Chapitre 20 : Un héritage légendaire

Tout avait commencé par une simple visite de la part d'une dame élégante, vêtue de vert, venant toquer à la porte d'une humble maison, un jour chaud d'été. Elle avait apporté une lettre à une jeune fille de 11 ans et avait, dès lors, changé le cours de son histoire.

Ses perspectives n'étaient néanmoins pas beaucoup plus roses, car de simple fillette, elle était aussi devenue une « sang impur » dans une société où le sexe n'était pas le seul motif de discrimination. Cela n'empêcha pas cette jeune fille de serrer le poing et de travailler dur pour pouvoir améliorer ses conditions de vie. Et elle y arriva.

D'aventures trépidantes en épreuves effrayantes, accompagnée par ses amis et parfois même par ses professeurs, elle avait fini par se faire un nom. Cela n'était pourtant que le début de la plus grande bataille de cette jeune fille devenue femme : celle pour changer l'Histoire.

Elle dut pour cela enchaîner les combats.

Au commencement, elle dut apprendre les us et coutumes d'une société qui ne la voulait pas en son sein. Elle découvrit pendant cette période tant de choses, tantôt intéressantes, tantôt aberrantes, mais elle apprit surtout à connaître un homme qui semblait lui être si bien destiné.

Toutefois, sa première vraie leçon fut que le destin n'était jamais aussi direct.

Un sorcier à la réputation aussi noire que son regard employa la ruse pour obtenir une vengeance personnelle, entraînant la sorcière dans un dédale de déconvenues. Ces déboires eurent pour effet surprenant de la mettre sur les rails menant à son objectif, et bien plus encore.

Pour apprendre à la société à ne plus avoir de préjugés contre les sorcières de son espèce, elle dut elle-même apprendre à faire fi des siens envers l'homme qui devint bien plus qu'un simple époux. Le sorcier, derrière le mur de rumeurs qui l'entourait, était en réalité son âme sœur et, bien qu'ils mirent un certain temps pour le comprendre tous deux, cela les éleva plus haut que quiconque.

Rien, pas même un mage noir aussi fou que sadique, ne put les défaire. Soudés comme ils l'étaient tous deux, ils combattirent côte à côte et sortirent vainqueurs des batailles qu'ils durent livrer contre leur ennemi, pour eux-mêmes, mais aussi pour sauver le monde qui les entourait.

Ils étaient devenus invincibles à leur manière ! Mais leur légende prit place le jour où, uni même dans une mort certaine, ils ne firent plus qu'un avec cette faune qu'ils avaient tenue à protéger. Avec autant d'ardeur que le dragon géant des histoires de jadis, ils crachèrent un feu aussi libérateur que destructeur, avant d'être sauvés par ceux qu'ils avaient défendus jusqu'alors.

Ensemble, plus fort que jamais, ils prouvèrent que la distinction de sang, de sexe et d'espèce n'était qu'illusoire.

Ce fut alors un peu comme s'ils firent partie d'un tout. Ils veillèrent ainsi tous ensemble sur leurs terres qui, malgré la désolation connue, avaient retrouvé leurs splendeurs grâce au temps et aux efforts fournis par chacun.

« Mais ce fut surtout ainsi que la jeune femme parvint à prouver sa valeur et à changer l'Histoire. »

- C'est une très belle histoire, dit Hermione avec un léger sourire fatigué. Mais j'ai bien peur qu'elle ne fasse pas partie de celle avec un grand 'H'.

- Elle sera bien plus que ça !

- Tu es bien plus historique encore que moi ma chérie, s'enorgueillit-elle.

- Si j'ai réussi à en arriver là, c'est grâce à tout ce que tu as accompli la première, Mamy !

Hermione serra doucement la main de sa petite fille avec une tendresse extrême.

- Si tu es devenue ministre, c'est grâce au travail formidable que tu as fourni toi-même, ma chérie.

- Mais c'est grâce aux femmes comme maman et toi que nous avons notre place dans la société, à l'égale des hommes.

La vieille lionne souffla son amusement par le nez. Elle ne pourrait pas avoir le dernier mot face à sa petite fille, elle tenait bien de sa mère et de sa grand-mère après tout. Pourtant, c'était bien grâce à l'acharnement de cette jeune tête de mule que les différenciations de sang devenaient encore moins importantes, celle-ci étant devenue ministre malgré son mariage avec un moldu. Oui, la société avait changé mais elle changeait encore grâce aux combats qui perduraient ou commençaient, inlassablement.

Hermione était fière de chacun des membres de sa famille, sans exceptions, tous étant aussi déterminés et bienveillants que travailleurs et assidus, de son fils à sa fille en passant par leurs propres enfants. Elle avait le cœur rempli de joie à cette pensée, quand une quinte de toux la prise.

- Je vais aller chercher maman, s'inquiéta la jeune femme en se levant.

Quelques instants plus tard, sa fille entra à son tour. Quand elle la voyait, elle avait toujours l'impression de voir sa propre mère, Jane. Elle lui ressemblait tellement ! Épona s'approcha rapidement, aida la vieillarde à boire un peu et voulu l'ausculter, ce qu'Hermione refusa doucement :

- Mais maman, tu as besoin de…

- J'ai juste besoin de ma fille et tu le sais, pas de la directrice de Sainte-Ébonite, la coupa-t-elle en souriant tendrement.

La guérisseuse, depuis longtemps devenue directrice d'établissement, aurait bien répliqué quelque chose si elle n'avait su que sa mère avait raison. Baissant la tête, elle soupira et la porte de la chambre s'ouvrit lentement. Une imposante ombre aux cheveux bien plus sel que poivre entra d'un pas hésitant :

- Puis-je ?

- Oui, tu peux Drake, autorisa la lionne.

- Bonjour sœurette, bonjour mère ! dit-il en inclinant doucement la tête.

Hermione sourit en le saluant à son tour. Malgré les circonstances, il restait si droit et fier, digne du Lord qu'il était. Drake était bien le fils de son père, cela ne faisait aucun doute. Il s'approcha de l'autre côté du lit et prit la main de sa mère :

- Comment vas-tu ?

- Je suis fatiguée, admit-elle sans tergiverser, mais je me sens bien.

Drake regarda sa sœur d'un air interrogatif. Hermione savait pertinemment le sens de la question silencieuse de son fils qui, malgré son air stoïque, avait dans son regard la même étincelle inquiète que son père avait quand elle était malade. Épona hocha la tête d'un air grave et son frère resserra légèrement son étreinte autour de la main de sa mère. Ainsi entourée de ses deux enfants, allongée dans son lit à la maison Londonienne, la Lady douairière se sentait bien et ce malgré la nouvelle quinte de toux qui la prenait.

Oui, elle était mourante et le savait pertinemment, tout comme sa fille et maintenant son fils, même s'il avait préféré se le cacher à lui-même jusque-là. Elle le regarda avec bienveillance et tendresse, ne supportant pas vraiment de le voir aussi dévasté à l'idée qu'elle parte. Oh, bien sûr, il semblait toujours aussi froid, mais c'était un Rogue, et elle lisait une telle détresse dans son regard qu'elle dit avec douceur :

- Ne t'en fait pas mon chéri, tout va bien ! Tout le monde est venu me voir, j'ai même vu le petit dernier de la famille.

- Mais nous avons encore besoin de toi mère ! se plaignit-il en cherchant à conserver son ton autoritaire.

- Toi et ta sœur, vous savez déjà tout ce qu'il faut savoir Drake. Vous êtes les dignes enfants Rogue et vous n'avez plus besoin d'un fardeau tel que moi !

- Tu n'es pas un fardeau, répliqua sévèrement son fils.

- Tu es notre pilier, rajouta Épona.

- Vous le serez à votre tour, dit-elle avec confiance. Oui, vous verrez, vous gérerez main dans la main tout l'héritage familiale avec brio, je le sais. Vous êtes soudés, vos conjoints sont dignes de vous et vos enfants… si vous saviez comme je suis fière d'eux et de leurs progénitures ! Vous avez fait du si bon travail…

- C'est parce que vous nous avez montré l'exemple avec papa, dit Épona qui ne chercha pas à retenir ses larmes plus longtemps.

Drake se retenait toujours, mais sa tristesse se dévoila par son silence.

- Ne soyez pas triste… dit-elle en souriant. Je n'ai pas peur, vous savez. Je vais enfin rejoindre votre père…

Hermione sentit son cœur s'accélérer à cette idée. Severus lui manquait tellement… cela faisait déjà une longue année qu'il s'était lui-même éteint dans son sommeil. Il avait tenu le plus possible pour sa femme et pour ses descendants, elle en était certaine. Il était ainsi resté à ses côtés suffisamment longtemps pour voir leur petite fille devenir ministre, puis il les avait quittés un beau jour de mai 1998, après 138 ans d'existence. C'était un âge plus que convenable pour un sorcier de sang mêlé, tout comme 119 ans était un âge respectable pour une sorcière née de parents moldus.

Après encore un moment et une discussion somme toute banale, une énième quinte de toux et la fatigue eurent raison de ses dernières forces. Sereine, Hermione ferma les yeux pour la dernière fois, épuisée. Elle sentit les mains de ses enfants la soutenir puis entendit son fils pleurer une fois ses paupières closes. Enfin, dans un dernier souffle, elle partit, le sourire aux lèvres.

...

Apparaître dans un cadre avait quelque chose d'étrange, mais la magie faisait son œuvre et la peinture qui la formait prenait vie à mesure que les souvenirs de ce qu'elle eut été lui venaient. Puis, une voix familière l'appela et son cœur d'encre ne put lui paraître plus réel :

- Bonjour Milady...

- Bonjour Milord !

Elle l'avait retrouvé, et cette fois, pour l'éternité.

C'est ainsi que la Lady du feu rejoignit le Lord noir des Hébrides. Leur histoire laissa place au futur, leur amour quant à lui, entra dans la légende de leur île.

OoOoOoOoOoOoOoO

Note :

Merci chères lectrices, chers lecteurs, d'être arrivés jusqu'ici.

J'espère que cette histoire vous aura plu, dans sa forme comme dans son fond, autant que je me suis amusée à l'écrire.

Changer autant d'éléments, jusqu'à la période même des évènements, a été un vrai challenge pour moi et j'espère sincèrement que cela vous aura diverti !

Vous êtes un peu – beaucoup- la source de motivation qui me donne envie de continuer d'écrire.

Alors encore merci à vous tous, pour vos lectures, vos commentaires, vos remarques, vos likes, vos partages et j'en passe.

A bientôt pour une nouvelle aventure j'espère.

Remerciements :

Et bien sûr, merci à mes formidables bêtas, au travail acharné qu'elles ont fourni et à leur bienveillance même quand j'ai fait saigner leurs yeux par certaines des mes fautes d'orthographe…

Trala, Maze, vous êtes au top !