Salut ! On arrive à l'intronisation de Seijuro et le mariage avec Satsuki. C'est un chapitre assez particulier. Surtout la seconde partie, je ne voudrais pas avoir fait d'erreur dans le ton du chapitre et ne pas vous choquer.

Shadow : Les mariages homosexuels ne sont pas autorisés et ne l'ont jamais été dans l'histoire au Japon. Cependant, à une époque où la sexualité n'était pas encore influencée par le mode de vie occidental (qui a aussi influencé le rapport à la nudité), les relations homosexuelles étaient bien plus courantes et souvent, pas cachée. On en retrouvait chez les samouraï et les moines bonze mais aussi parmi les acteurs de théâtre de nô. Les acteurs les plus prisés se prostituaient pour des hommes ou des femmes (on les appelait Kagema). Ainsi, la relation entre Akashi et Nijimura aurait pu être tolérée par l'empereur. Cela aurait été vu comme une initiation d'Akashi au sexe et il aurait renoncé à cette relation lors de son mariage avec l'impératrice. Mais pour les besoins de mon histoire, j'ai choisi une vision plus occidentale des choses, afin que la relation d'Akashi et Nijimura reste secrète et soit un enjeu de l'histoire. Pour en revenir au mariage, à l'heure actuelle, certaines préfectures autorisent ce qui s'approche de notre PACS. Bon, voilà pour la partie historique ^^ Je confirme que la fuite de Midorima est bizarre ;) Je sais que tu n'exigeais pas d'autres histoires, mais c'était pour tenir au courant de la suite. Bye !

4meChan : Merci ^^ J'espère que les histoires à venir te plairont. Pour info, ce chapitre comprend l'intronisation de Seijuro et sa première nuit avec Satsuki. Je ne rentre pas autant dans le détail que lors de sa première nuit avec Shûzo (pour des questions de pudeur envers Satsuki et de volonté de ne pas érotiser cette scène), mais comme je sais que tu n'aime pas trop ça, je préfère te prévenir.

Bonne lecture !


Le nouvel empereur

« Tu m'as déjà fait mal ! »

Les seigneurs des différentes provinces voisines, ainsi que le daimyo d'Hokkaido, firent le déplacement pour assister à la cérémonie. Celle-ci se déroula devant le grand temple, de l'autre côté du pont rouge. Seijuro quitta le palais en tant que prince et revint en tant qu'empereur.

On lui remit le sabre de son père. Il régnerait sous le nom de Seijuro Akashi. C'était étrange pour lui d'entendre le nom de son père après son prénom, lui qui n'avait jamais été que Seijuro, sa mère n'ayant aucun nom à lui transmettre. Les moines le sacrèrent chef de la religion et de l'empire. Son mariage avec la princesse Satsuki fut célébré le même jour.

Seijuro vécu cette journée comme s'il était hors de lui. Il entendait ce qu'on lui disait, répétait s'il fallait répéter, mais n'enregistrait aucune information.

Le trône de chrysanthème était à lui. Il avait surmonté tous les obstacles sur son chemin. Il avait accompli ce pour quoi il était né. Pourtant il ne parvenait pas à savourer sa victoire. Il restait un goût amer dans sa bouche.

Ce sentiment s'amplifia quand il fut marié à Satsuki. La jeune fille avait accepté son devoir malgré sa haine envers Seijuro.

À la suite de la cérémonie se tint un grand banquet qui dura jusqu'à tard dans la nuit. Seijuro tentât de retarder le plus possible le moment fatidique où il devra monter dans la chambre impériale avec Satsuki. Il ne savait pas comment cela allait se passer. Il avait imaginé qu'elle allait le repousser. Lui-même n'avait pas envie de consommer ce mariage.

Mais c'était leur devoir.

Quand ils se retrouvèrent seuls dans la chambre, dans l'obscurité, il se dévisagèrent. Satsuki lui accordait un regard sévère. Mais elle était tout autant consciente de son devoir.

Seijuro retira sa coiffe et commença, tout doucement, à se déshabiller. Satsuki resta immobile.

-Je ne te demanderai pas de partager ma couche tous les soirs. Je ne souhaite, pour l'instant, pas avoir d'enfant. Avec toi ou avec personne.

-Tu n'as rien à me dire. Je me fiche de tes états d'âmes. Faisons ce pour quoi nous avons été mariés. Je te donnerai un héritier. Un seul. Et ensuite n'espère plus me voir.

Seijuro acquiesça.

Il garda l'un des rubans de sa tenue et le tendit à Satsuki tandis que celle-ci retirait son long kimono rouge, ornés de chrysanthèmes, l'emblème impérial.

-Je ne te forcerai pas à me regarder.

A vrai dire, il ne voulait surtout pas que Satsuki le regarde. Sinon, il n'allait jamais y arriver. Il comprenait un peu ce que son père avait pu vivre avec l'impératrice.

Ils s'allongèrent sur le grand futon. Satsuki écarta ses cuisses, puis resta immobile, frigide comme un cadavre tandis que Seijuro s'agenouilla entre ses jambes. Il ne voulait pas lui faire mal et prit soin de la préparer. Il était incapable de ressentir la moindre excitation alors qu'il tentait désespérément de stimuler son corps. Il devait consommer ce mariage.

-Tu en mets du temps. Rencontrerais-tu des difficultés ? demandât Satsuki.

Cela faisait déjà plusieurs minutes que le prince la touchait, tout en se caressant lui-même dans l'espoir d'avoir une érection. L'impératrice était paisible. Quoi qu'il se passe ce soir, elle n'avait pas peur. Sa virginité, elle l'avait offerte à celui qu'elle aimait. Tout le reste n'avait plus d'importance.

Ce n'était pas le fait que Satsuki soit une femme qui bloquait Seijuro. C'était cette insupportable pression qu'il sentait sur ses épaules. Il chercha dans sa mémoire, dans son corps, la sensation des mains de Shûzo. Il finit par sentir le sang affluer lentement vers son membre.

Seijuro se retira après quelques va et viens et ne vit pas de sang sur les draps. Il avait supposé que Satsuki s'était offerte à Tetsuya avant sa mort. En voilà la confirmation. En un sens, cela rassura Seijuro. Il préférait cela plutôt que d'avoir pris sa virginité dans ces circonstances.

-As-tu eu mal ?

-Cela ne te regarde pas.

L'empereur la détaillé pendant qu'elle enfilait son yukata de nuit. Elle avait des seins plus gros que dans ses souvenirs. De même, elle arborait des marques sur le ventre. Le jeune homme se pinça les lèvres.

-Au contraire, ça me regarde. Je n'aimerai pas que…

-Tu m'as déjà fait mal ! Tu as tué Tetsuya ! s'emporta Satsuki. Ne prétends plus jamais te préoccuper de mon sort !

Elle reprit son calme.

-Je vais demander à dormir dans la chambre de l'impératrice à partir de demain. Tu ne pourras me rejoindre que si je t'y autorise.

Il vit Satsuki prendre un petit poignard qu'elle cachait dans son obi et s'entailla le doigt. De petites gouttes de sang tombèrent sur les draps blancs.