Bonjour tout le monde !

Voilà le chapitre 19 !

Bonne lecture !


Traversant l'espace dimensionnel qui relie l'Underworld au monde des humain, le train privé de la famille Gremory avance à allure régulière. Ses passagers, les membres de l'ORC, sont tous assis sur de confortables banquettes.

D'un côté du wagon se trouvent Kiba et Koneko. Le premier lit distraitement, alors que la deuxième grignote des bonbons. Pour changer. À l'opposé Rias Gremory et son amie discutent pour passer le temps. Elles attendent des nouvelles de leur membre le plus récent.

Comme pour répondre à leur souhait, Mash approche d'elles quelques secondes plus tard. Elle a l'air détendue. Il n'y a aucune trace de fatigue sur son visage ou dans sa façon de se déplacer. On ne croirait pas qu'elle vient de livrer un combat à mort. Sans doute par ce qu'elle tire son énergie en grande partie de son ''Master''.

« Comment va-t-il Mash ? » Demande la démone, en dissimulant autant que possible son inquiétude.

« Il dort paisiblement. » Répond la jeune femme, rassurante. « Il est exténué, mais il va bien. »

Rias laisse échapper un soupir de soulagement.

« Rien d'étonnant. » Dit-elle, de nouveau détendue. « Vous avez réussi à tenir tête à tout un Peerage. Et même à en sortir vainqueur. Ce n'est pas un mince exploit. »

« Merci Gremory-sama. » Fait Mash en s'inclinant respectueusement. « Mais la victoire revient davantage à Sempai. C'est lui qui a mené le combat. »

« Fu,fu,fu, quelle modestie. » Rigole doucement Akeno. « Arthur dit que c'est grâce à toi et tu dis l'inverse. » Elle sourie largement. « Vous faites un très bon couple. »

« C... C... Cou... Couple... !? » Bégaye la Demi-Servant, devenant plus rouge qu'une pivoine. « Sempai et moi n'en sommes pas là ! »

« Oh oh ? » Fait la Vice-présidente en recouvrant ses lèvres avec sa main. « ''nous n'en sommes pas là ?'' » Répète-t-elle. « Est-ce que ça veut dire que tu as des vues sur lui ? »

Mash se tortille dans touts les sens en bafouillant de plus belle, n'ayant pas imaginé que sa phrase pouvait à ce point porter à confusion. Rias intervient pour l'aider, même si son sourire est aussi grand que son visage, ou presque.

« Cesse donc de la taquiner Akeno, sinon Arthur va te sermonner. » Avertit-elle. « Encore une fois. »

« Peut-être que je l'espère... » Répond la concernée d'un ton langoureux.

« Perverse... » Murmure tout bas Koneko.

« Plus sérieusement Mash, » Reprend la démone. « J'apprécie vraiment que tu sois aussi polie avec moi, mais ne peux-tu pas m'appeler Buchou comme le reste de notre club ? » Demande-t-elle encore une fois. « Tu en fais partie, peu importe les circonstances qui t'ont amenées ici. »

« Je... Je vais essayer... » Dit timidement la jeune femme.

Une expression de douceur se forme sur le visage de Rias. Ce n'est pas première fois qu'elle demande à Mash d'être moins formelle, mais pour l'instant il n'y a rien à faire. Cependant, ce n'est pas pressé. Elle se souvient que la Demi-Servant a toujours eue des rapports complexes avec les figures d'autorités à cause de la manière dont elle est venue au monde.

Ce qui fait qu'elle a beaucoup de sympathie et de respect pour la jeune femme. Être créée juste pour accomplir une tâche, et être jetée comme un vulgaire objet une fois son utilité dépassée, lui rappelle son propre engagement avec la famille Phenex d'une certaine façon.

Elle a déjà eu occasion de les rencontrer par le passé. Des personnes tout à fait respectables. Passé Riser Phenex. Et bien sûr, c'est à lui qu'elle a été promise...

Par chance, elle en est probablement débarrassé après la débâcle de cet après-midi. Et ce qui vient de se passer cette nuit ne va faire qu'aggraver le cas de son prétendant. Elle regrette juste que se soit deux membres de son Peerage qui aient été obligés de subir le contrecoup...

« … Himejima-san... ? » Fait la voix timide de Mash, ce qui sort Rias de ses pensées. « Est-ce que je peux vous demander de l'aide pour vérifier l'état de santé de Sempai ? » Demande-t-elle, un étrange malaise dans sa voix. « Je cois que j'ai oublié de vérifier quelque chose... » Aucune réponse pendant quelques secondes. « S'il vous plaît... ? » Insiste-t-elle, hésitante.

« Je viens tout de suite. » Répond finalement la concernée. Un peu déconcertée par cette demande soudaine.

Elle se lève, sous le regard un peu perdu de leur maîtresse, et suit l'adolescente jusqu'à destination. Alors qu'elles se sont éloignée d'à peine un mètre, la démone voit des symboles ésotériques se former sur la table du coin de l'œil. Dès qu'une phrase complète, du moins à son avis, est dessinée, une étrange sensation court sur sa peau. Comme un courant de magie à la fois simple et puissant.

Scàthach, les bras posés sur les accoudoirs et les jambes croisées, se matérialise sur le siège d'en face et elle se retient avec difficulté de sursauter de surprise. Les yeux d'un rouge sanguin de la formidable guerrière celte, braqués sur elle, lui donnent encore une fois cette impression qu'elle n'est qu'un livre ouvert.

« Bonsoir à vous Rias Gremory. » Dit Lancer d'une voix protocolaire.

La démone regarde timidement à sa gauche. Kiba et koneko n'ont pas du tout réagis à sa présence. C'est sans doute à ça que sert la chaîne de Runes...

« Bon... Bonsoir Miss Uanaind... » Répond Rias avec un peu de retard, toujours sous le coup de son apparition soudaine. « Que... Que me vaut l'honneur de votre présence... ? »

Un petit rire moqueur accueille la question de la démone, qui comprend maintenant mieux le pourquoi de la demande timide de Mash. Malgré tout, ça n'enlève rien à la pression qu'exerce le simple fait d'être seule à seule, avec en face de soi une combattante aussi redoutable.

« Il est relativement comique de vous voir aussi attachée au décorum, alors que vous venez de demander un plus grande familiarité à l'un des membres, même si ce n'est que par extension, de votre Peerage. » Explique la Déicide. « Cela étant dit, » reprend-t-elle dans la foulée. « Ce n'est pas la raison qui motive ma présence. »

Il y a un court silence.

« Dans un premier temps, je vous adresse mes excuses pour m'imposer de la sorte. » Commence-t-elle. « Ensuite, je me dois de vous adresser mes félicitations Rias Gremory. » Dit lancer, sérieuse, presque solennelle.

Il y a un blanc. Rias ne comprend pas ce que veut dire Scàthach. Elle n'a rien fait qui mérite des éloges. Pire encore, elle n'a pas su prévoir l'agression de Riser. Ce qui a mit Arthur et Mash dans une situation plus que dangereuse. Lancer explique alors en détail.

« Vous avez été capable de retenir Arthur, et ce malgré la rage qui l'animait. » Elle semble sourire. « Il y a peu encore, cela vous aurait été impossible. Mon impulsif étudiant se serait déchaîné sur cette pathétique imitation de gentleman. »

« Êtes-vous certaine de cela Miss Uanaind... ? » Demande la démone, pas très sûr d'elle. « Je pense que Mash a beaucoup contribué à le calmer. »

« Effectivement. » Reconnaît la guerrière, satisfaite d'entendre autant d'humilité. « Néanmoins vous avez fait le bon choix de ne pas imposer votre autorité. En lui accordant sincèrement le droit de choisir ses actions, tout en lui rappelant ce que cela provoquerait, vous avez désamorcé une situation périlleuse. » Une courte pause. « Vous avez retenu et assimilé nos paroles et conseils, avant de les mettre en pratique, Rias Gremory. Peu de gens sont capables d'accepter de changer leur vision des choses en un laps de temps aussi réduit. Cela est digne de compliments. »

La démone se retient de rougir. Il y a longtemps que quelqu'un ne lui a pas dit ce genre de chose. Elle ne pensait pas que ça aurait autant d'effet. Elle remarque alors que Lancer l'a appelée par son nom et prénom. La Présidente a bien compris que c'est uniquement lorsque qu'elle est sérieuse, ou qu'elle a un certain respect pour quelqu'un, qu'elle le fait. Ce qui l'a rend d'autant plus mal à l'aise.

« Cependant, il y a quelque chose que je veux entendre de votre bouche. » Le semblant d'euphorie de Rias retombe plus vite qu'une pierre qui chute, en entendant le ton beaucoup plus sérieux qu'elle vient de prendre. « La situation dans laquelle vous vous trouvez soulève un grand nombre d'interrogations. » Explique Scàthach. « Néanmoins, étant donné le peu de temps dont nous disposons, il y a une question prioritaire à laquelle vous devez répondre maintenant : comment se fait-il que votre intendante soit arrivé aussi vite, alors que personne ne lui avait transmit l'information concernant Arthur ? »

Bien plus concentrée maintenant, grâce au ''rappel à l'ordre'' de son interlocutrice, Rias se met à réfléchir. La soudaine apparition de Grayfia l'avait surprise aussi. Mais sur le moment, elle avait du arracher à sa belle-sœur le droit de rentrer avec leur train privé, pour permettre à son Pion de se reposer un peu. Du coup ça lui était sortit de la tête.

Comment pouvait-elle déjà être arrivée ? Même si la jeune démone l'avait prévenu, ce qu'elle n'a pas fait sous le coup de la panique, au moment ou elle et ses serviteurs étaient partit aider Arthur, il lui aurait fallu au moins 30 bonnes minutes pour rassembler un bataillon complet adapté à la situation, avant de se téléporter dans le monde des humains. Elle réfléchit pendant une longue minute avant de reprendre la parole.

« Croyez-vous que l'on nous surveille ? » Demande Rias, mal assurée. « Que l'on ait obligée Grayfia à nous espionner ? Afin que je ne cherche pas à fuir mon engagement ? »

En entendant sa réponse, Scàthach se redresse et décroise les bras, avant de pencher vers elle. Lancer pose ses coudes sur la table et pose ensuite son menton sur ses doigts joints. Le tout, sans la quitter des yeux. Encore une fois, elle a l'impression que ce regard la transperce de part en part. Elle ne peut pas s'empêcher d'avoir un léger frisson.

« Vous êtes sur la bonne route, quoique dans le mauvais sens. » Répond la guerrière celte, cryptique, ressemblant étrangement à Caster dans le choix de ses mots. « Je ne puis dire que je connaisse suffisamment votre frère. Cependant, même s'il n'est que la moitié de ce que vous nous avez décrit, alors il se serait opposé à ce stratagème. » Affirme-t-elle. « La possibilité existe, certes, cependant cela est très improbable. »

« Désolée de vous contredire Miss Uanaind... » Fait timidement Rias. « Qui, à part les plus traditionalistes des nôtres, aurait intérêt à nous surveiller de la sorte... ? »

« Une excellente question. » Fait Lancer, satisfaite.

Rias va répliquer immédiatement, mais elle se retient. Si Scàthach l'oblige a réfléchir de cette façon, c'est qu'il y a une bonne raison. Elle reprend son raisonnement depuis le début pour essayer de trouver la faille. Ne la trouvant pas, elle commence à sentir une certaine irritation l'envahir. Elle fait alors la liste de toutes les personnes qui pourraient être au courant de quelque chose. Une fois... Deux fois...

Et à la troisième fois, elle se raidit de surprise...

« Franck Black... » Lâche-t-elle dans un murmure.

« Une nouvelle fois, mes félicitations Rias Gremory. » Complimente la Déicide, son sourire bien plus large, et donc visible, cette fois.

« Mais ça n'a pas le moindre sens ! » S'exclame la démone. « Si ce ne sont pas le nôtres qui m'espionnent, alors ce sont forcément les Anges Déchus ou l'Église. Pourquoi nos ennemis de toujours préviendrait-il un Maou qu'un membre de mon Peerage se fait attaquer ? »

« Il existe de nombreuses raisons. » Répond simplement Lancer. « S'assurer que le plus puissant des Maous ai une dette qui devra être remboursée, par exemple. Pour ne citer que celle là. » Elle se replace au fond de son siège avant de reprendre la parole. « Je vous laisse loisir de trouver le scénario le plus probable. »

Sur ces mots, elle disparaît rapidement, sans laisser la moindre chance à Rias de protester. Les Runes disparaissent et la démone n'est plus isolée du reste du train. Elle regarde discrètement les membres de son groupe, avant de presque s'avachir dans son fauteuil... Elle se retient au dernier moment pourtant.

Elle voudrait des réponses... Cependant le seul qui pourrait les lui fournir est son frère... Mais comment lui poser la questions sans paraître déplacée... ? Au mieux...

« Rias ? Tout va bien ? » Demande une voix inquiète.

Rias sursaute. Elle était tellement dans ses pensées qu'elle n'a pas entendue Akeno revenir. Du coup, Kiba et Koneko sursautent presque aussi. Les démons regardent leur maîtresse avec une certaine surprise.

« Désolé Akeno. » S'excuse Rias. « Je viens d'avoir une conversation avec Miss Uanaind. Elle voulait me faire remarquer un détail important. »

« Miss Uanaind vous a parlée !? » Fait Kiba, plus que surpris cette fois. « Je n'ai rien senti... »

Koneko fait non de la tête lorsque les regards se tournent vers elle. D'ordinaire c'est de loin la plus sensible à ce genre de chose. Pourtant ce coup-ci, rien du tout. S'en est effrayant...

La Présidente leur dit alors ce qu'il en est.


Deux heures plus tard, le train arrive pratiquement à destination. Décélérant tranquillement, il va bientôt aller se placer sur le quai près du manoir de la famille Gremory, tandis que le conducteur annonce encore dix minutes de trajet. Mash secoue doucement Arthur pour le réveiller. Celui-ci met un peu de temps à émerger.

« Hum... Quoi... ? On est déjà arrivé... ? » Demande-t-il, toujours dans les vapes.

« Oui sempai. » Confirme la jeune femme.

« J'ai l'impression que je viens de m'endormir... » Dit-il en se frottant les yeux. « Et en plus j'ai des crampes partout... »

« Est-ce que tu veux que je te fasse un massage pour te soulager Arthur ? » Dit Akeno avec un sourire qui en dit long.

Malgré qu'il soit dans le cirage, ça ne l'empêche pas de lui montrer un visage tellement neutre qu'il est plus expressif que la pire des grimaces.

« Et à part ma dignité, qu'est-ce que ça va me coûter Himejima-sempai ? » Fait le jeune homme sur le ton de la conversation.

« Fu, fu, fu, tout dépend du menu que tu choisiras. » Répond-t-elle sur un ton langoureux.

Kiba se met à pouffer de rire, tandis que Koneko marmonne un ''perverse''. Rias essaye de se retenir de sourire et échoue lamentablement. En fait, il n'y en a qu'une seule qui n'a pas compris.

« Dignité ? Menu ? » Répète Mash, perplexe. « Que voulez-vous dire sempai, Himejima-sempaï ? »

Avec un grognement de frustration et de fatigue, Arthur replonge directement la tête la première dans les coussins de la banquette, en maudissant silencieusement cette succube.


Quelques minutes plus tard le train arrive finalement. Tandis qu'il n'avance presque plus, et qu'une déchirure dans l'espace, qui a déjà avalé la tête de rame, marque le terminus, tous les voyageurs sont prêt à descendre. Alors que Rias se prépare à impressionner Arthur et Mash, tandis que la lumière du jour de l'Underworld devient plus intense, elle se fige brutalement. Comme tout le monde.

Grayfia et une vingtaine de soldats armés les attendent sur le quai...

L'atmosphère détendue et conviviale qui régnait avant disparaît plus vite qu'un animal qui fuit un feu de forêt. Ils se regardent tous, sans comprendre. Qu'est-ce que c'est que ça ?

C'est là que la Présidente à une révélation.

Elle se rue presque vers la sortie et n'attend même pas que le train soit complètement à l'arrêt, pour poser le pied sur le sol. Avançant comme une furie en direction de la domestique, cette dernière se retient de pousser un soupir. Elle a vu cette situation arriver avec des kilomètres d'avance.

« Pourquoi ce bataillon Grayfia ? » S'enquiert Rias, furieuse. « Ne me dis pas que tu viens arrêter Arthur et Mash !? Ce sont des victimes de Riser ! Pas l'inverse ! »

« J'ai bien peur que se soit pourtant le cas Ojou-sama. » Répond la Reine, confirmant les craintes de la jeune démone. « Riser Phenex-sama les accuse de l'avoir agressé, et délibérément attenté à sa vie, alors qu'il venait simplement parlementer. »

« C'est complètement ridicule ! Pathétique même ! » Réplique froidement la Présidente. « Je refuse qu'ils soient traité comme de vulgaires criminels ! »

Grayfia voit du coin de l'œil que touts les membres de l'ORC sont en train de retenir le principal concerné dans le wagon, avant qu'il ne débarque et ne dise quelque chose de particulièrement déplacé.

« Vous n'avez guère le choix Ojou-sama. » Affirme la domestique, calme. « J'ai pour ordre de conduire Arthur Sadler-sama et Mash Kyrielight-sama en détention, en attendant que la Chambre des 72 se réunisse. »

Rias se change presque en statue en entendant ça. Elle reste sans bouger, les yeux ouverts tellement grands qu'ils menaceraient presque de tomber de leurs orbites. Il lui faut plus de dix secondes pour récupérer de sa surprise.

« Je dois parler à mon frère immédiatement Grayfia. » Ordonne la jeune démone d'une voix qui a retrouvé son intonation habituelle. Même si ce n'est qu'une façade. « Réunir la Chambre pour un simple conflit entre Deux Piliers est grotesque. »

« Je ne puis accéder à votre demande Ojou-sama. » Répond poliment sa sœur par alliance. « Lucifer-sama en personne a approuvé cette démarche. Encore une fois, j'ai pour consignes de mettre aux arrêts vos deux Pions, et de veiller à ce qu'ils ne reçoivent aucun traitement de faveur jusqu'à la date prévue. »

« C'est de la folie furieuse Grayfia ! » Réplique Rias, son aura commençant à se manifester autour d'elle. Ce qui met mal à l'aise les soldats derrière. « En tant que future héritière de la Maison Gremory, Ducs des Enfers, je... »

« Il suffit Rias ! » Tonne une voix forte.

La démone tourne la tête vers celui qui vient de l'appeler et voit son père approcher dans une démarche autoritaire, accompagné de sa mère juste en retrait derrière. Le silence s'installe jusqu'à que ce dernier soit juste en face d'elle, alors que les soldats s'agenouillent et que Grayfia s'incline.

« En ma qualité de Seigneur des Gremory, j'ai également donné mon accord pour que cette assemblée ait lieue. » Déclare-t-il. « Tu n'as pas mot à dire, ma fille. »

« Mais Otou-sama... » Commence Rias, décidée à ne pas en rester là.

« Cette conversation est terminé. » Dit-il, intraitable. « Notre conduite envers nos serviteurs est certes notre fierté, néanmoins, celle-ci ne nous autorise pas à ignorer la loi. » Rappelle-t-il. « Ou bien dois-je considérer que tu souhaites engager toute notre famille dans un caprice égoïste ? »

Plusieurs fois, sa fille ouvre la bouche pour répondre. Mais au final, elle ne dit rien et se contente de baisser les yeux. Les poings serrés, elle se force à rester silencieuse. Son père se tourne alors vers leur intendante.

« Tu peux procéder Grayfia. » Dit Zéoticus, autoritaire. « Nous nous chargerons du reste ».

« À vos ordres Maître. » Répond poliment la domestique en s'inclinant un peu plus.

Tremblante de rage, Rias regarde le contingent s'approcher de Arthur et Mash qui ont bien compris ce qu'il se passe, alors qu'ils descendent à leur tour. Aux têtes que tirent leurs camarades, ils sont tous aussi révoltés qu'elle de ce qui se passe.

« Vous me passez les menottes ? Des fois que je sois un grand malade, suicidaire et déséquilibré, au point de vouloir vous affronter ? » Demande le jeune homme, caustique.

« Sempai ! » Fait sa Servant en essayant de faire tomber la pression, même si ce n'est de presque rien.

« Nous ne ferons usage de la force que si vous nous contraigniez à le faire. » Répond simplement Grayfia, protocolaire.

« Je vais vous suivre. » Dit Arthur, l'air de se calmer, après que Kiba lui ait murmuré quelque chose. « Promettez-moi juste que ce ne sont pas les Phenex qui vont nous garder. Je n'ai pas confiance. »

« Vous serez détenu dans les cellules de l'organisation Grauzauberer, sous la garde personnelle de son dirigeant. » Répond simplement la domestique. « Par essence, ils sont neutres dans les affaires politiques entre Piliers. »

Acquiesçant d'un hochement de tête, et se rapprochant de Mash, Arthur commence à emboîter le pas à Grayfia. Les deux adolescents et leur escorte disparaissent dans un cercle de téléportation, tandis que Rias observe, impuissante, se maudissant de ne servir à rien.


Alors que la téléportation se termine, les deux adolescents se retrouvent dans ce qui ressemble à un vieux donjon médiéval. Les murs sont en pierre brutes et il fait plutôt sombre, malgré la vision nocturne des démons. Sans doute à cause d'un sort fait exprès.

Celui qui doit être leur geôlier s'approche nonchalamment. Il a l'air d'avoir la trentaine, ses yeux sont de deux couleurs différentes, bleus et rouges. Ses cheveux aussi, même si on dirait que c'est dû au gel qu'il utilise pour se coiffer. Aussi bizarre que se soit.

« Bonsoir Grayfia Lucifuge. » Dit-il poliment, d'une voix détachée.

« Méphistophélès-sama. » Répond la concernée en s'inclinant poliment. « Voici Arthur Sadler-sama et Mash kyrielight-sama, les deux Pions de Rias Gremory-sama dont vous avez la garde jusqu'à la date de l'audience. »

Il pose un regard bref sur eux puis échange quelques mots avec l'intendante Gremory. Une fois que tout est en ordre, cette dernière et l'escorte qui l'accompagne disparaissent comme ils sont arrivés. Le silence s'installe, les trois personnes se regardent dans le blanc des yeux pendant un dizaine de secondes. C'est leur garde qui prend la parole en premier.

« Vous avez beaucoup fait parler de vous ces dernières heures, jeunes gens. » Dit-il sur le ton de la conversation.

« Dans quel sens ? » Répond sèchement Arthur. « Je parie que cette pleureuse de Riser est allé chouiner dans les bras de tous les ronds de cuir qu'il connaît, que tout le monde voit à quel point il a été maltraité par ''les vilains petits démons réincarnés qui ne savent pas quelle est leur place ?'' »

« Sempai ! Es-tu obligé de provoquer toutes les personnes que tu croises !? » Réplique Mash, vraiment pas contente.

« C'est ce que je pense, rien de plus. » Se contente de dire le jeune homme. « Cet enfoiré n'est qu'un fils à papa pourri gâté, qui avait besoin d'un bon coup de poing dans sa sale gueule, pour lui faire comprendre que les gens ne sont pas de vulgaires objets. »

« Surveille ton langage s'il te plaît sempai. » Répond Mash en le fixant droit dans les yeux. « De plus, il a déjà été largement assez puni. Inutile d'en rajouter. »

« C'est clair. » Fait Arthur, sarcastique. « On n'est pas du tout en prison, et on est pas du tout sur le point d'être jugé à cause de lui. »

Il reste silencieux à fixer sa Servant pendant quelques secondes, puis il se calme rapidement. Poussant un soupir, il se frotte la nuque, l'air d'un coup être embarrassé.

« Désolé Mash. » Dit-il, presque honteux. « Je ne voulais pas dire ça comme ça... »

« Ce n'est pas grave sempai. » Fait la jeune femme avec douceur. « J'apprécie ton caractère franc et honnête. » Elle sourie. « Tâche simplement de ne pas te laisser emporter. »

Leur gardien observe la scène avec attention. Il savait déjà que les Gremory, ainsi que touts leurs serviteurs, sont des bons-vivants. Leur maisonnée est réputé pour leur compassion, voir amour, qu'ils portent envers touts leurs membres. Ce qui signifie, en contrepartie, qu'ils sont aussi les plus susceptibles de dire tout haut ce que les autres pensent tout bas. Mais c'est quelque chose qu'il apprécie vraiment.

« Puis-je maintenant vous mettre derrière les barreaux ? » Demande Mephisto sur le ton de l'humour. « Ou préférez-vous que je vous trouve une chambre pour continuer votre dispute de couple ? »

Mash se met à rougir et bégaye, tandis que Arthur réplique au quart de tour. Il sent, sans vraiment trop savoir pourquoi, que ce démon est bien plus ouvert que la moyenne, voir même sympathique. Il se permet donc de se relâcher un peu.

« Si on ne peut même plus laisser un homme parler avec sa bonne conscience, où va-t-on ? » Dit-il en feignant l'indignation.

« Sempai ! » S'écrie la jeune femme, franchement gênée.

Le geôlier éclate alors d'un rire qui résonne loin dans les couloirs. Si bien que plusieurs étudiants, trois étages plus haut, l'entendent.


Au bout de quelques minutes de marche, les trois personnes arrivent à destination. Ce n'est rien d'autre qu'une cellule ordinaire, avec deux lits qui n'ont pas vraiment l'air confortable, ainsi qu'un renfoncement qui doit probablement cacher une pièce d'eau. Du moins c'est ce qu'espère Arthur. Et détail important, il n'y a pas de porte et pas de barreau non plus.

« Voilà où vous résiderez jusqu'à l'audience dans cinq jours. » Informe Mephisto. « Votre repas vous sera apporté chaque soir à la même heure. »

Il les ''invite'' à entrer et ils le font, d'un pas lent facilement compréhensible. Alors que Mash tâte le matelas poussiéreux du lit de droite, le jeune homme fait face à celui qui les conduit ici.

« Et si nous avons besoin de quelque chose ? » Demande-t-il.

« Vous serez en permanence sous surveillance magique. » Répond le démon. « Parlez simplement et je viendrai aussi rapidement que faire se peut. »

Sur ces mots, il recule d'un pas, sortant de la cellule. Il fait plusieurs gestes complexes et une sorte de fine paroi magique se forme dans l'encadrement de la porte. Un dirait de l'eau qui s'écoule sur une surface plane. Après les avoir salué, il s'en va sans dire un mot de plus. Alors qu'il s'éloigne, le directeur de l'organisation Grauzauberer est en pleine réflexion.

''Comme m'a informé Sirzech, ce jeune démon dégage une aura atypique.'' Pense-t-il. ''Elle ne correspond à rien de connu. De plus, cette sensation d'être surveillée par quelque chose d'invisible est plus que tangible.'' Il s'arrête dans sa marche et regarde derrière lui. Il repense à Mash. ''Cette jeune fille n'est pas une démone. Ni une humaine. Et son aura, même si elle présente des similarité avec celle de son camarade, est encore différente.'' Il recommence à avancer. ''Vous êtes une énigme intrigante, jeune gens.''

Il sourie avant de parler à haute voix, même si personne d'autre que lui ne peut entendre.

« Savez-vous à quel point le jeu auquel vous jouez est dangereux, Rias Gremory ? »


Fin du chapitre 19 !

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !