Je comptais poster ce chapitre en 2022, mais finalement, le voici un peu plus tôt !
Il aurait pu s'intituler "Confessions nocturnes"... ;)
Bonne lecture !
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CHAPITRE 8
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Marinette ouvrit péniblement un œil, et se demanda vaguement pourquoi elle s'était réveillée au beau milieu de la nuit alors qu'elle n'avait pas l'impression d'avoir beaucoup dormi. Un regard en direction de sa lucarne lui confirma qu'il était encore bien trop tôt : une nuit d'un noir d'encre recouvrait Paris qui devait encore dormir à poings fermés.
Ce n'est que lorsqu'elle sentit Adrien s'agiter à côté d'elle qu'elle prit pleinement conscience de la raison qui l'avait sortie de son sommeil : elle se tourna vers lui et le découvrit complètement recroquevillé en position foetale, les poings serrés autour les draps. Malgré l'obscurité ambiante, elle pouvait voir son visage, fermé dans une expression d'inconfort qui lui fit mal au cœur. Dépassant sa timidité, elle se rapprocha de lui et posa délicatement sa main sur sa joue pour tenter de le rassurer. Mais à peine avait-elle effleuré sa peau qu'elle réalisa que sa joue était humide.
Adrien était en train de pleurer dans son sommeil.
Cette vision lui brisa le cœur.
- M-Maman... laissa-t-il échapper dans un sanglot, et le cœur de sa coéquipière se fissura un peu plus.
Elle passa la paume de sa main sur sa joue avec beaucoup de douceur pour essayer de le sortir de son cauchemar.
- Adrien, murmura-t-elle en continuant de caresser sa joue du bout de son pouce. Adrien, réveille-toi, tu fais un mauvais rêve.
Adrien s'agita mollement, profondément enfoncé dans sa torpeur. Marinette continuait de lui parler avec une voix calme et posée malgré l'angoisse qu'elle ressentait pour lui, mais rien n'y faisait. Ce fut finalement un violent sursaut qui le réveilla d'un coup, et il ouvrit les yeux comme s'il avait été sorti du lit avec un seau d'eau glacée. Tout son corps s'était figé, paralaysé, le temps que son cerveau puisse emmagasiner les informations nécessaires qui lui indiqueraient que son cauchemar était bel et bien fini. Essoufflé comme s'il avait couru un marathon, il peinait à retrouver une respiration régulière. Ce n'est que lorsque son regard se posa sur Marinette que son cœur se calma. La lueur d'inquiétude dans les grands yeux bleus de sa partenaire lui fit prendre conscience de l'état fébrile dans lequel il se trouvait, et il ne sut que faire à part s'agripper à elle et la serrer contre lui. Comme la nuit précédente, Marinette l'attira tout contre elle et lui passa la main dans les cheveux pour l'apaiser, mais Adrien sentait déjà la tension de son cauchemar retomber petit à petit. Lorsqu'il réalisa que ses joues étaient humides, il s'essuya rageusement le visage d'un revers de la main.
- Je suis désolée de t'avoir réveillé Chaton, dit Marinette avec douceur. Mais tu faisais un cauchemar. Ça va mieux ?
Adrien acquiesça, mais sa gorge se noua lorsque son cauchemar lui réapparut par flashs.
- J'ai rêvé... J'étais en train de revivre le moment où... où il a essayé de m'akumatiser. C'était... horrible. Plus jamais je ne veux ressentir ça de ma vie.
Marinette lui lança un regard désolé et continua à passer sa main dans ses cheveux. Adrien enfouit son visage dans le creux du cou de sa partenaire et inspira profondément.
- C'est moi qui suis désolé de t'avoir réveillée, Marinette, dit-il, se sentant coupable. J'en ai tellement marre d'être un tel déchet et de déranger tout le monde avec mes problèmes...
Marinette l'arrêta dans sa tirade d'un geste de la main.
- Tu es tout sauf un déchet Adrien, et tu ne déranges personne ici.
Adrien laissa échapper un soupir malgré lui ; il avait grand besoin de se confier, toute cette histoire lui pesait gros sur le cœur. Mais il n'avait décidément pas l'habitude de parler de ses problèmes, et il voulait encore moins se décharger sur Marinette. Lui qui était d'ordinaire peu enclin à laisser ses émotions s'exprimer librement, d'avoir versé plus de larmes devant sa coéquipière en 48h que durant le reste de sa vie le mortifiait. Mais il y avait une telle compassion dans le regard d'azur de Marinette qu'il se sentit suffisamment en confiance pour faire tomber quelques barrières.
- Je suis vraiment désolé Marinette. Je n'en peux plus de me morfondre comme ça, ça ne sert à rien de pleurer, constata-t-il amèrement. Je te promets que je veux aller de l'avant. Mais j'ai tellement mal... Tout le temps...
Marinette l'embrassa sur le haut du crâne et le serra plus fort contre elle.
- Tu n'as rien à me promettre. Tu as le droit de prendre le temps qu'il faudra.
Elle fit une pause avant d'oser entrouvrir un peu plus son cœur.
- Je t'admire, tu sais, avoua-t-elle timidement. Tu es si solide, je n'en reviens pas de la façon dont tu gères tout ça.
Adrien laissa échapper un petit rire désabusé.
- Solide ? Moi ? J'ai constamment mal au ventre, je me sens complètement perdu, et j'ai la sensation que si j'y pense trop, ma tête va exploser. Mais si j'essaie de ne penser à rien, j'ai l'impression d'être complètement anesthésié, je ne ressens plus rien. Et tout à coup, ça explose en moi et ça fait tellement mal, énuméra-t-il en laissant échapper un petit rire nerveux.
Il roula sur le dos et fixa le plafond pour s'empêcher de pleurer à nouveau, avant de se cacher le visage sous son bras.
Marinette resta un instant démunie face à la détresse d'Adrien. Elle ne l'avait jamais entendu parler de façon aussi vulnérable de ce qu'il ressentait. Dans la vie de tous les jours, il maintenait son image en permanence. Mais Chat Noir, lui, avait toujours été beaucoup plus enclin à ouvrir son coeur, distillant ses émotions sans aucune retenue à sa partenaire.
Leur bataille au Musée Grévin quelques années auparavant lui revint soudain en mémoire : elle se rappelait vivement la façon dont Chat Noir n'avait eu aucun mal à lui déclarer ses sentiments pour elle, là où elle n'était capable que d'aligner des sons incohérents en présence du garçon qui faisait battre son coeur comme une folle. Garçon qui se retrouvait à présent roulé en boule tout contre elle à quémander du réconfort et de l'affection, choses dont elle ne se privait pas de l'inonder avec beaucoup de tendresse. L'ironie de la situation était bien loin de lui échapper, et elle sentit ses joues chauffer lorsqu'Adrien reposa sa tête contre son épaule.
Mais s'il y avait une chose qui la rassurait, c'était de voir que malgré le profond désarroi dans lequel était plongé son coéquipier, il ne se laissait pas abattre pour autant. Elle était heureuse qu'il se confie à elle, qu'il ne garde pas tout ça pour lui jusqu'au point de rupture. L'idée qu'il se sente suffisamment en confiance avec elle pour lui dévoiler les recoins peu reluisants de son âme la touchait énormément. Cela devait être d'autant plus compliqué pour lui après toutes ces années à avoir été formaté à ne montrer aucune émotion à la face du monde.
- Si seulement il y avait un Lucky Charm qui pouvait résoudre tous tes problèmes... murmura-t-elle dans un soupir. J'aimerais savoir comment t'aider à surmonter tout ça. Je me sens tellement impuissante.
- Tu fais déjà beaucoup tu sais, répondit-il, sa joue posée contre son épaule, cherchant à calmer sa détresse dans l'étreinte de sa partenaire. Je suis vraiment désolé de te faire subir tout ça.
A ces mots, Marinette sentit sa poitrine se dégonfler.
Elle détestait la façon dont Adrien s'excusait toujours profusément à l'idée de déranger et d'être un poids pour eux, mais elle réalisa avec un horrible pincement au cœur que c'était tout ce qu'il avait dû connaître jusque-là. S'excuser était devenu une seconde nature chez lui à force de se plier aux quatre volontés de son père. Il n'avait jamais eu d'autre choix que d'obéir, réprimant toutes ses envies, ses propres besoins, voire même ce qu'il ressentait. Adrien avait très tôt dû être forcé de rentrer dans ce moule doré façonné par son père et d'effacer tout ce qu'il était, tout ce qu'il voulait être. Gabriel Agreste était du genre à ne rien laisser passer, et Adrien avait dû vivre dans la crainte permanente de répercussions si jamais il n'était pas ce qu'on attendait de lui. Cette idée l'attrista terriblement.
Marinette comprenait à présent pourquoi Chat Noir semblait si différent d'Adrien : grâce à Chat Noir, toutes les contraintes qui pesaient en permanence sur les épaules du jeune homme s'envolaient. Grâce à Chat Noir, Adrien était libre.
Elle se remémora leur visite chez Maître Fu un peu plus tôt dans la journée, et la détresse d'Adrien à l'idée d'être séparé de Plagg résonnait encore plus fortement en elle à présent. Elle se jura silencieusement de tout faire pour rendre la vie d'Adrien plus facile, et elle espérait de tout cœur que l'horreur dans laquelle son coéquipier était plongée allait finir par s'estomper. Mais en attendant, elle serait là, à ses côtés, tant qu'il aurait besoin d'elle. Elle s'en faisait la promesse.
Perdue dans ces considérations qui lui serraient le cœur, Marinette restait silencieuse et passait ses mains dans les cheveux et le dos d'Adrien, y traçant des cercles qui se voulaient réconfortants. Adrien s'abandonna dans ses bras, et ses épaules plus que tendues se dénouèrent progressivement sous les gestes tendres de sa partenaire.
- Merci, murmura Adrien tout contre elle.
- Merci pour quoi ?
- Merci d'être là. De... de ne pas m'avoir laissé tomber.
Pour toute réponse, Marinette lui déposa un baiser sonore dans ses cheveux blonds.
- Jamais je ne te laisserai tomber Chaton. Toi et moi contre le reste du monde, tu te souviens ?
- Toi et moi contre le reste du monde, ma Lady, répondit-il, le sourire aux lèvres.
Adrien pressa tendrement ses lèvres sur le dos de la main de Marinette et se redressa légèrement, plongeant son regard empli de reconnaissance dans celui de sa coéquipière.
- J'aimerais tellement être aussi fort que toi en toutes circonstances.
A cette remarque, Marinette laissa échapper un rire à la fois nerveux et incrédule.
- Moi ? N'importe quoi. Toi tu es fort, mais moi... ?
Adrien secoua la tête de droite à gauche, une certaine incompréhension se lisant sur son visage.
- Bien sûr que si, tu es forte. C'est une des choses que j'ai toujours admirée chez toi.
Marinette baissa les yeux.
- C'est que je donne drôlement bien le change alors, parce que je ne suis pas aussi forte que tu ne le crois. Je suis forte uniquement parce que je suis bien entourée, ajouta-t-elle en voyant que Adrien s'apprêtait à formuler une objection. Et aussi parce que je savais que tu étais là, à mes côtés. Je crois que je ne te l'ai pas suffisamment dit, mais tu es le meilleur partenaire que j'aurais pu avoir, Chat Noir. Sans toi, il n'y aurait peut-être même pas eu de Ladybug.
- Comment ça « Il n'y aurait peut-être même pas eu de Ladybug » ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ? répéta Adrien sans comprendre, une lueur d'inquiétude s'allumant dans ses grands yeux verts.
- Je peux t'avouer quelque chose ? demanda-t-elle après hésitation.
Lorsqu'Adrien acquiesça, les sourcils froncés, Marinette lâcha un long soupir.
- Quand on s'est rencontrés, tu semblais tellement à l'aise, si sûr de toi dans ton rôle. C'était comme si... comme si tu avais été Chat Noir toute ta vie. Tu étais fait pour être Chat Noir. Mais moi... moi, j'ai énormément douté. Quand j'ai découvert Tikki chez moi, j'étais littéralement terrifiée. Je ne comprenais pas pourquoi on m'avait choisie, expliqua-t-elle en lançant un regard en coin derrière elle.
Elle esquissa un sourire à la vue de leurs deux kwamis qui dormaient comme des bienheureux, roulés en boule l'un contre l'autre sur le petit coussin de Tikki.
- Le premier jour, j'ai même essayé de donner mon Miraculous à Alya, avoua-t-elle.
Face au regard choqué de son partenaire, Marinette se sentit rougir et détourna le regard.
- Mais pourquoi ? demanda-t-il.
- Je ne me sentais pas du tout faite pour être une super-héroïne. Je trouvais que Alya correspondait bien mieux à ce rôle.
Adrien resta un instant silencieux, essayant de digérer ces informations dont il ignorait tout jusqu'à présent.
- Et... Qu'est-ce qu'il s'est passé ensuite ? Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?
- Je m'en voulais d'avoir failli à notre mission, d'avoir mis tous ces gens en danger par ma faute parce que je n'avais pas capturé et purifié l'akuma. Alya était en danger, j'étais terrifiée, mais j'ai remis mes boucles d'oreilles et j'ai demandé de l'aide à Tikki pour réparer tout ça. Mais surtout... C'est grâce à toi.
Le sourire à la fois timide et affectueux suspendu aux lèvres de Marinette fit subitement accélérer son rythme cardiaque.
- A moi ? fit Adrien, de plus en plus étonné par le récit de Marinette.
- Tu m'as encouragée. Tu m'a donné la force de me battre pour protéger Paris et les gens que j'aime. Quand je dis que tu as toujours été là pour moi, je le pense vraiment. Sans toi, je n'y serais pas arrivée. A chaque fois que je doutais, tu savais comment me redonner confiance en moi. Dans tes yeux, j'avais toujours l'impression d'être réellement cette super-héroïne que rien ne pouvait atteindre.
- Mais parce que tu es une super-héroïne ! s'exclama Adrien, scandalisé à l'idée que sa coéquipière ait pu penser le contraire.
Il prit ses deux mains dans les siennes avec une excitation et une émotion à peine contenues.
- Ma Lady, si tu savais à quel point tu as marqué ma vie le jour où on s'est rencontrés ! J'étais littéralement ébloui par ton assurance et ton ingéniosité, je t'ai trouvé géniale !
Face à tous ces compliments, Marinette se mit à rougir violemment et cacha son visage dans ses mains. Le regard intense et affectueux d'Adrien la transperçait littéralement. Le jeune homme enroula ses bras autour d'elle et l'attira tout contre lui, le cœur battant.
- Je ne veux même pas imaginer un monde où tu ne serais pas ma Ladybug, lâcha-t-il du bout des lèvres. Un monde sans toi à mes côtés, ce n'est pas possible. Alya est géniale, et elle ferait une super-héroïne parfaite, mais... Depuis le début, avec ou sans masque, Ladybug, c'est toi, et personne d'autre.
Marinette ne savait plus comment réagir. Jamais les deux adolescents n'avaient eu de discussion à cœur ouvert ainsi, et ces confessions sans aucun filtre, tard dans la nuit, la rendait fébrile d'émotion. Elle se rapprocha encore d'Adrien et le serra fort contre elle, à défaut de trouver les mots pour le moment. Elle se sentait tellement chanceuse de le connaître. Et plutôt deux fois qu'une.
- Mais du coup, tu ne regrettes pas ? demanda soudain Adrien, rompant le silence. D'être devenue Ladybug, je veux dire. Est-ce qu'il y a des moments où tu as voulu abandonner, comme au début ?
- Absolument pas. Après Cœur de Pierre, plus jamais je n'ai voulu laisser tomber. Aussi difficiles nos missions soient-elles, c'était notre devoir de protéger Paris. Le premier jour a effectivement été très compliqué, mais il m'a aussi confortée dans l'idée que c'était ma vie à présent. J'aime être Ladybug. Je suis Ladybug. Et puis j'avais mon super partenaire à mes côtés, donc j'avais confiance.
Adrien eut l'air rassuré.
- Alya sait que tu es Ladybug ? demanda-t-il, craignant la réponse.
Marinette secoua négativement la tête.
- Non. Elle n'a même jamais su que je lui avais donné mon Miraculous au début. Mais tu as raison en disant qu'elle ferait une super-héroïne parfaite, ajouta-t-elle une lueur de malice dans le regard.
Le regard interrogateur d'Adrien se mua en une expression de profonde réflexion, les pièces du puzzle s'assemblant doucement dans son esprit.
- Alya est Rena Rouge ?! s'exclama-t-il d'un air ébahi, tandis que Marinette acquiesçait vivement. Mais ça veut dire que... Carapace… ?!
Adrien ne réussit même pas à terminer sa phrase. L'air à la fois choqué et extatique, il se tourna vers Marinette qui souriait de toutes ses dents en voyant avec quelle rapidité il avait fait la connexion.
- Nino ! Nino est Carapace, pas vrai ? Mon meilleur ami fait partie de l'équipe ! C'est génial ! s'enthousiasma-t-il en ponctuant sa phrase par de grands gestes.
Adrien se reprit et plongea son regard dans celui de Marinette.
- Mais... Pourquoi est-ce que tu me l'as dit ? Pourquoi est-ce que tu m'as révélé leurs identités ? Je croyais que...
- J'ai une confiance absolue en toi Chaton. Et puis je ne veux plus de secrets entre nous.
Adrien la remercia d'un sourire, et se plongea dans ses pensées, analysant les dernières années écoulées avec un regard différent.
- Ca me paraît tellement évident maintenant... dit-il avec une main sur son front. Mais c'est sûrement parce que je sais que tu es Ladybug. Marinette n'aurait jamais confié des Miraculous à des inconnus, Rena Rouge et Carapace étaient forcément des gens en qui elle avait complètement confiance.
Marinette hocha affirmativement la tête, ravie de voir qu'Adrien avait compris sa logique.
- Par contre, je pense qu'on doit continuer à garder nos identités secrètes, le prévint-elle. Il n'y a plus de danger immédiat, donc j'estime que tu as le droit de savoir pour Alya et Nino, mais moins de gens seront au courant que Ladybug et Chat Noir sont Marinette et Adrien, mieux ce sera.
- Je ne peux même pas en parler à Nino ? demanda Adrien, visiblement déçu. Je sais qu'il est Carapace, pourquoi est-ce que je devrais lui cacher que je suis Chat Noir ?
- Je comprends ce que tu ressens, mais les enjeux de nos Miraculous ne sont pas les mêmes que ceux de Carapace ou Rena Rouge. Nous portons les deux Miraculous complémentaires, les deux plus puissants. Même si le Papillon a été vaincu, notre devoir n'a pas changé : nous devons les protéger coûte que coûte. Et les secrets les mieux gardés sont ceux que l'on ne partage pas.
Adrien était clairement contrarié de ne pas pouvoir révéler son identité à son meilleur ami, mais il se résigna rapidement. Dans le fond, il savait que Marinette avait raison ; la révélation de leurs propres identités était déjà suffisamment compliquée comme ça, et le fait que son père sache qu'il était Chat Noir ne le tranquillisait guère. Malgré tout, il espérait qu'un jour, tous ces mensonges ne seraient plus qu'un vieux souvenir.
- C'est vrai que c'est déjà quelque chose d'avoir découvert que, nous deux, nous étions... commença-t-il en les désignant tour à tour, laissant sa phrase maladroite en suspens.
Adrien s'écarta légèrement de Marinette pour prendre sa main.
- Mais en tout cas, j'espère vraiment que tout ça ne va rien changer entre nous Marinette, dit-il d'un air inquiet. Tu es une de mes toutes premières amies, une de mes meilleures amies. Je sais que je ne te l'ai jamais vraiment dit, mais tu comptes énormément pour moi. Je tiens beaucoup à toi, je ne veux pas te perdre. Et puis... tu sais aussi à quel point Ladybug est importante pour moi, ajouta-t-il d'un air gêné en détournant le regard, les joues légèrement roses.
Le jeune homme n'avait jamais eu aucun problème à déclarer ses sentiments à Ladybug derrière le masque de Chat Noir, mais en tant qu'Adrien, il se sentait beaucoup plus vulnérable. D'autant plus qu'il savait à présent que Ladybug était Marinette.
- Mais je suis content qu'on connaisse enfin nos identités, continua-t-il, un doux sourire illuminant son visage. Si tu savais à quel point j'étais frustré chaque fois que je devais partir en catastrophe à la fin d'un combat parce que mon Miraculous bipait... Je détestais le moment où je voyais le papillon purifié s'échapper de ton yo-yo, car je savais que c'était le moment où j'allais devoir te quitter, sans savoir quand on allait se revoir. J'aimais tellement passer du temps avec toi et j'aurais aimé qu'on puisse se voir plus souvent, et surtout dans d'autres circonstances...
Il s'interrompit, laissant échapper un petit rire.
- C'est un peu idiot ce que je dis parce que c'était déjà le cas, juste que... je ne savais pas que je voyais déjà ma Lady quasiment tous les jours en fait.
Par contagion, Marinette se mit à rire à son tour.
- Je sais que tu voulais connaître mon identité depuis longtemps, mais ça nous aurait fait courir un trop grand risque, non seulement à nous, mais aussi à notre entourage. J'espère que tu comprends.
- Bien sûr que je comprends, répondit Adrien en hochant la tête. Mais c'était plus fort que moi, je suis un chat curieux.
Marinette se tut, soudain pensive.
- C'est vrai que maintenant que je sais que c'était toi depuis le début, ça change tellement de choses... mais comme toi, j'espère vraiment que tout ça ne va rien changer entre nous. Tu... Tu comptes aussi énormément pour moi, ajouta-t-elle, joliment rougissante à cet aveu.
La façon dont le visage d'Adrien s'illumina à cette confession lui déclencha une envolée de papillons dans l'estomac. Le jeune homme serra ses mains avec émotion, son visage figé en un sourire permanent.
- J'ai encore parfois un peu de mal à tout assembler dans ma tête, reprit-il. Mais la seule chose dont je suis sûr, c'est que je suis heureux que tu fasses enfin entièrement partie de ma vie. Ce n'est plus seulement des akumas à combattre d'un côté, et des cours au lycée de l'autre. On va enfin pouvoir passer tout le temps qu'on veut ensemble. Encore plus maintenant que j'habite ici.
Les yeux brillants, Marinette se contenta d'acquiescer vivement, les mots coincés dans sa gorge. Elle n'en revenait pas de voir à quel point Adrien avait l'air ravi de pouvoir passer du temps avec elle, et cette idée la remplissait d'une joie infinie.
Adrien l'attira un peu plus contre lui, relâchant un long soupir.
- J'avais tellement peur que tu ne disparaisses complètement de ma vie une fois le Papillon vaincu, confessa-t-il. Vu qu'on ne connaissait pas nos identités...
- Jamais je n'aurais pu couper contact avec toi ! s'exclama Marinette avec véhémence. Tu es mon coéquipier, mon meilleur ami ! Même... plus que ça ! On aurait trouvé une solution, un moyen de se revoir autrement, même si nos identités n'avaient pas été révélées !
Les lèvres d'Adrien s'étirèrent en un grand sourire, et Marinette put constater à quel point il semblait soulagé par sa réponse.
- De toute façon, je crois que j'aurais passé le reste de ma vie à essayer de te retrouver, affirma-t-il avec aplomb. J'aurais retourné Paris de fond en comble, j'aurais été capable de louer la Tour Eiffel pour y accrocher une bannière géante pour attirer ton attention, ou encore de harceler cette pauvre Alya pour qu'elle te fasse passer des messages via le Ladyblog.
Marinette aurait aimé lui lancer une boutade, ou bien le taquiner sur le sujet, mais elle se sentait en réalité mal à l'aise de voir à quel point cette idée avait inquiété son coéquipier.
- Pourquoi est-ce que tu ne m'en as jamais parlé ? lui demanda-t-elle en écartant une de ses mèches de cheveux blondes de son visage.
Adrien haussa les épaules.
- La question ne s'est jamais posée. Et heureusement. Parce que maintenant que je sais que tu es Marinette, je ne risque plus de te perdre, ma Lady, dit-il en frottant son visage tout contre son épaule comme un chat, ses deux bras noués autour d'elle.
- Je ne veux pas te perdre non plus, Chaton, dit-elle d'une voix à peine audible.
Les deux adolescents se blottirent un peu plus sous les draps dans une position confortable pour tous les deux et continuèrent à discuter dans les bras l'un de l'autre. Ils ne réalisaient pas encore à quel point cet échange à cœur ouvert avait été vital pour eux et les avait apaisés.
Adrien caressait machinalement de haut en bas le bras que Marinette avait passé autour de sa taille, heureux de partager ces moments privilégiés avec la personne qui comptait plus que tout pour lui. Il lui était éternellement reconnaissant pour le soutien sans faille qu'elle lui apportait, et il savait que, même si l'avenir qui se profilait avait plutôt la couleur d'un soir d'orage que celui d'un ciel d'été sans nuages, tant que Marinette serait à ses côtés, tout irait bien.
Perdu dans ses pensées, il ne se rendit pas immédiatement compte que la jeune fille s'était tue ; ce n'est que lorsqu'il sentit sa respiration régulière contre son torse qu'il réalisa qu'elle s'était endormie. Attendri, il posa sa tête contre la sienne et il finit par s'endormir, un sourire radieux suspendu ses lèvres.
Non mais vos commentaires, j'en suis toute émue ! J'aime écrire des petits moments tout doux entre Marinette et Adrien, et visiblement, vous aimez les lire :) Le pauvre Adrien, il risque de morfler un petit moment encore, ce n'est pas rien ce qui lui arrive. Mais heureusement que sa Lady est là pour le soutenir et le consoler ;)
Dites-moi ce que vous avez pensé de ce chapitre, j'adore vous lire :D
Passez de bonnes fêtes, et on se retrouve en 2022 pour la suite de l'histoire !
Bug Out!
