Bonne lecture à tous !

DIX-NEUVIÈME CHAPITRE

FENÊTRES OUVERTES

Harry réussit de justesse à ne pas envoyer balader ses devoirs. Oncle Sev ne plaisantait pas en annonçant que le programme scolaire serait revu à la hausse pour atteindre le standard des autres écoles, ainsi que la quantité de travail. Et il voulait dire immédiatement. Sans délai. Les cours de cet enfoiré narquois étaient deux fois plus compliqués maintenant. Ou plus dur qu'ils ne l'avaient jamais été. Et cet essai qu'il devait rendre gâchait la bonne humeur qu'Harry avait récemment acquise.

Il était livré à lui-même à cause des responsabilités de préfet-en-chef de Drago. Harry était seul, mais Ozemir venait jeter de temps à autre un coup d'œil pour voir s'il faisait bien tous ses devoirs. Et il en avait une montagne. Il devait en plus de cela, rattraper ceux qu'ils avaient reçu en avance avec Drago pour avoir décidé de se marier en plein milieu de la semaine. Drago avait insisté pour qu'ils soient libérés des cours le jour du mariage, et ce, jusqu'au lundi qui suivait. Severus avait accepté à la condition que lui et Drago aient fini les devoirs qu'ils manqueraient pendant ces jours d'absence, et qu'ils les rendent avant le mariage.

Le gryffondor fit la grimace. Drago avait aussitôt accepté ces conditions. Et bien sûr, il avait presque fini tout le travail, alors qu'Harry avait à peine commencé et avait maintenant du mal à rester concentré. Dévisageant le parchemin et le livre qui se trouvaient devant lui, Harry maudit aussi Ozemir. Cet enfoiré aux cheveux blancs lui avait assigné une quantité d'essais interminablement longue en plus de ceux de Poudlard. Sa grimace s'approfondit et il se mit à marmonner des obscénités dans sa barbe, tout en regardant sombrement la pile de devoirs sur la table.

Les livres et les parchemins prirent tout à coup feu. Harry cligna bêtement des yeux et fixa le feu avant de bondir de sa chaise et d'invoquer un vent surnaturel pour l'éteindre. Malheureusement dans sa panique, le vent invoqué fut plus fort que ce qu'il ne le désirait et la table vola à travers la pièce avec les papiers en feu, brûlant le tapis.

- MERDE !

Harry sentit les prémices de l'hystérie le frapper alors qu'il regardait ce foutu bazar, et ne fit rien pour l'éteindre cette fois-ci. Cette sensation d'engourdissement qu'il avait depuis le procès, depuis que son passé avait été étalé devant tout le monde, volait en éclats et son crâne lui paraissait peser une tonne.

Ozemir se précipita dans la pièce, ayant entendu le boucan qu'avait provoqué Harry, et éteignit facilement le feu. Il ne lui fallut qu'un coup d'œil à la silhouette frêle du Gryffondor pour traverser la pièce et le rejoindre. Mais Harry se recula quand il s'approcha, se forçant à secouer sa tête. L'érudit se rendit compte qu'Harry ne voulait pas être réconforté, mais au lieu de partir, Ozemir s'assit dans une chaise et fit apparaître l'ancien parchemin de leur Mère.

Harry leva les yeux au ciel, amusé plutôt que fâché qu'Ozemir ne le laisse pas seul.

- Il n'y a que toi et Hermione pour sortir ce genre de chose de nulle part.

- Erudit, répondit éventuellement Ozemir. Il regarda le plus jeune s'asseoir et fixer le vide. Et puis, je garde ce rouleau sur moi en permanence.

Il fallut quelques minutes pour qu'Harry se relève et ne rejoigne Ozemir, qui cacha son sourire pour avoir fait sortir le brun de ses pensées.

- C'est le rouleau de parchemin que la Mère t'a donné ?

- Oui. Et je suis frustré parce que je n'ai pas réussi à traduire grand-chose, pour l'instant.

- Pourquoi ne demandes-tu pas à Luna ce qu'il veut dire ? Elle doit sûrement savoir.

- Ce serait de la triche.

- Et si c'était quelque chose d'important ?

- Mais c'est quelque chose d'important. La Mère s'est assurée de me le donner en main propre.

Harry se recula dans son siège et réfléchit à la manière de penser d'Ozemir. Ça n'avait aucun sens. Si c'était si important, dans ce cas, pourquoi ne pas demander à Luna ? Elle était la Mère, après tout.

- Dans ce cas, qu'as-tu compris, demanda-t-il à la place.

- Il y a un passage qui ne parle que de Drago et toi. Le plus Grand Pouvoir a accordé les Pleins Pouvoirs à la Lignée / Lui donnant le Pouvoir de Tout changer, peu importe les règles, le sujet ou les circonstances… Ça en dit plus, bien entendu, sur la sœur de la Mère et son emprisonnement. Le dialecte utilisé n'est en rien similaire à ce que j'ai déjà lu. Ça va me prendre du temps avant que je ne puisse traduire le reste. Ça abrutit volontairement l'esprit quand on le lit.

- Le plus grand pouvoir… C'est la Mère, non ? Ozemir acquiesça. Bien, alors elle a donné tous les pouvoirs à la lignée royale, ce qui veut dire qu'on peut changer les règles à notre guise, n'est-ce pas ?

Ozemir hocha de nouveau la tête, se demandant où il voulait en venir, car ils en avaient déjà parlé. Les yeux d'Harry s'illuminèrent et il fixa intensément le rouleau devant l'érudit, et ses sourcils se froncèrent comme s'il pensait avec frénésie. Finalement, ses yeux brillants se levèrent vers Ozemir et ses mains agrippèrent la table comme s'il avait été foudroyé par une révélation qui était bien trop profonde pour être exprimée.

Ozemir se pencha vers lui avec intérêt, son excitation était tangible.

- J'aimerais beaucoup savoir ce qu'il se passe dans ta tête en ce moment.

- Tu ne mourras pas, Ozemir. Tu vas pouvoir embêter Brumek pour toujours.

L'érudit osa à peine respirer.

- Pourquoi as-tu l'air aussi sûr de toi ? A quoi penses-tu ?

- Les Kibosh ? Est-ce qu'on peut les considérer comme un business ?

- Ah. Ozemir cacha la déception qui s'empara de lui. Je vois où tu veux en venir. Ça ne marchera jamais. Il y a toujours cette histoire de liens qui lient les assassins au Clan et au Maître de Clan. Ça ne changerait rien si tu dissolvais le clan. Les liens seraient quand même présents. Ils sont trop anciens, très forts et défient les lois.

Le regard déterminé d'Harry ne fit que se renforcer.

- Personne n'a jamais essayé avant ! Tu ne sais pas ce qui pourrait arriver. Tu ne peux pas refuser avant d'avoir essayé.

- Il n'y a rien que personne puisse faire pour changer ce qui doit et ce qui va arriver.

- Pourquoi es-tu aussi catégorique ? Pourquoi as-tu l'air aussi désireux de mourir, Ozemir ? Tu ne veux pas de Brumek et de la vie que tu pourrais avoir avec lui ? Des enfants que vous pourriez avoir ? De la liberté ?

Ozemir se pencha très près du parchemin.

- Tes mots sont douloureux, petit.

Le Gryffondor observa la tête penchée, se sentant soudainement très protecteur envers son ami et mentor. Et aussi désolé pour lui avoir fait du mal. Mais il trouverait une solution pour briser ce lien. Demai'Tah n'aurait pas Ozemir, et la Mort non plus. Harry était très déterminé à ce sujet. Et il n'y avait rien de plus effrayant qu'un Gryffondor/Serpentard déterminé, prêt à mener la guerre. Car c'était la guerre, après tout. Le chef de Clan n'utiliserait aucun des gens qui lui importait contre lui.

- Tu veux m'accompagner pour une promenade, demanda-t-il en essayant de se faire pardonner ses propos douloureux.

Ozemir hocha la tête et enroula le parchemin. En marchant dans le couloir, Harry observa son compagnon de route.

- Quand vas-tu nous apprendre à faire ça ? Je veux dire, utiliser l'Ombre ?

- Il serait dangereux de vous apprendre à l'utiliser avant que toi et ta famille soyez pleinement ouverts à toute chose Ukatae.

- Ce qui veut dire…

- Le Savoir.

Harry passa une main dans ses cheveux sans s'en apercevoir.

- Je ne comprends pas pourquoi tu fais toute une montagne de cette histoire de savoir. Ce n'est pas comme si nous n'en possédions pas. Les choses viennent à nous quand on s'entraîne. Ou quand on se concentre suffisamment sur nos devoirs, des informations Ukataes nous viennent à l'esprit. Comme en cours de potion, quand on faisait cette potion qui soigne certains problèmes cutanés, et que tout à coup, je savais qu'une herbe poussant dans le royaume avait le même effet si on la frottait sur l'endroit infecté.

- C'est tout ce que tu as appris de cette herbe ? Qu'elle peut soigner une maladie de peau ?

- Euh… Ouais.

- Alors l'information ne t'est pas parvenue que cette plante soit disant sans danger tuerait instantanément un humain s'il l'ingérait, peu importe la quantité ?

- Tu passes à côté de ce que je veux te faire comprendre, grommela Harry, même s'il comprenait le point de vue d'Ozemir.

- Savais-tu instinctivement que l'herbe est très rare et qu'elle ne pousse que dans une petite partie des montagnes Qilacae ? Ou que, quand elle est broyée jusqu'à en faire de la bouillie, elle va se mettre à fumer. Fumée qui cause…

- Très bien, très bien. Tu marques un point !

Ozemir gloussa.

- Ce n'est pas vrai. Le point ici, c'est que tu ne devrais pas te faire autant de nœuds au cerveau. Certains éléments devraient déjà être imprégnés dans ton esprit. Comme l'habilité à contrôler ta magie ou alors les types de Magie Ukatae dans lesquels tu es le meilleur. Bien que… Je suis sûr que Drago et toi serez adeptes dans tous les types de magie Ukatae. Vous avez déjà bien acquis la magie élémentale, même si vous n'avez pas un contrôle parfait dessus, on s'en est rendu compte tout à l'heure.

Harry eut un sourire penaud.

- Je ne voulais pas mettre le feu à mes devoirs.

- J'en doute.

Ils restèrent silencieux un bon moment, pendant lequel Ozemir observa les tableaux, qui étaient pour la plupart endormis. Il savait qu'il ne se lasserait jamais de voir ces images et ces portraits bouger. Même les images Ukataes ne bougeaient pas. C'était fascinant ! Il adorait que le monde magique ait dans son quotidien des choses que le monde Ukatae n'avait pas.

- Ozemir ? Si nous avons ce Savoir, dans ce cas, pourquoi doit-on étudier et pourquoi les jeunes elfes doivent se rendre à l'Académie ?

- Accordes-moi quelques secondes pour trouver les bons mots pour te répondre.

Harry haussa les épaules et ils marchèrent l'un à côté de l'autre. Les pensées du Gryffondor dérivèrent pendant qu'ils marchaient lentement, et les événements de la journée refirent surface. Il se mit à repenser à la même chose, juste avant qu'Ozemir ne vienne éteindre le feu. Etonnamment, ses pensées troubles n'avaient rien à voir avec le souvenir de sa maltraitance. Il n'y était certes pas totalement insensible, mais malgré tout, grâce à Drago et ses amis, il avait réussi à surpasser cette partie de sa vie, et ce Dursley était mort.

Il était plus ennuyé par le fait que ces souvenirs avaient été dévoilés à tous, et que demain, tous les sorciers d'Angleterre sauraient à quel point il avait été maltraité. Il n'y avait rien qu'il pouvait faire contre ça désormais, mais il n'aurait plus besoin de se tenir face à tout ce monde, à devoir supporter leur pitié et la presse. Il ne vivrait bientôt plus dans le monde humain.

Se débarrassant de ses pensées désagréables, il réfléchit à ce qui l'ennuyait vraiment. Tom. Son inquiétude était principalement tournée vers son frère, qui avait disparu dès qu'ils avaient remis les pieds à Poudlard. Tom n'avait que 5 ans quand Dumbledore avait commencé ses manipulations. 5 ans. Harry n'arrivait même pas à comprendre ce qui avait bien pu passer par la tête du vieux sorcier pour tourmenter l'esprit de Tom à ce point, ni pourquoi. Enfin, en dehors de la raison évidente de vouloir que les gens viennent à lui pour leur protection. Sauf que Dumbledore s'était trompé avec Harry. Il avait fait l'erreur de forcer Tom à lui jeter l'impardonnable mortel quand il avait un an. Après cette nuit, les plans de Dumbledore s'était mis à s'écrouler, même s'il ne s'en était pas rendu compte à l'époque.

Mais, maintenant, Tom était il ne savait où, et Harry n'avait pas la moindre idée de comment Tom réagissait à ce souvenir visionné lors du procès. Et ça lui faisait mal de s'imaginer que Tom pouvait les rejeter à cause de ça. Ça lui faisait mal de se dire que Tom était seul et souffrait.

- Tu te souviens de la liste de noms que je t'ai passée ?

La question soudaine d'Ozemir surpris Harry.

- Quoi ?

- La liste. Tu étais censé mémoriser les noms qu'il y avait dessus et leurs accomplissements, insista-t-il.

- Oh, c'est vrai.

Harry détourna le regard, embarrassé. Il devait encore s'occuper de ça.

- Et bien quoi ?

- Le Savoir ne te laisserait pas avoir un accès facile aux noms ou aux visages, aux choses que les gens ont faites, ou à la façon dont la politique du royaume est gérée en ce moment. Le Savoir concerne principalement notre magie et le monde naturel. C'est comme une intuition par rapport aux autres. Le Savoir est notre héritage, en tant qu'espèce. Tu comprends ?

- En partie.

- Tu comprendras mieux quand ton esprit y sera ouvert.

- Si tu le dis, avança Harry en se frottant la nuque et en soupirant. Tu sais où se trouve Tom ?

- Il tente de trouver du réconfort dans cette pièce qui réalise les souhaits.

- La salle sur demande ne réalise pas les souhaits, renifla Harry. Elle t'offre juste ce que tu lui demandes.

- C'est la même chose.

- Je veux m'assurer qu'il va bien. Même si je sais qu'il préfèrerait être seul en ce moment.

- Il va s'en remettre, comme toi, et il reviendra quand il sera prêt.

- J'espère que tu as raison.

- Bien sûr que j'ai raison !

Ils marchèrent jusqu'à ce qu'ils passent devant une pièce qui était protégée. Harry savait que la salle n'était pas utilisée, alors pourquoi quelqu'un cherchait-il à la protéger avec un sort de silence et de verrouillage ? Il demanda à Ozemir comment il pouvait faire sauter ces sorts. C'était relativement simple. Tout ce qu'Harry avait à faire était de se concentrer sur les sortilèges, de les atteindre avec sa magie et de les comprimer jusqu'à ce qu'ils disparaissent. Celui qui avait lancé ces sorts n'avait pas fait du bon boulot, ou bien n'était pas très fort magiquement parlant, parce qu'il put les détruire en quelques secondes.

Une fois les sorts disparus, il entendit deux voix familières provenir de la salle de classe. Alors qu'ils se tenaient devant la porte avec curiosité, un gloussement aigu fit frissonner Harry de dégout, avant que la voix masculine qui s'élevait le fasse hausser ses sourcils. Alors comme ça, Ron était rapidement passé à autre chose.

Drago.

Oui, mon amour ?

La réponse ronronnée fit sourire Harry. Ron et Brown sont dans une salle de cours vide. Aile ouest, troisième étage.

Le bruit d'un transplanage résonna dans le couloir, mais pas assez près de là où ils se trouvaient pour se faire entendre des deux tourtereaux. Ozemir secouait sa tête, amusé.

- Est-ce qu'on vous a déjà dit qu'être des commères était une mauvaise habitude ?

- C'est Ron, et je n'en ai rien à faire, répondit le brun avant qu'un soupir de contentement ne lui échappe en voyant son compagnon marcher vers eux d'une démarche assurée.

Harry adorait regarder Drago bouger. Marcher, courir, manier une arme… Les mouvements du blond étaient toujours tellement précis et superbement gracieux. Les lèvres d'Harry s'entrouvrirent légèrement et ses yeux devinrent un peu vitreux quand il se mit à penser aux mouvements de ce corps mais nu.

Un éclaircissement de gorge lui fit rouvrir ses yeux, et il rougit en s'apercevant qu'il fantasmait sur le type qui se tenait nez à nez avec lui. Levant son visage vers celui de son compagnon, un petit gémissement lui échappa quand ses yeux rencontrèrent deux lacs d'argent en fusion. Drago se rapprocha jusqu'à ce que leurs torses se touchent et il leva une main pour jouer avec les mèches d'un noir d'encre. Il se pencha en avant jusqu'à ce que sa bouche n'effleure le lobe du gryffondor.

- Tout va bien, mon amour ?

Harry ouvrit la bouche pour parler, mais fut interrompu par cette bouche délicieuse qui lui mordilla l'oreille et par cette main qui avait lâché ses cheveux pour caresser sa nuque, lui envoyant des étincelles brûlantes dans tout le corps. Ses yeux verts s'assombrirent avant de regarder le blond à nouveau. Il ne put qu'hocher la tête, avant de pencher encore plus sa tête en arrière quand la main curieuse fut remplacée par des lèvres brûlantes.

- Bien, grogna le blond contre la peau chaude de son compagnon, d'un ton qui lui donna des frissons. Attends ici et reste dans l'Ombre d'Ozemir.

- Et moi qui pensais qu'on m'ignorait, marmonna l'érudit. Ou pire encore, qu'on m'avait oublié.

Il fit la tête et croisa les bras, son index tapotant son coude en regardant les deux amants avec jalousie.

Drago adressa à l'érudit un sourire moqueur avant de se retourner et de donner un coup de pied dans la porte. Il n'avait pas envie d'avoir des visions des deux à un stade avancé de nudité. Il n'avait pas besoin de faire des cauchemars, merci, et il ne voulait certainement pas avoir des visions d'eux alors que son amant serait penché sur un bureau, ce qui arriverait très prochainement. Il attendit un peu et tendit l'oreille tandis que Brown et Weasley couraient à toute vitesse dans la salle de cours, en chuchotant frénétiquement. Drago regarda par-dessus son épaule, perdant patience en remarquant le regard affamé d'Harry. Le serpentard faillit arracher la porte de ses gonds dans sa précipitation à s'occuper de Brown et Weasley.

- Regardez ce que j'ai attrapé, dit-il aux deux élèves. Une fouine et une souris.

Brown fixait le sol et lissait nerveusement les plis de sa jupe. Les yeux de Weasley étaient plissés et sa bouche ouverte, prête à rétorquer, mais Drago était pressé de se retrouver seul avec son compagnon et refusait de perdre plus de temps en remettant le rouquin à sa place.

- Voyons voir, dit Drago de sa voix traînante en jouant avec sa baguette. 25 points en moins chacun pour Gryffondor et une retenue demain soir avec le professeur Malefoy. Partez avant que je vous en rajoute.

Sans surprise, Brown fuit sans un mot, évitant le blond quand il gronda après elle. Weasley crispa ses poings.

- Tu n'as pas le droit de faire ça, Malefoy.

- Si tu as un problème avec ça, commença Drago en observant sa manucure parfaite, je suis sûr que le directeur écouterait tes protestations.

Les épaules de Weasley s'affaissèrent, reconnaissant sa défaite.

- Vas te faire foutre, Malefoy, cracha-t-il en quittant la salle de classe.

Drago sortit à son tour et plissa ses yeux en voyant le Gryffondor qui partait tranquillement.

- Fais gaffe aux mangemorts en rentrant ! J'ai entendu qu'ils étaient partout ! ricana-t-il sombrement en voyant Weasley accélérer la cadence.

Harry sortit de l'Ombre d'Ozemir et passa devant Drago pour entrer dans la salle, mais pas sans avoir caressé la fermeture du pantalon du blond.

Drago suivit le brun du regard, se concentrant sur son fessier ferme. Il accorda un instant son attention à l'érudit toujours présent et à Vendyl quand il toussa.

- Prends tes hommes avec toi et disparaissez, ordonna-t-il.

Après ça, il pivota sur ses talons et entra da la salle de classe désaffectée, fermant la porte derrière lui. Ozemir gloussa quand Vendyl le regarda avec incrédulité.

- Il ne s'attend pas vraiment à ce qu'on obéisse à cet ordre, si ? Ils vont rester combien de temps là-dedans ?

- Renvoies tes hommes. Nous allons rester toi et moi.

Drago s'adossa à la porte close et croisa ses chevilles nonchalamment.

- J'ai l'impression que tu as besoin d'attention, Harry.

Ses yeux verts brillants le regardèrent avec impatience.

- Quelle observation, Malefoy.

Il attendit un instant que Drago se déplace vers lui, mais quand le blond ne lui fit qu'un sourire malicieux sans bouger, le gryffondor grogna et avança, maudissant son compagnon d'être autant sexy et irrésistible.

Quand Harry fut à portée de main, le bras de Drago se leva et saisit le gryffondor par la taille, le tirant à lui. Ses doigts plongèrent dans la tignasse brune et indompté et tirèrent dessus, récoltant un hoquet de plaisir de son compagnon. Profitant de cette opportunité, Drago baissa son visage et plongea avidement sur ces lèvres tentatrices, enroulant sa langue autour de celle du gryffondor tout en frottant son érection palpita nt contre celle de son amant.

… … …

Dean était conscient de l'heure tardive et il savait qu'on pouvait l'apercevoir à tout moment, ce qui lui attirerait des ennuis. Le couvre-feu était passé depuis une heure. Mais il n'arrivait pas à dormir et il se retrouvait à arpenter les couloirs sombres du château. Il avait essayé de se distraire l'esprit, mais ce fut un vain, car il revenait sans cesse aux événements récents. Il s'était alors dit que marcher un coup lui ferait du bien, mais ça n'avait rien changé et ça commençait à lui taper sur le système.

Ron était passé devant lui comme une tornade un peu plus tôt, pour rejoindre la tour Gryffondor, mais il s'était caché avant de se faire repérer par le rouquin fulminant qui jurait après Malefoy. Apparemment, il s'était fait attraper par le préfet-en-chef. Il continua à gambader et il ne lui fallut pas longtemps avant de s'arrêter devant une salle de cours désaffectée. Il était persuadé qu'il était seul dans le couloir un peu plus tôt, mais il n'en était désormais plus si certain. Il pourrait même jurer avoir entendu un bruit, une sorte de petit rire.

Les yeux de Dean s'écarquillèrent et il s'éloigna soudainement de la salle de classe quand il vit la porte légèrement entrebâillée. Pourtant, il savait qu'elle était bien close un peu plus tôt. Et il en était absolument certain. Mais maintenant, il pouvait entendre des voix s'élever de l'intérieur.

- Tu sais comment je veux que tu me prennes.

- Je sais exactement quoi faire pour te faire tout oublier.

Dean s'aplatit contre le mur froid en reconnaissant les voix. Il se détourna de la salle de classe, voulant fuir le plus loin possible. Mais après quelques pas, il fit demi-tour et se retrouva devant la porte déverrouillée.

- Qu'est-ce que tu crois faire, au nom d'Hirsha, érudit ?

Ozemir sourit par-dessus son épaule à Vendyl.

- Je lui donne un coup de pouce. Assures-toi que personne ne s'approche de ce couloir.

Vendyl contourna l'érudit et regarda au-delà de l'angle pour voir l'humain figé contre le mur, ses yeux grands comme des soucoupes.

- Libère-le, ordonna Vendyl.

- Tu te trompes, dit Ozemir en riant. Je ne lui ai pas jeté de sort. Il ne bouge pas parce qu'il ne le veut pas. Il est curieux.

- Erudit…

- Tais-toi ! Je m'ennuie.

Dean s'éloigna enfin du mur, pour faire face à la porte. Les sons provenant de la pièce ne le dégoutaient pas comme il aurait pu le croire, vu l'activité qu'il se passait là-dedans. Se rapprochant un peu plus, il jeta un coup d'œil par l'entrebâillement sans hésiter. Il saurait enfin sans le moindre doute si la scène à l'intérieur de la pièce le rendrait inconfortable et malade.

Drago avait penché Harry sur un bureau, leurs chemises étaient en tas informe à leurs pieds et les pantalons aux chevilles. La tête d'Harry était relevée en arrière et il mordait sa lèvre inférieure pour retenir ses cris. De là où il se tenait, Dean pouvait voir les doigts de Drago agripper férocement les hanches du brun tout en coulissant en lui avec lenteur. Lentement, avec précision et une grande maîtrise de lui. Les yeux du serpentard étaient fermés avec force et il déglutissait péniblement régulièrement, comme si ce qu'il ressentait était beaucoup trop pour lui.

- Drago, Drago, Drago…

Le mantra d'Harry s'élevait comme un hoquet, et il gémissait tandis que son amant était penché sur lui, continuant à le pénétrer en rythme, et embrassait et léchait son dos moite de sueur, tout en faisant attention aux ailes noires déployées et qui pendaient mollement de chaque côté.

Dean mordit ses propres lèvres et baissa ses yeux sur l'avant de son pantalon, étonné de voir une érection le déformer. Drago respira brusquement et jura quand Harry s'enfonça brusquement sur son sexe, gémissant qu'il en voulait plus.

- Putain ce que tu es serré, mon cœur.

Harry pleura de la perte soudaine quand Drago se retira sans prévenir. Mais bien vite, se furent des cris passionnés qui prirent le relai quand le blond le pénétra jusqu'à la garde, frottant au passage cet endroit si sensible. C'en était fini du rythme lent et contrôlé.

- Tu aimes ça, hein ? siffla le serpentard tandis que ses mains quittaient les hanches d'Harry pour caresser ses fesses rondes.

- Vas te faire, Drago ! Arrêtes de te retenir !

Drago ricana et resserra sa prise sur les fesses de son amant, ses pouces effleurant ses testicules, écartant le passage pour pouvoir le baiser encore plus passionnément à une vitesse telle que Dean se dit que ça devait être douloureux pour le gryffondor. Mais l'air abattu d'Harry n'avait rien à voir avec de la douleur et plutôt tout à voir avec l'incroyable plaisir qu'il n'arrivait pas à assimiler.

Dean ne savait pas depuis combien de temps il était là à les regarder, mais il ne bougea pas avant qu'Harry gémisse d'envie tout en agitant ses hanches d'une façon telle que Drago jura et tira la tignasse rebelle. Harry rit de ce geste, bien que sa voix était rauque, et Dean se retrouva à fixer des yeux verts dilatés qui le regardaient en retour. Le sorcier noir recula d'un pas sous le choc. Harry n'avait rien dit, mais un petit sourire à moitié satisfait ornait ses lèvres gonflées tandis qu'il continuait à regarder Dean.

Quand Dean courut vers la Tour de Gryffondor pour rentrer, il était chamboulé de savoir qu'il avait été excité par deux mecs baisant sauvagement et par le fait qu'Harry avait su qu'il se tenait là, derrière cette porte, à les regarder. Et il était certain que si Harry avait su, alors Drago aussi.

… … …

Lors du repas du lendemain, Harry était prêt à lancer une patrouille pour rechercher Tom. Son frère n'avait pas participé à l'entraînement du matin, ni n'avait participé à la leçon d'histoire Ukatae en début d'après-midi. Et personne ne l'avait vu depuis qu'ils étaient revenus du procès.

Hermione mordillait la lèvre inférieure, essayant de décider s'ils devaient partir à la recherche de Tom ou non. Elle était très inquiète pour lui depuis que ses frères et Severus lui avaient dit ce que Dumbledore lui avait fait. Mais elle connaissait aussi son grand-frère : il avait besoin d'être seul un moment. D'un autre côté, il était parti depuis suffisamment longtemps pour qu'elle ne puisse s'empêcher de paniquer.

- Tu as peut-être raison, Harry, murmura-t-elle enfin.

Drago leva les yeux au ciel.

- Il y a une chose très importante que vous manquez, tous les deux.

- Et ?

- Avez-vous vu Luna de toute la journée, ou encore la nuit dernière ?

Harry se tourna de façon à examiner l'entièreté de la grande salle et remarqua l'absence de la déesse Serdaigle.

- Euh… Maintenant que tu le mentionnes…

- Luna est avec Tom dans ce cas, devina Hermione en se sentant un peu mieux. Au moins il n'est pas seul.

Drago acquiesça avant de clouer Harry d'un regard sévère.

- Mange, mon amour. On retourne bientôt dans cette classe et tu vas avoir besoin de force.

Il eut un sourire en coin quand Harry s'étouffa avec son jus de citrouille.

Harry lui fit une grimace avant de regarder en bout de table vers là où Dean était assis, plantant sa fourchette dans son assiette tout en les ignorant soigneusement. Harry se demanda si lui et Drago avaient effrayé le sorcier après leur petit spectacle de la nuit passée. Quand la porte s'était ouverte, il avait su que Dean se tenait dans le couloir, et Harry avait deviné qu'Ozemir faisait des siennes encore une fois en retirant les sorts mis en place sur la porte et en l'entrebâillant. Mais Harry ne se serait pas arrêté, même si le monde entier jouait les voyeurs. Regardant Drago de nouveau, qui était en train de réprimander quelques premières années sur leurs manières à table, le gryffondor soupira. Il était presque terrifiant de voir que Drago pouvait lui provoquer des réactions aussi profondes, l'entortiller autour de son petit-doigt et avoir le contrôle total sur lui. Et ça convenait totalement à Harry.

- Quelle salle de classe ? demanda Hermione.

Harry parla sans réfléchir.

- Celle dans laquelle on a attrapé Ron et Lavande en train de- Aouch ! Qu'est-ce qui te prend, Drago ?!

Le Serpentard leva les yeux au ciel et se tourna vers les portes quand celles-ci s'ouvrirent, content d'avoir une distraction lui permettant d'échapper au regard désapprobateur d'Hermione.

- C'est Tom, dit-il avant de cligner des yeux. C'est bien Tom, hein ?

C'était Tom. Sauf que … Il était pratiquement en train de se pavaner et ses yeux étaient brillants. Et pour ceux qui le connaissaient, on pouvait clairement voir de la joie sur son visage. Il ne prit même pas le temps de s'arrêter pour dévisager avec dédain la table, qui rappelons-le était celle des gryffondors, et s'assit directement à côté de Drago et en face d'Hermione.

Ses frères et sa sœur en perdirent leur langue.

- 'Jour, dit-il gaiement, enfin aussi gaiement qu'un Mage Noir pouvait l'être.

- Euh… Harry s'empêchait fortement de tester cette personne pour savoir si c'était bien son frère et pas quelqu'un sous polynectar.

- Soir, tu veux dire, intervint Drago de sa voix traînante. Tu es sous polynectar ?

- Bien sûr que non. Qu'est-ce qui te fait penser ça ?

- Merlin ! Je sais ce que c'est ! dit Harry après s'être rendu compte à quel point son frère était détendu. Tu es enfin passé à l'acte !

- Hirsha merci ! Je croyais que ça n'arriverait jamais. Drago rit quand Tom rougit et se concentra sur la table.

- Tu dis ça pour te moquer ? demanda Hermione à Drago avant d'adresser un sourire malicieux à Tom.

Harry sourit gentiment.

- Mais tu vas bien ?

Tom hocha la tête.

- Ce qu'il m'a fait était il y a longtemps, et grâce à vous trois, je ne suis plus la même personne qu'avant. Je suis qui je veux enfin être. Dumbledore n'a rien à voir dans cette partie de ma vie.

Ses frères et sœur soufflèrent de soulagement. Ils avaient craint que ça prenne plus de temps à Tom pour s'en apercevoir. Dieux merci Luna.

- Donc, où sont Neville et Dudley ? demanda Tom en se rendant compte de l'absence des deux.

- Professeur Chourave a demandé à Neville de l'aider à la serre, répondit Hermione.

- Et Dudley est avec Ozemir, compléta Harry en gloussant. Je ne veux même pas savoir ce qu'il lui enseigne.

Drago fit la tête.

- Je n'arrive pas à croire qu'il ait ouvert la porte de cette façon, hier soir.

- Tu ne t'en plaignais pas.

Le blond sourit malicieusement.

- Je ne me plaindrais jamais d'être plongé en toi jusqu'aux burnes, mon amour.

- OKAYYYYY ! cria Hermione tout en se couvrant les oreilles. C'est une information que nous n'avons pas besoin de connaître. Seigneur Dieu !

Elle se redressa et laissa retomber ses mains, attirant l'attention des derniers Gryffondors et des professeurs.

- Je me serais bien passée de cette image pour le restant de ma vie ! Merci, Drago ! Merci énormément !

Ses frères rirent de son attitude et la regardèrent quitter la salle.

- N'empêche, elle a raison, ricana Tom quand la porte claqua derrière leur sœur. J'aurais aussi pu me passer de cette information.

Severus se rassit dans le fond de son siège après le départ de sa douce, et regarda les trois frères qui continuaient à ricaner comme des imbéciles de ce qui avait perturbé leur sœur. Il prêta une attention particulière à Tom.

- Il a l'air d'aller mieux, maintenant.

Lucius hocha la tête.

- Je dirais même qu'il a l'air d'aller mieux que jamais auparavant.

- Et qu'est-il arrivé à monsieur Bailey pour que vous deux vous inquiétiez à son propos ? demanda Minerva, ayant compris de qui ils parlaient.

Les deux sorciers se figèrent et jurèrent simultanément pour avoir oublié la présence de McGonagall à leurs côtés, dont l'ouïe était fine. Lucius se leva précipitamment.

- Je dois retourner en classe, murmura-t-il avant de sortir avec précipitation, laissant un Severus fâché de s'être fait lâchement abandonner.

- Severus ? Insista-t-elle.

- Laisses-moi te demander une chose, Minerva. Qu'as-tu pensé après avoir vu Dumbledore détruire l'esprit du petit Tom Jédusor ? Que pensais-tu de Tom Jédusor ?

Les mains de Minerva se crispèrent sur le bord de table.

- Il n'a jamais eu de chance, pauvre garçon. Après ça, je n'ai pu ressentir rien d'autre que de la pitié pour Jédusor. Même après tout ce qu'il a commis…

Severus hocha la tête et se leva.

- Si tu veux bien me suivre. Il guida Minerva jusqu'à la table des Gryffondors. Monsieur Bailey. Nous aimerions vous voir dans mon bureau.

- Mais, oncle Sev, geignit Harry. On vient juste de le retrouver… Il se tut en voyant Severus plisser les yeux à ses propos.

- Pardon ? demanda Severus froidement.

Tom rit en se levant.

- Je te vois plus tard, Harry. Il se pencha par-dessus la table pour ébouriffer les cheveux du brun. Ne te fais pas de soucis.

Harry acquiesça vers son frère avant de sourire d'un air penaud à Severus.

- Désolé, professeur, euh… Directeur.

- Merlin, on dirait presque un adolescent normal, dit Drago à propos de Tom quand les professeurs étaient partis.

… … …

- C'est à quel propos, Directeur ? demanda Tom quand ils furent tous les trois dans le bureau directorial.

- Un instant, M. Bailey, lui répondit Severus avant de se tourner vers Minerva. Tu dirais que ce garçon est quel genre d'élève, Minerva ?

La directrice adjointe parut confuse pendant un instant, se demandant ce que ça avait à voir avec le reste, mais elle se tourna tout de même vers Tom et l'étudia attentivement, prenant la question au sérieux.

- C'est un élève que chaque professeur rêverait d'avoir. Studieux, sérieux en classe, respectueux, très intelligent et accompli.

Severus acquiesça et s'empêcha de ricaner quand il vit Tom rougir.

- Et quel genre de personne penses-tu qu'il est ? Après l'avoir vu avec ses pairs et sa famille.

- Attentionné, répondit immédiatement Minerva, obtenant un haussement de sourcil de la part du jeune elfe. Vous être très attentionné envers vos frères et votre sœur. Tout le monde peut le voir. Vous restez un peu à l'écart du reste des étudiants, excepté Londubat, Zabini, Parkinson et Ginny Weasley. Oh, et n'oublions pas Luna Lovegood, dit-elle, les yeux pétillants.

Tom s'éclaircit la gorge et fixa le sol. A quoi jouait Severus ?!

- Retires ton glamour, lui dit Severus.

- Directeur, répondit Tom. Nous devrions peut-être en discuter avant.

- Retires ton glamour s'il te plaît.

Tom secoua sa tête. Minerva s'avança entre eux.

- Tout va bien. Tu m'as déjà dit que M. Bailey est un Ukatae. Pas besoin de rendre ce garçon mal à l'aise, Severus. Il n'a pas besoin de me le montrer.

- Aller, Tom, insista Severus. A moins que tu aies peur.

- A quoi tu joues ? rétorqua Tom. Nous n'en avons jamais parlé ! On doit en parler d'abord !

Severus secoua sa tête.

- Je pense qu'il est temps que tu te montres enfin au monde et je crois que Minerva peut nous aider dans ce sens.

Tom grommela en faisant tomber son glamour.

- Si tu avais encore la Marque Severus, tu la sentirais à un point !

… … …

Dès que la porte se referma derrière Tom, Minerva fit face à Severus, son visage pâle et pincé.

- Je n'arrive pas à croire… Est-ce… AS-TU PERDU L'ESPRIT, SEVERUS SNAPE ?!

- Tu l'as dit toi-même, Minerva, ricana le Directeur. C'est un élève prisé et une personne attentionnée. Je peux te l'assurer, ce que tu as vu de son caractère n'est pas une blague. Je te suggère de le regarder attentivement pendant un moment, et si tu choisis de nous aider, alors viens me voir et nous en parlerons.

Minerva le regarda, bouche bée, et attendit que les alentours arrêtent de tourner aussi vite.

- Pourquoi m'as-tu montré tout ça ? Pourquoi m'as-tu permis de connaître la vérité ? réussit-elle à demander.

- J'estime que tu ne mérites plus qu'on te mente et te déçoive.

Minerva sentit ses yeux s'humidifier, et ne put qu'hocher la tête.

- Si ça peut te faire te sentir mieux, continua-t-il en la guidant vers la porte, vu que les cours allaient reprendre. Shacklebolt est conscient de sa présence ici.

Minerva le regarda avec surprise.

- Il l'est ?

Severus acquiesça et elle lâcha un soupir tremblotant.

- Oui, je crois que ça me fait me sentir un peu mieux… Je vais l'observer attentivement, Severus, et je te remercie pour ton honnêteté.

… … …

Le soir suivant apporta avec lui la pluie, un froid automnal précoce et trois Ukataes, dont deux qui s'attendaient à se faire réprimander dès qu'on les repèrerait.

- Mes oreilles vont saigner quand Ozemir en aura fini avec moi, grommela Brumek en apparaissant dans leurs quartiers Ukataes.

Falde étouffa un bâillement.

- Et tu seras heureux d'entendre chaque mot, dit-il avant de se tourner vers le troisième. Zynfrae, tu peux prendre mon lit.

- Merci, Falde. Mais je souhaiterais voir les jeunes elfes et mon ancienne élève. Je ne peux pas m'attarder, comme je te l'ai dit quand tu m'as demandé de venir. Ma présence ici est un danger pour vous tous.

Brumek défit sa cape de voyage et la jeta sur une chaise proche.

- Ils n'étaient pas dans la forêt. Ils sont probablement en bas, dans la Chambre.

- Sans doute à nous attendre. Ozemir n'aura pas manqué notre arrivée. Je suis étonné qu'il ne soit pas venu nous accueillir.

- L'entraînement est important pour lui, dit Brumek avec fierté.

- Il a développé une certaine maîtrise, alors.

Zynfrae n'avait pas l'air convaincu. Les deux guerriers échangèrent un regard.

- Pas vraiment.

Une fois dans la Chambre, Brumek fut déçu de voir qu'Ozemir n'était pas présent, et comme son compagnon lui manquait, il devint rapidement agacé. Talyn était là avec les Saen et les jeunes elfes. Mais pas d'érudit en vue, et Tom était aussi absent.

- Où est-il, siffla-t-il de là où ils s'étaient cachés parmi les ombres.

Les jeunes étaient en train de s'exercer à l'épée, chacun de pair avec un Saen. L'attention de Falde se divisa en trois, entre l'entraînement d'Harry, de Drago et d'Hermione. Malgré sa désapprobation passée pour maîtriser de telles armes, Drago avait rapidement appris comment manier l'épée proprement et exécutait même les mouvements avec aisance et il était d'une précision mortelle. Ce qui forçait son partenaire à rester en position défensive la plupart du temps. Falde se demanda à quoi Drago pensait quand il combattait. Les yeux du blond affichaient une cruauté glaciale et ses lèvres étaient tordues en une grimace vicieuse.

Et, à côté, il y avait Harry, qui se battait avec l'excitation d'un gamin, prenant des positions offensives et défensives à tour de rôle. Malgré son niveau d'excitation, les talents d'Harry avec une lame ne pouvaient pas être qualifiés d'enfantins. Il avait déjà maîtrisé ce que les guerriers lui avaient enseigné, et semblait s'approprier les mouvements plus difficiles que l'assassin était en train de lui apprendre. Le partenaire de combat d'Harry semblait troublé pendant qu'il tentait de parer la pluie de coups brutaux avec sa lame, et c'est après avoir remarqué où se dirigeait l'attention de Drago que Falde comprit pourquoi le Sean avait l'air perturbé. Apparemment, les Sean avaient été silencieusement averti d'y aller doucement avec Harry.

Regarder leur sœur pendant une minute fut enrichissant. Il n'avait pas pensé qu'elle puisse manier l'épée aussi bien. En fait, Talyn et lui s'étaient imaginé qu'elle préférerait un arc et des flèches ou la lance. Mais il semblait que la jeune elfe avait bien appris et avait refusé d'être à la traîne derrière ses frères. Hermione, durant ces trois semaines ou Brumek et lui étaient partis, avait réussi à développer son propre style de combat. Elle semblait danser, avec sa lame fine et incurvée. Elle virevoltait autour de Vendyl, esquivait habilement sa lame, et glissait son épée dans la garde de l'autre sans que le chef de la garde n'arrive à deviner où serait son prochain coup. Vendyl semblait à la fois impressionné et frustré.

En regardant les jeunes elfes combattre, Falde sentit un sentiment de fierté grandir en lui. Ils avaient beau être jeunes, ils prenaient tout cela très sérieusement.

- Ils ont énormément progressé.

- C'est une bonne chose, si on considère ce qu'on a appris.

Falde se déplaça légèrement pour pouvoir regarder tout le monde d'un coup, remarquant soudainement que Neville et Dudley se trouvaient contre un mur, à regarder leurs camarades avec intérêt. Et il aperçut Talyn de l'autre côté de la chambre, qui parlait avec Kaego alors qu'ils observaient les combats.

- On dirait qu'on a gagné deux autres jeunes elfes et un guérisseur.

- Bon sang, Hoihm ! Cesses de retenir tes coups ! cria soudainement Harry avant de s'éloigner de son partenaire. Je n'apprendrais jamais rien de cette façon !

Il s'avança encore et glissa la pointe de son épée sous le menton du Saen.

- Retiens encore un de tes coups et je te tue, siffla-t-il, furieux.

Le Saen se pencha sous la colère dans la voix d'Harry.

- Votre majesté, je vous assure que…

- La ferme ! Harry pivota pour faire face à son compagnon. Arrêtes d'adresser des regards mortels à mes partenaires !

Ce fut à cet instant que la présence de Falde et Brumek fut remarquée. Harry plissa ses yeux en direction des deux guerriers.

- Où est-ce que vous étiez tous les deux, bordel ?

Les combats cessèrent et tout le monde se tourna pour voir après qui Harry criait. Un soulagement instantané traversa le visage de Drago, d'Hermione et de Talyn.

- Des affaires à traiter ! aboya Brumek en retour, trop fatigué et pas du tout d'humeur à accepter les humeurs des autres, nouvelle lignée ou non. Vos affaires, pour être précis !

Les lèvres d'Harry tremblotèrent sous la dureté du ton du jeune guerrier.

- On était malade d'inquiétude.

- Et dans le cas d'Harry, compléta Hermione, c'est au sens littéral.

Le fait que le langage corporel du jeune gryffondor montrait de la sincérité fit regretter à Brumek d'avoir été aussi cassant. Avant qu'il ne puisse faire la moindre excuse, un passage à l'autre bout de la chambre s'ouvrit pour révéler Luna, Tom et Ozemir. La mauvaise mine de Brumek s'estompa instantanément, remplacée par le soulagement d'apercevoir son compagnon.

- Vraiment, disait Ozemir en quittant le passage, ce sorcier Salazar était un génie avec les passages secrets !

Tom secouait sa tête d'émerveillement.

- Tu as réussi à en trouver 3 que je ne connaissais pas. Je n'arrive pas à y croire.

Ozemir leva son menton.

- Oui, et bien… Rien ne peut m'échapper.

Luna pencha sa tête en avant pour rire derrière ses mains. L'érudit lui adressa un regard interrogateur. Elle inspira un bon coup avant de se lancer.

- Ce n'est pas vrai.

- Hum ?

- Désolée, Ozemir, lui dit-elle en lui offrant un sourire radieux. Mais je voulais que tu aies la surprise, alors j'ai fait en sorte que tu ne sentes pas leur retour.

Il n'y avait pas besoin de préciser de qui elle parlait. Non seulement, le mot retour lui avait fait penser à son compagnon, mais il sentit l'odeur de celui-ci une seconde avant qu'un cri ne retentisse dans toute la chambre.

- ERUDIT !

Ozemir pivota, aperçut Brumek, et se mit aussitôt à bouger. Il traversa la chambre en de grandes enjambées et se jeta sur son compagnon quand il ne resta que quelques pas, se fichant que cet étalage public d'affection déplaise à ce dernier. Mais Brumek n'avait pas l'air de s'en préoccuper. Son agacement s'était évanoui quand Ozemir lui avait adressé un sourire de soulagement rayonnant. Le guerrier explosa de rire quand il se fit tacler au sol par son compagnon et il serra son corps de ses bras alors qu'ils partaient à la renverse.

Ozemir finit par étudier Brumek sous toutes les coutures, à la recherche d'une quelconque blessure apparente, sous les rires du guerrier. Brumek chassa les mains d'Ozemir et attira son visage vers le sien, pour lui donner un baiser ravageur qu'il désirait depuis longtemps. Son compagnon s'agrippa fermement à la tunique du guerrier, comme si le fait de laisser le moindre espace le ferait disparaître à nouveau. Un instant plus tard, Brumek enroula la queue de cheval blanche autour de sa main et tira doucement dessus, forçant Ozemir à le regarder. Il se mit à chuchoter des choses que personne n'entendit, mais son visage était tendre et plein d'adoration, et le bras qu'il avait posé autour de la taille de l'autre elfe était clairement possessifs. Kaego secoua la tête comme s'il voulait s'éclaircir les idées, et quand ça ne sembla pas fonctionner, il se frotta furieusement les yeux. Se concentrant sur les deux individus une deuxième fois, il repéra le sourire toujours présent sur les lèvres de Brumek et se laissa tomber contre le mur, sous le choc.

- Ce n'est… Ce n'est pas Brumek. Je refuse d'y croire.

- C'est lui, Kaego. Je te le promets, gloussa Talyn.

- Mais il sourit ! Et il riait !

- Je te l'ai dit.

Harry cligna rapidement des yeux en regardant les deux âmes sœurs, et tenta de contenir ses émotions. Mais ça ne marcha pas. Ils semblaient tous les deux tellement heureux et soulagés de se retrouver et il pouvait ressentir leur joie, et… Ça le fit pleurer. Il tourna le dos à tout le monde quand les larmes coulèrent le long de ses joues en silence.

Une main glissa de ses épaules jusqu'à son dos, en une caresse apaisante.

- Amour ?

Harry fit face à Drago et plongea sa tête dans son torse musclé, tentant de ne pas faire entendre le son de ses pleurs.

- Ils ont l'air tellement heureux. Je ne peux pas m'en empêcher. Je ne sais pas pourquoi… Mais les voir comme ça me rend heureux, et je ne comprends pas pourquoi je pleure ! J'ai l'impression d'être une vraie gonzesse !

Drago trouva cela drôle mais choisit de ne pas le dire. A la place, il guida Harry vers Falde, qui se tenait désormais face à Dudley et Neville, les étudiant avec intensité et les faisant flipper.

Falde et Drago échangèrent un regard.

- Des explications sont nécessaires, dirent-ils en même temps.

Neville ricana sans pouvoir s'en empêcher et se couvrit rapidement la bouche pour les garder sous contrôle. L'irritation précédente d'Harry s'atténua et il rit à son tour.

- Nous avons eu quelques soucis quand vous êtes partis.

- Quel genre de soucis ?

- Dumbledore.

Falde crispa ses poings.

- Je savais que vous laisser seuls était une mauvaise idée.

- Non, tu te fais de fausses idées. Nous n'avons pas été ciblés. Mais nos amis et nos familles, si, expliqua Harry.

- Arrêtons l'entraînement plus tôt, ordonna Drago. Posons-nous dans un endroit plus confortable pour échanger les nouvelles. Harry, as-tu faim ?

- Je suis affamé.

- Avant ça, vous devriez rencontrer Zynfrae, dit-il en désignant l'érudit assez ancien qui progressait vers le couple fraîchement réuni. Il est venu pour déverrouiller vos esprits. Votre entraînement magique ne peut continuer sans que vous n'ayez accès au Savoir.

Harry se tortilla dans les bras de Drago pour pouvoir étudier le vieil érudit à sa guise. L'âge de Zynfrae était dur à dire. Son visage n'avait pas de rides, mais l'étrange transparence de sa peau semblait indiquer qu'il était ancien. Il ne ressemblait pas à une vieille personne, mais n'avait pas non plus la jeunesse qui caractérisait les autres Ukataes. Harry plissa ses yeux. Les Ukataes semblaient évoluer, d'une certaine façon, mais ils restaient tout de même immortels, et ils ne semblaient pas s'affaiblir les années passant. Alors pourquoi cet ancien érudit était courbé et utilisait une canne comme le ferait un invalide, alors qu'il avançait vers Ozemir et Brumek ? Pour une quelconque raison, Harry se dit que c'était une tactique pour faire croire à ses ennemis qu'il était plus faible qu'il ne l'était en réalité.

Zynfrae se pencha sur les deux et regarda Ozemir se faire écraser dans l'étreinte de son compagnon. Tous les deux avaient les yeux fermés et semblaient s'être endormi. Pas surprenant : ils n'avaient pas dû dormir correctement depuis le départ des guerriers, et n'étaient ensemble que depuis peu de temps avant que Brumek ne parte. Une douceur pétilla dans les yeux de l'ancien elfe pendant un instant, avant de retrouver leur dureté et qu'il ne lève son bâton pour frapper rapidement Ozemir derrière la tête. Harry grimaça. Ce n'était pas une gentille tape, et le gémissement bruyant d'Ozemir le confirma. Ce dernier bougea sous la douleur et tomba à côté d'un Brumek surpris. Zynfrae regarda de haut son ancien élève.

- Tes talents d'observation semblent avoir disparus, jeune elfe. Peut-être devrais-je reprendre ton enseignement encore une fois.

L'érudit observa Zynfrae avec un air irrité tout en frottant la bosse qui se formait à l'arrière de son crâne.

- Mais Zynfrae, se plaignit-il. J'étais juste en train de… Zynfrae !

Il sauta sur ses pieds et écrasa l'ancien contre lui.

- Tu es là ! Tu m'as manqué ! Tu es magnifique !

Zynfrae gloussa et lui rendit son étreinte.

- Merci. Toi aussi, tu m'as manqué, petit.

- J'ai eu peur qu'il te soit arrivé quelque chose.

- Et moi, je craignais que tu ne te débarrasses jamais de tes manières de sauvage. Apparemment, mes craintes étaient justifiées.

- Je ne suis pas sauvage, dit Ozemir en faisant la moue.

- Indiscipliné dans ce cas.

Brumek se redressa et ouvrit la bouche, prêt à confirmer ce que l'ancien venait de dire, mais Ozemir sourit bêtement et donna un coup de coude dans le ventre du guerrier, le faisant taire efficacement.

- Maintenant, continua Zynfrae avant de pivoter pour regarder la Chambre dans sa totalité. J'aimerais rencontrer les jeunes elfes.

Ozemir avança jusqu'au milieu de la pièce avec son vieux mentor et rassembla les plus jeunes pour qu'ils puissent le rencontrer tous ensemble. Zynfrae marcha lentement autour des six jeunes gens.

- Vous êtes tous très dangereux, commença-t-il. Détenir un tel pouvoir sans le Savoir qui va avec, et sans la maitrise nécessaire… Eh bien, nous pourrions tout aussi bien enterrer le royaume.

- Hey, murmura Harry, insulté. On est encore en train d'apprendre.

- Je sais comment me contrôler, dit Tom d'une voix traînante.

Sa réflexion lui attira le regard glacial du vieil érudit. Regard qui le fit se sentir comme un enfant ingrat.

- Je ne sais pas grand-chose, marmonna Neville. Ou du moins pas à propos des pouvoirs Ukataes.

Dudley hocha la tête pour confirmer ses dires.

- Tu sauras bientôt, petit. Et même si tu ne sais rien de notre pouvoir, tu le possèdes quand même. Et comme aucun de vous n'a été éduqué à ce sujet, ce pouvoir et très, très dangereux.

Brumek montra ses dents, irrité.

- C'est pour ça que tu es ici, non ? Pour les aider à retrouver le Savoir. Alors vas-y !

Zynfrae se tourna vers le guerrier avec un regard exaspéré.

- Horriblement assortis, vous êtes, Ozemir et toi. Vous ne donnerez aux autres que des migraines.

Ozemir rit de bon cœur et bondit pour se saisir du bras de Brumek, qui s'était levé en vue d'étrangler l'ancien elfe.

Zynfrae leur tourna le dos et ordonna aux six jeunes de s'asseoir sur une ligne face à lui. Hermione s'assit immédiatement, sautillant subtilement tellement elle était excitée, avide d'avoir plus de connaissances et tira sur la manche de Tom pour l'entraîner avec elle. Il faisait toujours la tête pour s'être fait sentir comme un enfant en seulement un regard. Harry et Drago s'assirent à leur tour, curieux de savoir ce qui allait se passer, tandis que Neville et Dudley ne savaient pas quoi penser de tout ça. Ils espéraient que, peu importait ce qui allait se passer, ils continueraient de survivre.

- Ecoutez attentivement ce que je m'apprête à dire, car mes prochaines paroles seront les plus importantes que vous entendrez.

Les jeunes elfes se penchèrent en avant, leur intérêt piqué.

- Les capacités au combat sont très bien et intéressantes, mais la vie est un livre de connaissances. Vous pourrez corriger plus d'erreurs avec le savoir qu'avec la pointe d'une épée.

Brumek ouvrit la bouche pour parler à nouveau, sans doute pour réfuter les propos de l'érudit, mais Ozemir avait deux mouvements d'avance et plaqua sa main sur sa bouche pour le faire taire. Le regard sévère de son compagnon ne lui fit rien.

Zynfrae abaissa le sommet de son bâton et le pressa contre le front de Drago sans avertissement. Le blond ne tiqua pas, même s'il faillit loucher en fixant l'objet avec suspicion. Quelques secondes plus tard, le bâton se mit à briller d'un bleu clair. Du bleu plus foncé pulsait à la base et traversa toute la longueur avant de s'accumuler au sommet, puis de percuter le front du blond. Drago cria vivement en fermant les yeux, avant de tomber en arrière, inconscient.

- Drago ! s'exclama Harry en se penchant sur son compagnon, inquiet.

Ozemir le remit rapidement en position, pressant gentiment son épaule en signe de soutien.

- Ça doit être fait. Je te promets, Harry. Il n'est pas blessé.

Harry observa le visage de son compagnon, vit qu'il était encore plein de vie et que sa respiration était inchangée, et acquiesça. Il regarda Ozemir avec des yeux vert brillant.

- Je te crois, Ozemir.

L'érudit lui offrit un sourire aveuglant et décoiffa les cheveux d'Harry avant de reculer. Zynfrae hocha la tête.

- Bien. Ne bouge pas.

- Un instant, Erudit ! s'empressa d'intervenir Kaego en se mettant devant le bâton. Il porte un enfant.

- Je peux le voir. Ça n'affectera ni lui, ni l'enfant.

A son tour, Harry tomba inconscient en quelques secondes. L'ancien s'occupa de toute la ligne rapidement jusqu'à ce que tous les jeunes elfes reposent sur leur dos. Kaego les observa, contrôlant leur aura pour s'assurer qu'ils allaient bien.

- Combien de temps vont-ils rester inconscient ?

- Une heure, au plus.

- Déplaçons-les quelque part de plus confortable, ordonna Kaego à leurs gardiens. Et qu'ils aient un repas de prêt pour leur réveil.

Pendant l'exécution des ordres, Brumek entraina Ozemir vers leurs quartiers. Il claqua la porte derrière lui avant de se laisser tomber sur le lit, soulagé.

- Ozemir…

- Je t'ai manqué ? demanda l'érudit alors que le guerrier le tirait contre sa poitrine.

- Non pas du tout. J'ai savouré cette paix et cette quiétude.

- Monstre !

Ozemir s'assit en faisant la tête. Brumek ricana et passa un doigt sur ces lèvres boudeuses.

- Ne poses pas de questions bêtes, dans ce cas.

Il retira son doigt juste à temps pour ne pas se faire mordre. Ozemir grogna et rampa hors du lit avant que Brumek ne puisse l'en empêcher.

- Très bien, alors. Je vais poser des questions plus intelligentes, dit-il en plaçant ses mains sur ses hanches, les yeux s'assombrissant de fureur. Où étiez-vous tout ce foutu temps ? Trois semaines ! Trois semaines et pas un mot ! Une semaine pouvait passer. Une semaine est ce qui avait été promis ! Mais trois ! J'ai dû subir ce tiraillement douloureux sans pouvoir rien y faire… Et as-tu la moindre idée des ennuis que les jeunes se sont attirés ? Il s'est passé tellement de choses, Brumek ! Tu ne croirais pas…

Il continua à s'indigner en agitant ses bras pour illustrer ses propos, inconscient du lent sourire affamé naissant sur le visage de son compagnon alors qu'il protestait encore et encore.

- Et mes ailes ! J'ai enfin mes ailes, Brumek. Mais j'ai dû les garder cachées jusqu'à ce que je puisse te les montrer. Et tout ce à quoi je pouvais penser était à quel point je voulais te les montrer. Mais est-ce que je pouvais ? Non ! Pourquoi ? Parce que tu es une brute inconsidérée qui ne prévient pas, et part plus longtemps que promis…

Ozemir continua sur sa lancée tandis que Brumek quittait le lit et avançait droit vers lui.

- Pourquoi tu me regardes de cette façon.

- Ta chaleur m'avait manqué, érudit. Ainsi que ta bouche terriblement agaçante. Je veux les deux tout de suite, dit Brumek en plongeant vers lui.

Ozemir s'esquiva au dernier moment.

- M-mais, mes ailes !

- Oui. Tu vas me les montrer en même temps !

Brumek le tacla au sol et rit quand l'érudit cria d'indignation.

- Brumek ! siffla l'elfe alors qu'un bras musclé encerclait sa taille et que la main du guerrier soulevait sa tunique. N'oses même pas ruiner mes vêtements !

- Alors enlèves-les vite.

- Non ! Ce n'est pas le moment de s'engager dans de telles activités ! On doit se rendre auprès des plus jeunes.

- On a le temps, déclara Brumek brusquement, plus du tout d'humeur à parler.

- Oublies-ça ! lutta Ozemir en montrant ses crocs. Tu ne mérites pas de gratification immédiate !

Brumek s'empêcha de répondre brusquement, s'apercevant de la rigidité du corps de son compagnon. Il comprit qu'Ozemir avait été sérieusement affecté et plus agacé par la longueur de son absence qu'il ne le montrait de premier abord. Il s'approcha lentement de son compagnon furieux.

- Ozemir, dit-il à voix basse en passant ses mains le long des bras de celui-ci avant de l'attirer contre son torse. Tu m'as vraiment manqué. Au-delà du raisonnable.

Ozemir tourna la tête sur le côté, même s'il continua à regarder Brumek du coin de l'œil.

- C'est vrai ? Sincèrement ?

- Oui.

- Pourquoi aucun mot alors ?

- Il y a eu… Des complications. Falde savait que vous prévenir n'aurait pas apaisé les esprits. Et honnêtement, nous avons passé la plupart du temps à chercher Zynfrae. Il est difficile à trouver quand il le décide.

- Demai'Tah devait sans doute être après lui. Vous ne l'avez trouvé que parce qu'il le voulait, dit Ozemir certain de lui.

- C'est ce qu'il a dit.

Brumek plissa ses yeux, irrité.

- Entre autres. J'ai enfin rencontré le second être le plus énervant du monde. Tu es le premier.

Ozemir rit sincèrement.

- C'est la chose la plus gentille que tu ne m'aies jamais dite.

Le guerrier ferma les yeux en sentant le rire de son compagnon contre lui. Il baissa sa tête pour fourrer son nez dans son cou, inhalant l'odeur tant manquée.

- Montre-moi tes ailes maintenant, chuchota-t-il après avoir laissé une trainée de baisers le long de la colonne de chair pâle de son amant.

- Ne t'excites pas trop, Brumek. Je pense ce que j'ai dit, répondit Ozemir en se reculant pour retirer sa tunique.

- Je ne te prends pas au sérieux, dit-il en suivant de ses yeux les moindres gestes de l'érudit, la faim qu'il avait de son compagnon exsudant de tous ses pores. Ça fait trois semaines.

- Oui, et une seule heure ne fera pas l'affaire. Pour moi, c'est trop court, dit Ozemir avec un sourire séducteur.

- Continues comme ça et tu vas finir attaché au lit !

Ozemir garda sagement ses autres commentaires pour lui pour l'instant et murmura quelques mots pour faire disparaitre le sort qui maintenait ses ailes invisibles. Le sort glissa comme de la soie, et les ailes blanches avec des dessins d'un violet métallique s'étirèrent dans les airs, battant doucement. L'érudit avait un air mutin en voyant son compagnon regarder ses ailes, comme hypnotisé.

- Ne sont-elles pas belles ? demanda-t-il tandis que ses ailes entouraient ses épaules comme un châle.

Il regarda ses plumes, les caressant avec fierté.

- Bien sûr, répondit immédiatement Brumek. Elles font partie de toi.

Les mains d'Ozemir tombèrent mollement le long de ses flancs et il regarda son compagnon sans cligner des yeux. Brumek crut qu'il avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas. Mais il ne savait pas s'il avait dit quelque chose d'insultant, et être assailli par les phéromones d'Ozemir le rendait encore plus confus. Et voir Ozemir rester là sans faire un geste ni dire un mot suffit à agiter le guerrier.

- Qu'est-ce qui ne vas pas avec toi ? finit-il par dire d'un ton cassant.

Un lent sourire apparut sur le visage de l'érudit, ses crocs brillant dans la faible lumière ambiante et il se mit à grogner tellement doucement que ça sortit comme un léger ronronnement. Brumek se dandina sous le regard animal qu'il avait, et il se demanda un instant s'il devait monter un plan pour s'échapper. Mais alors qu'il y pensait, Ozemir le chargea et le tacla sur le lit, fusionnant leurs bouches et arrachant les vêtements de Brumek. Seulement quelqu'un d'incroyablement stupide aurait tenté de se débattre alors qu'il n'y avait aucune raison pour, et Brumek avait assez répété qu'il n'était pas un idiot.

Les deux elfes ne revinrent pas vers les jeunes avant que l'heure ne soit écoulée.

… … …

Avoir un millier de cognards s'entrechoquant dans sa tête n'était pas une expérience plaisante, découvrit Drago en se réveillant. Ces cognards ne laissaient de répit à aucune partie de son crâne et il avait l'impression que son cerveau avait triplé de volume. Quand il réussit à éloigner un peu de cette douleur, assez pour pouvoir s'asseoir sans être malade, il eut l'impression que sa tête allait tomber de ses épaules tellement elle était lourde.

- Là, laisses-moi voir.

Les mots dits à voix basse de Kaego transpercèrent la douleur et Drago sentit des mains fermes et fraîches contre ses temps.

- Ouvres tes yeux, jeune elfe. La lumière est atténuée. Ça ne devrait pas te faire plus mal.

- Pas plus ? croassa Drago en gardant les yeux clos. Je n'ouvrirais pas les yeux tant que la douleur est présente. Je n'en veux pas plus.

- Je promets de t'en soulager aussi rapidement que possible. Mais je veux que tu ouvres tes yeux d'abord. Faisons ça rapidement pour que je puisse m'occuper de ton compagnon. Il commence déjà à s'agiter.

Bien sûr, le fait de mentionner Harry et qu'il devrait traverser la même chose que Drago lui firent ouvrir grand les yeux. A tel point que cela surprit Kaego et qu'il en rit en réalisant que sa magouille avait mieux fonctionné que prévu. Drago gémit sous la vague de douleur que lui procura un simple mouvement de paupières, avant de dévisager méchamment le guérisseur.

- J'attends, gronda-t-il.

- Continues de regarder dans mes yeux. Ne brise pas le contact.

Kaego se pencha vers lui et se mit à masser les temps de Drago. Un moment plus tard, et ayant dit très peu de mots, la douleur commença à disparaitre, bien que quand Kaego s'éloigna après avoir fini, une légère douleur restait en fond.

- Ton esprit doit s'ajuster à cette fenêtre qui vient d'être créée. La gêne aura disparu au matin. Promis, expliqua-t-il quand Drago ouvrit la bouche pour se plaindre.

Harry se réveilla peu de temps après et laissa Kaego travailler sur lui sans protester, mais il dut quand même dire à Drago d'arrêter d'être sur le dos du guérisseur. Quand il partit s'occuper d'Hermione, Harry tira Drago jusqu'à ce qu'il se retrouve allongé à ses côtés et il se cala contre son flanc. Ils regardèrent Kaego atténuer la douleur d'Hermione et de Tom et s'amusèrent de les voir tous les deux énoncer des éléments tirés du Savoir, en dépit des avertissements de Kaego de ne pas le faire aussi tôt après leur réveil.

- C'est fantastique ! s'exclama Tom, une lueur maniaque dans les yeux.

Il était évident qu'il élaborait déjà des plans pour certaines des choses qu'il venait d'apprendre. Tom attrapa la main d'Hermione. Elle avait l'air tout aussi fascinée par le Savoir qui envahissait sa tête, et les deux partirent de la pièce sans presque rien dire.

- On ne va pas les voir pendant des semaines, marmonna Drago.

Dès que Dudley et Neville se réveillèrent et furent libérés de la douleur, Zynfrae sortit de nulle part et les observa attentivement.

- Quand vous êtes-vous rencontré, demanda-t-il, curieux.

- Il y a trois mois environ, répondit Neville en se frottant le front.

Zynfrae hocha la tête.

- Pas très longtemps donc. Ceci explique cela alors.

- Ça explique quoi exactement ? dit Dudley en haussant un sourcil.

- Ça va se manifester par étapes.

Le vieil érudit sourit mystérieusement et quitta la pièce sans plus d'explications. Quand Neville leva les yeux vers Harry pour obtenir des réponses, le brun haussa les épaules. Et bien qu'il n'ait pas l'air de savoir de quoi exactement parlait l'ancien, il avait un grand sourire sur son visage qui effraya Neville.

Harry se pencha tout à coup par-dessus le bord du lit, et Drago craignit pendant un moment qu'il soit encore malade. Mais cette idée disparut vite quand il entendit des sifflements. Harry se redressa et se remit tout contre son blond et siffla à une Lovely enroulée autour de son bras.

Plus d'exploration, Lovely ?

Le Maître a oublié les fondateurs. Lovely a été envoyée pour le rappeler au Maître.

- Merde, dit Harry en se tapant le front.

- Harry ?

- On a oublié les fondateurs, répondit-il à Drago tout en caressant les écailles noires de Lovely. On avait dit qu'on leur rendrait visite quelques jours plus tard…

Drago soupira en chatouillant Lovely sous le menton.

- Et ça fait des semaines.

- Euh… intervint Neville en sortant de son lit pour les approcher. Les fondateurs. Vous ne parlez pas de…

- Oui, des fondateurs de Poudlard, répondit Drago avant de poser ses lèvres contre la tempe d'Harry. Tu te sens apte à le faire maintenant ?

Harry se mit en position assise et acquiesça, enroulant Lovely autour de son cou, où elle disparut.

- On pourrait tout aussi bien se servir du Savoir. Et je ne suis pas du tout fatigué.

- Vous allez d'abord manger. Et n'ai-je pas dit d'attendre demain avant de plonger dans le Savoir ? les interrompit Kaego depuis le coin où il se trouvait silencieusement. Les quatre visages se tournant vers lui indiquèrent qu'ils avaient oublié sa présence.

- Et si on faisait ça juste après, tenta Harry. On devrait régler ça tout de suite. Et j'aurais probablement besoin de nourriture après que nous ayons brisé les sorts.

- Maintenant, jeune elfe, répéta avec force Kaego en passant outre le fait qu'ils ignoraient sa suggestion concernant le Savoir. Et si vous en avez besoin de plus après, de la nourriture vous attendra. N'essayez même pas de m'ordonner autre chose, Vos Majestés. Je suis ton guérisseur et j'ai le dernier mot concernant ces sujets.

Drago ricana en se reculant, regardant le visage de son compagnon s'assombrir.

- Hermione et Tom sont parti et tu ne les as pas forcés à prendre un repas !

- Talyn est partie les retrouver. Ils sont en train de manger. Ne t'inquiètes pas pour ça. Mangez et vous pourrez y aller.

Après ça, le guérisseur les quitta, sans doute pour faire en sorte qu'on leur apporte leur nourriture.

- Je ne l'aime pas, bougonna Harry, ce qui fit rire Neville.

- Tu changes d'avis si rapidement quand tu n'as pas ce que tu veux.

- On peut venir avec vous quand vous allez briser les sorts ? demanda Dudley en se tenant à côté de Neville.

- Oui, vous pouvez, répondit Harry avant que Drago ne le fasse.

Drago ouvrit la bouche pour protester et Harry fut content que la nourriture se matérialise en face de chacun à ce moment précis, suivit de près par l'entrée de Falde. Le guerrier avait l'air pensif.

- On devrait échanger nos informations maintenant.

- Laisses-nous libérer les fondateurs d'abord, dit Harry en tirant son plateau à lui.

Falde fut surpris de ses propos.

- Vous ne l'avez pas encore fait ? Vous avez donné votre parole à ces morts.

- En quoi est-ce qu'ils te concernent ? répliqua Drago d'une voix traînante.

Falde le regarda sans afficher d'émotions, avant d'hocher la tête une fois et de partir.

- Il est fatigué, commenta Harry entre ses bouchées. Je me demande… Est-ce qu'ils ont pu dormir pendant leur voyage ?

- Qui sait ? Dépêchons-nous de manger pour libérer les fondateurs, faire cette réunion et après, au lit.

… … …

Harry traversa le chambranle silencieusement et sourit d'un air penaud à l'homme assis sur la chaise au milieu de la pièce. Les fondateurs devaient être très agacés. Ils avaient, après tout, complètement oublié leur promesse et n'étaient pas revenu les revoir depuis leur dernière visite.

- Pas besoin d'explications, dit tout de suite Gryffondor quand Harry ouvrit la bouche. Nous avons lu ce qu'il s'est passé dans la Gazette. Vous avez eu des semaines chargées. J'ai vu que vous avez mis Dumbledore derrière les barreaux, là où est sa place. Beau travail, je dois dire.

- On dirait que Serpentard n'est pas aussi indulgent que tu ne l'es, se hasarda Harry.

- Il parle à ton serpent, mais en dehors de ça, il est resté… Silencieux.

Harry pouvait entendre le mécontentement dans la voix de Gryffondor. Apparemment, Serpentard était aussi en colère contre lui.

- Bon, continua gaiment Harry, espérant pouvoir aider le fondateur de Gryffondor. Drago et moi sommes prêts à vous libérer des sorts de Dumbledore. Ce soir, si ça te va.

Gryffondor se leva et se pencha en avant.

- Du moment que votre fou de Jédusor ne décide pas de me couper la tête encore une fois.

Harry rit.

- Où devrions-nous le faire ?

- Probablement là où les sorts ont été lancés initialement. Mais je ne suis pas certain de savoir comment vous guider jusque-là, dit-il en fixant le tapis et en tournant en rond.

- Si c'est dans le château, on peut trouver.

- Très bien. Ça s'est passé dans la grande salle. L'originelle. Celle que nous utilisions avant que l'école ne prenne de l'ampleur.

Il y avait une autre grande salle ? Harry se demanda pourquoi il ne l'avait jamais vu sur la carte des maraudeurs. Mais là encore, Dumbledore avait dû la sceller si c'était là qu'il avait mis des sorts restrictifs sur les fondateurs, et il était hors de question que les nombreuses explorations des maraudeurs ne permettent de découvrir la pièce.

- Et vous ne pouvez pas aller dans la salle, j'imagine, supposa Harry en s'asseyant dans le fauteuil de Gryffondor, frottant sa tête douloureuse.

- C'est vrai. Nous en avons été bannis à l'instant où les sorts ont pris effet.

Godric s'agenouilla devant le Gryffondor quand il vit la douleur s'afficher sur le visage du brun.

- Tu te sens bien, tu es pâle.

- Ça va, merci, répondit Harry avec un sourire.

- Tu as l'air d'avoir bien mal, se renfrogna le fondateur.

- Ce n'est rien, juste un mal de tête, dit-il en se levant et en se dirigeant vers la porte. Vous allez être libre en un rien de temps.

- N'as-tu pas besoin de connaître les sorts que Dumbledore a utilisé ?

Harry rit en ouvrant la porte.

- Absolument pas. Ce ne sont que des sorts sorciers. Les sorts de Dumbledore vont s'effondrer sous ma pression.

Il fit un petit geste d'au-revoir et quitta la pièce. Godric fixa la porte fermée.

- N'est-on pas un peu arrogant ? gloussa-t-il.

- Plus qu'un peu ! répliqua Harry en descendant les escaliers.

… … …

Grâce aux indications de Luna, ils trouvèrent rapidement l'ancienne grande salle et se fut Drago qui anéantit les sorts les empêchant d'entrer. Tout ce qu'il eut à faire fut de poser les mains sur le mur où étaient censées être les portes. Fermant les yeux, le blond analysa les environs jusqu'à ressentir les barrières de Dumbledore. Une fois trouvées, ce n'était plus qu'une question d'expulser le pouvoir nécessaire pour les briser sous la pression. Exactement comme s'en était vanté Harry à Gryffondor.

- Bien joué, dit Harry alors que le mur se dissolvait et qu'une grande arche de pierre apparaissait devant eux.

- Tout est dans la tête, Potter.

Le serpentard se tourna vers Dudley et Neville qui se tenaient en retrait.

- Avez-vous appris quelque chose, tous les deux ?

Neville semblait essayer de retenir son rire.

- J'ai appris que tu ressemblais à un pervers essayant de peloter un mur.

- C'est à cause de ta mauvaise influence, Dursley, gronda Drago.

- Maintenant que tu le dis, intervint Harry, tu avais l'air de peloter le mur. Tu avais même un air lubrique sur le visage.

Dudley recula d'un grand pas après ce commentaire, certain qu'il allait en être blâmé. Etonnamment, Malefoy rit et attira Harry à lui.

- Tu aimes ça, hein ?

- Ils sont trop bizarre, soupira Neville. Ils s'énervent pour des choses idiotes, et ne relèvent même pas ce qu'on pourrait croire qui les vexerait.

Ils traversèrent l'arche et entrèrent dans une salle rectangulaire toute en pierre faisant le tiers de la taille de la grande salle actuelle. Drago regarda l'ensemble et soupira.

- C'est censé être la grande salle utilisée par les fondateurs ?

Neville s'avança vers le centre de la pièce, là où le sol avait un affaissement en forme de cercle, avec de la cendre dans le fond.

- A cette époque, la simplicité était le mieux. Je suppose que c'est là où ils faisaient le feu. Et ils s'asseyaient autour, on dirait. Plutôt accueillant, vous ne trouvez pas ? demanda-t-il à Harry qui se tenait à côté de lui.

Harry hocha la tête avant de se tourner pour regarder le reste de la pièce.

- Que sont ces sortes d'ombres sur les murs ? lança Dudley en désignant une forme grise floue qui flottait à un mettre au-dessus de sa tête, contre la pierre.

- Il y en a une ici aussi, indiqua Drago en passant devant une étrange ombre grisâtre à l'opposé de la salle.

Harry plissa les yeux et analysa tous les murs.

- En fait, il y a ces ombres tout le long du sol contre les murs aussi. Et deux autres ombres sur ce mur, dit-il en montrant ce qu'il voyait de son index.

- Je crois, avança Drago en observant attentivement les ombres, que se sont censés être des portraits.

Neville acquiesça et se rapprocha de l'un d'entre eux.

- Ça fait sens. Il y a une ombre sur chaque mur, soit quatre ombres.

- Des images brouillées, marmonna Dudley.

- Tu as raison. Ça ressemble plutôt à des images floues sans éclairage, lui accorda Harry. Très déformées.

Il essaya de toucher l'ombre, juste pour voir ce qui allait arriver. Son doigt passa au travers sans résistance.

Les quatre jeunes fouillèrent la pièce encore un moment, essayant de jauger l'endroit exact où Dumbledore avait jeté ses sorts et combien, jusqu'à ce que Drago et Harry soient enfin prêts à éradiquer définitivement les restrictions posées sur les fondateurs.

- Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Dudley.

- Tiens-toi là et ne fais rien ! dit Drago d'un ton mordant. Mieux encore, fais-nous tous une faveur et retiens ta respiration. Le plus longtemps que tu peux.

Dudley se renfrogna et posa un coude sur l'épaule de Neville, avant de poser sa tête sur sa main.

- Ce type… marmonna-t-il dans sa barbe. Il croit qu'il est drôle. Ne rigoles pas, se plaignit-il quand Neville ricana doucement. Ce n'est pas marrant.

Harry leva les yeux au ciel et se tint à côté de son compagnon, prenant sa main.

- Drago, chuchota-t-il. Toi et moi allons avoir une discussion après ça.

Drago hocha la tête, se demandant pourquoi Harry avait l'air aussi sérieux. Une pensée traversa soudainement son esprit et ses yeux s'écarquillèrent sous la panique. Il serra fortement la main d'Harry.

- Merlin, tu n'annules pas le mariage, n'est-ce pas ?

Harry recula d'un pas et envisagea sérieusement de cogner son compagnon. Quelle question stupide. Avait-il perdu l'esprit ? Pourquoi donc penserait-il ça ?

- Tu es un imbécile, Drago Malefoy. Un crétin absolu !

Il picota et traversa la salle, sortit sa baguette et la pointa vers l'ombre suspendue au-dessus de la tête de Neville et Dudley.

- Finite Incantatem !

Neville se tourne et regarda, mais rien ne se passa.

- Tu ne croyais tout de même pas que ça allait fonction, si ?

Harry lui lança un regard noir et resta silencieux alors que Dudley ricanait. Ça attira l'attention du blond qui regarda dans leur direction avec un regard glacial, et Dudley attira Neville à lui et l'embrassa pour cacher son amusement, espérant que Malefoy ne fasse rien. Et puis, ça aidait qu'embrasser Neville était la meilleure chose qui existait, surtout quand le gryffondor fondait instantanément dans son étreinte et permettait ça en public. Dudley oublia rapidement ce qui l'entourait et vraiment, le monde autour de lui disparut.

Mais Drago n'était pas une personne qui pardonnait facilement, encore moins quand il s'agissait de Dudley. Il sortit sa baguette, se décala de façon à ne pas toucher Neville, et envoya un puissant sort cuisant. Dudley bondit en criant de douleur.

- Bordel, Malefoy !

- Drago ! s'exclama Harry en se précipitant vers son compagnon et en abaissant sa baguette. Sérieusement, toi et moi devons vraiment parler de quelque chose. A propos d'eux deux, ajouta-t-il en se penchant vers son blond.

- Merde ! Je ne veux pas parler de lui.

Neville frotta distraitement la cuisse de Dudley à l'endroit où le sort de Drago l'avait touché et regarda Harry et Drago se disputer, même s'ils continuaient de façon télépathique. C'était une scène amusante. Drago s'était redressé et avait croisé les bras, secouant poliment sa tête avant de lever le nez en l'air comme si la conversation prenait fin après son refus. Harry s'assombrit, ses yeux brillèrent sauvagement pendant une seconde, et il attrapa Drago par le col et rapprocha le visage de blond, dévoilant ses crocs. Neville vit distinctement un éclair de terreur traverser les yeux du blond. Finalement, Drago soupira et enleva délicatement les griffes de son compagnon de ses vêtements.

- Bien. Je t'écouterais.

Harry sourit et prit la main de Drago. Tous deux se tinrent silencieux un instant, pendant lequel Dudley posa sa main sur celle de Neville, qui frottait toujours sa cuisse délicieusement.

- Je me sens mieux maintenant, merci.

Neville rougit vivement et retira sa main.

- Oh, euh… Ouais. De rien.

- Tu peux continuer si tu veux, dit Dudley avec un sourire de prédateur. Je ne suis pas contre avoir tes mains sur moi.

L'air s'épaissit et tous deux tournèrent la tête pour voir Drago les dévisager. Ebahissement tourbillonna dans les yeux du serpentard avant de se transformer en fureur. Fureur qui grandit au point qu'il en fit trembler les murs.

- Tu te fous de moi ! beugla-t-il.

- C'est la vérité, tenta Harry en plaçant une main sur son bras qui fut rapidement balayée. Drago, s'il te plaît, calmes-toi.

- Il ne mérite pas quelque chose comme ça !

- Drago…

Neville déglutit alors que le pouvoir de Drago continuait de faire trembler les murs. Le serpentard se recula, marmonnant des obscénités dans sa barbe, et se dirigea vers l'arche. Il fit une pause avant de quitter les lieux, prit une grande inspiration et frappa dans ses mains trois fois. A chaque claquement, une vague argentée s'échappait de ses mains et traversait la grande salle, s'écrasant contre les ombres difformes. Et à la troisième vague s'écrasant contre les objets ensorcelés, tout s'évapora.

- Harry ! cria le Serpentard en partant.

- Allez, vous deux ! Venez avec nous à la réunion, appela le brun par-dessus son épaule en courant après son compagnon furieux. Drago, c'était incroyable ! Comment as-tu…

- Ils parlaient clairement de nous, marmonna Dudley alors que lui et son petit-ami suivaient les futurs dirigeants du royaume Ukatae.

- Ouais. Pourquoi tout le monde garde ce… Truc… Secret ? Ça commence à m'énerver.

Neville jeta un dernier coup d'œil à la pièce pour voir qu'ils avaient eu raison à propos des portraits. Et ce qui était au sol contre un des murs ressemblait à de vieilles chaises, des tables, des candélabres et autres objets de valeur. Il espérait pouvoir revenir ici pour fouiller encore plus et peut-être rencontrer Gryffondor.

… … …

Un air agacé flottait sur le visage de Falde, et ce depuis les quinze dernières minutes, dès qu'ils s'étaient installés autour d'une table dans la Chambre des secrets. Le guerrier s'énervait à chaque minute qui passait. Brumek et Ozemir étaient là quand le guérisseur avait dit qu'il faudrait une heure aux jeunes pour se remettre. Et les deux auraient dû savoir qu'il ne fallait pas entamer des choses qu'ils ne pourraient pas finir dans les temps. Ils devaient parler de choses importante. Et pas seulement, les jeunes elfes avaient pris plus de temps que prévu pour libérer les quatre êtres morts. Mais malgré ça, ni le guerrier, ni l'érudit n'étaient présents.

- Peut-être qu'on devrait commencer sans eux, suggéra Hermione en voyant Falde s'impatienter.

- Où alors, on devrait attendre demain, ajouta Harry en remarquant les traits fatiguer du Commandant.

Falde secoua la tête et désigna Dudley et Neville.

- Dumbledore a organi…

Il fut interrompu par Ozemir et Brumek qui arrivèrent par les Ombres. L'érudit avait l'air désolé et était tout rouge, tandis que Brumek avait un petit sourire satisfait.

- Désolé ! s'exclama Ozemir en se dépêchant de s'asseoir. On ne voulait pas être en retard.

- Je m'y attendais, venant de toi, Erudit, dit Falde d'un ton cassant avant d'adresser un regard furieux à son commandant en second.

Les yeux de Brumek brûlèrent de mécontentement quand Ozemir s'enfonça dans son siège, sentant le poids de l'insulte peser sur lui.

- Pour ton information, Commandant, grogna Brumek. J'étais celui qui…

- C'est bon Brumek. C'était de ma faute.

Harry s'éclaircit la gorge pour reprendre depuis le début, se dépêchant en voyant Brumek qui semblait vouloir faire quelque chose à Falde pour avoir fait se sentir mal son compagnon.

- Quand vous êtes parti tous les deux, Dumbledore a planifié quelques attaques. Il a ciblé les Weasley, Lucius, Sirius et d'autres. En incluant Dudley et sa mère. Dudley a été blessé fatalement et j'ai dû lui donner de mon sang pour le garder en vie. C'est pour ça que c'est un Ukatae désormais.

- Et celui-là, demanda Falde en désignant Neville.

Le regard de Drago était rivé sur Neville.

- On a besoin de lui, tout simplement. Quand nous partons pour le royaume, il vient avec nous.

Harry hocha la tête en direction du Gryffondor surpris pour le rassurer avant de sourire tendrement à Drago. L'avoir dit de cette façon assurait Neville qu'on ne l'avait pas transformé à cause de Dudley. Et, pour tout avouer, quand Ozemir était venu à eux avec Neville, leur disant que Luna voulait leur permission pour le transformer, ils n'avaient pas seulement accepté parce qu'il allait devenir le compagnon de Dudley. Selon Drago, ça n'avait aucun rapport. Neville était l'un des amis les plus fidèles d'Harry et ils avaient besoin de cette loyauté dans le monde des immortels.

Neville rougissait furieusement et fixait la table.

- Bien, je… Hum…

Il était conscient qu'il venait de recevoir l'un des plus grands compliments que Drago pouvait faire.

- Peu importe, continua Drago. Tu n'as pas de problème avec les transformations qu'on effectue, si ? demanda-t-il à Falde d'un ton suggérant qu'il n'en avait rien à faire que le guerrier soit d'accord ou non avec ça.

Falde échangea un regard avec son second, et tout le monde autour de la table se tendit. Ils allaient avoir de mauvaises nouvelles, c'était sûr.

- Non, finit-il par répondre. En fait, je dirais que vous faites la bonne chose.

- Pourquoi ? demanda prudemment Tom.

- On va y venir dans un instant. Parlez-moi de ces attaques plus en détail.

Harry fronça ses sourcils en se rappelant des événements.

- Il y avait des Ukataes rebelles attaquant depuis le ciel et des sorciers attaquant du sol. De nombreuses boutiques de l'Allée de Traverse ont explosé, y compris celle des jumeaux Weasley. Beaucoup de blessés et un mort… Dumbledore a visé nos alliés, cette fois-ci comme il ne pouvait pas nous atteindre.

- Des Ukataes rebelles ? demanda Brumek.

- A quoi ressemblaient-ils ? le pressa Falde.

Harry haussa les épaules.

- Je n'ai pas vraiment fait attention à leurs visages alors que je plongeais mon épée dans leurs torses.

Ozemir y alla de son commentaire.

- C'était magnifique, Falde ! Tu aurais dû le voir ! Voler et se battre. J'étais si fier… Il se tut en voyant le guerrier le regarder sévèrement. Ça l'était, marmonna-t-il pour la forme.

- Pourquoi veux-tu savoir à quoi ils ressemblent ? lui demanda Tom. Ils sont morts maintenant. Est-ce important ?

- Etaient-ils défigurés ? Leur peau était-elle noire et rêche ? Avec des cicatrices ? demanda-t-il à la tablée, ne sachant pas qui avait vu ou non les rebelles.

- Non. Ils avaient l'air relativement normal, en dehors du fait qu'ils voulaient nous faire du mal, répondit Harry. Vas-tu, s'il te plaît, nous dire ce qu'il se passe ?

Falde posa un bras sur la table et se pencha en avant.

- Les différents clans rebelles se sont rassemblés et sont désormais sous le contrôle de Demai'Tah.

Talyn siffla entre ses dents, les yeux écarquillés de peur et de surprise, tandis qu'Ozemir ferma les siens.

- Non, gémit-il.

Hermione observa l'érudit et leurs trois protecteurs.

- Qu'est-ce que ça veut dire ?

- veut dire que nous avons de sérieux problèmes, répondit Brumek. Ça veut dire que les forces de Demai'Tah nous sont supérieures à hauteur de trois contre un.

- Crache le reste, gronda Talyn en perdant patience.

Falde hocha la tête.

- Nous sommes allé à l'encontre de plusieurs groupes d'insurgés ces trois semaines où nous sommes partis. La plupart des rebelles dans ces groupes avaient l'air… démoniaques. Ils avaient la peau noire et était défigurés. Les rebelles se transforment en bêtes sans conscience. Ça les rend plus dangereux.

Ozemir croisa ses bras sur la table et laissa tomber sa tête dessus.

- Il les transforme en ce qu'il est sous sa façade physique, murmura-t-il.

- Dis-tu que son apparence n'est pas réelle ? le questionna Hermione.

- Le genre de rituel sombre qu'il a utilisé de trop nombreuses fois pour lier des Ukataes à lui, celui qui nous fait devenir ses esclaves… Il est normal que son apparence et son esprit deviennent aussi déformés avec le temps. Après tout, il appelle à lui les démons et personne ne peut rester intact face à ce genre de magie utilisée à répétition.

Drago ne comprit toujours pas pourquoi les guerriers étaient aussi inquiets, en dehors du fait qu'ils étaient désormais en sous-nombre. Il ne pensait pas que Falde serait agacé à propos d'une telle chose.

- Avez-vous combattu ces nouveaux Ukataes ?

- Oui.

- Et ?

- On peut quand même les tuer. Même si la tâche est considérablement plus compliquée.

- Tu ne nous dis pas tout, soupira Harry.

- Le nombre de rebelles continue de grandir et je suis quasiment sûr qu'il capture ceux qui sont fidèle au royaume pour les transformer contre leur gré. Ce qui expliquerait pourquoi ces nouveaux Ukataes semblent ne pas réfléchir plus que des bêtes.

- C'est horrible, chuchota Hermione. Il kidnappe des gens, les détruit…

- Le plus gros problème que nous avons pour l'instant est en rapport avec la capitale. Borsteria risque d'être envahie. C'est ce que visent les rebelles.

Falde fixa son regard sur les deux nouveaux dirigeants.

- Vous a-t-on déjà parlé de l'importance du Palais Royal ?

- Pas encore, répondit Ozemir en levant sa main.

- Le Palais est situé en plein centre de la ville, expliqua Brumek. En cas d'attaque par des forces extérieures à celles du royaume, tout Borsteria devient alors une citadelle et est protégée par le pouvoir du palais.

Tom tapa son index contre la table.

- Comment est-ce accompli ?

- Le palais est le cœur de la ville, répondit Ozemir. Il est directement connecté aux frontières de la ville. Quand ceux de sang Royal activent les mesures de protections, un mur encercle la ville et aucun être ne peut pénétrer les frontières. Mais maintenant, vu qu'il n'y a personne de sang royal dans le palais, celui-ci a fermé ses portes et personne n'a pu mettre un pied à l'intérieur depuis l'assassinat de la lignée royale.

- Ce qui veut dire que la ville t tous ceux qui y sont se retrouvent sans défense, résuma Harry.

- Pas sans défense. Pas encore. Mais Demai'Tah cherche à gagner l'accès au palais par lui-même.

- Pourquoi ne l'a-t-il pas fait avant ?

- Heureusement pour nous, le palais ne peut pas être ouvert par n'importe qui. Mais soyez assuré qu'il cherche activement une façon de l'ouvrir. Ce n'est pas une tâche facile.

- C'est pour ça qu'il veut Zynfrae, murmura Ozemir pour lui-même.

Neville s'éclaircit la gorge.

- Heu… C'est peut-être une question débile, dont la réponse est évidente, et on ne m'a pas dit exactement qui était ce Demai'Tah, mais que se passe-t-il s'il accède au palais ? Je veux dire, quelle sera la conséquence finale si ça devait arriver ?

- En fait, c'est une très bonne question, petit, reconnut Falde. S'il arrivait à entrer dans le palais, Borsteria deviendrait sienne et Drago et Harry auraient beaucoup plus de difficultés à convaincre notre race qu'ils sont vraiment la nouvelle lignée royale.

Ozemir fixa la table, les yeux légèrement troublés comme si son esprit se remémorait une image.

- Ils vont commencer à l'accepter lui à la place et, le cas contraire, il les tuera. Il assassinera volontiers tous les habitants de Borsteria juste pour prouver aux autres ce qu'il peut faire.

Falde acquiesça, d'accord avec lui.

- Et même si notre race croyait que vous étiez les nouveaux souverains, les Ukataes seraient contre vous parce que vous auriez laissé Demai'Tah envahir la ville. Ils le verraient comme de la négligence. L'un des nombreux devoirs de la Royauté est de protéger notre peuple. Laisser Demai'Tah acquérir Borsteria serait une grave erreur. Une faute indélébile contre vous deux et votre famille.

Drago s'était assombri.

- Et comment l'empêchons-nous d'arriver là-bas en premier ?

Harry le regarda, déterminé.

- On va devoir s'y rendre et ouvrir les portes du palais nous-même. Alors, nous pourrons faire ce qu'il faut pour protéger la ville.

- Non ! s'exclamèrent plusieurs voix en même temps.

- Pourquoi pas ?

- Franchement, dit Hermione et regardant son frère avec exaspération. Tu veux que Demai'Tah sache pour le bébé ?

- Il va le savoir dès l'instant où vous mettrez un pied dans le royaume, intervint Talyn. Et il vous pourchassera. Il n'attendra pas que vous terminiez votre entraînement.

- Dans ce cas, que proposez-vous à la fin ? s'exclama Harry avec humeur. S'il est de notre devoir de protéger nos gens, alors nous devons le faire ! Vous ne pouvez pas vous attendre à ce que je reste assis ici à ne rien faire !

- J'attends de toi que tu restes ici pour parfaire ton entraînement, répondit Falde d'une voix grave. Il va d'abord vouloir prendre la ville, s'assurer qu'elle est en son pouvoir, et alors il pourra prendre son temps pour essayer de se procurer le secret permettant d'accéder au palais. Votre armée a réussi à garder les rebelles loin de la ville jusque-là. Ayez foi en notre capacité à les retenir encore quelques mois. Il n'y aura plus de discussion sur votre venue dans le royaume avant que ton enfant soit né.

Un silence tendu suivit ses paroles. Les jeunes elfes n'aiment clairement pas l'ordre qu'ils venaient de recevoir, mais ils pouvaient voir qu'il avait du sens. Falde n'aimait pas les voir se décourager. Il se frotta les yeux.

- Ecoutez. Je jure sur Hirsha que vos soldats et vos guerriers vont protéger Borsteria de toutes leurs forces. Et si le besoin d'y aller apparaissait avant la naissance du bébé, Drago peut s'y rendre et ouvrir le palais.

- Et pourquoi n'y vais-je pas maintenant ?

- Le message serait plus fort avec vous deux. La puissance protectrice serait plus grande. Vous êtes un tout. Vous pouvez tout accomplir ensemble. T'envoyer seul ne serait qu'en dernier recours, s'il n'y a pas d'autre solution.

- Ça me va, dit Drago avec un regard reconnaissant en saisissant la main d'Harry. Je ne veux pas vraiment y aller sans Harry de toute façon.

- Alors on continue à s'exercer, dit Tom. On a le Savoir. On peut développer notre magie, nos compétences en combat et quoi…

- On s'arme de patience, murmura Dudley.

C'était la première fois qu'il parlait depuis le début de cette réunion. Tout le monde acquiesça, pensant la même chose. C'était frustrant, mais devait être fait.

… … …

Drago marchait dans la cour un samedi après-midi, protégeant ses yeux sensibles du soleil. La semaine était passée vite. Il s'était enfin débarrassé de Klyne, Brumek et Falde étaient enfin revenus, ses frères, sa sœur et lui avaient enfin le Savoir implanté dans leur crâne, les Fondateurs étaient libres des conneries de Dumbledore, et le meilleur, le procès de Dumbledore avait eu lieu rapidement et s'était vite terminé, et maintenant, cet enfoiré était derrière les barreaux d'Azkaban, où il ne resterait pas le reste de sa misérable vie. Tom et Harry allaient personnellement s'en assurer.

Il suivit ses camarades serpentards qui voulaient se détendre sous le soleil un instant. Lui, Pansy et Blaise marchèrent paresseusement sur le chemin vers l'arbre à côté du lac où il pouvait voir Ginny et Luna déjà allongées. La serdaigle souriait étrangement, comme à son habitude et dessinait dans son carnet à croquis, tandis que Ginny parlait comme une pipelette en faisant un signe de la main aux serpentard qui les approchaient.

Drago ne dit rien et s'adossa au tronc de l'arbre, mais offrit aux deux fille un sourire sincère. Il n'avait pas vraiment envie de parler, pour l'instant. Réfléchir lui suffisait amplement, il voulait donner du sens à ses pensées. Pensées qui tournaient principalement autour de ses futures noces. Il se détourna de ses amis pour cacher le grand sourire qui naissait sur son visage. Harry Potter était déjà sien. Mais pouvoir lui mettre la bague au doigt de façon permanente était une idée qui lui plaisait plus que tout. Être capable de regarder la tapisserie des Malefoy et voir le nom d'Harry connecté au sien, et pas seulement identifié comme son fiancé, mais comme son mari cette pensée le rendit tellement heureux et satisfait que son cœur se serra et qu'il eut presque peur de s'étouffer de joie.

Il pensait qu'il avait réussi à le cacher aux autres en se tournant, mais l'émotion qu'il dégagea par vagues était reliée à sa magie, et ses amis pouvaient la sentir autour d'eux. Pansy donna un coup de coude à Blaise.

- Tu sens ça ?

- Toute l'école peut le sentir. Drago, ça te dérangerait d'atténuer ta joie d'un cran ? Ça nous trouble l'esprit, mon pote.

- A quoi tu penses, chéri ? s'enquit Pansy, s'avançant pour se tenir face à son ami.

Elle fut aveuglée par le sourire rayonnant qui gratifiait ses lèvres avant qu'il ne puisse le cacher.

- Au mariage.

Pansy leva un sourcil surpris. Elle ne s'attendait pas à une réponse de sa part. Une réponse sincère, par-dessus tout. Mais quand il lui répondit, un doux sourire orna le visage de la brune et elle posa une main tendre sur sa joue.

- T'ai-je déjà dit à quel point je suis heureuse pour toi, Drago ? Contente que tu aies une âme-sœur qui t'aime de façon inconditionnelle. Et je suis ravie que ce soit Harry. J'aurais détesté que tu te marries à quelqu'un que j'exècre.

Drago gloussa, cachant à quel point les mots de Pansy le touchaient, surtout en voyant ses yeux humides.

- Merci, Pans'.

- Donc… Pansy se tourna légèrement pour regarder le château. Où sont les Gryffondors ?

- Il passent du temps dans la salle commune des Gryffondors, répondit Drago. Ils se sont dit que ce serait une bonne idée, vu qu'ils ne l'ont pas assez fait ces derniers temps.

Ginny désigna le chemin qui longeait le lac.

- Pas Neville. Dudley et lui marchent le long de la berge, dit-elle en plissant les yeux pour essayer de les distinguer. Enfin, ils l'étaient. Je n'arrive plus à les voir.

- Dudley n'était pas censé rester invisible ? se demanda Blaise.

C'est samedi, répondit Ginny en haussant les épaules. Qui en a quelque chose à faire s'il est là ?

Drago fronça les sourcils, se rappelant la conversation qu'il avait eu avec Harry sur ces deux-là, et pourquoi Harry voulait qu'il soit plus aimable avec Dursley.

- Ne leur en voulez pas. Dursley s'en va aujourd'hui. Bientôt.

Maintenant qu'il en savait plus sur eux, c'était mieux qu'ils passent le plus de temps ensemble, même si ces deux idiots n'avaient rien découvert pour l'instant. Mais ils sauraient, probablement pendant la séparation qui allait venir. Ils le sentiraient. Il se dit que la raison pour laquelle ils n'avaient pas encore deviné ce qu'ils étaient l'un pour l'autre était à cause de leur rencontre récente et qu'ils n'étaient pas encore prêts à accepter les sentiments qui étaient présents depuis le début. Franchement, s'ils n'avaient pas encore compris qu'ils étaient des compagnons, alors ils ne devaient pas non plus comprendre ce qu'il se passait entre eux.

- Tu es moins cruel avec Dudley, Drago, commenta Ginny en jetant un coup d'œil au serpentard blond.

Drago n'avait pas de réponse à fournir. Il avait espéré que personne n'aurait remarqué. Ah, c'était voué à arriver, de toute façon. Il serait moins vicieux avec lui en public, mais en privé, il pouvait se permettre de haïr Dursley autant qu'il le voulait, jusqu'à ce qu'il estime que ce branleur ait suffisamment souffert.

- J'ai entendu des choses intéressantes. Il parait que Neville a un petit fan club.

Drago se tourna vers Blaise, surpris.

- J'ai entendu beaucoup de conversations disant qu'il devenait l'élève le plus désiré de la gente Poudlardienne, avec qui il fallait sortir depuis qu'Harry et toi n'êtes plus sur le marché. Ce n'est pas très nouveau.

Ginny hocha la tête.

- Ouais, Zacharias Smith fait de l'œil à Neville depuis un certain temps.

- Vraiment, Smith, dit Drago en se renfrognant.

Il détestait ce type plus que Dursley, qui n'avait pas peloté les fesses de son compagnon, lui.

- Pas que ça aille quelque part, de toute façon, même s'il demandait à Neville de sortir avec lui, dit Pansy répugnée par cette idée. Heureusement, Neville à meilleur goût.

- Il faut avouer que Neville a bien grandi depuis cet été, et il a pris en assurance, intervint Blaise. Tout le monde le trouve charmant, agréable à regarder, et un parfait gentleman. Le premier choix.

- Ne parles pas de lui comme ça, grommela Drago. Ce n'est pas un morceau de viande. Et il est pris. De façon permanente.

- Tu as l'air sûr de toi ? se demanda Pansy curieusement. Ils ne se connaissent pas depuis si longtemps.

Il ne dirait à personne la vraie raison de son assurance. Ça ne regardait personne, pour l'instant.

- L'intuition, ma chère Pansy.

Luna se mit à pouffer, attirant l'attention sur elle.

- Regardez ça ! s'exclama Ginny en observant l'image que la Serdaigle venait de finir.

Drago s'agenouilla à côté d'elles pour regarder, et Pansy et Blaise en firent de même. Il pressa ses lèvres pour contenir son rire. C'était une image de Weasley. Il était couvert d'algues et rampait hors du lac avec un air d'humiliation pure.

- C'est en train de se passer, indiqua Luna en réponse à leurs rires.

Drago bondit sur ses pieds.

- Où ?

Il devait voir ça. La serdaigle se débarrassa de son carnet et se leva avant de marcher le long du lac. Les serpentards la suivirent de près, se demandant tous pour quelle raison exactement Weasley sortirait du lac en étant honteux comme ça. Ça devint évident après cinq minutes de marche. Le petit groupe contourna un tas de rochers et s'arrêtèrent avant d'être à découvert, sur ordre de Drago. Weasley était à cinq mètre devant eux, ainsi que Dudley et Neville. Les deux Gryffondors semblaient se quereller. Weasley criait quelque chose et Neville répliquait avec dédain, semblait-il. Il avait les bras croisés sur son torse, mais il n'avait pas l'air de se s'enfermer derrière. Il se tenait droit et fier et avait plus l'air ennuyé qu'autre chose. C'était sans doute ce qui avait fait bouillir Weasley sans mentionner la proximité de Dudley, qui se tenait légèrement derrière son copain, ne se sentant pas du tout concerné et avec un sourire moqueur.

- Je me demande pourquoi ils se battent… dit Pansy.

Ginny fit un bruit pensif avant de rire légèrement.

- J'ai entendu de Dean que Neville avait menacé Ron, l'autre jour, dit-elle puis elle fronça les sourcils. En fait, Neville aurait insinué que Ron n'avait pas été tué avant parce que tout le monde avait promis à Maman de ne pas le tuer. Neville a dit à Ron qu'il n'avait fait aucune promesse du genre. Dean disait que Neville avait l'air très sérieux.

Les yeux de Drago luirent.

- Excellent.

- On dirait que ton frère n'a pas pris Neville au sérieux, commenta Blaise quand Ron bouscula brusquement Neville.

Neville baissa ses bras et crispa ses poings. Dudley fit un geste vers Ron, mais Neville l'en empêcha. Puis il se tourna vers Weasley pour lui dire quelque chose qui semblait grandement amuser Dudley car ils l'entendaient rire jusqu'ici. Weasley se mit encore plus en colère que Dudley se moque de lui mais au lieu de s'en prendre à lui, il se tourna vers Neville et voulut le frapper. Dursley se déplaça rapidement et se tenait devant Neville en un clin d'œil, recevant le poing de Ron. Ils entendirent tous le bruit du contact avec le visage de Dudley, mais celui-ci n'avait pas bougé d'un cil, comme s'il ne s'était rien passé. Il attrapa le devant de la robe de Ron et baissa sa tête jusqu'à ce qu'ils ne soient plus qu'à quelques centimètres. Il lui siffla des mots en faisant reculer le Gryffondor vers les eaux sombres.

- Dudley est furieux, dit Blaise émerveillé.

- Evidemment, dit Drago en hochant la tête. Weasley a essayé de frapper Neville.

Dudley lâcha alors sa prise sur Ron, fit un léger pas en arrière, avant de lui mettre son poing à la figure. Pansy hoqueta et se couvrit la bouche d'une main en regardant Ron voler dans les airs et atterrir dans l'eau. Les serpentards et la serdaigle étaient fascinés et regardaient Dudley pivoter et passer un bras autour des épaules de Neville. Tous deux reprirent leur promenade autour du lac comme si de rien n'était, en dehors du sourire béat de Neville qui observait son petit copain avec des yeux émerveillés.

- Merlin, murmura Blaise. C'était un sacré coup. On est certain que Weasley va se relever de ça ?

- Il a intérêt ! s'exclama Ginny avant de se précipiter vers l'endroit où Ron avait disparu sous l'eau, tirant sur la main de Blaise pour qu'il la suive.

Blaise regarda d'abord Drago. Et ne la suivit que quand le blond lui fit signe de rejoindre sa petite-amie. Pansy, Drago et Luna restèrent là où ils se tenaient, et exactement comme Luna l'avait dessiné, Weasley émergea du lac couvert d'algues, mortifié. Quand Ginny vit qu'il ne se noierait pas, son inquiétude s'évanouit et elle se mit à crier après Ron.

Drago rit et lui et les deux filles qui l'accompagnaient repartirent vers le château.

- Eh bien, ce fut très divertissant ! Merci de nous avoir partagé ça, Luna.

… … …

- Ça m'avait manqué de traîner dans la tour des gryffondor, dit Harry à Hermione alors qu'ils quittaient le château pour rejoindre Drago et les autres. C'était relaxant.

- Et marrant. La réaction des premières années face à un Gryffondor parcourant la salle commune était hilarante.

- C'est un comique, celui-là. Il me rappelle un peu Sirius.

- Un vrai blagueur, lui accorda-t-elle.

Ils descendirent les marches et Harry examina les groupes d'élèves s'imprégnant des rayons du soleil sur la pelouse, sans voir ceux qui l'intéressaient.

- Où crois-tu qu'ils sont ? Drago a dit qu'ils seraient dehors.

Hermione ne bouscula un peu et tourna la tête vers la gauche. Harry regarda dans cette direction et vit Neville et Dudley, tous deux recouverts d'un sort de désillusion, se parlant dans un coin d'ombre. Neville était adossé nonchalamment contre un mur les mains dans les poches et la tête levées vers son petit-copain qui avait les bras encadrant son visage et avait une attitude possessive.

- Merde, murmura Harry et faisant face à Hermione. Ça me fait chier de les séparer maintenant. Ils n'ont pu être ensemble que quelques jours.

- Dudley doit y aller.

- C'est facile à dire, Hermione. Nos amants sont ici.

Les yeux de sa sœur s'écarquillèrent.

- Est-ce que tu crois qu'ils… Tu sais ?

Harry renifla.

- Pourquoi cette idée te dérange tant ?

- Je ne sais pas. Hermione semblait confuse. Peut-être parce que j'ai toujours considéré Neville comme un petit frère ou presque.

- Ouais, moi aussi, mais ça m'indiffère totalement s'il reste vierge ou pas. Et non, je suis quasi certain qu'ils ne sont pas allés aussi loin.

Harry continua à descendre et s'approcha des deux amoureux.

- Hey, Dudley. Ozemir t'attend. Dans la salle des Fondateurs.

- Merci, Harry.

Dudley fit face à Neville et vit sa moue.

- On dirait qu'il est temps pour moi de partir.

Neville sortit une main de ses poches et la glissa dans le cou de Dudley, et, sans un mot, se redressa pour embrasser son petit-ami. Dudley se figea sous la surprise, ne s'attendant pas à un geste aussi audacieux de la part de son copain timide en plein jour, avant de se laisser aller et d'entourer sa taille et de lui retourner le baiser de façon presque désespérée. Dudley ne voulait pas partir. Il préférait tout sauf ça.

- Neville, chuchota-t-il quand il se séparèrent. JE ne veux pas y aller. Je suis désolé…

- Arrêtes de t'excuser. On ne peut rien y faire, marmonna Neville en laissant tomber sa tête contre l'épaule de Dudley. Quand est-ce que je vais te revoir ?

- Au mariage.

Neville sembla s'affaisser à ses paroles mais Dudley le serra plus fermement contre lui.

- Je vais essayer de revenir de temps en temps. Promis, je vais essayer, mais… On passe au prochain plan. On a des tonnes de choses à faire.

- Et tu vas être occupé. Je sais.

Dudley eut un sourire en coin, lisant parfaitement en Neville.

- Pas assez occupé pour ne pas penser à toi chaque seconde de chaque jour. Rien ne pourra atténuer ton absence.

- Tu devrais y aller, alors. Je suis sûr que tu manques à ta mère. Duddy est un fils à sa maman, après tout.

Le visage de Dudley s'enflamma et Neville eut un sourire moqueur. Et oui, il pouvait aussi répondre. Mais Dudley plissa les yeux et attrapa les hanches de Neville, avant de le pousser contre le mur.

- Tu crois que t'es marrant, hein ?

- Oui, c'était drôle. C'était quoi l'autre ? dit Neville en levant les yeux vers le ciel comme s'il réfléchissait sérieusement. Ah, oui ! Dudleychou. C'est pas mal aussi !

Il ricana en posant à nouveau ses yeux sur son petit-ami.

- Tu es un vrai salopard, lui siffla Dudley.

Il avait l'air en colère, mais ses yeux disaient à Neville qu'il était impressionné. Le gryffondor pouvait aussi y voir du désir et Neville sentit sa peau chauffer à l'endroit où Dudley le touchait. C'était comme si leurs corps fusionnaient au contact. Il n'en fallut pas plus pour que leurs bouches se dévorent en un dernier au-revoir délicieux. C'était bizarre, mais quand Dudley finit par relâcher Neville, celui-ci hoqueta en sentant la douleur 'envahir. Il ne comprenait pas d'où ça venait.

- Tu devrais rester ici, lui dit Dudley en reculant suffisamment pour ne pas céder encore à la tentation.

Neville cligna des yeux pour sortir de l'état merveilleux dans lequel Dudley l'avait plongé.

- Quoi ?

- Je dois y aller. Ozemir m'attend. Tu devrais rester ici, répéta Dudley sans le regarder. Je ne serais jamais capable de partir si je n'y vais pas maintenant.

Neville trembla, et ça n'avait rien à voir avec le plaisir.

- en disant ça, tu donnes l'impression que c'est permanent, dit-il à voix basse en fixant le sol.

Les yeux de Dudley s'écarquillèrent et il effaça rapidement la distance entre eux.

- Mon dieu, non ! Jamais !

Pendant un instant, il sembla choqué d'avoir dit ça, mais il lui suffit de regarder dans les yeux dorés de son petit-ami pour savoir qu'il le pensait réellement.

- Jamais.