30 chapitres, déjà ! Quand j'ai publiée Calypso's Treasure pour la première fois en 2018, je ne sais pas si je pensais encore l'écrire six ans plus tard. Cependant il est vrai que j'ai fait de larges pauses entre temps, et je suis là, a continuer d'écrire et de publier. Je crois que l'écriture est la seule chose qui me soit restée fidèle tout ce temps et ce n'est pas prêt de s'arrêter. Même si mes intérêts et mon style d'écriture évoluent au fil du temps, j'espère encore être liée a mon clavier a taper frénétiquement les mots que me chuchotent les personnages aussi longtemps que j'en serais capable.
Je vous souhaite une bonne lecture, see ya !
PDV Interne.
Des éclairs dans la nuit noire, des bourrasques sifflantes. De longs couloirs seulement éclairés par l'orage. La pluie tambourinant sur les surfaces exposées. Le roulis violent crée par les vagues, colossales. Un sentiment de désespoir cachant une culpabilité dévorante. "Fais-le. Fais-le. Fais-le.." Cette répétition incessante lui martèle le crane, l'aidant a réaliser qu'elle était présente, malgré une perception embrumée. "Fais-le..Fais-le..Fais-le.." La cadence infernale de ces mots devenait accablante, l'empêchait de prendre une décision. Elle flottait sans bouger, ancrée fermement dans un sol qu'elle voyait a peine. Un bruit sourd. Retentissant dans le chaos ambiant. "Fais-le.. Fais-le.. Fais-le.."
Ouvrant les yeux sur ce que je sais être le plafond, je suis surprise de le voir grouillant d'insectes, sombres et silencieux. Sous le choc de ma découverte, je tente de me lever mais un bras retient mon torse et je retombe aussi vite sur le matelas, ma mâchoire claque dans le vide. La douleur me fait fermer les yeux mais elle m'éveille complétement et lorsque je regarde de nouveau le plafond, je suis rassurée de la voir intact.
Réveillé par mes mouvements brusques, Marco se tourne vers moi, essayant de comprendre ce qu'il vient de se passer.
"Tout va bien?" murmure-t-il et j'acquiesce pour le rassurer mais j'imagine que fixer le plafond tout en maintenant ma mâchoire d'une main et essayant de calmer ma respiration saccadée n'est pas une vision positive. "Jewel, qu'est-ce qu'il se passe ?" mais je ne réussis pas à lui répondre, mes nerfs lâchent sous la tension et je me sens trembler de plus en plus violemment, le cœur palpitant. La peur doit hanter mon regard car je vois Marco maitriser ses appréhensions et saisir mes épaules, ferme et familier.
"Assieds toi. Ca va aller, je vais t'aider." Sa voix calme m'aide a suivre ses instructions et il continue de me rassurer. Reprendre ma respiration me demande un effort fastidieux et une seule idée, viscérale tourne en boucle dans ma tête, réussit a sortir péniblement, articulée par mes lèvres sèches, ma voix enrouée.
"Je dois.. Plonger.. L'eau." Mes yeux se tournent d'instinct vers le hublot même si je n'arrive pas a distinguer mon environnement. J'utilise mes cinq sens pour palier aux faiblesses de mon esprit paniqué. Mes oreilles, sifflantes parviennent a me transmettre les mots de Marco. Déglutir me permet de me rappeler que je suis vivante et que j'ai soif. Mes mains, agrippant les draps, cherchent Marco, avides d'un toucher réconfortant qu'elles finissent par trouver, sa peau chaude rencontrant la mienne, gelée. Je sens mes muscles se décontracter peu a peu et la voix de Marco résonne, mon prénom sur ses lèvres.
"Jewel ? Reste avec moi." Pivotant la tête vers le son de sa voix, je réalise avec soulagement que j'arrive a voir chaque détail composant le Phénix, et plus une masse floue. J'acquiesce et soupire, essayant de maitriser de nouveau les battements de mon cœur et mes tremblements. Il m'offre un léger sourire, caressant le dos de ma main.
"Je vais chercher de l'eau, ça ira ?" Je hoche la tête, le pire est passé. Je le regarde se lever et aller a la salle de bains, puis revenir avec un gobelet d'eau. Je le remercie d'une voix faible et me concentre pour ne pas m'étouffer. La sensation désaltérante me fait du bien et je sens mes pensées s'éclaircir au fur et a mesure.
"Merci. D'avoir été mon ancre." J'étouffe un bâillement alors que l'adrénaline retombe finalement. Il porte une main a ma joue et j'incline la tête dans sa paume.
"Tu n'as plus a traverser les tempêtes seule. Fais moi confiance pour t'accompagner." Il laisse passer un silence avant de reprendre, cherchant mon regard alors que je regarde ailleurs, sachant que je pourrais très bien le blesser sans en avoir conscience, comme j'avais blessé Ace. "Calypso ne me fait pas peur, je suis assez fort pour lui tenir tête. Je m'inquiète pour toi, Jewel."
Je pose ma main sur la sienne et ose enfin rencontrer son regard pénétrant, empreint de douceur. Je décide de lâcher un peu de leste en me confiant sur mes impressions. "Ce matin, dans la cafétéria.. Je me suis sentie menacée... Des perceptions différentes.. Ace se doute de quelque chose, c'est pour ça qu'il est venu me parler. Je lui ai dit que j'avais encore besoin de naviguer cette tempête là." J'observe ses réactions, tentant de déceler la déception ou la confusion mais je n'y trouve que de la tolérance et de la patience.
"Comment je peux t'aider ?" Haussant les sourcils face a cette demande inattendue, je mets un moment a répondre. La seule autre témoin de ces crises est ma mère, prononçant l'affirmation affligée "J'aimerais pouvoir t'aider plus." Sans jamais réaliser que sa simple présence était déjà une alliée précieuse. Je décide de continuer a partager mes pensées.
"Sois là, avec moi. Ecoute-moi. Ce matin est aussi une conséquence des derniers jours, la goutte d'eau de trop. J'en apprendrais quelque chose." Mon regard dérive vers le hublot, soulagée que mes émotions en vrac n'aient pas causé de dégâts externes. Le soupir masquant un bâillement du blond attire mon attention et je vois un sourire se dessiner sur ses lèvres.
"Tu m'impressionnes, trésor." Il argumente sa déclaration d'un baiser sur mon front. "Demain est un autre jour."
J'acquiesce, un sourire aux lèvres en reconnaissant la phrase que j'ai utilisé pour le réconforter. Une idée me vient en tête et j'ai bien l'intention de la réaliser. Mais je dois déjà en faire part au phénix. "Avant d'aller dormir.. J'aimerais aller vérifier qu'ils dorment tous."
Il lève les yeux vers moi, haussant les sourcils, l'air surpris par ma requête. Il réfléchit a voix haute. "Il est déjà tard, j'imagine que même les plus fêtards ont du aller au lit, étant donné que demain marque le début d'un long voyage." Il semble très satisfait de son hypothèse et je hoche la tête, la main sur la poignée de porte.
"Bon argumentaire. Mais je ne crois que ce que je vois." Je me faufile dans le couloir, ne lui laissant pas le temps de me retenir et commence a marcher, direction la cantine. Sans tarder, ses pas me rejoignent, silencieux malgré leur vitesse pour me rattraper. "Tu ne veux pas dormir ?"
Il masque un autre bâillement alors qu'il répond, prenant garde de chuchoter pour ne réveiller personne. "Bien sur que si. Mais je ne peux pas laisser une souris déambuler dans la cantine."
Un sourire étire mes lèvres et je presse le pas, arrivant a ma destination. J'allume les lumières sur une cantine en désordre, me retournant sur Marco qui arrive a son tour, prenant soin de refermer la porte derrière lui. "Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu un tel bazar."
J'acquiesce, étirant mes bras. "D'habitude, il y a des petites mains pour s'en occuper. Si on s'y met a deux, ça devrait être rapidement terminé."
Il mets qu'un instant à réagir, secouant la tête pour dissimuler un sourire. "J'aurais du m'y attendre. C'est aussi ce que tu as fais la dernière fois, pas vrai?"
Je me contente de hausser les épaules et fredonne doucement, la vaisselle s'organise en piles alors que je marche jusqu'aux éviers. Je fais flotter un balais vers le blond qui le prends sans argumenter. Il passe dans la cuisine pour prendre un seau et une éponge et je l'observe nettoyer les tables. Beaucoup de membres de l'équipage ne l'ont surement jamais vu faire le ménage, avec son rôle de second et de navigateur. Ce soir, j'en suis la seule témoin, ravie de sa compagnie. Il termine de nettoyer la salle et me rejoins dans la cuisine, prenant un torchon pour sécher et empiler la vaisselle propre.
Dans la cuisine.
Marco observe la grise, ne pouvant réfréner le sourire qui fleurit sur ses lèvres a chaque fois qu'il la voit. En jouant de la musique, en virevoltant dans les airs, en préparant des cocktails et aussi en faisant la vaisselle, elle est dans son élément. La crise qui les avait réveillés semble oubliée et il sait que ça lui permet de penser a autre chose. Elle change de mélodie et hume un air qui lui est inconnu mais qui semble entrainant au vu des doigts de la musicienne tapant en rythme sur le bord de l'évier. Sa curiosité prenant le dessus sur son envie de rester simple spectateur, il demande a voix basse. "Une nouvelle composition ?"
Elle coule un regard dans sa direction puis regarde ailleurs, les joues rosies, ce qui intrigue le phénix. Elle finit par lui répondre, à voix basse, hésitante. "Elle serait mieux jouée en groupe. Mais je n'ai pas osé la chanter avant...Tu aurais été obligé de m'emmener dans un endroit isolé."
Il hausse les sourcils, s'approchant innocemment, ce qui accentue la teinte rouge des joues de la grise.
"Je serais curieux de l'entendre." Heureusement pour lui, la musique semble plus forte que la timidité de la grise car sa guitare, restée sur scène, flotte dans la cuisine. Elle l'attrape et l'accorde un instant, débattant un moment si elle allait vraiment chanter a une heure aussi tardive. Finalement, elle se laisse emporter par son désir de lui faire découvrir la mélodie.
Grattant doucement les cordes, elle fredonne les accompagnements, énumérant les instruments pour qu'il visualise au mieux la musique. "Ca commence par du piano et du violon; dum-dumm.. dulum dum.. qui se répète tout au long puis vient la guitare."
La vaisselle stoppe son bal alors qu'elle se concentre, commençant a chanter a voix basse. "Jamais je n'aurais pensé.. Tant besoin de lui. Je me sens si envoutée.. Que ma maman me dit ralentis.. Désir ou amour ..tu le sauras un jour."
Le premier couplet terminé, elle ose lever les yeux vers lui, réalisant qu'il l'observe sans bouger, hochant la tête pour l'encourager a continuer, ce qu'elle fait, un sourire aux lèvres. "J'aime, j'aime tes yeux.. J'aime ton odeur.. Tous tes gestes en douceur... lentement dirigés... Sensualité.. Oh, stop un instant.. J'aimerais que ce moment.. fixe pour des tas d'années.. ta sensualité."
Il bouge la tête en rythme et elle enchaine, l'entrainant dans une simple ronde, et lui revient a l'esprit le moment qu'ils avaient partagé, seul sur le pont, sous un ciel étoilé, juste après la fête destinée a l'accueillir au sein de l'équipage. Désormais, elle était intégrée dans leur famille et il appréciait chaque jour pouvoir la découvrir un peu plus.
Quand finalement elle s'arrête, un sourire aux lèvres, il remarque ses joues rouges et elle n'ose pas le regarder dans les yeux. L'assurance que lui a donné la musique semble s'être évaporée et a été remplacée par sa timidité initiale. "Je pense qu'elle serait mieux jouée avec plus d'instruments mais au vu des paroles.."
Il s'approche, un sourire aux lèvres alors qu'elle suit chacun de ses gestes de son regard d'émeraude. "Tu as eu raison de ne pas la jouer plus tôt.. J'aurais été obligé de te subtiliser pour une durée indéterminée. Comme j'ai envie de le faire maintenant"
Un bâillement suit sa déclaration, décrédibilisant son désir et elle sourit, hochant la tête. "Qu'est-ce que tu dirais d'aller dormir ? Tu pourras toujours me dévorer demain."
Il sent ses yeux se fermer d'eux même et il acquiesce, l'offre est trop tentante. "Sages paroles. Ca contraste avec la chanson."
Elle rougit alors qu'il pose ses lèvres sur sa joue et lui prend la main. Il la guide jusqu'à sa cabine et ne la lâche pas alors qu'ils s'allongent, leurs membres entrelacés. Il sourit en embrassant le front de la grise, appréciant le développement de leur relation. Le sommeil le rattrape rapidement et il s'endort, serein.
