Moi qui pensait poster ce chapitre juste après avoir mis en ligne le précédent, je me rends compte que pas mal de temps s'est écoulé en réalité. Très peu de temps pour écrire en ce moment, et un léger blocage d'écriture ce qui fait que je n'ai pas beaucoup pu avancer l'histoire depuis... Mais je continue. A un rythme bien trop lent à mon goût mais je continue. Je l'aime trop cette histoire.

Voici un petit chapitre tout doux et tout mignon, suite directe du chapitre précédent ❤️


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CHAPITRE 28

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Un peu plus tard dans la soirée, Adrien s'allongea sur le canapé, le sourire aux lèvres. Il s'enroula dans une couverture et lança un film mais il savait pertinemment qu'il ne réussirait pas à se concentrer tant ses pensées étaient occupées à rejouer les plus beaux moments de ces dernières vingt-quatre heures avec Marinette.

Leur confession nocturne.

Leur réveil si doux dans les bras l'un de l'autre.

Leur annonce à Tom et Sabine, puis à Nino et Alya, qui avaient tous exceptionnellement bien accueilli la nouvelle.

Adrien flottait à mille pieds au-dessus du sol et se demandait s'il allait redescendre un jour.

Ses pensées furent interrompues par l'arrivée de Marinette, une assiette de roulés à la cannelle à la main et l'une des pâtisseries dans la bouche. Adrien se redressa et tendit vivement sa main vers elle tout en soulevant un pan de la couverture pour l'inciter à venir se blottir tout contre lui.

- Je n'ai pas le temps de rester devant la télé avec toi, mon petit chat, je venais juste te demander si tu voulais encore des roulés à la cannelle, annonça-t-elle en déposant l'assiette sur la table basse. Je remonte relire mes fiches d'anglais.

L'air infiniment déçu d'Adrien étira ses lèvres en un sourire à la fois moqueur et attendri.

- Reste un peu avec moi, ma Lady, s'il te plaît... implora-t-il avec un regard qui aurait fait passer le Chat Potté pour un amateur.

- Adrien... soupira-t-elle. Je te préviens, si je rate mon bac, ce sera de ta faute.

Intérieurement, la perspective de se blottir dans les bras d'Adrien était bien plus attrayante que ses révisions, et elle n'hésita pas longtemps avant de s'allonger tout contre lui en rabattant la couverture sur eux, pour le plus grand bonheur de son coéquipier.

- J'en assumerai les conséquences, même si ça n'arrivera pas, je te le promets ma Lady, dit-il d'un air le plus sérieux possible tout en la prenant dans ses bras.

Ils se retrouvèrent tous les deux face à face, leurs deux visages très proches ; Marinette remarqua que les joues d'Adrien étaient légèrement roses, et elle se doutait que son visage devait avoir pris la même couleur. Le regard empli d'amour qu'Adrien lui lança dérégla complètement son rythme cardiaque. Elle approcha timidement son visage et pressa ses lèvres contre les siennes, envoûtée. Elle sentit Adrien resserrer son étreinte autour de sa taille et répondre à son baiser. Marinette se demandait si elle se lasserait un jour de ce genre de moments.

La jeune fille le contempla longuement, ses sentiments à fleur de peau. Elle passa ses doigts dans ses cheveux et écarta quelques longues mèches blondes de devant son visage.

- A quoi tu penses, mon Chaton ? lui demanda-t-elle en remarquant son air préoccupé.

La façon dont Marinette prononça son surnom éclaira légèrement le visage d'Adrien.

- Je repensais à notre discussion avec Alya et Nino tout à l'heure, dit-il en caressant sa joue du bout du pouce. Dans un sens, je suis presque soulagé que tu n'aies jamais réussi à m'avouer tes sentiments. Si tu l'avais fait, je t'aurais certainement brisé le cœur en te disant que j'étais amoureux de quelqu'un d'autre. Alors que c'était toi ! Mais je ne savais pas que c'était toi. En plus j'aurais culpabilisé de t'avoir fait du mal parce que je tiens à toi mais je n'aurais rien pu faire pour te consoler parce que c'est impossible de consoler quelqu'un quand tu es la cause de son chagrin, et...

Adrien ponctua la fin de sa phrase par un grognement de frustration. Marinette se mordit les lèvres en comprenant ce qui le travaillait et détourna le regard.

- Ça me fait du mal de l'admettre mais tu as raison, dit-elle du bout des lèvres. Je crois que ça m'aurait détruite. J'aurais mis du temps à m'en remettre et notre amitié en aurait forcément pâti.

Elle sentit Adrien enrouler son bras autour de ses épaules, comme s'il lui demandait silencieusement pardon, et elle s'empressa de le rassurer.

- Par contre, je ne dis pas ça pour te culpabiliser. Ça n'aurait absolument pas été de ta faute, Adrien. On ne peut pas contrôler ses sentiments. Je suis bien placée pour le savoir. Je... J'ai beau avoir essayé de nombreuses fois de me dire qu'on devait rester amis et que je devais arrêter de me faire des idées, je gérais tellement mal ce que je ressentais pour toi que je faisais n'importe quoi.

Marinette s'interrompit et étouffa un petit rire humide lorsqu'un souvenir lui revint.

- Déjà le jour où on est rentrés du Musée Grévin et que tu m'as parlé de « la fille que tu aimes »... j'ai cru mourir, lui avoua-t-elle en détournant le regard.

Adrien fronça les sourcils.

- Attends... Quand est-ce que nous sommes allés ensemble au musée Grévin récemment ?

Marinette poussa un léger soupir de défaite.

- Ce n'était pas récemment, expliqua-t-elle sans oser le regarder. Je... Je parle de la fois où on t'a accompagné avec Alya et Nino quand on était en troisième. Manon avait été akumatisée et on avait dû affronter la Marionnettiste.

Adrien se plongea dans ses souvenirs, les sourcils toujours froncés, et Marinette vit le moment où la connexion se fit dans son cerveau. Lorsque la scène dans la voiture au retour du Musée lui revint à l'esprit, son cœur descendit d'un étage.

- Oh... lâcha-t-il, son visage perdant ses couleurs.

Il venait de comprendre pourquoi Marinette s'était renfermée sur elle-même et semblait si mal ce jour-là. La jeune fille s'était littéralement éteinte d'un seul coup et Adrien n'avait pas compris sa réaction sur le moment. Il contemplait à présent la scène sous une toute autre lumière : Marinette n'était ni fâchée contre lui ni contrariée à cause de sa blague qui avait tourné court ce jour-là, non. Elle était triste car elle avait cru qu'il en aimait une autre, et il ressentit un douloureux pincement sous la poitrine à l'idée qu'il lui avait brisé le cœur sans le savoir à ce moment-là.

Il se tourna vers Marinette en passant doucement sa main dans son dos, mais alors qu'il s'apprêtait à s'excuser profusément, une lueur apparut dans le regard immensément bleu de sa partenaire.

- Ne me dis pas que tu parlais... de... réalisa-t-elle en se désignant, comprenant soudain le sens de sa phrase à l'époque avec les informations qu'elle possédait aujourd'hui.

Adrien esquissa un sourire empli de tristesse et déposa un baiser sur sa joue en guise de réponse.

- Tu as dû me détester. Tu ne m'en veux pas trop ? demanda-t-il d'un air inquiet.

Marinette secoua vivement la tête de droite à gauche avec un sourire qui se voulait rassurant. Par contagion, Adrien sourit à son tour et l'embrassa tendrement avant de relâcher un soupir, ne pouvant s'empêcher d'analyser la scène.

- J'étais dans un tel état de détresse ce jour-là à l'idée que tu ne m'appréciais pas... Je crois que je n'ai pas réfléchi plus loin quand tu m'as assuré que ce n'était pas le cas, j'étais tellement soulagé que j'ai dit n'importe quoi pour tenter d'entretenir la conversation et de ne pas te donner plus de raisons de me détester après ma blague foireuse. Je n'aurais pas supporté de te perdre comme amie.

Adrien poussa un long soupir.

- C'était ma première année au collège et je voulais tellement me faire des amis que je n'avais pas voulu écouter mon coeur qui me disait que tu étais bien plus que ça pour moi en réalité.

Adrien s'interrompit avant de planter son regard dans celui de Marinette.

- Je suis désolé, Marinette.

- Tu n'as pas à être désolé, lui répondit-elle. Tu ne pouvais pas savoir. Je... Je ne plaisantais pas quand je disais que je n'arrivais pas à t'avouer mes sentiments. Je...

Le sourire espiègle qui apparut soudain sur les lèvres d'Adrien la déstabilisa et elle stoppa net sa phrase en lui lançant un regard interrogateur.

- Tu as essayé de m'embrasser, affirma-t-il d'un air béat en comprenant soudain ce qui s'était réellement passé ce jour-là au Musée Grévin.

Prise de court, le visage de Marinette vira au rouge pivoine en repensant à ce moment qu'elle aurait aimé rayer de sa mémoire.

- Je croyais que c'était ta statue... fit-elle d'une voix mourante en enfouissant son visage dans ses deux mains pour tenter de masquer son embarras.

- Tu as essayé de m'embrasser, répéta-t-il, extatique.

- Oui, et vu le bond en arrière que tu as fait, ça ne t'a pas clairement plu, lui rétorqua-t-elle, sur la défensive.

La moue boudeuse, Marinette fit mine de se lever du canapé mais Adrien resserra son étreinte autour de sa taille et lui plaqua un baiser dans le cou.

- J'ai reculé parce que j'étais surpris, pas parce que ça ne m'a pas plu. Et puis je ne voulais pas que ma blague aille aussi loin, ça n'aurait vraiment pas été sympa de ma part.

Adrien s'interrompit pour plonger son regard dans les yeux de Marinette.

- Mais si je dois être complètement honnête, précisa-t-il. J'ai sérieusement considéré l'idée de continuer à jouer la statue l'espace d'un instant parce que...

Adrien s'éclaircit soudain la voix pour se donner une contenance.

- Enfin, avec le recul, je crois que... je crois qu'une partie de moi était déçue d'avoir paniqué et que tu n'aies pas pu aller jusqu'au bout ce jour-là, avoua-t-il en cherchant ses mots, les joues légèrement roses.

Marinette se tut, sa voix coincée dans sa gorge face à une telle confession.

- Je me sens encore plus idiote, soupira-t-elle.

Pour toute réponse, Adrien la serra tout contre lui avant d'enfouir son visage dans le creux de son cou.

- Je t'aime, murmura-t-il.

- Moi aussi je t'aime, répondit Marinette en esquissant un sourire.

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Sabine les retrouva allongés sous un plaid moelleux dans le salon, tendrement enlacés. La tête de Marinette était posée sur la poitrine d'Adrien, tout contre son cœur, et Adrien passait doucement ses doigts dans ses cheveux défaits, les yeux à moitié fermés. Ni l'un ni l'autre ne semblait se préoccuper des images qui défilaient à la télévision ; ils étaient seuls au monde, dans un cocon de douceur, complètement captivés l'un part l'autre. Sabine leur lança un regard attendri.

- Vous avez l'air bien installés, les enfants.

- Ouiii, couina Marinette en resserrant son étreinte autour de la taille d'Adrien pour se blottir un peu plus contre lui.

Adrien laissa échapper un petit rire amusé et enfouit son nez dans ses cheveux avant d'y déposer un baiser.

Sabine les embrassa tous les deux sur la tempe.

- Je vous aime, mes chéris. Je suis heureuse pour vous.

Marinette et Adrien se lancèrent un regard empli de l'amour qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre, les joues légèrement roses.

- Merci Sabine, répondit Adrien, ses grands yeux verts emplis de gratitude.

- Merci maman, renchérit Marinette avant de reposer sa tête tout contre son amoureux.

Dans les bras d'Adrien, ses révisions lui semblaient loin. Tous les deux se turent, profitant silencieusement l'un de l'autre, comblés comme ils ne l'avaient jamais été.


Extrait du chapitre suivant :

Lorsque Marinette rentra de cours quelques jours plus tard, elle fut étonnée de constater que tous les volets de la boulangerie avaient été tirés : l'endroit semblait exceptionnellement calme pour une fin d'après-midi. Un petit panneau sur la porte d'entrée indiquait « Fermeture exceptionnelle, veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée ». Intriguée, Marinette poussa la porte et la trouva déverrouillée. De plus en plus étonnée, elle passa sa tête dans l'entrebâillement ; la boulangerie était vide, à l'exception de son père, sa mère et d'Adrien qui discutaient avec animation derrière le comptoir. Lorsqu'ils l'aperçurent, tous les trois se turent, sans pouvoir masquer leur air comploteur.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda prudemment Marinette en refermant la porte derrière elle. Pourquoi la boulangerie est fermée ?

Bug Out!