Chaque jour, il le voit rentrer de plus en plus tard, de plus en plus fatigué.
Chaque jour, il voit les cernes sous ses yeux s'assombrir, ses joues se creuser, son teint se ternir, ses traits se tirer.
Chaque jour, il se demande combien de temps son petit-ami va encore tenir à ce rythme.
Il devrait le savoir mieux que quiconque, lui, étudiant en médecine, que ce mode de vie ne fait que le consumer à petit feu, comme le joint qu'il s'allume à peine assis dans le canapé pour décompresser. Sur ce point là ils se rejoignent : la drogue comme échappatoire éphémère à la réalité, la même qui finira par les tuer s'ils continuent cette pente glissante.
Ses études le maintiennent dans un semblant de droit de chemin mais ce n'est pas viable. Ace était décidé, ce soir il lui parlera de cette situation qui ne plus durer.
- Law, s'il te plaît, il faut qu'on parle.
- Pas ce soir, je suis fatigué…
- Non, je suis sérieux, j'en peux plus de te voir te tuer à petit feu, tes études te bouffent et tu n'es plus que l'ombre de toi-même. Je sais que tu veux paraître dur et sans émotions mais je sais que c'est juste une façade. T'as besoin d'aide, tu ne peux pas surmonter tout ça seul. Et sache que je serai toujours là et ferai tout pour que tu ailles mieux. Je t'aime, je ne veux pas te perdre.
Un long silence suivit, Ace l'enlaça, posant sa tête dans le creux de son cou. Il sentait son cœur s'emballer, puis une larme tomba sur son front. Law pleurer ? Du jamais vu.
- Je suis désolé… désolé de te faire souffrir. Je voulais pas finir comme ça… je suis pitoyable. Répondit Law d'une voix à peine audible.
- C'est pas de ta faute, ça va aller t'inquiètes pas, on va s'en sortir. Le rassura-t-il, passant affectueusement sa main dans ses courts cheveux bruns.
Reconnaître la souffrance et accepter l'aide dont on a besoin est la première étape de la guérison.
