Durant les deux mois qui suivirent les attaques de l'héritier cessèrent. Mais les née-moldu ne furent pas hors de danger pour autant.

Au début, tout se passait bien, mais lentement, les mesures du nouveau directeur firent leurs effets. Petit à petit les nées moldu devinrent la victime de petit règlement de comptes et durent rendre de nombreux services à leur camarade en échange de l'accès à leur droit.

Au début, les directeurs de maisons sévirent pour empêcher ce genre de comportement. Mais le directeur Malefoy intervint de plus en plus souvent pour assurer une impunité au coupable. À l'exception notable de la maison Poufsouffle, les née-moldu devinrent les parias de leur propre maison et beaucoup parlaient de ne pas revenir à Poudlard l'année prochaine. Cependant Poudlard étant la seule école de magie accessible au née-moldu. Pour eux quitter Poudlard voudrait dire se couper du monde magique et renoncer définitivement à pouvoir utiliser leur baguette (légalement).

Les plus jeunes hésitaient, mais les plus âgés comprenaient que sur le long terme ce n'était pas une bonne idée. Il valait mieux subir quelques années difficiles et avoir ensuite le droit d'utiliser ses pouvoirs, plutôt que de quitter l'école et de se retrouver sans défense. Surtout que tous avaient conscience que c'était ce que voulaient les puristes.

Une fois résigné à devoir rester, les née-moldu formèrent de petit groupe de résistance auquel se joignirent certains sang purs comme les Weasley.

Parallèlement, de petits groupes de sang pur se formèrent pour harceler des née-moldu. Les différents groupes étaient constitués d'élèves de toutes les maisons. On retrouvait des née moldu de Serpentard dans la résistance et des sangs pur Gryffondor chez les puristes. Mais pour l'essentiel, les tensions prirent la forme d'une traditionnelle guerre entre Serpentard et Gryffondor. Entre les familles de la lumière et les familles des ténèbres. Entre les Malefoy et les Weasley.

Les tensions augmentèrent ainsi petit à petit, jusqu'à ce qu'un matin Harry rentre dans la grande salle et la trouve complètement dévastée.

Afin d'éviter les autres élève Harry avait pris l'habitude de venir prendre son petit-déjeuner aux aurores (Moment où seul les élèves les plus matinaux occupait la grande salle). Il découvrit ainsi avec deux autres élèves la grande salle recouverte de sciures de bois et de divers débris. C'était tout ce qui restait des grandes tables et des bancs permettant aux élèves de s'asseoir. Les vitres et le sablier de Gryffondor avaient été brisés répandant ainsi par terre un mélange de rubis et de verre brisé extrêmement dangereux. Tous observèrent silencieusement les dégâts pendant qu'une brise glaciale rentrait de l'extérieur.

Une fois qu'il eut constaté l'ampleur du désastre, le nouveau directeur ordonna que tous les élèves soient convoqués dans la grande salle. 30 minutes plus tard, une foule d'élèves hystérique (certain encore en pyjama) se tenait dans la grande salle. Tout le monde se demandait ce qui s'était passé et les rumeurs les plus folles circulaient. Beaucoup pensaient que l'héritier avait encore frappé. Au bout de quelques instants, le directeur apparut devant ce qui restait de la grande table.

D'un seul regard, il obtient le silence complet.

— Comme vous pouvez tous le constater une bande de hooligans à profiter du couvert de la nuit pour dévaster note héritage commun. Ses tentures, dont ils ne restent désormais plus que des restes fumant dataient du Moyen Âge et avait été tissé par Rowena Serdaigle elle-même. Elles avaient survécu à mille ans de crise et de guerre, mais ne résistèrent pas à notre décadance. J'aimerais vous promettre qu'ils seront retrouvés et sévèrement châtiés pour cet outrage. Mais depuis le début, j'ai tenu à placer ma direction sous le signe de l'honnêteté et je me vois donc contrainte de vous dire qu'à moins que les coupables ne se dénoncent nous n'avons aucun moyen de les retrouver. Ce crime restera donc impuni. J'en tremble de honte et d'indignité.

Mais cela ne fait que renforcer ma résolution de tout faire qu'il ne se reproduise plus jamais. Obnubilé par la traque de l'héritier et la protection de ses cibles potentielles, j'ai totalement négligé d'envisager que la menace pouvait venir d'une poignée de délinquant produit par le laxisme de la précédente administration.

Certains me diront avec raison que j'aurais dû m'en rendre compte plus tôt, lorsque les mêmes voyous ont abusé des mesures prise contre l'héritier, pour abuser des nées-moldus. J'ai voulu croire dans un élan d'optimisme bien naïf que le problème se réglerait de lui-même. Je dois aujourd'hui admettre que j'avais tort et que de nouvelles mesures sont nécessaires pour endiguer la montée de violence au sein de l'école. La liste des mesures n'est pas encore arrêté et je suis ouvert à toutes les suggestions. Les préfets en tant que représentant des élèves seront notamment convoqués afin de connaître leur suggestion et avis sur la question. N'hésitez pas à leur faire part de vos remarques et idées.

Néanmoins, j'annonce dès à présent la création d'une nouvelle brigade directoriale, dont les membres seront choisis par moi-même en fonction de leur sérieux et de leur engagement passé au bien-être de l'école. Ils auront pour mission d'assurer l'ordre et la sécurité. Pour cela ils bénéficieront de droit étendu. Tous pourront y participer quelle que soit leur origine, même si tant que l'héritier sera là des adaptations devront être faites pour les nées-moldus. Notamment, étant donné que les récentes entorses au règlement ont pour origine des conflits entre les nées-moldu et les autres élèves. J'envisage dès maintenant la création d'une salle commune voir d'une salle de repas qui leur serait dédié où les autres élèves seraient interdits de séjour. Bien entendu, leur utilisation ne sera pas obligatoire. Bien au contraire, j'exhorte les nées-moldu à ne pas renoncer à leur légitime droit à occuper les espaces communs du château. Cependant, je tiens à ce qu'il dispose d'un espace sûr le temps que cette crise se termine.

— Et pourquoi leur faire porter une Étoile jaune pour qu'on puisse les différencier plus facillement. Ne put s'empêcher de s'exclamer Harry pas dupe du caractère facultatif des nouveaux dortoirs.

Un élève à côté de lui répondit :

— C'est vrai, ce serait une bonne idée. C'est un symbole qui leur donnera une protection, en plus de permettre au préfet et aux professeurs de les repérer plus facilement.

Harry ne prit même pas la peine de répondre à cet ignorant sang pur et retint sa colère. Depuis quelque temps, il ressentait une colère quasi-permanente qui ne semblait pas lui appartenir. Cela lui faisait un peu peur, mais il avait d'autres problèmes. A commencer, par le fait que ses séances d'entraînements secrètes étaient un échec. Il avait d'abord cru que le problème était la cible qu'il utilisait pour son entraînement. Le livre précisait qu'il était nécessairement d'éprouver une haine sincère en lançant le sort pour qu'il fonctionne. Il avait donc décidé de s'exercer sur des rats capturés dans le château. Mais c'était un échec complet.

Le seul effet notable fut que Luna Lovegood ne voulut plus s'associer avec lui en potion en se plaignant que son aura s'assombrissait et que Théodore Nott lui donna des conseils de tempérances. Harry les ignora. Mais il se demanda comment ils avaient fait pour être au courant (et si d'autre l'avait remarqué).

Un mois passa ainsi sans incident notable, si ce n'est une lente dégradation des conditions de vie des née-moldu. Il fut d'abord peiné pour eux et tenta de mettre de côté son ressentiment pour demander au Weasley s'il pouvait se joindre à leur groupe. Mais petit à petit, il pensa de plus en plus souvent aux remarques qu'ils lui avait fait et devint indifférent à leur sort.

Le directeur exultait en se félicitant qu'aucune autre attaque n'ait été à déplorer depuis sa prise de fonctions. Jusqu'au jour où un nouveau message en lettre de sang apparut sur le mur à côté des toilettes des filles du deuxième étage (là où avait eu lieu la première attaque).

L'héritier venait d'enlever Ginny Weasley et dans quelques heures elle serait morte. Les élèves furent confinés dans leur salle commune et les rumeurs parlaient d'une fermeture prochaine de l'école.