Chapitre 34

Loin de se douter du drame qui frappe le couple Renard/Gringoire, Clopin, les de Châteaupers, les Lopez, Améthyste, Bao, Quasimodo et Carmen se rendent dans l'une des suites de l'une des auberges que comptent Paris.

Confortablement installés sur différents fauteuils, tout ce beau monde écoute Bao raconter son histoire.

Avec l'accord d'Améthyste et la promesse de répondre aux questions de tout le monde, Bao explique à tous qu'avec leurs deux meilleures amies, la sœur de ce dernier et lui-même, ils avaient invoqué un vortex temporel pour rejoindre Améthyste dans le passé, mais l'interaction du Malin en tuant Raip' a rendu défectueux le vortex.

-...lorsque je me suis réveillé j'ai découvert que j'avais ''atterri'' en 1449 à Reims. Deux mois avant votre naissance plus exactement. termine-t-il en adressant un doux sourire aux jumeaux.

Tournant la tête vers Améthyste, Bao lui presse gentiment la main.

-Je suis désolé, mon ami.

Pleurant en silence, Améthyste adresse un sourire reconnaissant à Bao.

Savoir que sa sœur est décédée lui fend le cœur, mais il remercie Mère Nature pour avoir amené Bao jusqu'à lui...bien que trente-trois ans les ont maintenus séparés.

❅Sais-tu ce qu'il est advenu de Saphira?❅

-Malheureusement non. secoue de la tête Bao. Mère Nature m'a seulement dit qu'elle va bien. Et que comme moi elle a une mission. Tu sais où est Lily?

❅Oui, elle se trouve en Virginie, vivant avec la tribu des Powhatans.❅ acquiesce Améthyste, l'air ravi.

Comme il l'avait promis avant de raconter son histoire, Bao répond à toutes les questions qui lui sont posées.

Beaucoup viennent d'Esmeralda, Quasimodo, Phoebus, Philippe et Joseph. Seul Esmeraldo ne dit rien, ayant rejoint Améthyste dans son fauteuil.

Luc en profite pour révéler qu'il a vue Mère Nature et que c'est elle qui les a soignés Améthyste et lui.

Abasourdis, le reste des de Châteaupers ne sait que dire. Ils écoutent Christine qui annonce avec une pointe d'arrogance qu'elle sait pour Améthyste, qu'elle avait surprise sa confession, mais qu'elle avait gardé le silence.

-Et comment as-tu su surprendre notre conversion très chère sœur? lui demande Abraham, bras croisés sur son torse.


Après avoir quitté la demeure familiale, Christine avait su se trouver une petite maison possédant des écuries quelque part à Paris, travaillant dur pour se faire connaître.

Bien sûr, il lui arrivait de tomber sur des connaissances de la famille, notamment celles de son père, et quelques fois sur Philippe, mais la jeune fille s'était montrée catégorique: Elle ne rentrerait pas!

Philippe et les autres avaient juré de ne rien dire, le premier par respect et admiration vis-à-vis de sa jeune sœur, alors que les autres avaient perdu une course à cheval.

Ces derniers ne s'étaient pas gênés de lui créer une mauvaise réputation, mais Christine n'était pas fille à se laisser marcher sur les pieds. Pour laver son honneur et celui des siens, elle avait défié en duel les mauvaises langues devant témoins.

Chacune de ses victoires avaient permis de redorer le blason familial et de la laver, elle, de tous doutes.

Aujourd'hui, elle est connue partout en France. Sa clientèle s'étant agrandie après la venue de la Princesse Anne qui, un an auparavant, lui avait acheté plusieurs chevaux après avoir vue Christine dompter l'une des montures royales réputée difficile voir impossible à domestiquer. Demande exprès du Roi Louis XI qui souhaitait offrir le majestueux animal au Prince Charles.

Depuis trois ans, elle a un collègue de travail, ayant toujours travaillé seule. Son nom? Jean Givre.

Ils se sont rencontrés 3 ans après qu'elle ait lancé son commerce. Il s'était présenté à elle, lui avouant être son plus grand admirateur tout en plaisantant sur les difficultés qu'il avait rencontrées pour la trouver car les autres "collègues" de Christine ne s'étaient pas montrés aussi impressionnés que lui de son audace.

Tout en l'interrogeant sur la raison de sa venue, Christine avait pu découvrir que Jean est tout aussi amoureux des chevaux qu'elle! Et bien que moins expérimenté qu'elle dans le domaine du domptage, elle avait pu découvrir que Jean sait prendre soin des chevaux aussi bien pour leur bien-être physique, alimentaire ou bien hygiénique!

Après un an de vie et de travail communs, Jean avait surprise la jeune femme en la demandant en mariage, mais si Chris' est connue pour sa franchise légendaire, elle pris son temps pour lui expliquer que le mariage n'est pas fait pour elle, qu'elle refuse d'abandonner sa passion pour un homme. Même si cet homme a la même passion qu'elle.

Jean en avait eu le cœur brisé, mais Chris' avait su trouver les mots pour le réconforter, pour ensuite lui parler de sa soeur Sabine encore célibataire.

En écrivant sa première lettre depuis des années à sa sœur Sabine, Chris' n'aurait jamais pensé qu'elle jouerait les Cupidons pour Jean et son aînée!

Un an avant le retour de Phoebus au pays que Jean apprit à Chris' qu'avec Sabine ils vont se marier!

Les deux jeunes gens, ayant le même âge, s'étaient découvert quelques points communs.

Le jour de la cérémonie Chris' avait pu revoir les membres de sa famille, ayant été choisie pour être le témoin de Jean!

C'est notamment grâce à ce mariage que Chris' avait repris contact avec ses frères et sœurs, ayant toujours gardé un œil sur chacun d'entre eux grâce à Vent, se jurant de rattraper le temps perdu...d'où sa présence dans le château qui l'a vu naître.


-Ça, c'est mon secret. lui adresse-t-elle un clin d'œil.

-Votre mère et Blanche le savent-elles? demande Joseph.

Tournant la tête vers leur père, Abraham et sa fratrie (Luc et Chris') lui explique que oui, elles le savent.

-Je comprends mieux pourquoi Madame de Châteaupers avait tenu à ce que notre conversation reste secrète. acquiesce Bao.

Voyant le patriarche de Châteaupers froncer des sourcils, Bao reprend la parole:

-N'ayez crainte, Joseph. Le sujet était sur mon identité qu'il fallait encore garder secrète.

❅Pourquoi Bernard, d'ailleurs? Chrysanthème, je comprends, tu as juste traduit ton nom de famille. Mais pour ton prénom, je ne comprends pas. ❅

-Je n'ai pas réfléchi, il m'est venu comme ça. hausse des épaules Bao.

Améthyste acquiesce.

Du coup de l'œil, il voit que Quasimodo semble incertain, hésitant à poser d'autres questions. Il n'a pas le temps de demander à Bao pour qu'il interroge le sonneur de cloches que Carmen prend la parole.

-Tout va bien, mon fils? Tu as l'air préoccupé.

-Je le suis. reconnaît Quasi'. Puis-je te poser une question?

-Bien sûr. lui sourit tendrement Carmen en lui prenant les mains.

-Pourquoi as-tu voulu me tuer en voulant me jeter dans un puits un soir d'hiver? Et pourquoi m'as-tu abandonné?

Malgré son teint mate, Carmen pâlit drastiquement.

-Qui t'as dit ces horreurs?! Frollo?!

Sincèrement étonné par les propos maternels, Quasimodo n'a pas le temps de formuler un mot que Carmen reprend:

-Ce monstre t'a menti, mon chéri! Jamais, je ne t'aurais fait ça de mon propre chef! Jamais!


FLASH-BACK 20 ans auparavant:

15 novembre 1462, minuit

La lumière de la pleine lune illumine les rues de Paris, se reflétant dans la Seine comme une perle sur un tissu de soie noire.

Pour quiconque se promènerait ce soir, l'éclat de l'astre lune serait vue comme une bénédiction, mais pour un petit groupe de Gitans voyageant en bateau, il s'agit plus d'un handicap.

Des soldats patrouillent chaque recoin de la ville, ayant reçu l'ordre d'arrêter tous les Gitans se rendant à Paris.

Cet ordre a été donné par un homme si cruel et si fanatique que son nom n'est prononcé qu'à voix basse par le peuple roms et les argots, mais ce que personne ne sait est que les habitants de toute la France craint cet homme.

Comme pour compliquer leur traversée, l'unique femme du groupe a un bébé, âgé de quelques mois seulement qui se met à pleurer assez bruyamment.

-Fais-le taire! ordonne l'homme derrière elle à voix basse.

-La ferme Paco! réplique un deuxième à la gauche de la femme.

Ce second homme n'est nul autre que son époux, Manolo Sanchez.

Tout ce qu'elle peut faire, c'est de bercer doucement son petit et d'espérer que personne n'est là pour les entendre. Ils avaient payé cher le contrebandier pour un passage sûr à Paris, et tout cela pouvait être réduit à néant s'ils se font découverts.

Carmen et le groupe avec lequel elle voyage ont été chassés de toutes les villes où ils avaient essayé de s'installer, mais Paris offrait un refuge pour les gitans, officiel ou non. Ceux qui étaient accusés d'un crime pouvaient se réfugier à Notre-Dame et attendre que l'on tente de les attraper. Mais plus important encore, Paris possédait une base d'opérations pour ceux de la classe inférieure, connue sous le nom de "Cour des Miracles". Cette cachette était appelée ainsi parce que de nombreux escrocs et mendiants qui prétendaient être boiteux, aveugles et sourds pouvaient être "miraculeusement" guéris lorsqu'ils y revenaient.

Carmen avait longtemps hésité à quitter la Cour qu'avait formée son défunt beau-père un an auparavant.

Manolo n'avait pas supporté de voir son héritage lui filer entre les doigts au profil de son frère adoptif, Ruben Lopez.

Exceptés Rubis, Sinbad, Proteus,le père de ce dernier dont elle a oublié le nom, Kale, Le Rat et Clopin tous les membres de la Cour sont nés en Espagne.

Pour en revenir à la Cour des Miracles de Paris, ce n'est pas l'endroit où elle souhaite élever son bébé, mais pour des raisons qu'elle a du mal à comprendre pourquoi le monde déteste son peuple.

C'est quelque chose qu'elle a tjrs connu. Elle a confiance en son époux, l'aime plus que tout au monde, mais si elle avait pu avoir le dernier mot elle serait restée auprès de Ruben et des autres.

Elle sait qu'auprès de Rubis son accouchement aurait été très différent.

Son enfant s'est rendormi, faisant soupirer de soulagement les autres.

Le bateau glisse sur le rivage juste à l'extérieur de Paris.

L'homme grisonnant qui les fait entrer clandestinement en ville exige son paiement alors même qu'ils descendent du bateau.

Le gitan de tête, répondant au nom de Manolo, sort quelques pièces de sa bourse pour payer le passeur. Tout semble se dérouler comme prévu.

Cependant, ce plan est bousculé lorsque le groupe entend le bruit de chevaux, et avant qu'ils puissent voir ce qui se passe, ils se retrouvent entourés de soldats!

Les gitans se serrent les uns contre les autres, sachant qu'il n'y a pas d'échappatoire avec leur sortie bloquée.

Soudain un cheval à la robe aussi sombre qu'une nuit sans lune, grognant comme une bête des Enfers, s'avance nonchalamment vers les gitans. Assis sur ce cheval, un homme vêtu de noir les dévisage avec un mépris total. Il n'a pas besoin de s'annoncer.

Les Gitans le reconnaissent alors qu'ils ne l'ont jamais vu auparavant.

-Le Juge Claude Frollo... murmure le gitan de tête, horrifié, en fixant le regard froid et sans pitié de l'homme dont il vient de prononcer le nom.

-Emmenez cette vermine au palais de justice. ordonne Frollo, la voix pleine d'autorité.

Deux soldats passent des menottes aux Gitans qui se laissent faire, abandonnant ce combat perdu d'avance.

-Toi là, qu'est-ce que tu caches? exige un des gardes alors qu'elle tentait de s'enfuir, mais il l'attrapa rapidement par le poignet.

-Des biens volés sans doute. spécule Frollo. Qu'on les lui prenne.

En entendant cela, Manolo assomme efficacement les deux soldats.

Tout au long de leur voyage, Manolo et les autres ont entendu bien des horreurs sur le Juge Frollo. Rumeurs? Vérité? Ils l'ignorent, mais il est hors de question qu'il laisse ce Démon faire du mal à sa femme et leur fils.

Écartant un pan de sa cape il attrape son épée.

-Cours Carmen! Cours!

Et il s'élance. Créant efficacement une ouverture à sa femme qui se met aussitôt à courir.

Frollo la poursuit immédiatement sur son cheval.

Carmen court comme jamais elle n'a couru de toute sa vie, comprenant mieux l'expression ''Avoir le Malin à ses trousses'' qu'employait Tiago par le passé.

Toute à sa course, Carmen esquive les différents obstacles sur son chemin sous la forme de panneaux et de portes.

Avec souplesse et agilité, Carmen saute, pour mieux reprendre sa course.

Les seuls bruits perceptibles qu'elle entend sont son souffle rapide, les battements erratiques de son cœur, le bruissement de la neige sous ses pas, mais tous ses sons ne sont rien comparé au bruit de sabots du cheval derrière elle.

Elle saute par-dessus une petite grille en fer forgé, forçant Frollo à faire demi-tour.

Elle arrive sur la place de Notre-Dame, ne connaissant malheureusement pas le chemin à prendre pour se rendre à la Cour, seul Manolo l'ayant mémorisé.

C'est avec effroi qu'elle entend le bruit de sabots derrière elle.

Une petite partie de son esprit lui murmure qu'il est étrange que son fils dorme aussi profondément, mais Carmen chasse cette pensée saugrenue de sa tête en voyant la cathédrale en vue.

Malgré son épuisement, Carmen accélère son rythme, sprintant vers l'édifice.

Quand elle arrive devant les doubles portes qu'elle essaye d'ouvrir, elle réalise avec effroi qu'elles sont fermées pour la nuit. La peur l'a saisie.

De son poing droit, elle commence à frapper sauvagement sur la porte en criant dans un mélange de français et d'espagnol:

-Asile! Por piedad, estoy pidiendo asilo!

La monture de Frollo bondit sur les marches, Carmen tente de s'enfuir à nouveau, mais Frollo tend la main, attrapant un pan de la couverture de son fils.

Horrifiée, Carmen tire de toutes ses forces pour récupérer son bébé. La poigne de Frollo est de fer, mais Carmen ne compte pas lâcher prise.

Hors de question qu'il touche à mon fils!

Frollo lui donne soudainement un coup de pied avec sa botte au niveau de la poitrine.

C'est le souffle coupé et les yeux écarquillés par l'horreur que Carmen sent ses mains lâcher prise, son corps basculant vers l'arrière.

S'ensuit un horrible bruit de fracture lorsque son dos heurte avec violence les marches

Carmen hurle de douleur, mais Frollo reste statique en voyant la neige se teinter de rouge sous la Gitane.

Comme en réponse au hurlement de Carmen, le paquet se met à pleurer. Poussé par la curiosité, Frollo écarte un pan de la couverture.

-Un bébé? murmure-t-il, surpris puis avec horreur. Oh, il est monstrueux!

Balayant son environnementaliste des yeux, le terrible Juge yvoit un puits. S'y dirigeant, il est sur le point de lâcher sa charge lorsqu'il entend la Gitane crier quelque chose dans une langue étrangère:

-No! Mío hijo!

À ce moment-là, la porte de la cathédrale s'ouvre sur l'Archidiacre qui court vers le cri.

-Oh, Seigneur tout puissant! Mon enfant! Que vous est-il arrivé?

Se sentant être légèrement soulever de terre, Carmen tourne la tête vers son sauveur.

-Yo... mi bebé...

Elle tourne à nouveau la tête vers Frollo.

Comprenant plus ou moins ce que la pauvre femme lui dit, l'Archidiacre voit Frollo assis sur sa monture, prêt à lâcher un paquet de linge dans le puits.

-Frollo... qu'avez-vous fait? demande, horrifié, l'Archidiacre.

-Ce n'est qu'une créature démoniaque que je renvoie à l'Enfer auquel elle appartient. répond l'insensible Juge. Quand à cette femme...elle n'avait pas à s'enfuir.

Vous qui souillez par les larmes et le sang le parvis de Notre-Dame.commence à chanter l'homme d'église.

-Elle s'est enfuie, je l'ai poursuivie, je suis innocent! plaide Frollo.

À cause de la douleur à son dos, Carmen ne comprend pas ce que les deux hommes se disent, mais son instinct maternel lui apprend que la vie de son enfant est sauve.

Vous voulez rougir du sang d'un enfant le parvis de Notre-Dame.

-J'ai la conscience tranquille!

Racontez vos mensonges à vos mignons! Qu'ils acclament la pureté de votre âme.

Luttant pour ne pas s'évanouir, Carmen écoute l'échange...tout en priant Mère Nature pour qu'il n'arrive rien à son fils.

Vous ne pourrez cacher vos coupables actions aux regards des Saints, au pur regard de Notre-Dame!

L'Archidiacre termine son chant en pointant du doigt les murs de la cathédrale.

Devant le regard de pierre des statues qui semblent le juger, Frollo sent son pouvoir glisser, perdre de sa puissance. Comme il a l'horrible sensation que le Tout-Puissant sonde son âme...

-Que voulez-vous? prend-il la parole en tournant la tête vers l'homme d'Église qui s'est redressé avec Carmen dans les bras.

-Laissez cette pauvre femme élever son enfant et payez-lui des soins.

-Q-Quoi? Cette Sorcière va parler et...très bien!

Que vaut la parole d'une païenne à la mienne? Rien.

Étonné de l'acceptation de son vis-à-vis, le saint homme n'a pas le temps de questionner Frollo que ce dernier reprend la parole:

-Mais qu'ils restent caché dans votre église.

-Dans l'église, mais où? répète l'Archidiacre

-Peu importe. Enfermez-les quelque part, à l'abri des regards.

Un silence s'installe pendant quelques minutes, l'homme d'Église constate que Carmen s'est évanouie. Il s'inquiète de la possible gravité de sa blessure en sentant le sang souiller son habit.

-Au sommet des tours, peut-être...reprend Frollo, songeur. Qui sait, les voies du Seigneur sont impénétrables. MAIS! Ils ne resteront ensemble que le temps que cette immonde créature sache marcher.

L'Archidiacre écarquille des yeux d'horreur, mais un simple regard noir du Juge lui rappelle qu'il lui est inférieur.

Cette créature pourrait, si le Ciel le veut bien, servir demain….

Après son chant, Frollo affuble l'enfant d'un nom horrible, un nom qui veut dire 'Difforme' : Quasimodo!

FIN FLASH-BACK


Ce n'est que trois semaines plus tard que Bao et Améthyste trouvent un bateau pour les amener vers le Nouveau Monde.

Cette durée a été nécessaire pour permettre aux jumeaux de Châteaupers et Dina d'obtenir des vacances, le père de cette dernière ayant assuré au Roi qu'il saura remplacer son enfant le temps nécessaire pour qu'elle puisse faire son deuil.

Le lendemain de la beuverie générale, Carmen avait été voir sa belle-fille, la trouvant hagarde, d'immenses cernes sous les yeux, les yeux rougis, vêtue des mêmes habits que la veille, les cheveux en bataille.

En voyant sa belle-mère dans son salon, Dina était tombée dans ses bras, hurlant et pleurant sa douleur.

Il avait fallut plusieurs heures à Carmen pour tenter d'apaiser Dina afin qu'elle lui explique l'origine de son désarroi.

Apprendre la mort de Gringoire a été un véritable choc pour Carmen qui appréciait le poète désargenté pour ses qualités humaines.

C'est Ruben qui les avait trouvées enlacer, Dina profondément endormie dans son canapé, serrant une des mains de Carmen comme une enfant effrayée.

Carmen avait écrit à son mari la triste nouvelle.

Par chance, Gilles Renard se trouvait non loin de Paris. En trois jours il arrivait chez sa fille qui était méconnaissable.

Dans l'après-midi de ce jour-là eut lieu les funérailles qui permirent à Carmen et Gilles de rencontrer André et Oscarine Gringoire accompagnés d'un homme ressemblant à s'y méprendre au défunt...à la différence que l'étranger a les cheveux blonds dorés alors que Gringoire les avait noir de jais.

Il s'était présenté sous le nom d'Alexandre Gringoire, un cousin du défunt.

Par respect pour les parents et le cousin endeuillés, la cérémonie s'était faite à Notre-Dame, mais une autre eut lieu après leur départ.

Il existe différentes cérémonies pour honorer Mère Nature :

La première concerne les naissances qui consiste à offrir des sculptures représentant les différents Esprits Saisonniers et Esprits Majeurs selon le mois de la naissance.

Il arrive que les Croyants ne savent plus à quoi ressemblent ces Esprits, certaines représentations sont donc erronés, mais les différents Esprits n'en prennent plus ombrage comme cela avait pu arriver très loin dans le passé.

On place les réalisations en bois tout autour du berceau et du lit maternel en priant Mère Nature, Dame Soleil et l'Homme de la Lune de veiller sur eux et de leur apporter force et santé.

La deuxième est centrée sur les futurs adultes qui devront se purifier tous les jours pendant une semaine avant et après l'arrivée de leurs cycles pour les jeunes filles alors que les garçons devront offrir une danse personnalisée en guise de remerciement pour lui avoir permis d'avoir quitté le monde de l'enfance.

Il ne faut pas oublier que les jeunes filles peuvent, elles aussi, offrir une danse qui leur est propre à Mère Nature lorsqu'elles se sentent la force de le faire après leurs cycles.

La troisième concerne les mariages qui consistait à se marier dans un lieu en pleine nature où les deux futurs époux se couper une mèche de cheveux qu'ils tressent pour ensuite l'accrocher à une branche de l'arbre le plus proche.

Vient ensuite l'échange des vœux, des alliances (chose nouvelle avec la création des bijoux), sans oublier le baiser scellant l'union puis, montés dans un traîneau tiré par des rennes, le « chauffeur » fait trois fois le tour du plus vieil arbre dans le sens du soleil.

La quatrième et la dernière cérémonie est réservée aux morts.

Il s'agit d'habiller le défunt de ses plus beaux habits et lui faire tenir dans une main une statuette représentant Mère Nature et de l'autre une petite bourse remplie de ses effets personnels.

Un peu comme avec Chiron le passeur de la mythologie grecque, l'âme du défunt doit payer son voyage jusqu'aux Landes Célestes en offrant le contenu de la bourse.

En ce jour horrible pour Dina, Gringoire a été habillé de vêtements indigo, les cheveux domptés reposant en de fines boucles sur son torse, un habile maquillage masquant ses cernes.

Les effets personnels que Dina a glissé dans la bourse de son fiancé se trouvent une toute petite plume d'aigle, son encrier (vide, naturellement) et deux mini-portrait de ses parents et d'elle-même.

Il repose dans l'un des cimetières de Paris, comme le voulaient les parents du défunt.


Le nom du bateau est "Princesse Anne", à son port se trouvent quelques camarades d'Améthyste qui avaient fait le premier voyage jusqu'en Virginie.

-Alors c'est certain? demande Bao à ceux restés à quai. Vous ne voulez pas partir avec nous?

-Ça aurait été avec plaisir, mais je n'ai pas le pied marin. s'excuse Clopin.

Ce qui est vrai car les nombreuses fois que Clopin avait pris le bateau, il en avait été malade. Et ne parlons pas de la traversée de la mer pour rejoindre Arendelle huit ans auparavant!

-Quant à nous, il est grand temps que nous initions notre père au culte de Mère Nature. explique Abraham.

-Saluez Renaud de nôtre part. sourit Luc.

-Et si possible ramenez-le avec sa chérie! renchérit Chris' à l'étonnement général.

Voyant l'air surpris de tout le monde la jeune femme explique qu'elle a entendu sa mère prédire une future union suite à un courrier de son plus jeune fils resté en Virginie.

-Bref! secoue de la tête Bao. Alors que je récapitule: Il y a Mme Sanchez et Quasimodo, la famille Lopez, Mlle Renard, Phoebus et Philippe, Améthyste et moi. Je n'ai oublié personne?

❅Tout le monde est là.❅ acquiesce Améthyste.

-Faites bon voyage. leur souhaite Luc.

-Et toi. reprend la parole Abraham en pointant un doigt sur Philippe. Interdiction formelle de séduire les demoiselles!

L'air amusé détonne avec le ton sévère que vient d'employer le premier enfant de Châteaupers.

Philippe éclate de rire, promettant à son aîné qu'il se tiendra à carreaux.