Note de l'auteur : Ce crossover a pour principales sources How to Train Your Dragon et Frozen, Rebelle, Raiponce et Aladdin. Dans une moindre mesure Encanto et Les Cinq Légendes. D'autres personnages des studios concernés feront parfois un caméo. Seront reprises les thématiques de l'hiver exploitées dans Dragon de Glace (un conte en lien avec le Trône de Fer) ainsi que Jack et la mécanique du cœur. S'y retrouveront aussi des éléments tirés de Game of Thrones. Il n'est cependant réellement nécessaire que d'avoir vu les Disney, Dreamworks et Pixar. Des chansons seront insérées et signalées par un astérisque mais, afin d'éviter d'interrompre le récit, elles ne seront listées (au besoin traduites) qu'en appendice. Face à l'ampleur que prenait ce qui aurait dû être un O.S, je me suis résolue à tailler les soixante-cinq pages déjà rédigées en chapitres. Malgré ma volonté de les rendre équitables, il fallait tout de même que les coupes soient réalisées à des moments pertinents, d'où leur longueur variable. Je recommande chaudement les remix de Frostudio Chambersonic sur YouTube comme musiques d'ambiance, notamment Sun & Ice, Majestic Flight, et l'album Queentessence.

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Ragnarök

Prologue

Le vent s'était mis à souffler d'un coup, charriant d'énormes flocons. Les arbres gémissaient autour de lui. Il buta sur une racine dissimulée par la neige, s'affaissa et disparut entièrement dans l'épais tapis. Il se redressa, transi. Claquant des dents et se frottant énergiquement les bras pour se réchauffer, il poursuivit son chemin. Bien qu'incapable d'y voir à plus de quelques pas, il entendait une voix. Il y avait une mélodie dans l'air, un chant que la tempête ne déformait pas. Il en aurait presque, presque oublié qu'il avait peur. Retrouverait-il le village, si le temps ne s'arrangeait pas ? Il n'osait plus se retourner, sachant qu'il paniquerait en découvrant ses empreintes comblées, effacées. Lorsqu'il pensa à marquer les troncs, il s'aperçut qu'il avait perdu son couteau. Il savait que sa bêtise risquait de lui coûter les oreilles, quelques doigts ou orteils. A moins que ce froid n'ait raison de lui tout entier.

Mais il n'arrivait pas à résister.

Il était absolument certain de n'avoir jamais entendu cette voix, plus belle qu'aucune de celles sur Beurk. « Ça pourrait être une sirène. », estimait-il. On disait que les dragons les avaient toutes mangées. « Mais si ça se trouve, il en reste une. Juste une. Et c'est moi qui la verrai. Je la dessinerai et papa sera fier que j'aie osé l'approcher. » On racontait qu'elles faisaient parfois cadeau de trésors aux hommes et le gamin imaginait tout un tas de merveilles que sa nouvelle amie pourrait lui confier, qu'il s'empresserait d'exhiber au village. Il serait un héros.

Bon… On disait aussi qu'elles attrapaient les marins et les noyaient. Sauf qu'il était au beau milieu de la forêt. Il ne savait pas trop pourquoi une sirène se serait traînée jusqu'ici, mais elle n'aurait nulle part où le noyer. « Et je pourrai courir. Pas elle. » Tout froussard qu'il était, il s'inquiétait davantage de la tempête que de ce qui l'attendait. Il se figea néanmoins de longues secondes, croyant avoir perçu un battement d'ailes. Il tremblait de tous ses membres. La voix chantait toujours. Avec l'impression que le froid lui écorchait la peau du visage, il rassembla son peu de courage et reprit sa marche.

Il avançait lentement, de la neige jusqu'aux genoux. « J'ai été idiot. Je vais mourir ici et personne ne me regrettera. », finit-il par désespérer, les yeux embués. Vraiment, ils seraient tous bien contents d'être débarrassés de ce pleurnichard, de ce gamin chétif, craintif, dont les bredouillements et les bourdes répétées n'inspiraient que mépris et dépit. Les autres enfants passaient leur temps à se moquer de lui, à lui faire des crasses ou à le rosser. Il ne serait jamais un homme, soupiraient les adultes. Il ne serait même pas une femme, ricanaient les enfants.

Il sanglotait franchement quand le chant cessa brusquement. « Et voilà. J'ai encore raté quelque chose. », songea-t-il, ses pleurs entrecoupés de bruyants reniflements. Il s'arrêta, tendit l'oreille… mais rien. Il était cerné d'ombres grises et blanches. Il regardait d'un côté et d'autre, chagrin et panique mêlés.

Soudain, elle fut là.

De surprise, il poussa un hurlement et leva les bras pour se protéger. La créature, plus petite que lui, ne bougea pas. Elle était si bien encapuchonnée dans son long manteau sombre qu'il n'en distinguait rien. Il lâcha un couinement pathétique lorsqu'il vit quelque chose remuer sous le manteau, mais il ne s'en extirpa qu'une délicate petite main pâle. Les doigts se tendirent vers lui, hésitants. Ils contournèrent la barrière qu'il leur opposait, se suspendirent à un pouce de son visage… Pour finalement s'en retourner fouiller sous le manteau et en sortir un carré de tissu brodé de fleurs multicolores.