Chapitre 6 : Où es-tu ?

Une semaine plus tard

Voilà qu'une semaine s'est écoulée depuis l'événement du naufrage. Depuis ce soir-là, Eren ne pensait qu'à sa princesse humaine en permanence. Étant fou amoureux, il lui arrivait souvent d'être dans la lune, d'être discret, d'être seul pendant de longues heures. Ce fut en effet les journées quotidiennes du jeune prince depuis cette tempête.

Sa famille ainsi que les six autres gardiens des sept mers avaient remarqué ce soudain changement de comportement. Concernant ce changement, seuls ses amis étaient au courant de cette véritable raison.

Pendant ce temps, le petit triton se rendit à sa caverne secrète. Chaque jour depuis ce fameux soir, il s'assit sur son rocher afin d'admirer la barrière d'eau. Mon Dieu qu'il rêvait d'y remonter de nouveau ne serait-ce que pour revoir sa bien-aimée au bord de la plage. En ce moment même, Jean nagea à la recherche du jeune prince afin que ce dernier ne refasse cette même bêtise, celle de monter à la surface. Durant ces derniers jours, il avait réussi à garder ce secret enfouit à la famille royale surtout à la Reine.

- Bon sang de bonsoir ! Où est-ce que t'es espèce d'idiot !? Se fâcha le triton à la recherche de son ami. J'espère qu'il n'est pas encore monté à la surface. Déjà que j'ai réussi à fermer ma bouche depuis ce soir-là. Bon allez Jean ! Ça va aller. Se dit-il à lui-même. Tant que tu ne diras rien, tout ira bien. A quoi bon d'avoir peur, la Reine n'en saura jamais rien sur ce qui s'est passé. Elle ne saura jamais que l'aîné de ses enfants a franchi la barrière interdite et qu'il ai utilisé son chant de triton en présence d'une humaine. Même si j'avoue que cette humaine est quand même jolie.

Réalisant sur ses propres paroles, le châtain se mit à râler sauvagement tandis qu'il commença à se tirer les cheveux.

- RAH ! MAIS QU'EST-CE JE DIS ! BON SANG ! CETTE FILLE EST UNE HUMAINE ! NE ME DITES PAS QUE JE VIENS D'ADMETTRE QUE CETTE CRÉATURE EST JOLIE !

-Euh... Jean, ça va ? Questionna une voix masculine.

Entendant cette voix prononcer son prénom, Jean cessa tout hurlement. Il se retourna vivement avant de tomber sur celui dont il recherchait depuis tout à l'heure.

- Ah ! Eren ! Enfin, je t'ai trouvé ! S'extasia t-il pointant le brun.

- T'es vraiment sûr que tout va bien ?

- Évidemment que tout va bien ! Pour qui me prends-tu !?

- Pour rien, tant mieux si tout va bien. J'ai cru t'entendre hurler râler à l'instant ou à moins que ce soient mes oreilles qui me jouent un tour.

-Eh bien, c'est le deuxième cas ! Tes oreilles te jouent vraiment des sales tours ! Ou devrais-je plutôt dire, que c'est ta tête qui te joue des tours !

- Hein ?! Mais de quoi tu parles ?!

- Tu crois que je ne suis pas assez stupide d'avoir vu ce que tu as fait récemment !

- Je peux savoir à quoi tu fais allusion ?

- Oh tu veux vraiment savoir !? Très bien, je vais te le dire ! Fit le châtain en colère. L'autre soir, je t'ai vu franchir la barrière interdite ainsi que du fait que tu as osé sauver une humaine aux longs cheveux noirs.

- QUOI ?! Lâcha Eren par la révélation de son ami.

- Et puis ce n'est pas tout, j'ai aussi vu que tu as utilisé ton chant de triton à cette fille !

- Alors, tu as tout vu d ?!

- Tout à fait ! J'ai tout vu ! Même que je n'ai loupé aucune miette de cet événement exceptionnel ! Lui dit Jean d'un ton ironique.

- Alors, tu as dû voir tout ce qui s'est passé : Le ciel était éblouit par ces explosions lumineuses, les vagues étaient immenses, le feu incroyable ! Je n'avais jamais vécu une expérience aussi merveilleuse et périlleuse de ma vie ! Et cette fille est absolument exceptionnelle ! Décrit le prince dont ses yeux brillaient comme des étoiles.

- D'accord, d'accord. C'est bien beau tout ça. Par contre, écoute moi bien, Eren ! Jusque là, j'ai réussi à te couvrir même que j'étais obligé de mentir à ta mère ! Un conseil mon pote, si tu ne veux pas t'attirer d'ennuis avec la Reine, je te conseille de ne plus revenir à la surface ! Parce que si tu y retournes, ne compte pas sur moi pour assurer tes arrières !

- C'est bon Jean ! Tu t'inquiètes pour sérieusement pour rien. Ma mère n'en saura jamais que je suis monté à la surface. Et puis, j'ai donné mon coeur à Mikasa.

- NANI ?! C'est qui cette Mikasa encore ? Une sirène ? Dis moi que tu as eu le coup de foudre pour une sirène ?

- Désolé de te décevoir mon ami, mais Mikasa est l'humaine que j'ai sauvé de la noyade. Affirma Eren. Si seulement, tu l'avais vu de près. Elle est si belle, si gentille, si attentionnée, bienveillante et surtout très rêveuse.

Jean se décomposa sur place après avoir su l'identité de ladite Mikasa. Comment cela pouvait-il être possible ? Un triton amoureux d'une humaine ! C'était la première fois que ce genre de situation était arrivée ! Jamais au grand jamais, un être de la mer ne devait ressentir des sentiments amoureux envers un être de la surface. Tout le monde savait ça ! Même l'héritier du trône ! Revenant à la réalité, Jean décida d'interagir pour le bien de son ami.

- Eren ! Je te conseille de ne plus jamais remonter à la surface, ni même de revoir cette fille !

- Hein ?! Mais pourquoi ?! Fit Eren incompris.

- Parce que c'est comme ça ! Entant que Conseiller de la Reine Carla, je t'interdis formellement de franchir la barrière d'eau et de revoir cette espèce d'humaine !

- Tu vas arrêter tes discours à la noix ! J'suis plus un gamin et t'es pas mon père merde ! S'énerva le jeune prince.

- Ce sont les ordres ! Un point c'est tout !

- Tu sais quoi, j'en ai strictement rien à faire de tes ordres ! Parce que de un, t'es pas mon père ! Et de deux, t'as le même âge que moi ! Maintenant laisse moi tranquille ! Lâcha Eren pour de bon avant de partir en furie.

- Eren ! Attends ! Si je te dis ça, c'est dans le but de te protéger de ce monde rempli de ces maudites créatures de la surface ! Eren attends !

Mais le triton princier n'en avait strictement rien à faire de ses paroles. Perdu, Jean décida de retourner au palais royal afin d'attendre le retour du prince.

- Eren, je suis désolé d'être aussi borné pour toi. Mais, tout ce que je veux, c'est de te protéger parce que tu es mon ami. Et je refuse que tu meurs tué par ces monstres comme ton père autrefois. J'espère qu'un jour, tu comprendras le point de vue de ta mère. Murmura t-il sur le chemin.

De son côté, Eren continua de nager mais plus calmement. Les paroles de son ami se répétèrent constamment dans sa tête. il décida pour autant de les chasser de ses pensées et de se reconcentrer sur ce qu'il allait faire pour revoir sa princesse là-haut.

Pendant ce temps au Royaume de Paradis

Dans la salle à manger du palais, le Roi et la Reine prirent leur petit déjeuner en compagnie de Livaï, de Hansi ainsi que celle de Moblit Berner. Ensemble, ils discutèrent sur les événements précédents depuis la catastrophes surtout sur l'état physique et psychologique de la princesse.

- Dis moi Livaï. Commença le Roi. J'espère qu'il n'y a eu aucune perte durant le naufrage ?

- Non, aucune mon oncle. Tout le monde s'en est sorti indemnes. Souffla Livaï buvant une gorgée de sa tasse de thé.

- Tant mieux. Nous étions morts d'inquiétudes. Et c'est un miracle que notre petite Mikasa soit rentrée saine et sauve.

- Justement, en parlant de Mikasa. Comment va t-elle ? Questionna la Reine inquiète sur l'état psychologique de sa fille.

- Elle va très bien, votre Majesté. Lui répondit Hansi. Cependant depuis la semaine dernière, elle ne parle sans cesse d'un jeune garçon qui lui a soit disant sauvé la vie lors du naufrage. On ignore pour l'instant si cela est vrai. Mais, mon assistant ici présent ainsi que l'escouade de Livaï et le Major Erwin n'ont trouvé aucune trace de ce jeune homme. Énuméra t-elle ensuite.

- Je vois. Peut-être que Mikasa a tout simplement rêvé. J'espère juste au moins, qu'elle sera remise sur pieds.

- Ne t'en fais pas, Clara. Tu sais bien que notre fille est une femme forte et bombée d'énergie. Tu verras, elle sera guérie en un rien de temps. Rassura son époux posant sa main sur la sienne.

- Si tu le dis, Ilhian. Je te crois.

- Tiens justement ! En parlant du loup ! S'exclama t-il voyant leur fille unique arrivait sur place accompagnée de Belle, sa chouette.

La princesse était entièrement guérie sur son état physique. Pourtant, elle n'avait pas l'air d'être dans son assiette puisqu'elle pensait toujours à ce beau et mystérieux jeune homme à la voix d'or qui lui a sauvé la vie la semaine dernière. Depuis ce jour, elle ne rêvait que de lui, uniquement lui. Elle prit place à côté d'Hansi tandis que sa chouette descendit de son épaule pour se mettre à table. Son père engagea la conversation.

- Alors, comment te sens-tu, ma puce ?

- Ça va. Lui répondit simplement la jeune fille puis se tourna vers sa belle-cousine. Dis Hansi, est-ce qu'il y a des nouvelles concernant ce jeune homme ?

- Oh ! On parlait de ce sujet à l'instant. L'escouade de Livaï, Moblit et le Major Erwin ont fouillé toute la zone de la plage. ils ont également cherché partout dans le Discrict de Shiganshina. Résultats des recherches : pas de jeune homme en vue.

- Quoi ? S'exclama la jeune princesse. C'est impossible ! Comment ça se fait qu'ils n'ont trouvé aucune trace de lui ! Je ne comprends rien.

- Mikasa, ma chérie. Intervint sa mère. Tu as sans doute rêvé, c'est tout.

- Moi rêvé ?! S'énerva sa fille. Ne me fait pas rire maman ! Je n'ai pas rêvé du tout ! Je me souviens très bien qu'un jeune homme m'a sauvé la vie ce soir-là !

- Ah bon ? Et dis nous, qu'est-il arrivée à la robe que nous t'avions offerte avant ton départ ? Lança Clara.

- Je l'ai utilisée pour sauver Belle ! Maintenant, veuillez m'excuser papa et maman. Mais, je dois partir.

- Hep ! Hep ! Hep ! Où comptes-tu aller comme ça ?! Empêcha Livaï.

- Je vais prendre un navire et partir à la recherche de ce garçon !

- Mikasa ! T'es pas sérieuse ! Tu viens à peine d'être guérie de tes blessures ! Reste ici, s'il te plaît ! Implora Hansi agrippant le bras de la princesse.

- Je vais parfaitement bien ! Cracha la brune dégageant son bras. Laisse moi tranquille Hansi ! Je dois y aller !

- Avec le ventre vide en plus ! Se fâcha la brune à lunettes. Rassis toi à table, je t'en prie ! Tu dois manger pour reprendre des forces !

- Je n'ai pas faim ! Je me sens très bien au contraire !

- Mikasa, écoute ce qu'on te dit. Vint son père se levant de table. Hansi a raison, tu dois prendre des forces ainsi que rester ici en sécurité.

- Mais papa ! Comment veux-tu que je reste au palais sans retrouver celui que j'aime !? Il est hors de question que je reste ici les bras croisés pendant que le temps presse !

- MIKASA ! Gronda sa mère.

Elle se leva de table à son tour et s'avança vers sa fille.

- Tu n'imagines pas les conséquences du risque que tu prends. Rappelle toi de ce qui s'est passé il y a longtemps. Livaï a perdu ses parents à cause du naufrage similaire au tien. Tout ça parce que la Reine de la mer déverse sa colère contre nous. Et cela depuis très longtemps. Les créatures de la mer pillent nos navires, envahissent nos terres, peut-être qu'ils finiront pas détruire notre île adorée. De plus, c'est un miracle que tu as survécu à cette catastrophe et que tu sois revenue saine et sauve au palais.

- Ah oui ? Dans ce cas, expliquez moi tous sur le comment j'ai pu revenir sur l'île ? Hein ?

- Ma puce, s'il te plaît.

- Il n'y a pas de "ma puce" qui tienne papa ! Puisque personne ne veut m'aider, je retrouverai ce jeune homme toute seule !

- Hé Mikasa ! Cria Livaï attrapant le coude de sa cousine. N'oublies pas que ce soir, nous accueillons un nouveau prétendant pour toi ! Tâche d'être présente à cet événement important !

- Je n'en ai strictement rien à faire ! Mon coeur est déjà pris par celui qui m'a sauvé la vie ! Je le retrouverai et l'épouserai point barre ! Que ça te plaise ou non ! Finit la jeune princesse réussissant à se libérer de la prise de son cousin.

Puis, elle quitta la salle laissant toute sa famille derrière elle. Elle ne leur adressa aucun regard. Déboussolée par l'attitude de sa fille, Clara se rassit sur sa chaise avant de couvrir son visage entre ses mains.

- Ce n'est pas possible. Ilhian, que devons-nous faire pour notre fille selon toi ?

- Je l'ignore pour l'instant. Surtout, ne t'en fais pas pour elle. Je suis sûr que tôt ou tard, elle reviendra à la raison.

- Tu en es sûr ?

- Oui, ma chérie. Finissons d'abord de manger puis nous irons parler avec elle. D'accord ?

- D'accord. J'espère au moins qu'elle arrêtera de se faire un sang d'encre pour un jeune homme imaginaire.

- Vous n'avez pas à vous en faire, ma tante. Je la convaincrai par tous les moyens de cesser ses rêveries. Confia Livaï.

- Merci infiniment, Livaï. Remercia la Reine.

Après cette discussion, chacun reprit place à table puis finirent de dévorer leur petit déjeuner dans le calme absolu.

Sorti dehors, Mikasa couru en direction de la plage, l'endroit où elle avait été récupérée la semaine dernière. Quand elle fut arrivée là-bas, elle admira d'un air mélancolique les vagues aqueuses déferler le rivage. De ce temps nuageux, le vent frais accompagna les vagues. La jeune princesse défit son ruban rose pâle laissant ses longs cheveux de jais virevolter par le souffle venteux. Ensuite, elle ferma doucement ses paupières puis respira l'air frais que procurait la mer. Elle s'avança doucement jusqu'à sentir l'eau salée envelopper l'entièreté de ses pieds. Par la fraicheur de cette eau, Mikasa ouvrit lentement ses yeux cette fois couverts de larmes. Une d'entre elle coula sur le long de sa joue blanche. Tandis que d'autres commencèrent à se verser à leur tour.

- Où es-tu ? Qui es-tu ? Et où tu es en ce moment ? Murmura t-elle seule. Grâce à toi, je suis encore en vie. Je te fais la promesse que je te retrouverai. Peu importe le temps que cela me prendra que se soit plusieurs jours, plusieurs mois, ou même plusieurs années. Tôt ou tard, je finirai bien par te retrouver et devenir ton épouse. Car, je t'aime du plus profond de mon coeur, mon prince charmant.

Suite à ses paroles adressées à son sauveur, la jeune princesse passa le reste de sa matinée au bord de la mer espérant retrouver un jour celui faisant battre son coeur. Elle fut prête à tout pour le revoir encore une fois. Rien ne pouvait empêcher d'accomplir son désir.