Je rappelle que l'histoire présentée ici ne m'appartient pas, pas plus que les personnages qui lui sont propres. Ils appartiennent à moviefan-92, le site m'empêche de vous mettre un lien directement ici, mais vous pouvez la trouver en tapant son nom dans la barre de recherches des auteurs.
Les personnages et l'univers du Voyage de Chihiro appartiennent bien évidemment au Studio Ghibli.
(A/N : j'ai été surprise et ravie quand mes cours à l'université ont été annulés à cause de la neige. Normalement ils sont si têtus qu'ils ne ferment à aucune occasion. Mais, grâce à Mère Nature, j'ai un jour off pour écrire un peu plus. Dans ce chapitre, comme vous pouvez vous en douter au titre, Chihiro prend une décision et Haku repense à son passé. Bonne lecture.)
Disclaimer : Voir chapitre 1.
Chapitre 12 : La décision de Chihiro et le conte d'Haku
Yubaba était furieuse. Comment sa meilleure employée osait-elle quitter son poste sans permission et sans prévenir qui que ce soit de sa destination ! Yubaba n'avait peut-être plus de moyen de pression sur Chihiro comme celle-ci se souvenait de son nom, mais elle restait sa patronne.
"Où peut-elle être allée?", pensa-t-elle tout haut, "Elle n'est pas dans les environs ; je l'aurais senti sinon. Elle ne peut pas être retournée dans le monde des humains comme le portail ne s'est pas encore ouvert. Où a-t-elle bien pu aller ?"
Haku se rongeait les sangs. Qu'avait-il bien pu lui arriver ? Il ne se le pardonnerait jamais si elle avait été blessée. Les humains avaient tendance à faire des choses assez bêtes lorsqu'ils étaient en colère ou contrariés, et il l'avait vraiment contrariée. Il se gifla mentalement une énième fois.
"Oh non !", s'écria soudain Lin, "Et si un esprit qui hait les humains lui avait fait quelque chose ?"
Haku se sentit geler de l'intérieur. Pourquoi fallait-il qu'elle dise quelque chose comme ça ? Si les esprits pouvaient souffrir d'arrêts cardiaques, Haku en aurait eu un à coup sûr.
"Ne sois pas ridicule.", rétorqua Yubaba impatiemment, "J'aurais immédiatement senti si quelque chose de ce type était survenu."
Lin fusilla la vieille sorcière du regard. "Oh, c'est bon de savoir que vous vous en préoccupez.", répliqua Lin sarcastiquement.
Haku essayait encore de calmer son cœur qui battait à tout rompre. Imaginer qu'un esprit ait pu faire du mal à Chihiro d'une quelconque manière l'effrayait et le mettait dans une fureur qu'il n'avait jamais connue. Bien que Chihiro et lui ne soient pas ensemble, il sentait l'instinct de son dragon se réveiller, l'enjoignant à protéger sa partenaire, qu'elle n'était pas vraiment. Il aurait mis en pièces quiconque aurait essayé de s'en prendre à elle.
Yubaba continuait de marcher de long en large. "Elle doit encore s'être échappée. Mais là, je n'ai aucune idée d'où ni de pourquoi. Elle revient juste de congés."
Elle s'arrêta et repensa à la dernière fois que l'humaine était venue à son bureau pour voir son fils. La jeune femme semblait un peu … à côté de ses pompes. Elle se tourna vers Lin et Haku. Avaient-ils fait quelque chose qui aurait pu expliquer le comportement de Chihiro ? Pourquoi voulaient-ils si désespérément lui parler ?
"Haku, Lin, auriez-vous une idée de pourquoi Chihiro aurait voulu s'enfuir tout d'un coup ?, demanda-t-elle.
La réponse était inscrite sur leur expression coupable. "Nous avons eu … un désaccord hier.", confessa Lin, "ça ne s'est pas bien passé et elle est folle de rage contre nous."
Yubaba s'assit en soupirant. "Bon et bien, voilà qui pourrait expliquer son comportement. Ah, les humains sont si étranges. Mais où aurait-elle pu aller ? Elle n'est allée nulle part dans ce monde hormis, les bains, la rivière d'Haku et ma sœ- …" Yubaba s'interrompit lorsqu'elle compris où était Chihiro. "Mais bien sûr. Elle est partie voir Zeniba. Sa soi-disant mamie. Bien, très bien."
Haku et Lin se regardèrent. Bien sûr Zeniba. C'était le seul endroit où Chihiro pouvait être allée.
"Mais comment s'y est-elle rendue ?", demanda Lin, ne s'adressant à personne en particulier.
Yubaba se tapota le menton, "Comment s'y est-elle rendue la dernière fois ? Je sais que Haku l'a ramenée, mais je suis sûre qu'elle ne s'y est pas rendue de la même manière."
"Elle a pris le train la dernière fois.", expliqua Haku, "Kamaji lui avait donné des tickets qu'il avait mis de côté."
Les yeux de Yubaba s'étrécirent. "Oh, il a fait ça ? Je me demandais. Bien, comme il ne sait pas non plus où est Chihiro, j'imagine qu'elle n'a pas obtenu de tickets de sa part cette fois-ci. Et à part le train, comment un humain pourrait-il se rendre là-bas ? Où aurait-elle eu les tic-"
Yubaba s'interrompit soudain. Pendant un instant elle parut avoir perdu ses mots, mais elle eut un sursaut et se mit à rire. "Non, elle n'aurait pas pu. Elle n'aurait pas osé. Elle ferait mieux de ne pas l'avoir fait." La vieille sorcière ouvrit un tiroir de son bureau et hoqueta de surprise. "ELLE A OSE !"
Yubaba serra les dents, sa mâchoire crispée de colère et de la fumée commença à sortir de l'espace entre ses dents. Haku et Lin ne comprenaient pas quel était le problème, mais quoi qu'ait fait Chihiro, ça devait être vraiment moche pour que la sorcière réagisse de cette manière.
"Je n'y crois pas ! Elle m'a vraiment volé !", cria Yubaba, du feu sortant de sa bouche à chaque mot. "C'est très mauvais ça, ingrate, voleuse !"
Lin recula d'un pas. "Euh, madame, il y a un problème ?", demanda-t-elle, même si cela n'était pas nécessaire car il était clairement visible qu'il y avait un problème.
Yubaba se tourna rageusement vers elle. "Oui, il y a un problème ! Cette gamine m'a volé les tickets de trains qui étaient destinés à Bôh pour qu'il rende visite à mon imbécile de sœur ! Je ne peux pas y croire ! Elle s'est introduite dans mon bureau et m'a volé, à moi !"
"Elle n'aurait pas pu.", dit Haku, prenant la défense de Chihiro, "Personne ne peut s'introduire ici sans être repéré." Ce qui était vrai. Le heurtoir savait qui franchissait le seuil de ce bureau à tout instant.
Yubaba sembla encore plus en colère. "Tu as raison. Un humain n'aurait pas pu. Elle a dû avoir de l'aide ! Mais qui aurait …" Elle fut interrompue par les trois têtes sautillantes qui semblaient lui grogner quelque chose. "Hein ? Quoi donc ?" Yubaba regarda dans la pièce autour d'elle. "Vous avez raison, Yu-bird n'est pas là. En fait, je ne l'ai pas vue depuis hier. Elle a dû voler les tickets pour Chihiro. Quelle traître ! Je m'assurerai de la punir. Et pour Chihiro, oh, elle a du souci à se faire. Quand elle sera de retour, je l'envoie à la porcherie pour une semaine. ça lui apprendra."
La colère embrasa Haku. Il s'avança vers Yubaba. "Vous n'en ferez rien.", dit-il sur un ton glacial.
Yubaba se tourna pour lui faire face. "Comment oses-tu me dire ce que je fais ou ne fais pas avec mes employés ! N'oublie pas, Haku, tu as peut-être retrouvé ton nom mais tu travailles toujours pour moi. Et Chihiro aussi. J'ai tous les droits de la punir pour ce qu'elle a fait !"
Haku ne recula pas. Il ne s'était pas retrouvé dans cette position depuis douze ans, pas depuis que Yubaba l'avait accusé d'avoir enlevé Bôh. Mais cette fois, il ne se défendait pas seulement lui-même, il fit encore un pas en avant.
"Vous ne ferez aucun mal à Chihiro d'aucune façon que ce soit.", dit-il d'une voix menaçante toujours aussi froide. "Jamais, vous m'entendez ?"
Yubaba atteint son point de non retour. "SILENCE DRAGON ! Je ferai ce qu'il me plaît et tu n'as aucun mot à dire là-dessus !"
"C'est une menace ?", demanda Haku. Sa propre magie commençait à s'activer. Il ne laisserait rien arriver à Chihiro.
Yubaba fut forcée de reculer d'un pas devant l'intensité du pouvoir d'Haku. Sa colère était maintenant teintée de peur, et elle savait qu'Haku pouvait le sentir. Elle était peut-être sa supérieure, Haku restait bien plus puissant qu'elle. Il n'y avait aucune chance qu'elle puisse le défier. Sans sa limace maudite en lui pour le contrôler, il était libre de faire ce qu'il voulait.
À contrecœur, Yubaba prit une grande inspiration et se calma. Haku aussi, en voyant la sorcière s'apaiser, bien qu'elle fut encore très en colère.
"Non Haku.", grommela Yubaba, "Tu sais que je ne peux pas te défier. Très bien, je ne la punirai pas. MAIS elle doit rentrer, comme je ne suis pas la bienvenue chez ma soeur, je te laisse aller la chercher."
Haku acquiesça. Il avait prévu d'y aller de toute façon. Chihiro et lui avaient besoin d'avoir une longue discussion avant qu'ils ne reviennent. Il était temps de clore leur dispute pour de bon.
"Je pars immédiatement.", dit-il.
Il s'avança de la fenêtre et se changea en dragon. Il décolla et la fenêtre se claqua derrière lui. Lin était maintenant seule avec la sorcière très en colère. Elle se sentit soudainement très mal à l'aise et ce fut encore pire lorsque Yubaba se tourna vers elle.
"Euh …", marmonna Lin, "Je peux … quelque chose .. pour vous, madame ?"
Yubaba lui jeta un regard noir. "Retourne donc travailler !"
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Zeniba, le Sans-visage et Yu-bird attendaient patiemment que Chihiro prenne sa décision. Vingt minutes avaient déjà passé et elle n'avait toujours rien dit. Zeniba lui accorda tout le temps dont elle avait besoin. Ce ne serait pas un choix facile quoi qu'elle décide. Elle espérait juste que l'humaine écoute son cœur et fasse le bon choix. Mais quoi qu'elle décide, Zeniba la soutiendrait.
Dix minutes passèrent encore avant que Chihiro ne rejoigne les autres. Zeniba la regarda alors qu'elle entrait dans la pièce.
"Ma chérie.", dit-elle gentiment, "Est-ce que tout va bien ?"
C'était une question assez stupide au vu de l'expression déprimée de Chihiro, visiblement, tout n'allait pas bien.
Chihiro acquiesça quand même. "J'ai pris ma décision.", dit-elle.
Zeniba s'assit, attendant que Chihiro lui dise ce qu'elle voulait. "Oui, ma chérie, qu'as-tu décidé ?"
Chihiro avait l'air sur le point de pleurer. Zeniba se sentit mal pour la jeune fille. Cela avait dû être dur pour elle. "Tu te souviens de ce que je t'ai dit à propos de ma prédiction ?", demanda-t-elle. Zeniba hocha la tête. "Eh bien, selon la prédiction du Seigneur Okaia, quoi que je décide certaines personnes que j'aime seront blessées. Si je décide de rester, mes parents seront blessés parce qu'ils ne pourront plus jamais me voir. Mais si je décide de rentrer, tous ceux que j'aime ici seront blessés pour les mêmes raisons. Sans parler du fait que je me sentirai à nouveau misérable. C'est injuste !"
Zeniba ferma les yeux, elle ne voulait plus voir la jeune fille aussi bouleversée. "La vie est rarement juste. Mais c'est ta vie, Chihiro, celle de personne d'autre. Tu es la seule à pouvoir décider de ton futur."
Chihiro hocha la tête, compréhensive. "Je sais. Je sais aussi que je n'ai pas de futur dans le monde des humains. Je n'étais qu'une coquille vide ces douze dernières années. J'en mourrai si j'y retourne. C'est pour cela que, même si je finis par blesser quelqu'un, j'ai décidé de rester."
Zeniba sourit. Elle savait que Chihiro ferait ce choix, mais elle devait s'assurer que la jeune femme était consciente de toutes les conséquences de ce choix. Ça la blessait elle-même de faire subir cela à Chihiro, mais c'était nécessaire.
"Alors, je soutiens ta décision.", dit Zeniba joyeusement, "Je suis juste désolée que tu doives perdre tes parents."
Chihiro fronça les sourcils. "Mais rester n'est pas suffisant." Zeniba leva un sourcil. "Ce monde est le seul foyer que j'aurais jamais, mais ce n'est pas la raison principale de mon choix."
Le visage de Zeniba resta impassible lorsqu'elle dit, "Haku."
Chihiro acquiesça, "Je l'aime, mamie. Je l'aime tellement. Quel que soit le monde dans lequel je vis, il y aura toujours un vide en moi s'il n'est pas là."
Les larmes coulèrent le long du visage de Chihiro. Le cœur de Zeniba se serra cette vue. "Je sais, ma chérie. Tu l'aimes depuis que tu as dix ans."
Chihiro acquiesça encore, "Mais je sais qu'on ne peut pas être ensemble. C'est impossible tant que je suis mortelle. Ce qui me ramène à la raison initiale de ma venue."
Zeniba soupira et se leva pour retrouver le sceau. "Chihiro, sais-tu comment j'ai obtenu cet artefact ?" Chihiro secoua la tête négativement. "Il m'a été donné par mon père. Vois-tu, c'était un sorcier très puissant, mais il a vraiment eu du mal à trouver sa place en ce monde. C'était il y a des milliers d'années, bien sûr, bien avant que Yubaba et moi ne naissions. Un jour, il a rencontré une sorcière, très puissante aussi. Ensemble ils ont bâti les bains que ma soeur possède."
"Pourquoi c'est elle qui possède les bains ?", demanda Chihiro.
"J'y viens, ma chérie, j'y viens.", dit Zeniba, "Après quelques milliers d'années, les bains de nos parents devinrent célèbres dans tout le monde des esprits. Mais après soixante mille ans à diriger cette affaire, nos parents ont décidé de se retirer. Ils devaient léguer les bains à l'une d'entre nous. Ma soeur et moi ne pouvions pas nous entendre et il était hors de question de diriger les bains ensemble. Nos parents combinèrent alors leur magie et créèrent le sceau doré. Ils nous ont fait choisir ce que l'on voulait entre les deux, une affaire florissante, ou un artefact magique puissant."
"Yubaba choisit en premier. Elle avait toujours été avide et l'idée de posséder les bains les plus en vue de ce monde était trop tentante pour elle. Elle prit donc la direction des bains et j'obtins le sceau. Mais Yubaba était trop avide pour s'arrêter là. Elle se mit à convoiter le sceau également. Je pensais que lancer un sortilège mortel dessus suffirait à la décourager, j'espérais bien évidemment que ce sortilège n'entrerait jamais en action mais ça ne fut pas le cas, comme tu le sais."
Chihiro acquiesça, "C'est à ce moment qu'elle a forcé Haku à aller le voler."
"Oui, c'est ça.", dit Zeniba, "Je n'en veux pas à Haku. Je savais que c'était ma sœur qui était derrière tout ça. Vois-tu, lorsque mon père lui a cédé les bains, il lui a fait faire le serment de toujours donner du travail à ceux qui le demandait."
"Pourquoi ?"
"Parce qu'il se souvenait d'à quel point il était dur de trouver un travail quand il était encore jeune.", expliqua Zeniba, "Bien sûr, cela devint un problème pour Zeniba. Elle devait embaucher n'importe quelle personne qui le demandait, et ça ne se passa pas toujours bien pour elle. Plusieurs esprits qu'elle dû embaucher causèrent des problèmes. C'est pour cela qu'elle se mit à voler leur nom, elle avait plus de contrôle sur eux. Mais certains esprits, comme Haku, restaient hors de son contrôle, même après qu'elle leur ai pris leur nom. Elle leur implanta alors des limaces de contrôle pour retrouver de l'autorité sur eux."
Chihiro grogna, "La vieille bique."
Zeniba gloussa, "Oui, ce n'était vraiment pas bien. Nos parents désapprouvaient totalement, mais Yubaba était la seule en charge des bains et nos parents n'avaient plus aucun contrôle dessus. Au moins, elle s'est un peu adoucie depuis que tu es venue. Et elle ne cherche plus à voler le sceau. Je t'en suis très reconnaissante, Chihiro, et je serais heureuse de t'aider de toutes les façons possibles." Chihiro rayonnait, mais Zeniba fronça les sourcils, " Malheureusement, je n'ai pas le pouvoir de te donner ce que tu souhaites."
Les espoirs de Chihiro s'envolèrent, "M-Mais, tu as le sceau."
Zeniba regarda l'artefact magique dans sa main, "Je suis désolée, ma chérie, Mais même avec les pouvoirs du sceau, un tel sortilège me dépasse de loin."
Non. Ce n'était pas possible. Chihiro avait espéré bien trop fort que Zeniba puisse l'aider, mais ce n'était pas possible. La sorcière était son dernier espoir. Chihiro ne savait pas pourquoi elle se sentait si surprise, elle savait que c'était très peu probable depuis le départ.
S'affaissant sur sa chaise, les larmes coulaient librement sur ses joues. "Alors, ça n'a aucune importance que je reste ou que je parte.", murmura-t-elle.
Cela surprit Zeniba. "Que veux-tu dire ?"
Chihiro s'essuya les yeux, mais les larmes continuaient de couler. "Cet endroit est le seul où je me suis sentie chez moi, mais je ne peux pas rester si je ne peux être avec Haku. C'est trop douloureux."
Cela retint l'attention de Zeniba. Elle avait eu une conversation similaire avec Haku à plusieurs reprises. Il avait utilisé presque les mêmes mots : 'C'est trop douloureux de la voir dans ce monde sans pouvoir être avec elle.'
Zeniba se frotta le menton. Elle réfléchissait intensément. "Chihiro, qu'est-ce que tu serais prête à faire pour pouvoir être avec Haku ?", demanda-t-elle, très sérieuse.
Chihiro leva les yeux vers la sorcière. "N'importe quoi." Zeniba commença à faire les cent pas. Chihiro sentait l'espoir l'envahir à nouveau. "Pourquoi, il y a un moyen ?"
Zeniba passa sa langue sur les lèvres. "Rien n'est sûr, mais oui, il pourrait y avoir un moyen."
Chihiro jaillit de sa chaise et s'approcha de Zeniba, "Comment ? Dis-moi !"
La vieille sorcière fit quelques pas en arrière, surprise par le regain d'énergie de Chihiro. "Chihiro, je ne veux pas que tu te fasses de faux espoirs. Comprends bien que ce n'est qu'une théorie. C'est quelque chose qui n'est jamais arrivé avant."
"Je m'en fous !", cria Chihiro, "Dis-moi !"
"D'accord, d'accord. Calme-toi, mon enfant.", Zeniba prit une grande inspiration, "Bien, je pense à la prédiction du Seigneur Okaia. C'est un esprit très puissant. Et pour une raison ou une autre, tu es sensée partir pour une quête durant laquelle tu le rencontreras. Maintenant souviens-toi, c'est juste une théorie, mais peut-être que c'est lui pourra t'aider."
Le visage de Chihiro s'illumina, "Tu crois ?"
L'expression de Zeniba était indéchiffrable, "Je ne sais pas. Mais ses pouvoirs sont bien plus grands que les miens."
"Je vais tenter ma chance !", dit Chihiro, déterminée, "Comment je peux le trouver ?"
A cet instant, Zeniba eut l'air mal à l'aise. "Eh bien, c'est ça le problème. Personne ne sait vraiment où il vit… Ah ha ! Je pense que j'ai un moyen de savoir." Elle leva le sceau. "Montre-nous le Seigneur Okaia."
Le sceau flotta hors de sa main. Il tourna en l'air jusqu'à ce que le crapaud à son sommet fasse face à une certaine direction.
Chihiro regardait le sceau avec curiosité, "Euh, mamie, il fait quoi ?"
"Il nous montre le chemin. Le sceau fait face à l'endroit où se tient actuellement le Seigneur Okaia."
Chihiro fronça les sourcils, "Donc, il peut juste me montrer la direction."
Zeniba acquiesça, "J'en ai bien peur. Sans connaître la location exacte, c'est le mieux que je puisse faire."
Chihiro fixa le sceau un instant avant de dire, "D'accord, j'y vais comme ça alors."
Zeniba se tourna vers elle, "Chihiro, tu es sûre de ce que tu fais ?" Elle avait besoin de faire comprendre à la jeune femme dans quoi elle s'engageait. "Le monde des esprits est très dangereux pour les humains. Et c'est sans même compter les esprits qui haïssent les humains. Tu auras aussi besoin d'avoir assez de nourriture pour ne pas disparaître."
Chihiro tapa du pied contrariée. "Je suis fatiguée d'être encore et toujours traitée comme une enfant vulnérable ! J'ai 22 ans ! C'est peut-être jeune pour vous, esprits, mais ça ne l'est pas pour les veux faire ce que je veux et pas ce que tout le monde veut que je fasse. Arrêtez d'essayer de me faire changer d'idée. J'ai fait mon choix, pourquoi personne ne peut l'accepter ?"
Zeniba resta bouche bée. C'était une facette de Chihiro qu'elle n'avait encore jamais observée.
En voyant l'expression de Zeniba, Chihiro se sentit soudain coupable. Elle ne voulait pas perdre patience de la sorte, mais elle était excédée d'être traitée comme une enfant.
"Je suis désolée, mamie.", dit-elle, "Je ne voulais pas-"
Zeniba se mit soudain à rire, au grand étonnement du Chihiro. "Oh Chihiro, ma chérie, tu as certainement bien grandi.", dit-elle, "Tu n'as plus peur de prendre ce qui te revient ou de faire valoir tes droits. Je respecte cela. Et ne t'inquiète pas, tu ne m'as pas contrariée. Je ne te blâme pas non plus pour avoir perdu patience. C'est une situation très stressante pour toi."
Chihiro eut un sourire coupable, "Désolée, je n'aurais pas dû crier."
Zeniba balaya ses excuses d'un geste. "Oublie ça. On perd tous patience à un moment où à un autre. Mais si tu es sérieuse à propos de ta quête, il vaudrait mieux te mettre en chemin au plus tôt." La vieille sorcière commença à s'activer, préparant des affaires pour le voyage de Chihiro. "Comme tu as pris les tickets de Bôh à l'aller, tu peux prendre les siens pour le retour. Prends le train et va aussi loin que tu peux avec, sans dévier de la direction indiquée par le sceau. Après tu seras obligée d'aller à pied. Je ne suis pas sûre à quel point c'est loin, il vit peut-être à l'autre bout du monde. J'espère pour toi que ce n'est pas le cas. Tu dois être bien préparée et partir aussi tôt que possible.
"Pourquoi ?", demanda Chihiro.
Zeniba sembla surprise par sa question. "Je suis sûre que ma sœur a déjà compris que tu avais déserté ton poste et qu'elle a envoyé quelqu'un pour aller te chercher."
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Haku volait vers les marais. Même sous sa forme de dragon, cela prenait un moment pour y parvenir. Il espérait que Zeniba aurait réussi à calmer Chihiro. Elle était assez bouleversée la dernière fois qu'il l'avait vue, on ne pouvait pas la blâmer vu la situation. Il l'avait laissée tombée plusieurs fois, lui avait menti et comploté derrière son dos. Elle avait tous les droits d'être folle de rage contre lui.
'Chihiro, s'il-te-plaît, pardonne-moi.', pensa le dragon, 'Je n'ai jamais voulu te blesser. J'ai été si bête.'
Les larmes montèrent aux yeux du dragon. Il ferait n'importe quoi pour Chihiro. Il l'aimait tant. Il ne pensait pas pouvoir vivre sans elle, mais il semblait la perdre. Elle avait tant fait pour lui et tout ce qu'il avait en retour c'était lui mentir et la blesser.
Comme il volait, Haku repensa à sa vie passée et au rôle que Chihiro y avait joué. Il était autrefois un esprit de rivière ordinaire. Il n'avait jamais pensé du mal des humains, mais il ne s'était jamais autorisé à s'en approcher, ça n'apportait que des problèmes au monde des esprits. Lorsque les esprits s'impliquaient dans les affaires humaines, cela ne causait que des problèmes. Il les ignorait donc et les laissaient poursuivre leur vie.
Mais elle vint. Haku ne faisait qu'un avec sa rivière à ce moment-là, lorsque soudain, une petite chaussure rose tomba dans sa rivière. Une petite fille essayait de la rattraper et y parvint. Mais elle glissa et tomba. Haku la sentit essayer désespérément de nager, mais elle était encore trop jeune. Il sut qu'elle allait se noyer.
C'était une règle du monde des esprits de ne jamais s'impliquer dans les affaires humaines, même si cela signifiait la mort d'un humain. Tout cela ne ferait que causer des problèmes aux esprits. Mais Haku ne put se résoudre à laisser cette petite humaine se noyer. Il se sépara donc de sa rivière et prit sa forme de dragon. Malheureusement, les parents de la petite étaient proches, il ne pouvait donc pas la ramener sur la rive sans être vu.
Il l'entraîna avec sa rivière et attendit que ses parents soient hors de vue avant de la mener vers la rive. Une fois sauve, il fusionna à nouveau avec sa rivière et attendit que ses parents arrivent.
"Chihiro ! ", cria sa mère, "Tu vas bien ?"
"Ça va, maman.", dit Chihiro, "Le dragon m'a sauvée."
Si Haku avait pu sourire lorsqu'il était fusionné avec sa rivière, il l'aurait fait. La petite désormais saine et sauve, il passa à autre chose.
Ou il pensait l'avoir fait. Pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, il repensait régulièrement à la petite humaine. 'Le dragon m'a sauvée.' Oui, il l'avait sauvée, mais elle n'était qu'une humaine. Elle n'avait été dans sa rivière que quelques minutes, mais Haku semblait s'y être attaché. Il ne s'expliquait pas pourquoi. D'autres humains avaient été dans sa rivière auparavant et il n'y avait jamais pensé plus que ça. Mais il y avait quelque chose de différent à propos de cette humaine. Il se demandait s'il la reverrait jamais. Il en doutait car elle devait désormais être terrifiée d'être à proximité de l'eau pour un moment.
Quelques semaines plus tard, il décidait de quitter sa rivière pour quelques temps. Peut-être que de courtes vacances pourrait l'aider à se sortir l'humaine de la tête.
Il prit sa forme humaine. Il ressemblait toujours à un enfant. Pourquoi un enfant, il n'en n'était pas sûr. Depuis qu'il avait atteint l'enfance, il n'avait plus souhaité grandir, il n'avait aucune raison de le faire.
Il alla donc aux bains de Yubaba. Les meilleurs de tout le monde des esprits. Il était juste un client à ce moment-là et il n'aurait jamais deviné ce que le destin lui réservait. Au même moment, Yubaba cherchait un apprenti. Elle approcha Haku pour lui proposer la place. L'esprit de rivière était curieux. Bien sûr, il était déjà puissant, mais pourquoi ne pas apprendre encore d'autres choses ? Après tout, il était immortel, il disposait de tout le temps dont il voulait.
Ainsi son apprentissage commença. Le trois ans qui suivirent il fut entraîné par Yubaba, et durant ce temps, il apprit qu'être l'apprenti de la sorcière n'était pas aussi formidable qu'il paraissait. Elle avait un cœur de pierre et était particulièrement avide mais surtout, elle ne voulait pas laisser Haku retourner à sa rivière. Etrangement, il ne sentait plus de connexion avec sa rivière. C'était comme si une barrière magique avait été dressée entre eux deux.
Un jour Haku en eut assez. Il était sur le chemin du bureau de Yubaba quand il surprit une conversation de la vieille sorcière avec Yu-bird et les têtes vertes.
"Haku devient une gêne.", disait la sorcière, "Il ne cesse de vouloir retourner à sa rivière. J'aurais dû m'y attendre. Les esprits liés ne peuvent jamais laisser tomber l'objet de leur connexion. Ils y resteront liés jusqu'à ce que cet objet cesse d'exister. Eh bien, c'est ma chance, même si Haku essaie de retourner à sa rivière il ne pourra pas la trouver. Mon bouclier magique fonctionne parfaitement et, à présent, grâce aux humains il ne pourra plus la trouver du tout."
Haku fut profondément choqué. La sorcière le manipulait pour qu'il reste. Elle bloquait la connexion entre sa rivière et lui pendant que les humains faisaient dieu savait quoi avec. Depuis quand cela durait-il ?
La rage submergea l'esprit de rivière. Il fit irruption dans le bureau de Yubaba et exigea de tout savoir. Lorsque la sorcière lui dit tout ce qu'il avait à savoir, il retourna à sa rivière mais s'aperçut que Yubaba avait raison. Sa rivière n'était plus. A la place où il pensait qu'elle était, il trouva des humains qui s'installaient et se développaient. Il n'avait aucune idée que sa rivière passait toujours ici mais sous les appartements, il savait juste qu'elle devait être quelque part par là. Il aurait senti sa rivière mourir, bouclier magique ou pas.
Déterminé à la retrouver, Haku retourna aux bains pour voir Yubaba. Il découvrit que pendant son absence, la sorcière avait fait installer le heurtoir enchanté pour empêcher de nouvelles écoutes à sa porte. Haku exigea de savoir où se trouvait sa rivière. Comme Yubaba était celle qui avait bloqué sa connexion, elle savait exactement où la rivière se trouvait.
Mais Yubaba refusa de lui dire tant qu'il ne signait pas un contrat qui ferait officiellement de lui son apprenti. A contrecœur, Haku signa. Il ne s'attendait pas à avoir son nom volé. Quand il le comprit, il essaya de se soustraire au contrat, mais la sorcière avait désormais toute autorité sur lui. Comme il refusait toujours de coopérer, elle lui fit ingérer une limace de contrôle pour le forcer à obéir.
Les trois années suivantes, il fut forcé de suivre le commandement de Yubaba. Il essaya tout ce qu'il put pour retrouver son nom, mais échoua. Il semblait qu'il ne pourrait plus défaire le contrat.
C'est alors qu'elle revint à lui. L'humaine, Chihiro. Elle avait grandi ces six dernières années, mais il pouvait toujours la reconnaître à son odeur. Il essaya de l'empêcher de subir le même destin que lui, mais ses parents furent changés en cochon et elle dut rester. Haku se jura de la protéger, comme il l'avait fait six ans auparavant.
Finalement, c'est elle qui le sauva. Non seulement elle avait sauvé sa vie mais elle l'avait aussi libéré de l'emprise de Yubaba, rendu son nom et révélé l'emplacement de sa rivière.
Il était triste de la voir partir, mais il savait qu'elle le devait. C'était pour le mieux, mais Haku ne voulait pas qu'elle parte. Il resta déprimé longtemps après. Il y avait quelque chose à propos d'elle qui ne le laissait pas tranquille. Il mit du temps à le réaliser, mais il finit par comprendre. Il l'aimait. Pas encore de la façon dont il l'aimait désormais, mais il l'aimait déjà autant. Sans elle, sa vie lui paraissait incomplète, alors même qu'il avait retrouvé sa rivière et sa liberté.
Haku se souvenait de sa promesse de la revoir, mais c'était trop douloureux. Et même s'il le souhaitait, il ne pouvait pas avec sa rivière recouverte. Mais, elle trouvait toujours un moyen d'être avec lui. Elle allait à de tout petits ruisseaux qui appartenaient à sa rivière et n'avaient pas été enterrés.
Et elle était même réellement revenue à lui. Il en était ravi et en même temps broyé. Après des années, son amour s'était transformé en un attachement romantique. Il voulait tant qu'elle soit auprès de lui, pourtant il l'avait délaissée, pensant faire ce qui était mieux pour elle en la laissant partir. Il réalisait maintenant à quel point il avait eu tort. Elle ne voulait pas partir, et lui non plus, ne voulait pas qu'elle parte. Et qui était-il pour décider comment elle allait vivre ? Il avait été si stupide.
'Chihiro, je viens te chercher. Je ne peux pas vivre sans toi. Je m'en fiche que tu sois humaine. Je m'en fiche que tu sois mortelle. Je t'aime. Je t'en supplie, ne fais rien d'imprudent !'
Haku accéléra encore, déterminé à revoir son amour et à réparer ce qu'il avait brisé.
(A/N : Dans ce chapitre, je voulais donner une raison de la manière dont Haku avait été séparé de sa rivière et comment il était devenu l'apprenti de Yubaba. J'espère que vous aimez ma théorie. Et pour Chihiro, elle a bel et bien décidé de rester, qui ne l'avait pas vu venir ? Mais Zeniba ne peut pas l'aider. Par contre elle a raison et le Seigneur Okaia reste la meilleure option. Et Haku arrivera-t-il à temps avant son départ ? Je ne vais rien vous dire mais le Seigneur Okaia fera une courte apparition dans le prochain chapitre, en quelque sorte. Laissez-moi plein de reviews et j'écrirai la suite aussi vite que possible.)
