Chapitre 72 : Aider ou être aidé
Presque plus aucun son n'arrivait à être dissocié d'un autre tant le vacarme avait pris le dessus en un temps record. La fumée, les cris, les sorts jetés de partout. Cela rendait difficile de savoir face à qui on se trouvait. Malheureusement, seuls ceux qu'Henry auraient qualifiés de "héros" selon les livres qu'il lisait, s'inquiétait réellement de toucher ou non un allié dans le tas.
Regina n'en était pas à son premier combat, après tout, il n'était pas si lointain le temps où elle devait se battre face à Snow et David ou même face à Emma. Pourtant, ce n'était pas du tout comparable, même les entraînements avec Rumple quand elle était plus jeune semblaient totalement dépassés. L'ancienne Méchante Reine se retrouva en duel avec Bellatrix. Cette dernière gardait son éternel sourire dérangeant.
- Oh, mais je te reconnais toi ! La moman du p'tit moldu !
- Quel déplaisir profond de revoir ta sale tête ! Siffla la sorcière.
- J'ai croisé ton fiston il y a peu … Ses cris résonnent encore à mes oreilles. C'était si doux, j'en fais encore de beaux rêves.
La mère d'Henry se mit à bouillir sur place. Celle qui se trouvait devant elle venait admettre ouvertement qu'elle avait fait du mal à Henry, pire encore, qu'elle y avait pris du plaisir. Cela lui fit perdre un court instant sa concentration et elle ne fut sauvée que par le bouclier de Ginny qui dévia le sort lancé par Bellatrix.
Se reprenant en main, Regina créa une boule feu qu'elle lança de toute sa puissance sur son adversaire, brûlant une grosse partie de son torse. Cette dernière fut achevée par Molly qui n'avait pas quitté Ginny des yeux une seule minute et avait assisté à l'échange.
- Elle ne manquera à personne, ne vous en faites pas.
- Merci Molly, j'admets qu'elle savait où faire mal en me parlant de mon fils.
- Gardez cette rage, Regina, elle vous sera utile contre tous les Mangemorts que vous croisez, mais battez vous surtout avec l'envie de sauver ceux que vous aimez.
La brunette accorda un sourire à la Weasley, on ne pouvait qu'apprécier cette femme qui se battait avec tout l'amour qu'elle possédait et c'était peu dire la concernant. Elle chercha du regard Emma qui semblait mener les combats dans la cour du château. Cette dernière était en plein combat avec une Acromentule, aidée de Ruby. La louve ne put que regretter de ne pas avoir le soutien de Snow et David qui auraient parfaitement su gérer des créatures comme des Géants, des loups garous et des araignées géantes.
Tout se stoppa très soudainement, les Mangemorts venaient d'être rappelés à leur Maître. Une voix se fit entendre dans les esprits de tous les combattants. Il expliquait, répétait inlassablement que livrer Harry mettrait fin à tous les combats. Seuls quelques élèves semblaient vouloir suivre les instructions.
Minerva les écarta des combats, tout comme les Serpentards de manière générale.
- Tous les Serpentards sont vraiment pour l'autre camp ? Questionna Emma.
- Non, souffla doucement la Directrice des Lions. Malheureusement, même pour ceux qui sont plus ouverts d'esprit, leurs parents ne le sont pas.
- Et vous ne voulez pas qu'ils soient témoins de la mort de leurs parents ou des meurtres qu'ils pourraient commettre, n'est-ce pas ? Ajouta Ruby.
Minerva acquiesça, elle tenait à tous les élèves de cette école, quelle que soit leur maison. Si elle pouvait les protéger d'une manière ou d'une autre elle allait le faire.
Profitant de la pause qui leur était accordée, le quatuor suivit le pressentiment d'Harry qui pouvait sentir la présence proche de Voldemort. Approchant du lac, ils restèrent cachés quand ils remarquèrent que leur ancien professeur de potion semblait également présent. Hermione voulait intervenir, elle sentait que Rogue n'était pas aussi mauvais que tous pouvaient le sentir. Henry la retint, ne comprenant pas immédiatement pourquoi : elle lui obéit.
La jeune femme dut retenir un cri quand Nagini sauta à la gorge de Rogue. Une fois le Seigneur des Ténèbres disparu, elle fonça sur Rogue, utilisant sa magie pour tenter de le soigner.
- Pourquoi tu t'entête à le sauver, Mione. Il ne mérite pas ta pitié. Déclara Ron.
- C'est bien plus compliqué qu'il n'y paraît, Ron. J'ai eu le temps de réfléchir à tout ça. Professeur, vous avez fait tout ça pour protéger Drago et Harry du mieux que vous pouviez, je me trompe ? Demanda d'une voix très calme Henry.
- Il est rare que je le dise, mais voilà un jeune homme intelligent, toussa Severus.
Le professeur relâcha la pression beaucoup trop forte qui pesait sur ses épaules, par la faute de Dumbledore. Il demanda à Harry une fiole pour y déposer une larme, les souvenirs qu'il verra seraient plus parlant qu'un long discours. Ron et Harry regardèrent Henry, attendant un début d'explication.
- J'ai lu beaucoup de choses sur les baguettes une fois qu'on a appris pour les reliques de la mort. Elles ont leurs propres volontés, elles choisissent leurs propriétaires. Pourtant, désarmer un sorcier peut aussi jouer sur qui possède une baguette.
Le jeune homme expliqua alors qu'en désarmant Drago après qu'il ait désarmé Dumbledore, c'était lui le nouveau propriétaire légitime de la baguette de Sureau. Ce serait donc lui serait pris pour cible par Voldemort le moment venu et pas son filleul. Pour le reste de l'Histoire, il ferait mieux de mettre cette larme dans une pensine. Harry et Ron partirent alors en direction du bureau du directeur, sachant qu'ils en trouveraient une là-bas. Le jeune Potter ne put que venir à une simple conclusion : tant qu'il serait en vie, Voldemort ne pourrait être tué.
Hermione stabilisa l'état du professeur et les téléportèrent avec Henry dans la Grande Salle. Ce fut à l'étonnement de tous qu'ils virent apparaître la lionne avec l'ancien professeur.
- Hermione ? Demandèrent Sirius et Rémus en chœur.
- Je vais le sauver, il le faut, il ne mérite pas de mourir après tout ce qu'il a fait pour nous.
Henry posa ses mains sur les épaules de celle qu'il aime. Il ne put qu'ajouter une phrase avant de laisser Hermione finir ses soins : cet homme est un héros, plus que beaucoup d'entre nous.
