Hello hello !

j'espère que vous êtes prêt.e.s pour le chapitre le plus intense de cette histoire.

ATTENTION TRIIGER : scène borderline non-consent. Sxxe.

Ce n'est pas une scène safe. C'est une scène réaliste et crue. Avec de jeune adultes ayant vécus beaucoup beaucoup de violence.

bonnes émotions ^^


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Ch 9 - Jour 7 après la crise

Back to Brokeback

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Ils se retrouvèrent le lendemain, et se parlèrent à peine. Toujours claquemurés dans leurs irritations de la veille.

Sasuke avait adopté cette distance froide et concentrée qui le rassurait tant, comme si quatre boucliers de glace pouvaient le protéger du feu qui le dévorait, et de celui qui dévorait l'autre en face.

Naruto partait au contraire dans tous les sens, son énergie tourbillonnant autour de lui sans trouver d'échappatoire. Il soufflait, il pestait, il transperçait l'autre de ses regards énervés.

Ils étaient finalement plutôt drôles à observer.

Deux bombes prêtes à exploser.

Deux jeunes, se comportant enfin comme des jeunes, et non comme des armes de guerre,

Kakashi était rassuré. Tout ceci était normal. Plus normal en tout cas.

Vivants.

Il les surveilla encore un peu de loin, il percevait uniquement leur présence, leurs chakras exaltés et impatients bouillonnant autour d'eux. Moins menaçants que la veille, mais tout de même trop virulents pour rester discrets. Si lui pouvait les sentir de là où il était, il n'osait imaginer à l'intérieur de la cellule. Un sauna d'émotion et de friction.

Une altercation de plus, et tout allait enfin éclater. Ces humeurs étaient bien trop vives pour être contenues plus longtemps. C'était une colère qui demandait à être vue et entendue, reconnue. Elle courait dans leur veine à toute vitesse, n'attendant que la première occasion pour s'échapper et hurler son indignation.

Pas sûr qu'eux-mêmes réalisent le changement qui s'était opéré en eux en seulement quelques jours.

Ils étaient vivants. Tellement vivants.

Pas sûr qu'ils saisissent la nuance.

Pulsion de mort, de vide, d'absence.

Pulsion de vie, de plein, de mouvement.

Deux réalités de la vie d'un ninja. Mais pas en termes de destruction, ou de guérison. Non, ces deux aspects-là, incarnés magnifiquement et respectivement par ses deux élèves, appartenaient uniquement à la vie. Naruto et Sasuke étaient maintenant remplis, parcourus de millions d'émotions, de besoins, et de désirs. La vie avait recommencé à couler dans leurs veines. Exigente, impérieuse et absolue.

Il ne pouvait en dire autant de lui-même.

Kakashi se redressa en s'étirant. Il était toujours du genre à suivre son instinct. Aujourd'hui ne faisait pas exception. Il identifia les autres anbus qui veillaient, sans avoir la moindre idée des allées et venues de Naruto. Ils risquaient d'en avoir une très bientôt si ces deux idiots continuaient à disperser leurs chakras à tout va.

D'un pas tranquille, il se dirigea vers ses collègues, les mains dans les poches, plus discret qu'une ombre.

Aujourd'hui, ses poulains avaient besoin d'intimité.

Dans la cellule, les deux hommes se faisaient face. Le premier, aux cheveux noirs comme la nuit, était appuyé contre le mur, le visage tourné vers les rayons de la lune. Il pouvait deviner la lumière de celle-ci à travers son masque. Elle était presque aussi forte que le regard de l'homme assis en face de lui. Elle l'aidait à l'ignorer. Quelques secondes de plus.

Le deuxième, plus solaire, et habituellement si souriant, était assis sur la banquette, les sourcils froncés, un coude sur le genou, les talons claquant le sol. Il attendait que l'autre parle. Il contemplait la silhouette pâle et élancée qui se découpait sur le mur en béton. C'est cette beauté farouche qui lui rappelait d'attendre. Quelques secondes de plus.

Tous les deux sur leur garde, que l'autre fasse un pas, de plus, de trop.

Tous les deux trop blessés.

Tous les deux trop effrayés.

Que l'autre ne comprenne pas.

Que l'autre ne parle pas.

Que les choses ne changent pas.

Qu'ils se retrouvent de nouveau seuls.

Ils avaient effectué les mêmes gestes que d'habitude. Les mêmes rituels. Et chacun d'eux, pourtant synonyme de sécurité, de confirmation, avait semblé glissant et dangereux. Tout changement devenant possiblement lourd de sens. Comme une déviation de ce qui était habituellement si mécanique, un détour forcé nécessairement significatif.

Il y avait toujours eu des brèches. Un geste plus ambigu qu'un autre, souvent à l'arrivée et au départ, avant de faire le sceau, comme si le fait de ne plus pouvoir parler les rendait plus vulnérables, plus honnêtes, ou offrait seulement une bonne excuse.

Mais aujourd'hui, il n'y avait plus d'excuses possibles.

Sasuke décida qu'il en avait marre de prétendre contempler la lune à travers son bandeau pour éviter le regard incandescent de Naruto et se dirigea vers la banquette. Ses barrières toujours bien en place, il lui demanda de le masser pour qu'ils puissent se coucher.

Espérant peut-être que revenir à leurs habitudes aiderait.

Aiderait au moins à cacher la détresse qui l'habitait. Il était en colère. Contre lui d'abord, de devoir vivre avec ce manque constant quand Naruto n'était pas là. Avec des sentiments qu'il avait pendant des années tenté de refouler et qui aujourd'hui revenaient avec une telle force qu'il se sentait impuissant. Il détestait cette accélération de son cœur à chaque fois que l'autre s'approchait.

Et en colère contre Naruto !

Naruto qui le maintenait autant en vie malgré lui, alors qu'il avait enfin lâché prise! Naruto qui utilisait des mots pour définir leur relation qui n'étaient pas les bons. Naruto qui n'avait jamais compris. Jamais compris, alors que, peut-être — peut-être — ressentait-il la même chose..

Et enfin il était en colère contre sa situation. Vivre dans un monde de sensation l'empêchait de contrôler les besoins instinctifs et émotifs de son corps, de sa peau, ou même de ses nerfs. Tout en lui hurlait de soulagement et de reconnaissance, et de encore, dès que cette main se posait sur lui. Dès que son chakra l'enveloppait.

Quand il lui enfilait ou lui enlevait la camisole, il avait à chaque fois l'impression que ses doigts étaient partout sur lui, qu'ils l'effleuraient à chaque instant, son index sur son cou, puis sa nuque pour dégager ses cheveux, son petit doigt sur sa taille, rapidement, une simple caresse, puis sa main sur son poignet, rapidement aussi, pour l'étreindre une dernière fois avant de l'enfermer à l'intérieur du vêtement ou de l'en libérer. Autant de courants électriques qui lui vrillaient les nerfs .

Invariablement, ce bien-être lui paraissait étranger. Mais, malheureusement, de plus en plus nécessaire. Il savait que Naruto l'avait rendu accro. Accro à ses coups passés, à ses caresses d'aujourd'hui, et à ses déclarations, même si peut-être cet idiot ne les comprenait pas ainsi. Toutes ces petites phrases anodines que Naruto lui lançait parfois et qui lui retournaient le cerveau. Qui l'envahissait de confusion et d'espoirs!

Vivre si proche de Naruto l'empêchait de murer les sentiments plus profonds, plus tenaces, qui avaient toujours été là, mais qu'il avait réussi à repousser. Il se souvenait très bien, enfant, de cette douce chaleur qui montait en lui quand l'autre lui souriait. Cette adrénaline qui explosait en lui quand ils s'engueulaient. Cette envie d'être encore, toujours, le centre de son attention. La satisfaction fière quand il l'était. La disparition subite de sa colère quand ces grands yeux bleus le regardaient. Les contours d'une vie plus douce.

Il avait fui ça. Il avait fui ça et ce n'était pas pour que Naruto l'y confronte encore, avec toute sa naïve bienveillance. Quand il était loin, quand il avait trahi, ça ne posait plus problème. Il avait l'excuse de se battre, d'être ennemi, pour transformer, canaliser ses émotions dans ses points, dans leurs coups. La même intensité. Une issue juste, légèrement, différente.

Et il avait raison, cet idiot. Il n'était pas insensible. Loin de là. Il avait aussi des pulsions physiques tout à fait normales. Ces pulsions, il les ignorait facilement avant, mais maintenant que son corps était malmené et contraint dans une seule et même position toute la journée, et qu'elles étaient initiées par Naruto, c'était nettement différent.

Elles prenaient une tout autre place en lui. Bien plus viscérale. C'était un supplice de les combattre. Voilà pourquoi il était tant énervé. Naruto n'avait aucune idée des envies qui le faisaient vibrer.

Il se mordit la lèvre en s'allongeant. Un grondement amer remontant dans sa gorge.

Masse-moi, avait-il dit. Et il savait que c'était une mauvaise idée. Mais la routine le sécurisait. Ou bien ce n'était qu'une excuse.

Naruto fut évidemment surpris par la demande. Il ne s'attendait pas du tout à ce que Sasuke veuille être touché vu comme il était en pétard contre lui. Il s'empressa de répondre à la demande, peu sûr de lui, mais sentant déjà l'impatience le gagner, l'impatience et une légère indignation. Il fit courir ses doigts sur l'épaule et le bras abîmé. Mais sans fioritures, en restant bien dans le chemin! Ses gestes étaient plus brusques que d'habitude, il était toujours frustré de la veille. Frustré que ce bâtard ne cède rien. Ne lui parle pas. Ne réponde pas à ses questions.

Sasuke se laissait faire, appréciant de sentir son sang circuler. Son bras allait bien mieux qu'au début. Il ne l'élançait plus et il pouvait le bouger de façon plus consciente aussi. Assez vite, Sasuke partit doucement dans les limbes du sommeil. Naruto ne lui avait même pas encore envoyé une dose de chakra relaxant. Il s'était détendu sous la main magique de son ancien compagnon. C'était plus fort que Sasuke, comme un interrupteur. Dès que la chaleur de Naruto se collait à son corps, la réalité prenait des contours différents. Le rêve l'emportait, et c'était paisible, confortable. Un état que Sasuke éprouvait rarement, et qui, s'il lui laissait toujours ce goût amer de trahison, ne lui permettait aucune option de repli.

Il s'endormit, et il sentit Naruto s'étendre derrière lui, dans leur position habituelle. Il se crispa d'abord. La rancœur remontant. Mais elle semblait loin. Inaccessible, cachée par le brouillard du sommeil. Sa conscience plus réellement apte à rationaliser.

Alors, quelque part, il s'enfonça dans l'étreinte qui l'enveloppait. Et son chakra fusionna en douceur avec celui qu'il avait fui.

C'était une sensation étrange. Comme ériger sereinement un cocon autour d'eux.

Ne devenir plus qu'un.

Naruto, en sentant l'énergie de Sasuke s'ouvrir à lui, se précipita. Laissant couler tout ce qu'il avait en lui pour y inclure celui qu'il avait dans ses bras. Pour le remplir et l'envelopper. La fusion lui fit perdre le souffle quelques instants. Il appuyant sa tête contre la nuque blanche et le sera un peu plus contre lui.

Il sombra dans le sommeil à son tour, mais un sommeil agité, fait de vagues, de corps glissant l'un contre l'autre en gémissant.

Sasuke émergea de cet état cotonneux comme d'une longue apnée. Il était transpirant et légèrement haletant. Naruto dormait derrière lui, collé, vissé à lui, comme si chaque partie de son corps devait à tout prix entrer en contact avec le sien. Il prit quelques instants pour savourer cette couverture chaude qui l'enveloppait, avant de se rappeler sa frustration contre son idiot d'ancien partenaire. D'énumérer mentalement toutes les raisons qui l'empêchaient absolument de profiter de cette étreinte.

Il leva les yeux au ciel, Naruto était une sangsue.

Littéralement.

Il s'extirpa avec sang-froid de ce piège qui lui anesthésiait les sens, ondulant pour se défaire un peu de la prise de l'octopus derrière lui, mais fut surpris par une intense décharge de plaisir. Quelque chose était resserré autour de son sexe, celui-ci tendu, très tendu, contre le tissu de sous-vêtement.

La pression qu'exerçait cette main sur lui était forte. Vicieusement séduisante.

Une onde de plaisir l'assaillit une nouvelle fois, et il dut recourir à toute sa volonté pour se défendre de se frotter à nouveau contre cette surface.

Il jura. Il devait s'arracher à ces sensations, alors que tous ses nerfs écrivaient en néon rouge dans son cerveau que c'était bon. Qu'il devait rester là. Il inspira un bon coup. Du plaisir charnel pur. Rien d'autre.

Il se dégagea vivement, le visage en feu et le cœur battant maintenant à toute vitesse. Derrière lui, Naruto se détourna en grommelant, croyant probablement être dans son lit. La grande exclamation terrifiée, ainsi que le bruit mat d'un corps qui s'écrase, lui apprit qu'il venait de s'étaler de tout son long au bas de la banquette.

Un sourire lui barra le visage. Il aurait tant voulu assister à cette scène. L'enregistrer pour pouvoir se moquer éternellement de cet idiot blond.

« Ça t'apprendra à me piquer ma place. » Grogna-t-il, toujours amusé par les images que les sons lui envoyaient.

Naruto avait paniqué dix bonnes secondes avant de comprendre que personne ne l'attaquait. Mais quand il vit enfin clair, il tomba sur le visage rieur et ensommeillé de Sasuke tourné vers lui. Mignon. Son cœur pompa. Il réalisa que l'autre venait de le faire tomber et l'attrapa alors à son tour pour se venger. Il fut satisfait du cri de surprise et d'indignation qu'il arracha au brun.

Ils roulèrent et chahutèrent quelques secondes. Perturbés de se retrouver si proches après s'être tenus si loin toute la soirée. Navigant entre toutes les émotions et pensées qui les assaillait et dont ils ne savaient quoi faire. Les ignorant résolument pour répondre à plus pressant : se protéger des coups de l'autre. Réagissant spontanément avant qu'un geste ait été amorcé, comme s'ils partageaient les mêmes pensées. Naruto étouffa ses rires dans le cou de Sasuke tout en évitant souplement une clé de bras. Celui-ci se retrouva au-dessus de lui, assis, à califourchon sur ses hanches, prêt à l'attaquer de nouveau à l'aveuglette.

Naruto allait le désarçonner, et repasser dessus, quand un souvenir les frappa d'un coup.

Tous deux revirent avec une précision déconcertante la dernière fois qu'il s'était trouvé dans cette position.

Le flash les projetant simultanément dans l'expérience de l'autre. Sasuke, assis sur Naruto, le visage ravagé par la haine, le défigurait de coups de poing.

Tout était là.

En un instant.

La souffrance de voir celui qu'il aimait tant le haïr au point de vouloir le supprimer.

La souffrance de voir supprimer celui qu'il aimait tant.

Qu'il aimait ?

La plaie qui s'ouvre, béante à l'intérieur. Un peu plus grande à chaque coup.

Le désespoir de ne pouvoir l'aider.

L'horreur de voir les grands yeux bleus tournés vers lui perdre leur lumière, se voiler progressivement d'une tristesse intolérable.

Tous les muscles de Naruto se contractèrent immédiatement et il ne put retenir son bras qui vint dans un réflexe angoissé se placer devant son visage pour le protéger.

Sasuke au-dessus de lui se figea en revivant la scène également, partageant sans barrière ses propres pensées à Naruto. La bile et le dégoût dans la bouche de se voir ainsi à travers les yeux de Naruto. L'incrédulité de savoir que Naruto continuait à vivre et à vouloir le toucher avec un souvenir pareil.

Un tel phénomène d'instant partagé leur était uniquement arrivé à la fin de leur dernier duel. Proche de la mort. Ou parfois en combattant, lorsque leur lien lui donnait l'impression de ressentir ce que l'autre vivait.

« Tu vois ? demanda Sasuke d'un ton où la répulsion suintait. Tu peux faire autant de beaux discours que tu veux, rien n'effacera jamais ce que j'ai fait ! Ce que je t'ai fait. Ton corps se souvient ».

Il s'apprêta à partir, vite, avec l'envie de vomir au bord des lèvres. Mais subitement l'adrénaline dans le chakra de Naruto explosa. Une main le retint fermement et il fut tiré vers l'avant jusqu'à être quasiment allongé sur Naruto, son souffle à quelques centimètres de lui, assourdissant tellement il était proche. Puis il fut tiré encore, son cœur bondit de sa poitrine quand il sentit une texture pulpeuse et légèrement humide se coller à ses lèvres.

« Il suffit de créer de nouveau souvenir. » murmura un Naruto un peu paniqué, ses lèvres collées aux siennes

Une fournaise semblable à celle qu'il avait ressentie un peu plus tôt l'envahit, lui donnant l'impression de suffoquer et de se briser en même temps.

Il tenta de se dérober, pour s'insurger, mais la poigne le maintint en place.

Pris au piège, il fit la seule chose qui lui sembla efficace, il emprisonna la lèvre inférieure entre ses dents, nota rapidement sa douceur et son épaisseur, et la mordit avec hargne.

Naruto le relâcha immédiatement dans une exclamation outragée et vint caresser sa lèvre meurtrie tout en insultant son connard de rival.

Sasuke pouvait parfaitement visualiser la moue boudeuse que devait afficher cet idiot. Il ressentait encore toute la peur que Naruto avait dû surmonter pour accomplir ce simple geste. Comme l'adrénaline qui leur avait foudroyé le corps quand ils étaient entrés en contact. Il resta là, incapable de savoir quoi faire, Naruto toujours sous lui, tentant d'ériger de nouveau ses barrières mentales.

Il envisagea de s'excuser, de caresser de sa langue la blessure qu'il avait infligée. Son cœur accéléra encore à cette idée, lui envoyant une énième bouffée de chaleur dont il se serait bien passé -

« Pourquoi !? » cracha Sasuke hargneusement. Parce qu'ils étaient amis, c'est ça ? C'était pour ça qu'il était prêt à l'embrasser ? Ou pour le guérir ? Pour l'aider, pour lui rendre service, comme la veille, parce que, dans sa grande bonté, Naruto était même prêt à le branler vite fait pour pas qu'il ait les bourses trop pleines!

Un deuxième son rageur sortit de ces lèvres « Tu crois que faire ça va effacer l'horreur que tu ressens encore en te souvenant de ce moment ?! »

« Je ne ressens pas d'horreur Sasuke ! S'écria en retour Naruto. Ça, c'est toi ! Moi aussi, j'ai senti ce que tu ressentais à ce moment-là ! Ça marche dans les deux sens figure-toi ! J'ai tout ressenti, c'était – t'avais mal, toi aussi! ! »

Sasuke se fit repousser avec force par un Naruto énervé et tomba en arrière sur les fesses. C'était loin de lui déplaire. L'adrénaline coulait dans leurs veines. Naruto aussi le sentait. Les mots sortaient maintenant librement. Il avait saisi quelque chose. Sasuke n'arrivait plus à se cacher autant. Cette ivresse de se confronter lui faisait perdre ses barrières.

« Tu m'as menti, Sasuke ! Il n'y avait pas de haine dans tes coups à ce moment-là ! juste de la peine. Ça te faisait mal de me faire mal !

— La ferme, Naruto !

— Non, toi la ferme ! Sasuke, je ne sentais pas de haine, juste de l'amour ! Du manque ! De la souffrance ! » Sasuke tenta de se relever en se détournant dans un gros soupir rageur, mais Naruto le rattrapa encore et le ramena brutalement à lui.

« Sasuke! »

Naruto le tenait par le bras, agrippé à lui, si fort qu'il en avait mal.

« Ça suffit maintenant. Faut qu'on arrête, Dis Naruto précipitamment, presque plaintivement.

- De quoi tu parles, usuratonkachi ! Lâche-moi!

- Teme! Je parle de toi et moi! »

Et juste comme ça la bile qui était restée coincée dans sa gorge et qu'il avait si bien retenue lui dégueula des lèvres.

« Quoi, Toi et moi ? explosa-t-il en s'arrachant à la poigne de Naruto. On est amis n'est-ce pas? Tu me l'as répété 300 fois! cracha-t-il avec venin. C'est bien ça que tu me dis tout le temps Naruto !? »

Sasuke attendit sans bouger, la colère vibrant autour de lui, surplombant Naruto qui devait toujours être par terre.

« Parle-moi, Naruto ! On est amis c'est ça !? » La voix de Sasuke se brisa sur la fin, brisant le cœur de Naruto en même temps. « Sas' je -

— Réponds ! » lui intima encore Sasuke, des larmes lui coulant finalement sur les joues.

« Oui ! Bien sûr qu'on est amis ! s'insurgea Naruto, se relevant précipitamment. Mais je — » celui-ci le repoussa brutalement. « Je ne veux pas de ta putain d'amitié Naruto ! Quand vas-tu enfin comprendre ça ?!

— Mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas être plus! Sas'ke! »

La perspective qu'ils soient finalement animés des mêmes sentiments terrifiait Sasuke, c'était inenvisageable, c'était aller contre sa résolution de n'avoir plus de raison de vivre. C'était le laisser de nouveau contrecarrer ses plans. C'était quelque chose qu'il ne méritait pas. C'était exactement ce qu'il s'était interdit d'espérer!

« OK. Répondit-il amèrement, cessant de repousser Naruto, et permettant à l'autre de le percuter. Plus que de l'amitié ? Bien ! C'est quoi alors ?! demanda-t-il avec exaspération. Un lien fraternel ? Tu embrasserais ton frère, Naruto ?

— Non! J'ai- je… »

Naruto prit une grande inspiration. Il avait chaud, son cœur cognait contre sa cage thoracique avec une puissance assourdissante.

« J'ai beaucoup trop d'autres envies quand je suis avec toi, je... »

Sexe. Alors tout en revenait là pour Naruto. Sasuke eut envie de hurler.

« Tu as qu'à aller fourrer une gonzesse si c'est ta libido qui te perturbe, Uzumaki. Je suis sûr qu'il y en a plein qui seront ravies de s'allonger pour le héros de Konoha ! Ou mieux, ajouta-t-il sans parvenir à cacher l'amertume de sa voix, va retrouver ton précieux ami, Shikamaru. Ou Sakura qui est comme ta sœur. » Naruto accusa le coup avant de lever les yeux au ciel.

« Sasuke, tu m'emmerdes ! Tu m'écoutes pas ! Peu importe ce que je dis tu vas t'énerver ! C'est toi que je veux, Sasuke, putain ! Arrête de faire le con tu veux ! » Puis il l'agrippa par le poignet et l'attira vivement à lui. La chaleur et le torse dur de Naruto percutèrent Sasuke d'un coup.

« Lâche-moi crétin! gronda-t-il.

— Arrête de m'insulter, enfoiré !

— Alors, fous-moi la paix! Je ne veux pas de toi !

— Arrête de MENTIR, Sas'ke !

— JE NE MENS PAS, USURATONKACHI!

— SI, TU MENS! TEME! VAS Y ! Dis moi que tu ne ressens rien pour moi ! Dis moi de partir ! Dis moi de partir en sachant que la seule chose que je veux moi c'est rester près de toi ! »

Sasuke se senti craquer encore. Ses yeux étaient trempés derrière son masque. Il était trop à vif pour arriver à mentir encore, à contenir la profondeur des sentiments. Son poing se crispa, sa bouche aussi.

« Tu vois !?» Réagis immédiatement Naruto. « Je sais que tu ressens la même chose que moi., Sas'ke. Et toi aussi tu le sais ! Merde ! On le sent tous les deux. Je peux plus continuer à faire comme si de rien n'était quand toi tu es si — si — si —

— Si quoi ?

— Si transparent!

— Transparent ?!

— Oui, transparent! »

La main quitta son poignet pour venir se resserrer sur sa hanche, forçant leur bassin à entrer en contact. Forçant Sasuke à sentir toute l'excitation de Naruto. À peine eut-il réalisé que le sexe de Naruto touchait le sien qu'il se sentit commencer à bander à son tour. Cette trahison de son corps le fit voir rouge. Il ne voulait. Il ne devait pas. Il ne méritait pas.

Naruto reprit, la voix toujours ferme, mais plus basse, plus émotive.

« Sasuke, grogna Naruto, je - Il déglutit, sa voix se brisant sur la fin. Il luttait fort pour ne pas accentuer la pression de leur sexe l'un contre l'autre.

Il reprit, la voix hachée, émotive.

« T'as beau t'énerver et me dire que tu me détestes, tu ne me repousses jamais. Presque jamais. Et hier, je sais pas pourquoi, j'avais vraiment l'impression que ça te faisait mal de me demander de partir ! Et t'es pas capable non plus de me cacher ce que tu ressens quand je te touche! Ni quand j'essaye de t'embrasser ! Ni tes frissons, ni ta sueur, ni ton cœur qui bat aussi vite que le mien! Ni même tes érections ! » ajouta-t-il encore une fois, défiant, soulignant l'évidence de ce qui se passait plus bas, entre eux.

« Est-ce que tu me veux, Sas' ? » Et sa voix était rauque, et un peu tremblante. Et elle fit frissonner Sasuke.

« Est-ce que tu me désires ? », reprit-il, et l'évidence de la réponse fut amère pour Sasuke. Sa bouche s'entrouvrit rapidement, juste pour respirer, et il se retint de justesse de se mordre la lèvre.

« Est ce je suis important pour toi!?»

Sasuke serra les dents.

« Arrête de prétendre que tu me connais, Uzumaki.

— Je – Non! Je sais plus quoi penser Sas'ke! J'ai sans arrêt l'impression que tu veux qu'on se rapproche, et si tu savais comme j'en ai marre de lutter contre! Je — » La voix de Naruto changea encore, devenant subitement plus plaintive, presque haletante, comme si les mots étaient chargés d'envies douloureuses. « Putain, je te veux tellement. Je t'aime tellement » conclut-il dans un souffle plaintif. Il avait des larmes plein les yeux, il n'était pas du tout sûr d'assumer le chemin qu'il prenait malgré lui.

Sasuke ne réagit pas. Naruto y vit une once d'espoir et continua.

« Je suis plus en mode sage, mais je reconnais quand même les signes. Même si tu es énervé je suis sûr que là, maintenant, t'as les mêmes envies que moi et, si seulement tu arrêtais de te comporter en bâtard, on pourrait passer à la suite!

— La suite?

— Oui, la suite Uchiha ! »

Et comme pour illustrer ces mots, Naruto frotta cette fois ouvertement son érection contre celle de Sasuke. Épaisse, dure et exigeante à travers le fin tissu.

Sasuke grinça des dents. Qu'attendait-il de plus ? La colère pulsait toujours en lui et dansait furieusement avec d'autres envies plus bestiales, beaucoup plus libératrices.

Il dégagea vivement sa main et vint s'appuyer sur la carotide de l'homme en face de lui.

« Même si mon corps t'envoie des signes comme tu dis, Uzumaki, ça ne veut pas dire que je veux baiser avec toi, crétin. »

Ils restèrent suspendus quelques instants. Toujours collés. Leurs érections toujours présentes.

« Ok! grogna difficilement Naruto, sa trachée toujours écrasée, alors quoi ?! Tu veux quoi de moi !? Dis moi de partir Sas. Pourquoi est-ce que t'es encore collé à moi !? »

La gorge de Sasuke était serrée. Trop serrée. Il aurait voulu se reculer, se défaire de l'étreinte, pour reprendre son souffle, pour y voir plus clair, mais il était pris, scellé sur place.

Incapable de se détourner.

Il se mordit la lèvre, cherchant à reprendre un contrôle qu'il avait définitivement perdu.

Il n'avait aucune envie de se détourner.

Tout ce qu'il voulait c'était oublier. Se perdre. Y croire.

Croire que peut être – peut-être -

Un feulement rageur sortit des lèvres de Sasuke. Mieux ça que pleurer.

« Je te déteste! murmura-t-il à quelques centimètres de ce qu'il supposait être le visage de Naruto.

Et il sentit leur corps se tendre, brûler immédiatement en anticipant ce contact qu'il n'autorisa pas. Pas encore.

— Prouve-le! » lui renvoya l'autre avec morgue.

Et ce fut suffisant.

Comme un appel à l'ordre.

Sasuke prit une inspiration.

Et tout s'accéléra.

Il agrippa Naruto et le retourna violemment contre le mur, appréciant le bruit étouffé qu'il arracha à son connard de soi-disant ami qui les précipitait vers quelque chose qu'il redoutait mais dont il avait cruellement envie. Il céda enfin à ses pulsions. À toutes celles qu'il avait soigneusement refoulées depuis que Naruto l'avait envahi dans sa cellule.

Il attrapa pantalon et caleçon et de sa seule main descendit le tout brusquement. Il ne le toucha pas, presque pas, ou pas volontairement, et pourtant il nota en lui une curiosité avide. « C'est vraiment ça que tu veux? Du sexe? Tu veux juste que je te baise ? » s'entendit il demander, avec beaucoup moins de mépris dans la voix qu'il ne l'espérait. Il se voulait en colère, violent, mais se sentait fébrile, excité, et à deux doigts de s'effondrer.

Naruto expira rapidement. Ce n'était absolument pas ce qu'il avait dit. Non il ne voulait pas ça comme ça du tout, mais il voulait désespérément être en contact avec Sasuke. Il voulait désespérément que les choses changent entre eux et il ne savait pas comment faire autrement,

« — Je ne reviens jamais sur ce que j'ai dit, Uchiha! Lâcha-t-il Mais si t'as pas les couilles pour, lâche-moi! Barre toi! Et plus jamais je t'emmerderai avec ça!» Sa voix avait sonné bien plus incertaine que les mots qu'il lui balançait au visage pour le provoquer. À vrai dire, ils semblaient tous les deux un peu dépassés. « De toute façon t'as jamais été capable de me tuer alors pourquoi serais-tu capable de me baiser, hein?!» Tenta-t-il de nouveau.

Sasuke se saisit de son sexe et se flatta une demi-seconde pour tenter de calmer son érection, s'humidifia, et se plaça face au cul de Naruto. Il jura devant la difficulté de la tâche. Son cerveau comprenant très vite que ça ne fonctionnait pas comme ça. Il agrippa une fesse, qu'il nota rebondie et charnue dans sa paume, et l'écarta avant de se présenter à nouveau. Il sentait l'énergie de Naruto crépiter de panique, il en tirait une certaine satisfaction. Mais il sentait aussi l'ardeur qui s'intensifiait chez l'autre, l'envie, et elle venait danser avec la sienne, continuant à l'exciter.

Naruto se laissait faire, complètement dissocié du cours des événements qu'il avait pourtant provoqués. Il ne s'était pas attendu à tant de violence et à si peu de préparation. Mais peut-être l'avait-il un peu cherché. Putain, il n'en revenait pas qu'il écartait les cuisses pour ce bâtard d'Uchiha.

En sentant que cet enfoiré galérait, il réalisa cruellement qu'il le voulait. Qu'il était déjà tendu dans l'attente d'être pénétré, les yeux plissés et la main agrippée au mur contre lequel il s'était penché. Ça n'allait pas être du bon sexe, mais il s'en foutait, royalement. Il le voulait. Il cracha dans sa main et s'humidifia, prenant aussi une seconde pour détendre son anus et s'ouvrir le plus possible. Sasuke comprit immédiatement et patienta. Puis Naruto attrapa avec douceur le sexe tendu derrière lui, s'empêcha de s'y attarder, étala de nouveau autant de salive qu'il put, et fermement, se pénétra lui-même.

Ça fit mal. Ça manquait carrément de lubrifiant. C'était long et laborieux, chaque centimètre semblant faire grincer leurs parois l'une contre l'autre. Les deux hommes grondaient, leurs dents serrées. Ce n'était pas agréable. C'était à une seconde de douleur de les faire complètement débander. Peut-être pourraient-ils en rire plus tard, pensèrent-ils. Et tout redeviendrait normal. Mais non. Naruto sentait ces sphincters se déchirer, il peinait à reprendre sa respiration, et jurait devant la douleur. Sasuke aussi avait peur que son frein cède et il ne comprenait pas comment son érection pouvait se maintenir. Mais tous les deux continuaient. Perdu encore une fois dans la douleur qu'ils s'infligeaient mutuellement et qui les gardait tellement vivants.

Une fois que Sasuke fut entièrement dedans, il expira, détendant progressivement ses mâchoires crispées, et finalement, réalisa enfin. Un gémissement plaintif et surpris lui échappa « C'est… serré. »

« Connard. Sans… décon-ner ! » Grogna Naruto en expirant lentement, faisant de son mieux pour se détendre et accepter l'intrusion. Mais Sasuke l'entendait à peine. Son sexe était merveilleusement enserré, gainé par le cul de Naruto. Il sentait le corps dans lequel il était profondément entré palpiter autour de lui. Ou peut-être était-ce lui. Impossible de savoir. Tout se mélangeait.

Sasuke expira. C'était bon et en même temps, tellement insuffisant. Uniquement concentré sur son sexe. Tellement loin de l'étreinte si complète qu'ils avaient eue un peu plus tôt. Tellement loin de ce que lui voulait.

Ils restèrent quelques secondes sans bouger. Conscientisant leur position. Un sourire amer étira les lèvres de Naruto. Enfin. Putain. Il saisit la main de Sasuke qui était crispée sur sa hanche et la ramena vers lui, le forçant à se serrer contre lui. Ils réussirent à retrouver une respiration régulière puis il le relâcha, et replaçant la main sur sa hanche envoya son bassin vers celui de Sasuke.

La respiration de celui-ci se bloqua de nouveau pour devenir un grondement sourd et rageur.

« Bouge, Sas'ké! »

Dans une expiration courte, la main de Sasuke se resserra encore sur sa prise et il commença enfin à se déhancher. La sensation de déchirure s'accentua en Naruto, il serra les dents, attendant patiemment que ses tissus se relâchent, s'immergeant dans les autres sensations qui apparaissaient. Dans sa perception de Sasuke derrière lui. Dans le sanglot qui restait coincé dans sa gorge et qu'il avait tant envie de libérer. Les choses ne devaient pas se passer comme ça et en même temps il était incapable de les imaginer autrement.

Dans un feulement rageur, il envoya son bassin plus fermement contre celui derrière lui, décidé à tirer tout ce qu'il pourrait de ce moment. Ne cachant plus ses exclamations de plaisir quand celui-ci apparut.

Sous Sasuke, ou devant lui, lui le corps de Naruto était furieusement en vie. Bougeant contre lui, leur rythme s'adaptant facilement. Sous sa paume une hanche saillait, une courbe au tracer si réel qu'elle le maintenait d'une certaine manière sur terre. Lui rappelait ce qu'il se passait. Il se concentra sur son sexe qui se faisait aspirer. La sensation devint de plus en plus plaisante quand il sentit les parois autour de son sexe devenir plus moites, il s'inséra alors plus vivement, dépassé par ses sensations, son sexe devenant immense dans sa cartographie mentale, chevauchée par le besoin impérieux de satisfaire ce désir montant trop longtemps ignoré. De ne penser qu'à ça. De ne surtout pas penser au fait que c'était le cul de Naruto qu'il martelait. Il accéléra les coups encore, stupéfait de constater comment le plaisir pouvait continuer d'escalader. Immensément satisfait du subit contrôle qu'il possédait. D'entendre ses coups de reins se répercuter dans la voix étonnamment plaintive et essoufflée de Naruto. Une voix qu'il ne connaissait pas.

Il sentit une main se saisir de nouveau de la sienne, leurs doigts se crochetèrent immédiatement, mais il ne se laissa pas déconcentrer. Ignorant toujours aussi savamment la vague d'émotions qui menaçait de le submerger. Il resserra sa prise et, en carrant la mâchoire, accentua la profondeur de ses coups, écoutant attentivement chaque réaction essoufflée et gémissante qu'il provoquait et devenant toujours plus impactif, et agressif. Il ne voulait pas que quoi que ce soit d'autre transpire de lui.

Naruto osa un coup d'œil derrière lui, juste pour voir les muscles tendus, la transpiration, la bouche crispée et les sons rageurs qui en sortaient. La vision, si proche de ce qu'il avait si souvent imaginé, le fit gémir de fascination.

Puis les coups de boutoir accélèrent encore et Sasuke se crispa sur le dos large de Naruto. Il serra la main du brun encore une fois et le sentit répondre, à son tour, s'y accrochant avec fureur. Sasuke tomba brusquement sur son dos, son front collé à la nuque de Naruto, et resserra son bras autour de ses côtes. Le martelant violemment pour atteindre son orgasme.

Naruto était secoué et pénétré avec une intensité brutale, ses gémissements s'intensifièrent immédiatement devant l'afflux de sensation. S'envolant dans une mélopée rapide de halètements sur laquelle il n'avait plus aucun contrôle. Il se laissa faire, maitrisé et complaisant, laissant l'autre prendre tout ce qu'il voulait. Sasuke se rabattit vivement sur lui au moment de son orgasme, tellement qu'il en eut peur pour ses côtes. Le bras s'était resserré autour de lui, et le visage enfoui dans son dos entre ses omoplates. La vague de plaisir qui déferla en Sasuke se répercuta sur lui, et pendant de courtes secondes ils eurent de nouveau l'impression de ne faire plus qu'un. Sasuke s'ouvrait à lui. Incapable de se tenir quand tous ses nerfs étaient secoués de jouissance.

Après quelques instants de spasmes et de respirations silencieuses, Naruto sentit l'étreinte de Sasuke se ramollir derrière lui. Putain, qu'il aurait voulu voir ça ! Le sexe de son compagnon le quitta mollement. Il soupira de soulagement et de perte. Son anus le cuisait violemment. Pourtant, il s'en foutait, il ne ressentait qu'une intense satisfaction. Il avait senti Sasuke se lâcher. Sasuke avait été en lui. Il avait joui en lui. Et même si ça avait fait carrément mal, même si ça n'avait pas été doux, c'était quand même mieux que les coups et les insultes qu'ils s'envoyaient habituellement.

Il se releva en vacillant légèrement laissant Sasuke pantelant s'appuyer contre le mur, lutter pour reprendre sa respiration.

« OK. c'est mon tour maintenant. » Lâcha-t-il durement.

Il saisit Sasuke par les épaules, le tourna et le releva contre le mur. Le dos de l'Uchiha frappa fort le béton. Lui arrachant un cri surpris. Il se remettait à peine de son orgasme qu'il sentit Naruto se jeter sur son cou pour l'embrasser et le mordre. Il frissonna de partout et ne parvint pas à le repousser. C'était trop, il était encore sonné et alangui. Il sentit qu'on le soulevait encore et de lui-même enroula ses jambes autour des hanches de l'homme.

Continuant de ravager le cou blanc de sa bouche, se permettant enfin de mordre et de renifler cette peau si tendre qu'il contemplait de loin depuis des semaines, Naruto présenta son sexe de nouveau tendu devant l'intimité du brun.

Il allait rentrer, le forcer comme lui l'avait forcé.

« Tu le veux toujours? Ça fait mal, je te préviens », prévint-il néanmoins.

L'autre semblait un peu dépassé. Plus abandonné que Naruto ne l'avait jamais vu, et cette vision valait tout le mal du monde. Mais l'Uchiha parvint à redresser la tête.

« Vas-y, Usuratonkachi! »

Le ton de Sasuke était colérique, mais avec une pointe de besoin, de détresse. Naruto comprit que Sasuke le voulait au moins autant que lui.

« Ça va faire mal.

— Tu l'as déjà dit. Pas plus que toi.

— Si. Ça va faire plus mal. »

La rage de Sasuke redoubla. « Si tu oses me ménager je jure que je t'arrache la peau des couilles ! » Ah, comme Naruto aurait aimé voir les deux billes noires le fusiller sur place !

Les ongles de Sasuke s'enfoncèrent dans son dos et ses jambes poussèrent le bassin de Naruto contre lui.

Naruto capitula et se saisit de son sexe. Le moins sexy du monde, et bien content que Sasuke ne puisse pas le voir, il récupera du bout des doigts le sperme qui s'échappait de son cul et en étala sur l'anus du brun en glissant rapidement ses doigts à l'intérieur. Le cul de Sasuke était définitivement fermé. Il le caressa en geste circulaire, ignorant les insultes de Sasuke, puis poussa doucement, laissant les muscles s'adapter tranquillement. Sasuke tressaillit et grogna. Lui répétant de le prendre immédiatement. « Ta gueule Sas et endure » le coupa-t-il. Il était hors de question qu'il rentre comme ça si Sasuke n'avait jamais fait ça. Il entra un deuxième doigt qui définitivement avait du mal à rentrer, et repris ses mouvements de ciseau et de va et vient pendant un temps que Sasuke trouva clairement trop long. Il s'était crispé et immobilisé.

« Détends-toi putain Sas ». Les muscles ne le laissaient pas aller plus loin, il allait s'arracher la bite et clairement faire mal à Sasuke s'il entrait dans ce petit cul vierge comme ça. « Putain Sasuke, faut que tu trouve comment me laisser entrer ou je te jure que je te laisse comme ça.» Malgré tout, Naruto était excité, même si tout dans leur relation était détraqué et tordu, Sasuke était quand même enroulé autour de lui, sa tête dans son cou, complètement immobilisé, et tous les deux étaient uniquement et absolument concentrés sur l'anus de celui-ci. Rien d'autre. Et d'une certaine manière, cette vulnérabilité-là, cette intimité, touchaient Naruto plus que de raison.

Il le sentit grogner et l'insulter encore mais absolument pas le repousser, au contraire. Il semblait concentré et absolument déterminé à ce que ça se passe. Dans une expiration, Sasuke dut comprendre le système, car Naruto sentit les muscles s'ouvrirent un peu, et le laisser rentrer.

« C'est bon maintenant, vas-y. » gronda-encore Sasuke d'un ton menaçant. Naruto acquiesça. Autant ne pas pousser la fierté du brun. Il dégagea son bras. La position n'était pas aisée, il le soutenait maintenant uniquement avec son bassin et le mur derrière lui, heureusement que Sasuke était un guerrier entraîné. Il se soutenait lui-même en partie avec ses jambes et son bras, se soulevant pour que Naruto puisse diriger son sexe avec sa seule main valide vers son entrée.

Sasuke se mordait la lèvre jusqu'au sang, en attente, et quand enfin il sentit quelque chose le pénétrer, son bras valide crocheta le cou de Naruto et il expira bruyamment en serrant les dents. Naruto put le saisir de nouveau et le soutint le temps qu'il s'empale sur lui, à son rythme.

Dépassé par cette douleur qu'il ne connaissait pas, Sasuke se réfugia dans le cou de Naruto. L'odeur de cuir tanné de Naruto le détourna de ce qui se passait plus bas. Cette chaleur, cette douceur qu'il aimait retrouver tous les soirs dès que Naruto lui rendait visite.

Pour la première fois, il passa ses lèvres sur la peau de Naruto. Puis sa langue. Puis il continua à absorber le sexe de Naruto en lui, parvenant à s'ouvrir. Naruto le laissant descendre sur lui en grondant. Et ça continua à s'enfoncer en lui. Lui donnant l'impression que ça n'en finirait plus. Ses dents étaient maintenant enfoncées dans le cou de Naruto, il mordait aussi fort qu'il pouvait, le temps que la sensation se calme, et il sentit un mince goût de fer dans sa bouche. Il se retira vivement.

« M'en fous » grogna l'autre.

En réalité, le blond n'en menait pas large. Il avait senti ses crocs et ses griffes pousser. Il patienta, attendant que les instincts de Kyubi le laissent en paix. Grâce au sperme, l'intrusion avait été plus facile qu'il ne l'aurait cru. Et les caresses de Sasuke dans son cou l'avaient achevé. Le corps qui pulsait autour de son membre continuait à l'achever. Il recula sa tête pour observer le visage de Sasuke. Le voyant immobile et crispé, dans l'attente, il posa ses lèvres doucement sur les siennes.

Le frémissement qui l'accueillit enflamma son cœur.

Beau.

Sasuke était beau. Et cute. Et le voir aussi offert même s'il avait mal était d'un érotisme surprenant.

« T'es trop beau Sas'ke. Putain. »

Si l'homme fut surpris, il n'en montra rien et s'enroula juste un plus serré autour de celui qui le soutenait.

« Ta gueule et fais ce que t'as à faire. »

Naruto sourit amèrement.

« OK » répondit-il, et il baissa son bras sous les reins de Sasuke et le ramena vers le sien d'un coup. Il recommença la manœuvre, s'éloignant un peu, puis se renfonçant. La pression sur son sexe était quasiment magique.

Puis il se détourna du mur, soutenant toujours Sasuke sur lui, et s'écrasa avec lui sur la banquette.

L'épinglant contre le fin matelas, il éloigna son bassin le plus possible sans sortir du corps chaud. La manœuvre fit sursauter Sasuke qui échappa un cri étrangement aigu.

Naruto se figea. C'était quoi ça ?

Décidant qu'il pouvait prendre son temps, il recommença. S'éloigner, sentir l'air sur son sexe, puis se renfoncer, jusqu'à la garde. Un deuxième gémissement, mais plus étouffé cette fois, vint frapper son oreille. Ce son semblait directement connecté à son sexe. Il voulait que Sasuke le refasse. Il continua, et les gémissements de Sasuke ne s'arrêtèrent plus. Il réalisa que le sexe de Sasuke entre eux avait retrouvé sa vigueur. Il réalisa qu'il voulait s'en saisir, qu'il ne pouvait. Qu'il lui manquait une putain de main!

« Accroche-toi », ordonna-t-il brusquement.

Puis, faisant confiance à Sasuke il le redressa un peu pour se tenir un peu plus droit, sans s'appuyer sur sa main libre, les genoux de Sasuke venant se caler sur ses épaules. Sa main finalement libre, il se saisit du sexe de Sasuke et fit de son mieux pour le branler au rythme de ses coups de bassin. L'action arracha un léger grognement à Sasuke qui s'enroula encore plus étroitement autour de lui.

Sasuke avait du plaisir. Il ne pouvait voir son visage qu'il avait enfoui dans son cou. Mais il sentait son odeur et sa transpiration. Ils sentaient le sexe et le besoin vital de l'autre.

Il le prit encore et encore, perdu de le sentir avoir autant de plaisir de lui, perdu de comprendre qu'ils faisaient l'amour. Perdu de sentir son cœur menacer d'exploser.

« Putain je t'aime tellement j'ai l'impression de me briser Sas'ke. »

Le brun devint si serré autour de lui que l'orgasme se fit plus menaçant. Il sut que pour une fois ses mots faisaient écho. L'énergie de Sasuke était ouverte, et au moins autant en mille morceaux que la sienne. Il sentait son orgasme monter alors qu'il en voulait encore. Il voulait plus de Sasuke, de son corps. La folie s'empara de lui alors qu'il sentait ses crocs s'allonger de nouveau.

Une plainte plus profonde que les autres s'échappa de lui.

« Aaarg. Sas'ke. Fuck. J'arrive plus à me retenir. Je suis désolé. Sas'ke »

Son rythme devint erratique, complètement enfiévré. Plus rien d'autre n'existait que l'épaule sous ses lèvres, les respirations dans son oreille, le membre dans sa main, la chair autour de son sexe. Un regard noir que pourtant il ne voyait pas rivé sur lui. L'aimant férocement. Il s'enfonça une dernière fois à l'intérieur de l'homme qu'il aimait tant et se déversa en lui. Il se sentit mourir. Frissonner, comme si sa peau se décollait.

Un sourire lui échappa alors qu'il s'effondrait sur le corps de son amant. Mourir en Sasuke. c'était parfait comme fin.

Il resta là plusieurs heures, ou peut-être seulement quelques minutes. Avachis l'un sur l'autre. Quand Naruto se réveilla, le jour perçait à travers la lucarne et il fut horrifié par l'état de Sasuke sous lui. Celui-ci était recouvert de sperme, de griffures, et là, à la naissance de son cou, c'était probablement une morsure. Ses yeux s'agrandirent encore plus quand il constata que du sang se mêlait au sperme qui avait coulé entre ses cuisses.

L'angoisse lui enserrant le cœur, il s'empressa de projeter du chakra vers Sasuke. Il n'était pas médic mais le chakra de Kyubi pouvait aider à guérir. Il était hors de question que le garde le voie ainsi et encore moins que Sasuke souffre à cause de lui.

« Dobe.

La voix de Sasuke le fit sursauter.

« Arrête de paniquer.» enchaîna le prisonnier d'une voix alanguie et fatiguée. Il semblait presque irrité que Naruto soit réveillé.

Mais la panique de Naruto redoubla.

« Je suis désolé Sas, je — je t'ai fait mal, excuse-moi, je n'aurais pas dû te provoquer, je suis tellement — arf stupide! On n'aurait pas dû faire ça comme â— Je — sans rien pour- » une main ouverte le frappa au visage mollement.

« Hey! Aïe… Pourquoi tu —

— Ta gueule, soupira Sasuke. Je ne peux pas te voir, mais si mon souvenir est bon tu ne dois pas être dans un meilleur état. »

Naruto réalisa soudainement qu'une douleur lancinante lui sciait l'arrière-train.

« Guéris-moi et casse-toi.» Prononça durement Sasuke. La voix calme, fermée.

La panique redoubla. Naruto serra les poings. Il avait espéré que tout serait différent.

« Sas'ke, je — quoi !? Après ça, tu veux que je parte?»

« Tu voulais qu'on baise, tu as eu ce que tu voulais.» réitéra l'autre, toujours aussi impassible. Tous ses murs de nouveau bien en place. Insondable.

« Sas'ke, non c'est pas ce que je veux! Je — je — ça n'a jamais été juste une histoire de baise! Et ça n'a jamais été juste une histoire d'amitié non plus. Ni même juste une histoire de rivalité! Putain! tu es juste tout ça à la fois tu comprends pas ? Je comprends pas ce que tu veux de moi. Tu ressens rien ? Je suis désolé de ne pas avoir mieux compris et de ne pas avoir compris plus tôt. Ou de ne pas avoir eu les mots que tu aurais voulu que je dise. Je suis peut-être idiot, mais je n'ai jamais douté de ce que je ressentais. »

Dans son babillage, Naruto s'était rapproché de Sasuke, il lui avait empoigné la nuque et s'était rapproché jusqu'à poser son front contre le sien.

Il l'aurait tenu là contre lui, pendant des heures.

« Si tu avais compris, tu serais déjà mort », murmura enfin Sasuke après un long silence. D'une voix toujours aussi froide, mais plus douce.

Naruto fronça les sourcils. Encore cette affaire de le tuer? « Tu as essayé de me tuer, Sasuke, ça n'a jamais marché!» Un sourire pâle s'afficha sur les fines lèvres de Sasuke. Il se défit des mains de Naruto sur lui, détournant le visage.

« Oui. Je n'ai jamais pu », lui répondit-il lentement et en pesant ces mots. Il prit une inspiration, plus profonde que les autres. « Mais si tu avais compris ça plus tôt je t'aurais définitivement tué.

— Pourquoi !?»

Sasuke soupira d'un air las. Il était épuisé. Si seulement Naruto avait pu rester là, en lui, autour de lui et arrêter de parler. Arrêter de vouloir mettre des mots qui ne sont jamais les bons. Qui sont toujours si insuffisants. Il inspira encore. Un tremblement malvenu tentait d'agiter ses lèvres. « Parce que tu étais ma seule faiblesse.» Le tremblement se faisait plus fort, serrait sa gorge. Il expira. « Tu m'aurais empêché de venger mon clan et il en était hors de question. Tu m'aurais empêché de faire ce que je voulais et j'aurais dû t'éliminer. Tant que tu ne savais pas, tu n'étais pas menaçant ».

Naruto le regarda plusieurs secondes sans vraiment comprendre. Il tentait si fort d'être calme, contrôlé. Pour la première fois, il voyait le masque de son ami se fissurer.

« Mais tu m'en veux, n'est-ce pas? Tu m'en veux de ne pas avoir compris? »

Sasuke ne répondit pas.

Il avait figé encore.

Puis subitement, sa bouche se tordit, comme saisie d'un spasme qu'il n'avait pas eu le temps de contrôler. Il tenta de détourner le visage, mais l'émotion continua de faire son chemin, son visage se défigurant de plus en plus devant le chagrin qui y apparaissait enfin.

Naruto tendit la main, et Sasuke ne fit rien pour le repousser, essayant juste encore de se détourner.

Et Naruto continua, ses propres émotions l'envahissant, sa main entrant en contact avec l'épaule de son précieux ami. Au contact, les pleurs de celui-ci redoublèrent, et Sasuke s'en voulut apparemment pour ça, tenta encore de se contrôler et de refluer les émotions qui l'étouffaient.

« Sasuke» appela Naruto, sa main se resserrant sur l'épaule.

« Sasuke» appela-t-il encore, et il le tira à lui, doucement, jusqu'à ce que la tête du brun vienne se nicher contre son torse, et Sasuke se brisa encore un peu. Les sanglots se répercutant jusque dans son corps. Des spasmes tellement retenus qu'ils faisaient mal.

Sasuke ne comprenait pas ce qui lui arrivait, mais tout s'écoulait de lui. Comme si avec ces simples mots une valve s'était ouverte brusquement, et qu'il n'y avait plus eu besoin de lutter. Il pleurait et il pleurait encore. Oui. Il lui en voulait d'avoir été si aveugle. Si borné. Aussi borné que lui. Et il savait qu'il n'en avait aucun droit. Il lui en voulait d'avoir toujours été si bon, si désespérément accroché à lui. Il lui en voulait de l'aimer maintenant qu'il était brisé. Il lui en voulait de voir le monde de façon si optimiste, avec tant d'émerveillement, quand lui ne voyait que cruauté et bassesse. Et il maudissait son existence entière. Et il maudissait son frère et sa famille, et il maudissait Konoha et tous ceux qui avaient décidé de le priver de la simple joie d'exister. De la simple joie d'aimer quelqu'un comme Naruto. Et il maudissait les anciens, et le cycle de vie qui l'avait forcé à se réincarner en une éternité de souffrance encore.

Une longue litanie de cris lui échappait et Naruto le tenait de plus en plus fort. Et il sentait qu'il ne tomberait plus. Et les sanglots pourtant ne s'arrêtaient pas. Et peut-être qu'ils ne s'arrêteraient jamais, ou juste une fois qu'il serait complètement épuisé. Et cela faisait peut-être une heure au moins qu'il pleurait ainsi.

Et peut-être que le soleil se levait et qu'il devait être rattaché.

Ou peut-être n'était-il même plus vivant.

Lui et Naruto étaient peut-être enfin morts. Ils flottaient dans un ailleurs plus clément. Dans une vie plus douce ou les Kami n'auraient pas fait d'eux des âmes sœurs. Mais de simples amoureux. De simples frères. De simples amis.

Et quelque chose en lui s'éteignit enfin. C'était un sentiment fugace qui sembla s'échapper à peine l'avait-il identifié. Mais plus aucune amertume ne vint en réponse. Le calme finit par arriver. Et sa main se fit lasse sur Naruto. Se desserrant enfin.

Il réalisa que la joue de Naruto sur son front aussi était trempée. Et que lui aussi s'agrippait à lui en pleurant.

Il resta là à écouter les pleurs de son plus ancien rival. Qui toujours aussi fort ne le lâchait pas. C'était des pleurs plus doux que les siens. Des pleurs soulagés. Un nouvel infime sentiment de paix les enveloppa et il comprit qu'il ne venait pas de lui. Une joie puissante s'échappait de Naruto.

Il soupira en acceptant cette émotion interdite. Si typique de Naruto.

Elle ne lui appartenait pas, mais elle faisait tellement de bien.

Doucement, il se défit de l'étreinte.

Naruto recommença à le guérir le temps qu'il leur restait, allongé contre lui, dans leur saleté, dans leur sang. Puis ils se levèrent. Toujours en silence. Il lui remit la camisole. Chaque mouvement était lent, lourd, languissant, mais aussi étrangement vide. Comme si tout avait été dit. Fait. Ils allaient enfin se séparer. Ils étaient prêts à faire le sceau quand Naruto se rapprocha encore. Collant son corps contre lui encore une fois. Sasuke ravala sa salive, luttant encore, sans vraiment savoir pourquoi il luttait, contre cet instinct qui le poussait à s'enrouler contre le corps de Naruto. Leur énergie se mêla immédiatement et Sasuke ne put rien faire pour la retenir. Ce n'était plus possible. Naruto bégaya. Cherchant ses mots.

« Je - je sais que je ne devrais pas demander. Que... Il fit une sorte de geste vague que Sasuke déduisit uniquement au mouvement de l'air autour de lui, tout ça, devrait suffire. Mais je - j'ai besoin de l'entendre. De savoir. »

Sasuke eut un vague sourire. Et se laissa finalement aller contre lui, posant sa tête contre son épaule comme il faisait si souvent avant, mais... différemment. Son corps entier se moulant à l'autre. Ses émotions circulant librement. Se gorgeant de son odeur et de sa chaleur. De ce sentiment fugace d'être soutenu. Il sentit Naruto se détendre immédiatement et venir l'enserrer tendrement. Si tendrement que sa gorge se serra de nouveau.

« Est-ce que — tenta Naruto doucement, est-ce que ça veut dire quelque chose, tout ça? Est-ce que ça change quelque chose? »

Naruto avait peur d'être rejeté. Sasuke avait peur d'être abandonné. Il était si difficile pour eux d'avoir confiance.

Naruto savait à l'aura de Sasuke que celui-ci avait ouvert quelque chose, et ne le repousserait pas. Ou pas maintenant du moins. Quelque chose s'était enfin brisé. Un dernier mur peut-être.

Sasuke sourit légèrement contre lui.

« Idiot » murmura-t-il doucement.

« Hey! Je – je sais, je —

— Oui. Oui ça change quelque chose, Naruto. »

« Quoi? » murmura Naruto. Sasuke avait envie de lever les yeux au ciel. Encore une question idiote.

— Je ne sais pas. »

Et sa réponse était honnête. Sasuke ne savait pas.

« Est-ce que tu regrettes? » demanda encore Naruto

Sasuke se détacha.

« Non. »

Il sentit toute l'énergie de Naruto se calmer. Un nœud se desserrer.

« Et toi? »

L'énergie de Naruto étincela rapidement. Montant rapidement d'un étage alors qu'un gloussement lui échappait.

« Pff tu rigoles! Plutôt mourir! »

Sasuke sourit.

« Mais, euh… j'ai quand même peur. D'avoir mal. Que tu me rejettes. Mais je le referais si c'était à refaire. Enfin, je veux dire je le referai tout court — parce que j'en ai envie tu vois! Pas parce qu'il faut! Hein? Enfin si tu as envie bien sûr, ou pas enfin — »

Sasuke rit. Un rire léger et rapide, juste un souffle. Naruto se gratta l'arrière du crâne, embarrassé.

« Idiot. »

« Enfoiré. »

Et Sasuke eut chaud.

Et Naruto gloussa.

« Laisse-moi du temps, Naruto. »

Naruto acquiesça.

Bien sûr que plus rien ne serait pareil. Comment, ils ne savaient pas. Mais ce ne serait plus comme avant.

Naruto contemplait Sasuke et ne pouvait se résoudre à tendre la main pour effectuer le saut.

Il ne pouvait se résoudre à partir. Et si tout ceci n'était pas réel? Ce moment où il devrait se détourner lui levait le cœur. Cet horrible moment où lui devrait prendre la décision de partir. De le laisser là. De lui tourner le dos. Avec toujours ce doute. Cette peur. Que ce serait la dernière fois qu'il le verrait.

Sasuke tendit la main dans sa direction, initiant leur rituel de départ.

Naruto profita de ces derniers contacts de leurs mains s'éloignant et se rapprochant comme deux aimants. Se souvenant de comment elles s'étaient agrippées férocement quelques moments plus tôt.

Il fallait qu'il parte. Qu'il laisse Sasuke là. Dans sa cellule. Il n'y avait rien de plus à dire. Rien de plus à faire. Il devait juste partir.

« À dans deux jours Sasuke.»

Et Sasuke disparut de sa vue. Il se retrouva devant la lucarne. En plein jour.

Les mots ne parvinrent pas complètement à Sasuke. Naruto avait disparu avant de les prononcer complètement.

Il eut envie de porter ses doigts à ses lèvres.

Mais il était emmailloté. Incapable de bouger. Et Sasuke pour la première fois eut peur. Une peur si forte que sa gorge se serra pour la centième fois cette nuit. Il avait peur de perdre quelque chose d'important.

Il tourna la tête vers la lucarne, mais il sut que Naruto n'y était pas.

Alors il retourna dans son corps. Dans la douleur. Mais, pour la première fois, celle-ci ne lui fit pas peur. Au contraire. Il plongea dans chaque ecchymose, chaque griffure, dans toutes les inflammations et déchirures qui lui sciaient le corps, les ressentant toutes encore et encore avec un plaisir libérateur.

Il ressentait tellement de choses en même temps qu'il ne savait plus qui il était.

Il avait besoin de se retrouver.

De tenir debout tout seul.

Il avait besoin de temps.

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... Une review ? Please please, partagez moi vos émotions, si vous en avez.

Ça fait vraiment plaisir à recevoir vous avez pas idée ^^

ps : on porte une capote pour ses activités sexuelles qui se passe dans le monde réel, et on utilise beaucoup de lubrifiant pour du sexe anale si on veut que ca se passe bien (et déjà la pour une première fois même avec du libre ça fait mal). So... ne faites pas les idiots comme nos deux héros !