TU PEUX TOI AUSSI COMMANDER TA FICTION

Oui tu peux toi aussi commander une fiction en te rendant sur notre histoire "Commandes de fictions" ou sur notre forum, et review le mois en cours !


Chapitre 8


26 Juillet 1998 – 08h22 – Manoir Malfoy

Harry se réveilla et sourit en constatant que Lucius était toujours dans le lit. L'aîné était déjà réveillé, et traçait de petites formes sur le torse nu du jeune homme avec son index. Il sourit en constatant que l'adolescent avait ouvert les yeux :

-Tu es réveillé, bonjour mon ange.

-Bonjour Lucius, content de voir que tu es toujours là. Je pensais me réveiller seul, que tu serais déjà au Ministère.

-Pourquoi ça ? J'avais envie de paresser un peu dans le lit avec toi ce matin, pour ensuite prendre mon petit-déjeuner avec toi.

-Quelle gentille attention.

Harry embrassa tendrement son amant, caressant son torse musclé :

-Tu es tellement beau ! Et comment est-ce que tu fais pour que tes cheveux soient impeccables en te réveillant ?! Franchement, les coiffeurs mourraient pour avoir un modèle comme toi pour leurs pubs !

Lucius éclata de rire et haussa les épaules :

-J'imagine que je suis chanceux, voilà tout. Mais ne crois pas que je me sois réveillé plus tôt pour me coiffer ou pour jeter un sort de coiffure sur mes cheveux, car c'est faux, je te le promets.

-Je te crois.

Le cadet passa ses doigts dans les longs cheveux fins, il aimait leur douceur. Lucius se pencha et l'embrassa :

-Tu es adorable, je pourrais très vite m'habituer à de tels réveils.

-Moi aussi. Je... je sais que c'est bête car au final nous n'avons pas encore de relation établie et je ne veux rien précipiter, mais hier soir en me couchant contre toi, je me sentais à ma place.

-Vraiment ?

-Oui.

-Ça me touche mon ange, sincèrement.

Lucius l'embrassa à nouveau avant de reculer :

-Il faut se lever pour prendre le petit-déjeuner, après quoi je devrais aller travailler malheureusement.

-Je comprends oui, le devoir avant tout.

Harry fit un clin d'œil à l'aîné, puis se leva. Lucius était déjà dans la salle de bain en train de se laver, puis il ressortit rapidement, habillé et prêt pour partir travailler. Harry de son côté enfila un short par-dessus son caleçon et un t-shirt. Il aurait voulu rejoindre Lucius dans la douche, mais il n'était pas sûr de pouvoir le faire, il ne voulait pas être trop envahissant. Lucius ressortit de la sale de bain, lui sourit et ils descendirent dans la salle à manger pour prendre leur premier repas de la journée.


Quelques instants plus tard, des flammes vertes apparurent dans la cheminée et Draco en sortit. Il sourit aux deux hommes :

-Salut vous deux ! Je suis content de vous voir !

Il serra rapidement son père dans ses bras, puis ébouriffa les cheveux d'Harry avant de s'asseoir à côté de lui à table. Aussitôt Skilly vint lui apporter une tasse et tout le nécessaire pour manger. Lucius observa son fils :

-Alors, comment se porte Blaise ?

-Beaucoup mieux. Depuis que les derniers disciples de Voldemort ont été arrêtés, il se rétablit de jour en jour. Les Médicomages ont dit que sa vie n'était plus en danger, alors ses parents m'ont dit de revenir un peu au Manoir pour me reposer, et d'y retourner dans quelques jours. Ils me préviendront quand il se réveillera pour que j'y retourne, mais ils lui diront que j'étais là pendant qu'il était dans le coma, que je suis resté à son chevet.

-Je vois, je suis content que ton ami se soit rétabli et c'est bien que sa famille lui dise que tu as été présent pour lui.

-Moi aussi je suis content pour lui, et c'est vrai que c'est gentil aux Zabini de lui faire part de mon implication.

Il but une gorgée de thé, puis demanda avec un sourire en coin :

-Et sinon, ça a évolué entre vous depuis mon départ ?

Harry rougit, et Lucius hocha la tête, son air impassible habituel sur le visage :

-En effet, Harry et moi sommes devenus amants.

-Merveilleuse nouvelle ! Je suis vraiment heureux pour vous, félicitations !

Le jeune brun devint encore plus rouge si c'était possible, et Draco lui donna un léger coup de coude en riant :

-Rougis pas, y a pas de quoi être gêné ! On est entre grandes personnes, on peut parler de ce genres de sujets sans tabou.

-Je sais mais comme c'était ma première fois tu comprendras que je n'ai pas forcément envie de trop m'étendre sur le sujet.

-Bien sûr, je ne vous demande pas les détails, je voulais juste savoir si votre désir vous avait enfin fait franchir le pas. Je suis heureux que vous vous soyez réconciliés et que ça vous ait permis de franchir le pas.

Lucius termina sa tasse de thé :

-Je dois y aller, le Ministère n'attend pas. À ce soir les garçons.

Malfoy senior déposa un baiser sur les cheveux de son fils, puis un rapide sur les lèvres d'Harry avant de se diriger vers la cheminée. Quelques instants plus tard il disparaissait dans des gerbes de flammes vertes. Draco sourit et regarda son meilleur ami :

-Dis donc Harry, je suis vraiment fier de toi ! Tu as beaucoup mûri en quelques jours. Tu assume parfaitement ton désir à présent, puisque tu as enfin vécu ta première fois avec mon père. Et ce n'est pas facile à discerner pour toi car tu ne le connais pas autant que moi, mais je peux te garantir qu'il rayonne, il a l'air vraiment pleinement épanoui. Je ne peux pas te dire comment va évoluer votre relation car je n'en ai aucune idée, mais je pense que ça va devenir sérieux entre vous. Je ne l'ai jamais vu regarder quelqu'un avec autant de tendresse à part ma mère et moi, et nous c'est différent, car ma mère lui avait offert un fils, et moi bah je suis ledit fils. Donc nos liens sont différents. Mais toi je vois qu'il y a autre chose quand il te regarde, et ça me fait plaisir. Si il a enfin trouvé l'amour auprès de toi, un qui peut le rendre heureux car en accord avec son orientation sexuelle, alors je serais vraiment comblé. Mon meilleur ami serait aussi mon beau-père, ce serait bizarre, mais tellement cool en même temps car du coup on serait officiellement de la même famille !

Harry hocha la tête :

-Je... merci, ça me touche que tu prennes si bien les choses. Je veux dire, je sais que ça doit être compliqué de se dire que justement son meilleur ami a une relation avec son père. Mais je suis content que tu le prennes aussi bien et que tu te réjouisses à l'idée qu'on devienne potentiellement membres de la même famille, même si on en est pas là.

-Bien sûr, il ne faut rien précipiter, mais je pense qu'au-delà du désir que vous partagez, il y a un amour dont vous n'avez pas forcément conscience. Je ne saurai pas expliquer commence ce sentiment a pu naître entre vous, étant donné que vous étiez ennemis, et qu'une fois que nous avons changé de camp avec ma famille, vous ne vous êtes pas vu tant que ça. Mais d'une façon ou d'une autre, vos cœurs se sont rejoints, et ça me rend heureux, car vous méritez tous les deux de connaître l'amour, le vrai.

-Merci Drake, vraiment. Et toi alors, à quand un chéri ou une chérie ?

-Bof, moi tu sais j'ai pas encore rencontré la personne qui fera battre mon cœur, mais j'ai le temps. Je me prends pas la tête, je sais que ça viendra au bon moment.

-Je t'admire tu sais. Car tu as grandi avec des parents aimants, mais qui soutenaient Voldemort, donc vous avez tout de même vécu dans la crainte de ce malade. Sans compter ta tante qui était complètement folle. Ensuite, vous avez enfin rallié le camp des gentils, tu as vécu beaucoup de choses sombres, et pourtant tu es souriant, gai, drôle... tu ne sembles pas traumatisé par tout ça. Comment tu fais ?

-Oh... bonne question. Je ne dis pas que c'est facile, au contraire, c'est un travail sur moi-même que je dois faire au quotidien. Mais, comment dire... disons que je nous pardonne, à mes parents et moi, les mauvais choix qu'on a pu faire par le passé. Je me dis que personne n'est parfait, nous faisons tous des erreurs dans nos vies, l'important c'est de prendre conscience que ces choses en particulier étaient des erreurs, et qu'il faut les changer. C'est ce que nous avons fait en rejoignant l'Ordre. Pour mes parents comme pour moi, je pense que nous avons une légère circonstance atténuante sur ces mauvais choix au départ, car nous avons été élevés ainsi. Dans la glorification des Sangs-Purs, dans cette idée de supériorité et de légitimité dues à notre naissance. Mes parents ont subi l'éducation sorcière à l'ancienne, avec les coups pour discipliner les enfants, moi j'ai été bien plus chanceux car ils m'ont couvert d'amour et de bienveillance, même si ils étaient tout de même exigeants pour que je sois le meilleur. Mais disons que contrairement à leurs propres parents avec eux, mon père et ma mère m'ont toujours montré qu'ils m'aimaient, que ce soit par les mots ou par les gestes, et n'ont jamais levé la main sur moi sans raison. Bon, j'ai peut-être pris une ou deux fessées étant petit quand j'avais fait de très grosses bêtises, mais ça ne m'a pas tué. Tu sais mon père m'a raconté que plusieurs fois pour le punir, avant qu'il ne connaisse les sorts pour s'en sortir, ses parents l'enfermaient avec un épouvantard pendant toute une journée quand il avait fait quelque chose qu'ils jugeaient être une bêtise. Alors tu vois, je leur en veux pas d'avoir eu une vision faussée pendant quelques temps. Leurs propres parents portaient Voldemort et Grindelwald sur des piédestaux, alors je crois que c'était logique que pendant un temps mes parents aient cru ça. Disons que mes parents ont été élevés dans l'amour des deux pires Mages Noires de l'histoire, comme les Moldus anglais le sont pour la Reine Elisabeth II, tu comprends ? Bien sûr, cette Reine semble être juste et pas du tout maléfique, mais est-ce que tu vois où je veux en venir ?

-Oui je vois, c'est un être d'adoration que son peuple admire et chérit.

-Exactement ! Bah mes parents ont été formatés dans l'idée que Voldemort et Grindelwald étaient les meilleurs sorciers et qu'il fallait leur vouer un culte. Que lorsque Voldemort réapparaîtrait il faudrait le servir sans hésiter. Mais quand mes parents ont réalisé que celui qu'on leur avait toujours servi comme un véritable Dieu vivant n'était en réalité qu'un monstre qui n'hésitait pas à s'en prendre à des enfants, dont un en particulier, alors ils ont commencé à douter. Les certitudes qu'on leur avait bourrées dans le crâne ont lentement volé en éclats, et doucement ils ont réussi à faire la vraie différence entre le Bien et le Mal. Malheureusement c'est arrivé bien après ma naissance, donc au début j'ai été formaté dans le même culte stupide. Mais ensuite mes parents se sont repentis et ont tout fait pour que Voldemort arrête de nuire. Alors c'est pour ça que je leur pardonne, et que je me pardonne. Car au final, j'ai été élevé dès ma naissance dans l'idée que ce malade était le meilleur, je n'avais rien demandé à personne. Et ensuite, quand Voldemort a voulu me donner des missions et que nous n'avions pas encore rejoint l'Ordre, je n'étais qu'un enfant. Je n'avais pas le choix, ni les capacités de tourner le dos à tout ça et de tout arrêter, tu comprends ?

-Je crois oui.

-Alors c'est dur, mais chaque jour je me répète que mes parents et moi avons été des victimes collatérales de la stupidité de mes grands-parents, mais que heureusement, il y a eu un déclic pour mes parents, et qu'ils ont enfin pris les bonnes décisions en retournant leur veste. Je ne dis pas que j'ai oublié ces moments de terreur en présence de Voldemort, la violence, la guerre, les morts... mais j'essaye de me dire que je ne pouvais rien y faire. Seul, on ne peut pas affronter toute une armée et renverser toute une organisation, et encore moins quand on est un enfant, tu comprends ? Et je trouve affreux que Dumbledore ait cru que tu faisais exception et que tu pouvais affronter tout ça seul. Car même si il était là ainsi que les professeurs de Poudlard et tes amis, c'était toujours toi qui étais envoyé en première ligne, et ça, c'est franchement dégueulasse ! En réalité, Dumbledore, sur certains aspects, n'était pas mieux que Voldemort, je suis désolé. C'était égoïste et insouciant de sa part de placer une si forte charge sur tes épaules. Car il avait tendance à oublier que toi aussi tu étais un enfant, et qu'en plus, avant tes 11 ans et ton arrivée à Poudlard, tu ne connaissais rien du tout au monde magique. Donc il n'aurait pas dû te jeter en pâture en se disant advienne que pourra, il est l'élu donc il s'en sortira. La preuve en est, tu as failli mourir plusieurs fois au cours de ta scolarité, avant ta brève mort après la Bataille quand Voldemort a enfin rendu l'âme. Dumbledore t'a sacrifié comme un pion d'échec un nombre incalculable de fois, c'est immonde.

Harry hocha la tête, méditant les paroles de son ami. À vrai dire, il n'avait jamais réfléchi aux choses sous cet angle, mais maintenant que Draco le lui disait, certaines choses devenaient plus claires pour lui. Après tout, tout ceci était vrai ! Il n'y pouvait rien si il était le Survivant, si l'amour de sa mère l'avait protégé, il n'y pouvait rien si une prophétie en était née et que le monde sorcier avait placé tous ses espoirs en lui. Il n'était pas responsable des choix de Dumbledore et des épreuves que le directeur lui avait imposées dans l'espoir de vaincre Voldemort. Harry n'était qu'un enfant qui avait dû affronter tout ça, survivre tant bien que mal et continuer d'avancer après chaque épreuve. Il n'était pas responsable de toutes les pertes subies pendant la guerre, car si ça n'avait tenu qu'à lui, aucun autre sorcier ou aucune sorcière n'aurait dû l'accompagner sur le champ de bataille. Et pendant tout ce temps, il n'était qu'un enfant, à qui personne n'aurait jamais dû demander tant de choses. Et là, tout à coup, l'enfant dans sa tête se mit à rire. Harry en eut des larmes de bonheur. Par ce simple discours, Draco venait de lui faire prendre conscience de tant de choses ! Aucun des deux adolescents n'avait vraiment eu le choix de ce qu'il avait accompli, ils avaient toujours été manipulés que ce soit par son éducation pour Draco, ou par les belles paroles de Dumbledore pour Harry. Ils avaient cru ce qu'on leur disait et avaient été dans ce sens, avant de réaliser que c'était mal. Même si Harry ne comprenait que maintenant que Dumbledore s'était servi de lui et qu'il lui avait fait faire des choses affreuses. Certes, c'était pour tuer le Mage Noir, mais jamais un garçon, de ses 11 à ses 17 ans ne devrait vivre ce que lui avait vécu. Harry avait risqué sa vie un nombre incalculable de fois, et il serait mort très rapidement si Hermione, Ron, Severus, Sirius, Remus et bien d'autres n'avaient pas été à ses côtés pour l'aider et le protéger, même si parfois ils le faisait en cachette.

Draco posa sa main sur l'épaule de son ami en voyant qu'il pleurait :

-Harry, ça va ?

-Oui ! Drake, tu viens de me faire réaliser tellement de chose ! Je n'ai pas à me sentir coupable pour tout ce que j'ai vécu ces dernières années, car je n'étais qu'un enfant qu'on a manipulé pour lui faire croire que c'étaient les choses à faire, qu'il n'y avait pas d'autre moyen de parvenir à nos fins. Et je ne pouvais pas lutter contre Dumbledore. Comment un gamin qui a vécu la plus grande partie de sa vie enfermé dans un placard sous les escaliers de son oncle et sa tante moldus, qui a été maltraité par eux jusqu'à son arrivée à Poudlard et sa décision de ne plus retourner chez eux, qui ne connaissait rien de la Magie, pouvait décemment dire au sorcier le plus puissant que ses exigences étaient trop fortes ? Comment lui faire comprendre que son envie d'éradiquer le Mage Noir lui obscurcissait la vision et lui faisait commettre des actions un peu limites en demandant à un gamin de risquer sa vie ? Je ne pouvais pas, car je n'avais pas le recul nécessaire. Dumbledore était mon modèle, la figure aimante paternelle... ou plutôt celle d'un grand-père que je n'avais jamais eu mais dont j'avais toujours rêvé. Alors quand il m'a dit qu'il plaçait tous ses espoirs en moi et que j'étais important, je l'ai cru, car toute ma vie j'avais rêvé qu'on me dise ce genre de choses, puisque moi j'avais été habitué à la haine de ma famille, au dégoût, à la maltraitance. Mais Albus, lui, il était gentil, doux, et ses paroles étaient du miel à mes oreilles, je ne réalisais pas que ce miel était en réalité empoisonné. Il voulait faire le Bien, mais pour ça, malheureusement, il était prêt à tout, ce qui fait que parfois il était à la limite de franchir la ligne et de faire le Mal lui aussi.

Draco sourit doucement à son ami et hocha la tête :

-Alors tu essayes de me dire que mes paroles t'ont aidé à vaincre ton traumatisme ?

-Oui, enfin en partie. Je veux dire, je verrai toujours les morts et toutes les épreuves que j'ai affrontées. Mais pour la première fois depuis tous ces événements, je comprends que je n'étais pas vraiment responsable, que je n'étais pas le seul fautif. Et c'est grâce à tes paroles oui.

-Cool. C'est une première étape. Je n'y vais pas régulièrement, mais quand même mes pensées n'arrivent pas à me rassurer et que je n'arrive pas à me dire que non, je ne suis pas une grosse merde. Alors dans ces cas-là je vais voir un psychomage. C'est irrégulier, mais dans ces cas-là, ça m'aide beaucoup. Ça me permet de vider mon sac, et de faire la paix avec tout ça.

-Tu crois que je devrais en consulter un moi aussi ?

-Je pense oui, car le poids sur tes épaules a été beaucoup plus lourd que le mien. Désolé, mais effectivement, tu es passé de rien du tout, un orphelin élevé dans une famille qui te déteste, à un monde que tu ne soupçonnais même pas, qu'on te demande de sauver, et pour se faire tu as dû flirter avec la mort un nombre incalculable de fois ! C'est complètement surréaliste ! N'importe qui serait perturbé après tout ça. Alors oui, je pense que suivre une thérapie t'aidera, car je sais que ma petite phrase « je ne suis pas totalement responsable et mes parents non plus » ne suffira pas. Car attention, même si on a été formatés, je sais qu'on a quand même une part de responsabilité dans nos actes, puisque malheureusement nous les avons quand-même commis, tu vois ? Mais nous étions sous influence, aussi bien mes parents, que toi et moi.

-Et... hum... tu penses que ça pourrait faire fuir ton père si je suivais une thérapie ?

-Bien sûr que non ! Il en a suivi une lui aussi après la mort de ma mère. Il y va encore de temps en temps, mais moins souvent car il est très occupé. Mais il n'y a aucune honte à se faire aider, au contraire. C'est mieux de faire ça que de finir comme cette tarée de Bellatrix !

Harry ne put retenir un sourire en coin à cette remarque. Ils échangèrent un regard et Draco sourit :

-Allons dans la piscine, ça nous rafraîchira les idées après cette discussion intense.

-Excellente idée !

Ils allèrent tous les deux se changer, puis sortirent pour profiter de la piscine. Il faisait encore une chaleur étouffante, et l'eau fraîche leur faisait du bien. De plus les deux adolescents étaient ravis de se retrouver après leur séparation, ils étaient devenus très proches et aimaient passer du temps ensemble.


28 Juillet 1998 – 16h22 – Manoir Malfoy

Lucius rentra plus tôt du Ministère ce jour-là, surprenant les deux garçons. Draco fronça les sourcils :

-Tout va bien Papa ?

-Oui, je suis rentré pour vous annoncer l'excellente nouvelle: on vient de m'apprendre. Severus est enfin sorti du coma et il est en pleine forme ! Certes il ne parle pas encore car ses cordes vocales ont été au repos trop longtemps donc ça va lui prendre un peu de temps et il est faible, mais les Magicomages ont dit qu'il n'était plus en danger et qu'il allait guérir très vite maintenant ! Il va pouvoir rapidement commencer la rééducation pour que ses membres restés trop longtemps inertes puissent retrouver leur force.

-Mais c'est une super nouvelle ! On peut aller lui rendre visite ?

-Demain, les Magicomages ont dit qu'aujourd'hui c'était trop tôt puisqu'il venait tout juste de se réveiller.

-Je comprends.

-Et vous, ça a été votre journée ?

-Oui, on a glandé, et Harry a été à sa première séance avec le Psychomage en fin de matinée.

-Ah ! Et alors mon ange, comment ça s'est passé ?

Lucius posa un regard réellement intéressé à l'adolescent. Harry se passa une main sur la nuque :

-Ça a été, enfin j'ai eu un peu de mal à savoir quoi dire au début, mais après ça a été. J'ai fini par me sentir à l'aise et donc j'ai réussi à m'ouvrir. Après tout, ici au moins on est pas jugé si on est gay, mais je sais que chez les Moldus ce n'est pas la même chose. Mais ici personne ne va nous regarder de travers, donc c'est une bonne chose.

-Tu as donc parlé de ton orientation sexuelle ?

-Oui, car j'ai dit que je n'avais commencé à assumer cette partie de moi que récemment, donc c'était aussi un poids à l'époque, en plus de tout ce que je vivais. Je n'osais pas l'avouer à mes proches, j'avais honte... mais après j'ai compris qu'il n'y avait rien de bizarre ou de sale là-dedans et ça m'a aidé.

-Bien.

-J'ai dit que hum... j'avais vécu ma première fois très récemment avec un homme plus âgé, et que c'était vraiment super.

-Ah oui, tu as parlé de moi ?

-Bien sûr ! Aussi, j'ai dit que j'avais espoir que la relation évolue, mais que je ne voulais pas non plus précipiter les choses. Que ça prendrait le temps qu'il faudrait, si ça devait devenir sérieux, mais que rien que ce qu'on a eu l'autre fois, ça m'avait déjà aidé à être plus épanoui.

Lucius sourit avec tendresse. Harry rougit et baissa les yeux :

-Mais ne t'en fais pas, je n'ai pas cité ton nom car je sais que tu as ta réputation.

-Pas de problème, même si tu avais dit que c'était moi l'homme plus vieux en question, je ne t'en aurais pas voulu.

-D'accord, merci. Ensuite on a parlé de mon enfance chez les Dursley, de mon arrivée à Poudlard, et tout ça.

-Je vois. Et est-ce que tu te sens mieux, ne serait-ce que d'une façon infime ?

-Oui, ça m'a fait du bien de me confier à un inconnu qui ne me jugeait pas. J'ai pu dire tout ce que j'avais sur le cœur et ça m'a fait du bien, mais je sais qu'il y a encore du boulot. Là j'ai jeté l'équivalent d'un grain de sable dans un immense océan de sentiments contradictoires et de traumatismes, donc la route sera encore longue, mais c'est déjà une première étape.

-Tout à fait, et je suis très fier de toi mon ange.

Lucius le prit dans ses bras, l'embrassa tendrement, et se pencha pour lui murmurer :

-Sache que moi aussi j'aimerais beaucoup que notre évolution évolue dans du sérieux. Mais comme tu l'as dit, nous avons tout notre temps pour ça.

Harry sourit et caressa la joue de l'aîné, avant d'aller jouer avec une mèche dorée. Après quoi ils décidèrent d'aller promener dans le parc. Draco s'apprêtait à aller dans sa chambre quand un hibou arriva, c'étaient les parents de Blaise qui lui disait que ce dernier s'était réveillé et qu'il pouvait venir lui rendre visite. Le blond courut donc annoncer la nouvelle aux amants et partit ensuite par la cheminée. Lucius prit la main de l'adolescent dans la sienne et entremêla leurs doigts :

-Je ne sais pas si tu as réfléchi à ce que tu voulais faire, mais sache que tu peux rester ici aussi longtemps que tu voudras. Tu pourrais t'installer au manoir à plein temps, si tu le voulais.

-Tu me propose d'emménager avec toi Lucius ?

Pour la première fois de sa vie, Malfoy senior rougit légèrement et bafouilla :

-Je... oui, enfin, si tu veux. Il n'y a pas d'obligation, c'est juste une idée que j'ai eue comme ça. Après tout, si notre relation évolue, ce sera plus pratique si tu habites déjà avec moi.

-Ah je vois, c'est une invitation pratique.

-Tout à fait, mais pas seulement. Disons que ça joindrait l'utile à l'agréable. Après tout, tu as dit toi-même que dormir dans mes bras te faisait te sentir chez toi. Et pour être honnête, quand je t'ai contre moi, je me sens à ma place moi aussi. Alors c'est pour ça que j'aimerais que tu emménages. Comme ça on pourra continuer de partager le même lit, même quand l'été sera terminé. Car... hum, bien sûr il serait totalement fou de parler mariage ou quoi que ce soit. Mais je pense qu'on pourrait, oui, on pourrait dire qu'à partir de maintenant, nous sommes en couple toi et moi. Peu à peu, on pourra officialiser notre relation auprès de nos proches.

Harry sourit et caressa la joue de son amant :

-J'en serai ravi, merci pour ton invitation. Et je suis très content de me dire que je suis ton petit-ami.

Ils s'embrassèrent tendrement, puis reprirent leur promenade sous le ciel brûlant. Ils finirent par aller s'asseoir sous un saule pleureur, le seul de l'immense parc. Lucius s'installa contre le tronc, et Harry s'assit entre les jambes de son amant, le dos appuyé contre le torse musclé. L'aîné passa ses bras autour de l'adolescent, et embrassa sa nuque :

-Je t'aime Harry. Je ne sais pas comment c'est arrivé, mais je sais que j'ai ce profond sentiment pour toi.

-Moi aussi je t'aime Lucius, et je ne peux pas t'aider, car moi non plus je ne sais pas comment est né ce sentiment. Mais l'important ce n'est pas de savoir comment il est né, mais bel et bien qu'il soit là, tu ne crois pas ?

-Si, je suis tout à fait d'accord avec toi mon ange.

Ils restèrent ainsi un long moment, à simplement profiter de ce moment de simplicité, à l'ombre de l'arbre qui leur offrait cette intimité avec ses branches tombantes. Harry était heureux, aujourd'hui il avait fait sa première séance de psy, il était devenu officiellement le petit-ami de Lucius, et ils s'étaient avoué leurs sentiments. C'était une des meilleures journées de sa vie.


À suivre