Résumé des chapitres précédents :
Adrien et Marinette se sont enfin avoué leur amour.
Comment les parents de Marinette et Alya et Nino vont-ils prendre la nouvelle ?
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CHAPITRE 27
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Lorsque Marinette ouvrit les yeux le lendemain matin, elle tomba nez à nez avec le visage d'Adrien, tout proche du sien. Son coéquipier était visiblement réveillé depuis un moment et la contemplait avec un regard débordant d'amour qui la fit instantanément rougir. Le visage d'Adrien s'illumina en constatant qu'elle était réveillée, et il l'attira tout contre lui en ronronnant de bonheur.
- Bonjour ma princesse, mon amour, Lady de mon cœur, chantonna-t-il en embrassant le dos de sa main avant d'entrelacer leurs doigts.
Le cerveau encore dans le brouillard, Marinette eut un moment de confusion la plus totale en se demandant si elle était encore en plein rêve, mais ses doutes s'envolèrent lorsqu'Adrien s'empressa de capturer ses lèvres d'un doux baiser. Marinette se sentit fondre face à tant d'amour et elle répondit timidement à son baiser, tous ses sens en fusion.
Adrien la fixait avec un doux sourire, un sourire qu'elle ne lui avait vu que peu de fois. Il avait cette expression à la fois vulnérable et un peu timide du jour où il lui avait donné son parapluie devant le collège le soir-même de leur rencontre alors qu'elle l'avait très mal jugé. Son cœur fit un looping sous sa poitrine et elle l'embrassa à nouveau tendrement, se demandant si elle avait déjà été aussi heureuse, tout en ayant une tendre pensée pour la Marinette de 14 ans qui aurait été folle de savoir qu'un jour, elle et Adrien seraient vraiment ensemble.
- Bonjour mon Chaton d'amour, répondit-elle en frottant son nez contre le sien à la manière d'un baiser esquimau avant d'enfouir son visage dans le creux de son cou.
Ce geste était si adorable qu'Adrien sentit son cœur exploser de bonheur sous sa poitrine, et il la serra tout contre lui, des papillons dans le ventre. Il s'abandonna dans ses bras, et un sentiment d'apaisement et de joie qu'il n'avait jamais ressenti auparavant lui enveloppa le cœur.
Marinette l'aimait. Elle l'aimait et Adrien savait qu'il voulait passer le restant de ses jours blotti contre elle, à l'innonder d'amour et de câlins.
- C'est officiel : je suis bel et bien arrivé au Paradis, déclara-t-il, déclenchant le rire de Marinette.
La jeune fille ne semblait plus pouvoir s'arrêter de sourire ; après une telle nuit, elle avait encore du mal à réaliser que tout ceci n'était pas un rêve, et qu'elle et Adrien s'étaient bel et bien avoués leurs sentiments au sommet de la Tour Eiffel. Jamais elle n'aurait pu imaginer être un jour en couple avec Adrien, même dans ses rêves les plus fous.
La voyant en pleine réflexion, Adrien l'embrassa sur le front et lui demanda :
- A quoi est-ce que tu penses, Princesse ?
Marinette hésita, de peur de ruiner le moment, mais elle se raisonna rapidement car elle savait tout au fond d'elle-même qu'elle ne devait pas craindre d'exprimer ce qu'elle ressentait à Adrien. Jamais Adrien ne se moquerait d'elle ou bien ne tournerait ses sentiments en dérision. Elle plongea son regard dans les yeux incroyablement verts de son partenaire et, se sentant en confiance, elle se décida à ouvrir un bout de son cœur.
- Je... j'ai encore du mal à y croire, avoua-t-elle du bout des lèvres en rougissant. Que... que l'on est ensemble. Que tu m'aimes.
Cette phrase résonna dans le cœur solitaire d'Adrien.
- Tu sais ce que j'ai dit le jour où on a vaincu Cœur de Pierre ? répondit-il avec tendresse en se replongeant dans ses souvenirs. J'ai longtemps été convaincu que j'aimerais forcément la personne qui se cache sous le masque de Ladybug, qui qu'elle soit, mais en réalité... je crois qu'inconsciemment, j'espérais que ce soit toi. Plus le temps passait, et plus je rêvais que tu sois ma Lady, mais je crois que je ne voulais pas admettre cette idée parce que ça aurait été trop beau pour être vrai. Et puis il y a eu Multimouse... J'étais tellement déçu de découvrir que tu étais la porteuse de ce Miraculous.
- Pourquoi ? J'étais si nulle que ça en Multimouse ? répliqua-t-elle, soudain sur la défensive.
- Bien sûr que non, au contraire ! s'empressa de rectifier Adrien avec un immense sourire empli d'émerveillement. Tu as été vraiment géniale sur ce coup-là, et d'ailleurs je me demande comment j'ai fait pour ne pas comprendre que tu étais Ladybug car c'était un de tes plans les plus magistraux. Tu ne peux pas savoir à quel point j'étais ravi de découvrir que c'était Marinette qui se cachait derrière le Miraculous de la souris ! Ça me paraissait tellement logique que Ladybug t'ait choisie ! Je me demandais même pourquoi elle ne t'avait pas confié de Miraculous avant !
Adrien s'interrompit pour lâcher un petit rire lorsque l'absurdité de ces derniers mots prenait sens dans son esprit.
- Enfin, tu comprends ce que je veux dire, précisa-t-il alors que Marinette se mit à rire à son tour en acquiesçant vivement. J'adorais l'idée que tu fasses partie de l'équipe, et de partager ce secret avec toi sans que tu ne le saches. Mais j'étais déçu parce que... parce que ça voulait dire que tu ne pouvais pas être ma Lady, conclut-il d'un air dépité. Tu m'avais vraiment bien eu ce jour-là.
- Toi aussi tu m'avais bien eue, je me revois encore en train de dire à Tikki que Chat Noir ne pouvait pas être un élève de Françoise Dupont car il croyait que c'était une école maternelle, répondit-elle en levant les yeux en direction de son kwami qui lui adressa un demi-sourire d'excuse. Je crois que nos deux kwamis ont dû bien rire de nous à nos dépens avec ces histoires d'identité secrète.
Tikki s'apprêtait à répondre mais elle fut coupée dans son élan par un hurlement de rire très peu distingué qui provenait de l'étagère au-dessus de leurs têtes : Plagg se tenait les côtes et riait à perdre haleine. Il se planta devant Marinette et se mit à rire de plus belle.
- Il voulait tellement que tu sois Ladybug qu'il ne se rendait même pas compte que tu étais Ladybug ! s'exclama-t-il en roulant sur lui-même.
Adrien se renfrogna en croisant ses bras sur sa poitrine tandis que Marinette éclatait de rire, son visage prenant la couleur du soleil levant.
Elle regrettait à présent d'avoir douté de ses sentiments et de l'avoir accusé de n'être amoureux que de Ladybug. Elle voyait bien à quel point elle, Marinette, avait toujours eu une place spéciale dans le coeur d'Adrien sans qu'elle ne le sache, et elle regrettait amèrement la façon dont elle s'était mis la pression et s'était ridiculisée pendant toutes ces années pour essayer d'attirer son attention. D'autant plus qu'elle était Ladybug, comme le lui avait souvent répété Tikki. Elle n'avait absolument aucune raison d'être jalouse d'elle-même !
- Et tu aurais vu sa tête quand il a cru que Chloé était Ladybug ! continua Plagg sur sa lancée, comme s'il ressentait soudain le besoin de déverser d'un coup des années de secrets bien gardés.
- C'est facile de se moquer, toi tu connaissais son identité, tu savais que Marinette et Ladybug n'étaient qu'une seule et même personne ! Mais pas moi ! se défendit-il.
- Ne l'écoute pas, intervint Marinette avec un sourire affectueux suspendu à ses lèvres en caressant sa joue du dos de la main. On s'est retrouvés et c'est ça qui compte.
L'expression d'Adrien s'adoucit instantanément et il posa sa main sur celle de Marinette.
- Tu as raison. C'est tout ce qui compte.
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Adrien et Marinette finirent par se lever à contrecœur et descendirent prendre leur petit-déjeuner. Si ça n'avait tenu qu'à lui, Adrien aurait rêvé de passer sa journée au lit dans les bras de Marinette mais tous les deux ne pouvaient décemment pas se tourner les pouces avec la fin d'année et le bac qui approchaient à la vitesse de la lumière.
Ils avaient décidé d'annoncer à Tom et Sabine qu'ils étaient ensemble (sur les supplications d'Adrien qui était « bien incapable de garder une information d'une telle ampleur pour lui »), même si Marinette avait la suspicion que ses parents avaient déjà remarqué leur rapprochement. Adrien et Marinette s'étaient tous les deux mis d'accord sur un scénario, mais la jeune fille ne pouvait s'empêcher d'être nerveuse à l'idée de faire une telle annonce à ses parents. Adrien, au contraire, semblait ne plus pouvoir se déplacer autrement qu'en sautillant de joie.
Marinette avait également envoyé un message à Alya pour lui proposer de passer dans l'après-midi avec Nino, tout en sous-entendant qu'elle avait quelque chose d'important à leur dire : Marinette se doutait que si sa meilleure amie n'était pas la première au courant, elle ne lui pardonnerait jamais. Le message de réponse qu'elle reçut tout en majuscules avec beaucoup trop de points d'exclamation lui indiquait qu'Alya avait instantanément compris ce qui se tramait, et Marinette attendait leur conversation avec un mélange d'appréhension et d'excitation.
Elle s'affaira à vider le lave-vaisselle pour éviter de trop penser tandis qu'Adrien préparait la table du petit-déjeuner en chantonnant. Tom et Sabine venaient de remonter de la boulangerie, les bras chargés de croissants et viennoiseries en tout genre et embrassèrent les enfants avant d'installer les pâtisseries sur la table. Adrien s'empressa de sortir une assiette pour disposer les croissants, tout en prenant garde de ne pas mettre de miettes partout. De le voir si concentré sur sa tâche accrocha un doux sourire aux lèvres de Marinette ; la jeune fille adorait voir Adrien évoluer au sein de sa famille comme s'il en faisait partie depuis toujours, et à présent qu'ils étaient ensemble, cela avait d'autant plus d'importance pour elle qu'il se sente si bien ici. Rêveuse, elle continuait à vider mécaniquement le lave-vaisselle, ses pensées complètement ailleurs.
- Ma chérie, tu peux m'attraper deux bols ? lui demanda Sabine.
Marinette acquiesça et posa un premier bol sur la table à côté d'Adrien avant de replonger le nez dans le lave-vaisselle pour en localiser un autre.
- Adrien ? fit-elle pour attirer son attention.
- Oui mon amour ?
Marinette se retourna d'un bond et sentit son visage s'empourprer d'un seul coup. La casserole qu'elle venait de sortir du lave-vaisselle pour dégager le bol restant s'écrasa à terre avec fracas et Marinette sursauta violemment dans un mouvement désordonné. Lorsqu'elle releva la tête, le visage plus rouge que jamais, elle remarqua le demi-sourire espiègle de Chat Noir suspendu aux lèvres d'Adrien et elle ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. En se tournant vers ses parents, elle se rendit compte avec horreur qu'ils avaient bien remarqué la façon dont Adrien l'avait appelée, et tous deux regardaient à présent les deux adolescents avec des étoiles dans les yeux.
- Adrien, ce n'est pas comme ça qu'on était censés leur dire, grinça-elle entre ses dents.
Adrien haussa les épaules sans se départir de son sourire jusqu'aux oreilles.
- Désolé mon amour, ça m'a échappé, dit-il d'un air absolument pas désolé du tout.
Marinette leva à nouveau les yeux au ciel en relâchant un long soupir mais Adrien pouvait voir qu'elle luttait pour ne pas sourire. Il lui tendit sa main et Marinette entrelaça timidement ses doigts avec les siens, joliment rougissante. Le jeune homme s'avança cérémonieusement vers ses beaux-parents et se planta devant eux, enlaçant Marinette d'un bras.
- Sabine, Tom, dit-il d'un ton très sérieux que Marinette ne lui connaissait pas. Je crois que je suis inconditionnellement, désespérément, et irrémédiablement tombé amoureux de votre fille.
A ces mots, Marinette eut l'impression qu'un feu d'artifice venait d'exploser en plein milieu du salon. Cette annonce plongea Tom et Sabine dans un état à la fois ému et extatique et tous deux poussèrent de grands cris de joie.
- ENFIN ! s'écria Tom en applaudissant.
- Ohhhhh, c'est génial, vous allez nous faire de si beaux petits-enfants ! s'exclama Sabine d'un air bouleversé tandis que Tom acquiesçait si vivement que Marinette craignait qu'il ne se déboîte le cou.
- Tellement beaux, renchérit Tom avec des cœurs dans les yeux.
- Ma chérie, tu seras si jolie en robe de mariée !
- Ne vous inquiétez pas, vous aurez la plus belle des pièces montées pour votre mariage, je vais commencer à faire des essais dès demain, et...
- MAMAN ! PAPA ! s'écria Marinette en cachant son visage rouge pivoine dans ses mains, à deux doigts de défaillir de honte d'être ainsi au centre de l'attention.
Elle s'était doutée que ses parents prendraient plutôt bien la nouvelle, mais leur réaction démesurée dépassait tout ce à quoi elle s'était préparée. Adrien, lui, éclata de rire, les joues roses de bonheur. Il resserra son étreinte autour de la taille de Marinette, le cœur sautillant sous sa poitrine. Il était plus que touché par la réaction de Tom et Sabine qui semblaient ravis qu'ils soient ensemble.
- Moi je suis tout à fait d'accord avec tes parents, lança Adrien très sérieusement en se tournant vers elle sans retirer son bras autour de sa taille. Tu seras sublime en robe de mariée. En plus, avec le talent que tu as, tu vas forcément créer une merveille. Et puis de toute façon, avec une maman aussi brillante, créative, et jolie, nos futurs enfants seront forcément parfaits.
Marinette se demandait s'il était possible que son visage puisse prendre une teinte de rouge encore plus soutenue qu'il ne l'était déjà tellement elle était à la fois embarrassée et émue par la déclaration d'Adrien. Elle n'osait même plus regarder ses parents : elle se doutait qu'ils devaient être en train de regarder son coéquipier comme s'il était la huitième merveille du monde.
Comment pouvait-elle être aussi chanceuse d'être tombée sur un garçon aussi formidable qu'Adrien ? D'avoir eu un partenaire comme Chat Noir pendant toutes ces années ? Est-ce que Tikki avait quelque chose à voir là-dedans ?
Le rire de son père la sortie de ses pensées : Tom se tenait les côtes, trouvant visiblement la situation hilarante. Il se tourna vers Sabine qui lui lança un regard interloqué.
- J'ai hâte de voir la tête de ta famille lorsque Marinette va leur présenter son fiancé qui parle mieux chinois qu'elle ! s'esclaffa-t-il. C'est sûr qu'ils vont l'adopter sur le champ !
Cette remarque fit sourire Sabine, et Adrien et Marinette se mirent à rire en piquant simultanément un fard.
- On est tellement heureux pour vous mes chéris, fit Sabine en les prenant dans ses bras, aussitôt imitée par Tom.
Marinette et Adrien se lancèrent un regard complice et leur rendirent leur étreinte, leurs cœurs gonflés de sentiments en tout genre.
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- Ça vous dit qu'on fasse des roulés à la cannelle pour le goûter ? suggéra Sabine dans l'après-midi.
- Oh oui, bonne idée ! s'exclama Marinette. Ça fera sûrement plaisir à Alya et Nino, je sais qu'ils adorent ça. Ça te dit Adrien ?
- A vrai dire, je n'en ai jamais mangé, confessa-t-il d'un air gêné, sur le même ton que quelqu'un qui venait d'avouer qu'il avait écrasé le chat de son voisin.
- C'est vrai ?! fit Marinette, à moitié scandalisée par cette idée. Il va falloir réparer ça alors ! Tu vas voir, c'est une des spécialités de papa, il les réussit toujours !
Tom acquiesça d'un air sérieux, se sentant soudain investi d'une mission.
- Je descends chercher de la farine, je reviens, fit-il avant de disparaître dans la cage d'escalier.
- Par contre, j'ai parlé trop vite, je crois qu'on n'a plus de cannelle, annonça Sabine en inspectant les étagères de la cuisine.
- Je vais aller faire un saut à l'épicerie au coin de la rue dans ce cas, je n'en ai pas pour longtemps, proposa Marinette.
Sabine acquiesça et sortit un billet de 5€ de son portefeuille.
- Tiens ma chérie, tu pourras garder la monnaie.
- Merci ma Maman d'amour. Je reviens tout de suite ! répondit gaiement Marinette en l'embrassant sur la joue.
Marinette vola un rapide baiser à Adrien avant de sortir, laissant le jeune homme coi, les joues roses. Sabine ne put s'empêcher de remarquer l'expression d'Adrien et la façon dont il la suivit du regard, même une fois la porte d'entrée refermée derrière elle. Elle s'approcha de lui et ébouriffa tendrement ses cheveux.
- Tu as l'air heureux mon grand, ça fait plaisir à voir.
- Oui... je l'aime tellement, dit-il les yeux dans le vague toujours fixés sur la porte, avec une sincérité sans filtre qui fit sourire Sabine.
Adrien sembla prendre conscience de ce qu'il venait de dire et piqua un fard, embarrassé par sa confession. Sabine passa affectueusement sa main le long de ses épaules.
- Je suis si heureuse pour vous. J'ai toujours su qu'il y avait quelque chose de spécial entre vous. Et je vois bien à quel point vous êtes heureux tous les deux, vous rayonnez littéralement de bonheur lorsque vous êtes ensemble.
Cette remarque éclaira le visage d'Adrien dont les yeux d'émeraude étincelaient de bonheur. Sabine s'installa à côté de lui sur le canapé, un sourire bienveillant suspendu à ses lèvres.
- Tu sais, quand on est parents, on appréhende toujours un peu ce genre de choses. Mais tout semble si évident entre vous. Je suis heureuse que Marinette ait rencontré un garçon comme toi. Je ne vais pas te dire qu'on est ravis que tu fasses partie de la famille car tu en fais déjà partie, mais je veux que tu saches qu'on t'aime très fort, mon grand.
- M-merci, répondit Adrien timidement. Je crois que je ne vous remercierai jamais assez de m'avoir accueilli comme vous l'avez fait, et pour tout ce que vous avez fait pour moi. C'est moi qui ai de la chance de vous avoir rencontrés et d'avoir rencontré Marinette.
Adrien s'interrompit et poussa un soupir bienheureux.
- Elle est tellement géniale, continua-t-il d'un air rêveur. J'ai encore beaucoup de mal à croire qu'elle m'aime aussi... que... qu'elle veuille être avec moi. Elle m'a dit que ça faisait des années qu'elle était amoureuse de moi (Sabine acquiesça avec un sourire amusé suspendu à ses lèvres), alors que j'étais tombé amoureuse d'elle moi aussi, si on avait su, lâcha-t-il avec un petit rire incrédule.
A ces mots, Adrien baissa la tête, semblant soudain abattu.
- Elle m'a apporté tellement de choses depuis qu'on se connaît. Moi... j'ai plutôt l'impression que je n'ai fait que lui apporter des ennuis.
Sabine secoua vigoureusement la tête de droite à gauche et posa une main sur son épaule avec un sourire bienveillant. Elle était presque triste de voir à quel point il se dévaluait.
- Tu lui apportes bien plus que tu ne le crois. Et surtout, tu la rends heureuse. Tu es quelqu'un de formidable Adrien. Tu as un si grand cœur, tu restes si fort et gentil malgré tout ce qui t'es arrivé...
Sabine s'interrompit, comme cherchant la meilleure façon de formuler ses pensées.
- Tu sais, je n'ai malheureusement pas connu ta mère, donc je ne peux décemment pas parler à sa place, mais je suis certaine qu'elle serait fière de toi, fière de voir quel beau jeune homme intelligent, adorable et au grand cœur tu es.
Cette phrase toucha Adrien en plein cœur ; ses yeux piquaient et il luttait pour ne pas se laisser envahir par l'émotion. Il sentit son cœur se gonfler douloureusement de bonheur et de gratitude. Il avait beau avoir perdu sa famille, il en avait retrouvé une autre, et bien plus aimante et accueillante qu'il ne l'avait rêvé. Submergé par l'émotion, il étendit ses bras vers Sabine qui l'avait déjà rejoint à mi-chemin et elle le serra dans ses bras, alors que le jeune homme fondait en larmes devant tant d'amour et de bienveillance. Les parents de Marinette l'avaient accueilli si naturellement et lui avaient accordé tout leur amour sans rien lui demander en retour, et il leur en était éternellement reconnaissant.
- C'est bon, j'ai trouvé de la cannelle, fit une voix depuis l'entrée, rompant l'émotion du moment.
Marinette referma la porte derrière elle et se débarrassa de son manteau et de ses chaussures avant de s'avancer dans le salon, le pas sautillant. Son sourire s'évanouit en trouvant Adrien en larmes dans les bras de sa mère.
- Maman ! s'exclama-t-elle en se précipitant vers eux, une pointe d'inquiétude brillant dans ses yeux bleus. Je peux savoir pourquoi tu fais pleurer mon Adrien ?
Adrien ne put s'empêcher d'émettre un léger rire étouffé contre l'épaule de Sabine et se redressa en essuyant maladroitement ses larmes. Marinette vint aussitôt s'asseoir à côté de lui et passa ses bras autour de ses épaules avec une moue boudeuse et le regard protecteur.
« Mon Adrien ».
Sa Lady l'avait appelé « Mon Adrien ».
Le cœur léger et une armée de papillons dans l'estomac, Adrien noua ses bras autour de sa taille et plongea son regard dans le sien, conquis.
- C'est parce que je suis heureux, Princesse. Et ça faisait longtemps que je n'avais pas été aussi heureux. Je t'aime, ajouta-t-il en la regardant droit dans les yeux, si bien que les joues de Marinette se colorèrent instantanément.
- Moi aussi je t'aime, répondit-elle avec un doux sourire.
Marinette le serra contre elle et Adrien s'abandonna dans cette étreinte, comblé comme il ne l'avait jamais été. C'était donc ça à quoi ressemblait l'amour. Le vrai. Le réciproque. Les sentiments qui retournaient le ventre de la meilleure façon qui soit. Qui laissaient le cœur léger et un sourire permanent sur le visage.
Adrien savait tout au fond de lui que jamais il ne voulait oublier la sensation de bien-être et de félicité que ce sentiment lui procurait, et il espérait tout au fond de lui que Marinette ressentait la même chose.
La jeune fille contempla son partenaire d'un air attendri et fondit face à son regard d'émeraude qui la couvait avec beaucoup d'amour.
Son Adrien.
Son Chaton.
Ce jeune homme qui distribuait de l'amour sans compter et qui ne rêvait finalement que d'une chose : qu'on l'aime en retour.
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Le minuteur du four retentit en même temps que la sonnette d'entrée : Marinette échangea un regard amusé avec Adrien qui enfila des maniques pour sortir les roulés à la cannelle du four tandis que sa coéquipière se préparait mentalement à l'arrivée de sa meilleure amie et de l'interrogatoire qui se profilait à l'horizon. A peine avait-elle ouvert la porte qu'Alya déboula dans le salon comme une tornade, son excitation à peine contenue. Nino la suivait de près, semblant étonnamment presque plus impatient que sa petite-amie.
- Alors ? s'exclama Alya en serrant Marinette dans ses bras. Pourquoi tu n'as rien voulu me dire par message ? Tu sais bien que je déteste ce genre de suspens !
- Comme si tu n'avais pas déjà compris ce que ces deux-là veulent nous annoncer, lança Nino d'un air narquois en désignant Adrien et Marinette du doigt. Alors c'est vrai de vrai ? Vous êtes ENFIN ensemble ?
Adrien et Marinette éclatèrent de rire en rougissant avant d'acquiescer. Tous deux savaient pertinemment qu'il était inutile de nier ou de les faire tourner en bourrique. Pour corroborer leurs dires, Adrien se planta derrière Marinette et passa amoureusement ses deux bras autour de sa taille, les yeux pétillants de bonheur.
- J'EN ÉTAIS SÛRE ! cria Alya en sautant sur place avec la tête de quelqu'un qui venait de gagner un million d'euros à la loterie. Marinette, je n'en reviens pas que tu aies enfin réussi à lui avouer tes sentiments, depuis le temps que tu essaies de lui déclarer ta flamme !
A ces mots, Marinette piqua un fard et cacha son visage dans ses deux mains, sous le regard étonné et attendri de son coéquipier.
En voyant l'air surpris d'Adrien, Alya se tut instantanément en réalisant qu'elle avait peut-être gaffé. Marinette lança à sa meilleure amie un regard qui signifiait clairement qu'elle n'en resterait pas là et elle se tourna vers Adrien avec une expression désabusée.
- Je t'avais bien dit que je n'avais pas du tout été discrète.
Adrien laissa échapper un petit rire.
- J'étais vraiment le seul à ne m'être rendu compte de rien alors ? demanda-t-il un peu gêné, tandis que Alya et Nino acquiesçaient d'un air blasé et Marinette mourrait de honte.
- Vraiment le seul, affirma Alya. Je n'en reviens pas à quel point tu n'as jamais rien remarqué.
- Mais Marinette m'avait dit plusieurs fois qu'elle n'avait pas de sentiments pour moi ! Qu'elle me considérait simplement comme un ami ! Je ne pouvais pas savoir ! se défendit-il avec de grands gestes.
Alya se tourna vivement vers sa meilleure amie en ouvrant de grands yeux.
- Tu t'es auto-sabotée en plus ?
- Pourquoi tu ne m'as pas dit la vérité d'ailleurs ? demanda Adrien, sincèrement étonné. Tu aurais dû m'en parler, je ne t'aurais pas mangée tu sais. Quoi que... ajouta-t-il d'un air espiègle en faisant mine de lui dévorer l'épaule.
Marinette lui donna une légère tape sur le bras en représailles puis soupira.
- Je sais bien, mais je n'y arrivais pas. Je... Rien de cohérent ne sortait de ma bouche quand je me retrouvais face à toi. Tu me rendais tellement nerveuse que j'étais incapable d'aligner plus de trois mots en ta présence.
Embarrassée par cette confession, Marinette se retourna et enfouit son visage contre la poitrine d'Adrien qui eut un sourire incrédule.
- Je te rendais nerveuse ? Moi ? On parle bien du mec qui n'avait jamais mis les pieds dans une école publique avant ses 13 ans et qui a hurlé « Présent ! » en se levant devant toute la classe quand Mademoiselle Bustier a fait l'appel pour son premier jour de cours ?
A ce souvenir, Marinette ne put s'empêcher d'éclater de rire. Ce n'était pas un rire moqueur non, mais un rire empli d'affection, si chaleureux que Adrien sentit son cœur se gonfler d'amour.
- Celui-là même, confirma-t-elle, ses grands yeux bleus pétillant de malice.
Son sourire s'évanouit soudain et elle se tourna à nouveau vers lui, incertaine.
- Tu ne m'en veux pas trop ?
- Pourquoi est-ce que je t'en voudrais ? répondit Adrien avec tendresse. Et puis j'ai été bien aveugle moi aussi alors que j'étais aussi amoureux de toi.
- Je croyais que tu étais amoureux de Ladybug ? intervint Nino.
A ces mots, Adrien s'étrangla et piqua un fard.
- Je... Je ne t'ai jamais dit ça, bafouilla-t-il, pris de court.
- Non mais c'était tellement évident !
Voyant l'embarras de son meilleur ami dont le visage avait viré au rouge brique, Nino se sentit obligé d'ajouter :
- Désolé d'avoir mis les pieds dans le plat, mon pote, mais vu que tu me parlais de Ladybug du matin au soir... « Ladybug est si géniale, tu as vu le plan qu'elle a monté pour battre cet akuma avec juste une fourchette et un chewing-gum ? »... « Ladybug m'a salué l'autre jour en passant à côté de ma voiture alors qu'elle était en pleine action, ça m'a fait tellement plaisir »... minauda Nino en imitant Adrien qui semblait chercher un moyen de disparaître sous terre tellement il était gêné.
- Ah oui ? fit Marinette d'un air narquois qui plongea Adrien dans un embarras encore plus profond.
- « Adrien n'est pas disponible, veuillez laisser un message après le bip sonore », annonça-t-il d'une voix robotique avant de se laisser tomber sur le canapé la tête la première et d'enfouir son visage sous un coussin.
Alya, Nino et Marinette éclatèrent de rire.
Marinette était tout de même étonnée par cette révélation : elle avait encore du mal à imaginer Adrien fou amoureux de Ladybug depuis le collège et elle dût se faire violence pour se souvenir qu'il était également Chat Noir pour donner un sens à ces sentiments. Toutes ces années, Adrien avait dû se confier à Nino tout comme elle-même se confiait à Alya, et l'idée grisante qu'Adrien avait passé de nombreux moments à penser à elle l'émut plus que raison. Même si Chat Noir lui avait déclaré son amour cette nuit au sommet de la Tour Eiffel, cette aveu la percuta de plein fouet.
Marinette s'approcha de lui et passa tendrement une main dans la partie de ses cheveux qui dépassait du coussin.
- J'aimerais laisser un message sur le répondeur d'Adrien, fit-elle avec un sourire espiègle.
Cette phrase eut le mérite de faire réagir son coéquipier qui enleva le coussin de son visage et se tourna vers elle d'un air intrigué. Le sourire de Marinette s'agrandit et elle se pencha vers lui pour lui déposer un doux baiser sur les lèvres qui le laissa légèrement sonné. Ce baiser déclencha des cris et des sifflements de la part d'Alya et Nino dignes de supporters sportifs, mais au lieu de piquer un fard, Adrien répondit au baiser de Marinette avec ardeur et captura avidement ses lèvres. Ils se séparèrent légèrement essoufflés et se perdirent dans les yeux de l'autre, envoûtés.
- Je t'aime mon petit chat, fit Marinette en lui déposant un baiser sur le bout du nez qui fit accélérer son rythme cardiaque.
- Moi aussi je t'aime ma princesse, répondit-il avec un grand sourire.
- Ça y est, ils sont déjà écœurants, se plaignit Nino tandis qu'Alya tirait la langue d'un air de dégoût tout en souriant de toutes ses dents.
Adrien finit par se relever et passa un bras autour des épaules de Marinette, soudain très solennel.
- Bien sûr que j'aime Ladybug, elle est extraordinaire, confessa-t-il. Mais j'ai trouvé ma Ladybug du quotidien à moi, et ça...
Adrien laissa sa phrase volontairement en suspens avant de serrer Marinette dans ses bras, et Alya et Nino poussèrent de petits cris d'adoration face à une telle confession. Adrien se perdit dans cette étreinte, le visage rêveur ; son regard et son sourire exprimaient bien plus de choses que ses mots, et Marinette en fut infiniment touchée. Elle ne put s'empêcher de se blottir contre lui, enfouissant son visage contre son torse pour masquer son émotion et son embarras face à une aussi jolie déclaration qu'elle seule pouvait comprendre.
Extrait du chapitre suivant :
- Ça me fait du mal de l'admettre mais tu as raison, dit-elle du bout des lèvres. Je crois que ça m'aurait détruite. J'aurais mis du temps à m'en remettre, et notre amitié en aurait forcément pâti.
Vos commentaires sont toujours immensément appréciés et me touchent beaucoup. Je vous réponds toujours, j'aime discuter, échanger nos points de vue, parler de la série...
A la prochaine !
Bug Out!
