Chapitre 25
Cela fait quelques heures qu'Esmeraldo est entré dans la cathédrale et n'en est pas ressorti.
Esmeralda et ses parents ont confiance en leur frère et fils, mais après quatre heures Esmeralda compte bien faire sortir son frère!
Après une 'petite' difficulté avec des soldats et l'aide d'un haut gradé de ce qu'elle a compris, elle parvient à les semer et à entrer dans l'illustre bâtiment...après que le même haut gradé lui ait donné quelques pièces.
Des fourmillements à la plante du pied gauche l'informe qu'il y a quelqu'un derrière elle.
Ce « signal » s'est toujours révélé très pratique dans le passé pour informer les siens du moindre danger, bien qu'elle soit incapable d'expliquer comment il fonctionne.
Se retournant, la jeune fille attrape Phoebus par le col de sa cape d'une main tout en lui prenant son épée de l'autre, le faisant tomber à terre.
-Vous! crie la jeune fille en pointant l'épée sur lui.
-Doucement, doucement! dit Phoebus en reculant. Je me suis rasé ce matin!
-Oh, vraiment? Pas assez visiblement.
-D'accord, d'accord. Calme-toi. Donne-moi une chance de m'excuser.
-Pour quoi ?
À ce moment, Phoebus saisit l'épée par la lame et lui fait un croche-pied, faisant tomber l'adolescente au sol.
-Ça, par exemple.
-Vous! Espèce de fils de...
-Ah, ah, ah! Attention à tes paroles. Nous sommes dans une Église.
La jeune fille se relève, se saisissant d'un chandelier, l'utilisant comme arme de fortune.
-Vous êtes toujours aussi charmant, ou est-ce mon jour de chance?
Ils commencent à frapper leurs armes l'une contre l'autre, tandis que Phoebus tente de détendre l'atmosphère.
-Ah ah, chandelier! De l'intimité, musique! Je ne vois pas de meilleur endroit pour un combat au corps à corps!
Pourquoi ce soldat me fait-il penser à Abraham?s'interroge la jeune fille. Serait-il un cousin?
Ils se battent quelques minutes supplémentaires lorsque Phœbus ajoute:
-Ma parole, tu te bats presque aussi bien qu'un homme!
Pas sûr que Chris' aurait apprécié...ajoute-t-il avec un micro-sourire amusé en pensant à sa cadette.
-C'est drôle, j'allais dire la même chose...à propos de vous! réplique la jeune fille.
-Tu as tendance à viser le bas-ventre, non? demande Phoebus.
-Non. Là, oui!
La jeune fille balance le chandelier à un endroit où les hommes ne devraient PAS être frappés, mais Phoebus bloque l'attaque avec son épée.
Ayant deviné le geste défensif, la jeune fille tourne l'autre extrémité de son arme improvisée, le frappant à la tête.
-Touché! dit-il après s'être secoué de la tête avec un bruit de bouche.
La chèvre de la jeune fille en profite pour frapper Phoebus en pleine poitrine, mais cela n'avait pas l'air de lui faire trop mal, notamment grâce à son armure.
-Je ne savais pas que tu avais un enfant. gémit-il, une main à l'endroit de l'impact.
-Les militaires la font tourner chèvre. répond la jeune fille.
-Ça, j'ai vu. acquiesce l'adulte.
Phoebus range son arme et avec un sourire maladroit il reprend la parole.
-Hum, permets-moi. dit Phoebus. Je m'appelle Phoebus. Ça veut dire "Dieu soleil".
Esmeralda et sa chèvre se regardent avec un air semblant dire 'Sérieusement?'.
-Et tu es? dit-il en la désignant de la main.
-C'est un interrogatoire? demande l'adolescente sur ses gardes.
-Ça s'appelle une présentation. explique Phoebus.
-Vous ne m'arrêtez pas?
-Tant que tu restes ici, c'est la loi.
La jeune fille pose son arme improvisée, s'avançant, bras croisés.
-Vous êtes différent des autres soldats.
-Merci.
-De rien.
Un silence s'installe pendant lequel Esmeralda réfléchit à sa prochaine question alors que Phœbus est submergé par la beauté de sa jeune interlocutrice.
-Si vous ne m'arrêtez pas, que voulez-vous? reprend-elle la parole.
-Je me contenterais de ton nom.
-Esmeralda. répond la jeune fille avec un sourire.
-C'est beau. Bien plus beau que Phoebus, en tout cas.
Alerté par le bruit, Esmeraldo a assisté au "combat" entre le militaire et sa sœur.
Grâce à son agilité, le petit garçon se tient accroupi dans un parfait équilibre sur la tête d'une statue. S'il n'entend pas ce qu'ils se disent, il remarque l'alchimie qui se développe entre le militaire et sa sœur.
Beurk! grimace-t-il.
Chacun se retourne au son de la lourde porte de la cathédrale qui s'ouvre avec fracas. Des gardes se tiennent devant la porte alors qu'entre Frollo.
Crotte! Je ne l'avais pas vu venir celui-là! grimace l'enfant.
-Bon travail, Capitaine! Maintenant, arrêtez-la!
Phoebus se retourne vers Esmeralda et entre ses dents lui dit ces mots:
-Demande le droit d'asile.
Esmeralda le regarde avec colère alors qu'Esmeraldo est paralysé par la peur, regrettant de ne pas pouvoir entendre ce qu'a dit le militaire.
-Demande-le! s'emporte ce dernier toujours entre ses dents.
-Vous m'avez trompée...grogne Esmeralda.
-J'attends, Capitaine! dit Frollo.
Phoebus se tourne vers lui.
-Je suis désolé, monsieur. Elle réclame l'asile. Il n'y a rien que je puisse faire.
-Alors traînez-la dehors et...
-Frollo! l'interrompt la voix de l'Archidiacre qui résonne en écho. Vous ne la toucherez pas!
Esmeraldo soupire de soulagement en entendant ces paroles, heureux de savoir que l'homme d'Église les aidera et les protégera, sa sœur et lui-même, des griffes de Frollo.
-Ne t'inquiète pas. Le Juge Frollo a appris il y a des années à respecter le caractère sacré de l'Église.
Frollo lance un regard furieux à l'homme d'église. Les enfants de Ruben et Rubis ne peuvent s'empêcher de se demander quel événement a eu lieu pour faire plier le terrifiant Frollo.
Frollo fait signe aux gardes de partir, ce qu'ils font. Esmeraldo se détend, réalisant que ses épaules étaient crispées.
L'Archidiacre escorte Phoebus hors de l'église sous les assauts de Djali.
Commençant sa descente, Esmeraldo se fige en voyant Frollo attraper le bras de sa sœur, l'empêchant de fuir. Son immobilisme le fait glisser le long du dos de la statue, il touche le sol sans bruit, la tête tournée vers la scène de cauchemar.
-Tu crois m'avoir abusé, mais sache que je suis patient. murmure Frollo en sentant la jeune file se tendre. Des gitans jamais ne durent derrière les murs.
Esmeraldo sent son estomac se retourner sous la vision de dégoût en voyant le Juge plonger son nez crochu dans les cheveux de son aînée, humant leur parfum.
-Qu'est-ce que vous faites? demande Esmeralda sur un ton de défi.
-J'imaginais juste une corde autour de cette magnifique gorge.
-Je sais très bien ce que vous voulez! déclare Esmeralda en parvenant à se libérer tout en lui faisant face.
-Voyante et clairvoyante. sourit Frollo avec un regard qui lui donne la chair de poule. C'est typique de votre race de déformer la vérité pour troubler les consciences avec des pensées impies.
Ce n'est pas vrai! s'insurge Esmeraldo.
-Mais ça ne fait rien. reprend le Juge en se dirigeant vers la double porte. Tu t'es choisie une prison magnifique, mais cela reste une prison. Mets un pied dehors, tu seras à moi!
Sur ces mots, il referme la porte. S'y précipitant, Esmeralda l'ouvre, Esmeraldo entend une voix crier depuis l'extérieur:
-Ordre de Frollo: Mettez un garde à chaque porte!
Esmeralda referme, s'y adossant la porte. Se redressant d'un bond, Esmeraldo court vers son aînée, inquiet pour elle. Arrivé près d'elle, il pose une main tremblante sur son genou. Relevant la tête, Esmeralda voit son petit frère devant elle, le regard luisant d'inquiétude, mais en pleine forme. Lui adressant un sourire complice, le regard rassurant, elle le prend dans ses bras tout en se relevant d'un bond.
-Tu sais quoi, petit frère? Si Frollo pense qu'il peut nous garder ici, il se trompe!
Esmeraldo sourit devant la détermination de sa grande sœur.
-Oui, il va le regretter! acquiesce-t-il en lui rendant son sourire.
-N'agissez pas trop vite, mes enfants. prend la parole l'Archidiacre en allumant quelques bougies. Vous avez tous deux fait sensation au festival. Il serait imprudent d'attiser davantage la colère de Frollo
-Vous avez vu ce qu'il a fait là-bas? Laisser la foule torturer ce pauvre garçon!
-Elle a raison! acquiesce le garçonnet. Frollo se dit être son protecteur, mais il n'a rien fait!
Si Esmeralda est surprise par cette affirmation, elle ne dit rien, mais n'en pense pas moins.
-Je pensais que si une ou deux personnes pouvaient lui tenir tête, alors...
Elle soupire.
-Qu'est-ce qu'ils ont contre les gens différents de toute façon? reprend-elle.
Esmeraldo hausse des épaules, peiné.
-Ils ne comprennent pas ce qu'ils ne peuvent pas expliquer. répond l'homme d'Église en posant une main affectueuse sur la tête d'Esmeraldo. Vous ne pouvez pas réparer tous les torts de ce monde par vous-même.
-Eh bien, personne dehors ne va aider, c'est sûr. grommelle l'adolescente.
-Peut-être qu'il y a quelqu'un ici qui peut le faire. sourit l'homme d'Église en désignant d'un geste du bras la cathédrale.
C'est sur ces mots qu'il laisse le frère et la sœur seuls.
N'ayant pas compris les propos du vieil homme, Esmeraldo souhaite demander des explications à son aînée, mais aucun mot ne sort de sa bouche lorsqu'il voit sa grande sœur regarder le nombre de personnes à genoux qui prient Dieu.
Toujours silencieux, Esmeraldo se défait en douceur de l'étreinte de sa grande sœur.
Esmeralda se dirige vers une statue représentant la Sainte Vierge et l'Enfant Jésus. Après un instant d'hésitation, elle commence à chanter:
Je ne sais, Seigneur, si ces mots
Monteront jusqu'au Ciel
Si Tu entendras tout là-haut
Ce très humble appel
Avec sa belle voix, elle continue de chanter en demandant à Mère Nature (qu'elle nomme Dieu afin d'éviter de se retrouver dehors à la merci des gardes) d'aider les exclus, comme elle, Quasimodo et tant d'autres personnes.
Mère Nature, puisses-tu l'entendre. prie Esmeraldo en sortant de sa poche une petite statuette représentant un cheval.
Moi, l'exclue, l'impure, la Gitane
En Toi, j'espère toujours
Car dans le cœur de Notre-Dame
Les bannis ont droit d'amour
Ayant hésité à suivre Esmeraldo, Quasimodo est touché par le chant.
Protège, mon Dieu, les malheureux
Éclaire la misère des cœurs solitaires
L'oreille tendue, Quasimodo suit la jeune fille, ne voulant pas louper le moindre mot de son chant.
Nul âme à part moi ne les entendra
Si Tu restes sourd aux mendiants d'Amour
Esmeralda traverse la cathédrale, d'autres personnes dans l'église se joignent à son chant, demandant à Dieu de les bénir.
Je veux de l'or, je veux la gloire
Je veux qu'on honore un jour ma mémoire
Esmeraldo ne comprend pas pourquoi ces gens implorent une image, mais il ne dit rien, suivant à une distance raisonnable sa grande sœur.
Fais que l'on m'aime, Dieu Immortel
Nous implorons Ta Grâce, ô Roi Éternel
Ayant descendu les marches dans un silence digne d'un chat, Quasimodo arrive au pied de l'escalier au moment où Esmeralda reprend:
Je ne désire rien, ni gloire ni biens
Mais le gueux qui a faim doit mendier son pain
Entends pour mes frères cette humble prière
Où qu'il soit, Mère-Nature, protège Améthyste...est la prière commune du frère et de la sœur.
Car les miséreux sont enfants de Dieu
Tous les miséreux sont enfants de Dieu
Levant les yeux vers le vitrail situé en hauteur, baignée par la lumière du soleil qui l'inonde, la jeune fille tombe à genoux, ce qui fait accourir le petit garçon qui prend d'autorité sa sœur dans ses bras.
Ignorant qu'ils ont comme spectateur Quasimodo qui les observe, le regard tendre, presque envieux, de ce lien fraternel.
-Toi, carillonneur! s'exclame, furieux, un homme en pointant Quasimodo du doigt. Qu'est-ce que tu viens faire ici?
Surpris, Quasimodo recule, mais heurte un chandelier qui tombe au sol dans un bruit sourd.
Alertés par le cri et le bruit, le frère et la sœur se retournent pour voir le sonneur prendre la fuite.
Esmeraldo et Esmeralda courent après Quasimodo, sourds aux accusations adressées à ce dernier.
-Quasi'! l'appelle le garçonnet. Attends!
-Je voudrais te parler! prend à son tour la parole Esmeralda.
Après plusieurs minutes de course poursuite, le frère et la sœur arrivent à un étage où Quasimodo a été arrêté par les Gargouilles en déduit l'enfant.
-Je...j'ai des choses à faire, mais c'est un plaisir de vous revoir. prend la parole le sonneur de cloches en tournant la tête.
Esmeraldo hausse des sourcils surpris.
-Des choses à faire? Comme qu...
Toujours dos au frère et à la sœur, Quasimodo reprend sa course sous le regard surpris d'Esmeralda.
Cette dernière et son petit frère courent à nouveau, ratant la mimique dragueuse de l'une des Gargouilles vis-à-vis de Djali.
-Pardonne-moi pour cette après-midi! reprend la jeune fille. J'ignorais qui tu étais, si j'avais su jamais je ne t'aurais poussé...sur l'estrade.
Esmeralda se tait, ébahie par ce qu'elle a sous les yeux, son frère sourit en voyant son émerveillement.
Lui aussi a été submergé par la beauté du mobile en verre coloré, la réalisation en miniature de la cathédrale et des gens vivants à Paris.
-Et il a fait tout ça tout seul! acquiesce l'enfant suite à la question muette de sa sœur.
Esmeralda s'émerveille de ce qu'elle voit. L'enfant jette un regard au sonneur, les mains sur les hanches, le torse bombé, le regard brillant d'amusement, dans une attitude voulant dire "Tu vois? Je t'avais bien dis que tu es doué!".
-Si je savais faire la moitié de ces choses, je ne danserais pas dans la rue. avoue l'adolescente.
-Pourtant vous êtes une merveilleuse danseuse. fait remarquer Quasimodo légèrement dissimulé derrière une colonne.
-En tout cas ça me permet de gagner mon pain.
Un petit silence s'installe, mais pas très longtemps:
-Tu es incroyablement chanceux, Quasimodo. sourit Esmeralda après avoir reposé la représentation du boulanger. Tout cet espace pour toi tout seul!
-Oh, je ne suis pas tout seul! Il y a les Gargouilles et bien sûr les cloches. sourit Quasimodo. Ton frère est quelqu'un de très sage.
S'amusant à jouer avec les statuettes, Esmeraldo relève la tête lorsqu'il entend qu'on parle de lui.
-Tu aimerez les voir grande sœur? demande-t-il, des étoiles pleins les yeux. Tu vas voir, elles sont incroyables!
Tournant la tête vers son frère, Esmeralda devine qu'il en a été émerveillé.
-On y va! accepte la jeune fille.
Posant ce qu'il a en mains, Esmeraldo court auprès de Quasimodo qui le réceptionne dans ses bras, le plaçant sur ses épaules sous le regard surpris puis tendre d'Esmeralda.
Montant sur une échelle, Quasimodo invite la jeune fille à les rejoindre. Ce qu'elle fait.
Une fois en haut, Quasimodo présente une à une chaque cloche, Esmeraldo bien accroché.
-J'ignorais qu'il y en avait autant. murmure, impressionnée, Esmeralda.
-Ça a été une sacrée surprise pour moi aussi! éclate de rire Esmeraldo.
Son rire résonne parmi les immenses objets de bronze.
-Venez! Je vous ai gardé le meilleur pour la fin!
Suivant le sonneur, les enfants Lopez et Djali se retrouvent sur l'un des toits de la Cathédrale au moment où le soleil se couche en colorant le ciel de couleurs éclatantes.
-Woaw...c'est magnifique. murmure, admiratif, l'enfant.
-Je parie que le Roi lui-même n'a pas une telle vue. Je pourrais rester ici pour toujours.
-Vous pourriez, vous sachez? lui fait remarquer Quasimodo, accroupi sur la balcon de pierres.
-C'est vrai?! s'exclame, ravi, Esmeraldo.
-Nous ne pouvons pas, je regrette. répond tristement Esmeralda en aidant son petit frère à retourner sur la terre ferme.
-Pourquoi donc? Vous avez droit d'asile.
-Mais pas la liberté. répond Esmeralda en croisant les bras.
En entendant ces mots, Esmeraldo se souvient de l'un des conseils paternels.
-Un gitan, entre les murs, jamais ne dure. répète-t-il.
-Exact. acquiesce Esmeralda en lui caressant les cheveux.
-Le plus long séjour où nous sommes restés était chez l'une de nos tantes maternelles, permettant à maman de retrouver ses grandes sœurs. explique le petit garçon.
Compréhensif, Quasimodo reprend.
-Pourtant vous êtes différents des autres Gitans. Eux, ce sont...des Démons.
-Mais non! s'exclame, choqué, l'enfant. Ce n'est pas vrai!
Quoique...certains ne sont pas des enfants de chœur, mais papa compte bien les punir.songe-t-il.
-Qui t'a dis ça? demande Esmeralda.
-Mon maître, Frollo. répond Quasimodo, retournant sur la terre ferme. C'est lui qui m'a élevé.
-Comment un homme aussi cruel a-t-il pu élever quelqu'un comme toi?
-Cruel?! répète, choqué, le sonneur.
-Tu sais, il n'est certainement pas le plus gentil du pays. fait remarquer Esmeraldo.
-Oh, non. Il m'a sauvé la vie. Il m'a recueilli lorsque ma mère m'a abandonné! Je suis un monstre, vous sachez?
Ainsi Vent avait raison. songent, horrifiés, les enfants de Rubis et Ruben. Salali ne sait rien sur sa mère!
-Ce n'est pas vrai! s'exclame Esmeraldo en secouant de la tête. Tu n'en es pas un!
-Il t'a dit ça? demande, sceptique, la jeune fille.
-Regardez-moi. est la réponse que donne Quasimodo.
-Oh, Quasi'...murmure, peiné, Esmeraldo avant de reprendre à voix haute. Maman dit souvent que l'apparence ne détermine pas qui est une personne. C'est le cœur qui le fait.
-Montre-moi ta main. demande Esmeralda en tendant la sienne.
-Pourquoi? demanda Quasimodo en s'éloignant.
-Laisse-moi la voir. sourit l'adolescente avec douceur.
Poussé par la curiosité, Quasimodo tend sa main sous le regard tout aussi curieux d'Esmeraldo.
Esmeralda regarde les lignes de la main du jeune homme, réfléchissant puis prend la parole:
-Une longue ligne de vie...Ah! Celle-ci dit que tu es timide.
Un rapide coup d'œil vers son petit frère informe l'adolescente qu'elle ne se trompe pas sur ce dernier point lorsque l'enfant lui adresse un petit acquiescement de la tête.
Reportant son attention sur la main de son vis-à-vis, Esmeralda reprend son explication:
-Tiens, c'est étrange.
-Quoi?
-Je ne vois aucune...
-Quoi? Quoi?
-Ligne de montre. relève-t-elle la tête. Non, aucun signe!
Tournant la tête vers le petit garçon, Quasimodo veut lui demander de regarder à son tour, mais à la place Esmeraldo ôte de sa tête son bijou qu'il lui donne.
-Grande sœur a raison. Tu aurais pu demander à l'Archidiacre de me jeter dehors tout à l'heure, mais tu ne l'as pas fais. Tu as même partager ton repas avec moi. Un monstre n'aurait jamais fait preuve de gentillesse, alors...accepte-le.
Touché par les paroles du petit garçon, Quasimodo accepte le présent qu'il fait glisser sous sa chemise.
-Regarde-nous. reprend Esmeralda en les désignant son frère et elle-même. Penses-tu que nous sommes des Démons?
-NON! s'écrie Quasimodo en leur prenant à chacun une main. Non, non! Vous êtes gentils, avenants, bons et...
-...et des Gitans. termine-t-elle pour lui. Il est possible que Frollo ait tort à propos de nous trois.
Le frère et la sœur se lèvent, retournant au balcon sous le regard de Quasimodo. Il voit Esmeraldo s'asseoir sur le balcon, les pieds battants dans le vide.
Pris d'une impulsion, le sonneur se lève, s'approchant des deux Gitans, leur prenant à nouveau la main, ce qui fait tourner les deux regards émeraude dans sa direction, brillant de curiosité.
-Chacun à votre façon, vous m'avez aidé. Maintenant, c'est mon tour. prend-il la parole.
-Mais nous ne pouvons pas sortir. Il y a des soldats à chaque porte!
-Nous n'avons pas besoin de portes. répondit-il malicieux.
-Tu veux dire descendre par ici? demandent en chœur les deux Gitans, incrédules, en pointant le bas.
-Bien sûr! acquiesce le sonneur. Vous portez Esmeraldao qui porte Djali et moi, je vous porte!
Se consultant du regard, semblant discuter sans ouvrir la bouche, les enfants de Ruben et Rubis acquiescent. Esmeraldo saute dans les bras de son aînée, un grand sourire aux lèvres, excité par les prochaines minutes. Ensuite Djali saute dans ses bras, l'enfant prenant soin de lui bander les yeux.
Si Esmeraldo a montré très tôt qu'il n'a pas peur de monter aux arbres et autres hauts monuments, ce n'est pas le cas d'Esmeralda qui, bien ne le montrant pas, n'est pas très à l'aise de se retrouver à plusieurs dizaines de mètres à hauteur du sol.
Est-ce lié à mon don?s'interroge-t-elle. Pourtant papa est un excellent nageur.
Avec douceur Quasimodo prend la jeune fille dans ses bras, lui affirmant qu'il n'y a aucune raison qu'ils aient peur.
-Je n'ai pas peur. sourient, confiants, le frère et la sœur.
Lorsqu'ils passent par-dessus bord, Esmeralda prend la décision d'avouer la vérité.
-Maintenant, j'ai peur!
Pendant ce qui lui semble des heures, Esmeralda eut l'impression que son cœur va s'arrêter alors que son frère a un grand sourire aux lèvres. Comme elle devine que Djali n'est pas à l'aise dans ses sabots.
Arrivés dans l'alcôve d'une des statues, tous quatre se cachent intelligemment, parvenant à berner les gardes.
Tous les trois discutent un peu, la fratrie promettant de revoir leur ami le lendemain soir, mais Quasimodo tente de les dissuader de venir:
-Mais, le soir, je dois sonner la messe et après ça, je nettoie les cloîtres et puis, je sonne les vêpres…
Sentant une paire de lèvres se poser sur sa joue, Quasi' en perd ses mots, terminant dans un léger bégaiement.
-Et euh…faites comme ça vous arrange! sourit-il, sous le charme.
Le frère et la sœur tentent de convaincre Quasi' de venir avec eux à la Cour des Miracles, mais face au refus de ce dernier, Esmeralda lui offre un talisman tout en lui conseillant de toujours le garder sur lui.
Acceptant le présent, Quasi' le cache sous sa chemise, faisant s'entrechoquer les deux bijoux.
Lorsque Quasimodo remonte après le départ de la fratrie Lopez, il a la désagréable surprise de voir le Capitaine de la Garde qui lui demande où il peut trouver Esmeralda.
Au comble de la colère, le jeune homme pousse le militaire vers l'escalier qui, surpris par l'excès de rage de son vis-à-vis, recule.
-Whow, whow, doucement! crie ce dernier, espérant calmer son "assaillant".
Se saisissant d'une torche,Quasimodo la balance de gauche à droite.
-Pas de soldats! Sanctuaire! Sortez!
-Attends! Je voulais juste...
-VA-T'EN!
-Je ne lui veux aucun mal!
Cette opposition fait grogner Quasimodo qui répète son ordre de partir.
Phoebus se saisit de son épée, bloquant efficacement la torche, yeux bleus brillant de fureur contre yeux bleus calmes.
-Dis-lui de ma part que je ne voulais pas la piéger ici, mais que c'était le seul moyen de lui sauver la vie. reprend Phoebus. Tu le lui diras?
Quasimodo ne répond pas, continuant de le regarder avec colère.
-Tu le feras?
-Si vous partez maintenant. acquiesce Quasimodo.
-Je m'en vais. Maintenant, tu veux bien me poser, s'il te plaît?
Ayant assisté à la scène, témoin silencieux, un oiseau a le regard brillant d'amusement en réalisant la force de Quasimodo qui est parvenu à soulever le militaire au-dessus du sol alors qu'il est revêtu de son armure! Le sonneur le dépose délicatement, le voyant lui tourner le dos puis descendre quelques marches.
-Oh, et encore une chose. le retient Phoebus en se retournant. Dis à Esmeralda qu'elle a beaucoup de chance.
-Pourquoi? demande, méfiant, Quasimodo.
-D'avoir un ami comme toi. répond avec un sourire sincère le Capitaine.
Tournant les talons, il disparaît dans l'obscurité.
Retournant dans on humble demeure, Quasimodo se met à chanter, le cœur en paix que deux personnes n'aient pas eu peur de lui.
Sous le regard heureux des Gargouilles et de l'oiseau qui s'est posé sur le toit de la mini-cathédrale, mais le reste de la chanson attriste l'oiseau en comprenant que Quasimodo est tombé amoureux d'Esmeralda.
Oh, Quasi'...si tu savais.songe-t-il, triste pour le sonneur.
