Merci à Sebferga pour sa review.
Bonne lecture et bon week-end à tous !
Disclaimer: Le Seigneur des Anneaux appartient à J.R.R. Tolkien. Et Final Fantasy 7 à Square Enix.
Chapitre 7 :
Le Rôdeur et le Fantôme
Assise en retrait du campement, Morwen était partagée entre la peur et le chagrin.
Elle aurait dû se douter que parler à Legolas n'apporterait rien de bon. Apparemment, le roi ne l'avait pas écouté. Pire encore, il avait décidé de l'éloigner d'elle. Maintenant, elle ne pouvait plus compter sur son seul allié.
Non, il y a aussi Faelwen.
Mais l'un comme l'autre n'avaient rien pu faire. Aujourd'hui, Tangadion et ses soldats les plus fidèles l'emmenaient vers une destination inconnue.
Ils avaient chevauchée toute la journée à travers les sentiers de la forêt. Morwen n'avait osé parler, même pour demander à se soulager, car un elfe l'avait menacée tout le long du voyage avec un poignard sous la gorge.
L'enfant n'y comprenait rien. Pourquoi la traiter ainsi ? Elle n'était qu'une petite fille ! Avec des souvenirs d'une vie antérieure, c'est vrai, mais cela ne la rendait pas dangereuse pour autant !
Pourquoi est-ce qu'ils ont tous si peur de moi ?
L'incompréhension et l'injustice de la situation attisaient aussi la colère en elle. Une fois de plus, elle se surprenait à éprouver de mauvaises pensées envers ses bourreaux.
Parfois, elle arrivait à repousser ces idées, mais dès qu'elle sentait la fatigue prendre le dessus et qu'elle s'endormait, des cauchemars sombres et sanglants assaillaient son esprit.
C'était pourquoi elle dormait par à-coups. Les autres soldats dormaient aussi, sur des couchettes confortables, tandis qu'elle n'avait eu droit qu'à une vieille couverture jetée dans une flaque d'eau boueuse.
Morwen demeurait donc en position assise, le dos contre un sac de provisions.
Toutefois, elle refusait de se laisser abattre. Car depuis son cinquième réveil, une certitude s'était emparée d'elle : il fallait qu'elle s'en aille.
Si les elfes étaient déterminés à lui mener la vie dure, elle ne resterait pas avec eux. Mais où aller ?
Pas à Dol Guldur, c'est sûr.
Il fallait qu'elle trouve un moyen de rejoindre le Rohan ou le Gondor. D'après ce qu'elle avait appris, c'était des territoires occupés par les humains. Là-bas, elle aurait plus de chances… Du moins, elle l'espérait. Si ce monde était régi par un système de type médiéval, alors rien ne disait qu'une petite orpheline comme elle pourrait survivre aisément. Qui voudrait l'adopter ? La vie de mendiante risquait de ne pas être aisée…
Dépitée, elle secoua la tête. Il valait mieux ne pas penser à ça pour l'instant. Elle devait s'enfuir discrètement.
Il faisait bien sombre à présent. Le feu au milieu du campement s'était éteint, les rares braises qui subsistaient n'éclairaient plus rien. Elle était suffisamment plongée dans le noir pour tenter sa chance.
Lentement, elle prit appui sur le sac pour se lever puis, à reculons, elle s'éloigna vers les arbres.
Une fois suffisamment loin à son goût, elle fit volte-face et se mit à courir à travers la forêt.
Lorsqu'elle eut besoin de reprendre son souffle, elle s'arrêta et prit appui contre le tronc d'un arbre. Ses doigts entrèrent en contact avec une matière collante et visqueuse.
Elle les retira et vit qu'il s'agissait d'une grosse toile d'araignée. Morwen réalisa qu'il y en avait partout autour d'elle.
Soudain, une violente douleur se fit sentir dans son dos. Elle tomba par terre et gémit.
« Alors, petit monstre, on voulait s'enfuir ? »
Morwen reconnut avec horreur la voix d'un des jumeaux. Levant la tête, elle les vit qui la surplombait avec un sourire malveillant.
« Tu comptais nous fausser compagnie pour rejoindre Dol Guldur ? »
De quoi parlaient-ils ? Non, jamais elle n'en avait eu l'intention ! Elle ne put leur répondre, car l'un des deux lui asséna un coup de pied au visage. Elle le reçut au front.
Avec un gémissement douloureux, Morwen se roula en position fœtale.
« Ne l'abîme pas trop, il faut qu'on la ramène au campement », dit Nestarion.
« Pourquoi ? Le roi se soucie si peu de son cas qu'on pourrait aussi bien la tuer maintenant, ça nous ferait un fardeau de moins ! » dit Nostalion.
« Mais notre mère n'aimerait pas apprendre qu'elle est morte. »
« Ne me parle pas de mère ! Elle s'est laissée berner par cette créature du mal. »
« … Oui, c'est vrai. »
Le maigre espoir qu'avait ressenti Morwen auparavant disparut. Les jumeaux étaient prêts à la tuer !
« Pourquoi ? » gémit-elle.
« Pardon ? » dit Nostalion.
« Pourquoi… vous me haïssez ? Qu'est-ce que j'ai fait ?! »
L'un des jumeaux lui tira violemment les cheveux pour la forcer à la regarder.
« Tu es une aberration. Tu n'es pas comme nous, ni comme les Hommes ou les Nains. Tu n'es qu'un accident né de la combinaison de deux magies opposées », dit Nostalion.
Morwen écarquilla les yeux. Elle ne comprenait pas de quoi il parlait.
« Gandalf et Radagast auraient dû te tuer quand ils t'ont trouvée dans cette fleur, à Dol Guldur », renchérit Nestarion.
« Assez parlé ! Finissons-en », dit Nostalion en dégainant un poignard.
Catastrophée, Morwen se débattit et tenta de reculer, mais l'elfe lui tenait toujours sa chevelure d'une main ferme. Elle tira jusqu'à se dégager, même si elle sentit au passage que ce geste lui arrachait des cheveux.
Sitôt libérée, elle courut se cacher derrière un arbre, mais ses mains se retrouvèrent collée à la toile. Elle se mit à tirer dessus, ce qui provoqua des vibrations dans le réseau de fils.
Soudain, un concert de cliquetis et de chuintements résonna. Les elfes s'immobilisèrent, puis armèrent leurs arcs en visant la cime des arbres.
Soudain, des araignées s'abattirent sur eux. Les jumeaux tirèrent leurs flèches et parvinrent à en tuer une chacun, mais d'autres enjambèrent les cadavres de leurs sœurs pour les attaquer.
Les deux elfes battirent aussitôt en retraite pour rejoindre le campement.
Horrifiée, Morwen réalisa qu'elle était maintenant seule, coincée contre l'arbre avec les araignées.
Elle voulut crier pour appeler à l'aide, mais elle avait trop peur. Et puis, à quoi bon ? Ils se moquaient de son sort !
L'une des araignées, plus grosse que les autres, s'approcha d'elle lentement, comme si elle se délectait de la peur grandissante de l'enfant à mesure que la distance entre elles diminuait.
Lorsqu'elle fut proche, Morwen la vit ouvrir une énorme gueule hérissée de crocs gluants.
Cette fois, la fillette ouvrir la bouche et hurla.
Soudain, une puissante lumière bleue s'abattit sur le sol. Le choc fit reculer les araignées de quelques pas.
Morwen vit quelque chose de lumineux et rapide fondre sur celle qui avait failli la manger. L'insecte eut un bref soubresaut, puis tomba raide mort sur le dos.
Surprise, la petite regarda la mystère forme lumineuse fondre sur les araignées. Un bref éclat de lumière lui indiqua que cette chose avait une épée, mais elle bougeait si vite qu'elle ne pouvait croire qu'il s'agissait d'un humain !
Lorsque la dernière araignée fut tuée, la lumière disparut, révélant un homme.
Morwen le regarda s'approcher d'elle. Il était grand, avec des cheveux bruns lui touchant le menton et une petite barbe naissante.
« Tout va bien, mon enfant. Tu es en sécurité, maintenant », dit l'homme d'une voix rassurante.
D'un coup sec, il dégagea les mains de Morwen, puis se mit à genoux devant elle.
Tout en frottant ses doigts contre sa tunique, l'enfant le détailla en silence.
Il portait des bottes et un pantalon en cuir sale, une tunique bleue et une cape de la même couleur bordée de fourrure. Des protections en cuir entouraient ses avant-bras, couvertes de boue.
« Je suis Talion », poursuivit son sauveur. « Et toi ? »
« M… M-Morwen », dit l'enfant en claquant des dents.
Comprenant qu'elle était encore sous le choc, l'Homme tendit doucement les mains, puis la souleva pour la prendre dans ses bras.
Des éclats de voix lui parvinrent en direction du campement des elfes.
« On ne peut pas rester, tu comprends ? » dit l'homme d'une voix douce.
Morwen acquiesça vigoureusement. Inutile de lui expliquer, elle savait que les elfes ne seraient pas ravis de la voir en vie.
Rassuré qu'elle partage son avis, Talion s'en fut à travers la forêt.
Morwen était surprise de la vitesse à laquelle il courait. Elle avait l'impression de monter une moto humanoïde. Le vent lui fouettait si fort le visage qu'elle ne pouvait parler.
Bientôt, ils arrivèrent devant un massif rocheux. Tout en la portant d'une main, Talion se mit à gravir les rochers de l'autre.
Arrivés au sommet, ils avisèrent une grotte. Talion posa la petite, puis s'avança vers l'ouverture. Il fit quelques pas à l'intérieur, puis tendit la main à l'enfant.
« C'est inhabité, nous pouvons nous y réfugier un instant. »
Morwen se demanda comment il pouvait affirmer ça sans lumière, mais elle le suivit docilement.
La main dans la sienne, l'enfant le suivit dans le noir. Bientôt, le rôdeur s'arrêta.
Lorsqu'il se tourna vers elle, Morwen eut un hoquet de surprise. Ses yeux brillaient d'un bleu surnaturel !
« Tout va bien ? » demanda Talion.
« V-vos yeux ! Ils… brillent ? »
« Oh… Oui, j'avais oublié ce détail. »
Morwen ne put l'interroger plus, car une autre personne apparut près de Talion.
L'inconnu avait une silhouette humaine, mais il semblait fait de fumée. Son corps était translucide et brillait d'une lumière blanche, comme celui d'un fantôme. Son visage avait des traits tirés, la peau semblait collée à son crâne comme celle d'un cadavre. Il avait peut-être été beau de son vivant, mais à présent, c'était un spectre décharné.
« Demande-lui pourquoi les elfes voulaient sa mort. »
Sa voix était grave et emplie d'autorité, comme celle d'un seigneur, mais elle était sifflante, comme emportée par le vent.
Cette fois, Morwen n'y tint plus. Elle poussa un cri de pure terreur et recula jusqu'à se retrouver acculée contre une paroi.
« UN FANTÔME !? »
Le fantôme en question parut surpris.
« Tu peux me voir ? »
Morwen le vit s'agenouiller devant elle. Malgré la peur, l'enfant vit qu'il portait une armure et un diadème elfiques.
« Tu ne dois pas avoir peur de lui », la rassura Talion. « Il ne te fera rien, tu as ma parole. »
L'enfant lui coula un regard méfiant. Elle réalisa que les yeux de l'Homme brillaient du même éclat que la lumière du fantôme.
« Vous êtes qui, au juste ? » demanda-t-elle.
« Je suis… j'étais un rôdeur du Gondor, autrefois. Un capitaine de la Porte Noire. »
« Ah… »
Cela n'expliquait pas grand-chose, mais Morwen voyait bien que Talion n'avait aucune mauvaise intention à son égard.
Le rôdeur se détourna d'elle pour sortir de son paquetage un tas de bois. Tandis qu'il allumait un feu, Morwen reporta son regard sur le fantôme. Il l'observait toujours, mais ne disait plus rien.
Lorsqu'enfin le feu fut allumé, l'enfant ne put résister. Elle se détacha du mur et s'assit près des flammes. Les mains tendues devant elle, Morwen accueillit avec soulagement leur chaleur.
Soudain, elle sentit quelque chose tomber sur ses épaules. Talion s'était approché d'elle en silence pour la recouvrir d'une couverture.
« Morwen, j'ai besoin de savoir qui tu es et pourquoi les elfes semblent t'en vouloir », dit le rôdeur en s'asseyant près d'elle.
L'enfant baissa tristement les yeux.
« Je ne sais pas pourquoi ils me détestent. C'est comme ça depuis ma naissance. Je… J'ai eu beau poser des questions, personne n'a jamais rien voulu me dire. Ils me disaient toujours la même chose : Tu sauras quand tu seras plus grande. »
« Et pourquoi Sauron s'intéresse à toi ? » demanda le fantôme.
« Sauron ? C'est qui ? »
Talion plissa les yeux.
« Ne joue pas l'innocente. Tu as discuté plusieurs fois avec son esprit. Mon… ami et moi l'avons vu à travers une pierre de vision. Il t'a dit de le rejoindre au Mordor. »
Morwen ouvrit la bouche pour protester, quand elle réalisa qu'il faisait allusion au fantôme qu'elle avait vu au palais de Mirkwood.
« Vous parlez du monsieur aux longs cheveux blonds et habillé en blanc ? Il a dit qu'il s'appelait Aulendil. »
Le fantôme eut un rire moqueur.
« C'est un des noms qu'il s'est donné pour berner son entourage. Sa véritable identité est Sauron, le Seigneur Ténébreux du Mordor. »
La fillette prit l'air ahuri. Elle avait parlé avec le Seigneur des Ténèbres, le grand méchant de ce monde ?
« Je vous jure que je ne savais pas ! Il avait l'air gentil. »
Le spectre balaya sa remarque d'un geste de la main.
« Il est doué pour berner son entourage », dit-il avant de disparaître.
Talion regarda Morwen avec compassion.
« Tu ignores donc pourquoi il s'intéresse à toi ? »
« Non ! Je suis personne, je… Enfin… »
« Oui ? »
« J'ai… »
Elle hésita. Pouvait-elle se confier à lui ? Il avait l'air gentil, mais d'autres l'avaient déjà trahie parce qu'elle s'était confiée à eux.
Non, il m'a sauvé la vie. Et il a l'air sincèrement désireux de m'aider.
« J'ai des pouvoirs. Je suivais des leçons chez un magicien, au début. Il s'appelle Radagast. »
« Des pouvoirs ? Quels pouvoirs ? »
« Bof, pas grand-chose. Je peux faire pousser des plantes, c'est tout. »
« Ce doit être cela qui intéresse Sauron. Il souhaite te recruter pour rejoindre son armée. Les elfes ont dû apprendre la nouvelle et jugé que tu étais une menace. »
« Mais je ne veux pas rejoindre les ténèbres ! Je ne veux pas servir le méchant de l'histoire ! Je vous jure… » gémit l'enfant.
Talion lui prit la main. Ce geste rassurant la fit grimacer, car cet homme avait la peau froide.
« Je te crois. Ne t'en fais pas. »
Le fantôme réapparut devant Talion.
« Nous ne pouvons rester ici. Les elfes sont de bons pisteurs, ils nous retrouveront vite. »
« Pas tout de suite ! Morwen a besoin de se reposer. »
Le spectre émit un son méprisant, comme si la fatigue d'une enfant ne le concernait rien, puis il disparut à nouveau.
« Repose-toi, je vais monter la garde », dit Talion.
Rassurée, Morwen arrangea sa couverture près du feu. Elle fut tentée de remercier le rôdeur, de lui dire qu'elle était vraiment heureuse qu'il soit là. Peut-être était-ce une réponse à ses prières ? Peut-être qu'il pourrait l'emmener dans un endroit sûr, loin de la forêt et des elfes.
Mais en attendant, elle était trop fatiguée. Aussi, elle ferma les yeux et s'endormit.
XxXxXxXxXxXxXxX
Talion observa la petite silhouette endormie devant le feu en réfléchissant.
Ainsi, elle avait des pouvoirs. Peut-être était-ce une Maia… ou la descendante d'un des cinq Istaris ?
« Nous ne pouvons pas nous encombrer d'une enfant, elle nous ralentirait dans notre quête », dit la voix de Celebrimbor dans sa tête.
Je sais. Je vais l'emmener au Gondor. Dès que je trouverai une famille disposée à s'occuper d'elle, nous reprendrons nos recherches de la Main Noire.
Cette réponse parut satisfaire Celebrimbor, qui ne dit rien de plus.
Reportant son regard sur l'enfant, Talion eut un pincement de cœur. Elle était si jeune ! La sensation, quand il l'avait portée dans ses bras, avait suscité en lui un douloureux pincement de cœur. Cela lui avait rappelé le temps où son fils, Dirhael, était aussi petit qu'elle. Il l'avait souvent porté dans ses bras de la même façon.
Soudain, Morwen gémit dans son sommeil. D'instinct, Talion posa la main sur ses cheveux. Aussitôt, il sentit un flux d'énergie traverser sa paume et atteindre sa tête pour lui transmettre des images.
Il vit une étrange cité, aux immenses demeures en béton et aux nombreuses fenêtres carrées. Une jeune femme, qui ressemblait à Morwen adulte, marchait sous la pluie, jusqu'à une espèce de charrette à roues recouverte d'un toit lisse.
Une fois à l'intérieur, elle se faisait surprendre par… la Main Noire de Sauron !
Horrifié, Talion le regarda trancher la gorge de la malheureuse en récitant des incantations du Mordor.
Le rôdeur vit l'image se brouiller dans un nuage de noirceur, puis de lumière. Il se retrouva à Dol Guldur, au milieu d'un étrange champ de fleurs.
Elles ressemblaient à des symbelmynë, sauf qu'elles étaient plus grandes que la normale. Et toutes étaient de couleur noire, striées de rouge. Certaines avaient un cœur d'où s'échappait de la fumée noire, tandis que d'autres émettaient un halo doré.
Parfois, de la fumée fusait de l'une d'elles pour aller toucher une lumineuse. Celles touchées par la noirceur commençaient alors à se flétrir, jusqu'à finir en un tas de cendres.
Mais parfois, les dorées tendaient leurs racines hors du sol et les faisaient serpenter jusqu'aux noires pour les étouffer.
Bientôt, il ne resta plus qu'une seule fleur, qui brillait comme un petit soleil au milieu des ruines de Dol Guldur.
Talion vit deux vieillards coiffés de chapeaux pointus arriver près de la fleur, puis l'un d'eux la toucher. Aussitôt, elle s'ouvrir en grand et cracha un bébé enfermé dans un cocon de sève.
Ébahi, le rôdeur regarda le bébé être emmené à Mirkwood. Des images se succédèrent, montrant l'enfant qui grandissait, aimée par certains et crainte par d'autres, jusqu'à devenir Morwen telle qu'il la connaissait. Il vit les mauvais traitements infligés par les soldats, ce qui le fit grincer des dents. Que Morwen soit humaine ou non, rien ne justifiait un tel traitement !
Les images cessèrent, laissant le rôdeur revenir dans la grotte.
Soudain, un coup de tonnerre retentit. Le bruit de gouttes d'eau tombant sur la roche lui parvint, signe qu'il commençait à pleuvoir. Bien, cela effacerait leurs traces rendrait les recherches des elfes difficiles.
Talion regarda Morwen d'un œil neuf. Cette petite fille n'était pas humaine. Elle était le fruit d'un mystérieux phénomène magique qui avait touché Dol Guldur, il y a des années.
Tu as vu ? demanda Talion.
« Oui », répondit Celebrimbor d'une voix aussi confuse que la sienne. « Cette enfant n'est pas ordinaire. Son âme a été maudite par la Main Noire de Sauron dans une autre vie, tout comme nous. »
Que faire, maintenant ? Talion se demandait si la confier à une famille humaine était une bonne idée. Puisqu'elle avait des pouvoirs, la logique voulait qu'il la confie à un Istari.
Mais les habitants de Mirkwood semblaient persuadés qu'elle était dangereuse. En plus, la laisser si près de Dol Guldur était dangereux. Sauron voulait la récupérer pour qu'elle rejoigne les rangs de son armée.
Il se rappela ses étranges yeux vairons, l'un vert et l'autre jaune. Lorsqu'elle avait été adulte, dans son autre vie, ses yeux n'avaient pas été ainsi, mais noisette. Pourquoi avaient-ils ces deux couleurs, dans ce nouveau corps ?
« La Lumière et les Ténèbres se disputent son âme », expliqua Celebrimbor. « Nous ne pouvons laisser Sauron la recruter. »
Talion en avait parfaitement conscience. Sauf que s'il voulait éviter qu'elle rejoigne l'Ombre, il devait l'emmener aussi loin que possible de Dol Guldur. Mais partir loin et longtemps du Mordor ne lui plaisait pas du tout. Que faire ?
Soudain, un bruit de sabot atteignit ses oreilles. Le rôdeur s'empressa de dégainer son épée, puis marcha à pas mesurés vers l'entrée de la grotte.
Lorsqu'il aperçut le mystérieux cavalier qui se tenait devant lui, il grommela un juron surpris.
« Qu'est-ce que cela signifie ?! » s'écria le rôdeur.
Je sais, je m'arrête à nouveau sur une note de suspens, c'est pas cool !
Mais j'y suis obligée pour le rythme de l'histoire. Alors, pitié, ne me frappez pas !
J'aurais également besoin de votre aide pour des suggestions, chers lecteurs. Je réfléchis à un nom de famille pour Morwen, anglais de préférence, sauf que je n'ai pas vraiment d'idée. Auriez-vous des suggestions ?
N'hésitez pas à me les transmettre par review !
