Coucou, tout le monde !
J'espère que là où vous êtes, il ne fait pas trop froid. De mon côté, il n'y a pas de neige, par contre, l'eau gèle rapidement et la nuit, tout est recouvert de givre. C'est magnifique, on dirait que le monde est saupoudré de diamants.
Merci à actina13 pour sa review.
Bonne lecture !
Disclaimer: Le Seigneur des Anneaux appartient à J.R.R. Tolkien. Et Final Fantasy 7 à Square Enix.
Chapitre 5 :
Entraînement et mauvais traitements
Gaïa, Midgar, building Shinra
Assis face à un bureau, dans la salle des archives du maire, Sephiroth réfléchissait.
Cela faisait quelques mois qu'un mystérieux meurtrier sévissait dans les différentes villes de la planète.
Les meurtres avaient tant accaparé les médias que la Shinra n'avait eu d'autre choix que de dépêcher des Turks pour enquêter.
Les rapports étaient décevants : aucune trace du meurtrier, si ce n'est un graffiti fait avec le sang de chaque victime, représentant un œil.
On avait d'abord pensé qu'il s'agissait d'Avalanche, mais les victimes n'avaient, pour la plupart, aucun lien avec la Shinra. Certains ne travaillaient pas pour la société, d'autres étaient même mécontents vis-à-vis d'elle. Et puis, Avalanche ne signait pas ses méfaits avec un motif d'œil ! Finalement, un seul et unique point commun avait été établi : la date de naissancce des personnes tuées, qui était le 29 février.
Sephiroth n'aimait pas cela. Qui pouvait s'amuser à tuer des gens juste à cause de leur date de naissance ? D'autant qu'on avait signalé un autre fait inquiétant : des portails qui apparaissaient environ deux jours avant chaque meurtre, dans la ville où avait lieu chaque crime.
Le Soldat Première Classe connaissait ces portails, il y avait déjà eu affaire dans sa jeunesse, lors de sa première mission sur l'une des îles de l'archipel Rhadore. Cela s'était produit peu après que l'île ait été « nettoyée » de ses habitants originels, pour permettre à la compagnie d'installer un réacteur mako.
Sephiroth et un autre soldat du nom de Glenn avaient été aspirés malgré eux par un de ces mystérieux portails dimensionnels, puis rejetés quelques heures après sans aucun souvenir de ce qui s'était passé pendant leur voyage. (NdA : Final Fantasy VII - Ever crisis)
Les portails étaient provoqués par une matéria artificielle d'Hojo, afin de faciliter la téléportation. Mais comme on ne pouvait jamais contrôler la destination ni se souvenir de ce qui s'était passé pendant le voyage, le projet avait vite été abandonné.
Et voilà que des années plus tard, des portails se manifestaient partout sur la planète. Le président avait convoqué Hojo, qui avait avoué avec réticence qu'il n'y était pour rien, car la matéria avait disparu de son laboratoire peu après l'épisode sur l'île de l'archipel Rhadore, des années auparavant.
Sephiroth avait beau apprécier le fait qu'Hojo soit impuissant sur ce coup-là, l'idée qu'un tueur en série use de la matéria pour tuer des gens était grave. Et pourquoi choisir des victimes nées le même jour de février ? Ce mystérieux psychopathe s'arrêterait-il un jour ? Il l'espérait.
Soudain, son téléphone sonna. Il reçut un SMS l'informant qu'un nouveau meurtre avait eu lieu, à Midgar dans le secteur 3. Le cadavre avait attiré des monstres, on avait besoin de lui pour aider à nettoyer la zone.
Avec un soupir, il repoussa les journaux posés sur la table et se leva. Pourvu qu'il trouve des indices, une fois là-bas !
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Arda, palais de Mirkwood
Morwen était nerveuse.
Ce matin, on lui avait remis une tenue différente des robes qu'elle portait habituellement.
Elle comportait des bottes pour enfant, un pantalon vert sombre et une tunique de la même couleur. Faelwen lui avait noué les cheveux avec un ruban, puis mené à la caserne du palais.
L'endroit était bien différent de celui des guérisseurs. Ici, les cavernes étaient plus vastes, avec de nombreuses plateformes où on avait aligné des mannequins en bois pour s'entraîner à l'escrime, ainsi que des cibles pour le tir à l'arc et le lancer de couteaux.
Des elfes s'exerçaient, soit individuellement soit par groupe de deux.
L'enfant était sidérée par la grâce et la maîtrise dont faisaient preuve les soldats. Cela se voyait qu'ils s'entraînaient tous depuis des siècles !
Faelwen et l'enfant s'arrêtèrent devant une zone réservée à l'escrime. Un elfe plus grand que les autres se tenait là, supervisant le duel de deux jeunes soldats. Morwen les reconnut ces derniers, il s'agissait de Nostalion et Nestarion, les fils jumeaux de Faelwen. Comme leur père, ils étaient blonds, mais ils avaient les mêmes yeux verts que leur mère. Et ils n'aimaient pas Morwen, ils le lui avaient clairement fait comprendre, les rares fois où elle les avait vus lorsqu'ils venaient se faire soigner chez les guérisseurs.
Leur superviseur portait une armure dorée et une longue cape rouge, ce qui laissait deviner un grade plus élevé que ses élèves. Sa longue chevelure blonde était retenue par deux petites tressées nouées à l'arrière de sa tête.
Lorsqu'il se tourna vers les deux visiteuses, Morwen eut un geste de recul. Les yeux bleu pâle de cet elfe dégageaient quelque chose de froid. Ajouté à l'expression froide de son visage, il lui donnait l'impression d'être dépourvu d'empathie.
« Capitaine Tangadion, je vous amène Morwen, à la demande du roi », dit la guérisseuse avec une révérence.
Trop effrayée pour l'imiter, Morwen resta de marbre. Lorsque les yeux de l'elfe se posèrent sur elle, l'enfant fut prise d'un violent frisson et voulut se cacher derrière la guérisseuse, mais celle-ci dut appréhender son geste, car elle la retint d'une main ferme.
« Merci, dit l'elfe d'une voix aussi tranchante qu'une lame. Vous pouvez disposer. »
Catastrophée, Morwen regarda sa tutrice quitter la pièce sans lui accorder un regard de plus. L'enfant aurait aimé l'appeler, lui demander de rester, mais elle était trop choquée pour articuler le moindre son.
Lorsqu'elle pivota vers les elfes, elle vit que les jumeaux avaient cessé de se battre et lui adressaient un rictus inquiétant. Ils appréciaient le fait qu'elle soit si effrayée.
Avec une grâce féline, Tangadion se mit à genoux devant elle et la jaugea. Morwen comprit vite qu'il n'aimait pas ce qu'il voyait.
« On m'avait dit que tu avais l'air d'une humaine inoffensive, mais je ne m'attendais pas à ce que tu sembles si chétive », dit-il d'une voix calme.
Blessée, Morwen en oublia brièvement sa peur. Quoi, qu'est-ce que ça pouvait faire qu'elle ait l'air d'une crevette à ses yeux ?
Il lui saisit la main et examina ses doigts, puis fit la moue.
« Tu n'as jamais manié une arme de ta vie… »
« Ben non, j'ai que sept ans », dit l'enfant, piquée au vif.
Tangadion parut surpris qu'elle réponde. Lentement, il se releva, fit mine de se retourner, quand il pivota brusquement pour lui asséner une gifle. Le coup fit tomber Morwen par terre.
« Je ne t'ai pas autorisée à parler », dit le capitaine sur un ton menaçant.
La main sur sa joue en feu, Morwen le regarda sans comprendre. Pourquoi un tel traitement ? Qu'avait-elle fait de mal ?
« Debout », lui ordonna le capitaine.
Voyant que l'enfant continuait de le fixer sans comprendre, Tangadion se tourna vers les jumeaux. L'un d'eux s'empressa de rejoindre Morwen et la tira par le bras d'un coup sec pour la remettre sur ses pieds.
« Dorénavant, tu suivras un entraînement avec mes soldats chaque après-midi, jusqu'à l'heure du dîner. »
Morwen écarquilla les yeux. S'entraîner, elle ? Mais enfin, ce n'était pas du tout ce qu'on lui avait promis ! Thranduil disait qu'il allait charger quelqu'un de lui révéler qui elle était, pas de la changer en soldat !
« Mais je… pourquoi ? » gémit l'enfant.
Tangadion serra le poing, mais se retint de la gifler une nouvelle fois.
« Ce sont les ordres du roi. »
« Mais… le roi a dit que j'allais juste découvrir qui étaient mes parents ! geignit Morwen. Et en plus, les femmes n'ont pas le droit de combattre. »
Jouer l'enfant triste et blessée ne lui plaisait pas, mais elle était trop désemparée pour s'en soucier. Qu'importe si les jumeaux se délectaient de sa souffrance, elle ne voulait pas s'embarquer dans un entraînement militaire.
« En général, non, les femmes ne se battent pas, sauf en de rares exceptions, dit Tangadion. Mais toi, tu en fais partie. Tu dois faire tes preuves pour montrer que tu es notre alliée. »
Comment ça faire « faire ses preuves » ? Ils doutaient qu'elle soit leur alliée ? Mais enfin, c'était complètement ridicule ! En quoi le faire de se glisser dans le bureau du roi pour découvrir ses origines pouvait-il être un acte de trahison ?
Elle préféra ne pas en dire plus, car elle avait peur que le capitaine la frappe une nouvelle fois.
Pendant les heures qui suivirent, il lui fit observer la lutte au corps-à-corps de plusieurs elfes, puis lui fit faire des mouvements avec un mannequin en bois.
Lorsque Morwen s'arrêta au bout de deux minutes pour reprendre son souffle, Tangadion lui asséna un coup de bâton sur l'épaule et lui dit qu'elle n'avait pas le droit de s'arrêter.
Comprenant que son entraîneur ne lui ferait pas de traitement de faveur, Morwen reprit l'entraînement.
Au bout de sept minutes, elle n'en pouvait plus et recula. Elle était en nage et ses mains douloureuses à force de frapper le bois.
Là encore, Tangadion la frappa. Morwen gémit et voulut expliquer qu'elle fatiguait. Le capitaine lui administra une nouvelle gifle qui la fit tomber à terre. Voyant qu'elle ne relevait pas, il la tira par les cheveux et la traîna jusque devant un tonneau contenant de nombreux bâtons en bois.
« Astique-les tous et cire-les. Si tu finis avant le crépuscule, je te laisserai sortir plus tôt. »
Tremblante de colère, Morwen fit « oui » de la tête, puis prit le chiffon et la bouteille de cire posés près du tonneau. Tandis qu'elle commençait l'astiquage des bâtons, elle se demanda ce qui lui arrivait. Le roi avait-il menti ? L'avait-il envoyée ici pour la punir de son intrusion dans ses appartements ?
Cela lui semblait beaucoup trop cruel comme sentence ! Elle n'était qu'une enfant de sept ans, bon sang ! Pourquoi lui infliger un entraînement si dur ?
En plus, de ce qu'elle voyait tandis qu'elle nettoyait les bâtons, Tangadion ne se montrait nullement dur avec le reste des soldats. Il leur donnait parfois des conseils ou les corrigeait sur un mouvement, mais jamais rien de comparable à ce qu'elle subissait.
« Alors, tu t'amuses ? »
Clignant des yeux, Morwen se tourna les jumeaux. Ils s'étaient approchés d'elle sans prévenir et la toisaient avec un sourire narquois.
« Tu sembles ne pas prendre ta mission de nettoyage au sérieux », dit l'un des frères.
« Mon frère dit vrai, regarde-moi ça ! »
Il lui arracha le bâton des mains et fit la moue.
« Il n'est pas bien ciré. Et en plus, tu l'as presque cassé ! »
Il le saisit à deux mains et l'appuya contre sa cuisse. Il ne se brisa pas entièrement, mais un morceau d'écorce s'en détacha, laissant apparaître la chair tendre du bois.
Catastrophée, Morwen le regarda atterrir sur ses genoux. Les jumeaux s'en furent sans rien ajouter.
L'enfant le prit et chercha autour d'elle un moyen de réparer les dégâts, quand elle vit Tangadion venir vers elle.
Avant qu'elle ait pu réagir, ses yeux se plissèrent à la vue du bâton.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? Tu oses t'en prendre au matériel ? »
Les larmes aux yeux, Morwen fit « non » de la tête, mais le capitaine lui saisit la main et l'appuya sur la zone abîmée du bois, lui plantant des échardes dans la paume.
« Le roi avait raison. Tu n'es bonne à rien, tu ne peux pas nous aider. »
La fillette ignorait le sens de ces mots et s'en moquait. Tout ce qu'elle espérait, c'était que la journée se termine rapidement.
Après cela, Tangadion la relâcha et lui ordonna de finir son travail. Morwen s'appliqua en silence, la tête baissée pour refouler ses larmes.
Lorsqu'enfin elle quitta la caserne, elle n'attendit pas que Faelwen vînt la chercher. Elle courut comme une folle à travers les couloirs, jusqu'à atteindre sa chambre.
Là, elle se jeta sur son lit et éclata en sanglots. Tandis qu'elle pleurait, sa main couverte d'échardes lui sembla devenir plus chaude.
Elle leva la tête et hoqueta de surprise en voyant que les morceaux de bois bougeaient sous sa chair ! Les veines sous sa peau prirent une couleur vert luminescente, puis la fillette sentit les petits de bois gigoter, comme des vers.
Affolée, elle écarta sa main au maximum, quand la drôle de sensation se dissipa. Lentement, elle ramena sa main devant son visage et vit que les échardes avaient disparu. La peau avait cicatrisé, comme si rien ne s'était jamais produit.
Morwen n'y comprit rien. Où étaient passées les échardes ? C'était comme si elles avaient fondu à l'intérieur de son corps ! Elle passa le doigt sur sa peau et ne sentit qu'une surface douce et lisse.
Soudain, la porte s'ouvrit. Faelwen entra. En voyant le visage humide de larmes et les yeux rouges de l'enfant, elle parut inquiète.
« Que t'arrive-t-il ? »
Morwen regarda alternativement sa main et la guérisseuse.
« Je… J'en sais rien », dit-elle d'une voix confuse.
La guérisseuse s'approcha et lui caressa les cheveux.
« Mes fils m'ont dit que l'entraînement s'est mal passé. Tu as fait une petite chute, mais j'en déduis que ça doit être plus grave que ce qu'ils pensaient pour que tu pleures. Tu es blessée ? »
Morwen sentit la colère la gagner. Les jumeaux lui avaient raconté des mensonges, elle n'était pas tombée. C'était pire, on l'avait frappée ! Ils avaient même fait en sorte que le capitaine la punisse pour une faute qu'elle n'avait pas commise.
Mais en repensant aux paroles de Tangadion, elle se dit que ça ne servirait à rien de protester. Elle doutait que le fait de les dénoncer lui soit bénéfique. Faelwen était leur mère, après tout. Et elle aimait ses fils plus qu'elle ne l'aimait elle.
« Je… C'est rien », dit-elle d'une voix fatiguée.
Elle resta de marbre lorsque la guérisseuse posa une main rassurante sur son épaule.
En cet instant, la petite se sentait plus seule que jamais.
Plus tard, tandis qu'elle se tenait assise dans son bain et que Faelwen lui nettoyait les cheveux, elle décida de lui parler.
« Pourquoi je dois apprendre à me battre ? »
« C'est un ordre du roi. Il juge que tu es en âge d'apprendre à te défendre. »
« Mais je ne veux pas apprendre à me battre ! Je ne veux pas devenir une guerrière. »
« Ah ? Eh bien, rien ne t'oblige à suivre cet entraînement sur le long terme. Mais il serait bon que tu saches quand même te défendre. »
« Mais je ne veux pas ! Je déteste la violence. »
Faelwen parut agréablement surprise d'entendre ça, ce qui rendit Morwen encore plus confuse. Quoi, la guérisseuse avait des doutes sur sa nature ? Elle pensait qu'elle cachait un tempérament violent ?
« Je veux juste dessiner et… et devenir peintre ou artiste, plus tard. »
Ce n'était peut-être pas ce qu'elle souhaitait vraiment à terme, mais son amour pour l'art était toujours là, même après sa mort sur Terre.
« Et je veux reprendre les cours avec Radagast ! C'était tellement mieux. »
« Je comprends. Écoute, je parlerai au roi et veillerai à ce que tu le revoies dès que possible. Mais nous allons devoir attendre quelques jours, voire une semaine ou deux avant de faire cette demande. »
Une semaine… ou deux ?! Morwen n'était pas sûre de tenir jusque-là.
« Pourquoi ce n'est pas Legolas qui m'apprend à me battre ? Il est gentil, lui ! »
Ces mots stoppèrent Faelwen dans ses mouvements pour masser le cuir chevelu de la petite.
« Pourquoi dis-tu que le prince est "gentil, lui" ? Quelqu'un se montre-t-il trop dur avec toi, à l'entraînement ? »
Morwen se mordit les lèvres. Elle aurait dû mieux réfléchir à ses paroles.
Nerveuse, elle se massa la main où les échardes avaient disparu.
« Je… Ce n'est pas… Ce n'est rien, j'ai juste dit ça comme ça ! »
La guérisseuse eut beau insister, Morwen refusa de lui en dire plus.
Le soir, après le dîner, elle n'eut pas le cœur à dessiner. Elle se glissa dans son lit et enfouit sa tête dans l'oreiller.
Lorsque Faelwen vint lui souhaiter bonne nuit, elle fut surprise de la trouver déjà couchée. Elle lui souhaita bonne nuit, mais la petite ne lui répondit pas.
Cela ne fit qu'augmenter l'inquiétude dans le cœur de la guérisseuse.
Pourtant, elle n'en dit rien et quitta la chambre en silence, laissant l'enfant seule, avec des pensées aussi noires que l'obscurité qui y régnait.
Cela s'annonce mal pour Morwen. Qu'en pensez-vous ? Que mijote le roi ?
Au cas où vous vous poseriez des questions, si les échardes ont disparu, c'est parce que, à la base, Morwen est à moitié plante. Et en tant que telle, si du bois s'introduit dans son organisme, ce dernier peut utiliser sa magie pour assimiler cette matière et le changer en sang, ce qui lui redonne quelques forces, même infimes.
