Disclaimer : les personnages de cette histoire appartiennent TOUS à JK Rowling (et nous la remercions pour ça ^^)

Couple : HP/DM

Petit Post-it : Bien le bonjour ! Ce matin, je suis devenue tata pour la sixième fois ! Une petite Lola est arrivée sur cette terre. ^^ Je vous souhaite une excellente lecture !


CHAPITRE 16 - Résolutions et mystères

Un courant d'air froid tout à fait désagréable glissa entre ses chevilles imposant un long frisson jusque dans sa nuque. Il réajusta la cape d'invisibilité autour de ses jambes et vérifia une nouvelle fois la carte du maraudeur. Il ne s'était pas trompé. Draco Malfoy était à Poudlard. Ce traître avait refusé sa double invitation à venir rejoindre les autres chez lui la veille au soir et maintenant il se promenait dans les couloirs du château ! En vérité inquiet de la non-réponse de son ami, Harry Potter se colla contre le mur du couloir qu'il hantait et suivit des yeux le petit point représentant l'apothicaire sur la carte. Il semblait avancer à vive allure et se diriger par ici. Bientôt, Harry le vit apparaître, sa baguette tendue devant lui pour éclairer son chemin. Que faisait-il ici ? Pourquoi souriait-il ? Depuis quand était-il si beau ? Mais surtout... comment osait-il vivre comme si de rien n'était alors que cinq nuits plus tôt, tout avait changé ? Harry s'apprêtait à lui signifier sa présence lorsqu'il le vit s'arrêter devant l'escalier menant au bureau directorial. Le brun venait justement d'en descendre. Espérant que l'entretien entre Malfoy et McGonagall ne durerait pas, il se laissa glisser le long du mur et s'installa en tailleur, toujours caché sous sa cape.

La veille, il avait envoyé Fumseck à Pré-au-Lard avec le bracelet après avoir entendu Neville faire part des inquiétudes de son colocataire à Hermione. Si jouer la carte du soupirant anonyme l'amusait, il ne souhaitait pas que cela devienne une source d'inquiétudes pour le blond. Mieux valait y mettre fin en toute honnêteté. Voir revenir le phénix les ailes vides, sans réponse, l'avait plongé dans un silence triste jusqu'à la fin de la soirée. La joie de partager enfin son projet avec ses amis s'était ternie par l'impression d'avoir tout fait de travers avec Malfoy. Et il n'avait pu se résoudre à en parler à Ron ou Hermione, restant seul avec ses doutes, ses questions et son fond de désespoir. S'il découvrait que Draco ne pouvait l'aimer, il espérait conserver au moins son amitié.

Vingt minutes plus tard, il entendit la statue gardant l'entrée du bureau tourner sur elle-même, libérant le passage à un Draco satisfait. Harry se redressa promptement et se faisant, la cape glissa sur son épaule. Deux étincelles grises se posèrent sur son visage flottant, lunettes de travers et cheveux ébouriffés. Le brun sentit qu'il devait dire quelque chose, pour que l'instant ne se prolonge pas dans cette stupéfaction gênante. Au lieu de cela, il replaça fissa la cape et en écarta un pan, dans une invitation muette. Malfoy hésitait. Immobile depuis la vision surprise d'une partie de son ami, il semblait parfaitement incapable de prendre une décision. Potter décida à sa place : il s'approcha et souleva la cape par-dessus les cheveux blonds, l'englobant à son tour dans ce monde étrange de l'invisible.

— Qu'est-ce que tu fiches ici ? siffla aussitôt l'apothicaire.

— Chut, murmura Harry. On parlera chez toi. D'abord on sort.

Cramponnés à la cape, leur corps scellé, ils suivirent les couloirs de leur enfance en silence. Il fallait éviter l'invasion de souvenirs. Mais les lieux, les odeurs, les lumières, tout frissonna en eux jusqu'à la grille extérieure du château donnant sur le chemin reliant l'école à Pré-au-Lard.

— Tu sais garder un secret ?

— Je sais pas, grogna le blond pour toute réponse.

Harry siffla doucement, mais longuement. Il les défit ensuite de la cape pour la replier et la glisser dans un petit sac qu'il portait autour du cou. Ici, dans la nuit, à l'autre bout du parc, ils ne risquaient pas d'être vus. Bientôt, un battement d'ailes se fit entendre et Draco leva les yeux.

— C'est lui ton secret ? se moqua-t-il en apercevant Fumseck se placer au-dessus d'eux.

— Non. Mon secret c'est que je peux transplaner dans l'enceinte de Poudlard grâce à lui.

Sans avoir eu le temps de protester, Malfoy se sentit attirer contre le brun puis enveloppé par la magie de l'oiseau qui les souleva de terre comme de vulgaires brindilles. Puis ils disparurent. Pour réapparaître dans sa cuisine.

Cette fois-ci, Harry ne lâcha pas son ami tout de suite. Il l'aida à rester debout et l'approcha même de l'évier au cas où. Draco le repoussa et s'appuya seul à son meuble, les jambes flageolantes mais le cœur accroché.

— ça va ? s'inquiéta tout de même Potter.

Il voulait s'approcher mais n'osait pas. Il voulait le prendre dans ses bras, sans risquer de s'imposer. Et soudain, il le vit. Le bracelet. Draco le portait au poignet droit. Son cœur absorba une douce chaleur réconfortante. Tout n'était peut-être pas perdu. Il s'écarta, caressa Fumseck qui s'envola jusqu'au vaisselier puis tira une des chaises pour s'y asseoir.

— Au fait, Neville n'est pas là ? s'étonna-t-il.

— Si. Il est là-haut je suppose, répondit Draco.

Harry fronça les sourcils et pris d'un doute se mit à crier le prénom du botaniste.

— Ah tais-toi ! s'agaça aussitôt le blond en sortant un verre d'un placard. C'est bon, c'est bon, il est chez Hannah.

Potter lui reprocha aussitôt de l'éviter et de ne pas vouloir se retrouver seul avec lui.

— On est assez grand pour en parler non ?

L'apothicaire vida d'un trait son verre d'eau avant de répliquer :

— Je ne pensais pas que parler serait important pour quelqu'un qui fait des cadeaux sans les signer.

Acceptant la pique sans rien dire, Harry se leva et attrapa le vif d'or en bois qu'il avait remarqué sur une étagère de livres de recettes et de potions, près de la porte menant au salon. Il l'avait taillé dans une belle bûche de chêne et en était assez fier. Il le retourna en s'approchant de Draco et pointa sa baguette sur le dessous du socle.

— Aparecio, murmura-t-il.

Des lettres finement gravées apparurent, révélant un message simple : "Souvenirs. HP"

— J'avais peur que quelqu'un les trouve avant toi. Mais je pensais que tu oserais ce simple sort.

Draco lui arracha presque le vif d'or des mains pour mieux lire. Visage fermé et lèvres pincées, il quitta la pièce pour en revenir avec le pot gravé au nom de sa boutique. Il fit la même opération et put lire cette fois-ci : "Félicitations. HP"

— Neville nous a fait part de tes inquiétudes, c'est pour ça que je t'ai envoyé le bracelet hier soir. Pour mettre fin au suspens. Je t'assure que j'ignorais ton... Que fais-tu ?

Draco était en train de détacher le bracelet de son poignet.

— Quoi ? J'imagine qu'il est signé aussi non ?

Pris de panique, Harry lui arracha le bijou des mains et recula pour placer la table entre eux.

— Je ne pensais pas te l'envoyer si vite. Je ne te l'ai offert que pour que tu saches que tout ça venait de moi !

— Rends-moi mon bracelet ! s'insurgea Malfoy.

— Non, non !

Potter s'échappa de la pièce et s'enfuit au salon. Des yeux il chercha une cachette pour y nicher le bijou. Mais il ne fut pas assez rapide, le propriétaire des lieux était déjà derrière lui. L'un recula, terrifié. L'autre avançait, mécontent.

— Donné c'est donné Harry !

— Laisse-moi te le réoffrir plus tard.

— Non. Il est très beau, il est à moi.

— Il est tout à toi ! confirma Harry. Mais plus tard.

Malfoy s'arrêta net et croisa les bras. Potter était juste devant le divan et s'y laissa tomber, le cœur battant.

— Ou alors jure-moi que tu laisses la signature tranquille pour le moment.

Les sourcils blonds se froncèrent.

— Que faisais-tu au château ? Tu me suivais ?

Harry déglutit, encore effrayé par le risque qu'il venait de prendre en dévoilant la signature du vif d'or.

— Pas du tout. J'ai rendu visite à Minerva. J'y vais pratiquement une fois par semaine depuis que je suis revenu d'expédition. On parle du vieux temps et de l'avenir aussi, beaucoup. Et ça me permet de revoir Dumbledore.

— Tss, ce vieux fou, grommela Draco. Et pourquoi la cape ?

— Une fois Slughorn m'a vu et m'a tenu la jambe une heure. Une autre fois, c'est un groupe de Gryffondors… Depuis, je prends la cape. Et toi ?

Malfoy haussa les épaules et s'approcha d'une petite vitrine dans laquelle patientait quelques verres joliment ciselés et une bouteille de whisky pur feu entamée. Quelques coups de baguette plus tard, deux verres servis flottaient jusqu'à la table basse.

— Je te préviens, tu n'auras qu'un seul verre.

Harry prit cet avertissement comme un rejet. Le blond lui faisait comprendre qu'il était hors de question que les limites de l'amitié soient à nouveau franchies. Il se redressa, serrant plus que jamais le bracelet dans son poing.

— Je suis en charge du stock de potions et médicaments de l'infirmerie de Poudlard depuis hier. J'y étais pour faire l'inventaire avec Pomfresh. Et puis... j'ai revu Severus. Enfin son portrait.

Un silence passa, puis Draco murmura, hésitant :

— C'est toi qui...

— Ton directeur de maison était un homme particulièrement pénible. Mais c'était un héros. Il méritait d'avoir sa place au milieu des autres directeurs de Poudlard.

Draco hocha la tête, but une gorgée et le remercia du bout des lèvres.

— Pourquoi me remercies-tu ?

— Parce qu'il y a au moins une des personnes que j'ai admiré plus jeune qui n'était pas folle à liée. Je peux me raccrocher à ça grâce à toi. Et ça fait du bien.

Harry fit glisser puis tourner le bracelet entre ses doigts. Il hésitait, mais il devait parler.

— Draco... ce soir-là... je suis désolé. Je pourrais jouer la carte de l'alcool mais, je n'ai pas d'excuses.

— On était deux, murmura son hôte.

Malfoy avait les yeux baissés sur son verre où le liquide ambré tournoyait doucement.

— Tu n'as pas à t'excuser.

Cette affirmation laissa Harry silencieux et dans le doute. Car si tout allait bien entre eux, d'où venait le malaise évident ? Draco embraya sur le sujet des baguettes. Il voulait savoir ce que les autres en avaient pensé.

— Ils ont adoré le concept. Hermione n'a pas pu s'empêcher de jeter un œil à mon dossier d'autorisations. Il m'en manque deux encore, mais elle n'a rien dit. Neville et Ron veulent passer le test de Luna pour avoir leur baguette.

— Alors ça y est ? Tu vas les commercialiser ?

Potter lui donna les détails des démarches qu'il comptait mettre en place pour maintenir son anonymat.

— Bah ça te connaît ça, de rester invisible, le taquina Malfoy avant d'ajouter : je te préviens, j'en veux une aussi.

Harry détourna aussitôt le regard et vida son verre en une fois, ce qui le fit tousser brusquement. Draco s'approcha vivement pour lui tapoter dans le dos.

— Kof... ça... ça va, t'inquiète.

— C'est quoi ton problème ? Tu veux pas me faire une baguette ?

Malfoy resta debout devant lui, près du canapé. Harry prit le temps d'observer une nouvelle fois le bracelet et le médaillon gravé d'un renard avant de se lever et lui faire face. Il leva le bijou entre eux et murmura :

— Si tu y tiens, viens le chercher demain.

— Pourquoi tu chuchotes ? souffla Draco reculant d'un pas, méfiant.

— Pour pas te faire peur, se moqua Potter.

Il glissa le bracelet dans sa poche, et quitta la pièce en se contentant d'un salut de la main. Il disparut avec Fumseck sans avoir la certitude de voir l'apothicaire accepter l'invitation.

à suivre...


"félicitations" pour la boutique... "souvenirs" pour le passé... et quoi sur le bracelet ? Mystère... ^^