Disclaimer : les personnages de cette histoire appartiennent TOUS à JK Rowling

Couple : HP/DM

Petit Post-it : Et voilààààà ! C'est le dernier chapitre... Rendez-vous à la fin pour un au-revoir ! ^^


CHAPITRE 17 - La première baguette

Draco se précipita à la cuisine pour y voir les dernières étincelles rouges et dorées du transplanage de Fumseck. Le silence qui suivit fut brutal pour le jeune homme. Tout se bousculait en lui et il lui semblait que ces retrouvailles avec Harry depuis leur dérapage avaient été soient trop longues soient trop courtes. Il prit le temps de respirer calmement, plusieurs fois. Sans y penser, sa main glissait autour de son poignet nu. En l'espace d'une journée, il avait déjà pris l'habitude de porter ce fichu bracelet, dès l'instant où il avait compris qu'il lui venait d'Harry. Machinalement il récupéra le pot et le vif d'or abandonnés sur la table de la cuisine.

— Tsss, souffla-t-il en relisant les signatures au dos des objets. Il pouvait pas être plus clair sérieux ?

Il se sentit bête, tout de même, de ne pas avoir pensé à un sort aussi naïf. Et la curiosité était forte de savoir ce que cachait le bracelet. Pourquoi l'avait-il empêché de le découvrir ce soir ? Pensif, Draco transporta le vif d'or dans son salon, sur un guéridon. Depuis le premier paquet anonyme, Londubat parlait d'une admiratrice secrète. Était-ce le message sous-entendu de ces cadeaux ?

— Félicitations, souvenirs... murmura Draco. Et puis quoi ? s'agaça-t-il. Qu'a-t-il écrit sur le bracelet ?

Il se mit à tourner sur son tapis comme un lion en cage. Si son colocataire n'avait pas rejoint sa femme pour le week-end, il aurait pu, peut-être, le faire participer à sa réflexion. Mais seul, il n'osait réfléchir plus en avant aux intentions du brun. Pouvait-il espérer ? Avant cette fameuse nuit, Harry Potter avait toujours eu une attitude amicale à son égard. Parfois, le doute s'était glissé, dans un regard insistant, une poignée de main plus longue. Mais rien de suffisamment répété pour laisser croire que... Non. Il n'osait imaginer que ses sentiments puissent être partagés.

— Oh puis zut ! lâcha-t-il en cessant sa randonnée circulaire.

Il n'avait pas mené un travail acharné pour devenir animagus pour rien. Il se concentra un instant et transplana. En réapparaissant dans le jardin d'Harry Potter à Godric's Hollow, le vent glacial de la nuit lui fit regretter de ne pas avoir enfilé sa cape avant de partir. Frissonnant, il se cacha derrière le seul arbre du jardin et prit sa forme animal. Le froid n'eut aussitôt plus d'impact sur lui. Levant le museau, il renifla l'air. Le brun était bien chez lui. À petits trots légers il se déplaça furtivement dans l'ombre nocturne, le long du mur de la maison. Sachant la porte d'entrée condamnée, il se dirigea à l'arrière de la masure, le nez pointé vers le sol et la queue basse. Oreille tendue, il repéra la présence de Potter à l'étage. Peut-être s'était-il déjà couché ? Quoiqu'il en soit, le rez de chaussée était libre. Draco se concentra et enchaîna coup sur coup la reprise de sa forme humaine, un transplanage au milieu de l'atelier du brun et sa retransformation en renard. Voilà, il était sur place. Il ne lui restait plus qu'à repérer son bracelet. Truffe aux abois, il se dirigea à pattes feutrées vers la cuisine. En passant sous le rideau séparant l'atelier du reste de la maison, il dut un instant plisser les yeux à cause de la lumière. Bien, Potter n'était visiblement pas couché ou bien il s'autorisait à dormir en laissant toutes ses pièces éclairées. Rendu encore plus prudent, le petit renard se faufila jusque sous la table de la cuisine. Où cet idiot aurait-il pu poser son bracelet ? Un bruit à l'étage le figea, une patte en l'air. C'était la pintade qui claquait du bec. L'animagus entendit Harry lui parler. Il craignit soudain que l'instinct animal de cet oiseau de malheur ne devine sa présence. Et en effet, il aperçut la silhouette du brun se découper en haut de l'escalier.

— Il n'y a personne Fumseck, lança-t-il tandis que sous la table, dans l'ombre d'une chaise, le renard se recroquevillait, prenant soin d'enrouler sa queue sur ses pattes.

Le phénix lâcha un petit cri et Draco eut la surprise de comprendre ce qu'il venait de dire. Il oubliait parfois cette caractéristique complètement folle de sa forme animagus. Quoiqu'il en soit, l'oiseau avait convaincu son propriétaire de descendre pour vérifier. Le petit cœur du renard battait à tout rompre. Il n'avait plus d'autre choix que de se faire voir. Mais il avait encore une chance de trouver le bracelet en jouant la carte de la surprise. Lorsque les pieds de Potter apparurent au bas de l'escalier, il sortit brusquement de son embuscade, lui passa devant et détala à l'étage, courant dans les marches sans tenir compte du cri de surprise d'Harry. Arrivé sur le palier il bifurqua aussitôt vers la chambre en glissant sur le parquet et sauta sur le lit pour visualiser l'ensemble de la pièce. Il devait faire vite : le brun remontait déjà les marches en compagnie de l'emplumé qui s'excitait du bec. Soudain, il le vit : le bijou était posé sur la table de nuit ! Le renard prit un bel élan et chopa délicatement le bracelet entre ses crocs. Au moment où Potter apparaissait dans l'embrasure de la porte, sa poularde sur l'épaule, l'animagus sauta du lit et lui fila à nouveau entre les jambes pour se jeter dans l'escalier.

— Draco ! hurla le brun, avant d'ajouter : non, Fumseck ! Laisse-le, c'est Malfoy !

Au-dessus de lui, en effet, le phénix semblait vouloir l'attraper. Arrivé dans la cuisine, le renard n'eut d'autre choix que de se protéger sous la table. À nouveau coincé là, il ne pouvait reprendre sa forme humaine pour transplaner et rentrer chez lui avec son butin. D'instinct, il sortit les crocs et commença à grogner. De retour à la cuisine, Potter s'accroupit pour regarder sous sa table. Il avait visiblement renvoyé son oiseau.

— Petit, petit, s'amusa-t-il à susurrer ce qui ne fit qu'augmenter le grognement du renard.

Babines retroussés, le bracelet coincé dans les dents, l'animagus ne comptait pas se laisser faire.

— Est-ce que tu vas me mordre ? s'inquiéta le brun.

Le renard tourna la tête en tout sens pour trouver une échappatoire. La seule issue possible était de retourner vers l'atelier.

— Draco, est-ce qu'on peut...

L'animagus ne le laissa pas finir sa phrase et déplia d'un coup son corps pour courir vers le rideau opaque. Il avait moins de trois secondes pour reprendre sa forme humaine et transplaner jusqu'à chez lui. Il glissa sur le sol de l'atelier et ce fut son erreur. Deux mains se saisirent hâtivement de sa queue, lui faisant lâcher un petit couinement. Il se retrouva coincé sous le corps du sorcier.

— Rends-moi le bracelet renardeau, lâcha Potter.

Glapissant, l'animagus lâcha le bijou, tourna la gueule et tenta de mordre le brun qui se décala vivement sans le lâcher pour autant.

— Mais c'est pas vrai ! hurla-t-il. T'as la rage ou quoi ! Ça suffit maintenant !

Potter força le renard à se placer sur le dos, position hautement inconfortable et le maintint bloqué de son avant bras. Le bracelet gisait au sol à leurs côtés. Draco cessa tout mouvement. Déjà, parce qu'il ne le pouvait plus, mais aussi parce qu'il prenait seulement conscience de la tenue du sorcier. Simplement vêtu d'une robe de chambre desserrée par leur course poursuite, une épaule et la moitié du torse s'offraient à la vue de l'animal.

— Bon, souffla Harry en reprenant son souffle. On arrête là, ok ? Je te lâche et tu m'écoutes.

Draco se contenta d'un jappement pour marquer son accord. Potter se redressa lentement. Aussitôt, le renard retrouva son agilité et se dépêcha de s'asseoir sur le bracelet.

— Ah c'est malin tiens, s'agaça le sorcier en le voyant faire.

L'animagus pencha la tête sur le côté, les oreilles bien dressées dans une attitude qu'il espérait parfaitement provocante. Tout en l'observant, sourcils froncés, Harry remit son vêtement en place et renoua la ceinture pour le maintenir. Et finalement, son visage se relâcha. Il abandonnait la partie. Draco se sentit jubiler en l'entendant proclamer :

— Très bien, tu peux garder le bracelet.

Le renard jappa joyeusement et se déplaça pour glisser sa patte droite dans le bijou. Il ne lui restait plus qu'à reprendre forme humaine et rassurer le brun sur le fait que perdre une guerre de temps en temps ne pouvait pas lui faire de mal. Mais le sorcier n'avait pas fini de parler et arrêta net ses élucubrations vengeresses :

— Je te demande juste d'attendre encore quelques minutes. Je voudrais te montrer quelque chose. C'est... enfin je voulais te le donner en même temps que le bracelet normalement et... Bah, tu verras bien.

Il tourna le dos au renard qui choisit de conserver sa forme d'animagus. C'était plus confortable : il n'avait pas à parler. Sous sa fourrure glissait le sentiment que l'instant était solennel. Le brun augmenta la luminosité de l'atelier et se pencha un instant sur son établi. De sa position à ras du sol, le petit animal ne voyait rien de ce qu'il faisait, mais les gestes du sorcier étaient précis et prudents. Enfin, il lui refit face. En silence, Harry vint s'accroupir devant le renard et déposa par terre entre eux une boîte fine et allongée. L'animagus baissa le museau et renifla l'objet, l'esprit vide, avant de brusquement réalisé ce qu'un écrin d'une telle forme pouvait contenir. Ses oreilles se dressèrent et sa queue, bien malgré lui, commença à remuer.

— Je n'ai pas estimé nécessaire de te faire passer le test de Luna, murmura Potter. J'estime te connaître mieux que quiconque. J'espère... j'espère ne pas m'être trompé.

D'une main hésitante, le sorcier fit tourner la fine attache et souleva le couvercle face au renard. Il écarta deux pans de soie blanche qui révélèrent une baguette incroyable. L'animagus ne savait quel détail observer en premier : le manche aux arrêtes saillantes et supportant la gravure d'un discret renard en pleine course, ou bien la couleur légèrement dorée du bois, ou encore la pointe de la baguette s'étirant dans la forme torsadée caractéristique des œuvres de Potter ou tout simplement l'aspect luxueux et parfaitement fini de l'ensemble. D'une voix sourde, le fabricant dévoila les secrets de l'objet :

— C'est du bois de poirier, comme pour le médaillon du bracelet. C'est une essence qui ne bouge pas et qui t'apportera une justesse dans ta magie pour peu que tu n'oublies jamais... à quel point tu es aimé. Aucun sorcier adepte de la magie noire ou noyé dans la haine ne saurait se servir d'une baguette en poirier. À l'intérieur, il y a un crin de sombrals. C'est aussi avec ça que j'ai tissé le bracelet. C'est incroyablement puissant. Seul un sorcier capable d'affronter la mort peut espérer arriver à maîtriser une telle énergie. Elle fait vingt-sept centimètres. Et elle est à toi... si tu l'acceptes.

Sous sa forme animale, Draco avait suivi les explications sans quitter des yeux la merveilleuse baguette. Un tremblement inconscient parcourait son corps. Il leva le museau vers les yeux verts qui brillaient plus que jamais. Dans un craquement sonore, il retrouva son corps humain.

— Je...

Ne pas savoir quoi dire était un euphémisme dans sa situation. Il était sans voix, ému, reconnaissant. Et soudain, son cerveau se mit en pause et son cœur prit toute autorité sur sa réflexion.

— Je t'aime... lâcha-t-il dans un souffle.

L'énergie qu'il vit passer dans le regard du brun lui fit peur et il préféra retourner à l'observation de la baguette. Ils étaient tous deux accroupis sur le sol froid de l'atelier, baignés dans la lumière vacillante des dizaines de bougies flottantes. La baguette l'attirait. Il comprenait l'importance de cet énième cadeau : il allait être le premier à pouvoir vérifier pleinement la théorie du fabricant de baguette magique. Cette nouvelle baguette lui conviendrait-elle mieux que celle qui le suivait depuis son enfance ? Il glissa une main le long du bois de poirier et empoigna le manche, tirant l'instrument de son boîtier. Une formidable chaleur lui parcourut le bras. C'était ça. Exactement ça. Conquis, il se leva et lança un simple accio non formulé sur une plume d'écriture traînant sur l'établi. La plume parvint jusqu'à lui, sans surprise. Mais la sensation du sort était unique : comme s'il lui avait suffit de transmettre le désir de rapprocher la plume pour que la baguette s'occupe du reste. S'attendant à voir Harry Potter sourire devant la réussite de ce premier essai, Draco perdit de son enthousiasme en remarquant l'air grave, inquiet et même terrifié du brun resté accroupi au sol.

— Qu'est-ce qui se passe ? s'inquiéta-t-il en baissant le bras.

Potter se redressa enfin.

— Qu'est-ce que tu as dit ? souffla-t-il.

Son visage fermé et sa voix austère fut comme une flèche dans la poitrine de Malfoy. Il hésita un instant à revenir sur sa déclaration, à sauver ce qui pouvait être sauvé, mais il n'eut le temps de rien. Potter venait de l'attraper par le poignet et récupérait le bracelet qui leur avait valu déjà plusieurs courses poursuites. Il pointa sa baguette dessus et murmura le sort de révélation. Sur la face non gravée du médaillon en bois apparut la signature. Le blond dut se pencher pour la lire dans la semi-obscurité.

— "Je t'aime", lut-il à mi-voix avant de se redresser brusquement.

Il fut aussitôt attiré dans une accolade ferme et chaleureuse, les cheveux bruns lui chatouillant la joue. La plume dans une main, sa nouvelle baguette dans l'autre, Draco ne sut d'abord comment réagir. Le moment s'éternisa, son sourire s'élargit, ses bras s'enroulèrent autour des épaules du brun et le serrèrent. Au bout de quelques secondes cependant, il murmura :

— Profites-en, j'aime pas les câlins.

Potter s'écarta aussitôt en se moquant de lui, rappelant à son bon souvenir le nombre incalculable de fois où il avait dû le prendre contre lui pour calmer ses angoisses.

— Rien à voir ! se défendit aussitôt l'apothicaire. J'avais Voldemort dans la tête !

— Tu parles ! Si tu crois que déjà à ce moment-là j'avais pas compris tes intentions, susurra Harry en croisant les bras d'un air de défi.

— Pas du tout. J'ai compris que je t'aimais face à mon père dans les limbes. Avant ça, je vivais chacune de tes approches comme une atteinte à ma sphère privée.

Une lueur maligne s'alluma dans les yeux verts. Potter s'approcha vivement de lui et posa ses mains sur les joues du blond.

— Et ça, murmura-t-il en le fixant intensément, est-ce que c'est une atteinte à ta sphère privée ?

S'attendant à la suite, Draco ferma les yeux et se laissa embrasser. Tout en appréciant le traitement, il se jura tout de même qu'il ne laisserait jamais leur couple devenir aussi mielleux que Neville et Hannah ou aussi dépendant que Ron et Hermione. Non, lui, il saurait garder sa part sauvage, inatteignable, noblesse oblige. Un gémissement qui n'avait rien de noble lui échappa et il s'abandonna pleinement, laissant même baguette et plume tomber à terre pour empoigner les cheveux mal coiffés de son petit ami.

— C'est toi... qui a dit... à McGo... que j'étais... un animagus ? souffla-t-il tout en laissant ses lèvres glisser dans le cou du brun.

— Tu vas encore vouloir me mordre si je dis oui ?

— Même si tu dis non, s'amusa Malfoy.

Près de leurs pieds, au sol, le bois de la première baguette du célèbre Harry Potter fabriquée sur mesure pour Draco Malefoy renvoyait de chauds reflets dorés. Plus que jamais, l'amour était véritablement le pouvoir dominant.

THE END


Et voilà. La fin d'une histoire qui m'a trotté en tête plusieurs années ! Merci mille fois de l'avoir lue ! Merci pour nos échanges, j'en suis friande, vous le savez. ^^

Et maintenant ? J'ai commencé à écrire des fanfics à 14 ans, j'en ai 37 aujourd'hui. J'aime toujours autant cet univers. J'aime toujours autant écrire. Au point d'ailleurs que j'y consacre mon temps. Si vous souhaitez suivre mes "aventures" d'autrice, j'ai un site et un blog ici :

htt ps : slash slash laureagostini point fr (enlevez les espaces et transformez les slashs et le point)

Mais... comme je le disais, j'aime toujours autant l'univers HP, j'ai toujours des idées qui me viennent. L'avantage des fanfictions sur les histoires originales, c'est que je n'ai pas à faire de travail préparatoire sur le monde ou les personnages : tout est prêt à l'emploi ! Et parfois, il est agréable d'écrire sans se poser d'autres questions que : quelle aventure puis-je raconter ?

Donc... je n'arrêterai probablement jamais d'écrire des fanfics. Ce sera peut-être plus des One-Shot que des histoires longues (et encore, sait-on jamais) et je serai donc ravie de vous retrouver pour de nouvelles histoires, ici ou du côté des originales. (j'écris du feel-good entre émotions, humour et découverte de soi ^^)

Je vous souhaite une merveilleuse vie, un excellent week-end et vous dis à bientôôôôôt !

Lusaka.