Résumé : Les choses sérieuses commencent pour Marinette qui s'est lancée corps et âme dans la confection de ses portfolios d'entrée pour l'IFM et l'ESMOD.
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CHAPITRE 18
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Un soir où Adrien rentrait de chez Nino, il trouva Marinette penchée sur son carnet de dessins, l'air concentré. Depuis qu'elle avait retiré les dossiers d'inscription pour postuler dans les écoles de mode de ses rêves, chaque minute de son temps avait été consacré à la recherche d'idées et à la façon de les concrétiser. (La connaissant, Adrien se doutait qu'elle devait même parfois griffonner en plein cours entre deux prises de notes à l'insu de leurs professeurs). De nombreux designs qui peuplaient ses carnets avaient déjà été écartés, et en quelques jours à peine, Marinette avait déjà esquissé un semblant de collection qui se profilait sous la mine de ses crayons. Adrien était impressionné ; il avait toujours su que sa coéquipière avait du talent, mais de la voir ainsi, en plein processus créatif, il avait d'autant plus de respect pour elle.
Son propre père ne l'avait jamais laissé prendre part à la création et à la conception de ses modèles. Et même si Adrien n'y connaissait rien et n'avait aucun talent pour la mode, son côté curieux et avide de nouvelles connaissances aurait aimé en savoir plus, en apprendre plus sur ce métier qui accaparait tant son père.
C'était certainement une des raisons pour laquelle il adorait observer Marinette travailler ; elle mettait tant de passion, de créativité et de cœur à l'ouvrage dans son travail qu'Adrien ne pouvait s'empêcher de l'admirer. Il s'arrangeait toujours pour se faire le plus discret possible afin de ne pas la déranger, mais la jeune fille était tellement concentrée sur ses créations qu'une fanfare aurait pu débarquer dans sa chambre sans qu'elle n'en soit troublée le moins du monde.
Malgré tout, lorsqu'Adrien rentra ce soir-là, elle semblait contrariée ; le jeune homme la trouva en train de froisser des feuilles et de raturer nerveusement ce qu'elle était en train de faire tout en lâchant des grognements de mécontentement. Il échappa de peu à une boulette de papier qu'elle avait jeté par-dessus son épaule sans regarder. Il en profita pour s'annoncer bruyamment, espérant ainsi lui changer les idées.
- Je suis rentré ! lança-t-il d'un ton jovial. Tout va bien, Princesse ?
- Non ! répondit-elle instantanément d'un air désespéré en s'arrachant les cheveux. Je n'arrive à rien ! J'essaie d'intégrer un modèle pour homme dans le portfolio mais rien à faire !
Elle poussa un long soupir de défaite.
- Je n'ai pas souvent eu l'occasion de faire des vêtements masculins donc je me suis dit que ça serait un exercice parfait pour l'audition d'entrée et pour travailler autour du thème de l'ESMOD, expliqua-t-elle avec agacement. Mais mon mannequin de couture est un modèle femme et je n'ai pas les moyens d'acheter un modèle homme pour le moment. Sans parler du fait que ce design est bien trop complexe et que l'enjeu est trop important pour que j'improvise, et je n'arrive pas à savoir comment va tomber le tissu que j'ai prévu pour le haut parce que c'est un tissu assez spécial à travailler, et il faut vraiment que je...
- Marinette, la coupa soudain Adrien avec un léger sourire. Si tu as besoin d'un mannequin homme, tu en as un !
Voyant le regard interloqué de Marinette qui ne comprenait vraiment pas où il voulait en venir, le sourire d'Adrien s'étendit et il se planta devant elle en se désignant d'un mouvement de mains de haut en bas, le torse bombé.
- Tu m'as moi !
- On a dit pas de tricherie, Adrien ! répliqua-t-elle les sourcils froncés. Tu m'as promis de ne pas intervenir !
- Et j'ai respecté ma promesse. Je ne compte pas intervenir, juste te servir de mannequin pour que tu puisses travailler tes designs, souleva-t-il.
Prise de court, Marinette considéra un instant la proposition de son coéquipier.
- Mais... hésita-t-elle. Non Adrien, je ne peux pas te faire ça.
- Et pourquoi pas ? Ça serait plus simple non ?
Marinette se pinça les lèvres d'un air embarrassé.
- Je ne veux pas que tu te forces à faire quelque chose dont tu n'as pas envie, finit-elle par dire du bout des lèvres.
Ce fut au tour d'Adrien de la regarder sans comprendre.
- Tu ne veux plus être mannequin, tu me l'as dit toi-même l'autre jour, alors je ne vais pas t'embêter avec ça, expliqua-t-elle. Je vais trouver une solution.
Adrien en resta interdit ; c'était donc ça qui la dérangeait ?
- Marinette, répondit-il avec tendresse. Si c'est pour toi, il n'y a aucun problème, au contraire ! Je serais ravi si je peux t'aider de cette façon. Ce serait un honneur pour moi de pouvoir être mannequin pour toi et porter tes créations.
Marinette lui lança un regard reconnaissant, dans lequel brillait toujours une lueur d'indécision.
- Vrai-vraiment ? Tu es sûr ? lui demanda-t-elle, et Adrien s'empressa d'acquiescer avec un grand sourire.
Pour toute réponse, Marinette jeta ses bras autour de son cou et l'embrassa vivement sur la joue, touchée.
- Merci, fit-elle.
- Avec plaisir, ma Lady.
A peine Marinette s'était écartée de lui qu'elle saisit un mètre ruban et le déplia devant lui.
- Je peux prendre tes mesures ? Je crois que celles que j'ai datent un peu.
- Tu avais déjà mes mesures ? s'étonna Adrien tout en souriant.
- Oui, enfin, je... balbutia Marinette, prise de court.
Voyant le sourire narquois suspendu aux lèvres d'Adrien, Marinette baissa la tête et se concentra sur ses mesures, les joues brûlantes, tandis qu'Adrien écartait légèrement les jambes et les bras, sans pour autant se départir de son regard malicieux.
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Les journées passaient et Marinette se plongeait corps et âme dans son projet. Adrien se contentait de l'observer de loin ; il prenait bien soin de ne pas interférer dans son travail mais il ne pouvait s'empêcher de veiller à ce qu'elle fasse régulièrement des pauses malgré tout. Il s'arrangeait pour parfois poser silencieusement un verre d'eau ou bien une assiette de cookies à côté d'elle pour qu'elle n'oublie pas de se sustenter, et il lui changeait les idées lorsqu'il sentait qu'elle tournait en rond et qu'elle avait besoin de s'aérer et prendre du recul.
Le jeune homme avait pertinemment noté la liste de fournitures que Marinette avait laissé traîner sur le bord de son bureau mentionnant de nombreux matériaux, tissus et accessoires dont elle avait besoin, et une idée germa dans son esprit ; il mit son plan à exécution dès le lendemain.
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Alors que la dernière heure de cours s'étirait inexorablement, Marinette sentit son portable vibrer dans sa poche. Elle vérifia que Mademoiselle Bustier était tournée vers le tableau pour déverrouiller l'écran.
ADRIEN
Message à 15:12
Rendez-vous à 16h. C'est une surprise.
Un partage de localisation était joint au message.
Marinette haussa un sourcil, intriguée par le message de son coéquipier. Elle fit une rapide recherche pour savoir à quoi correspondait l'adresse mais rien de particulier n'en ressortit. Sa curiosité était définitivement piquée, et elle dut prendre son mal en patience le temps que le cours se termine.
Lorsque la sonnerie retentit, elle rassembla rapidement ses affaires pour se dépêcher de rejoindre Adrien. L'adresse indiquée n'était qu'à quelques stations de métro du lycée, dans les beaux quartiers de la ville.
En arrivant sur place, Marinette s'apprêtait à ressortir son téléphone pour vérifier une énième fois l'exactitude du point de rendez-vous lorsqu'elle aperçut son coéquipier grimé de sa perruque aux cheveux longs et de ses lunettes rondes qui lui faisait signe au coin de la rue. La jeune fille s'approcha de lui tout en scannant les environs d'un mouvement vif de la tête à la recherche du moindre indice qui lui indiquerait leur destination.
- J'espère que tu es prête Buginette ? lança Adrien, visiblement ravi.
- Combien de fois je t'ai dit de ne pas m'appeler comme ça ! s'énerva-t-elle. Qu'est-ce qu'on fait là ? ajouta-t-elle en fronçant les sourcils. C'est quoi ta surprise alors ? Parce que je dois aller acheter de quoi commencer le costume pour l'ESMOD, et je...
- Justement, tu vas voir, fit-il d'un ton mystérieux.
Sans un mot de plus, il prit sa main dans la sienne pour l'entraîner dans une rue adjacente et se planta quelques mètres plus loin devant une boutique à la vitrine épurée. Lorsque Marinette comprit où elle se trouvait, elle ouvrit des yeux ronds. Adrien lui désigna la boutique avec de grands gestes, à la manière d'un magicien qui viendrait de terminer un tour particulièrement impressionnant.
- Cette boutique est parfaite pour ton shopping ! expliqua-t-il avec une excitation non dissimulée. Tu vas trouver tout le matériel dont tu as besoin ici ! Je sais de source sûre qu'ils n'ont que des tissus de qualité, beaucoup de grands créateurs viennent se fournir ici pour les prototypes de leurs nouvelles collections.
Marinette en resta un instant estomaquée ; elle appréciait l'enthousiasme d'Adrien, mais elle savait pertinemment que cette boutique de luxe était bien au-dessus de ses moyens.
- M-mais... Adrien... finit-elle par articuler. Je connais cette boutique, elle est beaucoup trop chère, protesta-t-elle en bégayant légèrement. La moindre bobine de fil coûte une blinde, ce n'est pas du tout dans mon budget.
- Justement, répondit-il avec aplomb. La deuxième surprise, c'est que tu n'auras pas besoin de débourser un seul centime. Et tu peux revenir quand tu veux, j'ai ouvert un compte à ton nom, comme ça, tu n'as pas à te soucier du prix. N'hésite pas à prendre les meilleurs tissus et tout ce dont tu as besoin, je te les offre.
Marinette resta un instant sidérée par le geste d'Adrien, ne sachant comment réagir.
- Adrien, je... Je suis désolée mais il est hors de question que je te laisse payer tous mes achats.
- Mais pourquoi ? Je sais que tu vas trouver ton bonheur ici, tu vas...
- « Je vais » rien du tout, le coupa-t-elle en croisant ses bras sur sa poitrine. Qu'est-ce qu'on avait dit, Adrien ? Pas de triche. Tu ne dois pas m'aider pour mes concours d'entrée. Et il est hors de question que tu paies tout ça pour moi !
- Ce n'est pas parce que je t'offre du matériel que c'est de la triche, objecta-t-il en croisant ses bras sur sa poitrine. J'ai promis de ne pas interférer dans tes créations. On ne parle que de la matière première là, et tu en as besoin de toute façon, alors qu'est-ce que ça change ?
- Ça change que je ne peux pas prendre ton argent. C'est non Adrien, je vais aller acheter le tissu ailleurs.
L'air visiblement déçu et contrarié qu'affichait Adrien lui fit lâcher un soupir.
- Adrien, reprit-elle plus calmement en posant ses deux mains sur les bras croisés de son coéquipier. C'est vraiment adorable de ta part, mais je ne veux pas que tu dépenses ton argent pour moi.
- Marinette, s'il te plaît... la supplia-t-il avec un regard de chien battu en joignant ses deux mains en signe de prière. J'aimerais vraiment pouvoir faire ça pour toi. Je sais bien que ce n'est pas grand chose après tout ce que tu as fait pour moi, mais ça me ferait vraiment plaisir que tu acceptes.
Le cœur de Marinette se serra en comprenant les raisons pour lesquelles Adrien tenait tant à lui faire ce cadeau.
- Chaton, fit-elle, son regard azur empli de compassion. Tu ne me dois absolument rien.
- Comment ça je ne te dois rien ? explosa Adrien, incrédule. Je te dois tout, bien au contraire !
Il prit les deux mains de Marinette dans les siennes, et la jeune fille se rendit compte qu'il tremblait légèrement.
- Marinette, tu m'as littéralement sauvé la vie, déclara-t-il avec un sérieux que Marinette ne lui connaissait pas.
Il s'interrompit, comme cherchant à formuler ses pensées de la meilleure manière.
- Tu sais, reprit-il, le regard légèrement voilé. Quand tu m'as proposé de venir habiter chez toi, j'ai vraiment eu beaucoup de mal à accepter. J'avais l'impression de m'imposer, je m'en voulais de vous envahir avec mes problèmes. Et puis j'ai toujours eu l'habitude de me débrouiller tout seul, du coup, j'avais un peu honte de devoir me reposer sur quelqu'un. Encore plus sur toi, ajouta-t-il en se frottant nerveusement la nuque, sans oser la regarder dans les yeux. Mais avec le recul, je te remercie du fond du cœur d'avoir insisté, parce que je ne regrette vraiment pas cette décision. Je ne sais pas ce que je serais devenu sans toi.
Marinette sentit Adrien serrer ses mains un peu plus fermement, comme pour se donner une contenance.
- Ces dernières semaines avec toi... avec tes parents... c'était comme... comme un rêve éveillé, lâcha-t-il, essoufflé comme s'il avait couru un marathon. Je n'aurais jamais cru pouvoir être aussi heureux un jour malgré tout ce qui s'est passé. Alors encore une fois : merci. Merci pour tout.
Complètement touchée par cette confession inattendue, Marinette ne sut quoi faire à part passer des bras autour de lui et le serrer contre elle dans une étreinte chargée d'émotion.
- Mon petit chat, murmura-t-elle dans le creux de son cou. Tu n'as pas besoin de me remercier, c'est complètement normal. Tu sais à quel point je tiens à toi - Adrien et Chat Noir confondus. Il était hors de question de t'abandonner à ton sort. Tu n'as pas besoin de vider ton compte en banque pour moi, tu ne me dois vraiment rien, je t'assure.
Marinette se redressa et plongea son regard dans les yeux d'Adrien qui brillaient un peu plus que d'ordinaire.
- Si tu es heureux, alors je suis heureuse, affirma-t-elle avec un doux sourire. C'est tout ce qui m'importe.
Adrien laissa échapper un petit rire humide et la serra plus fort contre lui ; Marinette était bien une des seules personnes sur Terre à n'avoir jamais voulu profiter de lui, de son statut social ou encore de son compte en banque bien fourni, et il n'avait qu'une envie : la couvrir de cadeaux plus somptueux les uns que les autres et rendre sa vie encore plus belle.
- Tu es une personne merveilleuse, ma Lady, lui dit-il tendrement. J'espère que tu le sais.
Marinette haussa les épaules en prenant un air modeste, les joues légèrement rouges, et se blottit tout contre lui.
Au bout d'un moment, Adrien finit par se redresser et la prit par la main.
- Bon, du coup, on va les acheter ces tissus ? fit-il avec un clin d'œil, ses grands yeux verts scintillant avec malice.
Marinette ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel tout en souriant ; elle savait qu'Adrien pouvait se montrer très têtu, et bien qu'elle était gênée à l'idée qu'il dépense autant pour elle, elle voyait bien à quelle point il était heureux de pouvoir lui faire ce cadeau. Avec un léger soupir, elle finit par capituler avant de s'engouffrer avec lui dans la boutique.
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Lorsqu'ils rentrèrent tous les deux quelques heures plus tard, ils trouvèrent Tom et Sabine en train de s'affairer dans la cuisine en vue de préparer le repas du soir.
- Ah mes chéris, fit Sabine en les voyant entrer les bras chargés de sacs et de rouleaux de tissus en tout genre. Vous avez trouvé tout ce qu'il vous fallait ?
- Oui, répondit Marinette en hochant vivement la tête. Grâce à Adrien, j'ai tout ce qu'il me faut pour commencer à coudre. Merci encore, ajouta-t-elle en se tournant vers son coéquipier avec un sourire reconnaissant.
Adrien lui rendit son sourire.
- Avec plaisir, dit-il simplement en la gratifiant d'un clin d'œil.
- J'ai hâte de voir ce que tu vas créer ma chérie, lança son père en mettant la table.
- Ooh moi aussi ! renchérit Sabine depuis la cuisine.
- Ah non, ne commencez pas, vous allez me stresser ! les prévint Marinette. Je me mets déjà bien assez la pression comme ça...
- Ma chérie, on ne veut pas te mettre la pression, tu le sais bien. On est très fiers de toi et on sait que tu as du talent !
- Maman... geignit Marinette avec une grimace, tandis que Sabine éclatait de rire tout en plongeant une cuillère en bois dans une casserole.
La voyant s'activer derrière les fourneaux, Adrien s'approcha.
- Mmmmh, ça sent bon, fit-il en mandarin, en humant les vapeurs qui sortaient de la casserole. Je peux vous aider à faire à manger ?
- Avec plaisir mon grand, je sais que tu aimes faire la cuisine avec nous, fit Sabine dans sa langue natale. Tiens, si tu veux, tu peux surveiller le feu en tournant de temps en temps pendant que j'épluche les légumes. On attaquera la sauce après.
Adrien acquiesça vivement et s'empara d'un tablier suspendu dans un coin avant de retrousser ses manches. Marinette se demanda vaguement d'où venait ce tablier, mais le texte « Cuisiner ? Moi j'aime chat ! » floqué en lettres vertes sur fond noir ne laissait que peu de doute quant à son propriétaire. Voyant que sa coéquipière scrutait sa tenue d'un air à la fois narquois et blasé, Adrien se tourna vers elle et désigna son tablier.
- Tu as vu ce que je me suis offert pour pouvoir cuisiner avec tes parents ? fit-il avec fierté. Je suis allé l'acheter tout à l'heure, et quand la vendeuse m'a dit qu'il était personnalisable, j'étais obligé de le customiser.
- Il est excellent, fiston, lança Tom avec un sourire d'appréciation, et sa validation gonfla le cœur d'Adrien qui bomba le torse.
- Et bien au moins on sait quoi t'offrir pour ton anniversaire Papa, lâcha Marinette avec un sourire goguenard.
- Trop tard, il m'a déjà passé commande, dévoila Adrien en souriant de toutes ses dents, tandis que Marinette lâchait un soupir désabusé.
- Oui, d'ailleurs, j'hésite encore entre plusieurs phrases, fit Tom. Vous préférez quoi ? « Votre boulanger a du pain sur la planche » ou bien « Boulanger, c'est mon gagne-pain » ?
- Et pourquoi pas : « Si j'étais dyslexique, je ferais de la tapisserie » ? intervint Adrien, visiblement fier de sa trouvaille.
- Oooh, elle est extraordinaire celle-là... Adjugée vendue ! décida Tom en tapant dans la main d'Adrien.
- Je ne sais pas ce que je vais faire de vous deux, se lamenta Marinette en levant les yeux au ciel, tandis que Tom et Adrien se lançaient un regard complice.
Marinette monta rapidement son matériel dans sa chambre et redescendit pour les aider à préparer le repas. Alors qu'elle installait la table, perdue dans ses pensées, un éclat de rire d'Adrien la sortit de ses réflexions et elle se reconcentra sur l'instant présent, avant de réaliser qu'elle ne pouvait pas comprendre les raisons de la soudaine hilarité de son partenaire car il discutait joyeusement avec sa mère en mandarin. Marinette regrettait parfois de ne pas du tout pouvoir parler ni comprendre la langue natale de sa mère, mais elle aimait l'idée qu'Adrien puisse avoir cette connexion avec elle. Les joues légèrement rouges, elle se remémora la fois où Adrien n'avait pas hésité à venir l'aider lorsque son oncle était venu à Paris et à quel point il l'avait soutenue tout au long du concours de cuisine, et elle ne put s'empêcher de penser avec tendresse que son Chat Noir avait décidément toujours été là pour elle, avec ou sans masque.
Adrien et Sabine continuaient leur conversation en mandarin tout en préparant à manger, et Marinette ne pouvait s'empêcher d'observer son coéquipier, pensive. Il semblait si détendu, si à l'aise avec ses parents... il faisait vraiment partie de la famille, et cette pensée lui remplissait le cœur de joie.
En voyant Adrien et Sabine rire tous les deux après une autre remarque de sa mère, Marinette lança un regard mitigé à son père qui semblait aussi perdu qu'elle.
- Nous aussi on aimerait bien rire avec Papa, leur fit-elle remarquer de façon taquine.
- Oh désolé Marinette, s'empressa de dire Adrien en revenant au français. Sabine me racontait une anecdote sur un repas de famille quand elle était plus jeune, c'était très drôle.
Voyant l'air légèrement perplexe de Marinette, il saisit l'occasion.
- Dis-moi, j'avais pensé à quelque chose. Tu sais que je peux t'aider en chinois, si jamais tu as besoin. Ça te dirait d'apprendre avec moi ? Je ne prétends pas être ultra doué et je ne sais pas si je serai un bon prof, ajouta-t-il modestement. Mais je peux t'apprendre les bases, et ta maman pourra aussi nous aider, si tu veux. Qu'est-ce que tu en dis ?
Prise au dépourvu, Marinette s'empourpra, puis finit par acquiescer timidement, mais son approbation suffit à illuminer le visage de son coéquipier.
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Une fois le dîner terminé, tous les quatre s'installèrent dans le salon, prêts à se disputer une petite partie de Ultimate Mecha Strike IV avant d'aller se coucher. Alors qu'il allumait la console, Adrien leur lança un regard pétillant de malice.
- Ah, au fait, j'ai explosé le top score de Marinette aujourd'hui, c'est moi le premier dans le classement général, annonça-t-il comme s'il les informait des prévisions météo pour le lendemain, tout en peinant à masquer un sourire de triomphe.
L'expression choquée que Marinette affichait valait son pesant d'or. Elle échangea un regard déterminé avec ses parents, et Tom lui fit un signe de tête en direction d'Adrien.
- On ne va pas le laisser s'en tirer comme ça, on est d'accord ? lança-t-il, sa manette à la main.
- Complètement d'accord, renchérit Marinette en se cramponnant fermement à sa propre manette, le regard déterminé.
Extrait du prochain chapitre :
- Tu ne vas quand même pas sortir avec cette horreur sur la tête ? demanda-t-il, les yeux ronds.
- Et pourquoi pas ? répliqua-t-elle en reculant de quelques pas, comme pour le défier d'y toucher.
- Marinette, s'il te plaît, promets-moi que tu ne le mettras jamais en dehors de cette chambre !
Bug Out!
