Vous allez crier 🙈
(Oui, je sais, je l'ai déjà dit)
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CHAPITRE 24
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La sonnerie annonçant le week-end résonna dans l'enceinte du lycée. Les cours finissaient exceptionnellement tôt ce vendredi à cause de l'absence de Madame Mendeleïev, et Marinette avait promis à ses parents de rentrer directement après les cours pour les aider un peu. Lorsque la cloche sonna, la jeune fille s'empressa de rassembler ses affaires et de foncer jusque chez elle ; un tintement de cloches annonça son arrivée, et après avoir embrassé ses parents, elle noua un tablier autour de sa taille, remonta ses manches, et se plongea dans le glaçage des pâtisseries qui l'attendaient dans l'arrière-boutique. La boulangerie ne désemplissait pas, et Marinette ne put réellement faire une pause que deux heures plus tard. Sabine et Tom la libérèrent pour qu'elle puisse se reposer, et à peine son tablier retiré, elle fonça à l'étage, non sans avoir glissé quelques macarons dans son sac pour Tikki ainsi qu'une part de cheesecake pour Plagg.
Elle n'avait qu'une hâte : retrouver Adrien. Son coéquipier lui manquait chaque jour un peu plus en cours, et toutes ses pensées étaient souvent tournées vers lui ; elle ne pouvait empêcher son regard de se poser régulièrement sur son siège vide devant elle en classe, et l'idée de le savoir si proche d'elle sans qu'il ne puisse se joindre à eux pour le moment l'attristait.
Marinette n'avait pas osé réaborder avec lui la question de son retour en cours car elle ne voulait pas qu'il ait l'impression d'avoir une pression supplémentaire sur les épaules, mais elle se languissait du moment où elle n'aurait plus besoin de cacher son existence aux yeux du monde et qu'il puisse revenir au lycée comme avant. Elle pouvait voir à quel point les interactions avec ses amis lui manquaient, lui qui s'était battu quatre ans auparavant pour briser le cocon dans lequel son père l'avait enfermé et sociabiliser comme n'importe quel adolescent de son âge. Marinette savait qu'il serait ravi de retrouver tout le monde et de reprendre sa vie là où il l'avait laissée, mais elle ne souhaitait pas non plus qu'il précipite les choses et qu'il retourne en cours avant d'être réellement prêt.
Marinette interrompit soudain son train de pensées et secoua la tête de gauche à droite avec amertume.
« Rien ne sera comme avant lorsqu'il reviendra », se sermonna-t-elle intérieurement.
Le sujet s'était plus ou moins tari au sein de la classe, et plus les jours passaient, moins leurs camarades évoquaient Adrien. Marinette se disait que c'était une bonne chose dans un sens, car elle n'avait plus besoin de mentir à son sujet, mais elle savait pertinemment que sa réapparition risquait de faire à nouveau des vagues. Malgré tout, elle voulait rester optimiste et se disait qu'elle ferait tout pour le protéger une fois que la nouvelle aurait fait les gros titres des journaux. Car Marinette n'était pas dupe : l'affaire avait beau être en sourdine pour le moment en attendant le procès de Gabriel Agreste, elle se doutait que les journaux à sensation s'en donneraient à cœur joie dès qu'ils auraient des nouvelles croustillantes à se mettre sous la dent. Ladybug et Chat Noir avaient beau avoir annoncé -il y avait ce qui lui semblait être une éternité- que la presse devait respecter la vie privée d'Adrien, Marinette savait qu'il se serait jamais vraiment tranquille. Elle n'enviait vraiment pas la position dans laquelle il se trouvait, d'autant plus qu'il n'avait jamais demandé toute cette attention. Depuis qu'il était petit, sa vie était disséquée, scrutée, et analysée dans ses moindres détails. Il avait vécu sous le feu des projecteurs depuis sa plus tendre enfance alors qu'il n'aspirait qu'à une vie simple et calme, loin de toute cette agitation. Si au début, Marinette avait pu trouver sa vie incroyable, depuis qu'elle avait réellement appris à connaître Adrien, elle n'en voyait plus que les mauvais côtés. Elle lui souhaitait de tout coeur de pouvoir un jour enfin vivre sans une horde de paparazzis qui le suivait comme son ombre, et elle s'était donnée pour mission personnelle de les éloigner autant que possible une fois qu'Adrien aurait refait surface.
Sans pouvoir retenir un soupir de lassitude, Marinette tourna sa clé dans la serrure et poussa la porte d'entrée. Un réflexe inconscient lui fit instantanément lever les yeux, et, constatant que la trappe qui menait à sa chambre était ouverte, elle s'empressa de monter retrouver la personne qu'elle préférait au monde.
Elle trouva Adrien perché sur son lit, confortablement installé, sa console entre les mains. A la façon dont il écrasait les boutons du boîtier d'un air absorbé, Marinette se doutait qu'il devait être en pleine partie d'Ultimate Mecha Strike. Sans un mot pour ne pas le déconcentrer, elle s'avança à quatre pattes vers lui et lui déposa un baiser sur la joue avant de s'installer confortablement à ses côtés et de libérer Tikki de son petit sac rose. Le visage d'Adrien s'illumina instantanément et il ferma les yeux un court instant lorsqu'il sentit les lèvres de sa coéquipière se poser sur sa joue, comme pour mieux savourer ce moment.
Marinette s'allongea à côté de lui, sa tête posée sur son épaule de façon à ne pas le gêner dans ses mouvements, et le sourire d'Adrien s'étendit lorsqu'elle vint se blottir dans le creux de son cou. Il sentit son rythme cardiaque accélérer, et il préféra reporter son attention sur son jeu pour tenter d'ignorer les papillons qui flottaient dans son estomac. Mais il avait beau essayer de se concentrer sur sa partie, il savait que c'était peine perdue à présent. Il mit son jeu sur pause et jeta un coup d'œil à Marinette, dont les yeux se fermaient tous seuls.
- Longue journée ? demanda-t-il en passant son bras autour d'elle avant de saisir à nouveau sa console.
Marinette acquiesça tout en lâchant un long soupir et, pour toute réponse, se lova dans ses bras en fermant les yeux. Adrien déposa tendrement un baiser sur le haut de son crâne et relança son jeu.
Il termina plusieurs parties avant d'arrêter, et focalisa à nouveau son attention sur Marinette ; ses yeux étaient toujours fermés, et sa respiration s'était faite paisible, régulière.
- Marinette ? tenta Adrien en chuchotant à moitié. Marinette ?
Marinette ne réagit absolument pas. Elle semblait dormir à poings fermés. Un sourire attendri se forma sur les lèvres d'Adrien et il posa sa console pour nouer ses deux bras autour d'elle et l'attirer doucement contre lui. Il s'allongea délicatement contre le coussin en forme de chat qui bordait la tête du lit et la contempla un instant.
Il aurait pu rester ainsi pendant des heures, à la regarder dormir, blottie dans le creux de ses bras. Il détaillait son visage du regard, ses yeux d'émeraude débordant d'affection pour elle ; son cœur se mit à battre un peu plus rapidement qu'à l'accoutumée, et il ne put s'empêcher de déposer un baiser sur son front. Le sang battait sourdement dans ses tempes.
Un maelström de sentiments se bousculait en lui.
Il ne pouvait plus se mentir.
Un silence assourdissant tomba dans la chambre.
Un de ces silences qui résonnent avant une explosion.
Adrien sentit son cœur manquer un battement, comme s'il s'apprêtait à sauter du haut de la Tour Montparnasse sans élastique ni pouvoirs magiques. Il serra Marinette plus fort contre lui, fébrile, et prit une grande inspiration.
- Je t'aime Marinette, lâcha-t-il du bout des lèvres dans un souffle.
Sa propre confession lui coupa momentanément la respiration ; il n'en revenait pas d'avoir enfin osé avouer tout haut ce qu'il avait vainement cherché à taire ces dernières semaines. Il avait beau avoir essayé d'enfermer ses sentiments à double tour tout au fond de son cœur, ils revenaient sans relâche comme un tsunami, dévastant tous les recoins de ses émotions, et réapparaissaient encore plus forts, à fleur de peau.
Il était amoureux de Marinette.
Cet aveu lui donna légèrement le tournis et diffusa une douce chaleur sous sa poitrine.
Perché sur un nuage, il guettait une éventuelle réaction de sa coéquipière et fut à moitié rassuré de constater qu'elle dormait toujours.
Peu importe si elle ne pouvait pas l'entendre.
Pour la première fois depuis des jours, tous les soucis d'Adrien s'étaient momentanément envolés, remplacés par tout l'amour qui remplissait son cœur à présent.
Il aimait Marinette.
Il l'aimait du plus profond de son cœur.
Si son coup de foudre pour Ladybug avait été instantané, immense, et explosif, son coup de cœur pour Marinette, lui, avait été bien plus doux et progressif, presque imperceptible pour son coeur qui n'y avait alors pas prêté attention, trop occupé à battre son son alter-ego masqué. Il réalisait à présent à quel point son amour pour Ladybug l'avait obnubilé et qu'il s'était complètement voilé la face pour ne pas s'avouer qu'il était également attiré par Marinette.
A moitié étourdi par cette prise de conscience, Adrien ne pouvait plus détourner son regard de la jeune fille qui était toujours blottie dans ses bras ; il aurait aimé avoir le cran de la réveiller et de lui déclarer sa flamme, là, tout de suite, maintenant, mais une toute petite partie de lui-même craignait de tout ruiner entre eux. Jamais il ne supporterait de la perdre à cause de ses sentiments.
Son tourment intérieur fut interrompu par un ricanement sifflant qui provenait de l'étagère derrière lui. Surpris, Adrien tourna vivement la tête pour découvrir son kwami en train de rouler sur lui-même en se tenant le ventre, trouvant la situation visiblement hilarante.
- PLAGG ! le gronda Tikki, ses grands yeux bleus lançant des éclairs dans sa direction. Je suis désolée Adrien, il est incorrigible.
Au lieu de se taire, le caquètement de Plagg redoubla de plus belle.
- Quand je pense q-que vous n'av-vez fait que v-vous tourner aut-tour sans le savoir ! C'est à mourir de r-rire, hoqueta-t-il en posant ses minuscules pattes sur son ventre.
Adrien fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Plagg, ça suffit, laisse-le tranquille enfin ! intervint Tikki.
Elle attrapa le coussin qui leur servait de lit et lui donna un coup sur la tête avec mais c'était peine perdue : le geste ne fit que renforcer l'hilarité de Plagg qui en dégringola de l'étagère.
Adrien lui jeta un regard confus, sans comprendre, avant de reporter son attention sur Marinette pour vérifier que l'excès d'euphorie de Plagg ne l'avait pas réveillée, mais la jeune fille dormait toujours à poings fermés, à son plus grand soulagement.
Plagg finit par se calmer au bout d'un long moment, et le grand sourire sincère qu'il afficha soudain déstabilisa Adrien bien plus que ses railleries.
Adrien n'eut pas le temps de se poser plus de questions quant au comportement plus qu'étrange de son kwami : Sabine et Tom venaient de remonter de la boulangerie.
- Adrien ? Marinette ? Vous êtes là ? appela Sabine du bas des escaliers.
- Oui ! On... On arrive ! répondit Adrien, revenant brutalement à la réalité.
Il lança un dernier regard à sa coéquipière endormie avant de la réveiller à contrecœur ; si cela n'avait tenu qu'à lui, il l'aurait laissée se reposer, mais il se faisait tard et Adrien craignait qu'elle ne réussisse pas à dormir lorsque le moment serait venu de se coucher. Marinette protesta légèrement avant d'émerger complètement, toute étonnée de découvrir que presque deux heures s'étaient écoulées depuis qu'elle avait retrouvé Adrien, et qu'il faisait nuit à présent.
- Je n'en reviens pas de m'être endormie comme ça ! Je n'étais pas si fatiguée pourtant ! s'exclama-t-elle avec énergie, ponctuée de grands mouvements de bras.
Elle se tourna vers Adrien en le scrutant les sourcils froncés dans une expression plus comique que menaçante qui fit rire Adrien.
- C'est de ta faute, ça, mon Chaton, l'accusa-t-elle avec amusement. Tu es beaucoup trop moelleux, tu... Pourquoi est-ce que tu souris comme ça ? s'interrompit-elle en voyant l'expression d'Adrien qui la fixait d'un regard empli de tendresse, un sourire jusqu'aux oreilles.
- Parce que je suis heureux que tu fasses partie de ma vie, répondit-il simplement en la prenant dans ses bras et en la serrant sur son cœur.
Ne s'attendant pas à une telle réponse, Marinette se mit à rougir jusqu'à la racine des cheveux. La respiration coupée, elle le fixait sans savoir quoi dire, tant elle était touchée. Pourquoi fallait-il qu'Adrien soit toujours aussi adorable ? Elle savait qu'elle ne devait rien espérer, mais son cœur la trahissait toujours et il lui était de plus en plus difficile de résister lorsque son coéquipier l'inondait de tendresse.
Pour toute réponse, elle se laissa aller dans son étreinte en enfouissant son visage tout contre lui, le cœur gonflé de bonheur. Qu'est-ce qu'elle aimait être dans ses bras. Il n'y avait pas de meilleur endroit au monde.
.oOo.
La soirée était plutôt calme, et Adrien en profita rester dans la chambre et s'isoler un peu en attendant le repas tandis que Marinette descendit retrouver ses parents en bas ; même s'il savait que Tom et Sabine adoraient passer du temps avec lui, Adrien avait parfois l'impression d'empiéter sur leur vie de famille et se faisait un point d'honneur à les laisser respirer dès qu'il le pouvait.
Et à présent que ses moments de solitude ne lui étaient plus imposés, Adrien découvrait à quel point le fait de parfois s'isoler spontanément lui permettait de se ressourcer lorsque sa batterie sociale atteignait ses limites. Toutes ces années à se forcer à naviguer de séance photo en galas, de défilé en conférences de presse l'avaient épuisé sans qu'il ne s'en rende compte, et ces pauses choisies étaient d'autant plus savoureuses maintenant qu'il n'avait plus besoin d'honorer tous ces rendez-vous.
Une fois ses révisions terminées, Adrien monta s'installer sur la terrasse qui surplombait l'immeuble. L'hiver battait encore son plein mais il s'était emmitouflé dans un de ses plaids chauffants que Marinette affectionnait tant. Celui-ci portait encore l'odeur de Marinette et Adrien ne put s'empêcher d'enfouir son nez dans la couverture avec un soupir de contentement. Tikki et Plagg s'étaient roulés en boule sur son épaule, et tous les trois se tinrent mutuellement compagnie en silence, baignant dans le calme de la soirée.
En levant les yeux vers les nuages qui planaient au-dessus de lui, Adrien pensa amèrement que s'il avait eu la chance d'avoir une chambre avec accès à une terrasse qui donnait sur les toits de Paris et l'infinité du ciel, toute son enfance et son adolescence lui auraient certainement parues plus libres.
- Adrien ? fit une voix claire en contrebas.
Adrien se redressa et son visage s'éclaira instantanément lorsque la tête de Marinette apparut par la lucarne. Il tendit vivement sa main vers elle pour lui intimer d'approcher, lui faisant signe de la tête de s'asseoir sur ses genoux. Marinette se hissa sur la terrasse et se planta maladroitement à côté de lui, se sentant soudain timide. Son rythme cardiaque accéléra. Que lui arrivait-il ? Ce n'était pourtant pas la première fois qu'Adrien la prenait dans ses bras. Elle secoua vivement sa tête de droite à gauche, comme pour se remettre les idées en place et prit la main qu'Adrien lui tendait. Son coéquipier l'attira délicatement vers lui tout en soulevant un coin du plaid chauffant et l'emmitoufla du mieux qu'il put dans la couverture. Marinette se roula en boule sur ses genoux et Adrien réajusta le plaid sur elle. Une fois qu'il se fut assuré que Marinette était bien au chaud tout contre lui, il noua ses bras autour d'elle et posa sa joue sur le haut de son crâne en fermant les yeux.
Cet instant était parfait.
Ils restèrent un long moment dans les bras l'un de l'autre sans rien dire, profitant de la quiétude de la nuit qui tombait. Ni l'un ni l'autre ne s'était rendu compte que Plagg et Tikki s'étaient éclipsés.
- Je crois que c'est vraiment mon endroit préféré au monde, avoua Adrien d'une voix rêveuse, rompant subitement le silence qui les entourait.
- Ma terrasse ? fit Marinette en se redressant légèrement pour le regarder.
Adrien replaça une de ses mèches noires derrière son oreille et lui lança un regard empli de tendresse.
- Dans tes bras, répondit-il avant d'avoir pu s'en empêcher.
Surprise, Marinette se mit à rougir violemment. Elle voulut ouvrir la bouche mais elle avait tellement peur de se mettre à bégayer et raconter n'importe quoi qu'elle préféra se taire, le visage bouillant et cramoisi. Sa réaction étira le sourire affectueux d'Adrien qui passa ses doigts dans ses cheveux avant de s'arrêter pour ne pas la décoiffer totalement.
- Je peux ? demanda-t-il timidement en faisant délicatement rebondir ses doigts sur l'élastique qui retenait l'une de ses couettes pour lui faire comprendre qu'il voulait lui détacher les cheveux.
La voix de Marinette semblait coincée dans sa gorge, aussi opta-t-elle pour un simple hochement affirmatif de la tête. Le cœur battant plus vite que d'ordinaire, elle défit l'une de ses couettes tandis qu'Adrien retirait délicatement l'élastique de l'autre et passait ses doigts dans sa chevelure pour lui redonner du volume. Marinette se rendit compte qu'il la dévorait du regard ; ses grands yeux verts la fixaient d'un air tendre, empli d'affection et de gratitude.
- Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ? lui demanda Marinette, gênée par tant d'attention.
- Tu es si jolie, confessa-t-il en posant sa main sur sa joue d'un air émerveillé. J'adore quand tu as les cheveux détachés, ça te va tellement bien.
Marinette sentit ses pommettes chauffer à nouveau. Le regard d'émeraude d'Adrien était étonnamment brillant, et il la fixait avec une telle intensité que la jeune fille avait l'impression que son visage entier avait pris feu. La façon dont il tenait son visage dans ses mains et dont il caressait tendrement sa joue du bout des doigts lui déclencha subitement une envolée de papillons dans l'estomac si purs que leur némésis lui-même n'aurait pas pu les akumatiser.
L'air autour d'eux se fit soudain plus lourd, plus chargé.
Depuis qu'Adrien était venu habiter chez elle, les contours de leur relation étaient de plus en plus flous, mais Marinette sentait que les choses avaient changé entre eux depuis quelques jours, et elle ne savait pas comment interpréter les signaux qu'Adrien lui envoyait. Elle ne pouvait croire qu'Adrien éprouvait plus que de l'amitié pour elle. D'autant plus qu'elle restait terrifiée par ses propres sentiments, terrifiée de se faire des idées et de ruiner leur amitié, de briser malgré elle le lien magique qu'ils avaient tissé ces dernières semaines. Et pourtant...
Adrien se redressa légèrement et colla son front à celui de Marinette tout en continuant de caresser doucement sa joue du bout de son pouce. Ce geste fit fondre le peu de sens qu'il restait dans l'esprit de Marinette comme de la neige au soleil, et la jeune fille sentit son pouls s'emballer.
Ils étaient comme hypnotisés. Le bras qu'Adrien avait passé autour de sa taille lui procurait de doux frissons qui n'avaient absolument rien à voir avec le froid de l'hiver. Le cœur de Marinette manqua un battement lorsqu'elle sentit Adrien resserrer son étreinte autour d'elle. Leurs visages étaient très proches à présent. Marinette ferma les yeux, le souffle court et le cœur battant à tout rompre.
Qu'était-il en train de se passer ?
Ce n'était pas possible.
Est-ce que Adrien allait...?
Elle se sentit paniquer mais avant qu'elle n'ait pu réagir, une voix tonitruante tout près d'eux les fit sursauter.
- Ah ! Vous êtes là les enfants !
Tom venait de passer sa tête par la lucarne, visiblement à la recherche des deux adolescents. Marinette et Adrien s'écartèrent l'un de l'autre d'un bond, comme pris en faute.
- Je me suis douté que vous seriez perchés là-haut, je vous ai appelés plusieurs fois pour venir manger mais vous ne répondiez pas.
- D-Désolée Papa ! O-On ne t'avait pas entendu ! s'écria Marinette d'une voix suraiguë en se levant maladroitement des genoux d'Adrien.
Pour toute réponse, Tom laissa échapper un petit rire.
- Ah ça, je sais bien que lorsque vous êtes tous les deux, vous êtes perdus dans votre petit monde et plus rien n'existe autour, les taquina-t-il, une lueur espiègle brillant dans ses yeux noirs, ce qui eut pour effet de faire rougir Marinette jusqu'aux oreilles.
N'osant plus regarder son père, elle se tourna vers Adrien, et elle put constater que le visage de son coéquipier était lui aussi entièrement cramoisi. Elle mit un instant avant de réaliser qu'il n'avait pas lâché sa main. Le cœur de Marinette tressauta sous sa poitrine.
La magie du moment était rompue, mais malgré tout, les deux adolescents se sentaient comme enveloppés dans une bulle de douceur. La panique qu'avait pu ressentir Marinette quelques instants auparavant s'était envolée ; tout au fond d'elle-même, elle savait qu'elle ne devait pas avoir peur de ce qu'elle ressentait. Elle était avec son partenaire : la seule personne au monde en qui elle avait aveuglément confiance et à qui elle confierait sa vie sans hésiter. Adrien la rassurait rien qu'à son contact, et elle savait que jamais il ne lui ferait de mal. Et surtout, quoi qu'il allait se passer, elle était confiante qu'ils trouveraient une solution ensemble, comme toujours.
.oOo.
Les sourires et les regards complices que se lançaient Adrien et Marinette pendant tout le repas n'échappèrent pas à Sabine et Tom. Les deux adolescents avaient les joues roses et arboraient un sourire béat ; à chaque fois que leurs regards se croisaient ou bien que leurs mains se touchaient par inadvertance, tous deux laissaient échapper un petit rire gêné sans se quitter des yeux.
Sabine et Tom se lancèrent un regard entendu et Sabine s'approcha d'eux alors qu'ils débarrassaient la table.
- Allez vous installer devant votre film, les enfants, on va terminer de faire la vaisselle, ne vous inquiétez pas.
- Tu es sûre Maman ? Vous ne voulez pas regarder avec nous ?
- Mais oui, profitez, on va s'en occuper. On va aller se coucher tôt de toute façon, on a de grosses commandes à préparer demain.
- Merci Maman ! s'exclama Marinette en l'embrassant sur la joue. Vous nous direz si vous avez besoin d'aide demain ? ajouta-t-elle tandis qu'Adrien acquiesçait vivement.
Tom leur répondit d'un mouvement de main.
- C'est gentil, mes chéris, mais on devrait s'en sortir. Et puis on préfère que vous vous occupiez de vos révisions, c'est le plus important.
Marinette acquiesça avec un sourire avant de se tourner vers Adrien qui prit sa main et l'entraîna vers le canapé.
Lorsque Tom risqua un coup d'œil dans leur direction quelques instants plus tard, il trouva les deux adolescents confortablement installés, blottis l'un contre l'autre, captivés par les images qui défilaient à l'écran.
Sabine se pencha vers lui.
- Tu crois que... ? lui glissa-t-elle à l'oreille.
Pour toute réponse, Tom lui adressa un clin d'œil complice qui accrocha un sourire attendri sur les lèvres de Sabine.
Je vous avais prévenu.e.s que vous alliez crier 😁
Note : Il y a un petit détail que je distille depuis le début de l'histoire et qui est très certainement passé inaperçu : à chaque fois qu'Adrien est dans la chambre de Marinette, la trappe reste ouverte. On sait tous qu'Adrien n'aime pas les portes closes et qu'il déteste être enfermé. Et après tant d'années passées derrière les barreaux métaphoriques de la verrière de sa chambre, il respire enfin. J'avais envie de matérialiser ce petit détail :)
Extrait du chapitre suivant :
Elle se retourna vivement, la main sur son yo-yo, mais lorsqu'elle reconnut la personne qui se dressa devant elle, son visage perdit toutes ses couleurs.
Devant elle, se tenait... le Papillon.
Ladybug sentit son cœur tressauter sous sa poitrine.
Non. Ce n'était pas possible.
Gabriel Agreste était en prison. Chat Noir et elle avaient vaincu le Papillon et lui avaient repris son Miraculous. C'était Maître Fu qui était en possession du bijou magique à présent. Le Papillon ne pouvait pas se tenir là, devant elle.
Ce n'était pas POSSIBLE.
(Yes, i'm evil 😈).
Bug out!
