Disclaimer : les personnages de cette histoire appartiennent TOUS à JK Rowling (et nous la remercions pour ça ^^)
Couple : HP/DM
Petit Post-it : Bonjour bonjour ! Comment allez-vous ? Je tiens à m'excuser, je n'ai pu cette semaine répondre à vos si gentils messages. J'aime prendre le temps d'habitude pour vous répondre individuellement, mais voilà, je suis actuellement en formation autour de l'écriture et du métier d'auteur et tout s'enchaîne très vite et intensément.
Alors un immense MERCI à vous pour vos reviews et votre soutien ! Sachez bien que je me délecte de vos remarques et de vos retours de lecture et c'est particulièrement motivant. 3 Vous avez globalement trouvé les deux chapitres précédents mignons et Hermione perspicace. J'aime beaucoup ce qu'on appelle le "slow burn", vous savez quand l'histoire d'amour s'installe lentement, avec des moments plus tendres, et d'autres où l'on doute. Je suis ravie que vous appréciez également le rythme de cette histoire. ^^
Et sans plus attendre, voici la suite ! Très bon dimanche à vous. Bises !
Lusaka.
CHAPITRE 11 - Quand le désagréable se rend utile
Ce matin, Draco avait de nombreux bocaux à remplir pour faire le réassort du magasin. Les gestes étaient répétitifs mais lui demandaient peu d'effort. Il ouvrait un bocal, versait le contenu d'un gros sachet jusqu'à un centimètre du bord, le refermait puis le replaçait sur l'étagère, devant l'étiquette indiquant son contenu et son prix. Il se déplaçait ainsi, une caisse de bois pleine de ces petits sachets flottant à ses côtés. Oh, il pourrait tout faire avec la magie, en quelques coups de baguettes. Mais il aimait prendre son temps, écouter les graines couler, mettre lui même la quantité qu'il estimait juste, vérifier visuellement la qualité des produits. La magie ne pouvait tout remplacer. Cependant, cette activité ne lui apportait pas l'habituelle sérénité. Aujourd'hui, un client étrange traînait dans la boutique depuis déjà cinq bonnes minutes lui procurant un peu d'angoisse.
L'homme portait une lourde cape rouge, certainement bien chaude mais beaucoup trop voyante. Dont la capuche mal rabattue voilait à peine les cheveux bruns en bouclettes légères. Sa stature un peu forte impressionnait. Et de ses yeux marrons perçants, il observait tout, se permettait même de toucher, de renifler. L'apothicaire détestait ce genre de comportement. S'il avait besoin de quelque chose, il suffisait de demander ! Pourtant, depuis son arrivée, le sorcier incongru s'était contenté d'un bref salut dans sa direction. Puis, plus rien. Il le laissait travailler et se promenait. Finalement, le client approcha du comptoir. Il y avait là quelques livres de recettes que Draco mettait à disposition pour consultation. Lui-même s'en servait régulièrement pour conseiller au mieux les clients selon leur problème. Le sorcier passa une main sur les couvertures, sans pour autant ouvrir les livres. Soudain, son index droit pointa un petit pot en bois, gravé au nom de la boutique et posé juste à côté de la caisse enregistreuse.
— Tiens, c'est nouveau ça ! s'exclama-t-il avant de s'emparer de l'objet pour l'examiner.
C'était la goutte de trop. Délaissant son réassort, Draco Malfoy s'approcha vivement et lui arracha le pot des mains.
— Touche pas Londubat, c'est une cliente qui me l'a offert !
Le blond reposa le présent avant de faire face à l'ancien auror.
— Et maintenant ça suffit ton manège ! Dis-moi ce qui t'amène au lieu de...
— Tout doux, tout doux, rigola Neville en levant les mains. Hey quoi ? Je peux pas rendre visite à un ami juste par plaisir ?
— Maintenant que tu as quitté le ministère, tu t'ennuies ? attaqua Draco en haussant les épaules.
Le brun le suivit vers la caisse flottante où il reprit son activité.
— Pas du tout, au contraire ! Figure-toi que je commence un nouveau boulot la semaine prochaine, dès lundi !
— Lundi... murmura Draco, concentré. C'est après-demain.
— Et oui, quelle chance n'est-ce pas ?
Le blond referma le bocal qu'il venait de refournir en griffes de dragons avant de lancer :
— Laisse-moi deviner. Ta petite amie t'a gracieusement offert un poste de serveur au Chaudron Baveur ?
— Mais non, rigola Neville qui ne voyait pas encore la moquerie.
— Et dis-moi Londubat, ajouta Draco en plongeant ses yeux gris dans les pupilles marrons de l'opportun. Qu'est-ce que ça fait de fréquenter une femme d'affaire possédant son propre commerce quand on n'arrive pas soi-même à conserver un boulot plus de quatre mois ?
— Mais... Hey ! s'insurgea Neville en croisant les bras. Déjà, je suis resté six mois et demi au bureau des auros. Et Weasley aussi est parti ! Avant moi, même !
— Ron, c'est pas pareil, ricana Draco en poussant sa cagette flottante vers le prochain rayonnage. Il a fui l'autorité de sa femme. Il n'est pas instable comme toi, il est lâche. Tu vois la différence ?
L'apothicaire était d'humeur joyeuse. Les soirées passées avec les Combattants, tous devenus ses amis, se déroulaient rarement sans une de ses petites crises serpentardesques, comme les appelaient les autres du groupe.
— Bon, Draco, ça suffit.
— Allez, allez, susurra le blond en retrouvant son sérieux. Balance-moi ton info.
— Je suis enseignant assistant en botanique.
Les mains de Malfoy se figèrent. Il reposa le pot qu'il venait de prendre et se tourna vers Neville, curieux.
— Et dans quelle école je te prie ?
— Poudlard bien sûr ! s'exclama Londubat, levant les bras en l'air et souriant de toute son excitation. Est-ce que t'imagines ? Chourave fatigue et n'est pas loin de la retraite. C'est McGonagall en personne qui m'a contacté ! J'ai été débauché exprès mec ! Elle ne voulait que moi !
Il éclata de rire tant sa joie et sa fierté était grande.
— Magnifique, souffla Draco, un poil jaloux sans le montrer. Toutes mes félicitations.
Poudlard représentait à la fois ses meilleurs et pires souvenirs. Mais avec le temps, les pires s'effaçaient et ne restaient que la magie du temps passé entre les murs du château. Si un jour la directrice le contactait car le vieux Slughorn décidait de partir à la retraite et qu'elle le voulait lui, ancien meilleur élève de Severus Snape, meilleur enseignant de potion que Poudlard n'est jamais connu, il fermerait sa boutique dans la seconde. Vivre au château, manger au château, redoré définitivement son nom, transmettre l'art subtile de...
— ...du coup je voulais savoir si ça te dérangeait que je loge chez toi quelques temps.
Mince. Il avait raté quelque chose. Perdu dans ses pensées, il n'avait pas entendu la suite des explications de Neville, ce qui l'amena à prononcer une question sous la forme d'un borborygme parfaitement classieux :
— Nien ?
Londubat pencha la tête de côté et plissa les paupières.
— Tu m'écoutait pas, constata-t-il.
— Si, si, s'exclama Draco, se reprenant. Jusqu'à "elle ne voulait que moi", j'ai tout entendu.
Le brun soupira. Commençant probablement à avoir chaud, il dénoua le cordon orange de son horrible cape pour la tenir pliée sur un bras.
— Je t'expliquais que les travaux du château n'étaient pas terminés. Ils ont mis la priorité sur les salles communes, les salles de cours, les bureaux des enseignants et les cuisines. Les appartements sont encore pour la plupart détruits. Certains profs se partagent même des chambres pour pouvoir être sur place. Minerva m'a bien précisé que je devrais me débrouiller pour me loger. Du coup, comme tu...
— C'est hors de question, lâcha Draco de sa voix froide. Je n'ai qu'une chambre et je tiens à mon intimité.
— Dis donc, c'est pas toi qui a squatté la chambre des gryffondors pendant des mois sans jamais rien dire ? Et mon intimité à moi de cette époque, t'en fais quoi ?
Ce fut au tour des sourcils blonds de se froncer. Les deux sorciers se fixaient à présent avec défi.
— Tu as accordé ton pardon pour ça ! s'insurgea l'apothicaire. Tu ne peux donc pas t'en servir pour...
— Pardonner ne veut pas dire oublier Malfoy. J'ai confié tout un tas de choses à Ron et Harry, sans savoir que tu étais là, planqué, à entendre tous...
— Tes secrets n'avaient rien d'intéressant, tu ne parlais que d'Hannah !
— Parce que tes secrets à toi valent quelque chose peut-être !
Le ton montait et aucun d'eux n'avaient remarqué l'arrivée d'une petite sorcière pliée sur sa canne.
— Excusez-moi... intervint-elle d'une voix chevrotante.
Neville se retourna d'un bloc tandis que Draco se penchait sur le côté pour voir qui était là. Il reprit aussitôt un visage souriant et avenant.
— Oh Madame Grimpelle ! Comment allez-vous ? J'ai trouvé votre petit cadeau ce matin devant la porte, il ne fallait pas vous savez !
Il poussa Neville du coude pour s'avancer vers la vieille cliente.
— Mon cadeau ? s'étonna-t-elle en suivant le blond jusqu'au comptoir.
Il montra le petit pot en bois remarqué plus tôt par Neville.
— Vous m'aviez fait la remarque qu'il manquait un récipient à pourboire pour mon service impeccable, expliqua-t-il en soulignant le compliment. J'ai pensé que c'était vous qui...
— Ah mais pas du tout, nia la sorcière en louchant sur l'objet derrière ses lunettes. Mais c'est très joli, et je me réjouis d'être la première à m'en servir.
Laissant Draco avec son étonnement et ses questions sur qui aurait pu poser le paquet sur le perron de sa boutique, elle ouvrit un petit porte-monnaie en velours et déposa un gallion dans le fond du pot.
— Voilà ! s'exclama-t-elle toute contente. Et maintenant mon jeune ami, avez-vous reçu ma commande ? Vous savez, pour les oreilles de mon mari.
Malfoy sortit de sa rêverie et s'empressa de contenter la vieille sorcière. Madame Grimpelle était une de ses premières clientes. Elle habitait le village et les déplacements jusqu'au chemin de traverse devenait compliqué pour elle. L'apothicaire lui servait donc de lien. Elle passait auprès de lui des commandes qui lui évitait de se rendre au cœur de Londres. Elle lui prenait toujours un petit quelque chose en supplément, souvent du thé, ou des graines de fleurs pour ses jardinières. Elle quitta la boutique, son petit colis en poche, le sourire aux lèvres. Draco finissait d'encaisser, le regard perdu sur le gallion laissé en pourboire.
— Bon, essayons de rester calme, lança Neville en revenant vers le comptoir. On va quand même pas...
— C'est d'accord, lâcha Malfoy.
— Ah ? Euh... Merci mais...
— En tant qu'ancien auror, même sur six mois et demi, tu dois bien connaître quelques trucs pour protéger ou surveiller une porte non ?
Le visage de Londubat exprimait toute la surprise et l'incompréhension que soulevait la question.
— Je croyais que c'était Madame Grimpelle qui avait déposé ça devant ma boutique. Je ne me suis donc pas méfié. Mais, maintenant que j'y pense, un colis anonyme, c'est toujours suspect, non ?
Neville baissa les yeux sur le pot en bois à l'air inoffensif.
— Toujours... non, pas toujours.
— Mon passé me vaut encore quelques regards de travers tu sais. Il m'arrive régulièrement de devoir rassurer un client que je ne cherche pas à l'empoisonner.
— Ah bon ? s'étonna sincèrement le brun. Tu nous en as jamais parlé.
— Pour quoi faire ? Vous êtes de toute façon mon meilleur argument.
Le blond pointa un petit cadre photo fixé au mur derrière le comptoir. On y voyait la maison des Weasley, en pleine reconstruction, devant laquelle posait la famille entière, mais également une grande partie de l'armée de Dumbledore, et Draco Malfoy. Ce fut ce jour-là qu'il reçut le médaillon de l'AD. Ce jour-là que tous l'acceptèrent sans condition. Ce jour-là qu'ils battirent tous ensemble un record de vitesse dans la construction des murs et fenêtres. Le nouveau Terrier, tout aussi brinquebalant qu'avant, avait doublé de volume, et de confort pour le bonheur de Molly et Arthur Weasley. La photo trônait là depuis l'ouverture de la boutique. Elle était plus efficace que n'importe quel diplôme ou certificat.
— Ah on s'était bien marré... susurra Neville en souriant.
— Tout ça pour dire que j'aurais dû me montrer plus méfiant, non ?
L'ancien auror ôta la pièce du pot et le retourna pour l'observer sous toutes les coutures. Il lança même un ou deux sorts de vérifications mais, vraiment, l'objet n'était qu'un vulgaire pot en bois gravé au nom de la boutique.
— Tu acceptes que je vive chez toi pour te servir de couverture si je comprends bien ? finit par demander Neville en replaçant le pot sur le comptoir.
— Je te préviens, je n'ai qu'une chambre.
— Bah, ça te rappellera de bons souvenirs de la chambre commune de gryff...
— Non. Aucun bon souvenir, le coupa Draco.
Ce n'était pas tout à fait vrai. Car au milieu des crises et de la douleur que lui infligeait l'horcruxe logé dans son épaule gauche, au cœur de la marque de Voldemort, au milieu du doute et de l'angoisse, il y avait eu Harry Potter. L'agaçant Potter, le fichu Potter, l'idiot Potter, seul capable de le calmer, devenu, au fil des mois, juste Potter, puis Harry. Et finalement...
— Oh Draco, tu rêves ! lança Neville.
— Hein ? Quoi encore ?
— Je peux emménager demain soir ?
Pour toute réponse, Malfoy se dirigea vers l'arrière boutique et revint quelques instants plus tard avec une clef, celle de la porte noire qui donnait directement dans la partie habitation.
— Hannah peut venir une fois si elle veut s'assurer que tu es bien installé, et après fini. Je ne veux pas que...
— T'inquiète ! s'amusa Neville en choppant le précieux sésame. Elle est bien trop occupée au café pour prendre le temps de venir ici. Merci vieux !
Ayant obtenu ce qu'il voulait, le nouvel assistant en botanique remit sa cape sur ses épaules, salua le blond d'un large geste du bras et disparut dans le froid hivernal. La clochette de l'entrée résonnait encore dans la boutique lorsqu'un léger sourire vint effleurer les lèvres du propriétaire. Sa solitude semblait sur le point de se réchauffer un peu.
à suivre...
Merci d'avoir lu ! Et tout de suite, le chapitre 12 ! ;-)
