyant et désagréable et d'oser faire cette plaisanterie à Bakugo sans craindre les représailles.

Pas totalement bien réveillé, Bakugo se prit les pattes dans sa couette et se rétama sur le plancher le nez contre les lattes du parquet. Putain. Il allait découper sa couette en morceaux et ensuite, il irait faire pareil avec Kaminari.

Il avait vraiment besoin d'un foutu café.

Bakugo se releva, jeta la couverture sur le lit et sortit de sa chambre. Vêtu uniquement d'un boxer et d'un tee-shirt.

Il vivait en collocation avec Kaminari et Kirishima. Et des fois, il se demandait comment une telle chose avait pu arriver, ce qui lui était passé par la tête le jour où il avait signé un bail pour vivre avec ces deux énergumènes.

Ces deux excités étaient déjà debout et déjeunaient en discutant, en faisant de grands gestes. Comme s'il n'était pas seulement sept heures du matin, une heure où tout être à peu près bien constitué devrait être incapable d'aligner deux mots avant d'avoir bu des litres de café. Et ces deux-là n'en buvaient même pas – heureusement parce qu'ils étaient déjà bien assez agités comme ça aux yeux de Bakugo.

Kaminari se tourna vers lui et eut l'audace de lui sourire et de demander :

— Tu as aimé mon petit cadeau ?

Bakugo allait lui faire la tête au carré, mais seulement après le petit déjeuner. Il grogna façon ours des cavernes et alla chercher le café dans un placard. Comme un fait exprès, la porte lui resta dans la main. Cela arrivait de temps en temps, leurs meubles étaient vieux ou retapés, mais pourquoi fallait-il que ça arrive précisément ce matin-là où tout avait déjà mal commencé ? Bakugo poussa un gros soupir et posa la porte par terre, il réparerait ça plus tard.

Il sortit la boite de café, le lait du frigo, réchauffa de l'eau. Bien sûr, il réussit à mal viser la tasse et à s'ébouillanter. Il jura à voix haute avant de se mettre la main sous l'eau, tandis que ses deux colocataires, pas empathique pour un sou, se marraient :

— C'est pas ta journée, constata Kaminari.

Pourquoi n'apprenait-il pas à se la fermer ?

Il allait lui porter la poisse.

Bakugo s'assit enfin pour boire son breuvage. La première gorgée lui fit du bien. Il n'y avait rien qu'un bon café au lait ne pouvait régler. Normalement. Quand il eut fini sa boisson, il se leva, passa derrière Kaminari et lui mit une claque derrière le crâne.

— La prochaine fois, je te fais bouffer le réveil, grommela-t-il avant d'aller dans la salle de bain pour faire un brin de toilette et s'habiller.

Il était un peu plus réveillé et moins mal luné quand il sortit de la pièce. Malheureusement, en retournant dans sa chambre, il marcha malencontreusement sur des bouts de réveils et ceux qui ont déjà marché sur un Lego abandonné comprendront la douleur ressentie à ce moment-là, quand les petites pièces du réveil se plantèrent dans son pied. Bakugo beugla tous les jurons qu'il connaissait en sautillant sur un pied tandis qu'il tenait l'autre dans ses mains. Bordel.

Il avait l'impression d'être dans un remake de la loi de Murphy, ce n'était pas « la tartine tombe toujours du côté du beurre », mais « on marche sur les morceaux d'un réveil qu'on a cassé. »

Bakugo se dépêcha de mettre des chaussettes et surtout des chaussures. Il se sentait déjà épuisé alors qu'il venait à peine de se lever.

Il devait rejoindre Izuku devant la bouche du métro pas loin d'ici, pour aller au travail ensemble. Il n'était pas en retard alors il prit son temps sur le court trajet entre chez lui et le métro. Les mains dans les poches, il avançait en regardant fixement devant lui. Tous les matins de la semaine, il retrouvait Izuku au même endroit, c'était une vieille routine qui n'avait – jusque là – jamais déraillé. C'était sans compter le con qui avait laissé sa peau de banane sur le sol. Qui faisait ça d'abord ? Dans quelle réalité ? Cela n'arrivait jamais, absolument jamais, sauf ce matin-là pour un Bakugo qui, le pauvre, n'en pouvait plus.

La scène qui se déroula alors, fut digne d'un cartoon, Bakugo marcha dessus et fit sa meilleure glissade, se retrouvant le cul par terre sans avoir le temps de comprendre ce qu'il se passait. Et comme cette journée était merdique à souhait, il resta dans le thème et atterrit le cul sur un caca de chien – qu'un salaud de maître n'avait pas ramassé.

Comment était-ce possible que tout s'enchaîne comme ça ?

Bakugo ne se souvenait pas d'avoir brisé un miroir dernièrement. Quelqu'un semblait particulièrement lui en vouloir aujourd'hui.

Il se releva et en se retenant de gueuler des « putain de bordel de merde » au milieu de la rue, il n'eut d'autre choix que de retourner chez lui pour se changer. Rouge de honte devant chaque passant qu'il croisait. Il se mit à courir pour arriver plus vite. Il s'enferma dans sa chambre, ignorant les ricanements de ses deux collocs. Mais comme il avait oublié les pièces du réveil dans sa chambre, quand il remarcha en chaussettes sur l'une d'elles alors qu'il enfilait un nouveau pantalon, il détesta Kaminari de tout son cœur.

Bakugo, une fois à nouveau prêt, arriva donc en retard pour la première fois depuis qu'ils avaient instauré ce rituel avec Izuku. Le blond était de très mauvaise humeur, mais lorsqu'il aperçut le sourire de son ami d'enfance, ses soucis fondirent en un instant comme un bonhomme de neige en plein soleil. Izuku était magique, le monde pouvait s'écrouler, s'il souriait à Bakugo alors le blond l'accueillerait comme la plus belle des journées. C'était sa gentillesse, mêlée à ses taches de rousseur, ses yeux vert émeraude, et ses petites mimiques toutes mignonnes qui étaient responsable des sentiments que Bakugo ressentait à son égard.

Bien sûr, Bakugo gardait tout ça pour lui. Il était radin en compliment et plutôt que d'accueillir Izuku d'un « salut tu es parfait aujourd'hui comme hier », il grogna un :

— 'lut le nerd.

Ce qui agrandit le sourire d'Izuku comme s'il avait reçu un compliment.

— Salut Kacchan.

— Faut que tu m'expliques comment tu peux être d'aussi bonne humeur dès le matin, ronchonna Bakugo.

— C'est un joli matin, répondit Izuku.

Bakugo regarda le ciel gris prêt à pleuvoir sur leurs tronches, et renifla. Izuku racontait n'importe quoi des fois, mais c'était vrai que le temps était superbe puisqu'il se tenait à côté d'Izuku.

Ils prirent tous les deux le métro et comme Bakugo avait sans doute bouffé un chat noir pendant la nuit, le métro tomba en panne et s'immobilisa au milieu d'un tunnel. Le blond se frotta les tempes pour éviter de tout faire exploser par sa colère. Izuku, lui, prit ça avec philosophie :

— Ce sont des choses qui arrivent.

Bakugo décida donc de ne pas s'en plaindre. Après tout, même s'ils étaient debout, serrés comme des sardines, au moins Izuku était collé à Bakugo et ce n'était pas une sensation désagréable. Il pouvait parfois y avoir du bien dans le pire. Mais Bakugo espérait tout de même que c'était la dernière malchance de la journée. Le métro finit par redémarrer après un long moment d'attente, et ils arrivèrent à destination avec plus d'une heure de retard.

Tous les deux bossaient dans la même boite, un truc où ils aidaient les gens à faire valoir leurs droits. En gros, ils étaient des super-héros des temps modernes en sortant certaines personnes de la merde en leur trouvant des aides ou des solutions. C'était un boulot gratifiant même s'ils ne pouvaient pas non plus faire des miracles.

Izuku s'épanouissait dans son travail et le montrait.

Bakugo s'épanouissait également dans son travail et ne le montrait pas. Il avait plutôt tendance à fusiller tout un chacun du regard, mais en vérité ce n'était qu'une carapace. Et il se battait becs et ongles pour les gens qui avaient besoin d'aide. Ceux qui le connaissaient savaient qu'il ne mordait que les mains des sales types.

Mais à l'image de son début de journée, la suite ne fut pas terrible. Il eut la malchance de tomber sur un client qui n'avait rien à foutre là, mais qui voulait profiter du système et qui essaya de l'entourlouper depuis une bonne heure. Bakugo avait de plus en plus envie de le défenestrer, et perdait le peu de patience dont il était capable, lorsqu'Izuku arriva dans son bureau comme un sauveur. Pour Bakugo ou pour le client ? Peut-être un peu des deux.

Le jeune homme aux cheveux verts s'occupa de monsieur machin, et Bakugo sortit prendre l'air un coup, pour se calmer, se recentrer, afin de ne pas agresser le prochain client qui n'aurait rien fait et n'avait pas à payer les pots cassés.

Le blond était là, debout devant la porte d'entrée, à prendre de grande goulée d'air frais et à observer le ciel gris et cette pluie qui couvait, mais ne semblait pas vouloir tomber, quand il entendit un « rrrrouh » au-dessus de sa tête, et qu'il sentit quelque chose dégouliner sur ses cheveux.

Bakugo allait péter un câble.

Un pigeon venait de lui chier dessus.

Si un jour il attrapait l'animal, il allait le cuire à la broche. En attendant, il rentra dans le bâtiment et alla se nettoyer dans le lavabo des sanitaires. Il regarda sa tronche dans le miroir et lança toute une flopée d'injures à son reflet pour tenter de calmer toute la colère qui montait en lui, sur cette putain de journée. La seule chose qui l'empêchait de tout casser était qu'Izuku n'était pas loin. C'était son seul réconfort.

Au point où le blond en était, il ne fut pas surpris lorsque son dernier client de la journée, passablement alcoolisé vomit sur son bureau. L'odeur était répugnante, la consistance était pire. Katsuki faillit gerber à son tour. Il fit sortir l'homme de la pièce et la quitta également. Essayant de rester zen et de ne pas foutre un coup de pied au cul au pauvre homme, il lui proposa d'utiliser le lavabo pour se rafraîchir un coup. Puis il prit son courage à deux mains, sortit une serpillière et des gants en plastique du placard à balais, et retourna nettoyer les dégâts, en essayant de ne pas trop respirer les effluves horribles et de ne pas faire attention à ce vomi absolument dégueulasse. Qui y avait-il de pire que ça ?

Non.

Bakugo ne voulait pas savoir.

Il avait peur que le destin qui s'acharnait sur lui aujourd'hui lui prouve qu'il pouvait y avoir bel et bien pire, et il en avait suffisamment marre pour ne pas savoir qu'est-ce que celui-ci lui réservait.

Izuku passa une tête à son bureau, fit une mine dégoutée en sentant l'odeur et Bakugo soupira :

— Je sais, ça pue.

Il ouvrit la fenêtre pour tenter de chasser les odeurs et finit son nettoyage.

— Je crois que ton client s'est enfui, commenta Izuku, à mon avis il se sentait coupable.

Bakugo soupira. C'était le dernier client de la journée, ce qui signifiait qu'enfin celle-ci prenait fin. Il avait hâte de rentrer, de dîner, de se coucher, de tout oublier. Mais Izuku bouscula tous ses plans :

— Ça te dit d'aller diner quelque part ce soir, ensemble ?

Comme si le blond allait dire non. Parce que même éreinté, énervé, et saoulé, il ne refuserait pas de passer plus de temps avec Izuku.

— Pourquoi pas, lâcha-t-il d'un air qui se voulait nonchalant.

— Je suis sûr qu'un bon repas va te réconforter.

Bakugo regarda la serpillère sale entre ses mains, et il n'était pas sûr d'avoir de l'appétit, mais peu importait, il serait avec Izuku.

Le blond alla jeter directement la serpillière à la poubelle, et se lava les mains pendant six bonnes minutes avant de rejoindre Izuku qui l'attendait dehors. Ils marchèrent tous les deux l'un à côté de l'autre en discutant. C'était surtout Izuku qui faisait la conversation et Bakugo qui l'écoutait. Il aimait bien cette dynamique, il se sentait bien aux côtés de son ami.

Une fois au restaurant, ils prirent place à une table et commandèrent. Bakugo ne fut pas tellement surpris de trouver une limace dans sa salade, comme si c'était la suite logique de cette journée complètement dingue. Il soupira de façon dramatique. Il ne savait même plus si ça le touchait ou bien s'il s'habituait. Il raconta à son ami d'enfance les événements de la journée. Izuku n'était pas moqueur, mais plus Bakugo racontait, et plus le jeune homme en face se retenait d'éclater de rire. Quand le blond parla du pigeon qui l'avait choisi pour cible pour ses fientes, Izuku craqua et le poing sur sa bouche, il commença à rigoler. Pas méchamment bien sûr. Izuku ne savait pas être méchant.

— Je suis désolé, dit-il une fois un peu calmé, mais tu as vraiment glissé sur une peau de banane. Une peau de banane quoi ! Et ce pigeon qui t'as pris pour cible ensuite… Est-ce que tu as froissé un fan de vaudou dernièrement ? Quelqu'un qui aurait décidé de se venger ?

Bakugo aurait pu se vexer, mais le rire d'Izuku était une douce mélodie à ses oreilles, il n'y pouvait rien. Il craquait pour lui depuis si longtemps, sans jamais le lui dire. En tout cas ce n'était certainement pas aujourd'hui qu'il ferait sa déclaration. Il choisirait plutôt un jour de chance.

— Je pense que j'ai dû mettre en colère un dieu quelconque, plaisanta-t-il.

Izuku recommença à rire. Et Bakugo fit de même.

On lui changea sa salade et aucune autre catastrophe ne lui tomba dessus au cours du dîner, ce qui fut presque étonnant.

Plus tard, les deux jeunes hommes prirent le métro ensemble, et ils se séparèrent à la sortie. Bakugo aurait voulu prendre Izuku dans ses bras, ce dernier se contenta d'un signe de main et d'un sourire.

— Fais attention en rentrant, lui dit-il.

Bakugo le regarda s'éloigner. Sa journée était peut-être merdique, mais tant qu'Izuku faisait partie de sa vie, même l'enfer aurait quelque chose d'accueillant.

Enfin, il changea d'avis, quand il se mit à pleuvoir à torrents tandis qu'il se dirigeait vers chez lui. Et alors qu'il était en train de mettre les clés dans la serrure de son appartement, la porte s'ouvrit et il se la prit dans le pif. Les gros mots qui fusèrent à ce moment-là auraient pu choquer de chastes oreilles, mais comme il ne s'agissait que de Kaminari ce n'était pas grave.

— Je t'ai entendu rentrer, dit-il, je voulais juste te rendre service, expliqua-t-il.

Bakugo le fusilla du regard et rentra dans l'appartement, de nouveau de très mauvaise humeur. Kirishima commença à ouvrir la bouche pour dire quelque chose, mais le blond lui balança :

— C'est pas le moment tête d'ortie.

Il entra dans sa chambre sans chaussure, mais fit attention de ne pas marcher sur une pièce du réveil en miette (deux fois pas trois). Il enleva ses vêtements trempés pour enfiler un tee-shirt sec et se laissa tomber sur son lit. Voilà, la journée était finie, demain serait sans doute mieux. Il l'espérait.

Son portable vibra dans sa poche et il le sortit pour lire le message d'Izuku.

« J'espère que tu es bien rentré sans rencontrer de problème, et que demain sera une meilleure journée. »

Bakugo sourit. Lui répondit que ça allait, qu'il gérait. Il soupira et serra son portable contre son cœur.

La journée merdique avait tout de même une jolie conclusion.

Fin.

L'autatrice : j'y ai retouché un peu après l'atelier. Je crois que je ne suis pas très douée pour décrire une journée pourrie ou tout s'enchaine sans que ça ne soit ennuyant. Mais j'espère que vous apprécierez quand même cet exercice.