Make Me

Chapitre 1 : Make me,

Know You.

Part 1

Juin.

Exactement six mois avant le début des élections gouvernementales, Iruka avait reçu un mail du bureau du gouverneur de Konoha.

Quand le secrétaire général du parti Unitaire – le parti au pouvoir depuis plus d'une décennie -, avait confirmé publiquement que ce serait Kakashi Hatake qui serait leur représentant dans le cadre des élections gouvernementales de novembre prochain, et que Shizune lui avait précisé en privé que madame la gouverneure, ayant entendu beaucoup de bien de lui, comptait sur le sang-froid qui l'avait rendu si célèbre, pour gérer leur imprévisible candidat, Iruka avait arboré un sourire paisible.

En pensée, il avait allumé un feu de joie sur son balcon, puis y avait jeté les œuvres d'art qu'il avait accrochées aux murs de son salon lorsqu'il avait emménagé, un an plus tôt.

Il évoluait dans le monde politique depuis son adolescence, et même en vérité, depuis une petite partie de son enfance, mais ses véritables débuts d'acteur du gouvernement, n'avaient été amorcés qu'il y a un peu moins de cinq ans, quand il s'était mis au service de Manabu Akado, l'actuel ministre de la justice, en tant que conseiller politique.

À cette époque, Iruka venait de passer deux ans dans une tribune de presse où il y avait mené des interventions bihebdomadaires. Quand on lui avait proposé de renouveler son contrat pour une troisième année consécutive, il n'avait pas beaucoup tergiversé, avant d'apposer un refus.

Il préférait fonctionner de cette manière plutôt que de bosser quarante heures par semaine à la solde d'un quelconque patron qui attendrait la dernière minute pour lui refiler le travail qu'il n'avait pas fait ou pour tirer les bénéfices de son avancée sur des dossiers importants. La vie en entreprise ne lui convenait pas. Mettre en avant les employés ne faisaient pas partie de leur politique. Du moins, c'était ainsi qu'il le voyait.

Certes, c'était une expérience au cours de laquelle il avait fastueusement appris. Malgré cela, il avait avant tout voulu élargir son carnet de contact, assouvir son besoin d'évolution, de constant renouvellement. Manabu lui, avait désiré quelqu'un capable de gérer sa communication et l'aider à consolider sa place dans son nouveau poste. Leur collaboration avait été intensive. Elle lui avait ouvert les portes d'un plus grand terrain de chasse. Le milieu politique était une arène de boxe perpétuelle, aussi n'avait-il pas été peu fier que les échos de son travail se fasse entendre sans qu'il n'eut l'obligation de sauter à pieds joints dans les masses sales du népotisme. Aspiration personnelle ou désir inconscient d'être à la hauteur de la maison dans laquelle il avait grandi ? Il l'ignorait, mais il avait rapidement compris qu'il aspirait à tellement, tellement plus.

Il était monté dans ce bateau en sachant très bien qu'un jour, il prendrait le large.

Et il aimait sa vie telle qu'elle l'était. Un gâchis en plusieurs actes, une course folle. Un objectif atteint, qu'aussitôt il passait au suivant.

Son engagement avec le ministère de la Justice n'était pas encore tout à fait arrivé à son terme, mais libre de tout impératif, il lui avait paru absurde de ne pas faire montre de son enthousiaste en acceptant immédiatement l'offre de Tsunade, alors qu'elle avait personnellement tenu à ce qu'il soit appelé. Evidemment, il avait de nombreuses autres propositions intéressantes de travail qui attendaient dans sa boite mail qu'il y donne une réponse – dans le cas où, après la fin de son contrat, il aurait pu décider de se diriger vers une autre voie que les institutions étatiques -, seulement, ça, travailler en étroite collaboration avec le bureau du gouverneur, être au centre même du lieu où toutes les décisions se prenaient, c'était une occasion qui ne se représenterait plus jamais.

C'était la chance de reconnaissance qu'il avait attendu toute sa vie. Pourquoi douter, alors qu'il s'en savait capable ?

Il avait l'occasion d'enfin satisfaire ce dilemme qui le tourmentait depuis sa plus tendre enfance : l'envie d'œuvrer pour le changement à l'intérieur du système tout en luttant contre celui-ci ; l'envie de diriger, mais aussi de donner aux gens les moyens de faire évoluer les choses par eux-mêmes ; l'envie de faire de la politique sans faire partie du monde politique.

Tandis qu'il se rendait au travail, il prit le temps d'y réfléchir plus amplement. Son bureau se trouvait au siège des bâtiments du ministère de la Justice dans le quartier administratif de Konoha Central City. La plupart du temps, il entrait dans le bâtiment par le sous-sol. Un petit train souterrain l'y amenait par un tunnel décoré des drapeaux et des sceaux des Cinq Grands États Libres. Le train s'arrêtait dans un grincement et il se faufilait entre collaborateurs, employés de maintenance et visiteurs occasionnels, jusqu'aux ascenseurs vétustes qui le hissaient au premier étage. En sortant de la cabine, il contournait l'essaim de journalistes qui se rassemblaient généralement à ce niveau, il saluait la police de la résidence puis rejoignait la pièce qu'il lui avait été attitré à son arrivé dans les rouages du système. Elle n'était pas gigantesque, loin d'être la plus imposante du bâtiment, mais il avait une belle vue.

De toute façon, il n'y était quasiment jamais, à part pour rencontrer ses principaux adjoints ou faire le point sur ses idées. Aujourd'hui, c'était vendredi, la fin de semaine était généralement calme. Ces cinq dernières années, ses journées avaient ressemblé à une tornade : une montagne de rapport à lire chaque matin, des réunions interminables, prévues à l'avance et réglées comme du papier à musique, des délais serrés, une quantité faramineuse de paperasse…

Après avoir retiré son manteau en daim, son écharpe, et déposé sa sacoche en cuir, Iruka se dirigea vers sa petite kitchenette pour se faire un expresso, puis il se laissa tomba sur son fauteuil ergonomique à roulette et alluma son ordinateur.

Au milieu de ses documents habituels – qu'il s'était donné pour objectif de boucler avant la fin du mois -, se trouvait son nouveau dossier, attendant d'être complété :

« KAKASHI HATAKE », ou, peut-être, le plus gros défi de sa carrière.

C'était officiel depuis quelques jours. Le parti Unitaire avait une équipe de campagne dont Iruka était désormais à la tête.

D'aussi longtemps qu'il s'en souvienne, l'oméga avait toujours suivi les conseils de son père adoptif. Dès les premiers instants où il s'était lancé à corps perdu dans sa toute première entreprise politique, aussi rudimentaire et guère plus sophistiquée qu'une campagne pour être élu délégué de classe qu'elle avait été, il n'avait jamais perdu le sens des mots qu'Hiruzen lui avait répété, ce jour-là :

Connais ton sujet. Démonte-le. Comprend comment il fonctionne. Apprend ses motifs, ses irrégularités et ses rythmes. Les milles petits morceaux de son cœur, la façon dont ils s'emboitent. Les façons dont ils ne le font pas.

Avant de songer à élaborer des stratégies pour écraser tous leurs concurrents, ou à se lancer dans la préparation d'un plan de campagne compliqué censé révolutionné le parti Unitaire, ou redonner à Konoha sa grandeur d'antan, il devait savoir avec quelles armes il se battait. Et surtout, avec qui. Donc, dès l'instant où Tsunade l'avait mis sur le coup, il s'était, dans cette optique, attelé à essayer de comprendre – analysé, décortiqué, disséqué -, qui était Kakashi Hatake.

Une chance que la biographie de l'alpha soit plus qu'amplement documentée. Il n'avait eu qu'à se servir, au milieu des vieux journaux, coupures du presses, magazines peoples, interviews, ou même obscure vidéo sur un site non référencé. Muni d'une bonne connexion Internet, de beaucoup de zèle et d'une rigueur sans borne, Iruka était parvenu à remonter assez loin dans l'enfance de Kakashi pour pouvoir se faire une idée générale de ce qui constituait le background de son personnage médiatique.

Après une grosse gorgée de son café, il récupéra son bloc-notes et un stylo pour checker ce qu'il avait déjà poinçonné jusque-là.

Kakashi Hatake. Trente-six ans. Alpha. Signe astrologique Balance.

Il était orphelin, comme tant d'autres dans cette grande capitale militaire qu'était Konoha. Il n'avait jamais connu sa mère, celle-ci morte en le mettant au monde. Son père, ancien haut gradé de l'armée, surnommé 'le Croc Blanc', s'était suicidé quelques années après l'une des dernières missions ratées de sa carrière.

Épisode qui n'avait pas empêché son fils d'exploser des records de précocité dans plusieurs domaines.

La première chose qui ressortait chez Kakashi, c'était son intelligence hors du commun. Il était un génie. Littéralement. Son QI était estimé à 158.8. À cinq ans, il avait été reconnu comme un haut potentiel intellectuel. Après la mort de ses parents, Minato Namikaze, général d'armée à cette époque, l'avait pris sous son aile et s'était chargé de son éducation. À seize ans, Kakashi était entré à son tour dans les forces spéciales. Il avait servi pendant la Troisième Grande Guerre avec le grade de capitaine – alors qu'il avait à peine dix-huit ans ! -, et fut décoré pour bravoure au combat et propulsé au rang de héros de la nation.

Iruka fit une pause, forcer de constater qu'il avait plus de choses en commun avec cet homme qu'il n'aurait pu le concevoir, de prime abord. Il releva les différences et les similitudes qui tendaient à rapprocher leurs parcours. Tous les deux avaient beaucoup perdu, beaucoup trop jeunes. Tous les deux avaient été recueillis par des hommes accaparés par de trop grands desseins. Mais à la différence de Kakashi qui aussi, ne venait, de base, pas d'une famille politisée, il ne s'était pas tout de suite tourné vers la politique.

L'oméga était l'un des abondants dommages collatéraux de la Troisième Grande Guerre. Comme lui, beaucoup d'enfants de sa génération étaient adoptés. Et si avoir eu la chance d'être intégré dans une nouvelle famille ne déterminait pas nécessairement l'avenir d'un individu, Iruka savait que, en ce qui le concernait, s'il n'avait pas grandi élevé comme un Sarutobi, il aurait eu une existence drastiquement différente de celle qu'il menait aujourd'hui.

Il n'imaginait pas ce à quoi aurait ressemblé son enfance sans les opinions bien arrêtées d'Hiruzen, ses professions de foi, ses doctrines ou ses grandes déclarations. Sa passion de la lecture, il la lui devait, il lui en avait inoculé le virus au tout premier jour. Quand il était petit, il lui parlait des marches pour les droits civiques et lui expliquait pourquoi les conflits entre le Pays des Tourbillons et le Pays du Feu était un désastre dans lequel le gouvernement de l'époque s'était fourvoyé. Selon lui, le monde offrait sans cesse des occasions de parfaire son instruction morale. L'idée qu'Iruka ne fasse pas d'études supérieures n'était même pas envisageable. Il n'avait jamais manqué d'ambitions pour son fils adoptif.

C'était grâce à Hiruzen, même dans les périodes les plus révolutionnaires de sa jeunesse, qu'Iruka était susceptible d'éprouver de l'admiration pour une entreprise bien gérée, grâce à lui qu'il était capable de lire les pages financières du journal, et grâce à lui qu'il était enclin à se méfier des déclarations grandiloquentes prônant le renversement de l'ordre établi et la refondation de toutes pièces de la société. Il lui avait enseigné la valeur du travail et de l'effort, même face au labeur le plus rebutant, et le sens des responsabilités, même quand celles-ci étaient contraignantes. Il lui avait appris à concilier passion et raison, à ne jamais se laisser emporter quand tout allait bien, ni se laisser abattre quand tout allait mal.

Oui, être adopté avait changé la trajectoire de son existence. Il imaginait que pour Kakashi, après qu'il ait perdu son père d'une manière aussi brutale que tragique, c'était la même chose. Qu'était Maitre Namikaze à ses yeux ? L'homme qui était venu remplacer son père ? Un simple mentor ? Un modèle ? Quelle genre d'enfance avait-il eu ? À quels sacrifices avait-il consenti ? Après la guerre, il était revenu en homme changé, chose attendue. Il avait cultivé de cette expérience des talents martiaux, de l'autodiscipline spirituelle et une sensibilité esthétique qui se fondaient en un tout unique, homogène.

Il semblait avoir vécu mille vies, là où certaines personnes deux fois plus vieilles que lui s'étaient contentées d'une existence rangée et monotone.

D'enfant soldat, à agent spécial, militaire, figure publique, homme d'affaires, et maintenant, prétendant au plus haut titre institutionnel du pays.

La période juste après la Troisième Grande Guerre était toutefois celle la plus floue de son parcours. Mais c'était aussi celle où il faisait ses débuts sur la scène publique, émancipé de l'image de pupille du Quatrième du nom. Il commençait à être une personne à part entière, avec son propre palmarès, plus seulement de soldat d'élite mais aussi de prodige des affaires. Il avait monté un empire, pas à partir de rien, c'est vrai. Sa famille lui avait légué une belle fortune qu'il avait habilement investi. Des actifs dans plusieurs sociétés et des partenariats gagnants avec de grands noms, notamment les Uchiha. Il était au sommet du monde qu'il s'était bâti, et aspirait vraisemblablement encore à plus.

Il était l'exemple de la réussite.

Et pourtant, sur certaines photos, datant toujours de cette même période, Kakashi lui semblait…tiraillé.

Comme si, en raison de la singularité de ses ascendances, des différents univers qu'il venait de quitter, il était partout et nulle part à la fois, un assemblage de qualités hétéroclites et mal assorties, comme un ornithorynque ou quelle autre créature imaginaire, confiné dans un habitat fragile, incertain de la place qu'il occupait dans le monde.

Ou alors l'oméga extrapolait. Il voyait des ombres où il n'y en avait pas. Peut-être cherchait-il inconsciemment à lui apporter plus de profondeur. Inutilement sans doute, car rien dans le parcours de cet homme n'était typique.

Même ses plus farouches détracteurs lui reconnaissaient une intelligence supérieure. Ainsi que plusieurs journalistes l'avaient fort justement fait remarquer, Kakashi était capable d'écouter vos arguments, de les reformuler mieux que vous n'auriez su le faire, puis de vous prouver pourquoi vous aviez tort.

Il avait également la réputation d'être arrogant et de ne pas respecter le politiquement correct.

Iruka avait commencé à faire ses petites recherches sans grandes convictions, principalement pour se préparer à leur prochaine confrontation. Or, le relatif attrait du départ se transforma rapidement en véritable curiosité. Plus il en apprenait et plus il voulait pousser.

C'est donc sans surprise, qu'en écumant les articles qui retraçaient l'enfance peu ordinaire de l'alpha, il tomba sur plusieurs vidéos, ou extraits de vidéos, des interviews auxquels Kakashi avait participé au fil des années. Une en particulier retint son attention. Celle-ci datait de trois ou quatre ans, et se passait dans une émission menée par une animatrice très populaire, mais qu'Iruka ne suivait qu'occasionnellement. Il visionna l'extrait, la pulpe de son pouce coincé entre ses dents, écoutant avec son corps entier, désireux d'absorber le moindre détail.

Kakashi arriva sur le plateau et un tonnerre d'applaudissements retentit. Ses jambes ridiculement longues lui auraient donné un air maladroit, si sa démarche n'était pas si conquérante. Il y avait une rigueur dans ses mouvements, une précision et une concentration qui ne laissait aucun doute qu'il ait servi dans l'armée. D'autre part, il n'avait l'air aucunement décontenancé par sa soudaine célébrité, bien au contraire, il paraissait aussi à l'aise dans la conversation que dans les moments de silence. Il avait une manière très honnête de s'exprimer, qui s'apparenterait peut-être à de la cruauté, qui avait quelque chose de fascinant. Avec cette désinvolture naturelle qui émanait de sa personne. Yeux étincelants et sourire ravageur, effronté, fanfaron, irrésistible. Son regard dur, incorruptible, qui mettait au défis.

Iruka appuya sur sa barre d'espace pour mettre la vidéo sur pause juste au moment où Kakashi fixait la caméra, d'une manière si intransigeante, qu'on aurait dit qu'il lui rendait son regard avec affabilité.

Oh, Iruka se souvenait de ce regard.

En mai dernier, le jour de leur tout récent premier 'vrai' contact, dans le Leaf Office, au palais du gouverneur. La soudaine présence écrasante de l'alpha, qui l'avait forcé à subir un examen méticuleux et parcouru sa silhouette longue et mince d'un œil lent, calculateur.

Un regard qui avait provoqué des réactions chez lui, qu'Iruka n'avait toujours pas envie d'analyser.

Fort lui était de constater que, même à travers un arrêt sur image d'une vidéo quelconque, il lui donnait toujours le sentiment de se retrouver tout en haut d'une montagne russe, sur le point de dévaler une pente vertigineuse.

Le corps fourmillant, l'oméga parvint néanmoins à s'arracher au magnétisme qu'exerçait sur lui son étrange 'client'. Il jeta un coup d'œil à la pendule fixée au-dessus de la porte et constata avec surprise qu'il était un peu plus de 13 heures. Il inspira profondément pour retrouver son calme, se leva de son siège et s'étira. Les drivers étant la meilleure invention du dernier siècle, il attrapa son téléphone pour se commander des sushis.

Lorsqu'il s'assit de nouveau sur sa chaise de bureau, les yeux rivés à l'énorme écran de son ordinateur, il put de nouveau analyser le personnage avec froideur.

Kakashi n'avait pas été l'enfant qui écrivait des lettres à l'école primaire où il racontait qu'il voulait devenir gouverneur quand il serait grand. Il n'y avait aucune preuve irréfutable que son idéalisme revendiqué n'était qu'une façade dissimulant une ambition dévorante.

Iruka ne pouvait pas l'affirmer avec certitude, mais il avait le sentiment que l'alpha se présentait non pas parce qu'il avait toujours voulu devenir gouverneur ou qu'il y était naturellement destiné – quoique cela relevait d'un autre débat -, mais parce que l'époque exigeait le changement.

S'il avait retenu une chose de son entretien avec Tsunade, c'était que Kakashi Hatake était un instrument de la paix. Il devait gagner les élections. Car ils vivaient dans un monde où la moindre étincelle pouvait faire exploser la paix internationale pour ne plus laisser place qu'à ce que tous redoutaient: une quatrième guerre.

Des guerres qui avaient amené des enfants à tenir des armes sur le front et qui avaient condamné d'autres à grandir sans le moindre espoir de profiter un jour de l'amour de leurs parents.

Konaha était passé de guerre incessante à une paix étroitement réglementée. Mais peu de gens avaient la conviction que cette paix durerait. Des années de guerre civile faisait qu'ils ne pouvaient considérer la tranquillité présente que comme fragile et fugace. La capitale était prospère, mais le fait d'ignorer combien de temps cela durerait aiguisait l'appétit des plaisirs.

Kakashi ne pouvait se comparer à rien ni à personne, cependant, Iruka était convaincu qu'il serait hasardeux de s'en remettre à un seul et unique leader charismatique pour faire advenir le changement. Il avait croisé, au cours de ses nombreuses expériences, bon nombre d'individus bardés de références et au QI élevé qui n'en étaient pas moins des crétins.

Un mouvement politique, même animé par la plus formidable énergie, ne serait pas viable à terme s'il ne s'appuyait pas sur une structure, une organisation et certaines compétences dans la conduite gouvernementale ; qu'une campagne fondée sur la lutte contre les inégalités, si honorable soit-elle, suscitait l'inquiétude et des réactions violentes, et finissait ainsi par entraver toute possibilité de progrès.

Et surtout, il y avait le problème Danzo Shimura. Le principal adversaire.

Homme d'une immense intelligence, il ne s'était épargné aucun effort, aucun sacrifice, en dépit des critiques qu'il avait subi, quantité d'attaques et d'humiliations publiques, il avait réussi à se forger une nouvelle identité politique et à se positionner, avec talent et ténacité, il était impossible de le nier, comme l'un des favoris incontestables dans la course au Leaf Office. En tant que candidat, jusqu'à maintenant, il avait réalisé un parcours presque sans faute, coché toutes les cases, remporté la plupart des débats et amassé un trésor de guerre impressionnant. Tout en mettant toujours en avant sa fierté inébranlable d'appartenir à Konoha, l'idée que le Pays du Feu était la plus grande nation au monde, n'était jamais remise en cause – ça allait de soi. Il se lançait dans d'interminables débats avec ceux pour qui l'hégémonie des grands pays était à l'origine du malheur des peuples opprimés du monde entier.

Et voilà que Kakashi Hatake annonçait sa participation, le faisant se retrouver soudain au coude à coude avec un homme de près de vingt ans son cadet, qui n'avait pas eu autant que lui à faire ses preuves, qui n'avait pas payé le même tribut au combat politique, à qui tout paraissait sourire et à qui semblait systématiquement accordé le bénéfice du doute. Danzo Shimura était trop souvent accusé d'être un belligérant, mais honnêtement, qui n'aurait pas été énervé à sa place ?

« J'ai récupéré cette chemise au pressing pour toi ! »

Avec un soupir, Iruka referma le mail qu'il était en train de lire et leva la tête. Sa meilleure amie, Anko Mitarashi, venait de faire irruption dans son bureau, une housse à vêtements jetée en travers de son épaule.

« Je te jure que si je te vois une minute de plus dans cette monstruosité à carreaux, je la brule. »

Iruka plaqua son menton sur le haut de son torse afin d'étudier ladite monstruosité – un cadeau d'Ebisu pour leur dernier anniversaire.

« Elle a des coudières, Iruka ! », s'exclama-t-elle, l'air réellement scandalisée. « Quel âge as-tu ? Soixante-dix ans ? »

Refermant la porte derrière elle d'un vigoureux coup de pied, Anko agita la housse sous son nez.

« Tu ne peux pas te rendre à ce rendez-vous habillez comme un grand père », déclara-t-elle, catégorique, les mains sur les hanches.

« L'entretien de travail n'a lieu que demain », corrigea-t-il, les yeux plissés.

Anko était encore plus frénétique que lui à l'idée de ce déjeuner d'affaires depuis qu'il lui en avait parlé. Il commençait à regretter de l'avoir fait, d'ailleurs. Mais depuis cet horrible jour de rentrée où ils avaient fait connaissance au Young Magnet Pensionnat of Konoha, il y a presque quinze ans, il la mettait au courant de toutes les cabrioles de sa vie. La réciproque était vraie, et souvent, en raison du caractère volcanique de la jeune femme, bien plus intéressant à écouter.

Avec un soupir un rien exagéré, cette dernière alla s'asseoir dans l'un des fauteuils qui faisaient face au bureau d'Iruka.

« Où est-ce que ça aura lieu exactement ? », s'enquit-elle.

« Dans un restaurant, sur Central Street. L'Angel, je crois. »

Le visage de la jeune femme s'éclaira d'un mélange de reconnaissance et d'excitation.

« Oh, j'adore ! C'est un endroit merveilleux où manger. Ça fait partie d'un grand conglomérat. Le propriétaire possède plusieurs chaines d'hôtel dans la région. Mais l'Angel est sans doute l'un des meilleurs restaurants de la ville. »

Iruka n'était pas étonné qu'elle connaisse le lieu. Anko avait une attitude et des tendances très bobo. Les petits cafés hippies, les enseignes branchées, et les restaurants étoilés restaient ces endroits de prédilections.

« Tu vois, raison de plus pour que je ne te laisse pas y aller habiller comme un septuagénaire », argua-t-elle en claquant la langue contre son palais d'un ton docte. « Tu dois te mettre sur ton trente et un, dauphin ! »

Iruka retint un soupir, même s'il allait probablement écouter ses conseils.

« Ça va ? », s'inquiéta-t-elle soudainement. « Tu as l'air… »

Elle pinça les lèvres, semblant chercher le terme le moins offensant de son vocabulaire avant de finalement lâcher :

« Patraque. »

Il retira ses lunettes de lecture et se frotta les yeux.

« Je suis simplement fatigué. »

Les dernières semaines avaient marqué le début d'un stress qui allait certainement s'étendre sur les six prochains mois. Il avait dû gérer beaucoup de choses à la fois, en peu de temps. À commencer par devoir marcher sur les plates-bandes de Katsuyu – qui avait déjà abattu un travail conséquent - tout en apposant les dernières lignes sur les dossiers de Manabu qu'il se devait obligatoirement de clôturer avant de tirer sa révérence au ministère de la Justice.

Et aussi, ce fameux mail, arrivé lundi matin, qu'il avait reçu de l'assistant de Kakashi et qu'il relisait avant l'arrivée de son amie. Un déjeuner dans un restaurant en ville, pour faire plus ample connaissance. Se familiariser avec l'équipe qu'il était désormais censé coordonné. C'était tout ce que ça disait mais il était certain que Kakashi lui-même lui demanderait un entretien en tête en tête. Ce qu'il ne redoutait ou ne craignait pas. Parce que ce serait totalement contre productif. Il allait littéralement travailler en étroite collaboration avec lui pendant des mois.

« Le stress de devoir continuellement être la tête à abattre, ah, je sais ce que c'est… », souffla Anko avec une inflexion faussement fataliste.

Elle était la journaliste far au sein du Konoha Asahi Shimbun, le journal le plus suivit du pays. Elle avait beau se plaindre, prétendre qu'elle y vendait son âme, elle ne le trompait pas. Il savait qu'elle adorait son travail. Pour couronner le tout, son professionnalisme, son inépuisable énergie et sa voix de stentor, faisait qu'elle y excellait.

Les journalistes n'avaient généralement pas beaucoup de temps. C'était au cours des trois premières secondes qu'ils jugeaient si un communiqué de presse était digne d'intérêt ou bon pour la poubelle. Avoir Anko à ses côtés pour examiner tout ce qui allait paraitre dans la presse écrite était une aubaine. Elle s'était occupée de la déclaration de candidature, celle qui présentait le tout nouveau staff de campagne du parti Unitaire, ainsi que de tout le côté annonce à la télévision, radio et presse papier.

En échange Iruka s'assurait qu'elle aurait l'exclusivité sur certaines informations. On ne pouvait pas dire que ça avait rendu la jeune femme tellement populaire autour de la proverbiale machine à café. Mais c'était comme ça, le monde du travail rimait avec compétitivité.

« N'empêche », reprit-elle avec panache et passant visiblement du coq à l'âne. « Il est chaud comme l'enfer, ton candidat ! »

Iruka suivit son regard, baissant les yeux vers le journal posé sur la table. En première page s'étalait le visage pixélisé de Kakashi Hatake, avec pour légende : Un prodige à la tête du pays ?

« Oh, pitié, Anko. »

« Quoi ? C'est la vérité ! Un mètre quatre-vingt-sept de beauté insolente et virile. L'archétype de l'alpha, svelte, musclé et qui fait passer tous les autres pour des gnomes. »

« En quoi son apparence est-elle si fascinante ? », souffla-t-il en remettant ses lunettes sur son nez, reportant son attention sur son fichier informatique.

« L'apparence fait tout et tu le sais », affirma-t-elle, comme si elle voyait parfaitement clair dans sa prétendue indifférence.

Iruka espérait sincèrement que non. Sinon il n'en entendrait jamais la fin. Il était le pragmatisme même, à cheval sur les connivences. Si elle découvrait la questionneuse catalepsie qu'il ressentait à l'égard de l'alpha, il se ferait copieusement asticoté. Même si, il estimait, en toute objectivité, que rien dans son attitude n'était outrancier. Il ne se comporterait pas en foutue fangirl. Simplement, n'importe qui serait curieux, à sa place. Kakashi Hatake n'était pas 'monsieur tout le monde', on en croisait pas des comme lui à tous les coins de rues. C'était de la curiosité intellectuelle et surtout, il détesterait être le genre de collaborateur indifférent aux caractères des autres.

« Ibiki est-il au courant que tu as rejoint la liste non exhaustive de tous ceux qui rêvent d'entrer dans le pantalon de Kakashi Hatake ? », la taquina-t-il.

« Oh je t'en prie », ricana-t-elle, levant les yeux au ciel. « Être en couple ne m'a pas rendu aveugle.Tout le monde n'est pas obnubilé par les professeurs des lycées et collèges sans chercher à s'ouvrir à d'autres horizons. »

Iruka roula des yeux à cette plaisanterie récurrente.

« Ebisu va très bien, merci de demander. »

« Je ne veux pas insinuer que tu as des gouts ennuyeux. », répliqua la jeune femme en levant les mains. « Mais ton chéri est loin de posséder le charisme d'un Yakuza. Mais tu sais qu'il l'a par contre ? Un Yakuza très sexy… »

L'oméga se contenta de la fixer avec l'air le plus désabusé dont il était capable, jusqu'à ce qu'Anko abandonne visiblement toute idée de répartie saugrenue et pousse un soupir.

« N'aurais-tu pas une opinion un peu moins superficielle de lui ? », lui demanda-t-il en faisant cliquer son stylo. « Ça, je serais ravi de l'entendre. »

« Tu sais qu'avant même qu'il décide de se lancer dans la politique, j'avais déjà écrit quelques articles à son sujet. », lui rappela-t-elle. « C'est plutôt à moi de te poser la question. C'est curieux que vous ne vous croisiez que maintenant. »

Iruka s'agita sur son siège.

« Tu viens de le dire, il n'était pas un adepte des scènes politiques jusque très récemment. Je ne l'ai croisé qu'en coup de vent… »

À peine quelques paroles échangées, quelques regards, au détour d'une rue, d'un couloir, parfois même sans gestes.

Mais depuis quelques années, où que Kakashi aille, les médias le suivaient. Évidemment, son joli visage et son corps de rêve n'étaient pas pour rien dans son succès avec les caméras.

Ils ne s'étaient plus vus ou même parlés directement depuis cette fameuse entrevue conduite par Tsunade, et cela remontait déjà à presque un mois. Iruka discutait et échangeait des mails principalement avec son assistant – Yamato -, or, il n'avait qu'à mettre le nez dehors pour voir la tête de l'alpha partout. C'était quelque peu agaçant.

« C'est un habitué des soirées où se pressent les peoples habituels. Pop stars, mannequins, acteurs et membres du Tout-Konoha, jeunes artistes pleins d'avenir et rockers sulfureux, aussi célèbres pour leur usage immodéré de certaines substances illicites que pour leur musique… », énuméra Anko, bien informée, sans surprise, comme toujours. « Et partout où il va, quelles que soient les circonstances, il est assailli par les journalistes. Il en a toujours profité pour faire de la pub pour ses affaires. Il est conscient de sa notoriété et il en tire parti de manière intelligente. Tu m'as demandé un avis sérieux ? Je pense que c'est un publicitaire redoutable, rompu à la manipulation des médias. »

Elle agita son index dans sa direction en concluant :

« Et cette habilité à utiliser la presse pourrait être un grand avantage dans votre campagne. »

Iruka émit un bourdonnement dubitatif.

« Vraiment ? Tu crois qu'il sera facile de faire passer cette image de showman arrogant qui donne toujours une histoire à raconter comme le prochain gouverneur de l'État le plus puissant du monde ? »

« Honnêtement, quand je vois des gens comme Danzo Shimura ou Hana Inuzuka aboyer à la télévision, c'est plutôt eux que j'ai du mal à prendre au sérieux. », répondit-elle, faisant roter son siège de gauche à droite de manière ludique. Elle haussa les épaules : « Je suppose qu'ils tiennent certains propos avant tout pour promouvoir la vente de livres ou faire grimper l'audience, mais qui a envie de perdre de précieuses soirées avec de tels grincheux ? Hatake, lui, c'est la promesse de quelque chose de jamais vu. »

« Ça n'a rien d'exotique. Il n'est pas le premier homme d'affaires qui décide de se lancer en politique. »

« Oui mais il est le plus est intéressant, ce qui suscite l'intérêt. Il ne fera pas ce que font tous les politiciens pour se faire élire. En dépit de sa non connaissance du milieu. Les prochaines élections se joueront sur la promesse du changement, et tous ces 'baobabs' (elle fit des guillemets aériens avec ses doigts) de notre paysage politique, par leur personne comme par leur discours, incarnent plutôt la permanence du vieux monde. Les gens sont vaccinés contre leur formules révolutionnaires toutes faites. »

Le plus troublant était que leur démocratie semblait vaciller, être à la lisière d'une crise – une crise qui s'enracinait dans la lutte entre deux visions fondamentalement opposées de ce qu'était et devrait être Konoha. Et malgré sa visible facilité à briller en société, Iruka craignait par-dessus tout que Kakashi ne commette une 'bourde', selon le terme employé par la presse pour décrire n'importe quelle phrase maladroite prononcée par le candidat susceptible de révéler son ignorance, sa désinvolture, sa pensée approximative, son insensibilité, son machiavélisme, sa grossièreté, sa malhonnêteté, son hypocrisie – ou n'importe quelle phrase tout simplement jugée assez éloignée du bon sens commun pour rendre ledit candidat vulnérable aux attaques.

« Maitre Tsunade a mis l'accent sur le fait qu'il ne serait pas facile à gérer », dit-il en se mordillant la lèvre inférieure. « Ou alors c'était une manière polie de me dire que je n'ai pas à me jeter dans un ravin si je n'en suis pas capable… »

Il se demandait si c'était pour cela qu'elle ne l'avait pas tout de suite appelé, tel qu'elle l'avait elle-même mentionnée. Si parmi les 'réticences' qu'elle avait brièvement évoquées, le fait que Kakashi soit un alpha et que lui, soit un oméga, ait joué gros. Elle savait qu'Iruka avait quelqu'un dans sa vie, mais peut-être avait-elle voulu prendre tous types de facteurs en compte, par acquis de conscience. Était-ce même un véritable problème ? Kakashi s'était montré délibérément charmeur, mais c'était un peu sa marque de fabrique, non ? Iruka doutait qu'il soit réellement le type de personne qui l'intéresserait de cette manière-là.

À sa connaissance, Katsuyu était une bêta. Mais, de ce qu'il avait tiré de ses recherches, Kakashi n'avait été vu qu'en compagnie de femmes. Il ne connaissait pas ses préférences – qui ne le regardait que le concerné -, et il fallait peut-être que les gens intègre que, être un alpha ne signifiait pas forcément avoir l'envie intrinsèque de sauter sur n'importe quel oméga – mâle comme femelle -, qu'il rencontrait.

De toute façon, rien de tout cela n'était un problème, encore une fois. Iruka savait comment gérer les alphas. Littéralement tout le monde dans son entourage l'était. Son père, ses frères, sa meilleure amie. C'était une autre chose qu'il devait à Hiruzen, qui ne l'avait jamais traité d'une manière drastiquement différente en raison de son statut. Bien au contraire, c'était parfois comme s'il en attendait plus de lui que de tous les autres.

Iruka n'avait pas été élevé comme les autres omégas, c'était le cas de le dire. Il ne minaudait pas, ne baissait jamais les yeux devant personne et ne rougissait pas sur commande. C'était peut-être la raison pour laquelle son entrée dans le monde du travail et la vie active en générale avait été si abrupt. D'un côté, il y avait la manière dont sa famille le traitait et de l'autre, y avait ce que la société attendait de lui, comment elle le considérait, parce qu'il était un oméga. Il était pertinemment conscient que bon nombre de ses congénères n'avaient pas les possibilités d'évoluer dans des postes aussi importants que celui qu'il occupait lui-même au Ministère de la Justice.

Des gens qui remettaient en cause ses compétences, qui le sous-estimaient, ou qui le prenaient pour un demeurer en raison des préjugés sur la soi-disant émotivité et hypersensibilité des omégas existeraient toujours. C'était à lui de leur expliquer ce qui le dérangeait et pourquoi. Il savait aussi que tous les alphas ne pouvaient pas être mis dans le même panier.

La position de Kakashi sur la question ? Il supposait qu'il la découvrirait en travaillant à ses côtés.

« Dauphin, s'il y a quelqu'un qui peut y parvenir, c'est toi. », le rassura Anko, l'air de lire tous ses doutes sur son front.

Un sourire s'épanouit sur le visage d'Iruka.

L'opinion d'Anko comptait beaucoup pour lui. Et même si elle avait hérité de sa bonne éducation une propension à l'hypocrisie et au compliment factice, elle n'était jamais malhonnête avec lui. Elle lui livrait toujours la vérité nue - l'indice d'une amitié véritable.

« Bien, je dois y aller, j'ai une réunion dans trente minutes », déclara-t-elle en se levant de la chaise d'invité, tirant sur le bas de sa veste pour la remettre en place. « J'attends ton débriefing avec impatience et mon Dieu, porte la chemise que je t'ai apporté et quelque chose qui met qui en avant ta taille fine et la courbe de tes hanches. Je suis certaine que le héros de la dernière guerre appréciera l'effort ! Bonne chance, Iruka ! »

Elle vola vers la porte comme un ouragan, disparaissant avec autant de brusquerie qu'elle était apparue. Iruka la regarda partir, et secoua la tête de gauche à droite, avec un sourire teinté d'une affection résignée. Le siège social du Konoha Asahi Shimbun ne se trouvait pas loin du quartier administratif et au lieu de profiter de ses heures de pauses comme n'importe quelle employée surmenée normale, elle préférait débarquer dans son bureau à l'improviste.

Il refusait d'admettre que ses visites impromptues étaient les moments forts de sa journée.

Après le départ de son amie, son esprit dériva vers le déjeuner de demain et surtout vers Kakashi Hatake…encore.

Ils étaient si différents, tant en termes d'expérience que de tempérament.

Les six prochains mois s'annonçaient riches. C'était la promesse de tout autre chose pour Iruka. Il savait que les pièges seraient nombreux, les compromis, la course perpétuelle aux financements, le risque de perdre de vue ses idéaux en cours de route, et la recherche effrénée de la victoire à tout prix. L'aventure. Les voyages. L'effacement de certaines contraintes.

Il allait devoir compartimenter. Parvenir à tout classer dans une case comme si ses sentiments étaient des données et qu'il devait les ranger dans un dossier bien défini.

Mais ils pouvaient pallier leurs faiblesses respectives. Ils pouvaient former une équipe.

Kakashi ressemblait à un tsunami. Il était une force de la nature, implacable, violent, et personne ne pouvait prédire à quel moment il allait abattre son déluge destructeur.

Ça lui allait bien, cependant. Si l'alpha était une tempête vivante, cela faisait de lui un mini- Raijin, le dieu de la foudre et du tonnerre. Il aimait mieux ça plutôt que de se sentir comme une mandarine en offrande sur l'autel des morts.

Avec cette idée en tête, il quitta son bureau, prêt à affronter la première étape.

Déjeuner avec Kakashi Hatake.

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Contrairement à ce que laisse penser cette fic, je ne m'intéresse pas du tout à la politique mdr XD.

Ne vous attendez pas à ce que les situations évoquées reflètent parfaitement nos réalités sociétales.