Disclaimer : les personnages de cette histoire appartiennent TOUS à JK Rowling (et nous la remercions pour ça ^^)
Couple : HP/DM
Petit Post-it : Bien le bonjour ! Comment allez-vous en ce début de week-end (pluvieux par chez moi) ? Merci beaucoup pour vos premiers retours sur le début de cette suite, n'hésitez pas car j'aime énormément échanger autour de l'écriture et de l'univers HP. :D Comme promis voici la suite avec deux chapitres qui, je l'espère, vous offriront un bon moment de lecture détente.
Ps : sauriez-vous me dire où je dois aller pour recevoir une notification par mail lorsque je reçois une review car je ne les reçois plus T_T Merci !
CHAPITRE 3 – Réflexions
Selon les techniques les plus couramment admises, l'objet devrait être séché puis broyé en poudre. Mais pour Harry, cela réduisait considérablement l'impact de son potentiel magique. Il était certain, en théorie du moins, que les baguettes posséderaient une puissance inégalée si leur composant interne restait intact, entier. Cette idée, qui était le fondement de toutes ses recherches sur les baguettes magiques, posait cependant un défi de taille : la conservation de l'ingrédient choisi pour chaque baguette et la façon de l'intégrer au cœur du bois.
Préoccupé par cette épineuse question, Harry observait l'immense étagère installée devant un établi en bois sombre tout aussi impressionnant. Le meuble occupait toute la longueur du mur de ce qui aurait dû être un salon.
Les fenêtres étaient condamnées par les volets fermés et d'épais rideaux noirs, plongeant l'endroit dans une obscurité suspecte, uniquement dégrossie par les bougies flottant un peu partout. Le rez-de-chaussée de la maison des Potter n'était rien de plus, désormais, qu'un immense atelier secret dans lequel le jeune homme espérait révolutionner la fabrication et l'utilisation des baguettes magiques. L'unique source de lumière naturelle venait de la cage d'escalier, dans un coin et au fond de la pièce. Mais il suffisait de tirer un lourd tissu de velours sombre installé là pour cacher aux yeux indiscrets les fioles, les bocaux aux lueurs inquiétantes, les schémas et autres étrangetés entreposées là.
La porte d'entrée de la maison donnait directement dans la cuisine. Puis, on n'avait pas d'autre choix que de monter à l'étage pour s'installer dans un minuscule salon improvisé sur le palier tout de même agrandi par le balcon donnant sur le village. La salle de bain et la chambre de Potter se trouvait également à ce niveau, plongeant les visiteurs potentiels dans un étonnement bien compréhensible : pourquoi donc avoir condamné toute la surface du rez-de-chaussée en dehors de la cuisine ?
Harry tournait en rond. Il avait récolté bon nombre d'ingrédients inédits pour créer de nouvelles baguettes, mais aussi des bois de toutes sortes et tout horizons. Grâce à Fumseck et ses déplacements incroyables, il avait exploré des zones auxquelles il n'aurait oser rêver. La boutique d'apothicaire de Malfoy ferait pâle figure aux côtés de son stock impressionnant de plumes, poils, peaux, viscères, organes, fleurs et feuilles dont la possession plus ou moins licite suffirait à faire tomber son aura de sauveur du monde sorcier aux oubliettes. Le long du mur aux fenêtres condamnées, des rondins empilés et étiquetés attendaient sagement de devenir autre chose. Un fabricant de baguette classique, comme Ollivander, aurait été étonné des informations que Potter avait pris soin de noter pour chaque rondin. La qualité de l'arbre ne lui semblait pas être la seule notion importante à prendre en compte. Sciemment il avait inscrit l'heure et l'endroit où il avait récolté telle ou telle branche. Car le lieu, selon son taux d'humidité ou de sécheresse par exemple pouvait tout à fait influencer sur la qualité du bois.
Il avait tout à portée de main.
Des essences de bois variées et les substances potentielles pour y centrer la magie. Tout. Même la technique existante étudiée de fond en comble dans les ouvrages les plus spécialisés. Il ne lui manquait qu'une chose : l'astuce. L'idée brillante pour faire tenir les ingrédients entiers à l'intérieur des baguettes sans les alourdir.
Rentré depuis un peu plus d'une semaine en Angleterre, il n'était parvenu qu'à ranger et classer toutes ses trouvailles. Alors il tournait en rond, dans le noir, observait ses ingrédients qui n'attendaient qu'un coup de génie, caressait les rondins de bois, ouvrait ses sens pour en capter le moindre frémissement.
Ce fut le claquement de bec inattendu de Fumseck qui l'avertit. L'oiseau était installé sur un large trépied mis à sa disposition au milieu de la grande pièce.
— Quelqu'un arrive ?
La question du brun fut suivie par quelques coups frappés à sa porte. Harry quitta son atelier, prenant soin de refermer le rideau le long de l'escalier et se rendit à la cuisine. Il n'avait pas vu la journée passer et la nuit semblait déjà bien avancée.
— Ah t'es chez toi ! Pourquoi tu réponds pas à ta cheminée sérieux ?
Ron Weasley s'engouffra dans la maison de son ami, voulant échapper au plus vite au froid de l'hiver. Il épousseta sa lourde cape avant de la déposer sur le dossier d'une chaise.
— Tout va bien ? s'inquiéta Harry en remarquant les cernes de son ami et son air agité.
— Non. Non, rien ne va ! Tu as un truc à boire ? Je sais pas, whisky pur feu ?
D'un coup de baguette, le brun prépara un plateau et proposa à son ami de monter au salon.
— J'te suis, grommela Ron non sans un regard curieux vers le reste de la maison condamné.
Harry Potter avait fait une promesse : il leur dirait tout, une fois qu'il serait certain de parvenir à réaliser ce qu'il ne pouvait qu'imaginer pour le moment. Et ses amis, en toute confiance, le laissaient tranquille. Ron se laissa tomber dans un des larges fauteuils rouges en soupirant. Une main massant son front, l'autre agrippée à son verre, il paraissait plus soucieux que jamais.
— Si tu ne me dis pas ce...
— Hermione monte en grade.
Ne saisissant pas tout de suite le potentiel dramatique de cette nouvelle, le brun se contenta de boire une gorgée sans rien dire, patient.
— Ça fait déjà plusieurs semaines que son chef lui fait comprendre qu'elle pourrait être utile à d'autres départements. Ce qu'elle a réalisé pour la protection des elfes a chamboulé la vision qu'on a des créatures magiques non-sorcières. Et elle commence à s'attaquer aux lois concernant les Sang-Purs.
— Rien que ça, murmura Harry.
— Shacklebolt est hyper intéressé tu t'en doutes. Et donc... elle monte en grade.
— C'est à dire ?
Le brun sentait venir l'information, gros comme un hyppogriffe.
— Elle rentre au ministère de la justice magique la semaine prochaine. Elle est nommée au service administratif du Magenmagot, en tant qu'adjointe.
Au fur et à mesure de l'annonce, la voix de Ron s'était transformée en gémissement plaintif.
— Autrement dit...
— Ma femme devient ma cheffe dès lundi prochain, trancha Ron avant de vider cul sec son verre.
Il n'y avait pas de quoi rire. Harry connaissait très bien son ami. Ce dernier n'avait aucun problème ni avec l'idée que sa femme ait un poste plus important que le sien, ni qu'elle soit sa supérieure directe. Non, le vrai souci...
— Avec son caractère et son ambition, la charge de boulot va doubler au bureau, c'est certain. Harry, je suis devenu auror parce que le ministre nous a fait cette incroyable proposition à la fin de nos études, tu le sais toi ! Si courir après les salauds était ma passion ça se saurait depuis le temps ! Jusque là je m'en sortais en faisant le minimum. J'avoue. J'ai surfé sur ma réputation pour être assez tranquille. Mais avec Mione aux commandes... Ressers-moi s'il te plaît.
Le goulot de la bouteille clinqua contre le bord du verre que le rouquin porta aussitôt à ses lèvres.
— Bref. J'ai préparé ma lettre de démission. Mais je n'ai pas encore osé lui en parler.
— Attends, attends. Tu vas pas un peu vite là ? s'alarma le brun. T'en as parlé à Neville ?
— Vite fait. Tu sais, je voulais arrêter avant ça déjà. Georges galère au magasin. Les farces et attrapes, sont plus de mon ressort que faire la loi. Et puis...
Ron s'arrêta et jeta un coup d'oeil au brun, comme s'il hésitait à poursuivre.
— Et puis quoi ? s'étonna Potter.
— Et puis je préfère ne plus être au ministère le jour où tes conneries s'afficheront au grand jour.
— Mes conneries ? se révolta Harry en reposant bruyamment son verre sur la petite table basse. Il n'y a rien dans cette maison que l'on peut qualifier de...
Sa voix pleine de reproches mourut dans sa gorge. Il songea aux ailes de Doxy, espèce protégée, qu'il possédait en plusieurs exemplaires, aux crins de sombrals et de licorne récupérés dans la forêt interdite par effraction, aux poils du Demiguise rasé puis soigné par ses soins et à l'extrait de peau du Graphorn, capture chèrement payée. Il ferma la bouche et, se détournant du regard suspicieux de Weasley, vida son verre.
— Et Neville ? murmura-t-il.
— Quoi Neville ?
— Il est bien au bureau des aurors ?
— Il fait un peu son chef, reconnut Ron en haussant les épaules. Des restes de ce qu'il a vécu au château je suppose. Mais oui, il se débrouille bien. T'as peur qu'il vienne enquêter chez toi ?
Harry toussota, mal à l'aise. Machinalement, une main vint lisser la cicatrice lui barrant la joue.
— Je peux te dire un truc ? murmura-t-il.
Ron l'encouragea d'un signe de tête, discrètement satisfait. S'il n'était pas venu pour en savoir plus sur ce que mijotait son ami, il ne laisserait pas passer l'occasion de découvrir le fin mot de l'histoire. Tout ce que Potter leur avait confié était qu'il souhaitait prendre du temps pour faire des recherches sur les baguettes magiques. Mais il leur était rapidement apparu que ses recherches sentaient la fraude, un peu comme lorsqu'ils se planquaient, plus jeunes, sous la cape d'invisibilité pour aller lire des livres de la réserve de Poudlard. Certes le but était bon, mais la manière restait illégale. Ron était donc bien décidé à mettre de côté ses angoisses professionnelles pour accueillir la confession de son meilleur ami. Il s'appuya sur les accoudoirs du fauteuil et se pencha en avant, l'oreille tendue, prêt à estimer la gravité, ou non, des actes du héros national. Harry hésitait. Finalement, il lança, d'une voix sûre :
— Je pense que tu seras plus heureux à la boutique.
— Quoi ? Mais...
Weasley se renfrogna. Ce n'était pas encore pour aujourd'hui.
— Toi et moi, on est pareil je crois, poursuivit Harry sans tenir compte de la déception visible de son invité. On a eu notre dose. Hermione est motivée par de plus grandes ambitions, elle a la rage qu'on n'a plus.
Ron hocha la tête, vaincu.
— Je lui annonce ça comment ?
— Le plus simplement et rapidement possible. Genre, avant Noël.
Au rez-de-chaussée, Fumseck étirait ses ailes. Après de longs mois à errer dans de lointaines contrées sauvages, s'intégrant discrètement dans une famille d'autres phénix, il ne regrettait finalement pas son choix d'être revenu parmi les humains. Et particulièrement celui-ci. Sa loyauté envers Dumbledore n'avait, au cours de la vie du sorcier, jamais faibli. Mais son ancien maître s'était trompé une fois à son sujet, en affirmant qu'Harry Potter devait lui être très fidèle pour que l'oiseau se porte à son secours. Fumseck claqua du bec à ce souvenir touchant. Albus n'avait pas compris. Il était allé à la rencontre de Potter et du basilic, non parce qu'il devinait la confiance du jeune homme pour son mentor, mais bien parce que lui, Fumseck, se sentait irrésistiblement attiré par ce sorcier débutant. Dès leur première rencontre, il avait perçu chez lui des aptitudes à sa hauteur. Le majestueux phénix replaça ses ailes contre son corps. Il était, véritablement, à sa place. La conversation des deux humains à l'étage le berçait doucement, et il finit par s'endormir.
à suivre...
Merci d'avoir lu ! ^^
