Le Hareng: Merci à toi pour le commentaire laissé! :) Et merci également pour ton compliment sur mon style d'écriture. J'avoue que je ne savais pas trop au début de quelle façon j'allais écrire cette fic vu que Link ne parle pas et ne pense pas non plus haha... Mais finalement c'est venu comme ça et j'ai laissé du coup. j'espère que tu aimeras aussi la suite en tout cas!
Jour 4 : Echanges à la pelle
Le lendemain j'étais bien reposé de ma précédente aventure forestière et il était peut-être enfin temps d'explorer cette fameuse Caverne Flagello dont m'avait parlé ce Hibou. Cependant, avant de m'y rendre j'avais eu l'envie soudaine de faire une ou deux emplettes.
En effet, j'avais beau y avoir mûrement réfléchis durant la nuit, mais le cambriolage du magasin de ce marchand me semblait chose impossible. Le gredin n'avait cessé de bien me tenir à l'œil tandis que j'observais ce qu'il avait à vendre. Bon, j'admets volontiers qu'avant d'en repartir les mains vide j'avais fortement pesté contre les prix indécents qu'il pratiquait. J'imagine qu'il a dû se méfier de moi par la suite.
Hasard ou chance, je ne savais pas, mais j'étais finalement revenu sur mes dires précédents car les rubis avaient bel et bien l'air de pousser, sinon dans les arbres, en tout cas dans les hautes herbes. Qui eut cru qu'être jardinier à mes heures perdues rapporterait de quoi acheter cette pelle flambant neuve qui ornait à présent mon inventaire ? Voilà qui expliquait peut-être aussi la joie étrange de cette villageoise tellement contente de passer le balai toute la journée. Peut-être y en avait-il aussi par terre, attendant que l'on trébuche dessus par pure mégarde. La découverte fortuite et bienvenue d'un coffre dans le souterrain de la veille m'avait également apporté un petit paquets de rubis non négligeable.
Creusant l'idée, ainsi que le sol grâce à ma nouvelle pelle, je sentais ma bourse s'alourdir gentiment.
C'était aussi là une bonne occasion d'aller dépenser un peu, de manière toutefois raisonnable, dans cette petite échoppe à l'est du village que j'avais aperçu à mon arrivée mais pas encore visité. Cette jolie maisonnette abritait en fait une sorte de petit jeu d'argent proposant, contre une modique somme en rubis, de pouvoir tenter d'attraper des trésors. Allez savoir pourquoi, j'y avais immédiatement repéré cette peluche en forme de petit lézard vert : un « Yoshi ». La gagner ne fut pas excessivement difficile, tandis que j'empochais également à la suite la plupart des autres lots disponibles. Il y avait là, pêle-mêle, un bouclier parfaitement identique au mien – toujours utile si j'égarais ou brisais celui-ci – ainsi qu'un quart de cœur, quelques rubis remboursant une partie de mes dépenses précédentes et une étrange figurine dont je n'avais aucune idée de l'utilité.
Au sortir de cette échoppe, je fus apostrophé par l'un des enfants du village éblouit par mon adresse à avoir obtenu la peluche Yoshi. Apparemment, il avait tenté lui-même de l'obtenir afin de faire plaisir à sa mère qui en faisait collection. Le gamin suggéra plus ou moins subtilement que j'aille chez lui pour la donner à sa maman justement. N'en ayant pas vraiment besoin – honnêtement, j'ignorais moi-même pour quelle raison j'avais voulu à tout prix l'avoir – j'étais donc monté plus au nord du village pour accéder à sa demande. La femme eut l'air plus que ravie en voyant ce que j'étais venu lui apporter et elle me donna en échange un joli ruban rose.
A partir de là, l'idée d'aller dans le donjon m'était plus ou moins sortie de l'esprit. Esprit qui n'était plus occupé que par la question de savoir ce que j'allais bien pouvoir faire de ce fameux ruban. Il fallait dire que le rose n'allait absolument pas avec ma tunique vert champ. Cependant, de retour au centre du petit bourg, je me souvins que la veille en visitant la maison de Madame Miaou Miaou, possesseuse du chien étrange à grandes dents, j'avais constaté qu'elle en avait d'autres plus petits et nettement moins agressifs aussi. Pour une obscure raison, elle m'avait indiqué que dans sa grange il y en avait notamment un, très coquet, qui adorait les rubans et les collectionnait. C'était apparemment l'une des occupation principales des gens d'ici que de collectionner un tas d'objets parfaitement inutiles de mon point de vue.
Le Kaïkaï – c'était le nom de cette version miniature et parlante du chien dehors – s'empressa de me demander d'échanger mon ruban contre sa boite de pâtée. Hum… Encore une fois je cédais l'objet en me demandant de nouveau ce que j'allais bien pouvoir faire de cette boite indiquée « 100% pur bœuf ». Est-ce que nourrir le chien dehors le rendrait moins agressif ? Pas vraiment pour avoir essayé.
Je repris alors ma quête d'échange - je ne voyais pas comment appeler cette nouvelle petite aventure autrement – dans laquelle j'étais apparemment lancé. Après tout, j'étais toujours coincé sur cette île mystérieuse et la Caverne Flagello n'allait pas s'envoler soudainement parce que je prenais mon temps avant de m'y rendre, n'est-ce pas.
J'étais donc de retour sur la plage de sable fin, à l'eau limpide d'un bleu azuré et tentant de protéger ma tête des chutes arbitraires de noix de coco simiesques.
Je me souvenais clairement qu'Alligo – le crocodile bleu au chapeau de paille – était, comme visiblement tous les habitants de cette île, un fervent collectionneur. De quoi ? De boites de conserve. Je filais donc, entre deux tirs de son voisin le singe, dans sa maison afin de lui proposer un nouvel échange d'objet.
Eh bien, moi qui pensais cette boite allait sans doute rejoindre sa pile en exposition précaire dans le fond de sa hutte, je me trompais. Dès qu'il l'eut entre ses mains – ses griffes ? – il s'empressa de l'avaler tout rond, pâtée 100% pur bœuf et métal avec, avant de la mâcher avec une délectation à peine voilée qui me laissa perplexe bien je n'en montrais rien.
J'avais certes perdu la mémoire, pourtant il me semblait que ce n'était comme ça que se consommait ce « délice », mais enfin… Pour me remercier il choisi de m'offrir un régime de bananes. Voilà qui était déjà plus intéressant pour moi. Au moins, si je ne trouvais personne que ça intéresserait dans les environs je pourrais toujours les manger sur mon chemin pour percer les secrets de cette île bizarre.
J'imagine qu'on pouvait dire que j'y avais gagné au change…
