Disclaimer : les personnages de cette histoire appartiennent TOUS à JK Rowling (et nous la remercions pour ça ^^)

Couple : HP/DM

Petit Post-it : Et bien le bonjour ! Comment allez-vous ? Je voulais prendre quelques lignes pour vous remercier. Vous êtes plusieurs à être d'anciens lecteurs (par "ancien" j'entends que vous me lisez depuis longtemps hein... pas que vous me lisez depuis une maison de retraite... quoique ? ), et très honnêtement, vous voir revenir lire et commenté à chaque nouvelle histoire, c'est une joie sans nom ! Alors un immense MERCI pour ça. ^^

Et sans plus attendre...


CHAPITRE 7 - La théorie de Potter

Dans l'ambiance tamisée de son atelier, Harry Potter avait pris le ton de voix feutré d'un conteur. Penché en avant et appuyé contre l'établi, il glissait ses mots et son histoire dans l'oreille de son invité. C'était la première fois qu'il exprimait ses idées à voix haute et son visage souriant ne cachait rien de son excitation.

— Ignotus Peverell est l'un des trois frères dont parle la légende. Selon le conte, il était le plus jeune et avait obtenu de la mort une cape d'invisibilité qui lui permit de vivre très longtemps avec sa famille.

— Je connais les contes de Beedle le Barbe, Harry, grommela Draco en s'agitant sur son tabouret pour s'écarter un peu du brun.

— Oui, tu connais l'histoire que l'on raconte aux jeunes sorciers comme quoi il existerait un morceau de tissu qui nous fait disparaître, une pierre qui ramènerait les morts et une baguette surpuissante. Mais tu ne sais pas que ces trois objets existent vraiment.

Fier de son effet, Harry se redressa, sourire aux lèvres.

— Tu m'as prêté plusieurs fois ta cape quand j'étais coincé au château par l'horcruxe. Je suppose que si celle-ci existe, les deux autres aussi.

Potter fit la moue. Son auditoire était agaçant. Mais pour lui en mettre plein la vue, il tira théâtralement une de ses baguettes de sa manche et la posa devant eux sur la table. Draco loucha un instant dessus. La baguette en bois sombre, agrémentée de deux petites sphères de bois au bout du manche était assez longue et très connue. Elle avait appartenu à Dumbledore puis à Voldemort en personne.

— Je croyais que tu ne me raconterais jamais cette histoire-là, susurra-t-il.

Il était enfin captivé et Harry entièrement satisfait.

— Albus Dumbledore pensait que la baguette de sureau n'a pas été fabriquée par la Mort, mais directement par Antioche Peverell, son premier propriétaire. J'ai une autre théorie. D'après les quelques archives que j'ai pu trouver sur ce personnage, il était d'un caractère colérique et agité. Pour fabriquer une baguette magique, il faut du calme, de la patience, et beaucoup, beaucoup d'empathie pour les matières utilisées. La magie ne peut passer qu'au travers d'une grande habileté. Le plus jeune frère, Ignotus, possédait ces traits de caractère. Je suis persuadé qu'il est le créateur de cette baguette. Il est le premier propriétaire de la baguette de sureau, et c'est grâce à sa puissance qu'il a créé la cape d'invisibilité.

— Et la pierre ? Elle existe ?

Agacé d'être interrompu, Harry balaya la question de la main et poursuivit.

— Impressionné par ce que son jeune frère était capable d'accomplir, Antioche lui demanda de lui fabriquer une baguette identique. Mais c'était impossible. Car deux baguettes magiques ne peuvent être tout à fait semblables. Ignotus a donc cédé de lui même sa baguette à son frère et s'est contenté d'une autre baguette. Tu connais ensuite l'histoire de la baguette de sureau qui l'a amenée à être en ma possession aujourd'hui.

Draco sembla réfléchir un instant avant de répondre.

— Pas vraiment en fait. Est-ce que c'est parce que tu as tué Voldemort qu'elle t'appartient ?

— Elle m'appartenait avant la mort de Voldemort.

Harry expliqua en détail ce qu'il avait lui-même appris durant la guerre sur la sensibilité des baguettes magiques envers leur propriétaire. Le blond l'écoutait, très attentif. Une certaine partie le fit réagir vivement.

— Attends attends. Tu veux dire qu'en désarmant Dumbledore ce soir-là, je suis devenu sans le savoir le propriétaire de... Non, Potter, c'est invraisemblable.

— Tu crois ? susurra Harry. Pourtant, après t'avoir arraché par la force ta baguette, la passation de pouvoir est arrivée en moi. Et le jour où j'ai affronté Voldemort, mon simple sort l'a emporté sur son sort de mort. Tout simplement parce que la baguette de sureau ne pouvait attaquer son maître. J'ai toujours dit que j'avais eu beaucoup d'aide pour le vaincre. Mais j'ai eu de la chance aussi. Beaucoup.

Malfoy louchait sur la baguette posée devant eux comme s'il la voyait pour la première fois.

— Et... elle est vraiment plus puissante que les autres ?

— Non, ce n'est pas ce que je retiens de toute cette histoire.

— Ah bon ? se moqua le blond en passant une main dans ses cheveux. Moi ça me paraît déjà pas mal comme info !

— Ce que je retiens c'est qu'une baguette peut changer de propriétaire. Oui ou non ?

— En effet, confirma le blond sans voir où voulait en venir l'ancien gryffondor.

— Et bien contrairement aux idées reçues, je pense que l'inverse est valable également.

— C'est à dire ?

— Un sorcier peut décider de changer de baguette.

La bouche du blond s'incurva légèrement. Il semblait peu convaincu.

— De tout temps, il est dit que la baguette choisit son sorcier et qu'une fois acquise, elle lui reste fidèle jusqu'à la mort. Lorsque tu m'as pris ma baguette, j'ai dû en utiliser une autre et ça n'avait rien d'agréable, expliqua-t-il.

— Non, non c'est possible, j'en suis la preuve ! lança Harry en posant une main sur sa poitrine. J'ai toujours ma première baguette, et je suis très à l'aise avec elle. Mais je ressens plus de puissance en utilisant l'autre.

— Évidemment, c'est le bâton de la Mort !

— Non Draco. Le bâton de la mort, c'est de la légende. Simplement, cette baguette est faite dans un bois particulier, avec un insert particulier qui convient mille fois mieux à ma magie d'aujourd'hui. Je suis persuadé qu'elle n'allait pas aussi bien à chaque propriétaire qu'elle a eu. Voldemort n'a jamais ressenti quoique ce soit de plus avec elle. Ma première baguette était faite pour moi tant que j'étais jeune, expliqua-t-il encore. J'ai essayé tout un tas d'autres baguettes pendant la guerre et en effet, aucune ne m'allait aussi bien que ma bonne vieille première baguette. Mais aujourd'hui, celle-ci me complète encore mieux. Ce n'est pas parce qu'elle serait soi disant la baguette la plus puissante du monde. C'est des foutaises. C'est parce qu'à l'âge que j'ai aujourd'hui, ma magie n'est plus ce qu'elle était à onze ans.

— Nos baguettes évoluent avec nous, justifia Draco.

— Jusqu'à un certain point, oui. Et puis le confort s'installe. Le sorcier se sent bien avec sa baguette, sa baguette le lui rend bien. Mais on stagne. Parce qu'on ne cherche plus à améliorer sa magie, ou sa puissance.

— Quel serait l'intérêt de l'améliorer ?

— Un magicomage soignerait plus vite et mieux certaines blessures. Un auteur écrirait plus vite ses pensées. La liste d'attente pour obtenir un portoloin raccourcirait puisque les créateurs des portoloins seraient plus rapides. Et j'en passe !

Dans son excitation, le brun s'était levé du tabouret et trépignait sur place. Cette théorie, il la peaufinait mentalement depuis si longtemps. Il était sûr de lui, sûr que ce qu'il vivait pouvait être vécu par n'importe quel sorcier.

— Tu sais que tu ferais presque peur là ? osa Draco qui l'observait toujours avec cet air dubitatif. J'en connais d'autres qui, en possédant cette baguette précisément ont réfléchi aux moyens d'avoir plus de pouvoirs, plus de force.

Harry Potter fronça les sourcils.

— Rah mais ça n'a rien à voir ! s'insurgea-t-il. Je ne veux pas plus de pouvoirs !

— Alors tu veux quoi ?

Le brun prit une longue inspiration et força son rythme cardiaque à se calmer. Puis, posément, il tenta d'expliquer :

— Je souhaite créer des baguettes sur commande uniquement. Ce n'est pas la baguette qui choisit son sorcier mais moi qui, après avoir analysé les besoins de la personne, fabrique la baguette la plus à même d'y répondre. Je veux le faire anonymement et je veux pouvoir choisir les personnes qui auront accès à mes services. Justement pour éviter toute déviance.

— Tu sais comment on appelle quelqu'un qui est seul décisionnaire de qui peut avoir ou non plus de puissance ? argumenta une nouvelle fois Malfoy.

Définitivement vexé de voir son idée rejetée par la première personne à qui il la confiait, Harry tourna les talons et quitta l'atelier. Le rideau retomba lourdement derrière lui. D'un pas vif il monta l'escalier le menant à l'étage de sa maison et se laissa tomber dans un des fauteuils du palier, le regard perdu dans les collines enneigées de la campagne environnante. Godric's Hollow était bien silencieux en hiver. Bien vite, il entendit le blond le rejoindre, mais refusa de tourner la tête dans sa direction. Son invité s'installa à son tour et ils restèrent ainsi un long moment. Le seul bruit, insignifiant, provenait de l'aiguille de la petite horloge posée dans un coin du palier, sur un guéridon. La trotteuse s'affolait à chaque seconde, courant après un temps immuablement fixe.

— Tu sais, murmura enfin le blond d'une voix douce, je sais pourquoi tu fais ça. Je me suis souvent moqué de toi et de tes grandes ambitions à vouloir sauver la veuve et l'orphelin. Mais je sais que tu as ça en toi.

Il marqua un temps d'arrêt avant de compléter ses pensées :

— L'amour.

Harry tourna légèrement la tête pour observer l'ancien mangemort du coin de l'œil. Le blond fixait les carreaux de la porte fenêtre donnant sur le balcon.

— J'ai mis du temps à voir au-delà de la mièvrerie que cette idée implique. Je sais aussi que tu ne pourras jamais te contenter d'avoir détruit un des plus grands mages noirs que le monde ait connu. Mais tu dois avoir conscience des limites de ton idée et de ce qu'elle pourrait engendrer de mal.

Les yeux gris se tournèrent enfin vers lui. Ne pouvant assumer l'effet qu'ils lui faisaient, Harry détourna la tête.

— C'est pour ça que je veux le faire discrètement. Si ça s'apprend, n'importe qui voudra sa baguette fabriquée par Harry Potter. Et je connais très bien aussi les conséquences du pouvoir sur certains esprits.

— Alors tu ne peux pas gérer ça seul.

— Et quoi ? Tu veux te lancer dans l'aventure avec moi ? Les deux ennemis d'enfance se proposent de vous fabriquer une nouvelle baguette tellement assortie à votre magie et votre personnalité qu'elle vous rendra plus fort que jamais !

Harry avait parlé fort, en agitant les bras. Mais le silence qui suivit sa tirade parut l'écraser tellement qu'il se recroquevilla dans son fauteuil pour poursuivre, d'une voix triste.

— Je pense à ça depuis que j'ai compris ce qu'était vraiment la baguette de sureau. Mille fois j'ai failli en parler à Ron et Hermione. Je me suis mille fois retenu car je savais ce qu'ils diraient. D'ailleurs, le jour de la mort de Voldemort déjà, ils n'étaient pas d'accord. Mione voulait que je la détruise, Ron que je l'utilise. Moi je voulais juste la remettre à sa place. Je sais le danger du pouvoir, mieux que quiconque. Mais je sais aussi que bien utilisé, il peut sauver des vies. Je suis peut-être naïf, mais oui, je crois encore à l'amour et à sa mièvrerie comme tu dis.

Son abattement était à la hauteur de l'excitation dont il avait fait preuve en expliquant son projet dans l'atelier quelques minutes plus tôt. L'idée était bonne, il en était sûr. Encore fallait-il, en effet, pouvoir l'appliquer et la confier aux bonnes personnes.

— Je veux bien t'aider, murmura Draco. Mais...

— Encore une condition ? soupira Harry.

— Pas vraiment une condition, plutôt une proposition.

Potter déplia ses jambes et se tourna plus franchement vers lui.

— Luna Lovegood, lâcha Malfoy.

Il lança un sourire au brun et poussa ses explications :

— Elle voit au-delà de nous, et elle connaît beaucoup de choses sur les créatures, les plantes, toutes sortes de trucs qui pourraient servir à tes baguettes. Je te suggère de lui en parler aussi. Elle pourrait bien être la partenaire idéal pour juger les candidats potentiels à tes baguettes de compétition. C'est aussi une personne fiable qui sait garder un secret. Et puis...

Il marqua un temps, avant de poursuivre, de la malice dans le regard :

— Et puis elle est blonde.

à suivre...


Voilà. j'ai eu envie de prendre le contrepied de la fameuse idée affirmant que la baguette choisit son sorcier. Qu'en pensez-vous ? ^^