Disclaimer : les personnages de cette histoire appartiennent TOUS à JK Rowling (et nous la remercions pour ça ^^)
Couple : HP/DM
Petit Post-it : Et un petit troisième chapitre pour la route ! Bonne lecture ! ^^
CHAPITRE 13 - La solution de Potter
— Bah elle est chauffée votre réserve ? Vous êtes tout rouge !
Sans répondre, Draco Malfoy déposa le paquet sur le comptoir et annonça posément le prix.
— Vous savez, continua le client en cherchant sa monnaie, sans vous, l'hiver serait bien moins agréable.
Il lança un clin d'œil vers l'apothicaire que la conversation mit aussitôt mal à l'aise. Se remettre du câlin spontané et incompréhensible d'Harry était une chose, savoir que cet idiot traînait dans sa cuisine une autre, mais comprendre les sous-entendu du sorcier en train de lui acheter un mélange de sa composition aidant à l'érection était autrement plus gênant.
— Je n'en doute pas, se contenta-t-il de répondre en récupérant les pièces.
Elles sonnèrent au fond de son tiroir caisse tandis que le client poursuivait tout en rangeant précieusement le petit paquet.
— Vous êtes le seul à en vendre vous savez ! C'est pourtant bien normal de vouloir se sentir en forme.
— Oui, oui...
— Allez, bonne soirée Monsieur Malfoy !
Le blond inclina poliment la tête et tourna son attention vers la cliente suivante. Il n'avait plus qu'une envie : clôturer ses ventes, fermer la boutique et aller enguirlander cet idiot de gryffondor qui se permettait d'arriver chez lui sans prévenir. Moins d'une heure plus tard, il arriva dans sa cuisine, près à en découdre, mais stoppa net sa progression à l'embrasure de la porte. Harry Potter se balançait sur sa chaise, Fumseck sur les genoux, et ils discutaient. Enfin, Harry parlait, imaginant probablement que son piaf comprenait quoique ce soit à son monologue.
— Potter... siffla Draco en poussant le battant jusqu'à le faire claquer au mur.
Le phénix battit des ailes et alla se percher sur le vaisselier.
— Ah super, tu as fini ?
— Il faut vraiment que tu arrêtes de venir comme ça n'importe quand !
— C'est la première...
— Et arrête aussi de lui parler ! ajouta Draco en pointant Fumseck du doigt.
Les yeux verts se mirent à pétiller de malice.
— Contre qui ou quoi es-tu en colère exactement ?
Le blond ne trouva d'autre réponse qu'un haussement d'épaules désinvolte et alla se remplir un verre d'eau. Potter mit ce temps de silence à profit pour lui expliquer qu'il avait peut-être trouvé la résolution à l'épineux problème concernant ses baguettes.
— J'aimerais te montrer pour que...
— Je ne bouge pas d'ici, lâcha Draco en reposant son verre vide. J'ai ma journée dans les jambes, je me suis à moitié fait agresser par un voyou qui a pénétré sans autorisation chez moi et pour finir, j'ai un gros poulet accroché à ma cuisine.
— Un poulet ?
Harry leva le regard vers Fumseck qui claqua du bec.
— Tu ne devrais pas l'insulter tu sais, il est très sensible.
Soudain, l'ambiance dans la petite pièce changea. Le bruit sec d'une porte qui s'ouvrait les firent redresser la tête en chœur. Au bout du couloir, quelqu'un venait d'utiliser la porte noire, celle de la maison côté rue.
— Tu attends quelqu'un ? chuchota Harry d'instinct sur ses gardes.
Sourcils froncés, Draco mit un court instant avant de se rappeler.
— Ah non, c'est Neville ! souffla-t-il.
Tandis que Potter se détendait, au courant de leur cohabitation, le blond se précipitait vers lui.
— C'est d'accord, emmène-moi. Là, maintenant. Vite !
Dans le couloir, Neville chantonnait tout en se déchaussant. Harry ne prit pas le temps de poser des questions. Il se leva et dans un même mouvement attrapa, la queue de Fumseck qui s'était déjà placé au-dessus de lui, et la taille de l'apothicaire qu'il plaqua contre lui.
— Accroche-toi beau prince, se moqua-t-il.
Le gargouillement choqué et effrayé de Draco se perdit au cœur de l'incroyable énergie du phénix qui les enveloppait déjà. Ce soir-là, en rentrant dans sa colocation du moment après une bonne journée de travail au château, Neville Londubat crut défaillir en voyant deux de ses amis disparaître dans un formidable éclat de rouge et doré.
Draco Malfoy se tenait le ventre sans savoir si le pire était la nausée ou l'impression de ne plus être concret. Son corps lui semblait flou, comme s'il n'existait plus, ou était resté chez lui à Pré-au-Lard.
— Je ne l'avais jamais fait avec quelqu'un d'autre, soufflait Harry à ses côtés d'une voix désolée. Est-ce que ça va ?
— Je... te...
Draco ne put finir sa phrase et se précipita au-dessus de l'évier de la petite cuisine de Potter. Tandis qu'il soulageait son estomac, le brun continuait son beau discours.
— C'est bizarre. Moi c'est la cheminette et le portoloin qui me font ça. Surtout le portoloin d'ailleurs. Avec Fumseck, même sur des kilomètres, je ne ressens rien du tout.
— Il... il l'a fait exprès... grommela Draco en se redressant.
— Qui ça ? s'étonna sincèrement Harry.
D'un coup de baguette, l'apothicaire nettoya toutes traces de son malaise et se redressa fièrement avant de pointer un doigt accusateur vers le phénix, perché sur l'épaule de son maître.
— Ton dindon, siffla-t-il.
L'oiseau claqua du bec et gonfla ses plumes tandis que Potter ricanait. L'affaire en resta là. Draco préférait oublier. Ils passèrent le lourd rideau masquant l'atelier secret sans le phénix qui choisit de rejoindre la chambre à l'étage. Potter alluma ses bougies, Malfoy ajouta une sphère de lumière qui flotta jusqu'au plafond donnant à la pièce une ambiance douce.
— Alors voilà, commença le brun en s'installant sur son tabouret haut face à l'établi.
Dessus, juste devant lui, étaient disposés deux bacs. L'un était rempli d'une belle sciure de bois sombre. L'autre contenait une plume dorée et une très fine baguette en bois.
— Ceci, dit-il en prenant cette dernière, est ma trouvaille pour faire tenir les inserts à l'intérieur des baguettes.
Il montra à Draco ce qui s'avéra être une sorte de paille. Le tube, creusé par les soins du brun, était long de vingt centimètres, d'un diamètre de cinq millimètres et à peine plus épais qu'une feuille.
— c'est solide ? s'inquiéta le blond.
— Très, confirma Harry en tapant le bord de l'établi avec. C'est du bambou. L'intérêt est que le bambou est un bois assez neutre en terme de magie, donc il n'interféra pas avec le bois choisit pour la baguette.
— Et tu comptes glisser l'insert à l'intérieur ?
Avec un grand sourire, Potter lui fit la démonstration. Il prit la plume et la glissa dans le tube précautionneusement. Elle dépassait légèrement de chaque côté ce qui ne constituait pas un problème selon le fabricant.
— De toute façon, l'ensemble sera enfermé au cœur de la baguette. Donc même si ça dépasse, c'est bon. J'ai essayé avec des crins de sombrals et de licornes, avec des entrailles de dragon et toutes sortes d'autres choses. Et ça fonctionne pour tout. Pour certains inserts, notamment ceux qui sont frais, j'enduis l'intérieur du tube avec ça.
Il désigna un bocal emplis d'une sorte de crème verdâtre.
— Crotte de veaudelune trafiquée ? devina l'apothicaire.
— Oui.
— Très bien, donc tu sais comment protéger ton insert sans le réduire en poudre. Mais tu le mets comment à l'intérieur de la baguette maintenant ? demanda Draco.
— Avec ça.
Le brun désignait, fier de lui, le second bac, remplit de sciure.
— Puisque qu'il semble impossible d'intégrer autre chose que de la poussière à l'intérieur du bois de la baguette, j'ai pensé faire l'inverse.
— C'est à dire ? demanda le blond, perplexe.
— C'est à dire que j'agglomère le bois de la baguette préalablement réduit en poussière autour de l'insert.
Draco Malfoy écarquilla les yeux.
— Ceci, poursuivit Harry en plaçant la sciure dans un gros bocal, est du merisier. C'était une branche particulièrement belle, assez souple. Il y a la quantité pour faire une baguette de trente-et-un centimètre.
Il reposa le bac vide et se tourna vers son complice, une lueur de malice dans les yeux.
— Tu veux voir ?
Draco se contenta de hocher la tête. Le fabricant lui conseilla de s'asseoir un peu à l'écart, comme la première fois, avant de grimper lui-même sur son petit escabeau. L'apothicaire sentait que l'instant était historique. Personne avant le gryffondor n'avait osé défié la fabrication des baguettes magiques et en changer les étapes. Il croisa les mains sur ses cuisses, prêt à assister au spectacle.
D'abord, la sciure à l'intérieur du bocal se mit à tournoyer sous l'influence d'un sort de Potter. Bien vite, elle forma une mini tornade contenu entre les parois de verre. Lorsque la vitesse fut à son paroxysme, le brun plaça la paille contenant la plume juste au-dessus. Elle fut aspirée d'un coup par le tourbillon et disparut en suivant le mouvement. Les lèvres de Potter se mirent à remuer. Il murmurait une litanie dont Draco ne percevait que quelques mots latins sans en comprendre le sens ni l'intérêt. L'invocation prit un rythme répétitif, presque chantant. Dans le bocal, la sciure de bois emprisonnée dans la tornade se resserrait lentement sur elle-même. Le tube et la plume restaient invisible. Le tourbillon les enfermaient complètement et poursuivait sa course tout en réduisant son diamètre. Le regard du brun était figé sur le dessus du bocal dont les parois tremblaient légèrement. Sa mélopée se poursuivait dans un murmure. Lentement, Draco commença à deviner les formes d'une baguette. La sciure se ramassait de plus en plus, recréant le bois qu'elle avait été, s'agglomérant autour de la paille au rythme du cœur du blond, témoin vigilant et ébloui par le spectacle. Ses mains étaient crispées l'une contre l'autre et ses yeux écarquillés ne rataient pas une miette de l'incroyable démonstration.
Harry Potter fit doucement ralentir le rythme du tourbillon tandis que les derniers grains de poussières de bois rejoignaient la baguette. Et avec une grande précision, à l'instant même où la nouvelle baguette s'immobilisait au milieu du bocal, en lévitation, il la pointa de sa propre baguette magique et lança fermement le sort d'activation :
— Actum !
De puissantes étincelles bleues jaillirent et firent briller le bois de merisier, donnant au bocal des allures de lanterne. Cela ne dura qu'une seconde. Puis le silence. L'ambiance tamisée de la pièce. Et dans le bocal, la baguette retomba, achevée. Harry la prit soigneusement et l'examina. Le blond, figé sur son tabouret, lut de la tendresse dans les gestes du fabricant.
— C'est la deuxième seulement que je fais avec cette technique. Elle n'est pour personne en particulier, juste un test. Mais elle vibre quand même.
Le sourire du brun acheva Malfoy. Il ne put retenir son occlumencie qui laissa échapper toute son admiration, sa surprise, et ce qu'il espérait faire passer pour de l'amitié en direction de Potter qui redressa la tête vers lui dans un frisson. Inquiet, Draco se fit violence pour se reprendre et remettre en place ses barrières. Sans faire de commentaire, Harry s'approcha pour lui présenter son œuvre.
— Bois de merisier, cœur en plume de phénix, longueur, trente-et-un centimètres, énonça le fabricant.
Il ajouta en pliant très légèrement la baguette :
— Plutôt souple.
Puis il la tendit au blond.
— Tu veux l'essayer ?
Draco prit l'objet et lança un simple sort de réplique sur son tabouret qui fonctionna parfaitement.
— Elle est légère, constata-t-il. Par contre, pourquoi le bout du manche est-il si rugueux ?
En effet, l'aspect de la baguette était assez épais et rudimentaire sur une dizaine de centimètres avant de se poursuivre jusqu'à la pointe dans une légère torsade, parfaitement lisse.
— Je me réserve cette partie pour de la gravure, expliqua Harry, histoire de personnifier le manche de chaque baguette. Sinon, elles auront toutes cette silhouette un peu torsadée sur la pointe. C'est le tourbillon dans le bocal qui fait ça. La sciure se dépose autour de la paille en prenant cette forme. Mais c'est joli, non ?
Le blond approuva. C'était très esthétique en effet. Et unique. Il ne sut alors ce qui lui passa par la tête. Peut-être le câlin caché de la réserve qui avait glissé de l'espoir en lui, où l'instant de pure magie qu'ils venaient de partager. Tout en observant encore la nouvelle baguette, et d'un ton qu'il voulut détaché, il lança :
— Rien que pour ça, ça vaut le coup.
— De quoi ?
Draco ne sut comment interpréter la légère tension qu'il avait devinée dans la voix du brun. Il lui rendit sa création, haussa les épaules, sourit, hésita, détourna les yeux, se frotta la nuque, fit la moue, sourit encore, désigna le rideau donnant sur la cuisine et proposa :
— T'as de quoi fêter ça ?
Sans attendre la réponse il tourna les talons. Oui, ça valait le coup d'être amoureux de ce génie.
à suivre...
Ouhlà, on a frôlé la déclaration ! Merci pour votre lecture. Je vous souhaite un excellent dimanche et vous dis à la semaine prochaine !
