Chapitre 34 : Percés à jour
Merlin traversa la cour du château à toute vitesse, serrant contre lui le bracelet de Morgane pour qu'il ne tombe pas de sa poche. Il était midi passé, il n'y avait aucune chance qu'Arthur n'ait pas remarqué son absence avec un retard pareil ! Pour la millième fois il se posa la question : comment avait-il pu être assez maladroit pour s'endormir chez Morgane ? Il passa devant les gardes qui l'observèrent d'un air amusé, avant de se diriger vers les appartements de Gaius : avant toute chose, il devait y déposer le bracelet.
En entrant dans le laboratoire du médecin, il fut accueilli par un visage familier qui ôta momentanément toute autre pensée de son esprit.
-Gilli !
Le jeune sorcier était assis sur une chaise, seul, presque affalé sur la table de la pièce. La joie et la surprise de le revoir s'évaporèrent à leur tour lorsque Merlin vit l'état dans lequel il se trouvait. Il se précipita pour soutenir son ami et l'aider à se déplacer vers sa chambre.
-Que t'est-il arrivé ? s'inquiéta-t-il.
-Tout va bien, le rassura Gilli en s'asseyant péniblement sur le lit de Merlin. Le village où je me trouvais a été attaqué par les hommes de Mordred et j'ai été blessé. Je suis guéri à présent, mais le trajet jusqu'à Camelot m'a fatigué : le seigneur Gauvain m'a déposé ici pour que j'attende le retour de Gaius.
-Le seigneur Gauvain ?
Gilli lui narra ce qu'il avait vécu à Willowdale, ce village dans lequel le seigneur Gauvain s'était rendu en mission. Alors que la taverne était pleine à craquer, trois sorciers l'avaient attaquée, et tout le monde avait failli y passer. De ce que Merlin comprit, Gilli avait utilisé le pendentif de l'un de leurs attaquants pour amplifier ses pouvoirs et sauver ces gens. Inconscient durant plus d'une journée, il ne s'était réveillé que grâce à l'intervention de deux jeunes sorcières en herbe qui avaient pris de gros risques pour lui venir en aide. Il avait ensuite appris avec émotion que personne ne l'avait dénoncé au chevalier Perceval, pas même le seigneur Gauvain.
Merlin avait toujours su que son ami chevalier était un homme lucide, mais il ne put s'empêcher de se réjouir en apprenant la façon dont il avait réagi en découvrant les pouvoirs de Gilli.
-Gauvain a beau faire partie des chevaliers, dit-il en souriant, il n'a rien du soldat obéissant. Il fera toujours ce qui lui semble juste… Je pense que c'est cela le véritable sens de la chevalerie.
-Vous vous connaissez bien tous les deux ?
-C'est un excellent ami qui s'est lancé dans plusieurs quêtes à mes côtés, que ce soit avant ou après son adoubement…
Merlin pouvait voir dans les yeux de son ami sa véritable interrogation.
-Mais je crois que ce que tu me demandes vraiment c'est s'il connaît mon secret, n'est-ce pas ? Malheureusement la réponse est non : il ne sait rien parce que je n'ai jamais eu le courage ni même l'idée de le lui dire. Je pense que tu vois ce que je veux dire étant donné que tu as vécu la même chose toute ta vie : personne ne comprend à quel point il est difficile de confier à quelqu'un un secret que l'on a toujours eu à protéger… même lorsqu'on sait que celui à qui l'on souhaite l'avouer est digne de confiance.
-Quoiqu'il arrive, personne ne doit jamais découvrir ce que tu peux faire, récita Gilli les yeux dans le vague, c'est une question de vie ou de mort.
Ils reconnaissaient tous deux dans cette phrase le principe vital avec lequel ils avaient grandi.
-Tu as pris un énorme risque en utilisant la magie devant toutes ces personnes, d'autant que tu avais face à toi un puissant sorcier… Ce que tu as fait est tout simplement héroïque.
-Merci, sourit Gilli. Mais je sais très bien que tu aurais fait exactement la même chose.
-Aujourd'hui c'est vrai, admit Merlin sans fausse modestie. Mais la première fois que j'ai eu à faire ce choix je n'ai choisi d'intervenir que trop tard : j'ai longtemps hésité parce que je voulais protéger mon secret, et cela a coûté la vie à mon plus vieil ami.
Il leva ensuite son regard vers Gilli.
-Toi par contre, tu n'as pas hésité une seule seconde en voyant que quelqu'un risquait d'être tué.
Merlin ne laisserait pas le jeune sorcier refuser son compliment.
-En plus de cela, ajouta-t-il, tu as montré aux habitants de Willowdale que les sorciers ne sont pas tous comme Mordred et son armée.
-C'est exactement ce que demandait le Dragon Blanc, fit remarquer Gilli avec un petit rire. Peut-être que le grand Emrys viendra me féliciter en personne !
Merlin fut pris de court par la réflexion de son ami. La situation était si ridicule qu'il en eut le souffle coupé, se contentant d'observer son interlocuteur en écarquillant les yeux et en retenant son hilarité.
-Je crois que c'est déjà fait, souligna-t-il en croisant les bras.
De son côté, Gilli sembla confus un instant, se demandant probablement pourquoi Merlin le dévisageait ainsi, le regard pétillant.
-Emrys est le nom que me donnent les druides, clarifia ce dernier.
Il resta immobile pour jauger la réaction de son ami et admirer son expression ébahie. Face à lui, Gilli avait l'air de quelqu'un qui a pris un violent coup sur la tête. Il ne dit rien durant quelques instants, trop occupé à assimiler l'information. Lorsqu'enfin il réagit oralement, ce ne fut que pour dire une chose :
-… Je dois avouer que celle-là je ne l'avais pas vue venir.
Elyan n'était ni dans ses appartements, ni dans la salle du trône, ni à la Table Ronde, ni sur le terrain d'entraînement. Après l'avoir cherché un long moment, Gwen décida donc d'aller voir Arthur en premier pour confirmer ce qu'elle venait de découvrir au sujet de Tina et Fina.
Elle trouva le roi au détour d'un couloir, et il semblait plutôt pressé. De toute évidence, elle n'aurait pas pu choisir de pire moment pour lui parler. Malgré cela, il s'arrêta lorsqu'il la vit :
-Je vais voir Merlin, lui dit-il. Enfin… à supposer que j'arrive à mettre la main sur lui ! Depuis ce matin il est introuvable, je ne comprends pas pourquoi il a tant de retard aujourd'hui… Il a vraiment trouvé le bon jour pour être absent, moi qui voulais enfin avoir une discussion avec lui !
Gwen voyait bien sûr de quelle discussion il parlait : il allait enfin révéler à son serviteur qu'il comptait supprimer la loi contre la magie. Cette conversation serait le moment où les cachotteries prendraient fin. Mais elle devait tout de même lui poser une question avant de le laisser partir :
-Arthur, demanda-t-elle sans détours, sur quels problèmes les deux amies d'Uther ont-elles déjà travaillé par le passé ? As-tu un exemple de ce qu'elles ont fait pour aider le royaume ?
Elle observa les réactions du roi avec beaucoup d'attention, prenant note de l'expression absente qu'il arborait alors qu'il répondait :
-Je ne me souviens plus des détails… Elles ont souvent aidé mon père.
Elles ont souvent aidé mon père. C'était mot pour mot la phrase qu'il avait prononcée la première fois qu'il avait évoqué les deux femmes. Arthur pouvait très bien se trouver sous l'emprise d'un sort lui faisant croire que les deux femmes avaient travaillé aux côtés d'Uther, et lui faisant spontanément répondre cette même phrase dès que quelqu'un émettait un doute à leur sujet. A en juger par l'effet qu'elles avaient eu sur Perceval, elles étaient parfaitement capables d'implanter cette pensée dans l'esprit du roi. Si c'était bien le cas, son comportement se trouvait modifié de manière si discrète qu'Emrys lui-même ne l'avait probablement pas remarqué. C'était vraisemblablement pour cette raison qu'elles n'avaient causé qu'un changement infime chez Arthur, car si le sorcier venait à s'en apercevoir il ferait tout pour y mettre fin et trouver les responsables.
D'ailleurs, qui étaient les responsables ? Tina et Fina œuvraient-elles pour elles-mêmes ou suivaient-elles les ordres d'une autre personne ? Gwen n'avait aucune certitude là-dessus mais elle était plutôt d'avis que les deux créatures étaient envoyées par Mordred pour espionner les habitants du château, ce qui expliquerait toutes les questions qu'elles posaient aux chevaliers en prétextant la recherche du meurtrier de Gaël.
De plus, un nouveau soupçon prenait forme dans l'esprit de la reine, la possibilité que ces femmes aient elles-mêmes tué l'apprenti chevalier pour justifier leur besoin de poser des questions à tout le monde…
Constatant que Gwen n'avait rien de plus à lui demander, Arthur s'excusa et reprit sa route, toujours à la recherche de son valet. La reine, quant à elle, n'était pas certaine de la marche à suivre : devait-elle informer son époux ? S'il était sous l'influence des deux femmes, il refuserait d'accepter la vérité. Pouvait-elle en parler à Gaius pour que celui-ci relaie l'information à Emrys ? Cette dernière option paraissait plus appropriée.
Elle prit donc le chemin des appartements du médecin, apercevant de loin Merlin mais sans pouvoir l'interpeller : le jeune valet courait presque dans le château, visiblement pressé mais arborant un petit sourire en coin qui laissait penser qu'il venait de passer un moment plutôt amusant. Il ne vit pas Gwen, alors même qu'il passait à quelques mètres d'elle, et poursuivit sa route lorsque Tina et Fina surgirent presque face à lui au détour d'un couloir. En revanche, la réaction des deux femmes fut instantanée : elles bondirent sur le côté pour ne pas le toucher, s'écartant de son chemin pour se rapprocher du mur. Merlin, lui, n'avait pas remarqué ce qu'il s'était passé : plongé dans ses pensées, il passa à côté d'elles d'un pas vif sans même se rendre compte de leur présence.
Gwen, elle, se glissa discrètement derrière une colonne pour laisser passer les deux femmes sans être vue. Contrairement au valet d'Arthur, la reine n'avait rien manqué de la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux. C'était une scène familière puisque la réaction de Tina et Fina en présence de Merlin était identique à celle qu'avait eue Lamia dans la même situation, confirmant une nouvelle fois le soupçon selon lequel les deux femmes étaient des créatures magiques. Gwen n'en comprenait pas plus pourquoi ce type de créatures réagissait ainsi face au serviteur d'Arthur, mais elle savait au moins que ces femmes n'étaient pas ce qu'elles prétendaient être.
Gauvain trouva Gilli assis sur les marches de l'entrée du château, occupé à cogiter tout en observant les quelques personnes qui passaient par là. Il s'installa à ses côtés et lui demanda ce qui le préoccupait tant.
-Je viens d'apprendre d'un ami une chose à laquelle je ne m'attendais vraiment pas, répondit le jeune sorcier d'un air lointain.
-Tu as des amis à Camelot ?
N'avait-il pas dit qu'il n'était passé que très brièvement dans la cité l'année passée ? Et plus important encore, l'ami de Gilli était-il quelqu'un que Gauvain connaissait ?
-Un seul, murmura le jeune sorcier. Merlin… Il m'a dit que vous étiez plutôt proches tous les deux.
Le chevalier ne put retenir un immense éclat de rire, attirant l'attention du garde qui se tenait immobile à quelques mètres de là.
-Merlin bien sûr, j'aurais dû m'en douter ! Un jeune garçon discret qui semble frêle et sans défenses mais s'avère capable d'accomplir plus que n'importe lequel d'entre nous : vous correspondez tous les deux parfaitement à cette description, vous étiez faits pour vous entendre !
Gauvain marqua une pause avant d'être frappé par une pensée et d'écarquiller les yeux : Merlin connaissait-il le secret de Gilli ? Non, c'était impossible, sinon il n'aurait pas réagi aussi violemment quand il s'était lui-même trouvé accusé de sorcellerie. Mais découvrir les pouvoirs de son ami pourrait peut-être le faire changer d'avis… Quoiqu'il en soit, le chevalier laissait à Gilli le choix du moment où il révèlerait la vérité au jeune valet.
-Quelle est cette chose si surprenante que Merlin t'a apprise ? demanda-t-il pour changer de sujet.
-Je me suis rendu compte que je l'avais largement sous-estimé, répondit mystérieusement Gilli. C'est une erreur que je ne ferai plus… En tout cas il a pris un plaisir certain à voir la stupéfaction se dessiner sur mon visage !
Il n'était pas nécessaire d'être très malin pour lire entre les lignes et voir que le jeune sorcier ne souhaitait pas dévoiler ce que Merlin lui avait confié. Était-ce le valet lui-même qui le lui avait demandé ? Gauvain savait qu'il ne devrait pas se sentir vexé mais il ne pouvait pas s'en empêcher. De toute évidence, Merlin et lui n'étaient pas aussi proches qu'il l'avait cru. Il s'était bien rendu compte que son ami ne lui disait pas tout lorsqu'il l'avait interrogé sur les étranges sorties nocturnes qu'il faisait mais, comme Arthur et Gwen ne savaient pas non plus où allait Merlin tous les soirs, cela avait quelque peu rassuré le chevalier : après tout, chacun avait droit à son jardin secret. En revanche, cela lui faisait de la peine de voir que Merlin s'était tout de même confié, mais à une autre personne. Qu'est-ce qui, aux yeux du jeune valet, rendait Gilli plus digne que ses autres amis de connaître la vérité ?
Un court silence suivit la déclaration du sorcier, mais Gauvain décida qu'il aurait le temps de se préoccuper du secret du serviteur plus tard. A nouveau il changea le sujet de la conversation, passant de Merlin à Emrys :
-Que prévois-tu de faire, maintenant ? interrogea-t-il. Est-ce que tu vas répondre à l'appel d'Emrys et du dragon blanc ? Utiliser la magie contre les hommes de Mordred ?
-C'est ce que quelqu'un de brave ferait, n'est-ce pas ? sourit Gilli avec amertume. La vérité c'est que je suis terrifié : je ne sais pas si je suis prêt à risquer ma vie dans cette lutte.
L'honnêteté de ce jeune homme effrayé touchait beaucoup Gauvain.
-Rien ne t'y oblige, le rassura-t-il. D'autant que je trouve indécent de la part de cet Emrys de demander à d'autres de se mettre en danger ainsi alors que lui reste bien à l'écart des combats. Cet appel est effectivement un message d'espoir, mais il pourrait au moins pu donner l'exemple s'il est aussi puissant qu'il le dit.
Gilli n'était en aucun cas quelqu'un de lâche, et Gauvain se fit la réflexion qu'il aurait fait un très bon chevalier avec un peu d'entraînement et l'autorisation de se battre à l'aide de ses pouvoirs.
-C'est vraiment comme cela que tu vois les choses ? demanda le jeune sorcier.
Il avait l'air surpris, mais aussi déçu :
-Ce n'est pas parce qu'Emrys agit dans l'ombre qu'il ne fait rien, renchérit-il, je ne peux pas te laisser croire cela.
Le jeune homme avait l'air d'en savoir long au sujet de ce mystérieux personnage.
-Depuis des années, il utilise ses pouvoirs pour veiller sur Arthur, expliqua Gilli, et ce n'est pas une mince affaire étant donné le nombre d'ennemis qu'a le roi. En plus de cela il doit agir discrètement car Uther l'aurait remercié en lui dressant un bûcher s'il avait appris la vérité. C'est pour cette raison que peu de gens savent tout ce qu'il a accompli. Emrys est un grand sorcier dans tous les sens du terme : il a de grands pouvoirs et il les met au service de la plus noble des causes. Être sorcier n'était pas un choix : la magie s'est imposée à lui dès la naissance. En revanche, l'utilisation qu'il en a faite était un choix : il n'en a pas abusé et il a sauvé des vies, notamment celle d'Uther lui-même. Tu ne sais rien de tout ce que ce sorcier a fait de l'intérieur depuis des années, et –
-Emrys veille sur Arthur ? coupa Gauvain, confus. De l'intérieur ?
Il plissa les yeux avant de renchérir :
-Comment sais-tu toutes ces choses ?
Gilli ferma brusquement la bouche, se rendant compte qu'il avait parlé plus qu'il n'aurait dû.
Mais Gauvain en avait assez entendu. Emrys était ici ? A Camelot ? Personne ne s'en était jamais rendu compte ? Qu'avait-il bien pu faire pour que son action passe à ce point inaperçue ? Le chevalier en vint à se demander si le sorcier ne circulait pas librement dans la cité, gardant sa véritable identité secrète et passant pour un citoyen comme les autres. Se pouvait-il que Gauvain l'ait déjà croisé sans remarquer quoi que ce soit de différent chez lui ? Se pouvait-il que…
-Gilli…
Formulant lentement sa phrase, Gauvain poussait sa réflexion toujours plus loin, pris d'un doute saisissant. Et si Emrys était quelqu'un qu'il connaissait ?
-Ce sorcier Emrys…
Et si c'était quelqu'un qu'il connaissait bien ? Sachant qu'il n'était pas sorcier volontairement…
-Est-ce que…
Est-ce que vous pensez réellement que je pourrais choisir de pratiquer la magie ? Alors que ceux qui l'utilisent sont brûlés sur la place publique ? Tels avaient été les mots de Merlin. Ce qui l'avait offensé n'était pas qu'on croie qu'il était sorcier mais qu'on croie qu'il l'était par choix.
Le chevalier était arrivé au bout de sa réflexion et n'avait plus qu'à poser sa question :
-Ce sorcier…
Il termina dans un souffle :
-C'est Merlin, n'est-ce pas ?
Merlin qui était l'ami d'un jeune homme aux yeux verts doté de capacités très particulières. Merlin qui s'absentait tous les soirs pour de mystérieuses missions. Gauvain connaissait déjà la réponse.
Mentir n'était plus une option pour Gilli : sans produire le moindre son, il hocha doucement la tête.
Note : Voilà, Gauvain connaît maintenant la vérité ! C'est le résultat de la demande de Gwenetsi à qui j'ai proposé de faire un cadeau pour avoir posté la 100e review et qui m'a demandé si je pouvais faire en sorte que Gauvain soit le premier à découvrir que Merlin est Emrys (c'est vrai que Gilli l'a découvert juste avant mais il savait déjà que Merlin était sorcier et en plus il n'est pas un personnage récurrent dans la série, donc je considère que ce cadeau est dans les règles^^). Merci à ouistiti bouddha, qui a ajouté cette fic à ses favoris et à ses 'follows', et gros bisous (oui je me sens d'humeur câline aujourd'hui) à fandemerlin, Abeille et dobbymcl pour leurs reviews. :)
